études-coloniales

Ce site édite une revue en ligne qui encourage les recherches consacrées à l’histoire coloniale et post-coloniale, à l'histoire des constructions mémorielles et des immigrations d’origines coloniales

dimanche 5 juillet 2009

accueil et sommaire de ce site

@ écrire à Études Coloniales                              Répertoire des historien(ne)s du temps colonial
 DERNIER ARTICLE PUBLIÉ : mercredi 4 juillet 2009        • blog : PIONNIERS du TONKIN (1872-1894)Slide0001_1

une certaine rhétorique algérienne "anti-coloniale"   
Algérie coloniale : un génocide ? (Claude Liauzu et Gilbert Meynier)
 l'aphasie des idéologues de la fracture (Michel Renard)couv_Essai_colonisation_positive

ESSAI SUR LA COLONISATION POSITIVE - le dernier ouvrage de Marc VISAGE_FEMME_MAYOTTEMichel (Perrin, 2009)


Mayotte : entretien avec Jean Martin
(par Ismaïl Mohammed Ali, RFO)


site : Histoire du Droit des Colonies (université Montpellier) ** nouveauté **

HOMMAGE À CLAUDE LIAUZU (1940-2007)

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   23 mai 2008 : Claude Liauzu nous a quittés il y a un anAgeron_portrait_1

- Charles-Robert Ageron (1923-2008)
- in memoriam, par Guy Pervillé
historien de l'Algérie coloniale

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Débats spéciaux         
* Pour en finir avec la repentance coloniale
** Enjeux du passé colonial et usages publics de l'histoire       
***
Critique du livre Coloniser, exterminer
**** Débats sur le DICTIONNAIRE DE LA COLONISATION FRANÇAISE (Larousse)Alg_rie_magazine_Aur_s_Nementchas

Spécial : collèges et lycées              Repères
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fiches/articles destinés aux élèves         - Les indépendances de l'Afrique
- quelle histoire coloniale au Bac ? (Jules Ferry raciste ?)

Initiative : kouba de Nogent
APPEL et SOUSCRIPTION pour la RECONSTRUCTION de la KOUBA de Nogent-sur-Marne

Sarkozy et l'Afrique : le discours de Dakar
- Le discours de Nicolas Sarkozy, prononcé à l'université de Dakar - critiques

Guerre d'Algérie magazine                                         - Le magazine d'histoire de la guerre d'Algérie

Catégories                                             
1 - RÉPERTOIRE DES HISTORIEN(NE)S DU TEMPS COLONIAL
2 - Définitions et causes de la colonisation + repères
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3 - Cultures et colonisations

4 - Histoire économique
5 - Figures coloniales et anti-coloniales

6 - Afrique-histoires
7 - Algérie-Maghreb-histoires
8 - Indochine-Asie-histoires
9 - Océanie, Nouvelle-Calédonie
10 - Textes et interventions
11 - Histoire occultée ?
12 - L'indigénat
13 - Fiscalités coloniales
14 - Révoltes dans espaces colonisés
15 - Le monde colonial en métropole
16 - Chronologies
17 - Personnages et institutions
18 - Idéologies mémorielles

19 - Bibliographies
20 - Historiens du temps colonial
21 - L'histoire coloniale à l'école
22 - Colloques, journées d'étude
23 - Varia, initiatives
24 - Spécial collèges et lycées
25 - Nouvelles de ce site
26 - Objectifs d'Études Coloniales
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27 - Direction "Études Coloniales"

28 - LIENS

29 - CORRESPONDANTS

Domination coloniale
et administration

- colloque mai 2008 - Samya El Mechat 

Réseau des correspondants
d'Études Coloniales

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Liste de tous les11744493_pDiapositive1 articles
publiés sur  Études
Coloniales
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 Images coloniales
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- images d'Oujda à l'époque coloniale (article très commenté) *

- Saint-Louis du Sénégal à l'époque coloniale6873142_p

La naissance du monde moderne
- un livre de Christopher A. Bayly
- la mondialisation, une vieille histoire
- les errements de l'histoire "post-coloniale"

supercherie_coloniale_JP_Renaud Supercherie coloniale : un livre démystifiant de Jean-Pierre Renaud sur la réalité de la propagande coloniale
- "Y a-t-il eu vraiment propagande coloniale ?" Jean-Pierre Renaud

Revue Études Coloniales
- revue Études Coloniales n° 1

Diapositive2- Répertoire des historien(ne)s du temps colonial
216 notices, 599 images, 1129 liens
Martine_Cuttier_Archinard_couv

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Portrait du colonialisme triomphant. Louis Archinard, 1850-1932, un livre important de Martine Cuttier, préface de Marc Michel

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Colloque international
"L'Europe face à son passé
colonial"
programme complet
Metz, 25-27 avril 2007

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Quelques livres recommandés :

- Léopold Justinard, missionnaire de la tachelhit, 1914-1954, Rachid Agrour, 2007
- Pour en finir avec la repentance coloniale, Daniel Lefeuvre, Flammarion, 2006-2008      
- Histoire de l'anticolonialisme en France, Claude Liauzu, A. Colin, 2007
- Les Africains et la Grande Guerre, Marc Michel, Karthala, 2003
- Le Dê Tham (1853-1913), un résistant vietnamien..., Claude Gendre, 2007
- Gallieni, Marc Michel, Fayard, 1989

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samedi 4 juillet 2009

littératures africaines et coloniales francophones

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la fécondité de l'échange entre Littérature

et Histoire selon Janos Riesz

Marc MICHEL


«Astres et désastres», Histoire et récits de vie africains de la Colonie à la Postcolonie, Georg Olms Verlag, Hidesheim, Zurich, New York, 2009, 396 p.

Sous ce titre intrigant, Janos Riesz dont on connait les contributions incontournables sur les littératures africaines et coloniales francophones, publie en un recueil considérable une partie de ces contributions, revues et réécrites.

Le titre de l'ouvrage suscite évidemment la curiosité. Dans sa première contribution, Janos Riesz s'en explique en précisant qu'il s'agit d'une figure de pensée dans les relations entre la France et ses anciennes colonies ; il  relève cette figure dans une série de poètes français et la met en rapport avec des œuvres majeures de la littérature des colonisés.

L'ouvrage fait suite à un premier livre intitulé De la littérature coloniale à la littérature africaine publié en 2007 et rassemble des textes dispersés, ayant fait l'objet de communications sur deux décennies, de 1987 à 2008. Janos Riesz en a gommé, autant que faire se peut, les recouvrements et les a ajustés aux dernières informations disponibles.

L'ensemble du volume est divisé selon trois grands axes : le discours historique dans les textes littéraires, les récits de vie et les écritures autobiographies, les espoirs et échecs des indépendances. Précisons qu'il s'agit ici des colonies et des indépendances d'Afrique noire et que, sauf l'exception d'une communication sur "Charles de Foucauld et le Désert", il s'agit de l'Afrique noire et d'auteurs très majoritairement africains: Léopold Panet, Dadié, Mariama Bâ, Lumumba, Kourouma, Ousmane Sembène, Kossi Efoui, Sénouvo Agbota Zinzou, Senghor. Il s'élargit aux écrivains antillais de la Négritude comme le grand poëte Léon Gontran Damas. Le cas de Lumumba est évidemment particulier puisqu'il ne fut en aucune manière écrivain, si bien que Janos Riesz analyse seulement le personnage dans la production romanesque africaine..

Il est difficile de rendre compte d'un tel ouvrage. Un des mérites du volume est de rappeler  à la mémoire l'importance de certains textes plus ou moins oubliés : par exemple, la Relation d'un Voyage du Sénégal à Soueira au Maroc du métis Panet, «indigène» (entendons ici habitant) du Sénégal ou encore les Carnets de prison de Bernard Dadié.

Un autre mérite est d'appréhender des textes dont on ne savait pas trop quoi faire comme les fameuses autobiographies recueillies par le célèbre ethnologue allemand Dietrich Hermann Westermann publiées en Français en 1938. Le décryptage et la mise en situation de ces textes en sont formidablement faits par Janos Riesz qui en prouve ainsi la valeur historique.

La fécondité de l'échange entre Littérature et Histoire est d'ailleurs au centre de l'ouvrage. Janos Riesz nous montre à quel point les œuvres et les auteurs ne peuvent être séparés du contexte de leur production et des circonstances de leurs vies. Cela peut paraître une évidence quand il s'agit d'autobiographies. Janos Riesz en montre cependant la richesse méthodologique à propos de certaines œuvres oubliées, et pourtant très instructives, comme le roman de René Maran Un homme pareil aux autres dont l'analyse pourrait être rapprochée du fameux Peaux noires, masques blancs de Franz Fanon. Il est aussi évident en ce qui concerne Tiaroye racontée et mis en scène par Ousmane Sembène, bien que sur ce point il eût été utile de tenir compte du démontage de la fabrication littéraire et cinématographique de celui-ci.

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René Maran (1887-1960)

Le décryptage ne se fait pas dans le seul sens de l'Histoire vers la Littérature ; il indique aussi ce que la première doit à la seconde en matière de mythes et de symboles, par exemple à propos de l'Orphée noir dont Jean-Paul Sartre et Léopold Sédar Senghor ont fait, selon Janos Riesz, un mythe «utile à l'Afrique». La propension des chercheurs et des écrivains africains en situation «post-coloniale» à une relecture des œuvres littéraires est aussi très sensible à propos du même Senghor.

On peut ne pas être toujours convaincu par tous les travaux historiques auxquels se réfère Janos Riesz, il reste que sa méthode d'aller et venue entre Histoire et Littérature permet de renouveler et d'enrichir les approches réciproques. Le principal regret que me laisse ce livre est qu'il se cantonne encore à la littérature africaine en relation avec un passé colonial qui s'éloigne alors qu'une nouvelle littérature, riche, variée, neuve, s'est développée partout en Afrique, chez de jeunes écrivains, Emmanuel Dongola, Léonora Miano, Libar Fofana, pour ne prendre que quelques exemples, appelant à une confrontation non avec la «colonie», mais à une  proprement africaine

Marc MICHEL

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Janos Riesz

- János Riesz, «Astres et Désastres» - Histoire et récits de vie africains de la Colonie à la Postcolonie

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Posté par michelrenard à 14:53 - 6 - Afrique-histoires - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 19 mai 2009

colonisation et "judiciarisation" de l'Afrique

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palais de justice de Bobo-Dioulasso (Haute-Volta)



les prémices de la justice contemporaine

en Afrique noire

les coutumiers d’Afrique noire francophone à l’épreuve du modèle juridique français

Bernardo-Casmiro DO REGO

La justice se rendait autrefois, en Afrique noire, selon la coutume. La colonisation a donné lieu à rédaction des coutumiers à l’aune du modèle juridique français. Une évolution fondamentale.

Si le XVIIIe siècle européen est qualifié de siècle des lumières, c’est à bon droit que nous pouvons affirmer le XVIIIe siècle africain de siècle des résistances. En effet, les colons ayant pénétré l’Afrique noire dès les XVIe et XVIIe siècle entamèrent un vaste chantier de conquête aux XVIIIe et XIXe siècles. Les monarchies africaines, défenseurs de leurs terres perdirent à tour de rôle leur sceptre, laissant ainsi la mère Afrique à des inconnus venus d’outre-mer : la colonisation est née.

Cette dernière est décriée comme première cause du retard du monde noir ; mais n’a-t-elle eu que des conséquences négatives sur le vieux continent. Sans doute pas. Au-delà de la civilisation du monde noir, il importe également de préciser que la colonisation inscrivit l’Afrique dans l’histoire des peuples. Les sociétés primitives africaines dont il ne reste aujourd’hui quasiment point d’écrits doivent leur trace à ce qui en a été inscrit dans les archives ou les récits de la colonisation. Il n’est point dessein pour nous de faire ici l’apologie de la colonisation, ni de dénier l’exploitation de l’Afrique sous la colonisation.

Notre objectif est de rappeler l’impact de la colonisation dans l’étatisation du continent, ou du moins l’impact de la colonisation dans la «judiciarisation» du continent. En effet, pour asseoir leur autorité, il a fallu réformer les colonies. La France avait donc regroupé ces colonies dans de vastes ensembles territoriaux : l’Afrique Occidentale Française (AOF) et l’Afrique Equatoriale Française (AEF). Confrontée à des incompréhensions, une justice divine (plutôt fétichiste) et arbitraire, la première étape de la réorganisation de ces ensembles fut l’identification des colonies à la métropole.

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Comment concilier une société traditionnelle, animiste ou islamique, avec une autre plus moderne et christianisée. La réponse fut semble-t-il de comprendre comment fonctionne chacune des colonies et d’essayer d’assurer une unité en leur sein. Était-ce en réalité cet esprit qui anima le colon ? Dieu le sait, nous ne le savons ; néanmoins tout laisse croire que cet esprit préfigura l’idée de rédaction des coutumiers qui commença à germer dans les esprits des colons.

Cette idée ne tarda pas à éclore : une circulaire AP du 19 Mars 1931 ordonne la rédaction des coutumiers. Les travaux débutent dans chaque colonie pour le recensement des coutumes. Nous avions dans un article, paru il y a peu, décrit le coutumier du Dahomey. Nous ne reprendrons pas cette description ici mais nous nous contenterons d’analyser l’idée d’une rédaction des coutumiers à l’aune du modèle juridique français. En effet, il s’agit ici de relever des généralités ayant motivé les colons et ayant commandé une mise au point des coutumiers dans les territoires conquis. En réalité, dans l’attente d’une prochaine publication d’une compilation des plus grands coutumiers d’Afrique noire francophone, nous avions jugé utile de vous noter ces traits majeurs. Avant toute chose, il convient de rappeler la notion de coutume.

Concilier les règles françaises et règles africaines

La coutume est un ensemble de pratiques répétées et spontanées d’un territoire donné suivies sur une longue période et s’imposant à la population qui l’accepte et l’érige en norme. M. Gillesen, spécialiste de la question dira que c’est «un ensemble d’usages d’ordre juridique qui ont acquis force obligatoire dans un groupe sociopolitique donné, par la répétition d’actes publics et paisibles pendant un laps de temps relativement long».

Un coutumier peut donc être conçu de deux façons différentes : soit par recueil, soit par compilation. La deuxième hypothèse est celle retenue dans le cadre de l’Afrique noire francophone. En réalité, la plupart des coutumes africaines peu importe les territoires et les régions étaient constituées de règles abstraites gouvernées la plupart du temps par des considérations animistes, qui mieux est, vodouïstes. Ces règles furent jugées sauvages par les Occidentaux déjà clonés aux règles des droits de l’Homme.

La principale préoccupation fut d’épurer ces pratiques afin de les dépouiller des superstitions dont elles étaient jugées colorées. Précisons néanmoins que l’objectif était de doter ces territoires de règles qui leur seraient imposées, c’est-à-dire une façon pour les Occidentaux d’affirmer leur suprématie et d’asseoir leur puissance. Pour mieux adoucir l’imposition, la mise en place de coutumiers censés reprendre les us et coutumes de ces territoires sera le perron qui offre l’assentiment des indigènes.

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En revanche, il faut remarquer que la diversité des cultures, ethnies, langues rendait la justice impraticable avant la colonisation et l’arbitraire s’érigeait en maître mot ; aussi, faut il ajouter qu’à partir du processus de colonisation, des tribunaux français furent installés dans les colonies et ceux-ci devaient concilier les règles françaises et les règles indigènes ou requérir dans d’autres cas auprès des dignitaires locaux la répression de telle ou telle autre coutume à l’égard d’un délit ou d’un crime ; ce qui implique une insécurité juridique.

À mille lieux du berceau de l’humanité, la France vivait au XVIIIe s. une révolution intellectuelle. La raison est apparue comme guide de la pensée humaine, rejetant aux calendes grecques toute explication du monde par la foi ou la religion. La France traverse un siècle des lumières avec une intelligentsia inspirée. Plusieurs codes ont été édités dès 1800 : le code civil en 1804, le code de procédure civile en 1806, le code de commerce en 1807 et le code pénal en 1810. Le système judiciaire français à l’heure coloniale était donc très organisé et très structuré. Il revenait impérieux aux colons de réorganiser le système judiciaire au sein des colonies, en le calquant sur le système de la métropole.

En finir avec l’atrocité, les tortures et les actes de barbaries qui existaient dans les territoires était une première façon d’expliquer l’évolution. Sans rejeter ce dernier motif, on pourra relever trois autres raisons principales qui justifiaient la démarche coloniale. La première est la cause efficiente : l’établissement d’une loi écrite qui servira de base à tous les tribunaux. La deuxième est la vision de chacun des territoires comme un tout. La troisième est l’affirmation de l’autorité française. Les français cherchaient à s’imposer avec le moins de heurts possibles, de manière à éviter toute rébellion tout en anéantissant les dernières institutions royales qui pouvaient encore exister. À cette dernière raison s’ajoute l’idée de faire intégrer les territoires dans un ensemble d’espaces coloniaux, l’Afrique française.

En conclusion, on ne saurait renier que l’idée de la rédaction des coutumiers se veut une conciliation des besoins de la colonie avec ceux de la puissance colonisatrice. Car en réalité, si les colons cherchaient à imposer leur mœurs, l’Afrique a trouvé dans cette imposition française une sécurité juridique créant ainsi le fondement de sa justice et de son droit.

source : Afrik.com
mardi 19 mai 2009

- le blog de Bernardo-Casmiro do REGO, juriste en droit privé et en histoire du droit

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le "tribunal des races" à Yaoundé (Cameroun), 25 juin 1951 (source)

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lundi 18 mai 2009

réintégrer le Japon au sein de l'histoire mondiale (Arnaud Nanta)

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soldats japonais défilant à Singapour en février 1942



pour réintégrer le Japon au sein

de l'histoire mondiale :

histoire de la colonisation et guerres de mémoire

un article d'Arnaud NANTA


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jeudi 7 mai 2009

lecture de : L'Europe face à son passé colonial

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à propos du livre

L’Europe face à son passé colonial

Jean-Pierre RENAUD


Livre intéressant et utile, mais livre déroutant. Le plan annoncé dans l’introduction n’est pas facile à suivre dans le corps de l’ouvrage. Est-ce dû à la difficulté que rencontrent certains universitaires à respecter une discipline intellectuelle commune ? Toujours la liberté universitaire ?

Il est en effet difficile de s’y retrouver dans l’articulation chronologique et conceptuelle des contributions.

L’introduction annonce trois lignes d’éléments utiles à la compréhension de la relation histoire et mémoire, au cours de la période post-coloniale :

- les processus repérables ;

- les phénomènes mémoriels repérables ;

- le domaine propre de l’historiographie.

Le lecteur attendait de pouvoir suivre l’examen de ces thèmes à partir d’une grille historique partagée, c’est-à-dire chronologique, ce qui n’est pas le cas.

Autre remarque, et compte tenu du titre, pourquoi avoir inclus dans l’ouvrage des pays non européens, le Japon, Haïti, et le Québec ? En ce qui concerne ce dernier pays, l’argument de transversalité opère effectivement, mais sur un autre plan.


l'histoire perdrait-elle son combat avec la mémoire ?


Il n’empêche que la juxtaposition des contributions décrit bien la problématique de la relation mémoire/histoire, problématique dynamisée par l’immigration, et manipulée par des politiques, des intellectuels, et quelquefois par des historiens.

À lire ces contributions, on en retire l’impression que l’histoire perd actuellement son combat avec la mémoire, mais une mémoire rarement définie, identifiée, et mesurée.

On voit bien, au cours de la lecture de ce livre, que l’histoire coloniale est oubliée dans la plupart des pays, alors que des groupes de pression surfent sur une mémoire coloniale sélective manipulée à l’avantage des thèses qu’ils défendent.

Et le livre apporte beaucoup d’informations sur le passé colonial des autres pays européens, souvent mal connu, même de la part d’esprits curieux.

La contribution relative aux soldats africains est intéressante pour un Français, car elle illustre parfaitement la problématique mémoire/histoire, ravivée par le film Indigènes. Elle replace leur concours sur un terrain historique et tord le coup à un certain nombre d’affabulations mémorielles. À chacun ses indigènes, comme l’écrit un des auteurs.

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(source Caom)

Je suis beaucoup plus hésitant sur tout ce qui touche à l’Algérie, tant il parait difficile encore de dissocier histoire et mémoire, compte tenu de l’importance des remontées permanentes de mémoire, manipulées ou non. La population d’origine algérienne, française d’origine ou non, a beaucoup de poids en France.

Un auteur évoque «une explosion mondiale des mémoires» (p. 144). Un autre auteur écrit : «La mémoire coloniale constitue depuis plusieurs années un sujet primordial dans le débat public français» (p. 219) Est-ce si sûr. Quelle mesure statistique  peut-il donner à cette affirmation ?

Un troisième auteur parle de «la mentalité collective» (p. 91). Il serait intéressant qu’il nous en donne, également, définition précise et bonne mesure statistique.

Mentalité collective, mémoire collective, stéréotypes, inconscient collectif, quelques uns des mots souvent utilisés par les mémorialistes coloniaux, et que l’on trouve aussi dans certaines contributions. Les historiens seraient bien inspirés de tenter de donner un contenu scientifique à ces mots, pour autant que cela soit possible.

Gaz en Éthiopie, extermination de populations en Afrique du Sud et dans le Sud Ouest Africain, colonisation française et belge comparée, guerre d’Algérie, Haïti, Japon, Québec, etc … sujets tellement variés en thématique et en chronologie, qu’il était difficile de mener complètement une analyse transversale et chronologique  de la problématique décrite.

Mais le compte des informations et des réflexions y est, d’autant plus qu’en conclusion du débat entre histoire et mémoire, qui nourrit tout le livre, Daniel Lefeuvre propose une mise en garde méthodologique salutaire, en préconisant un «retour sur quelques règles de la science historique», en bonne filiation de grands historiens reconnus pour leur rigueur scientifique, un Marc Bloch par exemple, ou dans le domaine de l’histoire coloniale, un Henri Brunschwig.

Jean Pierre Renaud

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présentation du livre

La colonisation a-t-elle eu un "caractère positif" ou a-t-elle été facteur d'une exploitation et d'une domination féroces des peuples et des territoires colonisés ? Faut-il la traiter comme une page d'histoire parmi d'autres ou bien l'expier comme un péché, qui entache la France depuis plus d'un siècle ?

Loin d'être un objet froid de la recherche historique, le passé colonial nourrit aujourd'hui dans l'hexagone une véritable guerre des mémoires.

Depuis la loi du 23 février 2005 et son article 4, le débat fait rage autour de ces questions. Ces débats sont-ils uniquement franco-français ? Il suffit de porter le regard au-delà de nos frontières pour se convaincre du contraire. Au nom du gouvernement italien, Silvio Berlusconi ne vient-il pas de faire officiellement acte de repentance pour la colonisation de la Libye ? Ce livre le montre, toutes les anciennes puissances coloniales, sont confrontées à ce passé, le Japon ne faisant pas exception.

Comme d'ailleurs les sociétés anciennement colonisées. Cette approche comparative permet donc de mieux saisir ce qui, dans les débats sur ce passé, est spécifique à notre pays et ce qui relève d'un passé partagé des puissances impériales.

- L'Europe face à son passé colonial, dir. Daniel Lefeuvre, Olivier Dard, Guy Pervillé, Marc Michel, éd. Riveneuve, 2009.

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Hanoï, agent de police indigène (source Caom)

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