vendredi 8 février 2013

propagande en 3 D, "Je vous ai compris"...

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un film "graphique" bourré d'anachronismes

et d'erreurs sur le FLN et l'OAS

général Maurice FAIVRE

 

Le film de Jean Chiche Je vous ai compris a été diffusé par ARTE le 1er février à 22h.10. Il présente quelques jeunes garçons et filles qui au moment du putsch choisissent des voies différentes : OAS, FLN, gaullistes.

C'est une fiction fondée sur un moment historique (sic). Seuls sont historiques les discours du général de Gaulle. Je suis surpris que Georges Fleury ait donné sa caution à ce film ; il est pour moi un mémorialiste très bavard et non un historien rigoureux.

L'histoire présentée au moment du putsch présente des anachronismes :

- les poseuses de bombes ont été actives en 1957 et non en 1961, elles ne circulaient pas en voiture dans Alger ;
- l'opération Résurrection d'intervention parachutiste en métropole se situe en 1958 ;
- l'OAS est un mouvement subversif qui ne se déplace pas en camion avec des panneaux d'identification ;
- les militants de l'OAS ne pratiquaient pas le viol ;
- la valise ou le cercueil était un mot d'ordre du FLN et non de l'OAS ;
- ni Challe ni Salan n'étaient des fascistes ;
- les colons n'étaient tous des exploiteurs du burnous ;
- les Kabyles n'étaient pas des Arabes.

Enfin le film est présenté comme "graphique". En effet les personnages ressemblent à des dessins de BD, ils n'ont aucune consistance psychologique. Ce sont de ridicules marionnettes, manipulées par le cinéaste.
ARTE reste ainsi fidèle à sa tradition de propagande nationaliste (FLN).
général Maurice Faivre
 

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mardi 29 janvier 2013

mobilisation de l'Algérie, 1942-1945

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à Maximiliansau, un tirailleur de la 3e section de la 3e compagnie du 1er bataillon de la 3e RTA
(Régiment de Tirailleurs Algériens) à son poste de guet devant les blockhaus allemands de la ligne Siegfried

source

 

la mobilisation de l'Algérie pour la Libération

(1942-1945)

Julie LE GAC

 

La prochaine séance du séminaire "Pour une histoire sociale de l'Algérie colonisée", aura lieu le mercredi 6 février, à 17h30, (Paris, 9 rue Malher, 6 étage).
 
Julie Le Gac (ISP-ENS Cachan), prononcera une intervention intitulée : «Fissures d'Empire : la mobilisation de l'Algérie pour la Libération (1942-1945)».


- Julie LE GAC : bio-biblio

 

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dimanche 27 janvier 2013

documents d'archives sur le drame de Malpasset, 1959 (fatalité ou FLN ?)

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Le drame du barrage

de Malpasset/Fréjus en 1959 :

simple accident ou attentat du FLN ?

éditions Atlantis : documents et traduction

 

www.editionatlantis.de

Voici quelques documents autour du reportage : Le long chemin de l’amitié – Der steinige Weg zur Freundschaft1, diffusé sur ARTE, le 22 et le 26 janvier 2013

Auteurs : Michael Müller, Peter F. Müller.

© Textes et Documents: Erich Schmidt-Eenboom/EditionAtlantiS © Traduction : Wolf ALBES, Friedberg (Bavière) www.editionatlantis.de

Voici quatre documents que M. Erich Schmidt-Eenboom, directeur du Forschungsinstitut für Friedenspolitik à Weilheim (Bavière) et un des principaux acteurs dans le documentaire en question a mis à notre disposition et que nous vous proposons donc en version allemande et en traduction française.

Ces documents émanent

- des renseignements généraux est-allemands, la Stasi (Staatsministerium für Innere Sicherheit) et

- du tapuscrit des Mémoires de l’agent des services secrets ouest-allemands, le BND (Bundesnachrichtendienst), Richard CHRISTMANN (nom d’emprunt "Markus"). Selon M. Schmidt-Eenboom, ce tapuscrit inédit aurait été rédigé au début des années 1970.

À vous de juger...

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______________________

Ging der Bruch des Staudamms Malpasset bei Fréjus im Dezember 1959 tatsächlich auf ein Attentat der algerischen FLN zurück, so wie es der Leiter des Forschungsinstituts für Frie- denspolitik in Weilheim, Erich Schmidt-Eenboom in dem Dokumentarfilm Der steinige Weg der Freundschaft (ARTE, 22. und 26. Januar 2013) behauptet ?
Herr Schmidt-Eenboom hat uns vier Dokumente zur Verfügung gestellt, die wir im deutschen Original sowie in französischer Übersetzung anbieten. Es handelt sich um ein Dokument der Stasi und Auszüge aus dem Typoskript der unveröffentlichten Memoiren des BND-Agenten Richard CHRISTMANN (Deckname "Markus"), das Anfang der 70er Jahre entstand.
Urteilen Sie selbst...

1 Nota bene : la traduction correcte du titre allemand est bien Le chemin cahoteux de l‘amitié. Pourquoi avoir choisi "long" au lieu de "cahoteux" ?

 

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restes du barrage de Malpasset

______________________

 

Document n° 1

Il s’agit d’un rapport officiel de la Stasi ("Blatt 2 zu Formblatt 37018"), non daté et signé par un collaborateur de la section XI, dans lequel plusieurs noms de personnes encore vivantes ont été supprimés (=) pour ne pas les compromettre. Ce document (BStU 000023) est également disponible auprès de la BStU (= Behörde des Bundesbeauftragten für die Stasi-Unterlagen) à Berlin.

[...]

 signale que Christmann de Tunis lui a rendu visite à Brême. Il n’y a plus aucun doute sur le fait que Christmann est à la recherche de formateurs experts en explosifs allemands pour l’Armée de Libération en Algérie. Il a avoué ce fait sans ambages à  et a réitéré sa demande de l’aider à trouver de tels experts.

 

Document n° 2

Il s’agit d’un rapport de Richard Christmann signé par "ton vieux Markus" [= Christmann] 206, 25/08/58, le soir

Lb. H. – Vu les conclusions d’hier et d’aujourd’hui, ma proposition 182.L. du 20 juin est d’actualité.

B.) – Dès qu’une certaine accalmie interviendra, on s’attaquera aux projets "centrale hydroélectrique" et "barrage". Par ailleurs, le niveau de l’eau sera plus favorable dans quelques mois.

[...].

 

Document n° 3

Extraits du tapuscrit des Mémoires de Richard Christmann :

Programme des actions de sabotage de l’ALN/du FLN (1959/61)

[...].

3. Dynamitage de barrages moyennant des charges explosives déclenchées à air comprimé, éventuellement aussi de manière téléguidée. (2)

[...]

Toutes les mesures citées ci-dessus (et bien d’autres aussi) devraient servir à terroriser la population. On ne s’attendait pas à en tirer un avantage sur le plan militaire.

[...]

______________________

(2) M. Schmidt-Eenboom nous a signalé que lors d’une de ses conférences, un auditeur lui aurait expliqué que cette méthode avait été utilisée pour laisser moins de traces tout en précisant que les membres du FLN avaient été formés par de véritables spécialistes en la matière.

[Précisions n° 3 :] Après qu’un attentat contre un petit barrage dans le sud de la France n’avait rencontré qu’un succès partiel, bien qu’il ait provoqué la mort de beaucoup de personnes, toutes les autres actions terroristes furent stoppées sur ordre du groupe autour de Ben Bella qui, à l’époque, était encore incarcéré. Cet ordre de stopper les actions fut transmis par l’avocat parisien de Ben Bella, le nom, l’adresse etc. sont connus du BND. – Le groupe radical de l’ALN/FLN autour de Boumedienne, Chabou (3) et Hofmann n’était pas d’accord avec la cessation de ces sabotages. (4)

 

Document n° 4

Extraits du tapuscrit des Mémoires de Richard Christmann :

Les Algériens formés à l’époque par le BKA5 ont été engagés par la suite dans la lutte et l’infiltration de groupes favorables à Ben Bella dans le pays. Moi-même, j’ai été enlevé dans des conditions dramatiques par le gouvernement de Boumedienne et extradé par la suite. Cependant mes rapports avec le groupe de Ben Bella en Algérie n’ont pas été interrompus.

[...].

Il y a environ 3 semaines, j’ai reçu un message via Paris selon lequel début septembre, au moins deux fonctionnaires algériens appartenant au groupe des personnes formées à l’époque par le BKA et pourvus de passeports officiels (des passeports diplomatiques ???) se seraient rendus en Europe pour nouer des contacts avec "la résis- tance allemande" (je suppose qu’il s’agit de la RAF6). – Il s’agirait de spécialistes du contre-sabotage (donc aussi pour des "actes de sabotage" !!!). Auparavant, ces personnes auraient formé à leur tour des bédouins algériens, camouflés en "Polisario", dans le territoire de l’ERG IGUIDI, près de la frontière mauritanienne.

______________________

(3) - Christmann signale en bas du document n° 4 que le colonel Chabou, proche collaborateur de Boumedienne et mort lors d'un acte de sabotage, était marié à une communiste allemande, Johanna Schramm, originaire de Tübingen et bien connue des services secrets allemands (ALA 38 ou JOTA). Elle aurait haï le gouvernement allemand parce qu’on l’aurait traitée de "gonzesse arabe" ("Araberweib").

(4) -  Dans le document n° 3, Christmann signale également que les services secrets allemands furent toujours informés des plans et des préparatifs du FLN concernant les actes de sabo- tage contre des raffineries et des dépôts de munitions en France au préalable ("B.N.D. wurde über die Vorbereitungen, Pläne usw. stets vorab unterrichtet"). Mais ceci est une autre question...

(5)  BKA = Bundekriminalamt ; service allemand chargé d’enquêter sur les crimes au niveau fédéral (comme le FBI aux États-Unis).

(6)  RAF : Rote Armee Fraktion = Fraction Armée Rouge, la "Bande à Baader"

 

 

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restes du barrage de Malpasset

 

Dokument Nr.1


Stasi-Bericht, in dem die Namen noch lebender Personen unkenntlich gemacht wurden (= )

 [...]
 teilt mit, daß Christmann aus Tunis ihn in Bremen besucht hat. Es besteht kein Zweifel mehr, daß Christmann für die Freiheitsarmee in Algerien deutsche Sprengstoffausbilder sucht. Er hat dies offen (…) gegenüber zugegeben und ihn erneut gebeten, bei der Suche nach derartigen Fachleuten behilflich zu sein.

Dokument Nr. 2

Es handelt sich um einen Bericht von Richard Christmann, der mit "stets Dein alter Markus" gezeichnet ist [Markus = Christmann]:

Dokument Nr. 3
Auszüge aus dem Typoskript der Memoiren von Richard Christmann alias "Markus" :

BStU 000023

Dokument Nr. 4
Auszüge aus dem Typoskript der Memoiren von Richard Christmann alias „Markus“:

© Textes et Documents: Erich Schmidt-Eenboom/EditionAtlantiS © Traduction : Wolf ALBES, Friedberg (Bavière)

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restes du barrage de Malpasset

 

source : www.editionatlantis.de

Voir aussi les site du Point et de France 3 : http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/emmanuel-berretta/catastrophe-de-frejus-arte-sur-la-these-de-l-attentat-fln-24-01-2013-1619610_52.php

- http://cote-d-azur.france3.fr/2013/01/25/un-attentat-pourrait-etre-l-origine-de-la-catastrophe-du-barrage-de-malpasset-187629.html

 

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restes du barrage de Malpasset

 

discussion sur Facebook

Michel Renard
- la rupture catastrophique (plus de 400 morts) du barrage de Malpasset-Fréjus en 1959, une fatalité naturelle ou un attentat du FLN algérien ?
Documents d'archives allemandes /
http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2013/01/27/26265080.html

- documents d'archives sur le drame de Malpasset, 1959 (fatalité ou FLN ?) - études-coloniales

 

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vendredi 25 janvier 2013

les éditions Atlantis

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un éditeur franco-allemand

dédié au travail historique et mémoriel sur

l'Algérie coloniale

 

Bienvenue sur le site Internet des éditions Atlantis.

Herzlich willkommen auf der Homepage der Edition Atlantis !

- les éditions Atlantis

 

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... et d'autres ouvrages encore...!

- les éditions Atlantis

 

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mercredi 23 janvier 2013

lectures "coloniales"

9782070119585

 

 

quelques références bibliographiques

Gérard SAMPAIX

 

- Tidiane N'Diaye, Le génocide voilé. Enquête historique, Gallimard, coll. "Continents noirs", 2008.

Sur la traite négrière arabo-musulmane. Livre bien informé, savant et grand public, très virulent contre l'esclavage arabe mené au nom de la religion islamique. Avec des annexes très intéressantes. L'auteur a publié d'autres ouvrages qui ont l'air très sérieux.

blog+-traite+arabo-musulmane+des+Noirs_illust

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- Hela Ouardi, "De l'autorité en Islam", in Le Débat, n° 171, sept.-octobre 2012. (acheter l'article)

L'auteure est professeure à l'université de Tunis El-Manar. Passionnant sur les différentes interprétations historiques de la question : qui est le dépositaire de l'autorité divine en Islam, et comment celui-ci l'exerce-t-il ?

Héla Ouardi
-Hela Ouardi

 

- lire aussi : "La fin de l'illusion lyrique", 5 février 2012, in La Presse de Tunis

- voir : http://www.youtube.com/watch?v=y2wYz2oAjoM

 

 

- Paul-François Paoli, Pour en finir avec l'idéologie antiraciste, François Bourin éditeur, 2012.

L'auteur est journaliste au Figaro Littéraire. Le titre vous plaira. Des chapitres très bien venus.

9782849412893FS

 

- lire aussi : "La colonisation n'est pas née d'un projet prédateur" (Études Coloniales, 19 mai 2006)

 

- Yvan Stéfanovitch, Aux frais de la princesse, Nouveau Monde poche, 2010.

Sur les privilégiés de la République dans quantité de domaines et d'institutions. Une lecture qui rend dégoûté et fou de rage.

9782709627825FS

 

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mardi 22 janvier 2013

Malpasset, 1959 : fatalité ou FLN ?

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catastrophe du barrage de Malpasset

2 décembre 1959 :

fatalité ou attentat FLN...?

 

Ce 22 janvier 2013, un documentaire allemand projeté sur la 7 a affirmé que l'accident du barrage de Malpasset était dû à un attentat du FLN. Il fit 423 morts dans la population française. Le journaliste était assez affirmatif.

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"Le long chemin vers l'amitié - En route vers le traité de l'Élysée", documentaire historique de Michael Mueller et Peter F. Müller (Allemagne, 2012, diffusé par Arte le 22 janvier 2013). Consacré aux difficiles relations politiques de la France et de l'Allemagne de 1945 à 1963, ce film évoque les contacts du FLN algérien avec la Police secrète de la RDA et l'aide apportée au FLN par la RFA et la RDA (fourniture de matériel militaire). L'historien allemand Erich Schmidt-Eenboom y indique que les documents de la Stasi font état d'un projet d'attentat du FLN contre le barrage de Malpasset, attentat qui eut pour résultat la catastrophe de Fréjus. (Wikipedia)

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 Erich Schmidt-Eenboom

Mehr als 400 Menschen starben, als am Abend des 2. Dezembers 1959 der Staudamm Malpasset nahe der Stadt Fréjus in Südfrankreich brach und fast 50 Millionen Kubikmeter Wasser das Tal von Reyran überfluteten. Für die geologischen und konstruktionsbedingten Ursachen könne niemand verantwortlich gemacht werden, so lautet bis heute die offizielle Version von der Katastrophe. Umso ungeheuerlicher ist die Information, die der Autor und Geheimdienstexperte Erich Schmidt-Eenboom seinen Zuhörern in der evangelischen Christuskirche in Frechen-Königsdorf präsentierte : Der Dammbruch sei ein Anschlag der algerischen Befreiungsbewegung, der „Front de Libération Nationale“ (FLN) gewesen, beziehungsweise ihrer „Armee de Liberation Nationale“ (ALN). Und der Bundesnachrichten (BND) habe davon gewusst.

Kritik am BND

Schmidt-Eenboom, Vorsitzender des gemeinnützigen Forschungsinstituts für Friedenspolitik in Weilheim, erforscht und dokumentiert seit Jahren nachrichtendienstliche Aktivitäten und hat mehrere Arbeiten publiziert, in denen er sich äußerst kritisch mit dem BND auseinandersetzt. Unter dem Titel „Im Schatten des Dritten Reiches“ hat er nun zusammen mit dem Politikwissenschaftler Matthias Ritzi seine Recherchen über den deutschen Agenten Richard Christmann veröffentlicht. Der in Lothringen geborene Spion agierte im zweiten Weltkrieg im Dienste der deutschen militärischen Gegenspionage als Doppelagent und wurde nach dem Krieg zunächst Agent der „Organisation Gehlen“, der Vorläuferorganisation des BND, und mit Gründung des BND 1956 dann für diesen tätig.

Auf Einladung des Journalisten Jürgen Streich berichtete Schmidt-Eenboom im Rahmen der Veranstaltungsreihe „Königsdorfer Literaturforum“ von seinen Recherchen. Völlig frei und sachlich präsentierte er den etwa 25 gespannten Zuhörern höchst brisantes Material. Anhand der Geschichte Christmanns belegen er und Ritzi zum einen die personelle Kontinuität in den Geheimdiensten im Dritten Reich und in der Bundesrepublik und andererseits, dass der BND nicht nur Informationen sammelt, sondern eine eigene Politik betreibt und gezielt in internationale Konflikte eingreift.

Als Statthalter der Organisation Gehlen in Tunis sei Christmann zum Beispiel Schlüsselfigur im Algerienkrieg gewesen. Während die deutsche Regierung im Kontext der politischen Bemühungen um den Nato-Partner Frankreich und die deutsch-französische Versöhnung in Nordafrika eine „Schaukelpolitik“ betrieben habe, habe Christmann die Interessen Deutschlands unter anderem durch eine massive operative Unterstützung der antifranzösischen algerischen Befreiungsbewegung forciert.

So habe der BND durch Christmann auch im Voraus vom geplanten Anschlag auf die Talsperre Malpasset gewusst, den französischen Nachrichtendienst aus taktischen Gründen jedoch nicht gewarnt. Aus dem BND-Meldeverkehr gehe darüber hinaus eindeutig hervor, dass der Dammbruch mittels Pressluft verursacht wurde.

Über seinen Freund und französischen Kollegen Roger Faligot erhielt Schmidt-Eenboom Zugriff auf Christmanns Berichte und Aufträge aus Pullach, die seine geheimdienstlichen Tätigkeiten dokumentieren. Auf Nachfrage eines Zuhörers erzählte er, das Christmann selbst Kopien dieser Unterlagen in einem geheimen Depot versteckt und Faligot zugespielt habe, bevor er 1989 in Frankfurt starb. Ebenfalls auf Nachfrage informierte Schmidt-Eenboom, dass er den Wahrheitsgehalt seiner Quellen zum Beispiel durch Gegenrecherchen in den Archiven der amerikanischen CIA und anderer Nachrichtendienste überprüfe.

source

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liens

- explication "naturelle" : http://www.transenprovence.org/article-18201758.html

 

critique

"Énorme connerie dans un documentaire allemand sur Arte. Un type assène qu'en 1959, les services allemands informés de la préparation d'un attentat FLN sur le barrage de Fréjus n'ont pas averti les Français ! Sauf que ce n'était pas un attentat, que je connais le géologue qui a démontré à l'époque que la catastrophe devait tout à la surdité des ingénieurs qui n'ont pas tenu compte des études... Quant au FLN, il a toujours revendiqué ses attentats et en 1959, en métropole, il se contentait de faire sauter les bistros des partisans de Messali Hadj !

Guy Konopnicki (sur Facebook, 24 janvier 2013)

- Konop, il n'y a pas que les bristrots des messalistes qui étaient visés par le FLN en métropole. D'ailleurs, à partir de 1958-59, le FLN l'a quasiment emporté sur les messalistes.... En septembre 1958 (25-26 août), le FLN a organisé un spectaculaire attentat contre le dépôt de carburants de Mourepiane à Marseille.
http://www.ina.fr/fresques/reperes-mediterraneens/fiche-media/Repmed00224?video=Repmed00224

Michel Renard

 - Oui mais le FLN a revendiqué le dépôt de carburant. Mais pas Frejus !

Guy Konopnicki (sur Facebook, 24 janvier 2013)

- je ne suis pas en mesure de vérifier ni de valider cette "révélation"... Mais qu'elle n'ait pas été revendiquée ne signifie pas que son auteur n'est pas celui désigné par cet agent secret allemand... D'un autre côté ne pas le revendiquer lui faisait perdre de son impact politique... mais comme le bilan humain innocent est si élevé, il était peut-être difficile de l'assumer. Le FLN n'a pas revendiqué Melouza non plus.

Michel Renard

 - Seulement il y a les rapports sur la situation du barrage. Un géologue universitaire avait fait un étude de terrain mais les X du corps des mines ont estimé qu'il n'y avait pas de danger. Aucune trace de bombe dans le dossier Francais . Et elle surgit dans prétendu rapport allemand après 60 ans !

Guy Konopnicki (sur Facebook, 24 janvier 2013)

 

- possible... c'est effectivement étrange... Je n'ai pas lu les arguments de l'historien (à qui j'ai écrit... j'attends sa réponse) ni ai eu accès à ces archives... Mais ce n'est pas l'aspect improbable de l'événement qui me convaincra de son irréalité... J'attends des preuves historiennes établies avec scrupule. Raison pour laquelle, nous avons titré l'article d'Études Coloniales : "fatalité ou FLN ?" avec un point d'interrogation...

Michel Renard

 

Il semble que Guy Konopniki ait mal lu l'article en allemand.... : l'ex-agent Eenboom évoque un "Pressluft" (machine à air comprimé) et non une bombe - dont il n'a jamais été question dans son intervention.
La fragilité du terrain aidant, un acte de sabotage devient dans ce cas vraisemblable. Vu le contexte international de la Guerre froide à l'époque, les liens ambigus entre BND (RFA) et STASI (RDA), ainsi qu'entre l'Allemagne qui officiellement soutenait De Gaulle tout en fournissant des armes au FLN (voir le Kofferträger - porteurs de valises - de Claus Leggewie) et De Gaulle lui-même qui officiellement luttait contre le FLN tout en négociant secrètement avec lui, il est difficile de voir clair dans ce sac d'embrouilles...
Mais l'hypothèse d'un attentat-sabotage n'est pas à rejeter. Les historiens feront la lumière sur cette sinistre affaire.

Nicole Guiraud
(25 janvier, 11 h 32)

 

commentaire

Catastrophe de Fréjus : Arte sur la thèse de l'attentat FLN

Le Point.fr - Publié le 24/01/2013 à 08:56 - Modifié le 24/01/2013 à 18:0

 

Selon un documentaire allemand, la rupture du barrage de Malpasset

n'était pas un accident, la thèse officielle en France.

 

Par Emmanuel Berretta

Révélation surprenante d'Arte : la rupture du barrage de Malpasset le 2 décembre 1959, qui a causé plus de 400 victimes à Fréjus, ne serait pas le fait d'un accident, thèse officielle de la France. Selon les services secrets de l'Allemagne de l'Ouest, il s'agissait d'un attentat du FLN.

Ces allégations sont avancées par un documentaire relatant le chemin compliqué de l'amitié franco-allemande, diffusé mardi 22 janvier à 22 heures (visionnage ici). Celui-ci a été produit par la chaîne régionale allemande WDR (en Rhénanie du Nord) et est basé sur de nombreuses archives des services secrets allemands, aussi bien de la RFA que de la Stasi.

Selon le documentaire, l'agent ouest-allemand Richard Christmann (1905-1989) savait où et quand aurait lieu l'attentat du FLN. Il aurait prévenu sa hiérarchie. "On ignore pourquoi les services allemands n'ont pas prévenu leurs homologues français."

Cette thèse bat en brèche un arrêt du Conseil d'État qui, le 28 mai 1971, après des années d'enquête, avait conclu à la fatalité. Le barrage avait été construit cinq ans plus tôt sur une roche discutable et des failles géologiques non décelées lors de la prospection auraient créé un terrain favorable à la catastrophe. Le barrage a cédé à la suite de très fortes précipitations lors des semaines précédant le 2 décembre 1959. On peut revoir sur le site de l'INA le reportage de la télévision française de 1959 relatant la catastrophe de Fréjus.

Le double jeu des Allemands

Si les archives des services secrets allemands sont authentiques, c'est un pan de l'histoire de Fréjus qui mériterait d'être réécrit. Le documentaire d'Arte analyse avec finesse le double jeu des autorités d'Allemagne de l'Ouest lors de la guerre d'Algérie. Officiellement, le chancelier Adenauer soutenait le général de Gaulle. Mais ses services secrets aidaient le FLN...

Contactée par lepoint.fr, la direction d'Arte effectue des recherches auprès de la chaîne WDR pour remonter aux sources du documentaire, les fameuses archives des services secrets allemands. "Si les faits sont avérés, nous reviendrons spécialement sur la catastrophe de Fréjus en y consacrant un documentaire entier", indique Véronique Cayla, la présidente d'Arte.

source

 

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samedi 12 janvier 2013

les harkis, selon l'anthropologue Vincent Crapanzano

Crapanzano, couv

 

les harkis auraient mérité une

analyse plus nuancée

général Maurice FAIVRE

 

Vincent Crapanzano, Les harkis. Mémoires sans issue, Essai, Chicago 2011 (the wound that never heals). Gallimard 2012, 295 pages, 26 euros.

photo_53-160x222 Anthropologue de l'université de New York, l'auteur découvre en 1980 la blessure inguérissable des harkis, alors qu'à l'époque de la guerre d'Algérie, il était partisan des nationalistes et admirait Sartre et Fanon. Il a lu de nombreux ouvrages et rencontré des militants de la cause harkie.

N'ayant pas fait de recherches en archives, ses données historiques contiennent des erreurs (1) qui nuisent à la pertinence de ses réflexions et de celles des témoins. Il reconnaît d'ailleurs que Paulette Péju est peu crédible, Saïd Ferdi excessif, Arfi et Klech confus et peu équilibrés ; beaucoup ne savent rien et se contredisent.

Les thèses des militants concernant les harkis auraient mérité une analyse plus nuancée. Sont-ils vraiment les produits de la domination et du paternalisme colonial, soumis au racisme des Français d'Algérie, à une discipline tyrannique et à l'humiliation, ont-ils été incarcérés dans des camps pendant 20 ans et séparés de leur famille ? Les commandants de camps étaient-ils corrompus, les instituteurs sadiques et incapables ?

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harkis, 1956

Certaines réalités sont heureusement prises en considération : la naissance tardive du nationalisme, les cruautés du FLN, la distinction entre la torture utilitaire des uns et expiatoire des autres, la misère des supplétifs restés en Algérie, la déception de ceux qui retournent dans le bled et la reconnaissance du mieux-vivre en France.

De nombreuses familles se sont bien intégrées, leurs enfants ont eu de remarquables réussites. Mais les pères se sont emmurés dans le silence, certains enfants ne l'ont pas supporté, ils se sont révoltés parce qu'ils ignoraient leur histoire.

S'il n'est pas niable que le gouvernement français a cru à tort qu'il n'y aurait pas de représailles, il n'est pas responsable des massacres, mais de l'improvisation initiale des rapatriements. Il a fallu six mois pour que l'armée prenne l'affaire en main.

Khemisti Bouneb, anthropologue qui a vécu dans ces camps, observe «qu'il y a eu une très grande exagération à propos de ces milieux fermés... parmi les dirigeants de ces camps, il y avait des gens formidables et dévoués... Ce n'étaient pas... des Club Med, il y régnait une discipline stricte, mais ils répondaient aux exigences du moment, à savoir la prise en charge globale de familles rapatriées dans l'urgence».

Maurice Faivre,
historien et ami des harkis

 

1 - Guy Pervillé, Anne Heinis, Jean-Jacques Jordi et Maurice Faivre sont souvent cités, mais plus discutables sont Charles-Robert Ageron, le général Buis, Jean-Pierre Vittori, Michel Roux, Tom Charbit, Dalila Kerchouche et Fatima Besnaci, alors que sont ignorés le général François Meyer, le conseiller d'État Michel Massenet, le docteur K. D. Bouneb, Daniel Lefeuvre et Roger Vétillard. Les erreurs les plus flagrantes concernent - l'évaluation des victimes : ils seraient 6.000 à 45.000 en mai 1945, des centaines jetés dans la Seine le 17 octobre 1961, 1.500.000 Algériens et 55.000 Pieds Noirs disparus, - et les effectifs : 400 SAS, 260.000 pro-français en mars 1962, 85.000 harkis rapatriés. Salan organise le quadrillage, et le plan Challe est situé en 1958.

_____________________________

 

autre erreur :

Aziz Meliani, cité p. 10, n'est général mais colonel de l'armée française.

M.R.

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vendredi 11 janvier 2013

Nicolas Bedos et la Guadeloupe : racisme...

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sanctionner le racisme décomplexé de Nicolas

Bedos, ce serait déjà une réparation

Claude RIBBE

 
 

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Nicolas Bedos, qui se dit humoriste, tient une chronique régulière hébergée sous le titre Le journal mythomane par le site Marianne.
 
À la fin de l’automne 2012, il se rend en vacances à la Guadeloupe et s’inspire de ce séjour pour écrire deux billets qui sont publiés les 9 et 18 décembre, sous le titre Indolence insulaire et Un voyage en Chirac.

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Je ne connais pas Nicolas Bedos et ne je ne m’intéresse pas à ce qu’il fait. Tout ce que j’aurais pu dire de lui avant cette histoire, c’est qu’il était certainement le fils de Guy Bedos, dont je n’ai pu éviter, comme beaucoup de gens de ma génération, les pitreries sur les écrans noirs et blancs de l’ORTF. C’était dans les années soixante-dix. Guy Bedos et Sophie Daumier dansaient le slow et pensaient tout haut. C’était assez drôle. Bedos jouait sur son accent pied-noir. Daumier tenait le rôle d’une blondinette vulgaire.

Par la suite, me sont parvenus les échos de prises de positions plutôt courageuses et intelligentes de Guy Bedos. Mais l’intelligence, le courage et l’humour ne sont pas des vertus héréditaires.
 
Plusieurs lecteurs m’ont signalé que deux billets de Bedos fils, présentés comme humoristiques, contenaient en réalité des propos insultants et véhiculaient les pires préjugés racistes.
 
On m’a demandé de prendre la parole, au nom de ceux qui ne pourraient le faire. Et j’avoue que, lassé d’employer mon temps à fustiger la bêtise – vaste programme ! - j’ai d’abord hésité.
 
trivialité
 
J’ai donc pris la peine de lire. Et ce qui m’a frappé, c’est la trivialité et la lourdeur des textes de ce Bedos-là, qui pourtant ont une prétention littéraire. De toute évidence, ils sont travaillés. Le problème c’est que cela se voit et que cette prose aigre, assez médiocre - il faut le dire - sent la sueur.
 
Dans le premier billet, Bedos se moque de touristes normands égarés sur une plage. Il prend comme cible «une commère aux hanches guadeloupéennes mais à la face carbonisée par un soleil anti-blanc».
 
La présence de touristes normands avec leurs enfants sur une plage de Guadeloupe est bien improbable en dehors des vacances scolaires. D’autant plus que le père est au chômage. On peut penser que les personnages de la «truie en tongs» et de son «marcassin» de fils qui porte un prénom de feuilleton américain sont inventés.
J’imagine plutôt Bedos sur la grève privée de l’hôtel de la Vieille Tour, se prélassant parmi les hôtesses d’Air France.

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Pourquoi des «hanches guadeloupéennes» ? Le texte laisse penser que l’obésité serait l’une de caractéristiques des Guadeloupéens.
 
paternalisme colonial
 
Apparaît ensuite le personnage de Gilles. C'est un «génie» parce qu’il manie habilement la langue française. Sur ce point, Bedos se sent qualifié et, même s’il se surveille, il a beaucoup de mal à réfréner ce qu’il faut bien appeler son paternalisme colonial. Bedos serait l’intellectuel de référence ayant accès au monde des éditeurs parisiens. Ne vient-il pas fêter un succès littéraire ?
 
Gilles, lui, est présenté comme un «guide». Nous sommes bien dans la brousse. Et c’est à ce moment là que le mot est lâché. Gilles est le «merveilleux produit de l’indolence insulaire».
 
On comprend dès lors l’obésité, les «hanches guadeloupéennes». Les Guadeloupéens sont indolents, nonchalants, paresseux.
 
Gilles aussi est indolent, comme les autres, comme moi sans doute. Son habileté syntaxique, il ne veut rien en faire. Il n’écrira pas de romans. « Il tape sur les bambous et ça lui va bien» fredonnerait Philippe Lavil, le chantre des békés.
 

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Je repense à l’eau de toilette du sketch de Guy Bedos. «Drôlement incommodante !» soupirait Sophie Daumier. L’eau de toilette du fils Bedos, tout aussi incommodante, c’est celle de Jean-Paul Guerlain. Ce dernier, lui aussi, ironisait publiquement sur l’indolence des «noirs».
 
Au moment de terminer son billet, Bedos est frustré. Comme il s’est surveillé, il n’a pas dit l’essentiel : la couleur de peau de Gilles. Car toute la page tourne autour de cela. Le soleil de la Guadeloupe est anti-blanc. Les Guadeloupéens, eux, peuvent s’exposer sans risque. Leur peau est différente. Ils sont bien à leur place sur cette île à ne rien faire.
 
«Enculé de nègre !» explose alors Bedos.

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"enculé de nègre !"

 
L’humoriste, qui  prône pourtant le mariage pour tous, semble oublier que c’est là un terme de mépris tendant à stigmatiser les homosexuels.
 
Bedos traite-il son «guide» d’«enculé de nègre» pour exprimer son admiration ? C’est ce qu’il dira certainement pour se défendre.
 
En réalité, la formule est gratuite. Et elle est injurieuse. Bedos méprise les « nègres » et particulièrement les nègres Guadeloupéens. Ce sont des «enculés» et des paresseux. Ils ont bien de la chance d’être des «assistés» et de vivre du tourisme.
Bedos, dans ce texte, régurgite les pires clichés esclavagistes.
 

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Le mythe de l’indolence des nègres remonte au XVIIIe siècle. Il est associé à la croyance que les Africains seraient insensibles à la douleur (le sens étymologique du mot indolence). Pour les faire travailler, il fallait les frapper d’une manière particulièrement violente.
 
insensible à la douleur
 
S’ils ne criaient pas sous les coups de fouet qui leur entaillaient la chair, s’ils ne suppliaient pas quand on les amputait pour avoir tenté de résister, ce n’était pas du fait de leur courage ni de leur dignité. Non, c’était parce qu’ils ne sentaient rien. Et s’il fallait ainsi les punir, c’était parce que la nature du «nègre» est d’être réfractaire au labeur autant qu’insensible à la douleur.
 
Et beaucoup d’esclaves, en effet - entre 1635 et 1794, date de la première abolition de l’esclavage, puis entre 1802, date du rétablissement, et 1848, date de l'abolition définitive - beaucoup d'esclaves ont été contraints à la sodomie par leur maître. Cela n’est jamais dit.
 
On parle du viol des femmes, jamais de celui des hommes, stratégie d’humiliation couramment pratiquée dans les colonies, mais jamais révélée. Elle a pourtant laissé des traces dans l’inconscient collectif, au point que, de manière paradoxale, Louis-Georges Tin, président du CRAN par ailleurs autoproclamé porte-parole des homosexuels, ne manque pas une occasion de fustiger la prétendue homophobie de la «race noire» et des descendants d’esclaves qu’il prétend également représenter.
 
Le 9 janvier 2013, le tweet d’un émule de Bedos qui signe «Bibi Moldawhisky» résume bien ces fantasmes coloniaux refoulés qui réapparaissent dans le billet de l’humoriste : «Je me taperais bien Roselmack, même si  je n’aime pas les noirs.»

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Harry Roselmack

Bedos, plus discret, s’est borné à indiquer que sa zone érogène, quand il s’agit de beau langage, serait en forme de clitoris.
 
Au cas où l’on aurait eu le moindre doute sur ses intentions injurieuses et racistes, Nicolas Bedos a récidivé le 18 décembre. Après être revenu sur le «cul créole» et les «lourds nibards» d’une Martiniquaise qui font pendant aux «hanches guadeloupéennes» du précédent billet, il évoque à nouveau son séjour aux Antilles par la nostalgie des «plages d’autochtones oisif » avant de se plaindre de son «odieux chauffeur de taxi chinois ». On aura reconnu le «niakoué» des films de Luc Besson.
 
pleurer ou vomir
 
Bien sûr, Guy Bedos est un humoriste. C’est du moins ce qu’il répète. Il faudrait donc accepter tout ce qu’il dit avec humour.
 
J’apprécie les humoristes quand ils me font rire. Mais quand ils me donnent envie de pleurer ou de vomir, il me semble que je ne suis pas en cause.
 
Une association a déposé plainte le 9 janvier 2013 pour injures racistes contre Nicolas Bedos. La réaction de l’intéressé est aggravante. Au lieu de s’excuser d’avoir blessé quelques millions de ses compatriotes, Bedos injurie de nouveau.
 
Les gens qui l’accusent sont forcément des «imbéciles», des demeurés qui «n’arrivent pas à comprendre» la finesse du fils de Guy Bedos. Et quand on est le fils de Guy Bedos, on est, par le droit du sang, au dessus de tout soupçon. Il serait temps au contraire de faire le procès de ces associations qui s’insurgent contre le racisme.
 
Cette réaction d’enfant gâté est consternante. Outre le fait qu’il ressemble beaucoup à son père physiquement, Nicolas Bedos a eu beaucoup de chance dans sa jeune vie. L’école bilingue, où se côtoient les fils et les «filles de» moyennant une redevance mensuelle qui  rivalise avec le salaire de beaucoup d’«enculés de nègres», les portes des chaînes de télévision, des éditeurs et des grands théâtres parisiens ouvertes pour lui à deux battants des l’âge de dix-huit ans…
 
Les portes, quand on est un «enculé de nègre», ne s’ouvrent pas si facilement. On a juste le droit de se mettre devant, pour faire peur, avec une oreillette et un brassard.
 
Ce n’est pas un hasard si ce Nicolas est le fils d’un homme qui s’est illustré dans un film dont le titre était «Le pistonné».
 
Mais le piston ne donne pas tous les droits.
 
La question n’est pas de savoir si notre «humoriste» est raciste ou pas. Ses deux billets le sont et ils sont indiscutablement injurieux. L’injure publique, surtout si elle et à caractère raciste, est punie par la loi.
 
Le problème n’est pas que l’association Collectifdom ait déposé une plainte, c’est que d’autres associations ne l’aient pas fait plus tôt.
 
Cette plainte est fondée et elle aboutira très certainement à la condamnation de Nicolas Bedos, qui est du reste un récidiviste de l’injure.
 
J’ai beaucoup de respect pour Guy Bedos, mais je n’aurai pas d’état d‘âme s’il faut aller témoigner à charge contre son fils.
 
On peut certainement rire de tout, et même du désespoir. Encore faut-il avoir du talent.
 
Se moquer de l’obésité des Guadeloupéennes, quand il a fallu légiférer pour que l’on cesse d’augmenter la teneur en sucre des produits laitiers destinés à l’outre mer n’est pas le propre d’un esprit pénétrant.
 
Évoquer publiquement «l’indolence et l’oisiveté» des Antillais en mettant clairement ces défauts en relation avec la couleur de peau des intéressés, ce n’est pas une opinion. C’est un délit.
 
Les circonstances sont d’autant plus graves si Nicolas Bedos revenait vraiment de la Guadeloupe. Doté d’un soupçon d’humanité, il n’aurait pas manqué de comprendre que si le taux de chômage y est beaucoup plus élevé qu’en France hexagonale, ce n’est pas du fait de l’indolence des Guadeloupéens.
 
S’il avait parlé aux jeunes de son âge, il aurait constaté que beaucoup d’entre eux, qui ont obtenu des diplômes (ce qui ne lui était pas nécessaire à lui pour réussir) ne trouvent pas d’emploi.
 

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S’il  s’était efforcé de comprendre l’histoire de ces îles, il se serait aperçu que l’esclavage y a laissé des séquelles, dans les mentalités et dans la vie quotidienne.
Si Nicolas Bedos n’avait pas été raciste, il aurait eu le cœur gros et il aurait sublimé cette peine en s’en prenant non pas aux victimes, comme il a eu la lâcheté de le faire, mais aux coupables.
 
Au moment où une femme descendante d’esclaves, pour exprimer son découragement, assigne l’état français pour obtenir réparation au nom de ses ancêtres, les billets racistes de Nicolas Bedos ne sont pas les bienvenus.
La liberté d’expression est un droit sacré. Mais que vaudrait-elle si le législateur n’avait prévu des garde-fous qui donnent à réfléchir à ceux qui, pour faire les intéressants, en abusent avec une telle légèreté ?
 
Ce billet ne sera pas peut-être pas repris dans les médias où Bedos aura tout le loisir de s’exprimer et de m’insulter s’il le souhaite.
 
Il exprime néanmoins, j’en suis sûr, l’opinion de tous les «enculés de nègres», peut-être dépourvus d’esprit et d’humour, mais dont je suis fier d’être le porte-parole.
 
Autant il est contreproductif d’intenter des procès irrecevables, de gesticuler et d’attaquer les ministères sous prétexte de mémoire de l’esclavage, autant il est nécessaire que des associations fassent, quand c’est nécessaire, respecter la volonté générale.
 
L’esclavage, bien qu’aboli,  a laissé des séquelles. Le racisme en est la plus insupportable.
 
Et sanctionner le racisme, c’est déjà une réparation.
Claude Ribbe
 

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                                  Claude Ribbe

 

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mercredi 9 janvier 2013

une biographie sur Frantz Fanon, de David Macey (Marc Michel)

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Fanon, "un écorché vif"

une biographie hagiographique

Marc MICHEL

 

David MACEY, Frantz Fanon, une vie, traduit de l’anglais par Christophe Jacquet et Marc Saint-Upéry, Paris, La Découverte, 2011, 597 pages, 8 cartes, index.

Frantz FANON, Œuvres, Peau noire, masques blancs, L’An V de la Révolution algérienne, Les Damnées de la Terre, Pour la révolution africaine, Paris, La Découverte, 2011, 884 pages.

 

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Frantz Fanon fut presque un mythe dans les années 1960, considéré comme un des prosélytes du tiers-mondisme violent ; il est bien oublié aujourd’hui comme beaucoup de révolutionnaires romantiques de ces années embrasées.
Avec cette hagiographie documentée, il fait l’objet d’une résurrection quelque peu inattendue. Car il s’agit d’une hagiographie où il est difficile de trouver des réserves envers un théoricien de la violence «juste» des «damnés de la terre» pendant la guerre d’Algérie, un intellectuel révolutionnaire qui n’a partagé aucun des doutes d’un Camus, ce dernier accusé, au passage, par l’auteur d’avoir «partagé la plupart des préjugés des pieds-noirs» (p. 499) ; celui-ci ne semble donc pas avoir lu les Chroniques algériennes de l’écrivain pied-noir.
Ce qu’on retint alors de Frantz Fanon a été son engagement qui l’a mené à devenir une sorte d’ambassadeur itinérant du FLN avant sa mort, à 36 ans, d’une leucémie le 6 décembre 1961 dans un hôpital américain à Washington et, paradoxalement, un écrit, dont il ne fut pas l’auteur, la préface de Sartre aux Damnés de la Terre, en 1961.

L’auteur, professeur honoraire de traductologie de l’Université de Nottingham, a entrepris son travail sous l’émotion d’un souvenir de jeunesse lorsqu’il fut témoin d’un de ces lamentables «délits de faciès» qui émaillaient - émaillent - les contrôles de police ; il venait de découvrir les Damnés de la Terre et L’An V de la Révolution algérienne dans la librairie de François Maspero.

monumentale biographie

L’entreprise aboutit en 2000 à cette monumentale biographie, traduite et publiée aujourd’hui avec une postface engagée d’actualité dont la signification lui parait se résumer dans une réflexion empruntée à Peau noire, masques blancs : «l’explosion n’aura pas eu lieu aujourd’hui. Il est trop tôt … ou trop tard».

Car Frantz Fanon fut d’abord un médecin martiniquais avant d’être un révolutionnaire algérien. On ne résumera pas ici sa vie courte - il est mort à 36 ans, - mais particulièrement riche, retracée dans le détail par David Macey. Celui-ci commence son ouvrage par un chapitre sur la mémoire dont il ressort qu’autant l’oubli l’a emporté en France, autant le souvenir de Fanon a «proliféré» parmi les révolutionnaires du Tiers-monde, du Frélimo mozambicain au FIS algérien et aux États-Unis, depuis la vogue des études «postcoloniales».

Ensuite, David Macey suit pas à pas son héros dans sa jeunesse en Martinique dans un milieu «petit-bourgeois», sa participation dans la Seconde Guerre mondiale comme simple soldat  déjà très critique sur son engagement «pour défendre un idéal obsolète» (p. 123), sa formation en France, à Lyon, parce qu’il y avait «trop de nègres à Paris» (p. 136) et ses premières expériences de médecin psychiatre à Saint Yilié près de Dole puis à l’hôpital Saint Alban-sur-Limagnole, près de Mende où il profite de l’influence d’un médecin pratiquant une psychiatrie de pointe, Francis Tosquelles.

Revenu à Fort de France en 1952, il entre en contact avec Francis Jeanson qui accepte de rédiger une grosse préface au livre que Fanon publie alors au Seuil, Peau noire, masques blancs. Pour le jeune médecin, il n’a que 27 ans, c’est une reconnaissance littéraire, sinon scientifique, de son expérience vécue et de ses observations médicales ; il y puise une réflexion théorique à l’écart du marxisme, mais aussi de la «Négritude» senghorienne, fondée sur la différence ethnique comme inhérente à la situation coloniale, différente cependant de la réflexion d’Octave Mannoni dont la De la Psychologie de la colonisation a paru deux ans plus tôt. Derrière le travail théorique, se profile un trait de la personnalité de Fanon, décelé déjà par son compatriote poète Edouard Glissant : Fanon, «écorché vif» (p. 137).

Après sa réussite à l’examen de  médecin psychiatre en juin 1953, il est affecté en Algérie à Blida, au sud de la Mitidja, où il arrive fin 1953 avec sa femme Josie qu’il vient d’épouser. Il ne connait rien de l’Algérie. Il y trouve une vie confortable, «gagnant plus que le Français moyen d’Algérie», se consacre à son travail avec une impressionnante et redoutable volonté (les «soins» psychiatriques étaient encore très brutaux) et il tente d’imposer de nouvelles techniques : la «thérapie occupationnelle» et le recours à la psychanalyse.

virage décisif, fin 1956

Mais sa méconnaissance de l’arabe et du berbère est évidemment un handicap qu’il a du mal à surmonter. Lorsqu’éclatent les «événements» d’Algérie, en novembre 1954, l’engagement de Fanon est très problématique et il le restera longtemps.
En février 1956, le docteur Fanon est encore légaliste au point d’avertir Mandouze de l’éventualité d’une provocation droitiste à l’occasion de la venue de Guy Mollet à Alger. Il ne prend le virage décisif qu’à l’extrême fin de 1956 en présentant sa démission suivie de son expulsion en janvier 1957. Dès lors commence pour lui un «exil» en France puis en Tunisie ; il est impossible de dire qu’il a choisi la «nationalité algérienne», puisqu’elle n’existait pas encore, mais «à ses propres yeux, il n’était plus français» (p. 323).

Il est difficile aussi de bien connaître ses activités qui paraissent alors avoir été plus d’ordre théorique que pratique de médecin ; il devient surtout un porte-parole intransigeant du FLN, un polémiste «efficace» et un  collaborateur d’El Moujahid. À la fin de 1958, commence la dernière période de sa vie comme délégué du GPRA dans les pays africains. À ce titre, il participe à la Conférence des Peuples africains réunie par Nhrumah à Accra où il rencontre pour la première fois  les leaders révolutionnaires de l’Afrique noire ; il se lie curieusement à deux hommes aussi opposés que Holden Roberto (leader nationaliste angolais) et Félix Moumié (leader de l’Union des Populations camerounaises) et déclare sa foi en Sékou Touré (il est vrai encore auréolé de la gloire du «non» à de Gaulle).

Le FLN le délègue au sud dans le front éloigné de la wilaya sud au Sahara, ce qui peut ressembler aussi à l’éloignement. Mais, surtout, ses nouvelles relations africaines en font en 1960, année des indépendances, le recruteur d’une mythique Légion africaine avant de revenir bredouille et épuisé à Tunis. Il continue cependant sa mission de commis-voyageur de la cause algérienne, dans les pays socialistes, à Moscou ; il écrit et publie de multiples articles militants, et, par les soins de François Maspéro, L’An V de la Révolution algérienne en 1959 et en 1961 son livre majeur Les damnés de la terre, préfacé par Sartre.

L’accueil fut mitigé ; Jean Daniel, pourtant ouvert aux thèses anticolonialistes désavoua  Sartre et Fanon dont l’ouvrage lui parut une apologie de «l’assassinat rédempteur… annonciateur des justiciers barbares» (p. 493). À posteriori, les jugements sont encore plus sévères : un ouvrage «hétéroclite», estime David Macey lui-même, on n’y observe «nulle trace de recherche documentaire», où se mélangent «les impressions de ce qu’il a vu des États nouvellement indépendants d’Afrique noire et une description cauchemardesque de l’Algérie coloniale» (p. 480-481). Au total, le lecteur peut s’interroger sur les raisons qui ont pu le faire considérer comme la cette soi-disant «Bible du tiers-mondisme».

 

livre militant pour une cause mémorielle

David Macey ne cache pas sa sympathie pour son héros. Malgré des manifestations d’adhésion ici ou là à son romantisme révolutionnaire péremptoire, force est de constater que l’idéologie de Fanon, et son engagement, correspondaient à une époque bien dépassée et que Fanon reste «une figure mystérieuse et inclassable» (p. 29).

Mais l’auteur écrit par émotion (au départ, un souvenir) et comme la vie de Fanon peut finalement se résumer brièvement, il nous assène de multiples développements sur l’histoire des lieux où Fanon a vécu ou milité. Le problème est que cette mise en contexte est loin d’être historiquement sûre. On ne saurait juger ici de la validité des développements théoriques (intéressants) sur la psychiatrie et la psychanalyse qui accompagnent plusieurs chapitres.

Par contre, on ne peut qu’être critique envers les très longs développements sur l’histoire des relations franco-algériennes, lue à travers des ouvrages de seconde main ou des publications engagées, très rarement des travaux d’historiens et aboutissant à des énormités telle que celle-ci «La France fit la conquête de l’Algérie le fusil dans une main de la quinine dans l’autre» (p. 233) ou qualifiant le massacre de Mélouza «d’incident» (p. 373).

La volonté de «bien faire comprendre» aboutit à des dizaines et des dizaines de pages plus ou moins hors sujet, les unes totalement tel un récit sommaire de la bataille de Dien Bien Phu (p. 263), les autres  faisant illusion et trahissant, en réalité, la complexité des problèmes de la guerre d’Algérie, voire de l’histoire de France elle-même. Approximativement appréhendée, elle se traduit par des erreurs parfois amusantes, par exemple lorsque l’auteur attribue à «un membre du Parti communiste» la loi de fermeture de maisons closes en 1946 ; Madame Marthe Richard eût été surprise de cette affiliation ! Détail, certes, mais qui rend soupçonneux.

Au total, un gros livre, une biographie minutieuse, une mise en contexte qui n’apporte rien de nouveau, un livre militant pour une cause mémorielle qui peut paraître fort datée. Les plus âgés d’entre nous y trouveront le souvenir d’une époque où l’engagement était «naturel», les plus jeunes l’évocation d’un personnage sulfureux qui déchaîna quelques passions parmi les intellectuels de gauche à l’époque.

Un mérite de l’ouvrage est sans doute de rappeler que Les damnés de la Terre (quel beau titre !) ne doivent pas occulter Peau noire, masques blancs, à notre sens le livre vraiment majeur de Frantz Fanon. Fort opportunément, les éditions de La Découverte ont édité en livre de poche les œuvres complètes de Fanon, ce qui permettra au lecteur d’en juger.

Marc MICHEL
Université de Provence

 

- décès de David Macey

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Fanon

 

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Franz-Fanon

 

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dimanche 6 janvier 2013

centre des Archives nationales d'outre-mer

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voeux du centre des

Archives nationales d'outre-mer (ANOM)

 

Sans titre

 

- http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/anom/fr/

 

 

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