mardi 31 janvier 2012

Afrique du Nord "barbaresque" : iconographie

Alger 1572
 

 

vues anciennes du Maghreb "barbaresque"

annonce des éditions Gandini

 

Une fois n'est pas coutume... Les Éditions Jacques Gandini vous proposent la reproduction d'une série de documents exceptionnels, tous antérieurs à l'arrivée des Français en Afrique du Nord, au temps ou les ports du Maghreb servaient de base aux "pirates barbaresques", comme on disait alors, de l'Empire ottoman.

Exceptionnels, ces documents le sont à double titre : par leur intérêt culturel et historique bien entendu, mais aussi par leur intérêt décoratif : reproduits à l'identique, en très grand format, ils sont imprimés spécialement pour vous dans une qualité inégalée. Les exemplaires originaux de ces gravures sont quasiment introuvables et, lorsqu'ils se présentent sur le marché, leur prix atteint de véritables sommets : plusieurs milliers d'euro en règle générale.

Aujourd'hui accessibles à tous, ces images hautes en couleurs, fourmillant de détails, gravées et peintes par les meilleurs artistes de leur temps, vous sont proposées dans sept déclinaisons ou supports différents. Chaque tirage est réalisé à la demande et nécessite plusieurs jours de délai de fabrication. Découvrez vite ci-dessous les six vues exceptionnelles que nous vous proposons aujourd'hui, visualisez-les en plein écran, choisissez le support sur lequel vous souhaitez les recevoir et commandez maintenant ...



Les supports disponibles :
- Tirage papier seul : les reproductions sont imprimées sur un beau papier blanc de 150g par m2 et sont prêtes à être encadrées ou intégrées dans un classeur de gravures;
- Support rigide PVC : les reproductions sont imprimées directement sur un support rigide en PVC blanc, en très haute résolution (2400 dpi), et sont prêtes à être encadrées ou accrochées telles quelles. Peu onéreux, ce support offre le meilleur rapport qualité/prix;
- Encadrement Laminamarc : le must. Déclinés dans 5 versions différentes, les encadrement Laminamarc constituent la solution d'encadrement la plus souple et la plus innovante du marché. Découvrez sur notre site dédié ces supports originaux et modernes qui transformeront radicalement votre intérieur ou votre bureau.


 

6 GRAVURES HISTORIQUES EXCEPTIONNELLES :
ALGER, TUNIS, MARRAKECH

Alger 1572 (à partir de 18.00 €)

La vue d'Alger de Franz Hogenberg (1535, Malines - 1590, Cologne), graveur sur cuivre et aquafortiste belge, pratiquement contemporaine de la bataille de Lépante (1570), est remarquable par sa fraîcheur et ses extraordinaires détails. Elle est légendée "Alger, ville sarrazine fortifiée, dans la province de Numidie, en Afrique..."
Le retirage de cette extraordinaire image, vieille de près de 4 siècles et demi, est disponible sur papier mat 150g, sur support rigide épais de 5 mm et dans les différents types de Laminamarc, au format 59 x 42 cm.

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Alger 1580 (à partir de 18.00 €)

Vue de la ville d'Alger, gravure sur bois du vénitien Matteo Fiorini (1540-1613). Réalisée aux alentours de 1580, cette gravure présente de nombreuses similitudes avec celle de Franz Hogenberg, à peu près contemporaine (1572), et lui a vraisemblablement servi de modèle.
Le retirage de cette extraordinaire image, vieille de près de 4 siècles et demi, est disponible sur papier mat 150g, sur support rigide épais de 5 mm et dans les différents types de Laminamarc, au format 51 x 39cm.

plein-ecran

 

Alger à la fin du XVIIe siècle 20.00 €)

Grande gravure aquarellée anonyme, de la fin du XVIIe siècle, imprimée vraisemblablement à Amsterdam. Beau panorama sur la casbah depuis le large. Les vaisseaux du premier plan battent pavillon néerlandais (à gauche) et anglais (à droite) et semblent livrer combat aux galères, sans doute ottomanes, qui s'intercalent entre eux.
Le retirage de cette extraordinaire image, vieille de plus de 3 siècles, est disponible sur papier mat 150g, sur support rigide épais de 5 mm et dans les différents types de Laminamarc, au format 70 x 53 cm.

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Alger 1816 (à partir de 18.00 €)

Gravure aquarellée figurant le plan de l'attaque donnée à Alger par l'amiral anglais Lord Exmouth le 26 août 1816. Levé sur le lieu même par un ingénieur de la flotte anglaise et publié à Turin en décembre 1816.
Le retirage de ce témoignage historique, prélude à la conquête de l'Algérie par les troupes françaises, est disponible sur papier mat 150g, sur support rigide épais de 5 mm et dans les différents types de Laminamarc, au format 45 x 34 cm.

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Tunis et La Goulette 1574 (à partir de 18.00 €)

Gravure aquarellée figurant la bataille de Tunis entre Philippe II d'Espagne et le sultan ottoman Selim II en juillet et août 1574, pour le contrôle de la ville et de sa région. Vue de Tunis et de la Goulette.
Le retirage de cette extraordinaire image, vieille de près de 4 siècles et demi, est disponible sur papier mat 150g, sur support rigide épais de 5 mm et dans les différents types de Laminamarc, au format 42 x 33 cm.

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Marrakech 1650 18.00 €)

Vue du Palais royal et d'une partie de la ville, capitale du Royaume du Maroc. Gravure aquarellée anonyme, du milieu du XVIIe siècle, imprimée vraisemblablement à Amsterdam (les légendes sont en langue flamande), haut lieu de l'édition géographique européenne.
Le retirage de cette extraordinaire image, vieille de plus de 3 siècles, est disponible sur papier mat 150g, sur support rigide épais de 5 mm et dans les différents types de Laminamarc, au format 46 x 35 cm.

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- lien vers ces gravures anciennes sur le site des éditions Gandini


POUR EN SAVOIR PLUS, LES EDITIONS GANDINI VOUS CONSEILLENT CES LIVRES :

 

LA PIRATERIE BARBARESQUE
EN MÉDITERRANÉE

par Roland COURTINAT

La piraterie barbaresque est d'abord et avant tout un Djihâd maritime, justifié par les guerres de prééminence religieuse entre l'islam et la chrétienté. La piraterie barbaresque, comme la piraterie chrétienne, s'intègre dans le contexte des opérations guerrières menées de part et d'autre. C'est par la suite que les écumeurs des mers saisissent tout le profit que la Méditerranée peut leur apporter, car elle est un champ d'action propice aux rapines, à la traite des femmes, au trafic des esclaves...

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BOUTIN, PIONNIER DE L'ALGÉRIE FRANÇAISE

par Jean MARCHIONI

BOUTINBrillant officier du Génie, familier du monde turco-arabe, Boutin est à trois reprises l'agent secret que Napoléon envoie dans cet Orient auquel il ne cesse de penser depuis la campagne d'Egypte. Qualifiée de « rêve » parce que la conjoncture européenne l'a empêchée de s'accomplir, la politique orientale de l'Empereur n'est pas un songe embrumé qui court après une réalité inaccessible, mais au contraire une succession de choix politiques concrets que décrivent les archives du Quai d'Orsay.

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Alger par Fiorini 1580
Alger, vers 1580 (extrait)

 

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lundi 30 janvier 2012

les grossières erreurs du journal "Le Monde" au sujet de Bernard Lugan

 

 2

 

 

Le Monde ou

le Maccarthysme journalistique français

Bernard LUGAN

 

Dans un article d'une rare partialité que Le Monde en date du 27 janvier 2012 consacre au Rwanda, MM. Christophe Ayad et Philippe Bernard me citent de la manière suivante : 

«En 2004 il (Jean-Pierre Chrétien) a participé à une commission d'enquête citoyenne, mise en place par l'association Survie, pour dénoncer le rôle de la France. Cela a valu à Jean-Pierre Chrétien de virulentes attaques de l'historien Bernard Lugan, ancien maître de conférences à l'université Lyon-III, proche de l'extrême droite. Ce dernier a écrit plusieurs ouvrages pour innocenter François Mitterrand, l'armée française et l'Église catholique au Rwanda (François Mitterrand, l'armée française et le Rwanda, éditions du Rocher, 2005). Il a témoigné en faveur de génocidaires hutu poursuivis devant le TPIR».

 9782268054155FS

 

Le lecteur du Monde aura retenu trois choses :

1) Je serais «proche de l'extrême droite», jugement de valeur permettant de sous-entendre que je ne suis pas crédible et donc par avance disqualifié.

2) J'aurais écrit «plusieurs ouvrages pour innocenter François Mitterrand, l'armée française et l'Église catholique au Rwanda». L'emploi du mot «innocenter» a son importance car il signifie que pour MM. Ayad et Bernard, le président François Mitterrand, l'armée française et l'Église catholique seraient coupables ou pour le moins complices de ce génocide…

Est cité à l'appui de cette affirmation un livre datant de 2005 dans lequel je défends très exactement le contraire de ce que prétendent me faire dire les journalistes du Monde. J'y reprends en effet en la développant l'idée centrale d’un précédent livre [1] qui est que les conditions du génocide résultent de l'engagement pro Hutu de l'Église catholique en 1959, puis de l'obligation démocratique imposée par François Mitterrand au président Habyarimana à partir de 1990.

L'on chercherait en vain dans cette problématique une tentative visant à «innocenter» le président Mitterrand et l'Église catholique. Quant à l'armée française comme elle a quitté le Rwanda fin 1993, soit plus de six mois avant le début de ce génocide, elle n'a effectivement aucune responsabilité dans ce drame contrairement à ce que certains obligés de Kigali cherchent à faire croire.

bidonnage

Les journalistes du Monde sont donc pris en défaut de «bidonnage» car :

- ils n’ont manifestement pas lu mon livre,

- ils tirent directement leurs «informations» de sites informatiques spécialisés dans les dénonciations de basse police.

- Ils omettent en revanche de mentionner un ouvrage plus récent dans lequel je fais le bilan de la question, notamment à travers les travaux du TPIR [2].

3) J’aurais «témoigné en faveur de génocidaires hutu poursuivis devant le TPIR», ce qui serait la suite logique des points 1 et 2. En effet, qu’attendre d’autre d’un «proche de l’extrême droite» qui a osé écrire «plusieurs ouvrages pour innocenter François Mitterrand, l'armée française et l'Église catholique au Rwanda» ?

Le problème est que je n’ai jamais «témoigné en faveur de génocidaires hutu poursuivis devant le TPIR». À quel titre d’ailleurs aurais-je pu le faire puisque je n’étais pas au Rwanda au moment du génocide et que je n’ai donc pas été le «témoin» des faits qui leur sont reprochés ?

En revanche, connaissant intimement le Rwanda où j’ai enseigné et mené des recherches archéologiques durant plus de dix années, pays auquel j’ai consacré deux thèses dont un Doctorat d’État en six tomes, j’ai, pour ces raisons académiques, été six fois assermenté comme Expert par la Cour à laquelle j’ai remis des rapports totalisant près de 2000 pages [3]. Le document joint en annexe et qui émane du Greffe du TPIR permet de mettre en évidence la grave faute déontologique commise par les deux journalistes du Monde.

À leur décharge, il est utile de préciser qu’ils ignorent peut-être que le TPIR étant régi par les règles juridiques anglo-saxonnes, il n’y existe pas d’Experts de la Cour comme en France et que les Experts cités y sont proposés aux Chambres par les parties (Accusation et Défense). Pour chaque affaire, ces experts doivent renouveler leur accréditation, processus long et fastidieux au terme duquel ils sont soit récusés, soit acceptés et dans ce dernier cas, ce n’est qu’après avoir prêté solennellement serment qu’ils deviennent selon le terme anglo-saxon «Witness Expert».

Le contre-sens fait par les journalistes du Monde pourrait donc s’expliquer soit par une désolante mauvaise foi, soit par une maîtrise incertaine de la langue anglaise ajoutée à des connaissances fragmentaires concernant la Common Law.

morale

La «morale» de cette affaire est claire et elle tient en deux points principaux :

1) Nous avons ici la parfaite illustration du naufrage de la presse française qui a perdu une grande partie de sa crédibilité en raison de son Maccarthysme, du formatage et des insuffisances de ses journalistes. Cette presse militante et moribonde qui ne survit que par les aides de l’État et les abonnements institutionnels n’a d’ailleurs plus aucune influence à l’extérieur de sa niche écologique parisiano-conformiste.

2) Je ne ferai pas de droit de réponse et cela pour deux raisons : la première est qu’il serait caviardé et la seconde parce que je touche beaucoup plus de lecteurs et plus rapidement, avec un simple communiqué diffusé par internet. D’autant plus que nombre des visiteurs de mon blog font suivre mes communiqués à leurs réseaux, ce qui en démultiplie les effets.

Bernard Lugan
28 janvier 2012

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http://www.bernard-lugan.com

contact@bernard-lugan.com

 

 


TPIR


[1] Rwanda: le génocide, l’Église et la démocratie, 234 pages, 22 cartes, Le Rocher, 2004

[2] Rwanda. Contre-enquête sur le génocide, 330 pages, 10 cartes, Privat, février 2007.

[3] Expert assermenté par la Cour dans les affaires Emmanuel Ndindabahizi (TPIR-2001-71-T), Théoneste Bagosora (TPIR-98-41-T), Tharcisse Renzaho (TPIR-97-31-I), Protais Zigiranyirazo (TPIR-2001-73-T), Innocent Sagahutu (TPIR-2000-56-T), Augustin Bizimungu (TPIR- 2000-56-T). Commissionné dans les affaires Edouard Karemera (TPIR-98-44 I) et J.C Bicamumpaka. (TPIR-99-50-T).
La synthèse de ces rapports a été faite dans Bernard Lugan (2007) Rwanda : Contre-enquête sur le génocide, Privat.

 

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dimanche 29 janvier 2012

guerre d'Indochine, par le général Paul Ély

 pm272-1954-06-19

 

le général Ély : la perte de l'Indochine
 
général Maurice FAIVRE
 

Général Ély, Les enseignements de la guerre d’Indochine. 1945–1954, Tome 1, SHD, 2011, 340 pages, 18 photos, 20 schémas, 5 documents. 26 €.

Haut-Commissaire et Commandant en chef en Extrême-Orient de juin 1954 à décembre 1955, le général Paul Ély a jugé nécessaire de faire une critique de nos échecs et de nos réussites dans ce conflit. Le général Robert, Chef du Service historique, présente ce rapport qui montre comment une armée moderne s’est adaptée à une guerre révolutionnaire.

La réédition a été confiée au capitaine Cadeau, qui en Introduction rappelle ce que fut cette guerre et quelle a été la genèse du rapport. Le manque de moyens, l’indifférence des Français et le financement américain caractérisent ce conflit mené par des soldats de métier, dans un milieu physique difficile, contre une guérilla généralisée qui s’est transformée en Corps de bataille de 125.000 hommes.

 

1 400 rapports d'officiers

Les épisodes principaux en sont le désastre de la RC4 en octobre 1950 (7 bataillons anéantis par 30 bataillons viets), les victoires sans lendemain du général de Lattre en 1951-52, et la défaite de Dien Bien Phu où 60.000 soldats vietminh ont submergé 15.000 combattants du camp français. Quelques succès locaux ont permis ensuite au général Ely d’établir un réseau de manoeuvre au Sud-Vietnam, en dépit de l’opposition à la France du président Diem.

Le rapport a fait la synthèse de 1.400 rapports d’officiers, de 60 rapports demandés aux généraux, des comptes-rendus du 3ème Bureau et des synthèses du 2ème Bureau. Il comprenait trois fascicules, dont le premier, critiquant la politique des gouvernements, n’a pas été diffusé. Est donc publié ici le fascicule 2, consacrés aux aspects opérationnels et tactiques. Le fascicule 3, consacré aux leçons à tirer des formes du combat sino-soviétique, sera diffusé plus tard en 2012.

La préface du général Ély est suivie d’un tableau des pertes de la guerre d’Indochine : une centaine d’officiers supérieurs, 341 capitaines, 1.140 lieutenants, 2.683 sous-officiers et 6.000 soldats français, sans compter 12.000 légionnaires et Africains et 14.000 autochtones MPF. Plus de 100.000 morts et 20.000 disparus au total.

En première partie est abordée «la guerre des idées», qui montre l’absence d’une idéologie positive à opposer au Vietminh, malgré quelques opérations de déception réussies.

9782110980595FS

 

une guerre sans front

La deuxième partie définit ce que fut cette guerre sans front, marquée par la qualité du renseignement opératif comparé au renseignement tactique, par l’efficacité des regroupements de population et des bases de manoeuvre, par la priorité du contrôle des axes routiers et fluviaux, par le rôle des fortifications combinant tours et points d’appui. Le contrôle en surface est assuré par les forces vietnamiennes, et les opérations de destruction par les groupements mobiles. Des actions humanitaires et civilo-militaires contribuent à la pacification.

La troisième partie passe en revue toutes les formes non orthodoxes du combat mené par les différentes armes et subdivisions d’armes. L’infanterie mène un combat fluide avec le concours des supplétifs, des maquis montagnards, qui inquiètent les Viets ; elle lance des contre-attaques à partir de môles aéro-terrestres.

La formation des Dinassauts, des groupements mobiles (18 GM constitués), des Commandos  de choc, des groupements amphibies de l’arme blindée, et des bataillons légers vietnamiens sont des réussites. Lors de 150 opérations aéroportées, 14 bataillons, motivés par l’esprit para, mettent au point une doctrine d’emploi.

Le maintien en condition est assuré par les centres d’instruction créés en 1952, et par la récupération de deux tiers des blessés (9.640 évacuations par hélicoptère). 690 pièces d’artillerie (contre 135 vietminh) réalisent des appuis permanents, instantanés et précis. Le Génie, le Train et les Transmissions, malgré des moyens limités, s’efforcent de soutenir le combat ; la logistique repose sur le système D (60.000 véhicules à soutenir) jusqu’à ce qu’arrive le soutien américain.

raisons d'un échec

Les raisons de l’échec sont attribuées au manque de moyens :

- une infanterie en sous-effectif, incapable de contrôler un territoire qui comprend deux tiers de forêt, de brousse dense et de marécages

- des appuis aériens insuffisants, appliqués en priorité à l’appui direct et manquant d’autonomie pour soutenir Dien Bien Phu. Dans son journal de marche, le général Ély attribue la perte de l’Indochine à la politique des petits paquets. Il ne dit pas, mais c’est peut-être le sujet du fascicule 1 resté inédit : l’orientation initiale utopiste, la dualité du commandement entre d’Argenlieu et Leclerc, la division des gouvernements absorbés par la reconstruction et par  la défense contre les menaces soviétiques sur l’Europe.

Maurice Faivre
le 29 janvier 2012.

 

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le général Ély au chevet d'un blessé de Dien Bien Phu

 

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samedi 28 janvier 2012

"Les Pieds-noirs, cinquante ans après", selon FR 3

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"Les Pieds-noirs, cinquante ans après"

René MAYER

 

Je vous avais signalé une émission sur "Les Pieds-noirs, cinquante ans après" qui devait passer sur FR3 mercredi 25 janvier à 23 heures. Seuls les téléspectateurs de la région PACA ont pu la voir sur leurs écrans de télévision. Mais mon neveu Alain Mayer en a trouvé le lien et a bien voulu me le communiquer. Pendant quelques jours, vous pourrez donc, si vous le souhaitez, visionner cette émission sur Internet. Voici ce lien:

Cette émission comporte quelques témoignages émouvants de ceux qu'on nomme ici "les Rapatriés" (une manière de nier leur problème) ou "les Pieds noirs" (une manière de prendre ses distances avec eux). 
Mais FR3 qui, comme toute la télévision d'État, est fortement orientée et par conséquent très anti "Pied-noir", n'a pu s'empêcher de faire aussi appel :
 
-1) comme journaliste, à Pierre DAUM, journaliste à Libération. P. Daum est l'auteur d'une "enquête" parue l'été dernier dans "Le Monde", enquête dans laquelle il prétendait, sur deux pleines pages, que les Pieds-noirs auraient parfaitement pu rester chez eux en Algérie. Personne ne les avait chassés etc... Autrement dit, il fallait comprendre que : "s'ils ont dû tout abandonner, ce fut par racisme anti-arabe". 
Tous les MAYER de Penthièvre (département de Bône, en Algérie) apprécieront. Eux qui ont été directement atteints par l'assassinat, le 19 mars 1962, jour du prétendu "cessez-le-feu", de notre cousin Henri Vernède et de son gendre, et qui, quelques jours plus tard, ont reçu la visite d'un détachement armé de l'ALN venu leur dire : "Maintenant, il faut partir".
 
- 2) comme témoin, FR3 a fait appel au président d'une association de "pieds-noirs", une seule, mais que personne ne connaît - en tout cas, pas moi dont vous savez combien je suis pourtant investi dans le milieu "pied-noir". Cette association s'intitule clairement : "l'Association Nationale des Pieds Noirs progressistes et leurs amis" (ANPNPA). Cette association doit être assez confidentielle puisque je n'en connais pas un seul membre. Mais RF3 a du estimer qu'elle est représentative du petit peuple qui était le sujet de son émission.
 
les "Pieds-rouges"
 
- 3) Toujours fidèle à la même orientation, FR3 a consacré le dernier tiers de son émission aux "Pieds-rouges". Les Algériens ont désigné ainsi des Métropolitains sympathisants communistes ou gauchistes qui, tandis que les Harkis et les "Pieds-noirs" prenaient le bateau ou l'avion pour échapper aux massacres et aux enlèvements, empruntaient ces mêmes moyens de transport en sens inverse pour "venir en aide" (ou pour noyauter ?) le nouveau gouvernement FLN.
Tel, par exemple, qu'Hervé Bourges qui, conseiller technique au cabinet d'Edmond Michelet, ministre de la Justice - poste où il put prendre contact avec Ben Bella, qui était alors emprisonné en France - entra au cabinet de ce dernier quand il devint, à l'automne 1962, président de la nouvelle République algérienne. Hervé Bourges prit alors la nationalité algérienne.
Ce que l'émission de FR3 n'a pas dit, c'est que, trois ans plus tard, en 1965, Hervé Bourges et quelques uns de ses collègues "pieds-rouges" furent emprisonnés par le président Boumedienne quand celui-ci succéda, par un nouveau coup d'État, à Ahmed Ben Bella. 
 
Libéré un peu plus tard sur l'intervention plus ou moins pressante de Paris, Hervé Bourges devint ensuite :
  • 1970 : directeur de l'École supérieure de journalisme de Yaoundé (Cameroun),
  • 1976 : directeur, puis président de l'École supérieure de journalisme de Lille,
  • 1981 : directeur général de Radio France Internationale (RFI),
  • 1983 : président de TF1 (jusqu'à sa privatisation en 1987),
  • 1988 : président de Canal + Horizons,
  • 1989 : directeur général de RMC, président de la Sofirad et de Radio Nostalgie,
  • 1990 : président de A2/FR3, jusqu'en septembre 1992 où Antenne 2 et FR3 sont devenues France 2 et France 3, formant ainsi le Groupe France Télévision.
  • 1995 : président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (le CSA)
  • En novembre 2011, Hervé Bourges a été élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur par le ministre Frédéric Mitterrand.  
Au vu d'un tel curriculum vitae, on peut imaginer quels ont été, dans les différentes et importantes fonctions qu'il a occupées, les critères de sélection qu'a adoptés Hervé Bourges pour s'entourer. Il a certainement pu, tout à loisir et pendant une quarantaine d'années, façonner à son idée des secteurs entiers du milieu médiatique français - ce quatrième pouvoir, si crucial en démocratie !
On peut aussi comprendre pourquoi la période d'Histoire contemporaine durant laquelle Hervé Bourges, payant de sa personne, intervint si activement, n'est traitée par la télévision française qu'avec une objectivité... extrêmement prudente.
René Mayer


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l'exode

 

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vendredi 27 janvier 2012

Inde, religions, islam, culture

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politique et religions en Asie du Sud

(livre à paraître)

 

éditions de l'EHESS

Parution le 16 février 2012

Collection «Purushartha» n°30, 384 pages, 30 €

Les coordinateurs :

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Christophe Jaffrelot : Politiste, directeur de recherche au CERI (Sciences Po/CNRS) qu’il a dirigé de 2000 à 2008, il enseigne à Sciences Po, Princeton, Yale et King's College (Londres). Ses recherches actuelles portent sur la relation des nationalistes hindous à la violence et sur l'évolution sociale et politique du Gujarat.

 

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Aminah Mohammad-Arif : Anthropologue, chargée de recherche au CNRS et affiliée au CEIAS dont elle est directrice-adjointe, ses travaux portent sur les musulmans sud-asiatiques en situation diasporique et minoritaire. Après la ville de New York, c’est actuellement à Bangalore qu’elle effectue son terrain. Elle est co-éditrice de la revue électronique South Asia Multidisciplinary Academic Journal/SAMAJ (http://samaj.revues.org).

Le sujet de l'ouvrage : Ce numéro de «Purushartha» s’attache à comparer les relations qu’entretiennent politique et religion(s) en Asie du Sud . Le sujet, tel qu’ il est abordé, revêt un intérêt particulier pour trois raisons principales. Premièrement, il traite d’une région où le processus de sécularisation n’a pas eu la même ampleur qu’en Occident.

Deuxièmement, la zone abrite toutes les grandes religions du monde et permet donc de tester la part des variations revenant à la culture. L’islam domine dans trois pays (Pakistan, Bangladesh et Afghanistan), l’hindouisme dans deux autres (Inde et Népal) tandis que le bouddhisme joue un rôle prépondérant à Sri Lanka et important au Népal et en Inde. Quant à la minorité chrétienne, elle est présente presque partout.

Enfin, la diversité des trajectoires suivies par les régimes sud-asiatiques dans leur rapport à la religion offre une large palette à la comparaison.

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Aminah Mohammad-Arif (2000)

 

- un portrait d'Aminah Mojammad-Arif (CNRS, 2004)

- un article d'Aminah Mohammad-Arif : "L'Inde et se puissance"

- Aminah Mohammad-Arif dans la revue Archives de sciences sociales des religions

- l'enseignement d'Aminah Mohammad-Arif à l'EHESS en 2011-2012

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jeudi 26 janvier 2012

Festival des images, partis-pris et contrevérités

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Monsieur le Président de l'Espace parisien

"Histoire Mémoire Guerre d'Algérie"

général Maurice FAIVRE

 
Réflexions historiques

69143339Les historiens que vous avez sélectionnés pour le Festival des images sont dans leur grande majorité de sensibilité anticolonialiste. 
Bénéficiant de la même liberté d'expression, d'autres historiens ne partagent pas la même idéologie et considèrent que le terme de colonialisme, inventé en 1905, était ignoré au XIXe siècle, où l'on considérait la  colonisation comme une valeur républicaine, attachée aux droits de l'homme. Victor Hugo en faisait l'apologie : "Un peuple éclairé va trouver un peuple dans la nuit". 
Au XXe siècle, Léon Blum  et Pierre Messmer ont exprimé  la même volonté de civiliser des peuples arrièrés. Comme tous les faits historiques, la colonisation présente des aspects négatifs et positifs ; privilégier les uns sans reconnaître les autres constitue une sorte de déni.
 
 
Séance du 19 janvier
Cette différence de perception est apparue après la projection du film "Mémoires meurtries". Alors qu'un débat était refusé aux spectateurs, le professeur (Quemeneur ?) a été invité à parler de l'enseignement de l'histoire de la guerre d'Algérie. Au contraire,  il a entrepris de démolir le film de l'UNC.
Or ce film présentait des témoins intéressants et divers :
- un appelé (Hillairet) qui regrettait sa jeunesse perdue,
- une EMSI et des officiers SAS attachés à la population musulmane,
- des officiers combattant le terrorisme FLN et revendiquant une Algérie nouvelle, égalitaire,
- un pied noir accueilli en Algérie par ses camarades d'école,
- un aumônier qui s'interroge sur le traitement des prisonniers,
- un ministre (Chevènement) qui condamne les soldats perdus,
- un  secrétaire d'État (Mekachera) qui admire la politique clairvoyante du général de Gaulle,
- un ministre (Rocard) qui énonce des contre-vérités (Voir pièce jointe)
 
La mémoire partagée et l'histoire discutée
Il me semble qu'un débat entre historiens de sensibilité différente serait nécessaire à la fin du Festival (ou plus tard lors du rendez-vous des Ecrivains). Je suis prêt à y participer, aux côtés de Guy Pervillé, Daniel Lefeuvre, Jean Monneret,  François Meyer et d'autres à votre convernance.
Je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments dévoués.
 
Maurice Faivre
membre de l'Académie des Sciences d'outremer
et de la Commission française d'Histoire militaire
 
SKMBT_C25209071018430
un centre de regroupement
 
 
Contre-vérités
Arrivant à Alger début 1959, M. Rocard visite 15 centres de regroupement et fait le constat d'un enfant mort tous les deux jours.
Faisant une péréquation non scientifique, il en conclut au décès de 150 à 200.000 enfants (contraire aux statistiques démographiques). Il communique  son rapport au ministre de la Justice (E. Michelet), qui le fait publier par le Monde.
Or il y avait à l'époque 900 regroupements, qui avaient été contrôlés par 5 inspecteurs généraux. Delouvrier fait une conférence de presse le 16 mai affirmant que "le document publié a été rédigé par un fonctionnaire qui n'avait pas reçu mandat de le faire, et que la mortalité dans les regroupements était inférieure à celle que l'on enregistrait auparavant dans les mechtas".
Il écrit en août à la LDH Paris que "ce rapport constitue une information partielle, dont les conclusions n'ont pas été reprises".
Il n'y a aucune trace dans les archives d'un crédit de 100 millions qui aurait été débloqué grâce à Michel Rocard. Delouvrier, patron du plan de Constantine, disposait de 5 milliards et n'avait pas n'avait pas besoin d'un crédit exceptionnel.
Le rapport Rocard a été très apprécié du FLN, des pays du Tiers monde et des complices français de la rébellion.
Pour plus de détails, voir Les mille villages de Delouvrier, Edit. L'Esprit du Livre, 2009, p. 135.
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mercredi 25 janvier 2012

la fin de la guerre d'Algérie, par Guy Pervillé

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 la fin de la guerre d’Algérie

 Guy PERVILLÉ

article censuré par la Direction des Archives de France

 

L'historien Guy Pervillé a été censuré par les Archives de France. Voici le texte et le témoignage de l'auteur.

J’ai été contacté depuis plus d’un an (novembre 2010) par le directeur chargé des Archives de France, afin de rédiger un article, le plus objectif possible, sur la fin de la guerre d’Algérie dans la publication annuelle du ministère de la Culture et de la communication, intitulée "Commémorations nationales 2012".

J’ai envoyé cet article à la date prévue, et accepté quelques corrections mineures, avant d’envoyer mon texte définitif le 17 juin 2011. Puis j’ai appris, un peu avant Noël, que mon texte avait été amputé des quatre cinquièmes sans que je sois consulté, et qu’il paraîtrait sans ma signature.

En effet, le texte publié à la page 56 tient en une vingtaine de lignes (la bibliographie que j’avais fournie se trouve néanmoins à la page 281). Je publie donc ici mon texte complet, pour que chacun puisse juger du procédé, c’est-à-dire de ce qui s’avère être le premier acte de censure que j’aie subi en plus de quarante ans de carrière.

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la délégation algérienne à Évian

 

1962

La guerre d’Algérie se termina en 1962, puisque la France finit par reconnaître l’indépendance du pays revendiquée depuis le 1er novembre 1954 par le Front de libération nationale (FLN), mais on ne peut pas indiquer une date plus précise. En effet, la fin de cette guerre impliquait trois critères généralement confondus, mais qui sont restés distincts : la fin des hostilités entre le FLN et la France ; la reconnaissance d’un État algérien par la France ; la formation d’un gouvernement algérien capable d’incarner cet État.

La fin des hostilités entre le FLN et la France fut la conséquence des accords d’Évian signés le 18 mars 1962 par les représentants du gouvernement français et ceux du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Ces accords prévoyaient : la formation d’un État algérien au terme d’une période transitoire de trois à six mois (durant laquelle l’Algérie resterait gouvernée par le haut commissaire de France coopérant avec un exécutif provisoire franco-algérien désigné d’un commun accord) ; la formation du futur État par un processus démocratique d’autodétermination garantissant les droits de tous ses habitants ; et les principes des futures relations de coopération entre les deux États. Au terme de cette période, un référendum devait créer l’État algérien et ratifier en son nom les accords d’Évian. En conséquence, un cessez-le-feu devait entrer en vigueur le 19 mars à midi.

Le gouvernement français appliqua les accords. Le 8 avril 1962, il les soumit à un référendum en métropole, qui leur donna une ratification éclatante par une très grande majorité des électeurs (64,8% des inscrits et 90,6% des suffrages exprimés). Dès la proclamation officielle des résultats, le 13 avril, fut installé à Rocher Noir l’Exécutif provisoire franco-algérien présidé par Abderrahmane Farès ; et à Paris, le Premier ministre Michel Debré démissionna le 14 et fut remplacé par Georges Pompidou, alors considéré comme un simple exécutant de la politique du président Charles de Gaulle. Le 15 mai, la date du référendum algérien fut avancée au 1er juillet, et ses résultats, ratifiant massivement les accords d’Evian (par 91,23% des inscrits et 99,72% des suffrages exprimés, furent proclamés le 3 juillet.

 

OAS

Mais l’Organisation armée secrète (OAS) avait répondu à l’annonce du cessez-le-feu en intensifiant son action violente contre le FLN et contre les forces gouvernementales. Elle aboutit à un désastre pour la population française d’Algérie (fusillade sanglante de la rue d’Isly, commise par un barrage de tirailleurs contre la foule manifestant en faveur de la population de Bab-el-Oued le 26 mars à Alger), mais l’OAS, bien qu’affaiblie par plusieurs arrestations (dont celle de son chef le général Salan) intensifia son action terroriste jusqu’en juin. L’organisation d’Alger négocia des accords avec le président de l’Exécutif provisoire et le chef des ses membres FLN (accords Susini-Mostefaï du 17 juin), mais celles d’Oranie et du Constantinois continuèrent leur action presque jusqu’à la veille du référendum.

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"Européens" manifestant et abbatus par des tirs de l'armée française,
rue d'Isly à Alger le 26 mars 1962

 

FLN divisé, enlèvements

Cependant le FLN profita des accords d’Évian pour reconstituer ses forces armées et pour étendre leur autorité sur une grande partie du pays et de sa population. L’armée française s’y opposa jusqu’au 8 mai, puis dut y renoncer. À partir du 17 avril 1962, le FLN déclencha une vague d’enlèvements contre la population française, supposée complice de l’OAS, dans les agglomérations d’Alger et d’Oran, mais aussi dans l’intérieur de ces régions. Le 14 mai, la Zone autonome d’Alger, dirigée par Si Azzedine, rompit ouvertement le cessez-le-feu en déclenchant une série d’attentats. C’est alors que le président de Gaulle, tout en demandant au GPRA de les désavouer, accepta l’avancement de la date du référendum algérien au 1er juillet proposé par l’Exécutif provisoire.

D’autre part, des enlèvements et des massacres avaient été commis après le 18 mars contre d’anciens "harkis", en violation flagrante des clauses d’amnistie des accords d’Évian ; des tracts de l’ALN saisis par l’armée française faisaient craindre qu’une épuration systématique soit déclenchée après le référendum. Le respect de ces accords par le FLN semblait de moins en moins assuré, car le Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA), réuni à Tripoli en mai et juin, les avait qualifiés de "plateforme néo-colonialiste", puis s’était divisé entre les partisans du GPRA présidé par Ben Khedda et ceux de ses opposants rassemblés dans un "Bureau politique" par Ben Bella. Mais pourtant le référendum du 1er juillet eut lieu dans l’enthousiasme avec la participation du FLN faisant campagne pour le oui.

Le 3 juillet, la France reconnut l’indépendance de l’Algérie sous l’autorité de l’Exécutif provisoire, qui devait organiser au plus vite l’élection d’une assemblée constituante souveraine ; mais cet exécutif ne pouvait fonctionner sans l’accord du FLN, lui-même divisé depuis l’échec du CNRA de Tripoli. Le 27 juin, les membres du groupe FLN de l’Exécutif provisoire avaient remis leur démission au GPRA, et le président Farès avait remis sa démission au président Ben Khedda le 3 juillet à Alger, mais il dut rester en place pour assurer la continuité de l’administration. En même temps une lutte pour le pouvoir, jusqu’au bord de la guerre civile, se déclencha entre deux coalitions issues du FLN, reconnaissant l’une le GPRA, l’autre le "Bureau politique" de Ben Bella soutenu par l’Etat-major général de l’ALN (Armée de libération nationale) du colonel Boumediene (destitué par le GPRA le 30 juin).

 

violences meurtrières

Absence d’autorité incontestée et compétition pour le pouvoir déclenchèrent de nouvelles vagues d’enlèvements et de violences meurtrières contre des Français d’Algérie (notamment des centaines d’enlèvements à Oran le 5 juillet) et contre d’anciens "harkis". Les troupes françaises accueillirent et transférèrent en France les fugitifs, mais le gouvernement leur interdit de les rechercher sans l’accord des autorités algériennes.

Cette période d’anarchie prit fin à partir de septembre, avec l’élection d’une Assemblée constituante composée de membres du parti unique FLN, qui reçut le 25 les pouvoirs de l’Exécutif provisoire et du GPRA, et qui investit le 26 un gouvernement présidé par Ahmed Ben Bella. Les enlèvements de Français diminuèrent alors, et les enlevés furent recherchés, mais les massacres d’anciens "harkis" durèrent encore plusieurs mois, et leur emprisonnement, sous prétexte d’assurer leur sécurité, près de dix ans.

 

l'utopie des "accords d'Évian"

Les accords d’Évian, voulus par le gouvernement français comme la "solution du bon sens", se révélèrent donc une utopie, qui échoua à ramener une vraie paix en Algérie. Le "rapatriement" des Français d’Algérie, et celui de "Français musulmans" (que le général de Gaulle ne considérait pas comme de vrais Français) s’imposèrent comme des nécessités. De Gaulle maintint aussi longtemps que possible ce qui restait de la politique de coopération pour éviter la faillite de l’indépendance algérienne, en espérant que la France finirait par en bénéficier un jour.

Guy Pervillé


PS : Je ne suis pas à plaindre, puisque mon site me permet de m’exprimer en toute liberté. Le sont bien davantage les responsables de cette publication officielle qui s’efforcent de la réaliser honnêtement, de façon à lui donner un réel intérêt. Je ne les confonds pas avec ceux qui leur ont imposé cette décision inepte, laquelle ne peut que discréditer injustement leur travail en gâchant une très bonne occasion de tenir un langage de vérité sur un sujet encore douloureux, un demi-siècle après les faits.

J’aurais apprécié que le ou les responsables de cette décision aient eu l’honnêteté et la simple courtoisie de m’informer de leurs raisons, mais il n’en a rien été. C’est donc à ces derniers que je m’adresse pour leur dire à mon tour (comme Maurice Clavel à la télévision le 13 décembre 1971) : "Messieurs les censeurs, bonsoir !"

 

Blog : http://guy.perville.free.fr/spip/article.php3?id_article=266

 

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5 juillet 1962 à Oran

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mardi 24 janvier 2012

date de la fin de la guerre d'Algérie

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19mars1962

 

un amendement rejeté

 

Amendement N°7 relatif au 19 mars

Projet de loi N°4079


mardi 24 janvier 2012

Projet de loi fixant au 11 novembre la commémoration de tous les morts pour la France (n° 4079, déposé le 14 décembre 2011)

Discussion de l’amendement N°7, soutenu par Monsieur Jean-Jacques Candelier [député communiste]

- M. Jean-Jacques Candelier. En cette année 2012, constituant le cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, l’amendement n° 7 prend tout son sens : l’année qui commence sera l’occasion d’honorer à sa juste valeur la mémoire des anciens combattants d’Algérie.

La Nation a le devoir de reconnaître les souffrances endurées et les sacrifices consentis par ses combattants, et d’empêcher qu’ils ne sombrent dans l’oubli. Chaque conflit armé a un début et une fin. Pour consacrer au souvenir des morts et de la paix retrouvée une journée officielle, nous suggérons la reconnaissance du 19 mars comme Journée nationale du souvenir et du recueillement. C’est, en effet, le lundi 19 mars 1962, à midi, que le cessez-le-feu décidé à la suite des accords d’Évian fut appliqué sur tout le territoire algérien.

La date du 5 décembre ne correspond à aucun événement particulier du conflit algérien.

- M. Lionnel Luca. Tant mieux !

- M. Jean-Jacques Candelier. Notre amendement traduit la constance des députés communistes, républicains, citoyens et du parti de gauche à l’égard de la guerre d’Algérie.

Il s’agit aussi de tirer tous les enseignements de cette période de l’histoire de notre pays. En aidant à reconnaître que la France s’est engagée entre 1952 et 1962 dans une véritable guerre, la reconnaissance du 19 mars créerait les conditions d’une meilleure compréhension de la nocivité du colonialisme et du mépris voué aux peuples en lutte pour leur liberté.

- M. le président. Quel est l’avis de la commission ?

- M. Patrick Beaudouin, rapporteur. Monsieur Candelier, la Nation reconnaît déjà les souffrances endurées et les sacrifices consentis par les combattants de la guerre d’Algérie, grâce à la journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie, fixée le 5 décembre par le décret du 26 septembre 2003.

Je rappelle que cette date a été choisie par une commission présidée par l’historien Jean Favier et réunissant les présidents des douze principales associations d’anciens combattants. Par onze voix contre une, la date du 5 décembre a été préférée à celle du 19 mars – date du cessez-le-feu – et à celle du 16 octobre – jour anniversaire de l’inhumation du soldat inconnu d’Alger dans la nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette.

Je ne crois donc pas indispensable, au moment où nous discutons de l’hommage unanime de la France aux morts pour la France, d’ouvrir une fois de plus un chapitre partisan. Comme l’a dit le président d’une grande association nationale, devant un monument aux morts, on ne se divise pas, on se rassemble. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)

- Mme Françoise Hostalier et M. Michel Hunault. Bravo ! Tout est dit !

- M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?

- M. Marc Laffineur, secrétaire d’État. Dans tout débat, monsieur Candelier, mais encore plus dans un débat portant sur la mémoire, nous ne devons penser qu’à une chose : l’unité de la Nation.

- M. Michel Hunault. Très bien !

- M. Marc Laffineur, secrétaire d’État. Si je comprends que certaines associations souhaitent célébrer le 19 mars, je sais aussi que cette date ne peut pas faire l’unanimité.

Après le 19 mars, 75 000 harkis ont été assassinés. La plupart de ces combattants avaient fait partie de l’armée d’Afrique lors de la Seconde Guerre mondiale, ralliés, pour certains, au général Leclerc à N’Djamena, au Tchad.

Après la guerre, une partie des centaines de milliers d’Algériens ayant combattu aux côtés de la France sont restés dans l’armée française, parce qu’ils avaient fait le choix de la France – nombre de leurs pères, de leurs frères, étaient morts pour la France.

Aujourd’hui, nous devons penser à eux. Nous devons nous souvenir qu’ils ont fait un choix difficile, un choix courageux, parce qu’ils avaient toujours combattu aux côtés de la France.

- M. Guy Teissier, président de la commission de la défense. Oui, un choix très courageux !

- M. Marc Laffineur, secrétaire d’État. Comment expliquer à ces personnes que la date retenue pour l’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie est le 19 mars, alors qu’ils ont été dévastés, détruits, à compter de cette date ?

Même ceux qui ont été emmenés en France ont connu une intégration difficile – notre République doit d’ailleurs s’interroger sur la façon dont elle a accueilli ces combattants.

Nous devons également penser aux deux millions de Français appelés les pieds-noirs. Contrairement à ce que vous semblez affirmer, monsieur Candelier, on ne peut assimiler les pieds-noirs à des colonialistes. Bien sûr, certains ont pu tirer profit de la situation. Mais la plupart des personnes qui ont dû quitter l’Algérie étaient des petits commerçants, des fonctionnaires…

- M. Lionnel Luca. Des enseignants !

- M. Marc Laffineur, secrétaire d’État. …des policiers, des gens modestes.

Parmi les pieds-noirs, on a dénombré 1 696 personnes disparues après le 19 mars 1962, sans que l’on puisse jamais savoir ce qu’elles sont devenues. Comment voulez-vous expliquer aux harkis, à ces Français déracinés, arrivés en métropole après avoir tout perdu, que l’on a retenu la date du 19 mars pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie ? Ce n’est pas possible !

Constatant la difficulté à trouver une date de commémoration des morts d’Algérie pour la France, journée d’union nationale et de recueillement, où l’unité de la Nation doit s’exprimer, la commission Favier, réunissant des historiens de toutes tendances ainsi que des associations d’anciens combattants, a finalement retenu la date du 5 décembre, proposée par l’une des associations et adoptée à l’unanimité moins deux voix.

Je vous le répète, nous devons penser à l’unité de notre pays plutôt que de lancer des débats qui ne peuvent que le diviser. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)

L’amendement n° 7 n’est pas adopté.

 

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- lien : le 19 mars 1962 n'est pas la fin de la guerre d'Algérie

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lundi 23 janvier 2012

la valise ou le cercueil

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"la véritable histoire des Français d'Algérie"

film et DVD

 

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- bande annonce du film La valise ou le cercueil

 

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Mlle Bérangère MONTONATI

  Chargée de Communication pour REPORTAGE 34 SARL - Film Historique " LA VALISE OU LE CERCUEIL"

 

   11 route des jardins de Maguelone - 34970 LATTES-Maurin

Contact: 04 67 27 87 26 - Facebook: Charly Cassan

 

E-mail: reportage34@hotmail.fr

 Commande DVD: http://www.amazon.fr/dp/B006FFXJ8O - Association: www.la-valise-ou-le-cercueil.org

 

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Béziers “La valise ou le cercueil”


en version récupération


PATRICK NAPPEZ - Le Midi Libre
12/01/2012, 14 h 55 | Mis à jour le 12/01/2012, 14 h 55
André Troise l’incontrôlable.
André Troise l’incontrôlable. (PIERRE SALIBA)

Avant même sa projection publique et gratuite, le 22 janvier à Zinga Zanga, le film La Valise et le cercueil crée la polémique. Produit avec le soutien d’une association arlésienne d’enfants de Pieds-noirs, ce film est signé Charly Cassan, ancien dirigeant de radios locales, lui-même rapatrié à l’âge de 20 ans, et marqué par le suicide de son père, juste après son arrivée en métropole.

S’il affiche en sous-titre la prétention de raconter “la véritable histoire des Français d’Algérie”, le film est avant tout une somme de témoignages sur les “événements” et sur le retour.

"L’objectif n’est pas de polémiquer mais de témoigner de la souffrance. Charly Cassan et son épouse ont fait un gros travail de recherches en laissant la parole aux victimes" explique Frédéric Gourrier, président de l’association qui diffuse le film.

L’intérêt de ce témoignage a été perçu par plusieurs députés, dont le Biterrois Élie Aboud, président, au sein de l’Assemblée Nationale, du Groupe d’études sur les rapatriés, qui réunit toutes les sensibilités (lire ci-dessous). Une projection au Palais Bourbon est programmée le 8 février, avec l’aval de la présidente de la commission des Affaires culturelles, Michelle Tabarot (UMP-06).

Fort de ces blancs-seings, Élie Aboud dit avoir accepté que l’association organise une séance à Béziers, dont il sera le parrain. Vu ainsi, il n’y a pas de quoi hurler sur les toits, d’autant que le film a déjà été vu dans quarante villes.

"L’objectif n’est pas de polémiquer mais de témoigner de la souffrance"

L’affaire prend néanmoins une autre tournure à Béziers, où tout ce qui touche à la mémoire de l’Algérie française menace de déborder en affrontements. Toujours en cours, le conflit autour de la plaque en hommage aux morts de l’OAS, illustre ce climat tendu où s’opposent les forces politiques, avec une forte implication de l’extrême droite et des communistes, prenant à témoin un Raymond Couderc et un Élie Aboud dans leurs petits souliers. Enjeu : le vote des rapatriés...

Après la “plaque de la discorde”, voici donc “polémique pour une valise” ! Les faits : des tracts circulent en ville, sous la signature d’André Troise, ancien membre de l’OAS et ex-élu du Front national, mais aussi du Conseil national des Français d’Algérie. On n’y fait pas dans la nuance en évoquant "l’ignoble terreur meurtrière du FLN arabo-islamique" ou en accusant De Gaulle d’avoir "financé le éfélène ennemi de la France, de l’Occident et de la chrétienté".

En outre, ces tracts laissent entendre que leurs émetteurs sont organisateurs de la projection, chacun invitant les spectateurs à arborer une “tenue correcte” et les informant que des “contrôles” seraient opérés...

Récupération ? En tout cas, cette “littérature” embarrasse Frédéric Gourrier, d’autant plus que Troise apparaît dans le film comme témoin. "Le problème c’est que nous sommes une petite structure et qu’on ne peut pas tout contrôler. On s’est fait déborder par André Troise que nous cherchons à joindre en vain", selon Frédéric Gourrier.

Mais pour le diffuseur du film, il ne saurait y avoir d’ambiguïté : "Notre propos n’est pas de justifier ce qu’a fait l’OAS, mais de montrer ce qu’il s’est passé. À ce titre, André Troise a une part de souffrance à exprimer en tant que mutilé. Pour autant, on ne peut pas tout excuser". Pas d’ambiguïté donc, mais un sacré pataquès à la Biterroise.

 Patrick Nappez, Le Midi Libre, 12 janvier 2012

 

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DATES PROJECTIONS DU FILM « LA VALISE OU LE CERCUEIL »

 

- le Vendredi 20 Janvier 2012 – 18h – Centre d’Animation Municipale – 21 Av Général de Gaulle – 13340 ROGNAC – Organisée par l’association « la valise ou le cercueil »

- le Dimanche 22 Janvier 2012 – 15h – salle ZINGA ZANGA – traverse de Colombiers – 34 500 BEZIERS – organisée par l’association « LA VALISE OU LE CERCUEIL »

- le Samedi 28 janvier 2012 – 14h – Salle JEAN-PIERRE MIQUEL – 98 RUE DE Fontenay – 94300 VINCENNESRENCONTRE INTERNATIONAL DU CINEMA DE PATRIMOINE ET HENRI LANGLOIS

- le Jeudi 2 Février 2012 – 18h30 – Cinéma – 82000 MONTAUBAN – Organisée par le Cercle Algérianiste de Tarn et Garonne en partenariat avec la Mairie

- le Samedi 11 Février 2012 – 15h – Restaurant le SAINT-JACQUES - avenue Jean Monnet - 47000 AGEN – Organisée par l’association « recours 47 »

- le Samedi 18 Février 2012 – 9h30 – cinéma LE CAPITOLE – 161 avenue ST TRONQUET – 84 130 LE PONTET - Organisée par le CERCLE ALGERIANISTE DU GRAND AVIGNON ET DES PAYS DE VAUCLUSE

- le Samedi 18 Février 2012 -15h- salle TINEL - château de FARGUES - 84 130 LE PONTET - Organisée par le CERCLE ALGERIANISTE DU GRAND AVIGNON ET DES PAYS DE VAUCLUSE

- le Samedi 18 février 2012 – 14h et 20h – L’ATHENEE MUNICIPAL – Place St Christoly – 33000 BORDEAUX

- le Dimanche 19 Février 2012 –L’Athénée Municipal - 64500 ST JEAN DE LUZ

- le Samedi 10 Mars 2012 - 18h - Salle de Projection du FORUM CASINO - 83 000 HYERES - CERCLE ALGERIANISTE de HYERES

- le Samedi 10 Mars 2012 – après midi – Salle Haroun TAZIEFF – Rue FARNERIE – 26000 VALENCE – Organisée par le cercle Algérianiste de Valence

- le Dimanche 11 Mars 2012 – 15h – Salle de COURPOUYRAN – chemin du Grand Chêne 34990 JUVIGNAC – Organisée par l’Office du Tourisme de Juvignac

- le Samedi 24 Mars 2012 – (Horaire et lieu prochainement) - 04200 SISTERON

- le Dimanche 25 Mars 2012 – 14h30 et 17h30 – Auditorium Espace Hiller – 113 Bd Vivier Merle – 69003 LYON – Organisée par l’Association « LA VALISE OU LE CERCUEIL » - renseignements : 06.60.90.52.21

- Le Samedi 5 Mai 2012 – 15h – Salle des Fête – Grandfonds – 47240 CASTELCULIER – Organisée par l’Amicale des Pieds Noirs 47

- Le Samedi 19 Mai 2012 - 15h - RESIDENCE LES CYCLADES - 393 Avenue de Melgueil - 34280 LA GRANDE MOTTE - Organisée par l’Amicale des Pieds-Noirs Sainte Barbe du tlelat

- le Samedi 26 Mai 2012 - 17h - Salle Grand Séminaire - place RIQUET - 07 220 VIVIERS (Rhône-Alpes) ASSOCIATION « L’ALMA LE CORSO »

- le Mercredi 30 Mai 2012 -17h - Auditorium ST-EXUPERY du centre culturel - 83 700 ST-RAPHAËL - Organisée par le Cercle Algérianiste de FREJUS

- le Samedi 16 Juin 2012 - 14h - Salle AMPHITEATRE - place GRIBALDI - 06 300 NICE

- le Samedi 23 Juin 2012 - 17h30 - Hôtel NOVOTEL  Auditorium ATRIA à 30 000 NÎMES

- le Samedi 30 Juin 2012 - 15h et 21h - Cinéma la licorne à 06 400 CANNES

- le Samedi 30 Juin 2012 – 15h – Auditorium « LE PHARO » - 58 bd Charles-Livon – 13007 MARSEILLE – Organisée par l’association « ANRO »

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dimanche 22 janvier 2012

les décès dus à la manifestation du 17 octobre 1961

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 les victimes du 17 octobre 1961 ?

selon Jean-Luc EINAUDI

 

Liste des victimes de la répression de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris sous les ordres de Maurice Papon, préfet de police.

Source : Jean-Luc Einaudi : La bataille de Paris, Seuil, 1991, ISBN : 978-2-02-091431-4

En 1997, devant la Cour d’assises de Bordeaux, Jean-Luc Einaudi a témoigné sur le 17 octobre 1961 lors du procès intenté à Maurice Papon pour son action de 1942 à 1944. Il a présenté une liste de 73 tués et de 67 disparus.

Source : Cercle Bernard-Lazare de Grenoble.

On trouve également cette liste sur le site consacré au procès de Maurice Papon par la section de Toulon de la Ligue des Droits de l'homme : "les 140 Algériens disparus en 1961 à Paris".

 

Tués

1

Abadou Abdelkader

noyé, date indéterminée

2

Abadou Lakhdar

noyé le 17/10/1961

3

Abbas Ahmed

arrêté le 10/10/1961, inhumé le 09/12/1961

4

Achermanne Lamara

tué le 17/10/1961

5

Adrard Salah

tué le 17/10/1961

6

Ait Larbi Larbi

tué le 17/10/1961

7

Akkache Amar

tué le 28/09/1961

8

Alhafnaoussi Mohamed

retiré de la Seine le 17/09/1961

9

Achrab Belaïd

tué le 18/10/1961

10

Barache Rabah

retrouvé noyé le 30/09/1961

11

Bedar Fatima

noyée, repêchée le 31/10/1961

12

Bekekra Abdelghani

tué par balles, date indéterminée

13

Belkacemi Achour

tué par balles le 18/10/1961, inhumé le 7/11/1961

14

Benacer Mohand

tué le 8/10/1961

15

Bennahar Abdelkader

tué par balles, date indéterminée, inhumé le 7/11/1961

16

Bouchadou Lakhdar

noyé, retiré de la Seine le 21/10/1961

17

Bouchebri

arrêté le 2/10/1961, décès annoncé le 12/10/1961

18

Bouchrit Abdallah

tué par balles, date indéterminée

19

Boussouf Achour

noyé le 7/10/1961, inhumé le 17/10/1961

20

Chabouki Kassa

arrêté le 25/09/1961, repêché le 29/09/1961

21

Chamboul Abdelkader

tué le 2/10/1961

22

Chaouch Raba

tué par balles, date indéterminée

23

Chemloul Amrane

tué le 3/10/1961

24

Chevalier Guy

tué le 17/10/1961

25

Dakar Ali noyé

date indéterminée

26

Dalouche Ahmed

tué par balles, inhumé le 12/12/1961

27

Daoui Si Mokrane

tué le 17/10/1961

28

Derouag Abdelkader

noyé le 17/10/1961

29

Deroues Abdelkader

tué le 17/10/1961, inhumé le 31/10/1961

30

Djebali Mohamed

arrêté le 15/09/1961, tué, date indéterminée

31

Douibi Salah

tué le 17/09/1961

32

Ferdjane Ouali

noyé le 14/10/1961

33

Ferhat Mohamed

tué par balles, date indéterminée

34

Gargouri Abdelkader

tué par balles, date indéterminée, inhumé le 10/11/1961

35

Garna Brahim

tué le 18/10/1961

36

Guenab Ali

arrêté et tué le 3/10/1961

37

Guerral Ali

tué par balles, date indéterminée

38

Habouche Belaïd

tué le 22/09/1961

39

Haguam Mohamed

noyé, date indéterminée

40

Hamidi Mohand

tué le 11/10/1961, inhumé le 18/10/1961

41

Hamouda Mallak

tué le 11/10/1961

42

Houbab Lakdhar

noyé le 17/10/1961

43

Kara Brahim

blessé le 18/10/1961, mort le 21/10/1961, inhumé le 9/11/1961

44

Kelifi

repêché le 30/10/1961

45

Kouidji Mohamed

date indéterminée

46

Lamare Achemoune

tué le 17/10/1961

47

Lamri Dahmane

tué le 5/10/1961

48

Laroussi Mohamed

noyé, date indéterminée

49

Lasmi Smail

tué le 08/10/1961; inhumé le 10/11/1961

50

Latia Younès

noyé le 06 ou 07/09/0961

51

Loucif Lakhdar

noyé, date indéterminée

52

Mallek Amar

arrêté le 17/10/1961, décès annoncé le 21/10/1961

53

Mamidi Mohand

tué le 11/11/1961

54

Mehdaze Cheriff

tué le 27/09/1961

55

Marakeb Mohamed

tué le 02/09/1961, repêché le 10/10/1961, inhumé le 21/10/1961

56

Merraouche Moussa

tué le 10/10/1961

57

Messadi Saïd

tué le 27/09/1961

58

Meziane Akli

tué le 17/10/1961, inhumé le 25/10/1961

59

Meziane Mohamed

tué le 17/10/1961

60

Ouiche Mohamed

tué le 24/09/1961

61

Saadadi Tahar

date indéterminée

62

Saidani Saïd

tué le 17/10/1961

63

Slimani Amar

date indéterminée

64

Smail Ahmed

tué le 27/09/1961

65

Tarchouni Abdelkader

tué le 09/10/1961

66

Teldjoun Aïssa

noyé, date indéterminée

67

Telemsani Guendouz

tué le 17/10/1961, inhumé le 04/11/1961

68

Theldjoun Ahmed

tué le 18/10/1961

69

Yahlaoui Akli

tué par balles, inhumé le 07/11/1961

70

Yahlaoui Larbi

tué le 17/10/1961

71

Zebir Mohamed

tué par balles, inhumé le 07/11/1961

72

Zeboudj Mohamed

tué le 11/09/1961

73

Zeman Rabah

tué le 11/09/1961

Disparus

1

Abbes Si Ahmed

18/10/1961

2

Achak Elkaouari

18/10/1961

3

Adjenec Hocine

date indéterminée/10/1961

4

Aisani Mohamed

17/10/1961

5

Aitzaid Mehena

17/10/1961

6

Aillou Saïd

29/09/1961

7

Aoumar Saïd

17/10/1961

8

Arabi Achour

17/10/1961

9

Baali Abdelaziz

17/10/1961

10

Belahlam Rabah

date indéterminée/10/1961

11

Belhouza Areski

date indéterminée

12

Ben Abdallah Mohamed

17/10/1961

13

Ben Abdel Halim

17/10/1961

14

Benouagui Omar

20/10/1961

15

Berbeha Rabah

18/10/1961

16

Bouchouka

date indéterminée

17

Boukrif Saïd

17/10/1961

18

Boulemkahy Abdellah

17/10/1961

19

Boumeddane Rabah

17/10/1961

20

Boussaid Ahmed

17/10/1961

21

Chaouche Rabah

17/10/1961

22

Cheili Lounis

date indéterminée

23

Chemine Azouaou

17/10/1961

24

Cherbi Areski

17/10/1961

25

Dehasse Aïssa

10/10/1961

26

Drif Akli

17/10/1961

27

Fares Mohamed

17/10/1961

28

Ferhi Saïd

10/10/1961

29

Gacem Abelmadjid

17/10/1961

30

Ghezali Ahcene

date indéterminée/10/1961

31

Gides Lakhdar

17/10/1961

32

Guattra Ali

17/10/1961

33

Hadj Ali Saïd

17/10/1961

34

Harndani Hocine

17/10/1961

35

Hamidi Titouche

26/10/1961

36

Ioualalene Kassi

17/10/1961

37

Izerou Saïd

17/10/1961

38

Kalfouni Ahmed

18/10/1961

39

Kakhal Ahmed

21/10/1961

40

Kettfa Mohamed

17/10/1961

41

Khadraoui Mohamed

17/10/1961

42

Halfi Ahmed

23/10/1961

43

Khlifi Ahmed

18/10/1961

44

Laazizi Cherif

17/10/1961

45

LamChaichi M'hamed

18/10/1961

46

Medjahi Abdelkader

17/10/1961

47

Mermouche Rabah

18/10/1961

48

Messaoudi Saïd

17/10/1961

49

Meszouge

17/10/1961

50

Metraf Chabane

18/10/1961

51

Milizi Hocine

17/10/1961

52

Moudjab Mohamed

15/10/1961

53

Ould Saïd Mohamed Saïd

17/10/1961

54

Ouzaid Mohand

17/10/1961

55

Reffas Mohamed

14/10/1961

56

Sadi Mohamed

22/09/1961

57

Salhi Djeloule

17/10/1961

58

Si Amar Akli

18/10/1961

59

Slaman Rachid

20/10/1961

60

Soualah Mustapha

17/10/1961

61

Tebal Tahar

date indéterminée/10/1961

62

Yali Amrane

20/10/1961

63

Yanath Mani

fin/10 début/11/1961

64

Yekere Chabane

17/10/1961

65

Yosfi Mabrouk

17/10/1961

66

X, domicilié 121 rue georges Triton, Gennevilliers

17/10/1961

67

X, domicilié 37 av Lot-Communaux, Gennevilliers

17/10/1961

 

 source 1 - source 2

794874_guerre-d-algerie-manifestants-expulsion

 

commentaire

"tués"

Dans la liste des "73 "tués" le 17 octobre 1961, produite par Jean-Luc Einaudi, on compte 17 morts le jour même. 28 sont décédés antérieurement à cette manifestation. 10 sont morts postérieurement à cette date. 18 sont notés morts à une date indéterminée.

On ne peut donc imputer tous ces décès à la seule manifestation du 17 octobre, en particulier ceux morts antérieurement, ni ceux ceux dont la date ne peut être fixée. Comme on ne peut déterminer qui sont les auteurs des assassinats. La police bien sur, mais on sait aussi que le FLN a réglé des comptes.

"disparus"

Sur un total de 67 "disparus" fournis par Jean-Luc Einaudi, on rencense : 38 disparus le 17 octobre 1961, 4 disparus antérieurement à cette date, 18 après, et 7 à une date indéterminée.

On ne peut donc parler de "centaines" de morts" à l'occasion du 17 octobre 1961 ni imputer tous ces décès avec certitude à la seule police française.

L'historien Jean-Paul Brunet a affirmé : "Si l’on se limite à la répression des manifestations des 17 et 18 octobre, je suis parvenu, et sans avoir été démenti par aucune nouvelle étude, à une évaluation de plusieurs dizaines (de 30 à 50, en comptant large". (source)

Michel Renard

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