Diapositive1



quelques livres d'histoire coloniale

pour les vacances


(suspension estivale de la publication d'articles)



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- Pour en finir avec la repentance coloniale, Daniel Lefeuvre, Flammarion, septembre 2006.

Après celle de la guerre d'Algérie, une nouvelle génération d'anticolonialistes s'est levée, qui mène combat pour dénoncer le péché capital que nous devons tous expier : notre passé colonial, à nous Français. Battons notre coulpe, car la liste de nos crimes est longue Nous avons pressuré les colonies pour nourrir notre prospérité, les laissant exsangues à l'heure de leur indépendance ; nous avons fait venir les "indigènes" au lendemain des deux guerres mondiales pour reconstruire la France, quitte à les sommer de s'en aller quand nous n'avions plus besoin d'eux ; surtout, nous avons bâti cet empire colonial dans le sang et les larmes, puisque la colonisation a été rien moins qu'une entreprise de génocide : Jules Ferry, c'était, déjà, Hitler ! Contrevérités, billevesées, bricolage... voilà en quoi consiste le réquisitoire des Repentants, que l'auteur de ce livre, spécialiste de l'Algérie coloniale et professeur d'histoire à l'université Paris-8, a entrepris de démonter, à l'aide des bons vieux outils de l'historien - les sources, les chiffres, le contexte. Pas pour se faire le chantre de la colonisation, mais pour en finir avec la repentance, avant qu'elle transforme notre Histoire en un album bien commode à feuilleter, où s'affrontent les gentils et les méchants.

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- Dictionnaire de la colonisation française, dir. Claude Liauzu, Larousse, avril 2007.

Jamais la colonisation, un demi-siècle après les guerres d'Indochine et d'Algérie, jamais l'esclavage - 150 ans après l'abolition - n'ont été aussi présents dans la vie publique. Le temps des colonies apparaît comme un passé qui ne passe pas, l'enjeu de conflits de mémoires, sur fond de malaise de la mémoire officielle. Ce dictionnaire veut être pour un large public, loin de tout manichéisme, un ouvrage de référence en présentant des informations sûres, les débats et les points de vue représentatifs des études françaises et étrangères, les renouvellements des connaissances. Il étudie les aspects multiples de la situation coloniale qui a imprimé sa marque dans les domaines les plus divers. Comment comprendre notre monde sans donner toute sa place à ce phénomène majeur ?

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- Les Africains et la Grande Guerre : l'appel à l'Afrique (1914-1918), Marc Michel, Karthala, 2003.

Pendant la Grande Guerre, 200 000 "Sénégalais" d'AOF ont servi la France, plus de 135 000 sont venus combattre en Europe,30 000 d'entre eux, soit un sur cinq, n'ont jamais revu les leurs... Dans le malheur de la guerre, ces sacrifiés ne le furent ni plus ni moins que leurs frères d'armes, les fantassins de la métropole. Néanmoins, leur sacrifice constitue encore aujourd'hui un élément très sensible des relations entre la France et l'Afrique. La "cristallisation" des pensions, autrement dit le gel de la dette contractée par la métropole, reste au coeur du contentieux. C'est l'histoire de cet engagement des Africains au service de la France que retrace d'abord ce livre.

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Tananarive (Madagascar), bibliothèque du Gouvernement général, 1930/1947
source : base Ulysse du Centre des Archives d'outre-mer

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- Les médecins français au Maroc, combats en urgence (1912-1956), Marie-Claire Micouleau-Sicault, L'Harmattan, 2000.

De 1912 à 1956 la présence française au Maroc a représenté pour de jeunes médecins qui commençaient leur carrière, l'accomplissement d'un destin qu'ils consacrèrent avec passion au soulagement des souffrances de populations décimées par les épidémies et la malnutrition infantile. Cette histoire est celle de l'aventure extraordinaire de ces jeunes équipes médicales qui ont su construire au Maroc un vrai réseau sanitaire, dans le respect de la culture et des traditions du pays.

Marie-Claire Micouleau-Sicault - Née à Rabat, professeur de Lettres classiques, fille du Dr G. Sicault, directeur de la santé publique au Maroc sous le Protectorat, j'ai été témoin de la création de la première politique de santé publique du tiers-monde.

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- Sétif, 1945 : histoire d'un massacre annoncé, Jean-Louis Planche, Perrin, 2006.

Le 8 mai 19445, deux faits mineurs survenus à Sétif et à Guelma déclenchent le plus grand massacre de l'histoire de la France contemporaine, en temps de paix : au moins 20 000 et probablement 30 000 Algériens sont tués par les Européens. Grâce au dépouillement des archives des ministères de l'Intérieur, de la Guerre et de Matignon, à de multiples entretiens avec des témoins, des acteurs et des journalistes, l'historien Jean-Louis Planche reconstitue le processus de cette "Grande Peur", survenue dans le département d'Algérie le moins politisé. Il montre, à l'origine, l'imbrication entre les conséquences immédiates de la guerre mondiale (notamment la présence américaine), les ravages du marché noir qui a déstructuré la société coloniale et une épuration politique manquée. Il explique comment on passe d'une psychose complotière à une peur de l'insurrection générale, puis à une répression aveugle. Il analyse le rôle des partis politiques prompts à instrumentaliser l'affaire, au moment où ils se déchirent pour le contrôle du pouvoir dans la France d'après guerre. Résultat : deux mois tragiques pour le Constantinois et une chape de plomb qui, soixante ans après, continue de peser sur les relations franco-algériennes et de hanter la mémoire nationale. Ce livre lève enfin le voile.

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- Le vent des mots, le vent des maux, le vent du large, Jean-Pierre Renaud, éd. JPR, 2006. -  Courriel des éditions JPR : commande@editionsjpr.fr

Ancien élève de l'École nationale de la France d'Outre-Mer (ENFOM) et ancien haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur, Jean-Pierre Renaud publie Le vent des mots, le vent des maux, le vent du large. Dans cet ouvrage de 553 pages, l'auteur expose le rôle de la communication et des communications dans les conquêtes coloniales de la France entre 1870 et 1900 (Afrique, Tonkin, Madagascar en terminant par Fachoda). À chacune des étapes de la colonisation française, il souligne le rôle tantôt auxiliaire, tantôt prépondérant  des moyens de communications.


* Lyautey à propos de la deuxième affaire de Lang Son (1885) : "La moralité, c'est que le télégraphe est un engin dangereux et que le premier acte de tout général en chef qui opère à 3 000 lieues devrait être de couper le fil, aussi bien pour se libérer des harcelantes instructions de la métropole que pour se garantir contre ses propres entraînements."

cité par Jean-Pierre Renaud, op. cit., p. 531

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- Les colonies dans la Grande Guerre. Combats et épreuves des peuples d'outre-mer, Jacques Frémeaux,  éd. Napoléon 1er, 2006.

Entre 1914 et 1918, la nation, plongée dans la Première Guerre mondiale, n'a guère mesuré l'ampleur des efforts et des sacrifices de ce qui était alors son empire colonial. De nos jours encore, ces efforts et ces sacrifices sont largement méconnus. Jacques Frémeaux entend ici remédier à cette
ignorance. Dans les histoires générales de la France contemporaine, l'empire colonial n'occupe le plus souvent qu'une place limitée, circonscrite à quelques paragraphes, au mieux à un chapitre unique. C'est sans doute une preuve des faibles rapports que la masse des Français ont entretenus avec l'épisode colonial. Lorsque la question bénéficie de plus longs développements, c'est, le plus souvent, à l'occasion de débats sur l'immigration en France ou sur le devenir des anciennes colonies, trop actuels pour ne pas biaiser les faits. Il n'est question ni de bâtir une légende dorée, ni de nourrir des rancœurs, mais d'aider, si possible, les descendants des combattants et des travailleurs de toutes origines, à mieux connaître les éléments communs de leur histoire, et, par-delà les clichés et les caricatures, à mieux se comprendre.

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1796

- Les Instituts coloniaux et l'Afrique, 1893-1940. Ambitions nationales, réussites locales, Laurent Morando, Karthala, mai 2007.

De nombreux ouvrages et travaux historiques sont parus en France et à l'étranger depuis plus de trente ans concernant l'idée coloniale en France. Ils concernent presque exclusivement les institutions parisiennes du "parti colonial" : groupes coloniaux de la Chambre des députés et du Sénat, différents comités, Union coloniale et associations de moindre importance. Parallèlement à ces associations parisiennes, des Instituts coloniaux sont créés en province à Marseille (1893). Bordeaux (1901), Nancy (1902), Nice (1927), le Havre (1929) et Montpellier (1931). Les Chambres de commerce de Lyon et Nantes créent en 1899 et en 1902 des enseignements coloniaux supérieurs. L'Institut colonial français fondé en 1920 est la seule création parisienne. Ces Instituts coloniaux n'ont fait l'objet que d'études ponctuelles ou partielles. A part l'Institut colonial français, ces associations locales, créées le plus souvent par leurs chambres de commerce respectives, ont été au service des intérêts commerciaux et industriels métropolitains en relation avec l'outre-mer. Leur objectif fut de développer la propagande en faveur de l'Empire colonial français et de favoriser sa mise en valeur rationnelle. Ces institutions, très inégales par leurs moyens, leurs structures et leurs rayonnements, ont été des centres de documentation administrative et économique, de propagande, de recherches scientifiques et techniques, ainsi que de réflexion sur les doctrines de la mise en valeur économique de l'Empire colonial français. Leur vocation, essentiellement pratique, a été à la fois universitaire, commerciale et industrielle. Quelles ont été les continuités, les évolutions et les ruptures qui ont jalonné le parcours des Instituts coloniaux ? Quelle hiérarchie peut-on établir concernant leurs moyens, leurs structures, leurs spécialisations et la puissance de leur rayonnement ? Sont-ils parvenus à susciter l'adhésion d'une majorité de Français à l'idée coloniale ? Les ont-ils fait accéder à une véritable "conscience impériale" ? Ont-ils été capables d'orienter ou même de définir des choix nationaux favorables à l'impérialisme colonial ?

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