dimanche 22 février 2009
la magazine d'histoire de la guerre d'Algérie
Guerre d'Algérie magazine
- abonnement à Guerre d'Algérie magazine
vendredi 2 janvier 2009
Faut-il avoir honte de l’identité nationale ? (J.-P. Renaud)
Faut-il avoir honte de l’identité nationale ?
"Historiquement raison et politiquement tort" ? (Le Point du 11/12/2008)
Ou la politique de l’autruche macrocosmique
Jean-Pierre RENAUD
Tel a été le jugement catégorique du journaliste et politologue Alain Duhamel dont on voit le visage et la signature, depuis plus de cinquante ans, aussi bien dans les journaux que sur les chaînes de télévision ! Plus intéressé par la philosophie politique que par notre problématique nationale !
N’aurait-il pas été plus juste d’écrire historiquement raison et politiquement raison ?
Il est vrai qu’on peut être surpris de voir deux historiens retracer l’histoire de notre identité nationale, mais au moins, comme le reconnaît le journaliste, ce livre vient à propos. Il a le grand mérite de remettre les pendules à l’heure, avant qu’il ne soit trop tard pour la France. Car en qualité d’enseignants, ils sont sans doute bien placés pour apprécier l’évolution de cette question nationale sensible !
Un constat historique robuste, sans faille, fondé sur une très grande abondance de sources, toujours citées.
Au cœur du sujet se trouve le paradoxe, ou en tout cas, la dualité entre le message universel, messianique de la nation française, et la nécessité qui est la sienne, pour continuer à exister, de sauvegarder son enracinement territorial et identitaire.
Les auteurs citent à ce sujet deux historiens, Pierre Nora et Sophie Wahnich : Le premier écrit : «la France n’est pas universelle, comme Michelet lui a fait croire, au grand dérangement des autres nations. Mais elle est cette nation qui a eu l’universel dans son particulier.»
La deuxième incrimine «l’impraticable articulation entre un horizon idéologique universel et une identité souveraine empiriquement caractérisable ».
Un piège dans lequel cherchent à nous enfermer tous ceux qui prônent une mutation de notre identité nationale vers un méli-mélo national qui ferait litière des valeurs cardinales de la République, la séparation de l’Eglise et de l’État, la laïcité, l’égalité des hommes et des femmes, une langue nationale, notre belle langue française, ainsi que les trois devises inscrites au fronton de toutes nos mairies.
Est-ce que le pays va répéter, sur le plan intérieur, les erreurs de la politique coloniale du microcosme parisien de la Troisième République, en proclamant qu’il allait civiliser, apporter la République aux peuples d’outre mer, alors qu’il était bien incapable de tenir cette promesse, qu’on nous reproche aujourd’hui, à satiété ?
Alors on peut faire le pari de M. Duhamel, et sans doute de la majorité des responsables politiques qui, depuis plus de trente ans, haut conseil de l’intégration compris, ont feint de nous faire croire, que la nation française avait assez de vitalité pour assimiler ces nouvelles générations d’immigrés, mais a-t-on le droit de faire un tel pari ?
Alors qu’une partie de ces immigrés ne semblent pas disposés, comme le montrent maints exemples, à accepter ce fonds commun et imprescriptible de notre République !
Ce livre de lettrés vient donc effectivement à son heure pour éclairer l’opinion publique et éviter que la République ne vogue vers des lendemains incertains, et que la France que j’aime, avec beaucoup d’autres, ne perde son âme. Il suffit d’interroger les démographes sur l’évolution probable des populations de certains territoires urbains.
Alors, j’écris, oui, ces auteurs ont historiquement raison et politiquement raison, et au surplus, ce qui ne gâte rien, ils ont du courage !
Jean-Pierre Renaud
1er janvier 2009
mercredi 10 septembre 2008
du colonialisme à la Belle Époque
Du colonialisme à la Belle Époque
(1871-1913)
La bande dessinée Larousse le Monde
du 6 septembre 2008
Jean-Pierre RENAUD
Une première observation de lecture : l’aventure coloniale est assez bien décrite et résumée, sans exagération négative ou positive, je dirais volontiers avec une certaine rigueur historique.
La description de la plupart des personnages choisis est correcte. En ce qui concerne Samory, il aurait été plus juste de dire qu’en 1880 son empire avait atteint sa pleine puissance, et donc qu’il n’avait pas besoin de le porter «à bout de bras». L’anecdote sur le fusil Kropatchek est pertinente, car elle donne un témoignage précis sur le degré d’évolution technique de son armée.
Le personnage de Behanzin est bien évoqué, la puissance de son armée, mais aussi la force des coutumes sacrificielles qui régnaient à sa cour.
En ce qui concerne les explorateurs, on peut s’interroger sur le choix de Soleillet qu’on peut ne pas considérer comme très représentatif de cette espèce d’explorateurs, civils ou militaires, qui, au mépris de tous les dangers, parcouraient une Afrique noire encore inconnue. Le sultan Ahmadou de Ségou le garda d’ailleurs prisonnier pendant plusieurs mois.
Dans une autre bulle, Reybaud ? Inconnu au bataillon !
Et précisément au sujet des événements retenus, et de la prise de Sabouciré par les troupes coloniales, en 1878, on n’est pas obligé de partager à ce sujet le jugement de l’historien Person qui fit de la prise de ce tata, un fait historique fondateur de la conquête coloniale du Soudan.
Une simple allusion à la conquête du Tonkin, peut être, mais le texte de la bulle ne correspond pas du tout à la réalité historique, je cite : Quand les troupes françaises occupent le Tonkin en 1884-1885, elles affrontent un adversaire encore médiéval… avec la bataille de Bac Ninh. La citadelle en question était occupée par des troupes régulières chinoises, armées d’armes modernes. Par ailleurs, la citadelle était truffée d’ouvrages de défense très sophistiqués, comme savait les construire l’armée chinoise. Le combat fut donc loin d’être médiéval !
la magie exotique des images ?
On peut regretter d’ailleurs que pour une représentation historique plus fidèle, l’Indochine n’ait reçu qu’une part infime des bulles, et Madagascar, aucune. Une des cartes de la troisième page est d’ailleurs inexacte, puisque l’île n’était pas une colonie en 1890, pas plus que le Maroc qui a été évoqué plus loin. La Tunisie également absente des bulles !
Le même problème de représentativité se pose pour la place qu’occupe dans l’ouvrage l’aventure coloniale, une page sur trois, alors que les journaux de l’époque n’ont pas consacré une page sur trois à ces sujets, pas plus que le Parlement en nombre d’interpellations ou de sessions.
Est-ce que les auteurs de l’ouvrage n’ont pas été trop séduits par la magie exotique des images, plus que par la relation historique des faits ?
Cela dit, dans l’ambiance actuelle d’une contrition souvent revendiquée et d’un anachronisme colonial un peu trop agressif à mon goût, ces pages sont les bienvenues.
Jean Pierre Renaud,
le 10 septembre 2008
Note pour l’information du lecteur
Rien dans la couverture, ni dans la quatrième de couverture de l’opuscule en question, ne permet de penser qu’il s’agit de la réédition d’un des opuscules de l’histoire de France édité par Larousse en 1978. Il faut lire la préface pour en avoir conscience.
Or il se trouve que sous la responsabilité du journal Le Monde, la partie rééditée, intitulée, L’aventure coloniale, est rigoureusement la même en images, bulles et textes, que celle publiée par Larousse, mais sous un titre tout à fait différent, La France d’Outre-Mer.
Le lecteur en tirera toute conclusion qu’il voudra, mais est-ce que cela veut dire que le journal Le Monde accrédite la version historique proposée en 1978, plus de quinze ans après la décolonisation ?
J.-P. Renaud
dimanche 17 août 2008
publication de : l'Europe face à son passé colonial
l'Europe face à son passé colonial
dir. Olivier Dard et Daniel Lefeuvre
La colonisation a-t-elle eu un "caractère positif" ou a-t-elle été facteur d'une exploitation et d'une domination féroces des peuples et des territoires colonisés ? Faut-il la traiter comme une page d'histoire parmi d'autres ou bien l'expier comme un péché, qui entache la France depuis plus d'un siècle ?
Depuis la loi du 23 février 2005 et son article 4, le débat fait rage, en France, autour de ces questions.
Loin d'être un objet froid de la recherche historique, le passé colonial nourrit aujourd'hui une véritable guerre des mémoires. Ces débats sont-ils uniquement franco-français ?
Il suffit de porter le regard au-delà de nos frontières pour se convaincre du contraire. Comme le montre ce livre, toutes les anciennes puissances coloniales ainsi que les sociétés anciennement colonisées sont, à des degrés divers, confrontés à ce passé.
Cette approche comparative permet donc de mieux saisir ce qui, dans les débats sur le passé colonial, est spécifique à notre pays et ce qui relève d'un passé partagé de puissances coloniales.
ouvrage dirigé par Olivier Dard et Daniel Lefeuvre
l'Europe face à son passé colonial
collection Actes académiques
université Paul-Verlaine - Metz
université Paris VIII/Saint-Denis
- diffusion à partir de décembre 20008
- en souscription à partir de septembre 2008 au prix de 20 € (port compris) : chèque à l'ordre d'Études Coloniales à adresser : 38, rue du Ruisseau - 75018 Paris
dimanche 23 décembre 2007
le Cadist (colonisation française) à Aix-en-Provence
CADIST
à Aix-en-Provence
Histoire de la colonisation française
http://bupsi.up.univ-aix.fr/masc/
(cliquer sur la rubrique Le
CADIST d’histoire)
Le Cadist (centre d’acquisition et de diffusion de la documentation
scientifique et technique) fonctionne depuis 1983. Il est installé dans
la BU Lettres de l’Université de Provence, à Aix-en-Provence. Les
chercheurs et étudiants à partir du Master sont admis dans la salle de
consultation. Les ouvrages peuvent être prêtés et envoyés par le prêt
entre bibliothèques. Le fonds colonisation comporte environ 3500 volumes
en langues française et étrangères et plus de 100 collections de
périodiques (dont une cinquantaine d’abonnements en cours). Le service du
Cadist peut envoyer sa lettre d’information aux personnes qui le
souhaitent. Le catalogue est en ligne et est également intégré au SUDOC.
Informations pratiques : voir le site.
Pour la petite histoire le Cadist a eu l’honneur de recevoir il y a
quelques années Monsieur Liauzu, ainsi que M. Boucher qui était alors
président de la French Colonial Historical Society.
Nous recevons régulièrement des étudiants
de Paris ou d'ailleurs.
@ contact avec le Cadist d'Aix-en-Provence
lien
- le CADIST Histoire de la colonisation française de 1450 à 1914
présentation
Les acquisitions portent sur tous les aspects de la présence française outre-mer à la période moderne et
jusqu'au début du 20e siècle :
- Histoire du Premier et du Deuxième empire colonial : Antilles, Canada, Louisiane ;
Afrique du Nord, Afrique occidentale et Afrique équatoriale francophones ; Indochine et autres implantations
en Asie ; Madagascar, Réunion, anciennes colonies de l’Océan indien ; Océanie
- Aspects thématiques : économie ; société ; esclavage ; missions ; transferts culturels…
- Orientation vers les études comparatistes et le phénomène colonial
européen dans son ensemble.
Les fonds du CADIST Colonisation française comprennent :
- Ouvrages (papier et microformes) : environ 3000 volumes (dont 35 % en langues étrangères)
- Titres de périodiques : 126 collections dont 52 titres en cours.
Les points forts de la collection :
- De très importantes collections de textes microfichés parmi lesquelles se trouvent :
des éditions de sources telles que :
>la totalité de la série The archives of the Council of World missions – Africa and Madagascar (lettres, rapports...)
>The Jesuit relations and allied documents : travels and explorations of the Jesuit missionaries in New France, 1610-1791 (textes en français, latin, italien et traduction en anglais)
la reproduction d’ouvrages classiques
>une reproduction du «Projet de code noir pour les colonies françaises présenté à son Excellence le Ministre de la Marine», 1829.
de nombreuses thèses américaines et britanniques
- Des outils de recherche bibliographique :
Outre les ouvrages consultables dans l’espace Références (par exemple La Bibliographie annuelle d’histoire de la France) ou dans la rubrique Documentation électronique de ce site, de nombreux catalogues de collections et répertoires d’archives figurent au Cadist.
Le fonds général de la BU Lettres contient des ouvrages publiés entre 1890 et 1914 et a accueilli une grande partie de la bibliothèque de l’ex-IHPOM, Institut d’histoire des pays d’Outre-mer, ainsi que le don Brian Eccles constitué de 500 ouvrages en langue anglaise sur l’Afrique de l’Est à la période coloniale.
Ressources internet : consultez la sélection de sites.
Partenaires
D’autres institutions possèdent des fonds sur les mêmes domaines ou complémentaires :
- Le Centre des Archives d’Outre-mer
- La Médiathèque de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme abrite la documentation des laboratoires IREMAM (monde arabe et musulman contemporain) et IEA (Afrique contemporaine).
- la Chambre de Commerce et d’industrie Marseille-Provence
(Patrimoine culturel)
- le Centre d’études et de recherches sur les sociétés de l’Océan Indien (CERSOI)
- l’Institut de recherche et d’études sur le Sud-Est asiatique (IRSEA)
et son fonds Asie
- le Centre de recherche et de documentation sur l’Océanie (CREDO) et son fonds Pacifique
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faculté des Lettres, université de Provence, site Schumann à Aix-en-Provence

faculté des Lettres, université de Provence, site Schumann à Aix-en-Provence

bibliothèque universitaire de Lettres

salle qui abrite le fonds CADIST
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Aix-en-Provence, place de la Rotonde
mercredi 12 septembre 2007
Critique du livre L'Illusion coloniale (Jean-Pierre Renaud)
L'illusion coloniale (Tallandier, 2005)
un livre d'Éric Deroo avec la collaboration de Sandrine Lemaire
Jean-Pierre RENAUD
Un très beau livre d’images qui s’inscrit dans la suite des beaux livres d’images qui semblent à la mode et ont l’ambition de faire revivre le passé colonial de la France.
Un titre très ambitieux : deux cents pages pour couvrir deux siècles et demi d’histoire coloniale (1750-1962).
Un titre ambigu à l’exemple du beau livre d’images intitulé Images d’Empire (La Documentation française-La Martinière- 2003) dont l’immense majorité des clichés ne datait pas de l’Empire, mais de Vichy ou de la Quatrième République, et donc de l’Union française.
Ici, dans le déroulement chronologique des images au cours de la période 1750-1962, le commentaire n’explique pas le titre du livre, pourquoi l’Illusion coloniale ? La tâche était d’ailleurs impossible.
Le commentaire des images s’inscrit dans la ligne de pensée et d’écriture du collectif de chercheurs, dont fait partie l’historienne Sandrine Lemaire, collectif qui a produit une série d’ouvrages sur la Culture coloniale, la Culture Impériale, et la Fracture Coloniale.
Ne nous attardons pas sur au moins deux des erreurs historiques du commentaire, la conquête de Madagascar par Gallieni en 1895 (p. 43) et le fait que l’École coloniale ait donné naissance à l’ENA (p. 83).
Quant au commentaire lui-même, s’il est vrai qu’il est difficile de justifier, chaque fois par des chiffres précis, beaucoup d’affirmations et de jugements sur les périodes successives examinées et illustrées, l’absence complète de mesure et d’évaluation donne une grande fragilité historique à la plupart des affirmations. Lesquelles n’ont pas été démontrées dans les livres du collectif.
Relevons quelques unes d’entre elles pour éclairer le lecteur :
La fabrique de l’opinion (p. 70) avec la propagande coloniale, une multitude de relais, la radio et le cinéma sont mobilisés et financés par l’Etat, des milliers de publications et de supports.
Les femmes (p. 129) et la notation, un des sujets les plus reproduits dans les cartes postales coloniales, avec l’inévitable référence aux érotiques mauresques. Représentation des femmes des colonies qui n’est pas celle reconnue par les meilleurs spécialistes.
L’Agence économique des colonies, recréée par le régime de Vichy en 1941, elle bénéficie de moyens
considérables, (p. 156), mais aucun chiffre précis n’est avancé sur ces moyens et sur leur poids relatif dans les valeurs économiques de l’époque ?
Permanence des images héritées de la colonisation (p. 214) : cette interprétation est un des fils conducteurs du commentaire et est, en cela, tout à fait fidèle à l’interprétation historique donnée à l’histoire coloniale par ce collectif de chercheurs, avec une généalogie historique non encore démontrée, mais répétée au fil des discours, entre cette histoire, une fracture coloniale supposée, et en définitive la crise des banlieues, et pourquoi pas l’existence de nouveaux indigènes de la République.
Jean Pierre Renaud, 22 mai 2007
paru dans le numéro
12 de la revue
de l'association AROM amitié-réalité-outre mer
auteur du livre Le vent des mots...
- L'Illusion coloniale, Éric Deroo
avec la collaboration de Sandrine Lemaire, Tallandier, 2006.
Éric Deroo
lundi 13 août 2007
en attendant la rentrée...
quelques livres d'histoire coloniale
pour les vacances
(suspension estivale de la publication d'articles)
- Pour en finir avec la repentance coloniale, Daniel Lefeuvre, Flammarion, septembre 2006.
Après celle de la guerre d'Algérie, une nouvelle génération d'anticolonialistes s'est levée, qui mène combat pour dénoncer le péché capital que nous devons tous expier : notre passé colonial, à nous Français. Battons notre coulpe, car la liste de nos crimes est longue Nous avons pressuré les colonies pour nourrir notre prospérité, les laissant exsangues à l'heure de leur indépendance ; nous avons fait venir les "indigènes" au lendemain des deux guerres mondiales pour reconstruire la France, quitte à les sommer de s'en aller quand nous n'avions plus besoin d'eux ; surtout, nous avons bâti cet empire colonial dans le sang et les larmes, puisque la colonisation a été rien moins qu'une entreprise de génocide : Jules Ferry, c'était, déjà, Hitler ! Contrevérités, billevesées, bricolage... voilà en quoi consiste le réquisitoire des Repentants, que l'auteur de ce livre, spécialiste de l'Algérie coloniale et professeur d'histoire à l'université Paris-8, a entrepris de démonter, à l'aide des bons vieux outils de l'historien - les sources, les chiffres, le contexte. Pas pour se faire le chantre de la colonisation, mais pour en finir avec la repentance, avant qu'elle transforme notre Histoire en un album bien commode à feuilleter, où s'affrontent les gentils et les méchants.
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- Dictionnaire de la colonisation française, dir. Claude Liauzu, Larousse, avril 2007.
Jamais la colonisation, un demi-siècle après les guerres d'Indochine et d'Algérie, jamais l'esclavage - 150 ans après l'abolition - n'ont été aussi présents dans la vie publique. Le temps des colonies apparaît comme un passé qui ne passe pas, l'enjeu de conflits de mémoires, sur fond de malaise de la mémoire officielle. Ce dictionnaire veut être pour un large public, loin de tout manichéisme, un ouvrage de référence en présentant des informations sûres, les débats et les points de vue représentatifs des études françaises et étrangères, les renouvellements des connaissances. Il étudie les aspects multiples de la situation coloniale qui a imprimé sa marque dans les domaines les plus divers. Comment comprendre notre monde sans donner toute sa place à ce phénomène majeur ?
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- Les Africains et la Grande Guerre : l'appel à l'Afrique (1914-1918), Marc Michel, Karthala, 2003.
Pendant la Grande Guerre, 200 000 "Sénégalais" d'AOF ont servi la France, plus de 135 000 sont venus combattre en Europe,30 000 d'entre eux, soit un sur cinq, n'ont jamais revu les leurs... Dans le malheur de la guerre, ces sacrifiés ne le furent ni plus ni moins que leurs frères d'armes, les fantassins de la métropole. Néanmoins, leur sacrifice constitue encore aujourd'hui un élément très sensible des relations entre la France et l'Afrique. La "cristallisation" des pensions, autrement dit le gel de la dette contractée par la métropole, reste au coeur du contentieux. C'est l'histoire de cet engagement des Africains au service de la France que retrace d'abord ce livre.
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Tananarive (Madagascar), bibliothèque du Gouvernement général, 1930/1947
source : base Ulysse du Centre des Archives d'outre-mer
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- Les médecins français au Maroc, combats en urgence (1912-1956), Marie-Claire Micouleau-Sicault, L'Harmattan, 2000.
De 1912 à 1956 la présence française au Maroc a représenté pour de jeunes médecins qui commençaient leur carrière, l'accomplissement d'un destin qu'ils consacrèrent avec passion au soulagement des souffrances de populations décimées par les épidémies et la malnutrition infantile. Cette histoire est celle de l'aventure extraordinaire de ces jeunes équipes médicales qui ont su construire au Maroc un vrai réseau sanitaire, dans le respect de la culture et des traditions du pays.
Marie-Claire Micouleau-Sicault - Née à Rabat, professeur de Lettres classiques, fille du Dr G. Sicault, directeur de la santé publique au Maroc sous le Protectorat, j'ai été témoin de la création de la première politique de santé publique du tiers-monde.
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- Sétif, 1945 : histoire d'un massacre annoncé, Jean-Louis Planche, Perrin, 2006.
Le 8 mai 19445, deux faits mineurs survenus à Sétif et à Guelma déclenchent le plus grand massacre de l'histoire de la France contemporaine, en temps de paix : au moins 20 000 et probablement 30 000 Algériens sont tués par les Européens. Grâce au dépouillement des archives des ministères de l'Intérieur, de la Guerre et de Matignon, à de multiples entretiens avec des témoins, des acteurs et des journalistes, l'historien Jean-Louis Planche reconstitue le processus de cette "Grande Peur", survenue dans le département d'Algérie le moins politisé. Il montre, à l'origine, l'imbrication entre les conséquences immédiates de la guerre mondiale (notamment la présence américaine), les ravages du marché noir qui a déstructuré la société coloniale et une épuration politique manquée. Il explique comment on passe d'une psychose complotière à une peur de l'insurrection générale, puis à une répression aveugle. Il analyse le rôle des partis politiques prompts à instrumentaliser l'affaire, au moment où ils se déchirent pour le contrôle du pouvoir dans la France d'après guerre. Résultat : deux mois tragiques pour le Constantinois et une chape de plomb qui, soixante ans après, continue de peser sur les relations franco-algériennes et de hanter la mémoire nationale. Ce livre lève enfin le voile.
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- Le vent des mots, le vent des maux, le vent du large, Jean-Pierre Renaud, éd. JPR, 2006. - Courriel des éditions JPR : commande@editionsjpr.fr
Ancien élève de l'École nationale de la France d'Outre-Mer (ENFOM) et ancien haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur, Jean-Pierre Renaud publie Le vent des mots, le vent des maux, le vent du large. Dans cet ouvrage de 553 pages, l'auteur expose le rôle de la communication et des communications dans les conquêtes coloniales de la France entre 1870 et 1900 (Afrique, Tonkin, Madagascar en terminant par Fachoda). À chacune des étapes de la colonisation française, il souligne le rôle tantôt auxiliaire, tantôt prépondérant des moyens de communications.
* Lyautey à propos de la deuxième affaire de Lang Son (1885) : "La moralité, c'est que le télégraphe est un engin dangereux et que le premier acte de tout général en chef qui opère à 3 000 lieues devrait être de couper le fil, aussi bien pour se libérer des harcelantes instructions de la métropole que pour se garantir contre ses propres entraînements."
cité par Jean-Pierre Renaud, op. cit., p. 531
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- Les colonies dans la Grande Guerre. Combats et épreuves des peuples d'outre-mer, Jacques Frémeaux, éd. Napoléon 1er, 2006.
Entre 1914 et 1918, la nation, plongée dans la Première Guerre
mondiale, n'a guère mesuré l'ampleur des efforts et des sacrifices de
ce qui était alors son empire colonial. De nos jours encore, ces
efforts et ces sacrifices sont largement méconnus. Jacques Frémeaux
entend ici remédier à cette
ignorance.
Dans les histoires générales de la France contemporaine, l'empire
colonial n'occupe le plus souvent qu'une place limitée, circonscrite à
quelques paragraphes, au mieux à un chapitre unique. C'est sans doute
une preuve des faibles rapports que la masse des Français ont
entretenus avec l'épisode colonial. Lorsque la question bénéficie de
plus longs développements, c'est, le plus souvent, à l'occasion de
débats sur l'immigration en France ou sur le devenir des anciennes
colonies, trop actuels pour ne pas biaiser les faits. Il n'est question
ni de bâtir une légende dorée, ni de nourrir des rancœurs, mais
d'aider, si possible, les descendants des combattants et des
travailleurs de toutes origines, à mieux connaître les éléments communs
de leur histoire, et, par-delà les clichés et les caricatures, à mieux
se comprendre.
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- Les Instituts coloniaux et l'Afrique, 1893-1940. Ambitions nationales, réussites locales, Laurent Morando, Karthala, mai 2007.
De nombreux ouvrages et travaux historiques sont parus en France et à l'étranger depuis plus de trente ans concernant l'idée coloniale en France. Ils concernent presque exclusivement les institutions parisiennes du "parti colonial" : groupes coloniaux de la Chambre des députés et du Sénat, différents comités, Union coloniale et associations de moindre importance. Parallèlement à ces associations parisiennes, des Instituts coloniaux sont créés en province à Marseille (1893). Bordeaux (1901), Nancy (1902), Nice (1927), le Havre (1929) et Montpellier (1931). Les Chambres de commerce de Lyon et Nantes créent en 1899 et en 1902 des enseignements coloniaux supérieurs. L'Institut colonial français fondé en 1920 est la seule création parisienne. Ces Instituts coloniaux n'ont fait l'objet que d'études ponctuelles ou partielles. A part l'Institut colonial français, ces associations locales, créées le plus souvent par leurs chambres de commerce respectives, ont été au service des intérêts commerciaux et industriels métropolitains en relation avec l'outre-mer. Leur objectif fut de développer la propagande en faveur de l'Empire colonial français et de favoriser sa mise en valeur rationnelle. Ces institutions, très inégales par leurs moyens, leurs structures et leurs rayonnements, ont été des centres de documentation administrative et économique, de propagande, de recherches scientifiques et techniques, ainsi que de réflexion sur les doctrines de la mise en valeur économique de l'Empire colonial français. Leur vocation, essentiellement pratique, a été à la fois universitaire, commerciale et industrielle. Quelles ont été les continuités, les évolutions et les ruptures qui ont jalonné le parcours des Instituts coloniaux ? Quelle hiérarchie peut-on établir concernant leurs moyens, leurs structures, leurs spécialisations et la puissance de leur rayonnement ? Sont-ils parvenus à susciter l'adhésion d'une majorité de Français à l'idée coloniale ? Les ont-ils fait accéder à une véritable "conscience impériale" ? Ont-ils été capables d'orienter ou même de définir des choix nationaux favorables à l'impérialisme colonial ?
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samedi 12 mai 2007
Une histoire de la colonisation, par Jean-Pierre Renaud
Le vent des mots, le vent des maux,
le vent du large
un livre de Jean-Pierre RENAUD
Ancien élève de l'École nationale de la France d'Outre-Mer (ENFOM) et ancien haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur, Jean-Pierre Renaud publie Le vent des mots, le vent des maux, le vent du large. Dans cet ouvrage de 553 pages, l'auteur expose le rôle de la communication et des communications dans les conquêtes coloniales de la France entre 1870 et 1900 (Afrique, Tonkin, Madagascar en terminant par Fachoda). À chacune des étapes de la colonisation française, il souligne le rôle tantôt auxiliaire, tantôt prépondérant des moyens de communications.
- édité par
Éditions JPR (ISBN 2-9510651-2-4).
- prix : 27 € (chèque à l'ordre de "JPR Éditions").
Contact :
J.-P. Renaud : 3, rue Alfred-Bruneau - 75016 Paris
Tél. : 01 45 20 05 17
Courriel des éditions JPR : commande@editionsjpr.fr
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Lyautey à propos de la deuxième affaire de Lang Son (1885) : "La moralité, c'est que le télégraphe est un engin dangereux et que le premier acte de tout général en chef qui opère à 3 000 lieues devrait être de couper le fil, aussi bien pour se libérer des harcelantes instructions de la métropole que pour se garantir contre ses propres entraînements."
cité par Jean-Pierre Renaud, op. cit., p. 531

halte française à Lang Son, rivière Claire, 1885 - photo du Dr Hocquard (source)
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télégraphie du temps colonial

Maroc, Tiflet, le poste de télégraphie sans fil

Maroc, Taourirt, génie employé à construire le pylône de la télégraphie sans fil
au sommet du Djorf (carte postale ancienne, postée le 24 avril 1913)

Maroc, Oujda en avril 1907 : postes et télégraphes

Maroc, Beniouarin : poste de télégraphe sans fil

Maroc, Taourirt : poste de télégraphe sans fil

Saïgon, les quais et le sémaphore

Cochinchine, 1946 (source : Caom, base Ulysse)
- Répertoire des historien(ne)s du temps colonial
mardi 8 mai 2007
trois ouvrages sur le Maroc entre 1830 et 1912 (Daniel Rivet, 1985)

trois ouvrages sur le Maroc
entre 1830 et 1912
Daniel RIVET (1985)
L'essentiel de ce que les Marocains ont été, de ce qu'ils ont dit et de ce qu'ils ont fait durant le long répit qui s'accumule sur près de trois quarts de siècle, entre la conquête de l'Algérie et 1912, a été cerné et mis en lumière dans trois ouvrages surtout, sans l'appui desquels les pages qui suivent n'eussent jamais été écrites.
Vingt ans après sa parution, le Maroc et l'Europe de J.-L. Miège continue de s'imposer comme une sorte d'encyclopédie du Maroc au XIXe siècle, rythmée - avec une précision parfois surchargée de micro-histoire - par le double récitatif, souvent entrecroisé, de l'événement et de la conjoncture économique.
Les Origines sociales et culturelles du nationalisme marocain d'A. Laroui constituent un point de passage obligé pour comprendre comment s'articulait, avant d'entrer en crise à partir de la seconde moitié du siècle, un "système marocain". Sans doute l'analyse philologique du discours de l'élite par l'auteur, inspirée de Benedetto Croce, tend-elle à s'essouffler au fil de la démonstration. mais sa morphologie des groupes sociaux, influencée par le concept wébérien, d'idéal-type, est éblouissante d'intelligence. On ne peut plus dessiner le canevas de la société marocain précoloniale sans s'adosser à ce schéma. Même si on lui reproche de privilégier l'élite urbaine au détriment des profondeurs rurales du pays et de négliger du coup l'apport des anthropologues anglo-saxons, en premier lieu E. Gellner et Clifford Geertz.
Parce qu'il débrouille, avec un art du raccourci et un sens de la synthèse exemplaires, la trame des événements qui s'enchaînent entre 1860 et 1912 et qu'il caractérise avec beaucoup de finesse le divorce qui s'accuse entre l'État et la société marocaine, le Prelude to Protectorate in Morocco. Precolonial Protest and Resistance, 1860-1912 d'Edmund Burke III complète, nuance, enrichit l'éclairage de Laroui sur la trajectoire du Maroc au XIXe. S'impose en particulier son approche de la révolte contre le makhzen, non seulement fronde des privilégiés ou fureur paysanne mais mouvement composite à plusieurs étages et temps sociaux, voué par conséquent à la négation plutôt qu'à l'affirmation et donc à l'éclatement rapide.
D'autres ouvrages (1) contribuent à diversifier notre vision de ce long XIXe marocain dont le bruit et la fureur reçoivent une signification nouvelle à partir du moment où on n'y voit plus seulement la préhistoire annonciatrice du Protectorat, mais une période de transition au sens mêlé, confus, incertain : un moment historique non plus univoque mais pluridéterminé. Cette longue période de réaction à la "précolonisation" cristallise en effet des "lignes d'orientation, des zones de filtrage" (Laroui) à partir desquelles les Marocains se détermineront sous le Protectorat qui ne s'imprime pas à la surface de la société colonisée comme sur une page blanche.
Daniel Rivet, Lyautey et l'institution du Protectorat français au Maroc, 1912-1925
[thèse 1985], tome 1, éd. L'Harmattan, 1996, p. 83-84.
(1) Cf. en particulier J. Berque, L'intérieur du Maghreb, Gallimard, 1978 ; G. Ayache, Études d'histoire marocaine, Société marocaine des éditeurs réunis, Rabat, 1979 ; P. Pascon, Le Haouz de Marrakech, 2 T., Larose et Maisonneuve, 1978.

Fez, intérieur de l'Arsenal ; Le Maroc Illustré, 1913
jeudi 22 février 2007
Dictionnaire de la colonisation française (Claude Liauzu, dir.)
Dictionnaire de la colonisation française
Claude LIAUZU (dir.)
Jamais la colonisation, un demi-siècle après les guerres d'Indochine et d'Algérie, jamais l'esclavage - 150 ans après l’abolition - n'ont été aussi présents dans la vie publique. Le temps des colonies est un passé qui ne passe pas, l’enjeu de conflits de mémoires, de lois mémorielles sur fond de malaise officiel.
La liberté revendiquée légitimement par les historiens est assortie d’une obligation. C’est leur fonction d’établir avec rigueur les faits, d’exposer la pluralité des interprétations, de proposer des repères permettant au lecteur de former son opinion, tout en présentant une vue d’ensemble.
Pourquoi un dictionnaire ? Les 700 notices permettent de rechercher directement une information, de passer d’un thème à un autre, en fonction de la multiplicité des facettes du fait colonial. Le chapitre "Temps forts" en présente les principales étapes. Des dossiers synthétiques sur des questions générales font le point des connaissances et des débats. Des cartes, un index (des personnes, des lieux et des thèmes) facilitent la lecture.
On trouve dans ce livre un bilan de la «première colonisation» (XVIe-XVIIIe), de l’esclavage, des traites et des abolitions. L’essentiel de l’ouvrage est consacré aux caractères et étapes de l’impérialisme aux XIXe et XXe siècles et des décolonisations. Quelque 220 biographies font revivre les acteurs de la colonisation (militaires, politiques, laïcs et religieux, entrepreneurs et savants…), et ceux des sociétés colonisées (animateurs des résistances, des réponses culturelles, des mouvements de libération…). Le livre fait le tour de la Plus Grande France, du Havre à Saigon, du continent africain aux îles et DOM-TOM actuels.
C’est une histoire totale de la situation coloniale, vue des deux côtés, qui est l’ambition des 70 auteurs français et étrangers : soldats français et tirailleurs, méthodes de conquête, de gouvernement et réactions indigènes, aspects économiques et sociaux, mutations vécues par les hommes et les femmes, impact sur la vie publique, débats d’idées, liens avec le sentiment national français et les nationalismes construits en réaction. Mais le dictionnaire fait aussi un sort aux aspects moins connus, voire ignorés du fait colonial : à sa place dans la culture (celle des grands écrivains, peintres… dont la plupart ont été concernés, comme dans la culture populaire et de masse), aux langues et au corps, aux mentalités, à l’imaginaire…
L’objectif est de fournir un outil à la hauteur des enjeux de connaissances de ce phénomène qui a modelé notre monde actuel, qui y a inscrit, au Nord comme au Sud, une pluralité, un devenir à partager.
Claude Liauzu
- Dictionnaire de la colonisation française, 2007, Larousse, Claude Liauzu (dir.), conseil scientifique : Hélène d’Almeida Topor, Pierre Brocheux, Myriam Cottias, Jean-Marc Regnault, à paraître en avril 2007.
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deux combats opposés

tract du P.P.A., 1937 (source : Caom, base Ulysse)

1945, (source : Caom, base Ulysse)









































