100_ans_de_colonisation
la caricature anti-coloniale, nouveau discours d'État

 

Face à l’anticolonialisme d’État

Jean MONNERET, historien

 

L’anticolonialisme est désormais la doctrine officielle de la République. Lors de sa visite en Algérie, au début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy y avait déjà affirmé à l’Université de Mentouri, que le système colonial était basé sur l’injustice. [sur François Hollande, cf. ici - note de la rédaction]

L’exposition qui a eu lieu récemment, au musée de l’Armée, aux Invalides à Paris, sur la conquête et sur la guerre d’Algérie est allée plus loin. Conçue sous Sarkozy et faisant appel à un célèbre trio d’historiens anticolonialistes, elle avalisait la version FLN du conflit.

Mettant gravement en accusation l’Armée française, elle minimisait les crimes de la rébellion comme les souffrances des Pieds-Noirs et des Harkis. Nous sommes donc en présence désormais d’un anticolonialisme d’État. On peut compter sur les socialistes au pouvoir pour le porter à de nouveaux sommets.

L’anniversaire du 5 juillet 1962 a été présenté dans les médias audiovisuels (sauf un) sous l’angle de l’accession de l’Algérie à l’Indépendance. Les massacres d’Oran ont été totalement occultés sauf dans l’émission de Robert Ménard  (lequel a vu depuis son émission supprimée sur I Télé ).

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Que signifie tout cela ?

La France tourne le dos à son passé, alors même que l’Empire colonial, la colonisation et la départementalisation de l’Algérie furent pour l’essentiel une œuvre républicaine. Elle fut longuement exaltée comme telle par les plus hauts dirigeants de la IIIe République en particulier. Or, depuis deux décennies, la Ve du même nom a décidé de stigmatiser cette période de notre histoire.

Ainsi, concernant la guerre d’Algérie qui eut lieu de1954 à 1962, les médias ont pu, avec l’appui des gouvernants de droite comme de gauche, cautionner une version de ce conflit fort analogue à celle du FLN, à peine distincte de ce qui se diffuse an Algérie depuis un demi-siècle. Il n’y a pas eu de repentance de la France comme le réclamaient les hiérarques d’Alger. Il y a eu acceptation par la France officielle de leur version falsifiée de l’histoire coloniale et du conflit algérien.

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Il y a quelques années M. de Villepin avait répondu aux demandes de repentir venues d’Alger qu’il convenait de laisser les historiens débattre de ces problèmes.

Depuis c’est tout l’inverse qui s’est produit. Nous avons vu s’installer un système de propagande soviétoïde qui a martelé à satiété la version anticoloniale officielle. Ce système n’a pas hésité à censurer des universitaires de renom et même à retirer à d’autres des responsabilités déjà attribuées. Il a favorisé jusqu’à la caricature la pensée unique, voire l’omniprésence d’un historien unique et la ghéttoïsation complète des opinions dissidentes.

Ce système totalitaire domine largement les médias. Il est la honte d’un pays qui, urbi et orbi, s’affirme démocratique. En plaçant la France en position d’accusée permanente, il crée dans les banlieues «sensibles» une atmosphère négative hostile au pays d’accueil.

En choisissant de faire de certaines victimes du conflit algérien de «bonnes» victimes, tandis que celles causées par le FLN sont oubliées, ce système bafoue la morale et l’Histoire. Des centaines de milliers de victimes de la rébellion il fait une sous-catégorie de la population française. Ceux qui dirigent la France seraient bien inspirés d’y réfléchir.

L’objectif idéologique

Il s’agit de discréditer les nations européennes. Pour cela, on les charge de responsabilités historiques toujours plus pesantes : l’esclavage depuis longtemps tenu pour crime contre l’humanité, et la colonisation que certains s’efforcent de mettre sur le même plan. Cet objectif fut révélé par M. Stora dans un entretien du 14 novembre 2006 publié par le Figaro : «Il faut reconstruire nos mémoires nationales, comme nous l’avons fait, en d’autres registres avec l’esclavage et la période vichyste.»

Tout est dit. Reconstruire nos mémoires nationales, si l’on traduit ce charabia, signifie réécrire l’Histoire. Stora est spécialiste de la période coloniale et de l’Algérie. Il veut mettre le signe égale entre la colonisation, l’esclavage et Vichy. (Que nous laisserons de côté dans le cadre de cet article).

Ce vers quoi nous nous dirigeons est de plus en plus clair : une vaste culpabilisation des nations européennes, France en tête. En effet, notre pays fut par excellence un pays colonisateur. L’objectif ultime est non moins clair : il s’agit ainsi de discréditer puis d’abolir ces nations européennes. Elles devront à l’avenir s’effacer au profit du conglomérat multiculturel concocté à Bruxelles. Ce magma informe, sans âme et sans épine dorsale sera un protectorat américain où l’Islam politique (on nous l’annonce de toute part), jouera un rôle croissant.

Bon vingt-et-unième siècle !

Jean Monneret

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