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études-coloniales
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24 mars 2019

Comment l'Algérie devint française, de Georges Fleury

Comment l'Algéri devint française, Georges Fleury, couv

 

 

Comment l'Algérie devint française

un livre de Georges Fleury

 

Tout commence le 30 avril 1827 par les célèbres trois coups d'éventail que le dey Hussein donne, au cours d'une audience, au consul de France, Pierre Deval. À l'origine de ce geste, une dette non réglée par la France, et la piraterie incessante menée par les Barbaresques, encouragée en sous-main par le dey.

Après la rupture des relations diplomatiques, l'escalade est rapide : blocus d'Alger par la marine française, destruction de comptoirs par le dey. Décision est prise d'envahir l'Algérie et, le 5 juillet 1830, l'escadre commandée par l'amiral Duperré et l'armée du général de Bourmont s'emparent d'Alger. La Régence est supprimée, signant l'effondrement de la présence turque vieille de plusieurs siècles.

D'abord accueillis comme des libérateurs par la population, les Français ne tardent pas à rencontrer une résistance d'abord sporadique d'émirs locaux, puis bien organisée en la personne d'Abd el-Kader, "le serviteur du Tout-Puissant", vingt-deux ans, qui descend en ligne directe de Mahomet. Sa haine du régime turc, son prestige et son autorité morale font de lui le seul émir capable d'unir les clans.

Abd el-Kader engage la lutte contre les Français avec des succès divers. Les hésitations de la politique coloniale française expliquent que le général Desmichels puisse signer un traité avec lui, en 1834, lui reconnaissant une souveraineté sur une partie importante du pays. La France ayant opté pour une occupation partielle de l'Algérie, le traité de la Tafna, en 1837, confirme la souveraineté d'Abd el-Kader sur les deux tiers du territoire.

La guerre ne tarde pas à reprendre à cause de l'extension de la présence française. Malgré son acharnement, Abd el-Kader ne peut résister aux colonnes expéditionnaires du " père Bugeaud ", gouverneur de l'Algérie de 1841 à 1847. En 1843, la prise de sa smala par le duc d'Aumale signe le début de la fin. L'Algérie devient française. Commencent alors cent quinze ans de colonisation, de passions et de guerres...

 

 

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Commentaires
B
Pour rebondir sur le commentaire de Manolo, la notion de "local" est en effet toujours à prendre avec des pincettes...surtout quand on voit le brassage des populations et des cultures que l'histoire nous a légué, ici et là. D'où la nécessité de contextualiser la colonisation occidentale en la mettant en regard avec toutes les autres colonisations pratiquées par d'autres pays ou d'autres cultures, en particulier celles pratiquées au sein des espaces colonisés par l'Occident qui ne furent jamais vierges de contacts (ou de conflits) antérieurs à l'arrivée des premiers Occidentaux (dits "Blancs" dans le discours militant postcolonial). Sans parler, bien sûr, des espaces réellement vierges (îles, par exemple) de tout peuplement humain....
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B
J'évoque bien, en effet, la période abordée par cet article. Je ne fais donc pas d'anachronisme, comme le font les militants de tous bords (postcoloniaux anti-occidentaux, ou nostalgiques de la colonisation), c'est à dire, grosso modo, le 19ème et première moitié du 20ème siècles. Pour ce qui est de notre actualité, on peut bien en effet affirmer que nous vivons une période faste en paix et en confort dans nos régions développées d'Occident (ou même de l'OCDE): mais il me semble que ce n'est pas ce sujet là qui est abordé dans l'article....Quant à l'Islam , c'est encore un autre sujet, qui mélange religion et manipulations politiques en tous genres: et sur ce point là, même le Bouddhisme est atteint (voir la crise des Rohingya au Myanmar (Birmanie). Maladie du mélange propre aux religions et autres idéologies qui n'a pas épargné le christianisme, en d'autres temps....
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B
"Massacres réels et non présumés ; c'est une réalité objective la plupart de ces régions sont soumis à des conflits": certes, mais la France en guerre chronique avec son voisin allemand a entrainé le monde dans 2 conflits mondiaux génocidaires au 20ème siècle qui peuvent difficilement permettre de soutenir l'idée que la France est un havre de paix qu'elle a apporté avec elle dans ses colonies (même si elle a aussi pacifié certaines régions, et apporté plein d'autres choses). C'est d'ailleurs un peu la guerre que la France a exporté dans ses possessions qui ont bel et bien été sollicitées pour participer au carnage européen......Si on fait le compte des massacres et des morts, je ne suis pas sûr que la palme de l'horreur et de la barbarie soit clairement outre-européenne.....
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B
"affrontements présumés et de victimes comme toutes les entités musulmanes (encore aujourd'hui en permanence inter sunites et schites )". Donc, en effet, ces conflits sanglants et dévastateurs, sans la présence française sont avant tout présumés. Mais ,à supposer que cette hypothèse soit fondée, qu'en fut-il réellement de la tranquillité ou de la paix assurées par la présence française? Et, surtout (surtout !) , qu'en fut-il de la tranquillité de la France tout au long du 20ème siècle , Deux guerres mondiales et combien de millions de morts ? La France était-elle en état de servir d'étalon de mesure (au 20ème mais même au 19ème siècle) aux populations locales soucieuses de paix et de prospérité ? Les informations fournies dans ces échanges sont passionnantes: en déduire et soutenir que l'Algérie est une création essentiellement française n'est pas choquant. Mais en déduire autre chose est plus contestable....
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B
Je lis ceci: "que seraient devenus ces territoires sous tutelle Ottomane ...?" Il me semble raisonnable de relativiser un phénomène colonial en l'insérant dans le contexte plus global des relations internationales ou intercommunautaires du moment , pour ne pas sombrer dans une focalisation simpliste (souvent de nature morale ou politique) du phénomène passé décrit.On évite ainsi les jugements post-coloniaux très militants dont les préoccupations sont généralement contemporaines. Je trouve donc risqué, compte tenu des données historiques fournies dans ces échanges, de laisser penser que l'histoire de cette région aurait été plus dramatique sans la présence française, ou que cette dernière était plus légitime que d'autres présences. Et inversement, bien sûr.....
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B
Je lis ceci ; "traité de paix et de commerce, établi en 1802 entre le roi de France Louis 14 et le dey d´Alger." A ma connaissance, à cette date, Louis 14 est déjà mort depuis belle lurette ....
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J
On ne peut refaire l’Histoire mais que seraient devenus ces territoires sous tutelle Ottomane comme tout le Sud méditerranéen après le dépeçage de cet Empire par les puissances gagnantes de 1918 ? comme Palestine,Syrie ,Arabie, Jordanie etc ; constructions laborieuses autours de noyaux institutionnels existants ;donc voir les premiers commentaires de ce "lien"<br /> <br /> http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2012/08/10/24871316.html#comments<br /> <br /> Ensuite pas "d histoire sociale " moderne sans cette colonie de peuplement qui bien que minoritaire (on est pas en Australie où aux Amériques) joua un role capital<br /> <br /> dans l'orientation passée et futur du "Maghreb cental devenu "Algérie" par la grace des PREMIERS ALGERIENS appellés ainsi en 1840 d'origine Européenne' les habitants Musulmans de l'Oranie par ex" les Ben Ganna" du nom de leur Tribu et oui il faut mettre les pendules à l'heure ! Ensuite on ne peut que renouveller notre intervention sur le livre de RENE GALLISSOT (dir.)," Algérie : Engagements sociaux et question nationale. De la colonisation à l’indépendance de 1830 à 1962. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier. Maghreb, Les Éditions de l’Atelier, Le Maitron, Paris, 2006,Specificite Algerienne<br /> <br /> avec nombre de protagonistes présents dans ce dictionnaire que cela plaise où non<br /> <br /> ils sont la grace a la pr2sence d une certaine colonie de peuplement européenne inconnue et impossible a dresser dans des pays arabos musulmans similaires et qui marque indélebilement la terre d Algerie en évoluant vers plus de réalisme devant la marche de l·histoire voir HISTOIRE DE L ALGERIE DEPUIS QUE NOMMEE INTERNATIONALEMENT AINSI<br /> <br /> http://popodoran.canalblog.com/archives/2016/03/08/33482886.html
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B
Contrairement à ce que vous suggérez, Ifriqiya n´a jamais désigné l´Algérie. mais la partie romanisée de l´actuelle Afrique Nord. les Arabes désignait cette partie romanisée le Maghreb (occident). Cet Occident consistait en 3 sous-regions: le Maghreb proche (Régence de Tunis), le Maghreb central(Royaume d´Alger) et le Maghreb extreme(royaume du Maroc). Pour le cas de l´Algérie,elle s´appelait royaume d´Alger comme la France s´appelait autrefois le royaume de France(Royaume dont on sait qu´il fut le théâtre de plusieurs guerres inter-tribales: guerre franco-bretonne, luttes inter-dynastiques carolingiennes, guerre de Bourgogne, guerre de Bretagne,etc., etc.) En accolant deux voyelles au mot Alger pour en faire algerIE (comme pour la Tunisie d´ailleurs), la France n´a aucunement crée ce pays puisqu´il existait- comme je l´ai souligné- sous une autre appellation en l´occurrence Royaume d´Alger, Royaume qui entretenait des relations diplomatiques avec les pays européens, notamment avec la France. Le decoupage administratif de ce pays-là existait déjà et l´administration coloniale n´a fait que procéder à un changement de nom comme elle l´a fait pour le nom du pays: Ainsi, le Beylicat de Constantine est devenu le département de Constantine, le Beylicat d´Oran, le département d´Oran, le beylicat du Titteri, le department du Sahara et le Dar El soltane, le département d´Alger. Meme le royaume de Fes (Maroc) était dépendant du royaume d´Alger. Les territoires sahariens notamment Ouargla, Hassi Messaoud, Hassi Rmel, Ghardaia, El-Oued, etc., relevaient directement du Beylicat du Titteri( Medea). Le royaume d´Alger devenu Algérie était déjà dans ses frontières bien avant la plupart des pays européens. L´autorité du Dey s´étendait à l´Est jusqu´a l´actuelle frontière tunisienne, à l´Ouest (Nord-Ouest) jusqu´a l´actuelle frontière marocaine. Des provinces sahariennes qui dépendaient du bey de Titteri (donc du dey d´Alger) étaient exclues les régions de Tamanrasset, Djanet et Tindouf, çad l´extreme Sud algérien. La superficie du royaume d´Alger représentait les 9/10 de celle de l´Algérie coloniale. Le mots Algerie ou Algerien était loin d´être inconnus en Europe. Les termes "Peuple algerien", "Nation Algerienne", "Etat Algerien" étaient couramment employés en Europe (M. Habart). En Allemagne (pays qui n´a pas de complexe colonial) l´Algérie était désignée par " der algerlsche Staat", çad l´état algérien. Enfin il faut souligner pour les sceptiques qui doutent encore de l´existence d´un veritable état dans le Maghreb central, la signature d´un traité de paix et de commerce, établi en 1802 entre le roi de france Louis 14 et le dey d´Alger. Dans ce traité, les deux parties reconnaissent que "l´état de guerre sans motif et contraire aux intérêts<br /> <br /> des deux peuples". il est clairement fait mention du mot ALGERIE en sept lettres. Entre 1830 et 1962 le peuple algérien a cessé d´existé et cette Algérie coloniale ne fut jamais un état mais une grande exploitation minière et agricole qui faisaient le bonheur des seuls européens et de quelques dizaines de caïds et de bachagas.
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B
Le peuple français est une conception tout a fait récente puisque Louis 14 s´adressait a ses sujets par la formule: "mes chers peuples". C´est vous dire.
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B
Je comprends la démonstration: "une unité politique et térritoriale en Algérie préservée par la colonisation Française". Elle croise ma remarque sur les effets paradoxaux de toutes les colonisations. Mais je pose quand même la question, éclatement de l'empire ottoman ou pas: une autre puissance colonisatrice que la France n'aurait-elle pas, peut-être, engendré le même résultat (affirmation ou consolidation du nationalisme, et de son unité) ? Quant à dire que cet effet paradoxal de la colonisation fut positif, je crois qu'un nationaliste anticolonialiste peut le dire, mais en y mettant un sens différent (sinon opposé) de celui proposé par un projet de loi dans les années 90.
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