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jeudi 3 septembre 2015

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une certaine rhétorique algérienne "anti-coloniale" (Michel Renard)
Algérie coloniale : un génocide ? (Claude Liauzu et Gilbert Meynier)
l'aphasie des idéologues de la fracture (Michel Renard)couv_Essai_colonisation_positive
 
Le FLN et les prélèvements sanguins en Algérie, 1962 (Grégor Mathias)
 Algérie coloniale : génocide culturel ? Michel Renard * NOUVEAUTÉ *
 ESSAI SUR LA COLONISATION POSITIVE - un ouvrage de Marc VISAGE_FEMME_MAYOTTEMichel (Perrin, 2009)
Lounis Aggoun, La colonisation française en Algérie. Deux cents ans d'inavouable. Rapines & péculats
Gregor Mathias : les prélèvements sanguins forcés à la fin de la guerre d'Algérie
Les victimes du 17 octobre 1961 (liste Jean-Luc Einaudi)

Mayotte : entretien avec Jean Martin
(par Ismaïl Mohammed Ali, RFO)

 

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le religieux musulman et l'armée française (1914-1920), Michel Renard

le sacrifice monumentalisé, autour de la Première Guerre mondiale : mosquées et kouba, Michel Renard

Antoine AbibouTirailleurs sénégalais août 1944Fargettas couv

 la tragédie du camp de Thiaroye, décembre 1944 : Lettre ouverte au Président de la République, par Julien Fargettas

 la "Force Noire" n'a-elle été que de la "chair à canon" ? Mise au point de Marc Michel

Marc Michel 2007   Marc Michel couv (1)    Marc Michel couv (2)  Marc Michel couv (3)

 

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4 novembre 2013 : disparition de l'historien Daniel Lefeuvre

biographie - iconographie - hommage - réactions

Daniel 2007

    24 juin 2008

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- lire l'article de Guy Pervillé

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quelques ouvrages de Jacques Frémeaux, professeur à la Sorbonne, en histoire coloniale

le livre de Daniel LEFEUVRE au programme de l'IEP de Grenoble (2012) ** NOUVEAUTÉ **
La fin de la guerre d'Algérie, Guy PERVILLÉ (article censuré par la Direction des Archives de France) ** NOUVEAUTÉ **
la supériorité scientifique et technique de l'Europe au XVIIIe siècle (Michel Devèze, 1970)
site : Histoire du Droit des Colonies (université Montpellier)69019950_p
La Mosquée de Paris sous l'Occupation : critique du film "Les hommes libres"
HOMMAGE À CLAUDE LIAUZU (1940-2007)

Liauzu_photo_1

23 mai 2008 : Claude Liauzu nous a quittés il y a un anAgeron_portrait_1

 

 

- Charles-Robert Ageron (1923-2008)
- in memoriam, par Guy Pervillé
historien de l'Algérie coloniale

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coloniale du Pacifique
Mélica Ouennoughi

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Débats spéciaux
* Pour en finir avec la repentance coloniale
** Enjeux du passé colonial et usages publics de l'histoire
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Critique du livre Coloniser, exterminer
**** Débats sur le DICTIONNAIRE DE LA COLONISATION FRANÇAISE (Larousse)Alg_rie_magazine_Aur_s_Nementchas

Spécial : collèges et lycées Repères
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Portrait du colonialisme triomphant. Louis Archinard, 1850-1932, un livre important de Martine Cuttier, préface de Marc Michel

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quelques livres recommandés :

- Léopold Justinard, missionnaires de la tachelhit, 1914-1954, Rachid Agrour, 20079782845864177FS
- Pour en finir avec la repentance coloniale, Daniel Lefeuvre, Flammarion, 2006-2008
- Histoire de l'anticolonialisme en France, Claude Liauzu, A. Colin, 2007
- Les Africains et la Grande Guerre, Marc Michel, Karthala, 2003
- Le Dê Tham (1853-1913), un résistant vietnamien..., Claude Gendre, 2007
- Gallieni, Marc Michel, Fayard, 1989
- Un silence d'État. Les disparus civils européens de la guerre d'Algérie, Jean-Jacques Jordi, Soteca, 2011

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                                            officier au Soudan français

 

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deux ouvrages récents d'histoire coloniale à faire connaître
- contact avec éditions Jean-Pierre Renaud pour avaht du livre de Péroz
- contact avec les éditions Atlantis pour l'achat du livre de Jean-Pierre Lledo

 

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 quelques ouvrages du général Maurice Faivre, Vice-Président de la Commission française d'Histoire militaire

 

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 quelques ouvrages du professeur Marc Michel (université de Provence), spcécialiste de l'Afrique coloniale

 

blog Marie-Hélène Degroise
le blog de Marie-Hélène Degroise : http://photographesenoutremer.blogspot.fr/

 

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lundi 20 juillet 2015

Jean-Louis Marçot : "Comment est née l'Algérie française"

Jean-Louis Marçot couv (1)

 

 

Jean-Louis Marçot

Comment est née l'Algérie française

1830-1850 : la belle utopie

 

 

Sans doute fallait-il être pied-noir et avoir souffert dans sa chair la séparation avec l’Algérie pour entreprendre ce travail d’historien exceptionnel qui interroge les causes de la violence de la décolonisation algérienne. 
Jean-Louis Marçot, pour ce faire, remonte au «pourquoi» et au «comment» la France a colonisé l’Algérie. Il reconstitue le contexte dans lequel le projet colonial s’inscrit, sa généalogie, ainsi que le débat politique et idéologique de l’époque.

Il s’attache à comprendre les racines du choix qui ont fait de l’Algérie une colonie de peuplement et comment celles-ci plongent dans la question sociale dont la Révolution française a été la première tribune et qu’ont pensée dans des directions divergentes les fondateurs du socialisme moderne : Saint-Simon, Fourier, Owen et Buonarroti.

Il étudie aussi les raisons qui ont poussé le socialisme à s’impliquer dans le projet colonial alors qu’en héritier des Lumières, il n’était pas destiné à le cautionner. L’analyse des deux écoles qui se sont le plus intéressées à l’Algérie – la saint-simonienne et la fouriériste – est, de ce point de vue, éclairante de même que l’engagement singulier de quelques socialistes notoires, Lamennais, Cabet, Proudhon et Cavaignac, à l’exception d’Auguste Comte.

Il nous retrace enfin l’histoire de la conquête et de la colonisation d’un territoire que le colonisateur a nommé Algérie avant de montrer comment les socialistes sont devenus les prosélytes de la colonisation peuplante et ont élaboré cette utopie de l’Algérie française, qui apparaissait dans l’immédiat comme un remède à la crise de l’emploi et à long terme comme le tremplin d’un nouveau modèle social.

Cet essai ébranle les catégories qui établissent que colonialisme et anticolonialisme sont l’apanage, pour le premier, de la droite et de l’extrême droite et, pour le second, du socialisme. La question est douloureuse et la simplification a toujours pour but d’instrumentaliser les faits. L’auteur, résolument de gauche, ne prétend pas disqualifier le socialisme mais montrer qu’à faire fi des contradictions intrinsèques à une question – quelle qu’elle soit – on bascule très vite dans l’aveuglement.

présentation éditoriale

 

Jean-Louis Marçot couv (2)

 

- éditions de la Différence, 4 octobre 2012

 

* cf. Jean-Louis Marçot, "Les premiers socialistes français, la question coloniale et l’Algérie", Cahiers d'histoire, revue d'histoire critique, 124, 2014, p. 79-95.

* résumé : Après avoir évoqué la formation en France, à l’issue de la Révolution, d’un nouveau projet colonial débarrassé de l’esclavage, l’auteur s’applique à montrer comment la création de l’Algérie (par la conquête et la colonisation de la Régence d’Alger) s’inscrit dans ce projet, et comment les premiers socialistes y participent.
Combattant les libéraux alors opposés au nom de l’économie politique, ils s’engagent en faveur d’une «Algérie française» qui, à leurs yeux, offre la possibilité d’expérimenter et de vérifier la supériorité de l’association, de créer des emplois et des ressources nouvelles pour l’industrie et l’agriculture, de contribuer à la mise en valeur de la planète au titre de «l’exploitation du globe». De nombreuses preuves et exemples de cet engagement sont cités.

 

Jean-Louis Marçot
Jean-Louis-Marçot

 

- le site de Jean-Louis Marçot

 

Jean-Louis Marçot site

 

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lundi 13 juillet 2015

manuels scolaires et histoire guerre d'Algérie (Jean Monneret)

Term Hatier Histoire 2014

 

 

 les incroyables silences

des manuels d'histoire de lycée

Jean MONNERET

 

Pris par des travaux intenses, j'ai tardé à me pencher sur le traitement du terrorisme dans les manuels scolaires, comme souhaité par quelques-uns de vous. Le choc n'en a été que plus rude :

J'ai sous les yeux le manuel Hatier destiné aux Terminales L/ES/S, je suis abasourdi.

Torture : Il n'est question que de cela sur 2 pages entières, 1944 et 1945. Bien entendu, il n'est question que de la torture pratiquée par des militaires français. Alors que tous les protagonistes de cette guerre l'ont mise en oeuvre (FLN , Barbouzes, MNA, etc...). On peut dénoncer la torture, mais, le faire sans rappeler le contexte terroriste est intellectuellement malhonnête. Le problème de la torture touche aux fondements mêmes de la civilisation occidentale et je ne peux l'évoquer pleinement ici.

Je renvoie donc à mon article sur l'Affaire Audin disponible sur mon site. Pour faire simple, disons qu'il est légitime de s'interroger sur la torture. Si le terrorisme ne justifie pas la torture, celle ci ne saurait davantage justifier, à postériori, les méthodes du FLN. Camus, pour sa part, préférait parler des noces sanglantes du terrorisme et de la répression.

 

Pas un mot sur Camus, sur l'Église de France, sur les officiers qui se sont opposés à la torture

Au sujet de la torture, nous avons droit à Alleg, Ighilariz, Servan-Schreiber, de Bollardière, Raphaëlle Branche et naturellement Sartre. Je ne dirais pas qu'il n'y a qu'un son de cloche puisque précisément il y en a un autre : Paul Aussaresses, personnage trés controversé et dont le témoignage discuté tend à confirmer ceux qui précèdent. Pas un mot sur les débats passionnés de l'époque concernant l'emploi de cette torture. Pas un mot sur Camus, sur l'Église de France, sur les officiers qui se sont opposés à la torture, etc.....

Terrorisme : Le mot n'est pas employé une seule fois. Le FLN est complétement exonéré de ses exactions. Si c'est ainsi que l'on prépare les générations futures à lutter contre ce fléau, la France est mal partie.

Les historiens de la Guerre d'Algérie sont : Vidal-Naquet, Raphaëlle Branche déjà citée, Mohammed Harbi et naturellement Benjamin Stora. Pas la moindre allusion à la diversité des opinions sur ce point : Pervillé, Frémeaux, Lefeuvre, Jauffret, Vétillard, Jordi, Faivre, inconnus au bataillon.

Les malheurs des Pieds Noirs sont exposés par J. Roy, M.Cardinal et L'Association des PN Progressistes, un groupuscule sans représentativité mais chéri des media.

Je reviendrai sur tous ces points dans une étude plus détaillée. Ceci est ma réaction à chaud.

Jean Monneret

 

Histoire Lycée
Guillaume Bourel, Marielle Chevallier, Pascal Buresi, Anne Descamps, Ivan Dufresnoy, Axelle Guillausseau, Jean Hubac, François-Xavier Nérard, Xavier Paulès, Tramor Quemeneur, Sandrine Saule, Marie-Bénédicte Vincent
Tle L, Tle S, Tle ES, Terminale
Histoire
Manuel
7 mai 2014

 

 

 

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jeudi 21 mai 2015

la France n'a pas de dettes envers ses ex-colonies

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la France n'a pas de dettes envers

ses ex-colonies, mais une histoire commune

Daniel LEFEUVRE (2006)

 

Entretien

Le Figaro Magazine - Pourquoi cette vague de repentance à propos de l'histoire coloniale de la France ?

Daniel Lefeuvre - Amplifié à l'extrême ces cinq ou six dernières années, le phénomène tient moins à des questions historiques qu'à des problèmes politiques. Il est lié aux difficultés rencontrées par certains jeunes des banlieues à se faire une place dans la société. Il est lié aussi au malaise qu'ont ressenti des intellectuels français engagés dans le soutien au tiers-monde quand ils ont dû constater l'échec politique, économique, social et même culturel des nations anciennement colonisées.

L'exemple de l'Algérie montre qu'une référence pervertie à l'héritage colonial permet aux dirigeants algériens de s'exonérer à bon compte de leurs responsabilités. En accusant la colonisation de tous les péchés du monde, on reporte sur le passé les difficultés du présent. En France, où les politiques d'intégration et de lutte contre le racisme montrent des limites, la stigmatisation du passé colonial est un exutoire facile, mais largement abusif.

 

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Historiquement parlant, le projet colonial fut d'abord un projet républicain, avec un fort ancrage à gauche. Pourquoi l'avoir oublié ?

Parce que la gauche républicaine est passée d'un colonialisme pensé comme «devoir de civilisation» à un anticolonialisme imposé par le monde d'après 1945, sans examen de conscience des injustices que colportait le premier ni des naïvetés qui accompagnaient le second.

Au XIXe siècle, si Jules Ferry est le praticien de la colonisation, Léon Gambetta en est le théoricien. Ces deux hommes, en effet, se situent à gauche de l'échiquier politique. À cette époque, le projet impérial n'est pas très populaire. Il est dénoncé par une partie de la droite. Les plus critiques sont les nationalistes, qui estiment que le projet colonial détourne les Français de la revanche sur l'Allemagne, et les économistes libéraux dont la pensée se retrouvera, soixante-dix ans plus tard, chez Raymond Aron. Les radicaux ne se rallient à la politique coloniale qu'à l'extrême fin du siècle, alors que les socialistes glissent du rejet du colonialisme à une politique de réformisme colonial.

Le basculement s'opère avec la Grande Guerre. La France fait appel à des soldats coloniaux qui constituent une force d'appoint certes secondaire, mais dont la valeur symbolique est très forte. Au lendemain de la guerre, les troupes coloniales, avec la Légion, sont les plus applaudies lors des défilés du 14-Juillet : une histoire d'amour s'est ouverte entre les Français et les coloniaux.

 

Banania femme - 1         Banania tirailleur - 1

 

La publicité de l'époque le sent bien, puisque la thématique coloniale y est très présente. Prenons l'exemple de Banania. Au départ, les boîtes s'ornent de l'effigie d'une Antillaise. En 1915, la marque lui préfère celle du célèbre tirailleur sénégalais. Pourquoi ? Parce que pour vendre du chocolat pour les enfants, il faut une image qui soit sympathique et rassurante.

On peut juger aujourd'hui que l'effigie du tirailleur est paternaliste, qu'elle ne correspond pas à nos critères moraux, mais c'est un anachronisme que de la définir uniquement comme l'expression même du racisme. Jamais une marque allemande, au même moment, n'aurait affiché un Noir.

Messali Hadj, le père fondateur du nationalisme algérien, témoigne dans ses Mémoires de l'accueil chaleureux et de la considération dont les travailleurs algériens ont été l'objet dans la France des années 1920. Cette page d'amour se prolonge jusqu'aux années 1950. Un nouveau basculement a lieu avec la guerre d'Algérie, opérant de fait une rupture entre Français et Algériens. Mais le problème ne se pose pas de la même façon pour la Tunisie ou pour le Maroc, ou pour l'Afrique noire, où les indépendances ont été moins conflictuelles.

La France a-t-elle une dette envers les pays qui furent jadis ses colonies ?

La notion de dette n'a pas de sens dans ce contexte. On ne parle pas de dette de la France envers les États-Unis à propos du plan Marshall : or la France a donné à ses territoires coloniaux trois fois et demie plus que le montant du plan Marshall. Au moment de l'indépendance du Maroc, le dirigeant nationaliste Ben Barka affirme que le pays n'est pas en voie de développement, mais qu'il est «sur la voie du développement». Et tous ses amis du Tiers-monde s'extasient devant lui sur le niveau d'infrastructure légué par la France.

 

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buvard publicitaire, vers 1955, "Le plan Marshall, Plan de Paix et de Prospérité"

 

Il n'y a pas de dette, mais une histoire commune. La colonisation a permis l'entrée dans les relations économiques mondiales des États qui ont été colonisés. La colonisation est un moment de la mondialisation du XIXe siècle, et le mode d'intégration de ces territoires à cette économie mondialisée.

On dira que ce développement a été lacunaire, inégal, injuste. C'est vrai, mais il en a été de même en Occident : toute la France n'a pas basculé en même temps dans la modernité. La colonisation fut donc un moment de la mondialisation. Est-ce bien, est-ce mal, ce n'est pas le problème de l'historien.

Le Figaro, 29 septembre 2006

 

Daniel Lefeuvre (1951-2013) fut professeur d'histoire économique et sociale à l'université Paris VIII, spécialiste de l'Algérie coloniale, il a notamment publié un essai au titre choc : Pour en finir avec la repentance coloniale.

 

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jeudi 19 février 2015

décès d'Henri Martin (1927-2015), par Pierre Brocheux

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Henri Martin à son procès

 

Salut à toi Henri Martin !

«Tu aurais, en tirant sur eux, assassiné

la République»

Pierre BROCHEUX

 

Henri Martin est décédé le 16 février 2015 à l’âge de 88 ans. Avec lui disparaît un militant communiste mais, le plus important pour moi, il est celui qui a milité pendant des années contre la guerre d’Indochine et contre le colonialisme.

Après avoir participé à la résistance française contre l’occupation allemande, il s’engage dans la Marine nationale pour libérer l’Indochine, alors française, de l’occupation japonaise. Mais lorsqu’il arrive en Indochine, les Japonais ont capitulé. Sur place, Henri Martin est plongé en pleine révolution vietnamienne : Ho Chi Minh a proclamé la République démocratique du Viet-Nam, État indépendant, le 2 septembre 1945.

En fait de soldats japonais Henri Martin combat les résistants vietnamiens qui s’opposent au retour «de la souveraineté française» et il est témoin de massacres de civils vietnamiens. Il fait partie des Français qui refusent d’assumer la contradiction entre l’idéal pour lequel ils ont combattu en France et la reconstruction de l’empire colonial français. Il fut une belle incarnation du citoyen-soldat opposé au prétorien.

Revenu en France, affecté à l’arsenal de Toulon, il lutte pour «la paix en Indochine» par la propagande . Il est arrêté sur la fausse accusation de sabotage, un deuxième tribunal militaire retire ce chef d’accusation mais le condamne à cinq années de détention pour activités antinationales (1950). De nombreux intellectuels de renom (comme J-P Sartre) menèrent une campagne nationale pour sa libération et Henri Martin devint une figure emblématique. Et pour nous, étudiants anticolonialistes, il fut un exemple de la vigueur et de la droiture de ses convictions.

En 1953, il fut libéré avant terme, et nous fûmes plusieurs étudiants à avoir eu la joie d’aller l’acclamer à sa sortie de geôle, lorsqu’il apparut à la fenêtre du journal L’Humanité en compagnie de Jacques Duclos.

Pierre Brocheux

Pierre Brocheux portrait

 

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L'Humanité avec un dessin de Picasso

 

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Henri Martin (1927-2015)

 

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Henri Martin (1927-2015)

 

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Henri Martin (1927-2015)

 

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Henri Martin (1927-2015)

 

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Henri Martin (1927-2015)

 

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Henri Martin (1927-2015)

 

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Pierre Brocheux portrait tribune
Pierre Brocheux

 

 

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