mercredi 1 mars 2006

Lettre ouverte à Arte (Gilbert Meynier)

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Lettre ouverte à Arte

au sujet des "Trois couleurs de l'empire"


Donner la parole à un médiaticien dans le vent,

quoiqu'il dise et sans aucune contrepartie, me surprend

Gilbert MEYNIER



Gilbert MEYNIER
Professeur émérite à l'université Nancy 2
Spécialiste de l'histoire de l'Algérie
Le 5 février 2006

ARTE G.E.I.E.
Service téléspectateurs
4, quai du chanoine Winterer
67080 STRASBOURG CEDEX

Monsieur,

J'ai essayé de vous envoyer cette lettre par internet mais je ne suis pas arrivé à faire fonctionner la procédure. Je vous écris donc de manière plus traditionnelle.

Professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université Nancy 2 et spécialiste de l'histoire de l'Algérie, j'ai le regret de vous faire savoir que j'ai été déçu, voire irrité, par l'émission du 1er février, «les trois couleurs d'un empire», quelles qu'aient pu être les bonnes intentions dont elle était pavée. Comme cette émission a surtout eu pour sujet l'Algérie, je me sens quelque peu autorisé à vous faire tenir mon sentiment.

À côté de vrais savants comme Annie Rey-Goldzeiguer et Bruno Étienne, cette émission a longuement et complaisamment donné la parole à des gens qui sont, à mon sens, davantage des entrepreneurs d'idéologie fonctionnant à la médiatisation de «ce qui mousse» dans l'air du temps que des historiens à même de rendre compte de toute la complexité du divers historique, c'est-à-dire aussi éloignés de la complaisance que du manichéisme. J'y ai bien reconnu les thématiques des «Indigènes de la République», lesquels ont coutume de se bloquer sur les malheurs du passé pour rendre compte des duretés du présent.

Oser par exemple affirmer avec aplomb, et sans qu'aucune contradiction n'ait été prévue, par les concepteurs de l'émission, à cette affirmation, que les policiers d'aujourd'hui matent les «jeunes de banlieues» de la même manière que cela était fait à l'encontre des «indigènes» lors du processus de répression coloniale, c'est évidemment erroné, et ce n'est pas faire preuve de cette sérénité dont l'historien ne doit jamais se départir. Donner la parole à un médiaticien dans le vent, quoiqu'il dise et sans aucune contrepartie, me surprend et me déçoit de la part d'une chaîne comme Arte, d'un niveau généralement, et de loin, heureusement bien supérieur.

Au surplus, ne considérer les «indigènes» que sous l'angle de leur rapport à la domination coloniale, c'est ne pas voir le cheminement de leur existence propre en tant qu'êtres humains. L'histoire des Algériens avant 1962 avait heureusement, aussi d'autres facettes, et cette histoire ne s'est pas arrêtée en 1962. Les colonialistes fonciers ne sont donc pas uniquement, en l'occurrence, ceux qui sont visés par l'émission. J'ai peur qu'ils soient, aussi, ceux qui ont conçu ladite émission et ceux auxquels ils y ont de manière appuyée donné la parole.

J'ajouterai que, en temps de parole, deux Algériens seulement ont été interviewés : Hassan Remaoun quelques secondes, et Mohammed Harbi, le plus grand historien algérien légèrement plus longtemps. Au total, la quasi-totalité de l'émission a été occupée par des prises de parole françaises. Cela me paraît à l'évidence aller à l'encontre du parti-pris anticolonialiste ordinaire affiché par l'émission. Si vous me l'aviez demandé, j'aurais pu vous fournir une longue liste d'historiens algériens, notamment de jeunes chercheurs qui sont de vrais savants et pas des idéologues.

Avec mes regrets, je vous prie de croire, Monsieur, à mon meilleur compliment,

Gilbert Meynier

***


- à lire : un commentaire/analyse plutôt favorable à ce documentaire, sur le site du CNDP par Patrick Mougenet, professeur d'Histoire.

- les derniers ouvrages de Gilbert Meynier


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Posté par michelrenard à 23:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


mardi 28 février 2006

direction "Études coloniales"

intro
le temps colonial : une "aventure" ou une "fracture"...?



direction

de l'association "Études coloniales"



L'association "Études coloniales" a été créée et est dirigée par :


m_Dany

président : Daniel LEFEUVRE
professeur à l'université Saint-Denis/Paris VIII
Algérie coloniale, Maghreb, histoire économique
- Pour en finir avec la repentance coloniale (Flammarion, 2006)


 

m_Marcvice-président : Marc MICHEL
professeur émérite à l'université de Provence
Afrique coloniale, décolonisation, Première Guerre mondiale
- Gallieni (Fayard, 1989)
- Décolonisation et émergence du tiers-monde (Armand Colin, 2005)



Claire_13_juillet_2009

secrétaire : Claire VILLEMAGNE-RENARD
doctorante à l'EHESS
Indochine coloniale, Tonkin, microstoria, prosopographie coloniale

blog : Pionniers du Tonkin, 1872-1894


m_MR___Port_Cros___copiesecrétaire : Michel RENARD
doctorant Paris VIII
Histoire islam en métropole, islam et Maghreb colonial

blog : islam en France, 1830-1962




contact
michelrenard2@aol.com


Brazza_Jean_Martin


Imperia


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Posté par michelrenard à 23:39 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

Objectifs de l'association "études coloniales"

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École de Kaya. Leçon de langage en plein air (Haute-Volta, 1945/1958)
source : base
Ulysse du Centre des Archives d'Outre-Mer (Caom à Aix-en-Provence)


Objectifs de l'association

"Études Coloniales"


L'association "Études Coloniales" a pour but :

- d’encourager par tous les moyens appropriées, les recherches consacrées à l’histoire coloniale et post-coloniale, à l'histoire des constructions mémorielles et des immigrations d’origines coloniales ;

- de promouvoir la diffusion, en France et à l’étranger, des résultats de ces recherches, notamment par la publication d’une revue sur support hypermédia, Études coloniales, l’organisation de colloques, de conférences, etc.

- de contribuer à la formation des enseignants, journalistes, agents sociaux et administratifs, personnels de justice et fonctionnaires territoriaux dans le domaine des cultures coloniales et post-coloniales, des constructions mémorielles et des immigrations d’origines coloniales.

Elle édite une revue en ligne sur ce site, qui paraîtra dans quelques semaines.

Les responsables de l'association "Études Coloniales" sont des universitaires et des chercheurs qui refusent les problématiques du "jugement", de "l'apologie" ou de la "repentance", et qui accordent la priorité à l'intelligibilité historique du temps colonial dans la diversité et la complexité de ses déterminations et de ses manifestations.

Février 2006

contact
michelrenard2@aol.com


bilan, février 2008 - la revue annoncée n'a pas été mise en oeuvre mais le site fonctionne bien : plus de 180 000 visiteurs, plus de 400 000 pages lues ; plus de 300 articles (tous genres) publiés ; une audience internationale (vérifiable dans l'origine géographique des visiteurs fournie par la plate-forme du blog).


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Études Coloniales



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vendredi 27 janvier 2006

L'indigénat (dossier à venir)



L'indigénat (dossier à venir)




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Posté par michelrenard à 07:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]