"civilisations supérieures"
civilisations supérieures ou non ?
positions contradictoires :
civilisation ou régime politique ?
Bernard LUGAN
Avec ce qu'il faut désormais appeler l'«affaire Guéant», nous nageons en plein confusionnisme. D'abord parce que Monsieur Guéant a confondu «Civilisation» et régime politique, ce qui, convenons-en, n’est pas tout à fait la même chose…
Ensuite, parce que la gauche dénonce des propos inscrits dans l'exacte ligne de ceux jadis tenus par Victor Hugo, Jules Ferry, Léon Blum ou encore Albert Bayet. Pour ces derniers, il existait en effet une hiérarchie entre, d'une part les «peuples civilisés», c'est-à-dire ceux qui se rattachaient aux Lumières et à l'«esprit de 1789», et d'autre part ceux qui vivaient encore dans les ténèbres de l'bscurantisme. Jules Ferry déclara ainsi devant les députés le 28 juillet 1885 :
«Il faut dire ouvertement qu'en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures ; mais parce qu’il y a aussi un devoir. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures».
Quant à Léon Blum, le 9 juillet 1925, toujours devant les députés, il ne craignit pas de prononcer une phrase qui, aujourd'hui, le conduirait immédiatement devant les tribunaux :
«Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l'industrie.»
Reconnaissons que Monsieur Guéant est bien loin d’avoir tenu de tels propos clairement racistes. La gauche ferait donc bien de balayer devant sa porte et si les représentants de la «droite» avaient eu un minimum de culture, ils auraient pu, en utilisant ces citations et bien d’autres encore, renvoyer le député Letchimy au passé de son propre parti.
Le problème est que Monsieur Guéant est un universaliste pour lequel l'étalon maître de la «Civilisation» est, selon ses propres termes, le respect des «valeurs humanistes qui sont les nôtres».
À ce compte là, effectivement le plus qu'un milliard de Chinois, le milliard d'Indiens, les centaines de millions de Japonais, d'Indonésiens etc., soit au total 90% des habitants de la planète, vivent en effet comme des «Barbares» ou des «Sauvages». Barbares et sauvages donc les héritiers de Confucius, des bâtisseurs des palais almohades et de ceux du Grand Moghol puisqu'ils n'ont pas encore adhéré à nos «valeurs humanistes», ces immenses marques du progrès humain qui prônent l'ndividu contre la communauté afin que soient brisées les solidarités, la prosternation devant le «Veau d'Or» afin d'acheter les âmes, la féminisation des esprits contre la virilité afin de désarmer les peuples, les déviances contre l'ordre naturel afin de leur faire perdre leurs repères.
Face à cette arrogance et à cet aveuglement qui constituent le socle de la pensée unique partagée par la «droite» et par la gauche, se dresse l'immense ombre du maréchal Lyautey qui, parlant des peuples colonisés, disait : «Ils ne sont pas inférieurs, ils sont autres». Tout est dans cette notion de différence, dans cet ethno différentialisme qui implique à la fois respect et acceptation de l'évidence.
Or, c'est cette notion de différence que refusent tous les universalistes. Ceux de «droite», tel Monsieur Guéant, au nom des droits de l'Homme, ceux de gauche au nom du cosmopolitisme et du «village-terre».
____________________________________________
Civilisations, esclavage, nazisme :
les réponses de Roucaute, la plume
de Guéant
L'information a été révélée par Europe 1, et confirmée au Monde par l'intéressé : c'est le philosophe Yves Roucaute qui a fourni à Claude Guéant la formule qui enflamme, depuis le week-end dernier, le débat politique.
Samedi, lors d'un colloque organisé par le syndicat étudiant de droite Uni, le ministre de l'Intérieur avait appelé à «protéger notre civilisation» :
Un communiste devenu néoconservateur«Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique.»
Yves Roucaute, professeur à l'université de Nanterre, est lui-même un rescapé du «relativisme de gauche» : dans les années 70, il avait été un des dirigeants de l'Unef et de l'Union des étudiants communiste. Un égarement de jeunesse. Le philosophe a finalement évolué vers un néoconservatisme à l'américaine, en apportant au passage ses lumières à plusieurs figures de droite, comme Alain Madelin, Alain Carignon et, donc, Claude Guéant.
Si son discours écrit pour le ministre de l'Intérieur restera dans les mémoires, c'est aussi parce qu'il a été à l'origine d'un incident de séance historique à l'Assemblée nationale. Mardi, lors des questions au gouvernement, le député de Martinique Serge Letchimy, apparenté socialiste, a évoqué le nazisme pour dénoncer les propos de Claude Guéant :
«Vous nous ramenez, jour après jour, à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration, au bout du long chapelet esclavagiste et colonial.»
Le gouvernement et l'UMP ont immédiatement quitté l'Hémicycle. Pourtant, Claude Guéant aurait pu trouver des réponses prêtes à l'usage dans les œuvres de sa plume (on n'ose pas écrire «son nègre», sans doute par relativisme de gauche).
Le nazisme «inventé par la gauche»Par exemple, dans cette tribune publiée dans Le Figaro le 3 septembre, expliquant «ce qui ne peut plus durer au PS». Yves Roucaute veut en finir avec «les accusations de collusion de la majorité avec le FN» et les «attaques ad hominem contre un ministre de l'Intérieur» :
Des esclavagistes noirs ou arabes«Le Tartuffe Harlem Désir le sait bien : ce sont ses amis d'extrême gauche qui inventèrent le fascisme avec le socialiste Mussolini, numéro deux du Parti socialiste italien, le national-socialisme avec Hitler, leader du Parti ouvrier allemand, tout autant que le goulag et le laogai. Il faut avoir le verbe plus fin que le nez pour oublier qu'en France même le parti nazi a été construit par Jacques Doriot, numéro deux du Parti communiste, et le parti fasciste par Jacques Déat, député socialiste [il s'agit en fait de Marcel Déat, ndlr]. Et pour oublier que celui qui lança le Front national s'appelle François Mitterrand.»
Et si, mardi à l'Assemblée, Serge Letchimy s'était contenté d'évoquer l'esclavage ? On ignore si Claude Guéant aurait aussi quitté l'Hémicycle, mais là encore, il aurait pu se plonger dans l'œuvre d'Yves Roucaute.
Le ministre de l'Intérieur aurait ainsi pu piocher dans La Puissance de la liberté, publié en 2004. Le Figaro en avait offert un extrait à ses lecteurs, justement consacré à l'esclavage :
«Comment peut-on continuer à prétendre attribuer aux Blancs, Américains en tête, l'origine et le goût de l'esclavage ? [...]
Comment ignorer que depuis la plus haute antiquité, tous les peuples ignorant l'inaliénabilité des droits fondamentaux pratiquèrent l'esclavage ? En Afrique, avant même la traite des Noirs par les Blancs, il y eut celle des Noirs par les Noirs et celle des Blancs par les Arabo-Berbères et les Turcs [...]. L'esclavagisme, reconnu par la Charia, était une pratique courante des Arabes, avant d'influencer le monde musulman d'Afrique et d'Orient [...].
Leur traitement ? L'ignominie atteint des sommets inconnus chez les Européens. La mutilation génitale infligée aux garçons de 8 ans pour fabriquer des eunuques était courante. Les femmes noires (et blanches) étaient systématiquement violées. Si elles devenaient enceintes, elles étaient avortées ou leurs enfants se trouvaient réduits en esclavage s'ils n'avaient pas été tués à la naissance par les concubines arabes [...].»
Yves Roucaute avait déjà beaucoup réfléchi à l'histoire de l'esclavage : il y avait consacré une tribune dans Le Figaro (non disponible en ligne) en 2001, avec Jean-Jacques Roche, professeur à l'université Paris-Assas. Les auteurs dénonçaient «la repentance à sens unique», alors que se déroulait la conférence de Durban contre le racisme.
Défendre les minorités «sans idéologie»Le racisme, justement : voilà une autre de ces accusations que Claude Guéant, avec l'aide d'Yves Roucaute, devrait pouvoir écarter facilement. Le ministre n'aurait qu'à relire ce que le philosophe écrivait en 2008, à propos de Barack Obama.
Dans La Tribune, Yves Roucaute renvoyait les admirateurs du nouveau président américain à leurs contradictions :
«Faut-il au moins saluer le recul de l'anti-américanisme via l'élection d'un “Président noir” ? Recul momentané. Aurais-je d'ailleurs la cruauté de noter la myopie ? Le rêve de Martin Luther King, celui de tout humaniste, de ne plus voir la couleur de la peau en regardant un enfant, où est-il ?»
«L'intérêt de la France et de l'Europe», c'était l'élection du républicain John McCain, avait averti Yves Roucaute dans Le Figaro quelques mois plus tôt. Au passage, il refusait l'idée «que Barack Obama réconcilierait l'Amérique avec elle-même, Blancs et Noirs».
Selon lui, la «réconciliation raciale» était déjà terminée. Grâce aux Républicains, d'Abraham Lincoln à George W. Bush, de celui qui avait aboli l'esclavage à celui qui avait recruté Condoleezza Rice, à la fois «une femme et une Afro-Américaine» :
«Il ne suffit donc pas de dire que la gauche démocrate n'a pas le monopole de la défense des femmes et des minorités, il faut ajouter que la droite républicaine, fidèle à ses valeurs judéo-chrétiennes de liberté, les défend mieux et sans idéologie.»
Remplacez George W. Bush par Nicolas Sarkozy, Condoleezza Rice par Rachida Dati ou Rama Yade : grâce à Yves Roucaute, voilà Claude Guéant prêt à répliquer «sans idéologie» aux prochaines attaques des relativistes de gauche.
____________________________________________
"Toutes les civilisations ne se valent pas"
André COMTE-SPONVILLE cité par Luc FERRY
Le philosophe et ancien ministre de l'Éducation, Luc Ferry, se moquait hier de "l'effervescence proprement stupide" autour des propos de Claude Guéant. À ses yeux, les civilisations ne se valent "évidemment pas" et il n'est nullement scandaleux de le dire. "Toutes les civilisations se valent-elles? Evidemment non. Est-il scandaleux de le dire? Pas davantage", écrit-il dans une tribune au Figaro .
"Les cris d'orfraie poussés par les bien-pensants touchant les propos de Guéant sont d'autant plus ridicules que ces derniers relèvent plus de l'évidence que de la provocation".
L'écrivain se dit "prêt à parier qu'en leur for intérieur, nos éléphants du PS pensent exactement la même chose". "Au nom de quoi pourrait-on refuser à quiconque le droit de préférer les traditions qui ont engendré une grande littérature à celles qui commandent les sociétés sans écriture?"
Quant à vouloir distinguer civilisation et régime politique, "l'argument est spécieux : de toute évidence les deux sont inséparables". L'ex-ministre fournit à Claude Guéant un argumentaire qu'il tire d'un autre philosophe, André Comte-Sponville, défini comme "l'un des plus éminents penseurs se réclamant aujourd'hui de la gauche" et qui écrit, cite Luc Ferry : "Toutes les civilisations ne se valent pas, ni tout dans chacune d'elles". Il salue "une Europe qui eut le génie de développer une civilisation laïque de liberté et de bien-être à nulle autre pareille". "Pour combien de temps encore si nous n'y croyons plus nous-mêmes?", s'interroge-t-il en conclusion.
Le Figaro, 9 février 2012
source
____________________________________________

Claude Lévi-Strauss (1908-2009)
les cultures attachées chacune à un style de vie,
à un système de valeurs,
doivent veiller sur leurs particularismes
Claude LÉVI-SRAUSS
"À la fin de Race et histoire, je soulignais un paradoxe. C'est la différence des cultures qui rend leur rencontre féconde. Or ce jeu en commun entraîne leur uniformisation progressive : les bénéfices que les cultures retirent de ces contacts proviennent largement de leurs écarts qualitatifs ; mais, au cours de ces échanges, ces écarts diminuent jusqu'à s'abolir. N'est-ce pas ce à quoi nous assistons aujourd'hui ?
(…) Que conclure de tout cela, sinon qu'il est souhaitable que les cultures se maintiennent diverses, ou qu'elles se renouvellent dans la diversité ? Seulement il faut consentir à en payer le prix : à savoir, que des cultures attachées chacune à un style de vie, à un système de valeurs, veillent sur leurs particularismes ; et que cette disposition est saine, nullement - comme on voudrait nous le faire croire - pathologique.
Chaque culture se développe grâce à ses échanges avec d'autres cultures. Mais il faut que chacune y mette une certaine résistance, sinon, très vite, elle n'aurait plus rien qui lui appartienne en propre à échanger. L'absence et l'excès de communication ont l'un et l'autre leur danger."
C. Lévi-Strauss, De près et de loin,
Paris, Points, Seuil, 1990, p. 206-207.
médecins de brousse au temps colonial
médecins de brousse à l'époque coloniale
un documentaire d'Arte mardi 3 janvier 2012
Mardi 3 janvier 2012 de 22h55 au mercredi 4 janvier 2012 00h20 sur Arte
Synopsis de Médecins de brousse
Pendant toute l'époque coloniale, des médecins militaires français ont accompagné l'armée dans ses périples. Le rôle de ces «médecins de brousse» n'était pas seulement de soutenir les troupes, ils voulaient aussi soigner les populations et se considéraient comme des humanistes. Ainsi ont-ils endigué, notamment en Afrique centrale, la lèpre, la peste ou encore la maladie du sommeil. Cette action impliqua parfois de s'opposer à l'administration et à l'armée, dont ces praticiens faisaient partie. Le réalisateur François Caillat s'attache plus particulièrement à l'action du docteur Léon-Clovis-Eugène Jamot, durant les années 1930.

La critique TV de télérama du 24 décembre 2011
![]()
Ils étaient en premier lieu chargés de soigner les troupes. Au fil des années, les médecins militaires envoyés dans les colonies se sont aussi mis à soigner les populations autochtones. Par humanisme ? Curiosité médicale ? Mission civilisatrice ? C'est à cette ambivalence que s'intéressent les réalisateurs François Caillat et Silvia Radelli.
Entre Brazzaville et Yaoundé, ils retracent l'histoire d'Eugène Jamot, «médecin de brousse» connu pour avoir vaincu, dans les années 1920, la maladie du sommeil. On est sidéré par son art de la communication, à l'époque de la grande Exposition coloniale de 1931 : photos et films étalaient ses prouesses médicales sur les populations du Cameroun.
Au début du siècle, beaucoup des épidémies qui décimaient les populations africaines (fièvre jaune, variole) étaient ironiquement aggravées par les colons eux-mêmes - en faisant voyager des travailleurs locaux, ils mélangeaient les tribus. Prévenir ces maladies infectieuses, qui mettaient en péril le commerce des colonies, devenait une nécessité économique. Le médecin blanc imposait alors microscopes et seringues au sein d'une culture de médecine traditionnelle où les maladies étaient l'oeuvre des «génies».
Le film donne la parole à des médecins militaires et à des historiens africains. On s'agace du corporatisme des uns et de la parole partisane des autres. S'y ajoutent un montage lent et une réalisation sans relief, qui rendent l'ensemble beaucoup trop long. Dommage : les images d'archives inédites sont riches et glaçantes, et le sujet passionnant.
Perrine Dutreil
source
________________________________________

maternité de brousse, province de Bien Hoa en Cochinchine - source

Datkar, école de médecine, 1930/1960 - source
stéréotypes coloniaux : une thèse non scientifique

les stéréotypes coloniaux existent-ils
encore en France ?
Jean-Pierre RENAUD
Dans le livre intitulé Supercherie coloniale, j’ai contesté la thèse d’un collectif de chercheurs d’après laquelle, sans aucune preuve scientifique, et sans étude d’opinion sérieuse sur une mémoire coloniale éventuelle de la France, cette dernière aurait eu une culture coloniale qui produirait encore, par je ne sais quel processus inconscient, des effets stéréotypés de nature à expliquer la génération spontanée de nouveaux indigènes de la République.
Le Journal du Dimanche du 2 novembre dernier vient de publier un sondage de l’IFOP d’après lequel 80% des Français se disent prêts à «voter un jour pour un candidat noir», mais seulement 47% d’entre eux pensent qu’un candidat noir «aurait des chances» d’être élu à la Présidence de la République… Les femmes se montrent plus enclines que les hommes à opter pour un tel choix.
Une première réponse donc à la question : la France nourrit-elle des stéréotypes coloniaux qui expliqueraient l’existence des nouveaux indigènes de la République, thèse partagée par le texte de présentation de la dernière exposition de la Cité de l’Immigration. Le lecteur pourra se reporter au bref commentaire que j’ai fait de ma visite.
Mais les mêmes chercheurs diront peut être que ce sondage traduit précisément une pulsion inconsciente de repentance coloniale chez les Français.
Il est donc grand temps de faire une étude d’opinion sérieuse sur le sujet, ce qu’avait d’ailleurs proposé il y a bien longtemps l’historien Charles-Robert Ageron, récemment décédé.
Jean Pierre Renaud

un ouvrage démystifiant : Supercherie coloniale
- de Jean-Pierre Renaud, lire l'article : "La parabole de la propagande coloniale et du grain de riz"
- retour à l'accueil
Supercherie coloniale
Supercherie coloniale
présentation du livre par l'auteur
Jean-Pierre RENAUD
Le livre compte 294 pages, 18 illustrations et 9 chapitres intitulés : les livres de la jeunesse, la presse, les expositions coloniales et les zoos humains, les cartes postales, le cinéma, les affiches, la propagande coloniale, et le ça colonial.
L’ouvrage analyse en effet, vecteur par vecteur d’information et de culture, le discours que tient un collectif de chercheurs (1) sur une culture coloniale et impériale qui aurait existé sous la IIIe République, et plongé la France dans un bain colonial. Cette culture se serait prolongée sous les IVe et Ve République et, à travers la voie d’un inconscient collectif évoqué dans le chapitre Le ça colonial, serait aujourd’hui la cause d’une fracture coloniale et d’une crise des banlieues qui en résulterait.
En décortiquant page par page, et ouvrage par ouvrage, leur discours, comme cela a été fait à titre d’exemple, dans le chapitre "La propagande coloniale pour le décorticage du riz de Sandrine Lemaire", un riz destiné à plus de 95% à la volaille et au bétail, en contradiction complète avec son slogan "Du riz dans les assiettes", de l’Empire dans les esprits (CI/p.82), l’ouvrage a l’ambition d’examiner le bien fondé de ce discours eu égard aux sources historiques qu’il est possible d’avancer pour soutenir la thèse qu’ils défendent.
Le lecteur se rendra compte que la démonstration de ce discours est loin d’être faite. La conclusion de l’ouvrage en résume les faiblesses et les dangers, aussi bien pour les descendants français de peuples colonisés que pour la communauté nationale toute entière. L’analyse proposée par ce livre suggère une autre lecture de l’histoire coloniale, une autre hypothèse de travail, laquelle reste à démontrer tout autant que celle encore contestée de ce collectif de chercheurs. Celle d’un déchiffrage historique des rapports entre la France, les Français, et les colonies, fondés beaucoup plus sur le goût des Français pour l’exotisme et la gloire, plus que sur la supériorité raciale, la discrimination, la violence coloniale, ou La sueur du burnous de Vigné d’Octon.
Jean-Pierre Renaud
(1) Culture coloniale (CC) Culture impériale (CI) La République coloniale (RC) La Fracture coloniale (FC) L’Illusion coloniale (Ilc)

Jean-Pierre Renaud, Supercherie coloniale,
éd. Mémoires d'hommes, février 2008
- pour commander ce livre : Mémoires d’Hommes, 9 rue Chabanais, 75002 Paris - France 20 euros par chèque, le port est compris
- du même auteur, sur ce site : La parabole de la propagande coloniale et du grain de riz [y a-t-il vraiment eu propagande coloniale ?]
thèse de Marie Chominot
Guerre d’indépendance de l’Algérie
l’image, source
et objet de recherche historique
la thèse de Marie Chominot
Étudier une période historique donnée par la photographie, c’est le choix novateur fait par Marie Chominot pour sa thèse de doctorat en histoire, sous la direction de Benjamin Stora, professeur à l’Institut national des langues et civilisations orientales, qu’elle a soutenue mercredi dernier [14 mai 2008].
La photo est en effet encore une source inhabituelle dans l’univers de l’historien. La jeune chercheuse, qui a étudié «la photographie pour la guerre» et non «la photo de la guerre», a présenté le résultat de six ans d’investigations, de consultations, de collecte et d’analyse d’archives photographiques en France et en Algérie sous l’intitulé de «Guerre des images, guerre sans images. Pratiques et usages de la photographie pendant la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962)».
Un travail salué par l’ensemble du jury présidé par Omar Carlier, professeur à l’université Paris VII, comme «un travail exceptionnel», «d’une très grande honnêteté», «rigoureux». Dans un résumé succinct de sa thèse, - trois volumes dont un consacré à 1200 photos dont certaines sont inédites - Marie Chominot explique que «pendant la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), conflit qui n’a pas officiellement le statut de guerre, les deux camps en présence incluent la photographie dans des stratégies de légitimation et de communication complexes, mettant en œuvre une véritable politique images… La photographie se trouve au cœur d’une vaste entreprise de maîtrise de la guerre : elle sert à faire la guerre (comme auxiliaire du renseignement), elle sert aussi à la dire».
«Dans le but de maîtriser le récit confié à l’opinion publique par les médias, l’armée a organisé une forme de monopole de production et de diffusion des images photographiques, s’efforçant de tarir à la source la réalisation de photographies par des journalistes civils, tout en alimentant régulièrement le système de
diffusion médiatique qui se fait par conséquent le relais, consentant mais forcé, d’une vision univoque».
Directeur de thèse de Marie Chominot, l’historien Benjamin Stora a rappelé que 200 000 clichés ont été pris par l’armée française, représentant une «source considérable». Sans compter les archives privées en France, mais aussi en Algérie, que Marie Chominot a pu consulter lors de deux séjours en Algérie et dont plusieurs sont inédites. Marie Chominot «a croisé de manière judicieuse des archives officielles, des archives dissidentes, marginales», a précisé son directeur de thèse.
Relevant les différents intérêts du travail de Marie Chominot, Benjamin Stora a souligné que «cette thèse participe du renouvellement de la recherche sur cette période». Elle a permis de «dévoiler cette guerre invisible et sans nom». Et participe donc de «la reconnaissance de cette guerre». Son deuxième intérêt est de montrer que l’image est source et objet de recherche historique, ajoute le professeur d’histoire.
la société française a construit sa cécité,
le régime algérien a produit de l’amnésie sur cette période
De son point de vue encore, le troisième intérêt réside dans le fait qu’un travail d’enquête a été mené en Algérie. «Ce travail permet de sortir d’un système de représentation hégémonique», «le détour par l’Algérie est essentiel». Un autre intérêt est que le travail de Marie Chominot «montre pour la première fois comment la reproduction photographique par l’armée française alimentait les circuits médiatiques, intégrant ceux qui seront les précurseurs des journalistes embarqués».
«Cette façon de faire, novatrice, nous conduit à réfléchir sur l’actualité d’aujourd’hui. La guerre d’Algérie a inauguré une période, celle du contrôle des images mis en œuvre par les États», précise encore Benjamin Stora. Pour sa part, Abdelmadjid Merdaci, maître de conférences à l’université Mentouri de Constantine, a observé que cette thèse permettrait de réfléchir à des champs inexplorés en Algérie.
Elle montre aussi «le caractère inégalitaire» du conflit tel qu’il apparaît à travers la production et la mise en circulation des images, «met en lumière ce que Marie Chominot appelle pragmatisme algérien, qui utilise des images de toutes origines pour organiser un système de confrontation à l’État français, au discours français», «redéfinit la nature du conflit du point de vue de ceux qui parlaient au nom du FLN», «la question de la multiplicité des acteurs et des territoires de cette
guerre». Selon l’universitaire algérien, «la société française a construit sa cécité, elle ne voit pas, ne veut pas voir, ne doit pas voir». «Il est important aussi de dire comment le régime algérien a produit de l’amnésie sur cette période».
la thèse de Marie Chominot
La thèse de Marie Chominot se compose de deux parties :
- des photographies dans l’Algérie en guerre ;
- des photos pour faire la guerre, des photos pour la dire.
Et de sept chapitres :
- vers un monopole militaire ?
- l’infrastructure photographique de l’armée en Algérie ;
- la photo auxiliaire du renseignement ;
- en Algérie, conquérir les cœurs ou terroriser les esprits ;
- maîtriser le(s) récit(s) de la guerre ;
- dans le camp français une production hors des cadres ;
- le versant algérien de la «guerre des images».
Photographier au maquis ; une stratégie de visibilité maximale : témoigner, publier, communiquer ; faire feu de tout bois. La création des services spécialisés (photographie et cinéma) auprès du GPRA, les journalistes étrangers, collecter, archiver.
Nadjia Bouzeghrane
El Watan (Alger), édition du 19 mai 2008
- présentation de la thèse de Marie Chominot
Guerre des images, guerre sans image ? (Marie Chominot)
Guerre des images, guerre sans image ?
Pratiques et usages de la photographie pendant la guerre
d’indépendance algérienne (1954-1962)
Marie CHOMINOT
thèse de doctorat préparée sous la direction de
Benjamin STORA, Professeur d’Histoire contemporaine à l’INALCO.
La soutenance se déroulera le
Mercredi 14 mai à 9 heures,
Université de Paris 8 – Saint-Denis,
Salle des thèses, Bâtiment A Salle 010
Le jury sera composé de :
- Stéphane Audouin-Rouzeau, directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales
- Omar Carlier, professeur à l’université Paris VII
- Christian Delage : maître de conférences HDR à l’université Paris VIII
- Abdelmajid Merdaci, maître de conférences à l’université Mentouri de Constantine
- Michel Poivert, professeur à l’université Paris I
- Benjamin Stora, professeur à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales
résumé succinct
Pendant la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), conflit qui n’a pas officiellement le statut de guerre, les deux camps en présence incluent la photographie dans des stratégies de légitimation et de communication complexes, mettant en œuvre une véritable politique des images. Dans le cadre de l’internationalisation du conflit, la communication française est dans une perpétuelle logique de riposte aux initiatives des nationalistes algériens. Pourtant, lorsque l’on se rapproche géographiquement du cœur du conflit, le rapport de forces s’inverse et l’on voit pleinement fonctionner un système d’information mis en place par l’armée française et assumé par le pouvoir politique, qui est aussi un système hégémonique de représentation du conflit.
La photographie se trouve au cœur d’une vaste entreprise de maîtrise de la guerre : elle sert à faire la guerre (comme auxiliaire du renseignement), elle sert aussi à la dire. Dans le but de maîtriser le récit confié à l’opinion publique par les médias, l’armée a organisé une forme de monopole de production et de diffusion des images photographiques, s’efforçant de tarir à la source la réalisation de photographies par des journalistes civils, tout en alimentant régulièrement le système de diffusion médiatique qui se fait par conséquent le relais, consentant mais forcé, d’une vision univoque. Le fonctionnement du système d’information français révèle des failles dont la moindre ne fut pas de générer une «guerre sans image». L’invisibilité du conflit est la conséquence d’un système de représentation qui se veut hégémonique et qui, par l’application de filtres successifs, engendre une banalisation de la vision.
présentation détaillée
Pendant la guerre d’indépendance algérienne (1954‑1962), conflit qui n’a pas officiellement le statut de guerre, les deux camps
en présence incluent la photographie dans des stratégies de
légitimation et de communication complexes, mettant en œuvre, selon des
modalités différentes, une véritable politique des images. Le conflit
franco-algérien fut bien une guerre des images, et, si cette dernière
fut marquée du sceau de l’inégalité en termes de production, la
conclusion est tout autre si l’on déplace le curseur vers la question
de la diffusion et que l’on élargit l’échelle géographique. L’enquête
en terrain algérien révèle que le camp nationaliste a mis en œuvre, dès
1955-1956, une véritable stratégie de communication qui passe par une
utilisation raisonnée de l’image photographique et, dans une moindre
mesure filmique.
Peu importe que les Algériens n’aient pas les moyens
de produire massivement des images du conflit, ils se donnent tous les
moyens d’assurer la diffusion maximale de toutes celles qui leur
parviennent, quelle que soit la filière empruntée. La question du
déséquilibre est en effet à interroger dans une perspective
multiscalaire. Si l’activité d’information par l’image menée par le
camp algérien parvient à mettre en échec le système hégémonique de
représentation de la guerre qu’ont tenté de construire
les Français, c’est à l’échelle mondiale (dans le monde arabe, en
Europe, mais surtout sur le front des pays non-alignés et à la tribune
de l’ONU).
Dans le cadre de l’internationalisation du conflit, la
communication française est dans une perpétuelle logique de riposte aux
initiatives algériennes. Pourtant, lorsque l’on resserre la focale, que
l’on se rapproche géographiquement du cœur du conflit (le territoire
algérien, lieu des affrontements et la France métropolitaine, siège des
décisions politiques et de l’opinion publique nationale), le rapport de
forces s’inverse et l’on voit pleinement fonctionner un «système
d’information» mis en place par l’armée française (et assumé par le
pouvoir politique), qui est aussi un système hégémonique de
représentation de cette guerre.
L’expression
«système d’information» permet de décrire les différents usages de la
photographie par l’armée française en Algérie et rend compte d’une
tendance globalisante de cette armée qui tend, dans le domaine de
l’information comme dans bien d’autres, à s’arroger des pouvoirs qui ne
sont habituellement pas les siens. La photographie se trouve au cœur
d’une vaste entreprise de maîtrise de la guerre par l’armée : elle sert
à faire la guerre et à la dire, à maîtriser le faire et le dire. Le
terme d’ «information» doit dès lors être entendu dans trois
acceptions différentes. Dans son sens le plus classique, il renvoie à
la question de la médiatisation d’un événement, à la manière dont il
est mis en récit et transmis à un public. [source photo ci-contre]
Dans le but de maîtriser le
récit confié à l’opinion publique par les médias, l’armée a organisé
(avec l’accord plein des autorités civiles) une forme de monopole de
production et de diffusion des images photographiques relatives au
conflit, s’efforçant de tarir à la source la réalisation de
photographies par des journalistes civils, tout en alimentant
régulièrement en images le système de diffusion médiatique (agences
photographiques et journaux), qui se fait par conséquent le relais,
consentant mais forcé, d’une vision univoque.
Par
«information», il faut aussi entendre «renseignement» car ce
dernier permet, en l’informant, de maîtriser le faire de la guerre. En
amont et en aval des opérations militaires, la photographie intervient
pour repérer, identifier, contrôler des objectifs terrestres et
humains. Aux usages proprement stratégiques de la photographie en temps
de guerre (photographie aérienne, cartographie), l’armée ajoute ici des
pratiques qui relèvent de l’utilisation policière et judiciaire de la
photographie (fichage et identification des individus, vivants comme
morts). Les populations civiles algériennes, tout comme les combattants
algériens, sont pris dans les rets d’un vaste système d’images qui sert
à la fois à les contrôler et à les persuader de rejoindre le camp de la
France.
Pour
ce faire, certains services de l’armée mettent en œuvre une forme
particulière d’information, qui s’applique directement sur les publics
ciblés (d’abord, exclusivement en son sein, les appelés, puis les
populations civiles et les combattants algériens), sans emprunter le
canal des médias civils. Cette «action psychologique», forme de
propagande ouvertement inspirée de l’agit-prop de tradition marxiste, s’inscrit
dans le cadre d’une interprétation théorique de la guerre pensée, à
partir de la fin de l’année 1956, sur le modèle de la «guerre
révolutionnaire», issu de l’expérience indochinoise. La conquête des
populations (par la persuasion, la séduction ou la terreur) est alors
considérée comme un élément fondamental pour gagner la guerre.
Il
s’agit d’asseoir sa domination à la fois sur un territoire et sur les
esprits de ceux qui le peuplent, afin que l’Algérie reste française.
Outil pour garder la maîtrise du conflit, autant dans sa dimension
stratégique que dans sa dimension politique, la photographie est
réellement utilisée par les Français comme un instrument pour gagner la
guerre. Or, malgré le déploiement de considérables moyens humains et
matériels, malgré la mise en place d’un système d’information qui se
veut verrouillé, les Français perdent la guerre sur le terrain
médiatique.
Cet
échec médiatique ne saurait être exclusivement imputé à l’activisme du
FLN sur la scène internationale. Analysé de l’intérieur, le
fonctionnement du système d’information français révèle des failles
dont la moindre ne fut pas de générer une «guerre sans image».
L’invisibilité du conflit, en effet, n’a pas été élaborée a posteriori
par une occultation volontaire, elle a émergé dès l’époque. Elle est la
conséquence d’un système de représentation qui se veut hégémonique et
qui, par l’application de filtres successifs, engendre une banalisation
de la vision.
Au regard de l’océan de photographies produites par
l’armée française, la proportion des images effectivement diffusées est
minime. Soigneusement choisies et filtrées à toutes les étapes
(production, exploitation, diffusion), les mêmes photographies sont
destinées à toutes les catégories de publics (soldats, opinion publique
française et internationale, populations civiles et combattants
algériens). Pendant toute la guerre, seul un petit nombre de figures
photographiques, fortement stéréotypées, circule. L’armée a organisé la
pauvreté visuelle de l’événement. L’impact relatif des propagandes
française et algérienne doit aussi être étudié, au-delà de la question
des moyens mis en œuvre de part et d’autre, à la lumière de cette
opposition : invisibilité versus dévoilement.
Marie CHOMINOT
_____________________________________________________________________
Pour vous rendre à l’université Paris VIII, 2, rue de la Liberté à Saint-Denis :
- Par le Métro, descendez à la station de métro Saint-Denis Université (ligne 13).
- Par la route en provenance de Paris, prenez l’autoroute A1 (dite du Nord) à la Porte de la Chapelle, sortie N°3 direction St-Denis Universités – Pierrefitte ; après le 4e feu tricolore, tournez à droite dans la 2e rue, direction Stains – Saint-Denis Universités – Vélodrome. Après le carrefour, un parking payant se trouve sur votre gauche.
Pour rejoindre la salle A 010, empruntez l’entrée principale de l’université, prenez les escalators sur votre gauche, direction bâtiment A. Ensuite, traversez la passerelle qui franchit la rue de la Liberté et longe la bibliothèque universitaire. Descendez les escalators puis continuez tout droit. Vous arrivez dans le hall du bâtiment A. La salle A 010 se trouve juste sur votre gauche.
Dans le hall principal, des agents d’accueil peuvent vous aider.
contact : chominot@wanadoo.fr
les arabisants et la France coloniale (vers 1830 - vers 1930)
Savants, conseillers, médiateurs :
les arabisants et la France coloniale
(vers 1830 - vers 1930)
Alain MESSAOUDI
Alain Messaoudi soutient sa thèse
Savants, conseillers, médiateurs : les arabisants et la France
coloniale (vers 1830 - vers 1930)
thèse d'histoire dirigée par Monsieur Daniel Rivet (Paris I-Sorbonne)
jury composé de Kmar Bendana-Kchir, Nadine Picaudou, Luc-Willy
Deheuvels et Claude Lefébure
La soutenance se tiendra le samedi 9 février à partir de 9 h 30
salle Denys et Maurice Lombard, rez-de chaussée, 96 bd Raspail, 75006
Paris (métro Notre-Dame des Champs ou Saint-Placide).

Dictionnaire arabe-français, Alfred Nicolas,
professeur au Lycée de Tunis, 1911, imprimeur
éditeur Frédéric Weber, 11 rue de Constantine, Tunis.

Colomb-Béchar, bureau des Affaires indigènes

Touggourth, place du Marché et bureau des Affaires indigènes
- cf. séminaire de Claire Fredj et Alain Messaoudi
Colonisation - évangélisation
Colonisation - évangélisation
les relations entre les pouvoirs coloniaux,
les pouvoirs locaux et les missions :
des Grandes Découvertes à la décolonisation
- colloque à la Sorbonne, les jeudi 13, vendredi 14 et samedi 15 décembre 2007
- programme colloque colonisation-évangélisation
Jeudi 13 décembre 2007 Président de séance : Alain Tallon 9h00 Alain Tallon (Paris IV), Introduction 9h20 Luiz-Felipe de Alencastro (Paris IV), Colonisation – Évangélisation ou
Civilisation – Évangélisation ? 10h10 débat 10H40 Benoit Pierre (Tours), Apostolat et affirmation de l’État sous le
règne de Louis XIII : les missions capucines du père Joseph
12h00 déjeuner 14h00 Jean-François Zorn (Montpellier III), Internationalisme missionnaire
et nationalisme colonial : la mission protestante de Paris au XIXe
siècle.
15h00 débat Président de séance : Jacques Frémeaux 15h30 Géraud Poumarède (Paris IV), La monarchie française et l’essor
missionnaire en Méditerranée orientale dans la première moitié du XVIIe
siècle.
16h30 débat 17h00 Daniel Lefeuvre (Paris VIII), La conquête religieuse de l’Algérie : les
premières implantations catholiques, l’évangélisation et le prosélytisme.
18h00 débat 18h30 fin de la première journée
Vendredi 14 décembre 2007 Président de séance : Jacques Frémeaux 9h00 Colette Zytnicki (Toulouse II), L’Alliance israélite universelle au Maroc
: les "hussards noirs" juifs de la République en contexte précolonial et
colonial (1862-1939).
10h30 Jérôme Bocquet (IUFM Orléans-Tours), Les missions à l’heure du
nationalisme arabe : pouvoirs et allégeances au Proche-Orient (1925-1967). 11h00 débat Président de séance : Déjanirah Couto (EPHE) 11h30 Alain Forest (Paris VII-Denis Diderot), Missions et expansion coloniale en Asie du
Sud-Est entre les XVIIe et XIXe siècles.
12h30 débat 13h00 déjeuner 14h30 Ronnie Po-chia Hsia (Pennsylvanie), Les missions 15h30 débat 16h00 Jacques Weber (Nantes), Les rapports entre les pouvoirs et les
missions dans les établissements français de l’Inde de la Restauration au
Second Empire.
17h00 débat 17h30 Jean-François Klein (INALCO), À l’origine du mythe du Yunnan.
Missions catholiques en Chine méridionale et intérêts impériaux
franco-britanniques au XIXe siècle.
18h30 débat 19h00 fin de la deuxième journée
catholiques, les
pouvoirs européens et l’Empire de Chine aux XVIe-XVIIIe siècles.
Samedi 15 décembre 2007 Président de séance : Luiz-Felipe de Alencastro (Paris IV) 9h00 Philippe Evanno (Paris IV), Les pouvoirs locaux, les comptoirs et les
missions de Dakar à Ouidah entre 1680 et 1797.
10h00 débat 10h30 Markus Roser (Église évangélique luthérienne de Saxe), Connections
between powers and missions in the Royal domain of Congo.
11h30 débat 12h00 déjeuner Président de séance : Annie Moliné-Bertrand (Paris IV) 14h00 Charlotte de Castelnau (Paris X), Pouvoir et missions au Brésil à
l’époque moderne.
15h00 débat 15h30 Karl-Heinz Arenz (Paris IV), Pouvoirs et missions jésuites en
Amazonie au XVIIe siècle.
16h30 débat 17h00 Philippe Delisle (Lyon III), Les missionnaires catholiques,
l’administration coloniale et la question du travail sur les plantations
en Guyane française au XIXe siècle.
18h00 débat 18h30 Jacques Frémeaux (Paris IV) : conclusion 19h00 fin du colloque.
____________________________________________________
Professer l’Empire. La construction des sciences coloniales en France sous la IIIe République (Pierre Singaravelou)
Professer l'empire :
la construction des sciences coloniales
en France
sous la IIIe République
Pierre SINGARAVELOU
Mardi 11 décembre 2007, à la Sorbonne, à 14 heures
Pierre Singaravelou soutiendra publiquement sa thèse de doctorat d'histoire :
Professer l'empire : la construction des sciences coloniales
en France sous la IIIe République
préparée sous la direction du professeur Christophe Charle, université Paris I Panthéon-Sorbonne
jury
M. Jean-François Chanet, professeur à l’Université Lille-III
M. Christophe Charle, professeur à l’Université Paris-I
M. Richard Drayton, reader à l’Université de Cambridge
M. Jacques Frémeaux, professeur à l’Université Paris-IV
Mme Sylvie Guillaume, professeur à l’université Bordeaux 3
Culture et colonisation, France XIXe-XXe siècles (séminaire Sophie Dulucq et Colette Zytnicki)
séminaire Culture et colonisation
France, XIXe-XXe siècles
Sophie DULUCQ et Colette ZYTNICKI
Master 2 - HIC 151 (octobre-décembre 2007)
Séminaire de l’équipe Diasporas, université Toulouse le Mirail
Responsables pédagogiques : Sophie Eckert-Dulucq et Colette Zytnicki
Lieu : Maison de la Recherche, laboratoire Diasporas, 3ème étage, salle A 306.
_________________________________________
Les séminaires de recherche des différentes équipes ont pour objectif d’initier les étudiants à la recherche telle qu’elle se bâtit au quotidien, à partir des exposés des chercheurs et des débats auxquels ils donnent lieu.
Le thème choisi cette année par l’équipe Diasporas portera sur un chantier de recherche dynamique : l’approche culturelle de l’histoire du fait colonial. On évoquera - essentiellement à partir du cas de l’Empire colonial français - le rôle des savoirs dans les dispositifs de la domination européenne, mais aussi la notion de «culture coloniale» et les pratiques culturelles en situation coloniale. Divers intervenants (membres de l’équipe ou invités) seront sollicités pour venir présenter leurs recherches en cours.
* 19 octobre : 9 h 00 – 12 h 30
Présentation de la problématique du séminaire : Colonisation et fait culturel
Intervenants : Patrick Cabanel, Sophie Eckert-Dulucq, Colette Zytnicki.
* 2 novembre : 9 h 00 – 12 h 30
Séance sur la culture coloniale en province.
Intervenant : Le Bordeaux colonial avec Christelle Lozère.
* 16 novembre : 9 h 00 – 12 h 30
Séance sur le tourisme, une pratique culturelle en situation coloniale.
Intervenantes : Geneviève Goussaud-Falgas et Claire Llanès.
* 30 novembre : 9 h 00 – 12 h 30
Séance sur les acteurs et les institutions dans les politiques culturelles coloniales
Intervenants : David Lambert et Yoshiko Sugiyama.
* 30 novembre : 14 h-18 h
Visite commentée du musée Georges Labit.
* 14 décembre : 9 h 00 – 12 h 30
Séance sur cinéma et colonisation
Intervenantes : Alice Gallois et Marie-Charlotte Chabosseau.

musée Georges Labit à Toulouse
- musée Geoges Labit à Toulouse
- musée Georges Labit, par Serge Pierre
________________________________________________

Affiche de tourisme en couleurs illustrée. Liaison automobile
saharienne de Colomb-Béchar à Fort-Lamy.
Carte de l'Afrique occidentale française. [vers 1950]
(source)


















































