mercredi 18 mars 2009
conférence de Benjamin Stora
29 mars 2009 : conférence
de Benjamin Stora
"Paris pendant la guerre d’Algérie"
Le cinéma à la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration
Du 27 mars au 7 juillet 2009
À l’Auditorium de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration
(Paris-XIIè) -
5€ (plein tarif) – 3,5€ (tarif réduit)
«Quand tous les autres s’appellent Ali…»
En partenariat avec le Goethe Institut
Dans le cadre de l’exposition
"À chacun ses étrangers ? France-Allemagne, de 1871 à aujourd’hui"
(Jusqu’au 19 avril 2009) : Comment les étrangers sont-ils perçus en France, comme en Allemagne, de 1871 jusqu’à l’actualité la plus récente ? Que révèlent ces images de l’«Étranger» ?
Une sélection de films majeurs illustre la question des représentations de l’étranger dans les cinémas français et allemand, les week-ends du 17-18 janvier et du 27-28-29 mars.
Avec la participation exceptionnelle de Hanna Schygulla, le vendredi 27 mars.
Benjamin Stora, historien, présentera, le 29 mars, au cours d’une conférence : Paris pendant la guerre d’Algérie, en introduction du film ‘Elise ou la vraie vie’ de Michel Drach.
Vendredi 27, samedi 28 et dimanche 29 mars :
Les années 1970, fragments d’un discours amoureux
§ Vendredi 27 mars, 20h : Soirée Carte blanche à Hanna Schygulla, en sa présence
Entrée libre sur réservation, dans la limite des places disponibles : spectacle@histoire-immigration.fr
Hanna Schygulla animera cette soirée autour de l'émigration et l'immigration en Allemagne. De courts films (qu'Hanna Schygulla a elle-même réalisés), et extraits de longs métrages auxquels elle a participé, illustreront cette rencontre ponctuée d'une lecture de ‘Qu'une tranche de pain’, première pièce de Rainer-Werner Fassbinder
lundi 19 mai 2008
la loi sur les archives votée
La loi sur les archives
votée :
un compromis lourd d'ambiguïtés
et de menaces
communiqué de l'AUSPAN, 15 mai 2008
Le 15 mai au soir, le Sénat a adopté en deuxième lecture le
texte de loi sur les archives, reprenant à l'identique l'essentiel
du texte voté par l'Assemblée le 29 avril dernier.
Le compromis entre le projet du gouvernement initial et les
modifications introduites par le Sénat en première lecture a été
entériné. La loi nouvelle affirme le principe du droit d'accès
immédiat aux archives publiques de tous les citoyens, et réduit
dans l'ensemble les délais de communicabilités pour les archives
réservées. Nous pourrions donc nous féliciter de cette adoption.
Mais le texte introduit de manière pernicieuse une notion
anti-démocratique - l'archive incommunicable - et une
définition
nouvelle, approximative et dangereuse de la vie privée. En résulte
une loi déséquilibrée et imparfaite, éloignée à la fois
des ambitions progressistes affichées et de la volonté d'aligner
le traitement des archives publiques françaises sur celui en vigueur
dans les grandes démocraties.
L'Association des Usagers du Service Public des Archives Nationales
(AUSPAN), auditionnée à toutes les étapes de l'adoption de la
loi, a interpellé les parlementaires et fait signer une «Adresse» dénonçant les points les plus inacceptables de la future loi.
Cette campagne d'information a abouti à une mobilisation
exceptionnelle : plus de 1 300 citoyens, chercheurs et usagers,
français et étrangers, ont signé cette Adresse et la presse a
largement relayé notre action.
La notion d'archives incommunicables, présente dès le projet de
loi, concernait notamment la «sûreté des personnes». Les
discussions parlementaires nous ont appris qu'il s'agissait
essentiellement de celle des agents secrets et indicateurs de police.
Face aux réactions suscitées, l'Assemblée Nationale, en accord
avec le gouvernement, a décidé le 29 avril que les dossiers en
question ne seraient plus «incommunicables» mais soumis à un
délai de cent ans. Le Sénat a validé cet amendement. L'AUSPAN
prend acte de ces améliorations bien que ce délai reste excessif.
Les chercheurs pourront quoi qu'il en soit continuer à travailler
sur les services de renseignements.
Le champ des archives incommunicables se trouve ainsi réduit aux
armes de destruction massives. La notion et le principe n'en demeurent
pas moins inacceptables dans la mesure où l'accès aux archives
publiques s'avère un droit des citoyens inaliénable, même si des
considérations d'intérêts supérieurs peuvent le limiter dans
le temps. Sous le prétexte de la sécurité nationale face à la
menace terroriste, le législateur porte abusivement atteinte aux
droits des citoyens, alors même que d'autres solutions étaient
envisageables : à savoir l'introduction de longs délais de
communicabilité révisables. Cette solution, proposée par les
juristes du ministère de la Défense, a été ignorée par le
législateur privilégiant l'effet d'annonce sécuritaire.
Le texte permettra, par exemple, d'interdire l'accès aux documents
relatifs aux essais nucléaires français
dans le Sahara dans les
années soixante. Est-ce à dire que les civils et militaires
victimes de radiations, en Algérie ou dans le Pacifique, se verront
interdire toute recherche permettant d'obtenir la réparation des maladies contractées ? Les historiens, épidémiologistes,
environnementalistes, et autres se verront-ils fermer «pour
l'éternité» comme l'a dit madame Albanel au Sénat le 15 mai, ce
sujet de recherche ?
Les documents relatifs à la vie privée des personnes seront
finalement accessibles à la suite d'un délai de cinquante ans et
non soixante-quinze comme le voulaient les sénateurs. Le
gouvernement est, sur ce point, parvenu à imposer ses volontés.
Mais triomphe également une définition extensive de la vie
privée qui, à terme, rendra plus difficile l'obtention, aujourd'hui
très libérale, de dérogations.
L'AUSPAN a plaidé - en vain - pour que disparaisse du texte de la loi
non pas la protection de la vie privée, mais une nouvelle
notion de la «vie privée» désormais étendue aux «appréciations» et aux «jugements de valeur». On retrouve des
échos de cette prise de position dans le rapport de la commission
des Lois du Sénat :
«Elle (la commission) recommande toutefois aux services publics d'archives la plus grande souplesse d'interprétation quant aux notions d'atteinte à la réputation et à la vie privée. A titre d'exemple, il apparaît pour le moins étonnant que certains archivistes considèrent comme relevant de la vie privée des documents comportant l'adresse personnelle de fonctionnaires même lorsque ces adresses figurent dans des documents facilement accessibles (bottins administratifs, Who's Who...).
De même, votre commission insiste sur la nécessité de disjoindre
ou d'occulter les
documents confidentiels afin de ne pas appliquer le
délai de consultation à l'ensemble d'un dossier d'archives dont
les autres documents ne comporteraient aucun secret protégé par la
loi. Il semble en effet que, faute de temps, les archivistes acceptent
parfois difficilement les «communications par extraits».
Un rapport ou un exposé des motifs n'a pas force de loi. De
plus, dans le même temps, le rapporteur précise l'interprétation
de la nouvelle notion de «vie privée» qui inclut désormais «l'honneur des personnes». La qualification est habile. Elle permet
d'évincer ce que les mots « appréciation » ou «jugement de
valeur» - conservés par ailleurs - avaient de trop moralisateur
au profit d'un terme apparemment plus neutre «l'honneur». Cette
conception extensive de la vie privée permettra à l'administration
d'assurer la protection de «l'honneur» des personnes ayant
accompli... des actes «déshonorants».
Or, «l'honneur des personne » relève non de la loi d'archives, mais du code pénal qui sanctionne la diffamation et la diffamation calomnieuse dont un individu peut faire l'objet. Pourquoi le législateur réintroduit-il la question de l'honneur des personnes dans le cadre de la loi d'archives ? Parce qu'il se donne, en réalité, pour mission de protéger non pas l'honneur, mais l'honorabilité des individus et des dirigeants, la «bonne réputation» d'hommes et de femmes qui ont pu se déshonorer dans le cadre de leur activité publique, et par rapport à la tradition républicaine.
Le rapporteur du Sénat peut, dès lors, déplorer que «certains archivistes considèrent comme relevant de la vie privée des documents comportant l'adresse personnelle des fonctionnaires» : l'atteinte à la vie privée et à l'honneur des personnes introduite par la nouvelle loi risque tout simplement d'amplifier cette tendance.
l'administration pourra donc revenir
sur le texte voté par le législateur
D'autre part, pour l'accès aux archives notariales, aux documents
statistiques officiels, aux enquêtes de police judiciaires et aux
dossiers personnels des fonctionnaires, le délai moyen de
communicabilité de soixante quinze ans a finalement triomphé. Et
cela, alors que le projet gouvernemental initial généralisait un
délai moyen de cinquante ans. Le Sénat qui, sous la pression des
notaires, a proposé cet allongement, reporte d'une génération la
libre consultation de ces archives et fait adopter à la France l'une
des lois d'archives les plus restrictives d'Europe sur ces
questions.
Est-il normal de ne pas pouvoir consulter librement les dossiers de justice concernant l'association d'extrême-droite, La Cagoule, au temps du Front populaire ? De ne pas avoir accès aux minutes notariales concernant la spoliation des Juifs et l'aryanisation des biens sous Vichy (documents qui ayant dépassé les cinquante ans seraient devenus librement accessibles dès la promulgation du texte si le délai proposé par le gouvernement avait été respecté par les parlementaires de la majorité, et qui ne s'ouvriront qu'en 2019) ? Peut-on raisonnablement défendre le refus d'accès aux enquêtes de police ou judiciaires concernant le 8 mai 1945 en Algérie ?
Enfin, le Parlement a voté un amendement qui autorise le gouvernement à «harmoniser» par ordonnance le code du patrimoine de 1978 et la loi actuelle «qui se superposent mal» selon le rapporteur du Sénat Sous couvert des difficultés techniques à régler, l'administration pourra donc revenir complètement sur le texte voté. L'opposition, par la voix de Mme Josiane Mathon-Poinat et celle de Jean-Pierre Sueur a eu raison de noter que cela revient à nier le travail parlementaire conduit depuis plusieurs mois et que «l'ordonnance pourra porter sur des questions liées à la communicabilité, ce qui est loin d'être purement technique», mais bien l'essentiel pour les usagers. Rappelons que la loi de 1979 était d'esprit libéral et que ce sont les décrets d'application qui se sont révélés particulièrement restrictifs. Il y a donc là un nouveau danger potentiel.
la nouvelle loi handicapera
l'écriture de l'histoire contemporaine
Amendé par l'Assemblée Nationale le 29 avril 2008, adopté par le
Sénat le 15 mai dans les mêmes termes, la loi demeure très en
deçà des espérances des milieux universitaires, mais aussi de
celles des usagers et des chercheurs étrangers. Elle pose de graves
problèmes et est aussi lourde de menaces futures. Par exemple, un
ancien collaborateur du régime de Vichy, un tortionnaire durant les
guerres coloniales, ou son ayant droit, pourra, en excipant des «jugements de valeur» ou des «appréciations» rendues
publiques, saisir la justice et obtenir raison puisque le
législateur exige le respect de l'honorabilité des personnes.
Et cela
alors que les mémoires des acteurs politiques fourmillent de
longue date d'appréciations sur leurs contemporains, telles les
Mémoires du général de Gaulle, du capitaine Guy ou de Michel
Debré. Dans le cadre de la nouvelle loi, la publication du
Journal de Vincent Auriol, document capital pour l'histoire de la
IVe République, serait inenvisageable. Doit-on voir là un
progrès ?
La nouvelle loi d'archives handicapera l'écriture de l'histoire
contemporaine. Et puisque, malgré la force de notre mobilisation,
nous ne sommes pas parvenus à modifier dans un sens réellement, et
non faussement, libéral le texte de la loi, il reste à surveiller
la jurisprudence que ce texte obscur et mal rédigé ne manquera pas
de susciter. L'AUSPAN s'associera à tous les recours contestant des
refus de dérogations fondés sur la notion extensive de la vie
privée. Elle rendra publique toutes les dérives qui pourraient se
produire. Elle exigera des études d'impact et des bilans réguliers
de la part des autorités.
La démocratie française n'a rien à gagner à cette culture du secret d'État pensé sur le mode du secret de famille qu'incarne la nouvelle loi sur les archives.
Ce n'est pas en interdisant aux citoyens de connaître, comprendre, débattre voire contester ce qui a été fait en leur nom que l'on améliorera les rapports entre les gouvernants et les gouvernés, et que l'on contribuera à un exercice responsable des fonctions publiques sans lequel il n'y a pas de démocratie qui vaille, parce qu'il n'est pas de confiance possible.
lundi 14 avril 2008
Archivistes français
L’Association des Archivistes français
se prononce
sur le projet de loi sur les archives
L’Association des Archivistes français se félicite que le projet de loi sur les archives ait été adopté en première lecture à l’unanimité par le Sénat. Néanmoins, à l’heure où le texte va être examiné par l’Assemblée nationale, elle souhaite rappeler les principes auxquels les professionnels des archives, tous secteurs confondus, sont attachés, et qu’ils estiment devoir être pris en compte ou maintenus dans la loi, ainsi que souligner les points qui lui paraissent poser problème.
L’AAF regrette qu’une étude d’impact n’ait pas été menée qui aurait permis d’évaluer les conséquences de l’application du nouveau texte sur le fonctionnement des services d’archives publics.
Ainsi :
L’AAF confirme la nécessité d’un régime d’accès aux documents libéralisé dans une rédaction claire et applicable aux fonds d’archives tels qu’ils sont produits et communiqués. Si le principe de communication immédiate proposé dans le nouveau texte constitue une avancée, en revanche le délai de 75 ans correspondant à la mise en cause de la vie privée représente un recul par rapport au délai de 60 ans appliqué aujourd’hui. L’adoption du délai de 75 ans signifierait par exemple qu’un certain nombre de dossiers produits pendant la période de la 2e Guerre mondiale, communicables aujourd’hui, ne le seront plus.

minutier central des notaires parisiens
L’AAF souhaite également que soit reconsidéré le principe de non-communicabilité permanente de certains documents, et que soit plutôt appliqué à ceux-ci la procédure de classification, voire un délai pouvant aller jusqu’à cent ans. Elle met par ailleurs en garde sur le risque d’interprétation de la notion de «sécurité des personnes», qui peut être considérée comme très extensive et pourrait aboutir à l’incommunicabilité totale de documents comme les listes électorales, puisque l’adresse privée des personnes y figure.
Elle attire en outre l’attention du législateur sur les difficultés pratiques d’application de la loi pour les services d’état civil (sollicitations accrues du public sans que soient prévues les conditions d’accès à des actes qui auront encore une utilité administrative).
L’AAF prend bonne note de la prise en compte du caractère public des archives décisionnelles et politiques.
L’obligation de versement des documents
politiques et administratifs à caractère public dans un dépôt
d’archives publiques devrait être observée dans tous les cas. De ce
point de vue, l’AAF n’approuve pas qu’une autonomie ait été conférée aux assemblées
(Assemblée nationale et Sénat), disposition paradoxale quand on sait
que l’origine des Archives nationales se trouve dans celles de
l’Assemblée nationale.
L’AAF aurait souhaité une prise en compte plus claire et plus concrète des archives électroniques
qui permettrait d’ancrer le texte dans l’évolution des pratiques de
gouvernement et d’administration, et des contextes de production des
documents.
En ce qui concerne les archives des collectivités territoriales, l’AAF préconise :
l’obligation pour les régions d’assumer la responsabilité de la gestion et de la conservation de leurs archives ;
la reconnaissance des archives de l’intercommunalité qui permettrait d’améliorer la couverture archivistique du territoire.
Enfin, en ce qui concerne la disparition de la notion d’ «entreprise publique», qui ne correspond en effet pas à une forme statutaire d’entreprise, l’AAF insiste pour que les archives d’entreprise fassent l’objet d’une réelle attention de la part de l’État, tant dans le cadre du contrôle scientifique et technique pour les archives publiques que dans celui de la sauvegarde des archives privées en France.
A.A.F., 3 avril 2008
- Association des Archivistes français
dimanche 6 avril 2008
loi sur la la communication des Archives
nouveau projet de loi sur la conservation
et la communication des Archives
Le texte du nouveau projet de loi sur la conservation et la communication des Archives a été adopté par le Sénat. Des auditions ont été faites par la commission des lois de l'Assemblée nationale cette semaine et le texte doit être prochainement voté (dans la deuxième quinzaine d'avril selon le calendrier parlementaire, peut-être le 17).
Ce texte est disponible sur le site de l'Assemblée : page d'accueil aller à la rubrique «document parlementaire», projet n° 566 ou cliquez sur ce lien :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/projets/pl0566.asp
Ce projet mérite votre attention dans son ensemble, mais plus particulièrement le chapitre «régime de communication». Il prévoit certes un raccourcissement des délais légaux d'accès à une partie des documents (vingt-cinq ans contre trente, ou cinquante contre soixante par exemple) mais comprend aussi quatre points très inquiétants.
- La création d'une nouvelle catégorie d'archives : les archives incommunicables. Elles pourront ne jamais être communiqués au nom de la «sécurité nationale» (armes biologiques) et de la «sécurité des personnes», certainement immortelles. Il y a une contradiction dans les termes du texte, qui ne permet pas de comprendre quelles sont les intentions du législateur. Il est dit :
Art. L213-1 : "Les archives publiques sont [...] communicables de plein droit" et L 231-2 : «il existe des archives qui "ne peuvent être consultées"».
Cet art. 213-2 n'a pas de raison d'être, car :
- 1/ les informations permettant de concevoir des armes biologiques ou de destruction de masse sont nécessairement récentes ; or celles-ci sont déjà couvertes par l'art. 213-2 I 3° ;
- 2/ les informations de nature à compromettre la sécurité des personnes sont déjà visées par le 213-2 I 4°.
- Un nouveau délai, fixé à soixante-quinze ans, est créé, fondé sur une extension de la notion de protection de la vie privée, visant la plupart des archives publiques (Art. L. 213-2-4). Il y a ici amalgame entre la «protection de la vie privée» (celle-ci n'étant pas plus définie) et le fait de rendre publique «une appréciation ou un jugement de valeur», catégories particulièrement floues. Ou pire, le fait de «faire apparaître le comportement d'une personne dans des conditions susceptibles de lui porter préjudice».
Pratiquement tous les dossiers d'archives publiques, tels les rapports de préfets, contiennent des jugements de valeur. Qui décidera - et sur quels critères - ce qui doit être ouvert alors ? Fixer la barre à 75 ans, conduirait de plus à refermer de nombreux dossiers ouverts depuis 15 ans. Verra-t-on se de refermer pour quelques années les études sur le Front populaire, la 2e Guerre mondiale et Vichy, ou celles sur la guerre froide qui commençaient à s'ouvrir librement ? Certes, restent les dérogations, mais c'est placer les chercheurs sous le sceau du privilège individuel pour 25 ans de plus.
- Une notion de «secret des statistiques» est introduite de façon répétitive (14 occurrences au mot secret, dont 8 au secret statistique). L'article 25 - nouveau - dit dans un I que les documents administratifs (immédiatement consultables en vertu de la loi de 1978 sur la transparence administrative) ne sont communicables qu'aux intéressés quand ils portent atteinte au secret de la vie privée ou comportent des jugements sur les personnes.
C'est le cas des dossiers d'instituteurs par exemple. Dans un II, il ajoute que les documents visés aux I sont consultables dans les conditions fixées par le 213-2 : c'est-à-dire 75 ans. Et comme ce II de l'article 25 nouveau ne mentionne pas le 213-3, qui est l'article autorisant des dérogations, le couvercle est vissé. Nul chercheur ou citoyen ne verra les dossiers de cour de justice ou les dossiers personnels avant 75 ans : aucune dérogation n'est possible.
- L'art. 213-I 4° aurait pour conséquence d'interdire toute recherche sérielle postérieure à 1923 ; l'art. 213-2 4° rend très difficile la consultation des listes nominatives.
- Enfin, le système des protocoles, déjà en vigueur pour les Chefs d'État et dont on a constaté les dérives dans certains cas est étendu à tous les papiers des ministres (Art. L. 213-4). Il permettra à ceux-ci de traiter les archives publiques produites par eux et par leurs collaborateurs, comme des archives privées jusqu'à leur décès.
Les nouvelles dispositions prévues par ce texte sont extrêmement graves : elles traduisent une défiance inquiétante de la part des pouvoirs publics envers la communauté des chercheurs certes, mais de façon plus globale, envers la communauté des citoyens. Elles sont en contradiction flagrante avec les recommandations du Conseil de l'Europe adoptées le 21 février 2002 par le comité des ministres.
Nous tenions à vous faire savoir sans attendre cette première information. Une pétition et d'autres initiatives sont en discussion. N'hésitez pas à faire circuler le texte voté par le Sénat et soumis aux députés et à diffuser ces informations.
Sylvie Thénault

salle de lecture du Centre des archives d'outre-mer à Aix-en-Provence
dimanche 30 mars 2008
guerre d'Algérie finie ?
la guerre d'Algérie est-elle finie ?
avec Benjamin STORA à la BnF
mardi 8 avril à 18 H 30 à la Bibliothèque nationale de France (BnF), entrée libre
La guerre d'Algérie s'est achevée il y a près d'un demi-siècle mais les effets de ce conflit continuent de se manifester, puissamment, dans les deux sociétés. En France, anciens soldats du djebel et harkis, pieds-noirs et immigrés algériens ont des opinions, des visions différentes de cette période. La
réconciliation des mémoires semble difficile. En Algérie, le pouvoir continue toujours de se légitimer à travers cette séquence d'une guerre livrée contre la France. Comment sortir de cette interminable guerre des mémoires ?
magazine L'Histoire
- avec Benjamin Stora, professeur d'histoire du Maghreb à l'Inalco (Paris) - dans le cadre du cycle de conférences "Les brûlures de la colonisation" co-organisé par le magazine l'Histoire et la BnF.
BnF - site François-Mitterrand, Grand auditorium, hall Est, quai François-Mauriac, Paris XIIIe arr. - Métro "quai de la gare" ou "Bibliothèque François-Mitterrand" - bus 89 et 62.

BnF (source)
vendredi 28 mars 2008
Colonisation, décolonisation (conférence-débat)
Colonisation, décolonisation
en présence de
Eléonore BAKHDATZE, Alain RUSCIO, Benjamin STORA
Association culturelle berbère
Mercredi 2 avril à 19h00
Rencontre autour du thème : Colonisation, décolonisation
bibliographie
- Les mots de la colonisation, Sophie Dulucq, Jean-François Klein, Benjamin Stora (dir.), Presses universitaires du Mirail, 2008.
- Histoire de la colonisation. réhabilitations, falsifications et instrumentalisations, Sébastien Jehan et Alain Ruscio (dir.), les Indes Savantes, 2008.
- La guerre d'Algérie, 1954-1962 (album photographique), Eléonore Bakhdatze, avant-propos de Benjamin Stora, éd. Hoëbeke, 2007.
Soirée animée par Arezki Metref et Marie-Joëlle Rupp
Entrée libre - ACB 37 bis rue des Mites 75020 Paris – Tél : 01 43 58 23 25
Benjamin Stora, Alain Ruscio
jeudi 7 février 2008
conférence d'Ann Laura Stoler
conférence d'Ann Laura Stoler à Paris
lundi 11 février 2008
Séminaire "Etat, nation, empire"
Groupe de recherche "Trajectoires historiques de l'État"
dir. Jean-François Bayart (CNRS-CERI / Sciences Po.) et Romain Bertrand
(CERI-Sciences Po.)
Lundi 11 février 2008
17 h - 19 h
CERI
56 rue Jacob
75 006 Paris
Ann Laura Stoler, "Les degrés de la souveraineté impériale"
Ann Laura Stoler est une spécialiste de l'histoire coloniale. Sa
contribution originale a été une attention particulière à
l'articulation des questions sexuelles et raciales dans les régimes
coloniaux. Elle est notamment l'auteur de Race and the Education of
Desire (1995) et de Carnal Knowledge and Imperial Power (2002). Elle a
également co-dirigé Tensions in Empire (1997). Inédites, les
présentations qu'elle fera en France s'appuieront sur un ouvrage paru
en 2006 Haunted by Empire : Geographies of the Intimate in North
American History et un nouvel ouvrage à paraître aux Etats-Unis en 2008
: Along the Archival Grain : Colonial Cultures and Their Affective
States.
Les conférences seront en anglais, mais une traduction résumée sera assurée. Chacun-e y est bienvenu-e.
- bio-bibliographie d'Ann Laura Stoler
courriel : StolerA@newschool.edu
bibliographie
- Haunted by Empire : Geographies of intimacy in North American History, Duke University Press, 2006
mardi 29 janvier 2008
conférence de Benjamin Stora
France - Algérie :
sortir de la guerre des mémoires
Institut français des relations internationales
Benjamin STORA
professeur d’histoire du Maghreb à l’INALCO
et auteur de nombreux ouvrages sur l’Algérie et les relations franco-algériennes,
dont le dernier Les mots de la colonisation, ss-dir., presses universitaires du Mirail, janvier 2008
France - Algérie :
sortir de la guerre des mémoires
mercredi 20 février à 18:00
Salle des conférences
27, rue de la Procession 75015 Paris
(métro : Volontaires)
Les relations entre la France et l’Algérie présentent des caractéristiques tout à fait uniques du fait d’une histoire partagée, d’une forte communauté immigrée installée en France et de relations économiques et culturelles très importantes. L’ensemble de ces liens ne peut se résumer à une relation d’anciens colonisateur et colonisé et si l’histoire est nécessaire pour comprendre l’aspect tumultueux de ces rapports, elle est néanmoins insuffisante pour en saisir tous les enjeux. Les procédures qui reviennent, de manière récurrente, sur la nécessité de la repentance française, sur l’examen de la conscience coloniale ou sur la signature d’un traité d’amitié détournent classes politiques et sociétés des deux pays de l’essentiel, c’est-à-dire satisfaire cette «gigantesque envie de vérité» pour rendre l’histoire intelligible en vue de construire l’avenir.
Présidence : Khadija Mohsen-Finan, chercheur, centre Moyen-Orient/Maghreb, Ifri
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Conférence «France-Algérie : sortir de la guerre des mémoires ?»
mercredi 20 février 2008 à 18:00
Bulletin-réponse à ne retourner qu’en cas de réponse positive
Inscription : par fax : 01 40 61 60 60 ou baniamer@ifri.org
Nom : Prénom :
Société : Fonction :
Adresse :
Tél : Fax : Mèl :
N.B. Merci de retourner le formulaire dûment complété de votre mél et de votre fax Pour des raisons de sécurité, seules les personnes inscrites pourront être admises en salle de conférences, par ordre d'arrivée et dans la mesure des places disponibles. Nous vous remercions de nous retourner votre bulletin d'inscription en cas de réponse positive seulement.
lundi 8 octobre 2007
De sang mêlé (Théâtre de l'Épée de Bois (23 octobre - 11 novembre 2007)
un spectacle tiré du livre
de Dominique Rolland, Sang mêlé
du 23 octobre au 11 novembre
au Théâtre de l'Épée de Bois (Paris)



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le spectacle
Ce spectacle propose un travail scénique autour de la question du métissage : librement adapté de l’ouvrage ethnographique et auto-biographique de Dominique Rolland, De sang mêlé (éditions Elytis 2006), il suit le parcours de quelques personnages qui se croisent pendant plus d’un siècle, dans le plus ancien café de Hanoï, demeuré célèbre en raison de sa légendaire tenancière, la mère De Beire.
Dominique Rolland est maître de conférences à l’INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales). Spécialiste de l’Indochine, elle a écrit De sang mêlé comme une polyphonie autour de la question du métissage et du colonialisme. Elle a écrit également publié le récit de son séjour sur le terrain à Madagascar, Glissements de terrain, en 2007.
«À travers des histoires de vie, se découvre la façon dont la colonisation a posé la relation entre citoyens et indigènes, qui place les métis dans un impossible entre-deux. Le texte propose en contrepoint une réflexion sur les questions plus actuelles de la mémoire coloniale, de ses silences et de ses amnésies, et de la difficile édification des identités qui en sont issues.»
Jean-Claude Penchenat
source
Par la Compagnie Abraxas.
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Dominique Rolland, par son éditeur
Dominique Rolland est ethnologue et professeur à l'INALCO (institut national des langues et civilisations orientales).
Spécialiste de l'Indochine, elle a écrit et composé De sang mêlé (Editions Elytis), un travail de mémoire qui explore la question du métissage et du colonialisme. Un retour aux sources, puisque le Vietnam est le pays de naissance de sa mère. Elle nous ouvre les portes d'une culture de toute une génération devenue adulte dans les années 1960-1970.
Elle nous présentera également Glissements de terrain (Editions Elytis) paru récemment, qui revient sur son passage personnel dans une vallée retirée du sud-est de Madagascar.
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De sang mêlé, le livre vu par son éditeur
De sang mêlé, chroniques du métissage en Indochine
Dominique Rolland
Format 170 x 240 mm broché, 384 pages avec iconographie - ISBN 2-914659-54-7 - 21€
De sang mêlé est une musique.
Ni essai ni roman autobiographique, mais probablement un peu des deux, le livre de Dominique Rolland est une polyphonie de voix, de chroniques témoignant d’un passé qui exacerbe toujours les passions : le colonialisme en Indochine.
Il aborde donc naturellement la question du métissage. La rencontre entre Français colonisateurs et peuples colonisés a engendré des figures variées de ce métissage. Qu'elles soient biologiques ou simplement culturelles, marquées dans leur sang ou seulement par les traditions, elles portent toujours avec difficulté cette identité double : la métisse est une enfant sans terre.
Ce n’est donc pas au hasard que le titre du livre de Dominique Rolland est à double sens : la condition de métisse se dilue inévitablement dans deux cultures au point que les identités se troublent. Les sangs se mêlent et les identités s'emmêlent.
De sang mêlé est aussi une confrontation entre l’Indochine passée et le Viêt-nam contemporain ; où l’on voit le touriste déambuler, en chasse du poncif de la photo de rizière avec quelques chapeaux coniques de belles congaï affleurant l'eau ça et là ; où l’on croise la parole de quelques vieux Vietnamiens encore usés à la francophonie ; où l'on observe les cicatrices des guerres, l’agitation de la ville, le cours de la vie…
De sang mêlé est ce regard croisé que peut porter avec justesse l’enfant métis sur le passé tourmenté du pays. D'universelle, l’histoire devient alors personnelle, avec ses espoirs, ses tourments et cette irrésistible envie de comprendre.
De sang mêlé est cette musique-là.
Dominique Rolland est professeur à l’INALCO (institut national des langues et civilisations orientales). Spécialiste de l’Indochine, elle a écrit De sang mêlé comme une polyphonie autour de la question du métissage ; question posée par le colonialisme au début du siècle dernier. Elle prépare actuellement un autre ouvrage illustré, sur une figure de l’exploration de l’empire d’Annam : le docteur Sallet (Elytis, à paraître).
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- le blog de Dominique Rolland
Dominique Rolland
mardi 2 octobre 2007
l'Institut d'Études sur l'Immigration et l'Intégration
Le malaise des historiens
Ils craignent que la recherche sur
l’immigration
ne soit inféodée au pouvoir
Catherine COROLLER
Libération, mardi 2 octobre 2007
Nicolas Sarkozy tente-t-il de créer des
think-tank de droite avec des chercheurs à sa botte sur les
questions d’immigration et de colonisation ? La prochaine inauguration
d’un Institut d’études sur l’immigration et l’intégration et d’une
Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats du
Maroc et de la
Tunisie suscitent une forte émotion dans les milieux
scientifiques. Une pétition contre la création de l’Institut circule,
coordonnée par Patrick Simon [ci-contre], chercheur à l’Institut national d’études
démographiques (Ined), et devait être rendue publique la nuit dernière [lire le texte ci-dessous].
D’autres universitaires, dont l’historien Gilles Manceron,
réfléchissent à une
«prise de position des milieux scientifiques» sur la Fondation.
Point commun entre les deux projets ?
«On assiste à une reprise en main de la droite en général et du
gouvernement en particulier dans le domaine de la production de
recherche sur les questions d’immigration, d’intégration, de mémoire et
d’histoire de la colonisation, analyse Patrick Simon.
Le gouvernement fonde les décisions qu’il prend sur des
diagnostics, et il est important pour lui que ces diagnostics soient
partagés par la communauté scientifique.» Or, en matière
d’immigration notamment, les chercheurs contestent certains diagnostics
gouvernementaux, comme le fait que la France accueillerait plus de
migrants que les autres pays.
Le gouvernement
lance-t-il la contre-attaque avec ces deux projets ? Concernant la
Fondation, il est trop tôt pour le savoir. Certes, la création de cette
instance figurait dans la loi de février 2005. Une autre disposition de
ce texte, incitant les programmes scolaires à reconnaître le
«rôle positif de la présence française outre-mer», avait
provoqué une mobilisation du monde de la recherche, contraignant
Jacques Chirac à retirer cet article. Mais la Fondation, elle, est
restée. Dans un discours prononcé le 25 septembre lors de la
Cérémonie
d’hommage national aux harkis, François Fillon a annoncé sa création
pour 2008. Pas plus de détails si ce n’est une allusion à des «historiens indépendants». Pour l’Institut, les intentions
du gouvernement sont plus précises. Parmi les points qui inquiètent les
chercheurs, le fait que cette instance soit créée par le Haut conseil à
l’intégration, dont le président est nommé par le Premier ministre.
C’est d’ailleurs Brice Hortefeux qui «procédera à [l’]installation officielle» de cet institut,
lundi prochain. Autre souci : sa présidente est l’historienne et
académicienne Hélène Carrère d’Encausse, qui s’était fait remarquer en
associant les émeutes en banlieue de l’automne 2005 et la polygamie.
Enfin, des chercheurs figurant dans la liste des membres du Conseil
scientifique affirment ne pas avoir donné leur accord. Ainsi, Elikia
M’Bokolo, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences
sociales (EHESS) ou Paul Schor, maître de conférences à Paris
X-Nanterre.
François Guéry, secrétaire général du HCI, ne voit pas où est le problème.
«Nous sommes rattachés au Premier ministre, c’est normal qu’il
confie l’inauguration de cet institut au ministre qui s’occupe de
l’intégration».
«Les chercheurs sont libres, poursuit-il.
«Je n’ai jamais vu un chercheur ne pas être libre». Pour lui, le rôle de l’Institut sera de présenter des préconisations au gouvernement :
«On va par exemple regarder comment les immigrés eux-mêmes planifient leur intégration, quel est leur souhait, leur stratégie. Il ne faudrait pas qu’une immigration mal agencée vienne mettre
en cause le régime républicain. Il peut y avoir des ennemis de la
République qui s’arrogent tous les moyens pour mettre les institutions
en danger». La présence de Carrère d’Encausse ?
«C’est quelqu’un d’absolument respectable. Certains ont mis en avant des déclarations, mais qui n’en a pas fait ?»
La rentrée des
chercheurs s’annonce donc chargée. D’autant qu’ils ont un troisième
sujet de
préoccupation : l’ouverture, le 10 octobre, de la Cité
nationale de l’histoire de l’immigration. Huit intellectuels avaient
démissionné de son Comité d’histoire, avant l’été, pour protester
contre la création d’un ministère dont l’intitulé associe «immigration»
et «identité nationale». En précisant qu’il ne s’agissait pas d’une
remise en cause du projet lui-même, piloté par Jacques Toubon. Ils
craignent que la Cité ne pâtisse de ces polémiques, y compris celles
entourant le projet de loi Hortefeux sur la maîtrise de l’immigration.
Au risque d’ajouter à la confusion, selon eux, la Ligue des droits de
l’homme appellerait à une manifestation contre la politique
d’immigration de Sarkozy devant la Cité, le jour de l’ouverture. Ces
huit chercheurs préparent un communiqué rappelant leur soutien à ce
musée.
Catherine Coroller
Libération, 2 octobre 2007
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- réactions à cet article sur le forum Libération
- sur le blog d'Yvan Lubraneski, on trouve un texte de protestation signé par Jérôme Valluy, politologue et responsable du réseau terra. Texte passablement ambigu où se mêlent la posture de "résistant" au "racisme sarkozyen" en lutte contre le ministère de l'Intégration et de l'Identité nationale... et l'étonnement de ne pas être appelé par ce même ministère quand il inspire la création d'une instance de réflexion... Attitude qui illustre on ne peut mieux le proverbe arabe : On pleure avec le berger mais on mangerait bien avec le loup...!
Michel Renard
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Communiqué contre
l'Institut
Communiqué au sujet la création
d'un Institut d'Études sur l'Immigration et l'Intégration
Un Institut d'études sur l'immigration et l'intégration vient d'être créé par le Haut Conseil à l'Intégration sous l'égide du Ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du co-développement. Il a vocation, selon ses fondateurs, à être le «guichet unifié» des financements venant des administrations et des entreprises pour les recherches portant sur ces thèmes. De fait, l'institut - dont l'indépendance annoncée n'est assortie d'aucune garantie institutionnelle - est un nouvel instrument de pilotage politique des recherches qui déterminera les «champs et sujets pertinents» sur lesquels engager des travaux scientifiques. Dans un contexte où le discours politique tend de plus en plus à présenter l'immigration comme un danger pour la collectivité nationale, où les législations successives restreignent toujours plus les droits des étrangers, où la rhétorique sur l'intégration sert à occulter les discriminations, nous exprimons les plus vives inquiétudes quant à la création de cet institut :
1. pour la menace qu'il constitue pour la liberté de la recherche sur une thématique aussi sensible, dès lors qu'il prétend devenir le lieu exclusif de contrôle des financements des travaux scientifiques,
2. pour le symbole que représente la nomination à la présidence de son conseil scientifique d'une personnalité dont les propos publics sur les familles africaines ont suscité l'étonnement et l'indignation.
Q'au moment où le gouvernement annonce un accroissement du potentiel de la recherche en France, le choix soit fait de renforcer le pilotage politique du travail scientifique nous semble inacceptable non seulement pour les chercheurs mais aussi pour l'ensemble des citoyens. Nous croyons que la crédibilité de la recherche sur l'immigration, les discriminations ou la diversité, comme celle de toute recherche, ne peut être assurée que par l'entière liberté de définir les thèmes à aborder et les méthodes à appliquer. Il n'appartient pas à un institut sous tutelle politique de poser les «bonnes questions» auxquelles les chercheurs devront trouver de «bonnes réponses». Engagés depuis des années dans des programmes scientifiques nationaux et internationaux autour de ces questions, nous considérons que la recherche ne peut se développer fructueusement qu'avec l'appui d'institutions publiques indépendantes et pluralistes.
Paris, le 1er octobre 2007
Liste des initiateurs (par ordre alphabétique) :
Marie-Claude Blanc Chaléard, historienne, Université Paris 1
Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne, Université Paris 7
Véronique De Rudder, sociologue, CNRS
Didier Fassin, anthropologue, EHESS
Eric Fassin, sociologue, ENS
Denis Fougère, économiste, CNRS
Nancy Green, historienne, EHESS
Nacira Guénif, sociologue, Université de Paris 13
Nonna Mayer, politiste, CNRS
Pap Ndiaye, historien, EHESS
Gérard Noiriel, historien, EHESS
Catherine Quiminal, anthropologue, Université Diderot-Paris 7
Daniel Sabbagh, politiste, FNSP
Emmanuelle Santelli, sociologue, CNRS
Paul Schor, historien, Université Paris 10
Patrick Simon, socio-démographe, INED
Jocelyne Streiff-Fenart, sociologue, CNRS
Sylvie Thénaud, historienne, CNRS
Vincent Tiberj, politiste, FNSP
Patrick Weil, historien, Université Paris I
Liste des soutiens (par ordre alphabétique) :
Jean-Loup Amselle, anthropologue, EHESS
Etienne Balibar, philosophe, Université Irvine
Nicolas Bancel, historien, Université de Lausanne
Sophie Bava, sociologue, IRD
Jean-Luc Bonniol, anthropologue, Université d'Aix-Marseille
Nadir Boumaza, géographe, Université Pierre Mendès France, Grenoble
Yael Brinbaum, sociologue, Université de Bourgogne
Stéphanie Condon, géographe, INED
Jocelyne Dakhlia, anthropologue, EHESS
Corinne Davaut, sociologue, doctorante, Université de Paris 8-URMIS
Irène Dos Santos, sociologue, doctorante
Caroline Douki, historienne, Université Paris 8
Stéphane Dufoix, sociologue, Université de Paris X
Mireille Eberhard, sociologue, post-doc INED
Jules Falquet, sociologue, Université Paris 7
Brigitte Fichet, Sociologue, Université Marc Bloch, Strasbourg
Camille Gardesse, sociologue, doctorante IUP
Christelle Hamel, sociologue, INED
Marie-Antoinette Hily, sociologue, CNRS-MIGRINTER
Fanny Jedlicki, sociologue, doctorante URMIS, Université Paris 7
Marie-Thérèse Lanquetin, juriste, Université de Paris X
Jean-Baptiste Leclercq, doctorant URMIS, Université Paris 7
Luc Legoux, démographe, Université de Paris I-IDUP
Françoise Lorcerie, sociologue, CNRS
Eric Macé, sociologue, Université Paris 3
Pierre Merklé, sociologue, Université de Lyon 2
Dominique Meurs, économiste, ERMES
Elise Palomares, sociologue, Université de Rouen
Edmond Préteceille, sociologue, OSC
Christian Poiret, sociologue, Université de Paris 7-URMIS
Janine Ponty, historienne
Philippe Poutignat, sociologue, CNRS-URMIS
Aude Rabaud, sociologue, Université de Prais 7-URMIS
Isabelle Rigoni, sociologue, Université de Poitiers-MIGRINTER
Christian Rinaudo, sociologue, Université de Nice
Valérie Sala Pala, politiste, Université de Clermont-Ferrand
Emmanuelle Sibeud, historienne, Université Paris 8
Roxane Silberman, sociologue, CMH-CNRS
Maryse Tripier, sociologue, Université Paris 7
François Vourc'h, sociologue, CNRS-GRASS
Loïc Waquant, sociologue, Université de Berkeley
Claire Zalc, historienne, ENS-EHESS
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- à la lecture de cette liste, l'article de Catherine Coroller aurait dû s'appeler "le malaise des sociologues"...




































