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17 avril 2008

Discours sur le colonialisme (Aimé Césaire, 1955)

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Discours sur le colonialisme

Aimé CÉSAIRE (1950) - extraits

 

Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.
Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte.
Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.

Le fait est que la civilisation dite «européenne», la civilisation «occidentale», telle que l’ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, est incapable de résoudre les deux problèmes majeurs auxquels son existence a donné naissance : le problème du prolétariat et le problème colonial ; que, déférée à la barre de la «raison», comme à la barre de la «conscience», cette Europe-là est impuissante à se justifier ; et que, de plus en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins chance de tromper.

L’Europe est indéfendable.
Il paraît que c’est la constatation que se confient tout bas les stratèges américains.
En soi cela n’est pas grave.
Le grave est que «l’Europe» est moralement, spirituellement indéfendable.
Et aujourd’hui il se trouve que ce ne sont pas seulement les masses européennes qui incriminent, mais que l’acte d’accusation est proféré sur le plan mondial par des dizaines et des dizaines de millions d’hommes qui, du fond de l’esclavage, s’érigent en juges.

On peut tuer en Indochine, torturer à Madagascar, emprisonner en Afrique, sévir aux Antilles. Les colonisés savent désormais qu’ils ont sur les colonialistes un avantage. Ils savent que leurs «maîtres» provisoires mentent.
Donc que leurs maîtres sont faibles.
Et puisque aujourd’hui il m’est demandé de parler de la colonisation et de la civilisation, allons droit au mensonge principal à partir duquel prolifèrent tous les autres.

Colonisation et civilisation ?
La malédiction la plus commune en cette matière est d’être la dupe de bonne foi d’une hypocrisie collective, habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les odieuses solutions qu’on leur apporte.
Cela revient à dire que l’essentiel est ici de voir clair, de penser clair, entendre dangereusement, de répondre clair à l’innocente question initiale : qu’est-ce en son principe que la colonisation ? De convenir de ce qu’elle n’est point ; ni évangélisation, ni entreprise philanthropique, ni volonté de reculer les frontières de l’ignorance, de la maladie, de la tyrannie, ni élargissement de Dieu, ni extension du Droit ; d’admettre une fois pour toutes, sans volonté de broncher aux conséquences, que le geste décisif est ici de l’aventurier et du pirate, de l’épicier en grand et de l’armateur, du chercheur d’or et du marchand, de l’appétit et de la force, avec, derrière, l’ombre portée, maléfique, d’une forme de civilisation qui, à un moment de son histoire, se constate obligée, de façon interne, d’étendre à l’échelle mondiale la concurrence de ses économies antagonistes.

Poursuivant mon analyse, je trouve que l’hypocrisie est de date récente ; que ni Cortez découvrant Mexico du haut du grand téocalli, ni Pizarre devant Cuzco (encore moins Marco Polo devant Cambaluc), ne protestent d’être les fourriers d’un ordre supérieur ; qu’ils tuent ; qu’ils pillent ; qu’ils ont des casques, des lances, des cupidités ; que les baveurs sont venus plus tard ; que le grand responsable dans ce domaine est le pédantisme chrétien, pour avoir posé les équations malhonnêtes : christianisme = civilisation ; paganisme = sauvagerie, d’où ne pouvaient que s’ensuivre d’abominables conséquences colonialistes et racistes, dont les victimes devaient être les Indiens, les Jaunes, les Nègres.

Cela réglé, j’admets que mettre les civilisations différentes en contact les unes avec les autres est bien ; que marier des mondes différents est excellent ; qu’une civilisation, quel que soit son génie intime, à se replier sur elle-même, s’étiole ; que l’échange est ici l’oxygène, et que la grande chance de l’Europe est d’avoir été un carrefour, et que, d’avoir été le lieu géométrique de toutes les idées, le réceptacle de toutes les philosophies, le lieu d’accueil de tous les sentiments en a fait le meilleur redistributeur d’énergie.

Mais alors je pose la question suivante : la colonisation a-t-elle vraiment mis en contact ? Ou, si l’on préfère, de toutes les manières d’établir contact, était-elle la meilleure ?
Je réponds non.
Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que, de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne saurait réussir une seule valeur humaine.

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Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et «interrogés», de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.

Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit : «Comme c’est curieux ! Mais, bah ! C’est le nazisme, ça passera !» Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’un Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.

J’ai beaucoup parlé d’Hitler. C’est qu’il le mérite : il permet de voir gros et de saisir que la société capitaliste, à son stade actuel, est incapable de fonder un droit des gens, comme elle s’avère impuissante à fonder une morale individuelle. Qu’on le veuille ou non : au bout du cul-de-sac Europe, je veux dire l’Europe d’Adenauer, de Schuman, Bidault et quelques autres, il y a Hitler. Au bout du capitalisme, désireux de se survivre, il y a Hitler. Au bout de l’humanisme formel et du renoncement philosophique, il y a Hitler.

Et, dès lors, une de ses phrases s’impose à moi :
«Nous aspirons, non pas à l’égalité, mais à la domination. Le pays de race étrangère devra redevenir un pays de serfs, de journaliers agricoles ou de travailleurs industriels. Il ne s’agit pas de supprimer les inégalités parmi les hommes, mais de les amplifier et d’en faire une loi.»

Cela sonne net, hautain, brutal, et nous installe en pleine sauvagerie hurlante. Mais descendons d’un degré.
Qui parle ? J’ai honte à le dire : c’est l’humaniste occidental, le philosophe «idéaliste». Qu’il s’appelle Renan, c’est un hasard. Que ce soit tiré d’un livre intitulé : La Réforme intellectuelle et morale, qu’il ait été écrit en France, au lendemain d’une guerre que la France avait voulue du droit contre la force, cela en dit long sur les mœurs bourgeoises.

«La régénération des races inférieures ou abâtardies par les races supérieures est dans l’ordre providentiel de l’humanité. L’homme du peuple est presque toujours, chez nous, un noble déclassé, sa lourde main est bien mieux faite pour manier l’épée que l’outil servile. Plutôt que de travailler, il choisit de se battre, c’est-à-dire qu’il revient à son premier état. Regere imperio populos, voilà notre vocation. Versez cette dévorante activité sur des pays qui, comme la Chine, appellent la conquête étrangère. Des aventuriers qui troublent la société européenne, faites un ver sacrum, un essaim comme ceux des Francs, des Lombards, des Normands, chacun sera dans son rôle. La nature a fait une race d’ouvriers, c’est la race chinoise, d’une dextérité de main merveilleuse sans presque aucun sentiment d’honneur ; gouvernez-la avec justice, en prélevant d’elle, pour le bienfait d’un tel gouvernement, un ample douaire au profit de la race conquérante, elle sera satisfaite ; une race de travailleurs de la terre, c’est le nègre ; soyez bon pour lui et humain, et tout sera dans l’ordre ; une race de maîtres et de soldats, c’est la race européenne. Réduisez cette noble race à travailler dans l’ergastule comme des nègres et des Chinois, elle se révolte. Tout révolté est, chez nous, plus ou moins, un soldat qui a manqué sa vocation, un être fait pour la vie héroïque, et que vous appliquez à une besogne contraire à sa race, mauvais ouvrier, trop bon soldat. Or, la vie qui révolte nos travailleurs rendrait heureux un Chinois, un fellah, êtres qui ne sont nullement militaires. Que chacun fasse ce pour quoi il est fait, et tout ira bien

Hitler ? Rosenberg ? Non, Renan.

Mais descendons encore d’un degré. Et c’est le politicien verbeux. Qui proteste ? Personne, que je sache, lorsque M. Albert Sarraut, tenant discours aux élèves de l’École coloniale, leur enseigne qu’il serait puéril d’opposer aux entreprises européennes de colonisation «un prétendu droit d’occupation et je ne sais quel autre droit de farouche isolement qui pérenniserait en des mains incapables la vaine possession de richesses sans emploi.»
Et qui s’indigne d’entendre un certain R.P. Barde assurer que les biens de ce monde, «s’ils restaient indéfiniment répartis, comme ils le seraient sans la colonisation, ne répondraient ni aux desseins de Dieu, ni aux justes exigences de la collectivité humaine» ?

Attendu, comme l’affirme son confrère en christianisme, le R. P. Muller : «… que l’humanité ne doit pas, ne peut pas souffrir que l’incapacité, l’incurie, la paresse des peuples sauvages laissent indéfiniment sans emploi les richesses que Dieu leur a confiées avec mission de les faire servir au bien de tous».
Personne.
Je veux dire : pas un écrivain patenté, pas un académicien, pas un prédicateur, pas un politicien, pas un croisé du droit et de la religion, pas un «défenseur de la personne humaine».
Et pourtant, par la bouche des Sarraut et des Barde, des Muller et des Renan, par la bouche de tous ceux qui jugeaient et jugent licite d’appliquer aux peuples extra-européens, et au bénéfice de nations plus fortes et mieux équipées, «une sorte d’expropriation pour cause d’utilité publique», c’était déjà Hitler qui parlait.

Où veux-je en venir ? À cette idée : que nul ne colonise innocemment, que nul non plus ne colonise impunément ; qu’une nation qui colonise, qu’une civilisation qui justifie la colonisation — donc la force — est déjà une civilisation malade, une civilisation moralement atteinte, qui, irrésistiblement, de conséquence en conséquence, de reniement en reniement, appelle son Hitler, je veux dire son châtiment.

Colonisation : tête de pont dans une civilisation de la barbarie d’où, à n’importe quel moment, peut déboucher la négation pure et simple de la civilisation.

J’ai relevé dans l’histoire des expéditions coloniales quelques traits que j’ai cités ailleurs tout à loisir.
Cela n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde. Il paraît que c’est tirer de vieux squelettes du placard. Voire !
Était-il inutile de citer le colonel de Montagnac, un des conquérants de l’Algérie : «Pour chasser les idées qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes, non pas des têtes d’artichauts, mais bien des têtes d’hommes.»

Convenait-il de refuser la parole au comte d’Herisson : «Il est vrai que nous rapportons un plein baril d’oreilles récoltées, paire à paire, sur les prisonniers, amis ou ennemis.»

Fallait-il refuser à Saint-Arnaud le droit de faire sa profession de foi barbare : «On ravage, on brûle, on pille, on détruit les maisons et les arbres.»

Fallait-il empêcher le maréchal Bugeaud de systématiser tout cela dans une théorie audacieuse et de se revendiquer des grands ancêtres : «Il faut une grande invasion en Afrique qui ressemble à ce que faisaient les Francs, à ce que faisaient les Goths.»

Fallait-il rejeter dans les ténèbres de l’oubli le fait d’armes mémorable du commandant Gérard et se taire sur la prise d’Ambike, une ville qui, à vrai dire, n’avait jamais songé à se défendre : «Les tirailleurs n’avaient ordre de tuer que les hommes, mais on ne les retint pas ; enivrés de l’odeur du sang, ils n’épargnèrent pas une femme, pas un enfant… À la fin de l’après-midi, sous l’action de la chaleur, un petit brouillard s’éleva : c’était le sang des cinq mille victimes, l’ombre de la ville, qui s’évaporait au soleil couchant.»

Oui ou non, ces faits sont-ils vrais ? Et les voluptés sadiques, les innombrables jouissances qui vous frisselisent la carcasse de Loti quand il tient au bout de sa lorgnette d’officier un bon massacre d’Annamites ? Vrai ou pas vrai (1) ? Et si ces faits sont vrais, comme il n’est au pouvoir de personne de le nier, dira-t-on, pour les minimiser, que ces cadavres ne prouvent rien ?

Pour ma part, si j’ai rappelé quelques détails de ces hideuses boucheries, ce n’est point par délectation morose, c’est parce que je pense que ces têtes d’hommes, ces récoltes d’oreilles, ces maisons brûlées, ces invasions gothiques, ce sang qui fume, ces villes qui s’évaporent au tranchant du glaive, on ne s’en débarrassera pas à si bon compte. Ils prouvent que la colonisation, je le répète, déshumanise l’homme même le plus civilisé ; que l’action coloniale, l’entreprise coloniale, la conquête coloniale, fondée sur le mépris de l’homme indigène et justifiée par ce mépris, tend inévitablement à modifier celui qui l’entreprend ; que le colonisateur, qui, pour se donner bonne conscience, s’habitue à voir dans l’autre la bête, s’entraîne à le traiter en bête, tend objectivement à se transformer lui-même en bête. C’est cette action, ce choc en retour de la colonisation qu’il importait de signaler.

Partialité ? Non. Il fut un temps où de ces mêmes faits on tirait vanité, et où, sûr du lendemain, on ne mâchait pas ses mots. Une dernière citation ; je l’emprunte à un certain Carl Sieger, auteur d’un Essai sur la Colonisation (2) :
«Les pays neufs sont un vaste champ ouvert aux activités individuelles, violentes, qui, dans les métropoles, se heurteraient à certains préjugés, à une conception sage et réglée de la vie, et qui, aux colonies, peuvent se développer plus librement et mieux affirmer, par suite, leur valeur. Ainsi, les colonies peuvent, à un certain point, servir de soupape de sûreté à la société moderne. Cette utilité serait-elle la seule, elle est immense.»

En vérité, il est des tares qu’il n’est au pouvoir de personne de réparer et que l’on n’a jamais fini d’expier.
Mais parlons des colonisés.
Je vois bien ce que la colonisation a détruit : les admirables civilisations indiennes et que ni Deterding, ni Royal Dutch, ni Standard Oil ne me consoleront jamais des Aztèques et des Incas.
Je vois bien celles — condamnées à terme — dans lesquelles elle a introduit un principe de ruine : Océanie, Nigéria, Nyassaland. Je vois moins bien ce qu’elle a apporté.

Sécurité ? Culture ? Juridisme ? En attendant, je regarde et je vois, partout où il y a, face à face, colonisateurs et colonisés, la force, la brutalité, la cruauté, le sadisme, le heurt et, en parodie de la formation culturelle, la fabrication hâtive de quelques milliers de fonctionnaires subalternes, de boys, d’artisans, d’employés de commerce et d’interprètes nécessaires à la bonne marche des affaires.

J’ai parlé de contact.
Entre colonisateur et colonisé, il n’y a de place que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police, l’impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies.
Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l’homme colonisateur en pion, en adjudant, en garde-chiourme, en chicote et l’homme indigène en instrument de production.

À mon tour de poser une équation : colonisation = chosification.
J’entends la tempête. On me parle de progrès, de «réalisations», de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes.
Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées.

On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer.
Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse.
Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme.

On m’en donne plein la vue de tonnage de coton ou de cacao exporté, d’hectares d’oliviers ou de vignes plantés.
Moi, je parle d’économies naturelles, d’économies harmonieuses et viables, d’économies à la mesure de l’homme indigène désorganisées, de cultures vivrières détruites, de sous-alimentation installée, de développement agricole orienté selon le seul bénéfice des métropoles, de rafles de produits, de rafles de matières premières.

On se targue d’abus supprimés.
Moi aussi, je parle d’abus, mais pour dire qu’aux anciens — très réels — on en a superposé d’autres — très détestables. On me parle de tyrans locaux mis à la raison ; mais je constate qu’en général ils font très bon ménage avec les nouveaux et que, de ceux-ci aux anciens et vice-versa, il s’est établi, au détriment des peuples, un circuit de bons services et de complicité.

On me parle de civilisation, je parle de prolétarisation et de mystification.
Pour ma part, je fais l’apologie systématique des civilisations para-européennes.
Chaque jour qui passe, chaque déni de justice, chaque matraquage policier, chaque réclamation ouvrière noyée dans le sang, chaque scandale étouffé, chaque expédition punitive, chaque car de C.R.S., chaque policier et chaque milicien nous fait sentir le prix de nos vieilles sociétés.
C’étaient des sociétés communautaires, jamais de tous pour quelques-uns.
C’étaient des sociétés pas seulement anté-capitalistes, comme on l’a dit, mais aussi anti-capitalistes.
C’étaient des sociétés démocratiques, toujours.
C’étaient des sociétés coopératives, des sociétés fraternelles.

Je fais l’apologie systématique des sociétés détruites par l’impérialisme.
Elles étaient le fait, elles n’avaient aucune prétention à être l’idée, elles n’étaient, malgré leurs défauts, ni haïssables, ni condamnables. Elles se contentaient d’être. Devant elles n’avaient de sens, ni le mot échec, ni le mot avatar. Elles réservaient, intact, l’espoir.

Au lieu que ce soient les seuls mots que l’on puisse, en toute honnêteté, appliquer aux entreprises européennes hors d’Europe. Ma seule consolation est que les colonisations passent, que les nations ne sommeillent qu’un temps et que les peuples demeurent.
Cela dit, il paraît que, dans certains milieux, l’on a feint de découvrir en moi un «ennemi de l’Europe» et un prophète du retour au passé anté-européen.

Pour ma part, je cherche vainement où j’ai pu tenir de pareils discours ; où l’on m’a vu sous-estimer l’importance de l’Europe dans l’histoire de la pensée humaine ; où l’on m’a entendu prêcher un quelconque retour ; où l’on m’a vu prétendre qu’il pouvait y avoir retour.

La vérité est que j’ai dit tout autre chose : savoir que le grand drame historique de l’Afrique a moins été sa mise en contact trop tardive avec le reste du monde, que la manière dont ce contact a été opéré ; que c’est au moment où l’Europe est tombée entre les mains des financiers et des capitaines d’industrie les plus dénués de scrupules que l’Europe s’est «propagée» ; que notre malchance a voulu que ce soit cette Europe-là que nous ayons rencontré sur notre route et que l’Europe est comptable devant la communauté humaine du plus haut tas de cadavres de l’histoire.

Par ailleurs, jugeant l’action colonisatrice, j’ai ajouté que l’Europe a fait fort bon ménage avec tous les féodaux indigènes qui acceptaient de servir ; ourdi avec eux une vicieuse complicité ; rendu leur tyrannie plus effective et plus efficace, et que son action n’a tendu a rien de moins qu’à artificiellement prolonger la survie des passés locaux dans ce qu’ils avaient de plus pernicieux.
J’ai dit — et c’est très différent — que l’Europe colonisatrice a enté l’abus moderne sur l’antique injustice ; l’odieux racisme sur la vieille inégalité.

Que si c’est un procès d’intention que l’on me fait, je maintiens que l’Europe colonisatrice est déloyale à légitimer a posteriori l’action colonisatrice par les évidents progrès matériels réalisés dans certains domaines sous le régime colonial, attendu que la mutation brusque est chose toujours possible, en histoire comme ailleurs ; que nul ne sait à quel stade de développement matériel eussent été ces mêmes pays sans l’intervention européenne ; que l’équipement technique, la réorganisation administrative, «l’européanisation», en un mot, de l’Afrique ou de l’Asie n’étaient — comme le prouve l’exemple japonais — aucunement liés à l’occupation européenne ; que l’européanisation des continents non européens pouvait se faire autrement que sous la botte de l’Europe ; que ce mouvement d’européanisation était en train ; qu’il a même été ralenti ; qu’en tout cas il a été faussé par la mainmise de l’Europe.

À preuve qu’à l’heure actuelle, ce sont les indigènes d’Afrique ou d’Asie qui réclament des écoles et que c’est l’Europe colonisatrice qui en refuse ; que c’est l’homme africain qui demande des ports et des routes, que c’est l’Europe colonisatrice qui, à ce sujet, lésine ; que c’est le colonisé qui veut aller de l’avant, que c’est le colonisateur qui retient en arrière.

Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme,
éd. 1955, Présence Africaine, p. 7-23

Notes

(1) Il s’agit du récit de la prise de Thouan-An paru dans Le Figaro en septembre 1883 et cité dans le livre de N. Serban : Loti, sa vie, son œuvre. «Alors la grande tuerie avait commencé. On avait fait des feux de salve-deux ! et c’était plaisir de voir ces gerbes de balles, si facilement dirigeables, s’abattre sur eux deux fois par minute, au commandement d’une manière méthodique et sûre… On en voyait d’absolument fous, qui se relevaient pris d’un vertige de courir… Ils faisaient en zigzag et tout de travers cette course de la mort, se retroussant jusqu’aux reins d’une manière comique… et puis on s’amusait à compter les morts…» etc.

(2) Carl Sieger : Essai sur la Colonisation, Paris, 1907.


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Aimé Césaire, né le 25 juin 1913 à Basse-Pointe (Martinique), est décédé le jeudi 17 avril 2008 au CHU de Fort-de-France où il était hospitalisé depuis le 9 avril. Co-auteur avec Léopold Sédar Senghor de la "négritude", il est l'une des grandes voix du XXe siècle à revendiquer la dignité de l'homme en combattant le racisme et le colonialisme et en attachant sa pensée et sa poésie à l'horizon de l'universalisme. Son texte, Discours sur le colonialisme (1950), véhicule, cependant, une pensée de l'hypostase. Rabattre la colonisation sur la décivilisation n'est pas soutenable. Dominé par la véhémence d'une hostilité principielle, Césaire absolutise le colonialisme et pousse jusqu'à l'outrance. Ainsi écrire : "Au bout du cul-de-sac Europe, je veux dire l'Europe d'Adenauer, de Schuman, Bidault et quelques autres, il y a Hitler (...) Au bout de l'humanisme formel et du renoncement philosophique, il y a Hitler" (p. 13), fut non seulement une erreur de prospective historique mais aussi un abus d'idéologie anticoloniale.

Michel Renard
Études Coloniales

 

 

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Commentaires
D
L'orgueil de nations, la haine de la différence, la vanité des peuples, voilà les oeuillères opaques qui constituent l'éthnocentrisme. Le tout bien sûre encadré par une bonne dose de clichés, de préjugés, de méconnaissance et d'ignorance. l'éthnocentrisme, je pense, commence par l'incompréhension de l'Autre. Je m'explique: enfants, nous sommes de vrais éponges à information, mais nous restons toujours dans le même quartier, avec les même personnes, le même groupe social. on ne change pas d'air, on reste enfermés dans le même micro-monde. Et pour savoir ce qui est bien ou mal, beau ou moche, blanc ou noir, il faut une référence, un outil de comparaison, simplement pour prendre des décisions, grandir, mûrir! On créé ainsi son propre monde. Mais voilà: quand une chose nouvelle arrive, des gens nouveaux, avec des référansiels différents, on ne comprend pas. Ils sont diffeéents, ils n'entre pas dans la norme de notre micro-monde, ils sont anormaux. Et de l'incompréhension naît la peur de l'inconnu. La peur est un sentiment aigre qui torture l'esprit, on veut à tout prix s'en débarasser! Alors les gens dont l'esprit est trop fermé et borné, au lieu de ressentir de l'empathie et la soif d'apprendre, de comprendre et d'aimer, ne ressentent que cette haine dévorante de la peur. Et la peur se mue en rejet. Racisme.<br /> "Il est plus aisé de briser un atome qu'un préjugé". une phrase lourde de sens d'Albert Einstein. A cause des préjugés dût à l'ignorance elle-même dût au rejet de la différence, on juge l'Autre caricaturalement parce que la référence de nos cliché, c'est notre propre micro-monde. Il n'y a presque jamais l'envie de la compréhension de l'Autre, on juge sans jamais savoir, sans jamais connaître, sans jamais comprendre. Et ces préjugés sont tenaces, ils ont la vie dure! Ils font presque partis de l'éducation des gens. C'est peut être de là que vient l'orgueil des gens: ils pensent savoir mais ils n'ont même pas eu un instant de réflexion sur le sujet!<br /> Si cette idées se révélait juste, on pourrait dire que le racisme naît de l'incompréhension de la différence lié à l'étroitesse d'esprit et le peut de réflexion toujours embourbé et corrompu par les préjugés. Ce qui est triste, c'est qu'on pourrait presque penser que l'éthnocentrisme est naturel chez l'Homme Civilisé, le "sommet de la Création"
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P
Je comprend rien a ce qui est écrit, c'est du charabia !!!<br /> Vous devriez traduire en langage plus simple pour les enfants <br /> (j'en suis une!)
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X
Dans cette critique le jujement est conprit meme pour les moin istrui cette critique est a prendre comme elle et sans souentendu sa fait mal mais s'est a admetre les herreur sons faite est sont a retenire.
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V
pourquoi l'Europe est-elle indéfendable selon Aimé Césaire?
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R
50 ans apres il aura toujour le merite davoir pris en compte historiquement le destin emprisonner d'une AFRIQUE désorienter dans sa plus tendre jeunesse
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E
LETA <br /> <br /> Yon Leta ki pa chita sou pyès model <br /> Pa ka konnen lè li sou latè ni lè li na syèl <br /> Li pa konnen kote li soti ni kote li ye ni prale <br /> Li tankou pay nan van sou roulib aza pou tonbe nenpòt kote <br /> <br /> Chwazi yon modèl merite yon bon desizyon eklere <br /> Gen modèl ki mennen nan dan lanmò tèt kale san pitye <br /> Anachi, diktati, fachis, teyakrasi, monachi absoli <br /> Tout se destinasyon tètsankò tonbo kadav lanmò zombi <br /> <br /> Tout chita nan lòd yerachik ki fòme yon sipremasi <br /> Ki fonde sou inegalite, siperyorite, dominasyon lòt vi <br /> Dominasyon mennen nan opresyon ki kondui nan represyon <br /> Konsa tout moun ki anba dominasyon pa gen ni Sali ni padon <br /> <br /> Yon modèl eklere depi debi lamodènite se Demokrasi <br /> Li chita sou vwa majorite pèp ki se «Vox populi vox dei» <br /> Ki vle di vwa pèp se vwa Bondye, ki kouronnen souverennte popilè <br /> Gen demokrasi direk, reprezantatif, patisipatif, delegation, diferan fòm aspè <br /> <br /> Demokrasi kapab yon rejim presidentsyèl si gen dominans pouvwa egzekitif <br /> Demokrasi kapab yon rejim palmantè si gen dominans pouvwa lejislatif <br /> Men tout demokrasi toujou gen twa pouvwa, lejislatif, egzekitif, jidisyè <br /> Yonn fè lwa, lòt egzekite lwa, lòt la menm aplike lwa kòm sa dwa an tout respè <br /> <br /> Pouvwa popilè chita sou vwa majorite nonm nan moman vòt eleksyon <br /> Pou chwazi yon prezidan osinon yon chef pou dirije yon nasyon <br /> Si pa gen vòt pa gen eleksyon, pa gen nonplis ni majorite ni demokrasi <br /> Si se pa pèp ki chwazi chèf li nan vwa majorite pa sa pa rele demokrasi <br /> <br /> Konsa pou gen Demokrasi, fò genyen de gwo kondisyon «Fòkseli» <br /> Pou chwazi fè genyen de pati osinon plisyè pati politik andedan yon peyi <br /> Fè genyen chanjman nan nivo levye twa pouvwa yo pou li sa demokratik <br /> Konsa oblije gen yon manda ki limite pouvwa yon chèf pou dire tan espesifik <br /> <br /> Menm jan nan lòd natirel la genyen pozitif ak negatif, lwa lanati <br /> Nan lavi tout genyen mal ak femel, gason ak fanm, ki se lwa lavi <br /> Nan fondman panse lòm genyen tèz ak antitèz ki se lwa lespri <br /> Nan politik tou genyen chef sou pouvwa eli ak opozisyon, lwa demokrasi <br /> <br /> Konsa tout chef ki sou pouvwa oblije fonksyone nan transparans <br /> Si pa genyen kominikasyon enfòmasyon, opozisyon pa tap gen rezon egzistans <br /> Fòt aksè enfòmasyon, lopozisyon tap oblije viv nan rèv fiksyon chimè <br /> Diskou opozisyon tap dekonekte ak reyalite, ki ta va yon vanite kip a nesesè <br /> <br /> Tout pouvwa relije san retire ni mete <br /> Menmsi li pa ta nuizib oblije pazif, nesesite ou fatalite <br /> Yon pwofèt nan yon konba kont satan pou Bondye diven <br /> Pwofèt la rive kraze satan fòs mal san reyalize konstui anyen <br /> <br /> Poukisa? Fatalite osinon nesesite? Sou sa genyen yon rezon! <br /> Pwofèt kraze satan, se vre. Men li kwè nan rèy Bondye ki se tout pèfeksyon <br /> Si rèy Bondye se pèfeksyon, pa gen anyen ni pou retire ni pou ajoute <br /> Sèlman se fè volonte Papa Bondye jan lalwa diven mande <br /> <br /> Lè yo kritike prezidan Aristid ke li pa reyalize anyen konkrè <br /> Sinon ke kraze rès fòs makout, chef seksyon ak lame, tout fòs lanfè <br /> Okontrè si Aristid te rive konstui yon bagay se ta gwo sipriz etonan mistè <br /> Yon moun ki kwè nan pèfeksyon, pa gen anyen pou fè, se joui nan leseyè <br /> <br /> Tout moun ki te vote Pè Prezidan Aristid te vote pou yon pwofèt <br /> Ròl yon profèt se bay profesi, Aristid bay profesi «pè nan vant pè nan tèt» <br /> Bònnouvèl plis pase yon montay, reyalizasyon mouvman nil zerobare <br /> Se pa Aristid ki move, se moun kit e vote Aristid ki fè erè! Se lè pou reveye! <br /> <br /> Tout moun ki kwè nan pèfeksyon, tout bagay déjà byen fèt byen etabli <br /> Pa ka genyen rèv ni fè aksyon, anyen pou ajoute ni retranche, pa gen avni <br /> Patizan edonis epiryen ki kwè nan plezi ak kwayans nan pèfeksyon, menm bagay <br /> Sòf ke yonn aktif, lòt la aktif, men ideyal yo rete menm, jouisans, jouisè pa gen chay <br /> <br /> Genyen anpil moun ki kritike Prezidan Aristid yo di li se gwo dictatè <br /> Ò legliz katolik ki se yon yerachi vètikal, sipremasi lòd dominate <br /> Si Prezidan Aristid ki se prèt soti legliz pa ta diktatè ni dominatè <br /> Bagay sa ta va etone mwen anpil ke mwen ta asistè lekontrè <br /> <br /> Ayisyen kwè nan diskou pwomès montay mèvèy kap touche lesyèl <br /> Osinon diskou pwomès kap retire li demen nan mizè ale bwè siromyèl <br /> Diskou politik vant bòtab la, osinon metafizik pè nan vant pè nan tèt <br /> Se la li tronpe, diskou pou flate emosyon se pa kapasite pou rezoud pwoblèm pèp <br /> <br /> An Ayiti yon lidè reyalis konsekan ki gen diskou fè pwomès ki akòde ak reyalite <br /> Pa gen vwa chapit ni pouvwa politik pou aksede sou pouvwa pou gouvène <br /> Sa vle di se bèl diskou chimè zonbi ki gen rezon sou rezon reyalite ak konpetans <br /> Sa bay yon pèp pèdi an jekwananvid, ki lage de gidon tout boulin nan machin militans <br /> <br /> Militans bay fòs pou rive sou pouvwa, chanje plas san chanje klas <br /> Konpetans se sèl mwayen pouvwa pou chanje la vi, lavi miyò lamas <br /> Toutan nou poko reyalize ke konpetans se chemen lavi, yon nesesite <br /> Soti jodi pou rive demen noua p toujou viv sou zèl aza chans fatalite <br /> 11 octobre 2009 <br /> <br /> <br /> RÉPONSE À UN AMI SUR L’IRRESPECT<br /> <br /> Edner Saint Amour<br /> October 20, 2009 <br /> La vie repose sur deux choses: La nature qui est donnée ou innée et l'humanité qui est un acquis, un rêve à réaliser, une oeuvre inachevée qui ne sera jamais achevée car la perfection n'est pas du domaine de l'homme mais du divin. <br /> Certains croient dans l'humanité, d'autres n'y croient pas. Certains croient qu'ils possèdent l'humanité que les autres ne sont doués d'aucune humanité.Alors ils se hissent tout en voulant rabaisser les autres considérés au rang d'animal. <br /> Au moment de l'esclavage, nous étions abaissés au rang d'animal avec toutes les souffrances, douleurs et supplices qui s'en suivent. <br /> À part des réactions naturelles émotionnelles contre les mauvais traitements, les esclaves savaient se donner un rêve (liberté ou la mort, vivre libre ou mourir, liberté, égalité, fraternité) qui les poussaient au-delà de leurs souffrances et de menaces de mort d'affronter les colons blancs, de leur déclarer la guerre jusqu'à la victoire des esclaves noirs, les permettant de proclamer l'indépendance d'une nouvelle nation le premier janvier 1804. Haiti est depuis consacrée la première république noire du monde. <br /> Si on optait pour liberté, égalité, fraternité, Indépendance, la tendance favorable a la démocratie était là sans la nommer. <br /> Mais les premiers dirigeants, depuis Dessalines jusqu'à Duvalier ont sacrifié le rêve démocratique du peuple noyé dans la dictature, le despotisme conduisant au sang, à la violence, au coup d'état, la misère, l'analphabétisme, l'ignorance. <br /> Bref Perles des Antilles est devenu cendrillon des Antilles. <br /> Après la chute de Duvalier, le peuple revendique son rêve de démocratie, qui a donné naissance à une nouvelle constitution reconnaissant Haïti comme une République Démocratique attachées aux droits humains et à l'élection de Jean Bertrand Aristide comme premier Président démocratiquement élu, démolissant la théorie des trois A, présidence élue par Armée, Argent et Américain. <br /> Au lieu de déboucher sur une démocratie par délégation ou participation, on bascule dans une anarchie populaire où Haïti est devenue un État sans État. La violence bat son comble, c'est le règne du kidnapping, l'apogée de la violence. <br /> Un laisser faire radical à l'extrême, où le peuple ou la masse jouit de toute licence ou libertinage plutôt que de liberté reconnaissant le droit de l'autre aussi bien que le respect. <br /> Bref dans la tête de la masse la démocratie signifie le droit de faire tout ce qu'on veut au détriment du droit, du respect et de la liberté de l'autre. <br /> Donc un droit absolu sans limite. <br /> Pourquoi en est-il ainsi? <br /> Certains disent que le peuple haïtien n'est pas fait pour la démocratie car il est plus habitué à la dictature qui serait plus efficace pour gérer le pays. Entièrement faux. Aucun homme n'est né instruit, tout le monde est né analphabète. <br /> L'instruction, l'éduction, la culture, l'humanité, le rêve est un apprentissage, un acquis, quelque chose qui n'est pas naturellement donné mais qui s'apprend. <br /> L'erreur politique est de donner une démocratie sans l'accompagner d'aucune forme d'éducation civique, d'aucune compagne de sensibilisation, de motivation, de mobilisation ni dans les partis politiques, ni dans le gouvernement, ni dans l'état, ni dans les écoles, ni dans les médias, ni dans les organisations populaires. <br /> Un animal qui n'est pas dressé restera toujours un animal sauvage. <br /> Un enfant qui n'a reçu aucune éducation ne peut être que mal élevé et analphabète. <br /> Comme la Démocratie n'est pas une donnée naturelle, mais une Valeur qui mérite d'être enseignée cultivée comme on le fait dans tous les grands pays démocratiques, alors le peuple souffre d'un double analphabétisme: un analphabétisme littéral (lire et écrire) et un analphabétisme démocratique( droit, respect, dignité, égalité, dialogue, fraternité). <br /> On ne peut pas demander à un peuple ce qu'il n'a pas. C'est injuste de le faire. <br /> Ce qu'il n'a pas c'État qui doit pouvoir le lui donner. <br /> Le problème de la démocratie en Haïti est un problème qui relève strictement de l'État vivant au zénith de la démission au niveau de l'éducation scolaire, civique, un problème de valeurs. <br /> Si le parent dit à l'enfant débrouille toi pour manger sans fixer de condition, alors ce n'est pas étonnant que l'enfant recourt au vol, au meurtre puisque ce n'est pas interdit par le parent qui lui de se débrouiller. <br /> Chez l'humain, d'une part on a la capacité qui nous permet d'agir, de bouger, de marcher, d'autre part on a la faculté qui nous permet de voir, d'entendre, de décider, de choisir. <br /> La capacité c'est le moteur de la machine, la faculté c'est le volant et la lumière de la machine. <br /> Mais pour être chauffeur ou conducteur sans écraser les autres, il faut que la faculté apprenne le code de la route, un apprentissage qui enseigne, les valeurs, les règles, les conditions entourant l'acte de conduire sur la route. <br /> Conduire sans code la route est une conduite dangereuse voire assassine à l'occasion. <br /> Voici comment je comprends de l'irrespect des Haïtiens<br /> Braceros et l'Oir noir<br /> Posté par edpoete le : 30/09/2009 17:48 <br /> Braceros<br /> <br /> À la recherche d’une vie meilleure<br /> D’un niveau de vie plus élevé, d’un mieux être<br /> Des frères sont courbés sous le poids de la dette<br /> Pour payer le coût de la traversée de la frontière<br /> <br /> Une fois établis dans le champ de canne à sucre<br /> Sous le sol du paradis rêvé de la Dominicanie<br /> Ils réalisent le mensonge qui les comble de déceptions<br /> Juste quelques sous en poche pour assurer le primum vivere<br /> <br /> Promesse de logis et de revenu en échange de travail<br /> Promesse d’hécatombe à destination du salaire de misère<br /> Promesse d’hécatombe à destination de la tombe<br /> Chasseurs dominicains de têtes d’ouvriers de recrutés<br /> Chasseurs dominicains d’esclaves, faucheurs de vie humaine<br /> Promesse de logis et de revenu en échange de travail<br /> Promesse d’exploitation outrancière faite de violence<br /> <br /> Sans le sous sans papier sans défense<br /> Impossible l’envie et la nécessité du retour au bercail<br /> Faute de grives on mange des merles<br /> Lè wou pa gen manman wou blije tete grann<br /> Sa wou pa vle pile ak pye wou blije manyen ak men<br /> Pour tirer les marrons du feu de l’enfer accablant<br /> <br /> Les braceros forcés par le comble du malheur<br /> De créer des «bateyes» de sordides maisons ou de villages<br /> Vivant dans l’angle mort de la société dominicaine<br /> Comme des mouches et des verres sur un dépotoir<br /> Comme des harengs entassés dans vieille caisse ou boîte<br /> Comme des esclaves enchaînés sur un négrier<br /> <br /> Sans défense ni espoir ni soutien des dominicains<br /> Qui leur réservent pour accueil que préjugés et violence<br /> Sous les yeux indifférents des autorités haïtiennes<br /> Dans l’indifférence totale de la communauté internationale<br /> <br /> Des esclaves enchaînés sur le sol dominicain<br /> À travers les champs ou plantations de canne à sucre<br /> Vivant dans des maisons sordides et grossières<br /> Faites de planches, de plaques de tôle, de boîtes de conserve<br /> Sans traitement d’eau, ni électricité ni hôpital<br /> Rongés par toutes sortes de fléaux lugubres<br /> Sous-nutrition, malnutrition, des fossiles humains<br /> Prostitution, drogue, alcoolisme toxicomanie<br /> Violence, vol, sida, toutes sortes de maladies<br /> <br /> Des esclaves modernes noirs enchaînés<br /> Sous le joug de la pauvreté matérielle abjecte<br /> Accompagnée d’une pauvreté intellectuelle<br /> Découlant même des conditions de vie dans les bateyes<br /> Affectant la dignité de tout leur habitant<br /> <br /> Sous un soleil de plomb de discrimination sociale<br /> Fondée sur la seule base de la couleur de la peau<br /> La piel blanca (blanche), la piel morena(couleur de café)<br /> Et la piel negra( très foncée), plus on est pâle plus on a de valeur<br /> <br /> Des gens ou ouvriers privés de dignité de droit de liberté, de respect<br /> Victimes de tous les maux de l’intolérance, de préjugés. De discrimination<br /> Sans espoir, sans justice, sans soutien, sans défense, sans salut<br /> <br /> Si l’on ne parle en la modernité que de démocratie<br /> Ne devrait-on pas se demander quelle démocratie?<br /> On a beau parler de droit humain ou de l’homme<br /> Mais ne devrait pas se demander quel droit de l’homme?<br /> On beau parler de dignité, de respect et de tolérance<br /> Mais de quels dignité, respect ou tolérance s’agit-il?<br /> Des esclaves modernes nouveaux enchaînés sur le sol dominicain<br /> J’y perds mon latin, je n’y comprends rien, absolument rien. Du chinois!<br /> <br /> 2006 l’Organisme de l’Amnistie internationale<br /> S’est penchée sur la troublante question des bateyes<br /> Et sur les conditions de vies infrahumaines de leurs habitants<br /> Avait contacté l’administration ou les autorités dominicaines<br /> De prendre des mesures nécessaires et conséquentes<br /> Visant la protection des travailleurs de la canne à sucre<br /> <br /> Les autorités dominicaines souffrent de la surdité<br /> N’ont pas d’oreille ni de tympan pour entendre ni comprendre<br /> Les la misère, douleurs et les souffrances de ces travailleurs<br /> La souffrance n’est rien, c’est le profit compte ou importe<br /> Ròch nan dlo pa konn doulè ròch nan solèy<br /> <br /> Impatience, Insouciance connivence, indifférence<br /> Hélas la pénitence n’a pas de délivrance<br /> Le dossier des bateyes oublié, fermés jetés à la poubelle<br /> Tout le monde ferme les yeux sur le crime et l’hécatombe<br /> Par peur de cauchemar et pour mieux dormir aux bras de Morphée<br /> Encore ròch nan dlo vle pa konn doulè ròch nan solèy kriyèl<br /> <br /> Si nous sommes tous des hommes, des êtres humains<br /> Alors n’en déroge pas à la loi, à la règle<br /> Alors raisons et agissons par et pour humanité<br /> Qui se fonde sur la démocratie, la liberté, le droit<br /> Le respect, la dignité, la tolérance, l’égalité<br /> L’esprit, la raison, l’amour, la lumière la fraternité<br /> Dans l’optique d’une solidarité fraternelle et universelle<br /> Laissons donc parler l’humanité dans notre esprit et notre cœur<br /> <br /> Celui qui croit seul dans son égoïsme mercantile<br /> Ne peut que s’amuser contempler son nombril<br /> En courant et voyageant comme les sauvages dans la jungle<br /> Où la gazelle doit courir plus vite que le lion pour ne pas être dévoré<br /> Et le lion doit courir plus vite que la gazelle pour ne pas mourir de faim<br /> <br /> Sans jamais regarder du côté de la lumière<br /> Vers l’humanité, le ciel, l’esprit du Créateur divin<br /> Source de la paix de la sagesse et de l’harmonie<br /> 30 septembre 2009<br /> <br /> <br /> Oir <br /> Le mot « Oir » n’a pas de signification, je l’ai inventé pour tourner en ridicule<br /> L’utilisation abusive du mot noir.<br /> <br /> <br /> <br /> L’OIR NOIR <br /> <br /> Histoire des déboires du désespoir <br /> Dans un dépotoir d’énergie noire <br /> Dans un trou noir sans doute à l’origine <br /> Du big bang ou du big crunch <br /> <br /> Un dépotoir sombre sans miroir <br /> Dans une nuit noire de nuages noirs <br /> Sans lumière ni étoiles ni lune<br /> comme la mer noire de marées noires <br /> <br /> Dans un dépotoir sombre sans miroir <br /> Des panthères noirs et des veuves noires <br /> Se nourrissent de champignons noirs <br /> D’aubergines noires et de cerises noire <br /> <br /> Là on travaille au noir, fait du marché noir <br /> En cachant l’épargne dans une caisse noire <br /> Malgré des motions nègre blanc <br /> Décrivant un code noir dans le jargon du petit nègre <br /> <br /> À la tête du dépotoir couronné de mouches noires <br /> On voit des «nègres» se hissant au pouvoir à titre de roi nègre <br /> Pour gouverner le brouillard noir dans la nuire noire <br /> Sous les flot tapageurs des marées noires de la mer noire <br /> <br /> Moyen âge est transporté au Québec <br /> Au temps de censure de la grande noirceur <br /> L’Afrique noire est transportée au Canada <br /> Noir Canada, Noir Québec dans le Devoir <br /> <br /> L’âme est noire, idées pensées noires <br /> La croyance noire, magie noire <br /> L’art est noir, livre noir, film noir <br /> Couleur de l’horreur, de la violence, du crime <br /> <br /> pas de zone neutre entre le noir et le blanc <br /> blanc est la lumière, la couleur de l’espoir <br /> blanc est l’armoire de la victoire <br /> blanc est l’armoire de la gloire <br /> <br /> Blanc est la lumière la couleur de l’espoir <br /> Blanc est L’armoire du pourvoir <br /> Blanc est l’armoire du pouvoir <br /> Blanc est l’armoire de l’avoir <br /> <br /> Blanc est bonté, sainteté, sanité <br /> Le symbole vierge de la pureté <br /> Blanc est amour, symbole de la rose <br /> Blanc est blanc symbole de la neige <br /> <br /> Blanc est le symbole de la totalité <br /> La couleur des sept couleurs <br /> Blanc est la couleur de la perfection <br /> Digne du bonheur du contrôle du manoir <br /> <br /> Blanc n’est pas auteur d’aucune guerre <br /> Ni de la première guerre mondiale <br /> Ni de la deuxième guerre mondiale <br /> Blanc n’est pas bourreau ni guerrier <br /> <br /> Blanc n’est pas auteur de l’esclavage noir <br /> Blanc n’est pas auteur de la colonisation <br /> Blanc n’est ni colonisateur, ni envahisseur <br /> Blanc n’est pas négrier ni mercantiliste <br /> <br /> Blanc n’est pas Adolphe Hitler Nazi <br /> Blanc n’est pas Staline ni Franco <br /> Blanc n’est pas Mussolini, Duplessis <br /> Blanc n’est dictateur ni despote <br /> <br /> Blanc n’est pas auteur de l’arbitraire ni inquisiteur <br /> De la censure, du bâillon, des chaînes, de la bride <br /> De l’apartheid, de la ségrégation, discrimination <br /> Tout a été exclusivement l’œuvre de la race noire <br /> <br /> <br /> Tout l’univers du bien et de la vertu <br /> Se réunit en une seule race : Blanche <br /> Le positif, l’optimisme, la sérénité <br /> La paix, le paradis, le bonheur, vérité <br /> <br /> Dans l’univers blanc se réunissent <br /> La justice, l’innocence, la morale <br /> La sagesse, la conscience, l’esprit <br /> L’intelligence, la lumière, le talent <br /> <br /> Tout l’univers du mal et du vice <br /> Se réunit dans une seule race : Noire <br /> Péjoratif, négatif, pessimisme, mensonge <br /> Méchanceté, cruauté, enfer, deuil, mort <br /> <br /> Dans la rubrique de la pelure de la race <br /> Il en existe quatre : jaune, rouge, noire Blanche <br /> Mais seuls les blancs et les noirs <br /> Se font appeler par la couleur de leur peau <br /> <br /> Le jaune est arabe, juif, musulman, islamiste, chinois <br /> Le rouge est amérindien, autochtone, caraïbes aztèque <br /> La race blanche est des blancs, la race noire des noirs <br /> Des races vivent dans le complexe racial tout en s’opposant <br /> <br /> <br /> Noirs victimes mais toujours bourreaux ou meurtrier <br /> Noirs symbole de la souffrance et de la cruauté <br /> Noirs symbole de la douleur et de la méchanceté <br /> Noirs symbole de meurtrier et du deuil et de la mort <br /> <br /> Absolument je n’y comprends rien, j’y perds mon latin <br /> Pour l’essentiel et pour le reste, Noir, je n’y vois rien <br /> Je n’ai pas la clé de la porte du labyrinthe du mystère <br /> <br /> <br /> Paradoxe, absurdité, contradiction, dissonance <br /> Noir, je n’y comprends rien, noir je n’y vois rien <br /> Ce m’est du chinois de l’hébreu, je n’y vois rien <br /> Nul accès possible pour sonder le mystère noir <br /> <br /> Pour le blanc dans le reposoir <br /> Pour le noir dans le dépotoir <br /> Au blanc victoire et gloire <br /> Au noir désespoir et déboires <br /> 28 septembre 2009 <br /> <br /> Pendant qu’on parle de l’univers noir <br /> De trou noir de l’énergie noire <br /> De la bête noire, de la veuve noire <br /> De la race noire de l’Afrique noire <br /> <br /> Laissez moi déguster la saveur de ma poésie <br /> En inventant de nouveaux mots ou termes <br /> Qui seront sans doute plus utiles à la société <br /> Pour appréhender des réalités complexes <br /> <br /> Du mot peau je fais dériver le nouveau mot Pelure <br /> Tout qui relève de la vue de l’œil, du superficiel <br /> Incapable de pénétrer la profondeur des choses <br /> Pour faire jaillir à l’horizon la lumière, la vérité <br /> <br /> Pelure est synonyme de pénombre, de ténèbres <br /> D’ombre, d’obscurité, d’opacité, indéchiffrable <br /> Labyrinthe, caverne, cave, sombruosité, et ses risques <br /> Ou danger : tombe, hécatombe, catacombe, décombre <br /> <br /> La profondeur et la lumière des choses de la réalité : <br /> La raison, l’amour, l’âme, la conscience, l’esprit <br /> Toutes ces facultés géniales fascinantes et mystérieuses <br /> Qui se cachent et s’intègrent à l’intérieur de nous-mêmes <br /> <br /> Qui nous permettent d’accéder à la réalité en nous éclairant <br /> L’horizon que nous voyons à travers toute sa luminosité <br /> Est l’effet de la lumière qui réside à l’intérieur de nous <br /> Sans les sens patronnés par l’esprit on ignorait l’horizon <br /> <br /> Quand vous voyez sur la terre des groupes qui se forment <br /> Tribu, ethnie, secte, religion, nation ou confédération <br /> C’est sous la puissance de la lumière du cœur qui nous inspire <br /> Le sens de la fraternité pour nous rassembler vivre te nous conserver <br /> <br /> La vie humaine fondée sur la lumière consciente et fraternelle <br /> Détermine ce que l’homme comporte de plus de profondeur <br /> Et constitue l’âme humaine à part le souffle de la vie <br /> C’est pour rendre compte de cette réalité que j’invente de mots <br /> <br /> La cervure, du cerveau, la lumière de l’esprit, de la conscience <br /> La boussole, le professeur, le mentor, le gardien qui nous guide <br /> La coeurure, du cœur, la lumière de l’amour qui inspire la fraternité <br /> L’âmure, de l’âme, le trame de fond, cette profondeur qui détermine l’homme <br /> <br /> La lumière qui vient de notre profondeur qui nous détermine <br /> Comprend : la cervure, la coeurure et l’âmure <br /> Par opposition à la pelure, cette superficialité, la façade extérieure <br /> Pouvant nous entraîner l’esprit dans la caverne pour vivre comme ombre <br /> <br /> Au lieu d’adorer la pelure qui nous divise qui nous sépare, nous enferme <br /> Regarder plutôt du côté de la cervure, de la coeurure et de l’âmure <br /> Par où se lève le soleil de l’humanité pour bâtir une humaine fraternité <br /> Où nous vivrons comme des frères aimés, noirs, blancs, jaunes ou rouges <br /> 29 septembre 2009 <br /> <br /> Edner saint-Amour<br /> Sociologue et poète<br /> edpoete@yahoo.ca<br /> edpoete<br /> Edner Saint Amour<br /> Edner Saint Amour <br /> <br /> <br /> Edner Saint Amour
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D
le colonialisme cest un chose que l'africain ne va jamais oublier
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P
"Exactement ce que nous clamons depuis des années et qui nous valait d'être accusés de vouloir déstabiliser l'Etat !", s'amuse Jacob Kotcho. Ce militant d'une ONG altermondialiste doute de la mise en oeuvre de ces belles paroles parce que, dit-il, "beaucoup de fonctionnaires font du business à l'importation" et que "les autorités ne se sentent pas dépositaires du bien-être des citoyens".<br /> <br /> Le Monde 15mai 2008<br /> <br /> aujourd'hui au Cameroune on meurt de faim,les Jean Ziegler et autres maitres chanteurs denoncent l' OMC,les subventions à l'importation,les "egoismes" occidentaux....<br /> <br /> Päys sans infrastructure,routes,voie d'eau electricite,sans usine d'engrais,sans politique agricole rationnelle,les hommes sont accables et meurent de faim...<br /> Vous prenez un autre pays tel que l'algerie,avec ses progammes de construction de routes ,de developpement de voies d'eau,son ministere de l'agriculture,ses subventions,ses centres de recherche et son faramineux budget a devises et que constate-ton... on meurt de faim<br /> <br /> QU'ESTCE QUI RAPPROCHE LE CAMEROUN ET L'ALGERIE<br /> les autorités ne se sentent pas dépositaires du bien-être des citoyens".<br /> SANS COMMENTAIRE..
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M
bonjour, je suis professeur au sénégal. je voudrai obtenir le livre de césaire intitulé DISCOURS SUR LE COLONIALISME
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P
« La Nouvelle-Calédonie, colonie de peuplement, bien que vouée à la bigarrure multiraciale, est probablement le dernier territoire tropical non indépendant au monde où un pays développé puisse faire émigrer ses ressortissants.<br /> <br /> Il faut donc saisir cette chance ultime de créer un pays francophone supplémentaire. La présence française en Calédonie ne peut être menacée, sauf guerre mondiale, que par une revendication nationaliste des populations autochtones. [...]<br /> <br /> Pierre Messmer extrait d'un article d'un site de fond de poubelle(LDH TOULON) afin de denoncer le colonialisme français en nvlle caledonie..<br /> <br /> Quand on sait que les memes de la LDH portaient au nues le meme P.Mesmer collabo ignoble du FLN il y a 40ans qui revendiquait les actes les plus infames(barbouzeries,enlevements,trahison,abandon des harkis)<br /> et que le P.Messmer en question ne pouvait apparaitre dans une seule emission de television sans rappeler le role d'importance qu'il avait eu dans la decolonisation du monde noir africain,on se dit que c'est une plaisanterie.<br /> <br /> Que cette plaisanterie est d'autant plus savoureuse quand ni la guyanne ,ni les antilles pourtant terre d'escalves n'ont jamais revendique la moindre independance(n'en deplaise a Mdme Taubira) et qu'aujurd'hui les populations vietnamiennes(boat people)n'imaginent pas un seul instant se separer de la france...<br /> <br /> ajoutons à cette plaisanterie une pinçée de rire pr repondre à cette intervenant au sujetde ma haine supponsons qu'à Nvlle Cledonie nous y substituions la france et qu'a bigarrure multiraciale ,nous employions le terme de societe mutiraciale arabo française et qu'au lieu de referer à Pierre Messmer ,on parlerait de Boutefilka et si au lieu d'emigration on, userait de bombe demographique islamque,ça y est je vous vois sourire deja,vous l'avez juste "droit" au fond du periscope...Hein que ca frétille...<br /> Et pour le Descabello (coup de grace en tauromachie) quel est donc le premier ministre français qui a exigé par decret que l'entree des arabes dans ce pays (j'entends l'installation des familles)devait se faire suivant un certain nmbre de M2 par enfant...Michel Rocard ancien militant PSU qui avait crée ce parti pr etre en rupture d'avec la politique du parti socialiste de guy Mollet et afin d'innover une politique post-coloniale ambitieuse avec nos amis arabes et africains...La vous pouvez vous laissez aller et hurler de rire....
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études-coloniales
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