jeudi 28 décembre 2006

Origines géographiques des visiteurs de ce blog (28 décembre 2006)

http://soulalain.blogs-de-voyage.fr/images/medium_tunisie-drapeau.3.gif
drapeau de la Tunisie



Origines géographiques des visiteurs

du blog "Études Coloniales"

28 décembre 2006




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(cliquer sur l'image pour l'agrandir)


- Près de la moitié des visiteurs, en cette fin de matinée du jeudi 28 décembre 2006, proviennent de Tunisie.


Tunisie coloniale

http://www.affiche-francaise.com/images6/ElmekkiTunisie.JPG
Elmekki, 1954 (source)


25FR_MC_Tun
Tunisie, médaille coloniale pour les opérations de 1881 (source)
(cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Diapositive1
Tunis, la gare française


mus_e_du_Bardo
musée du Bardo (Tunis)


L'image “http://www.tunecity.net/IMG/jpg/sfax-loubet.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
Sfax (Tunisie), rue Émile Loubet


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mardi 26 décembre 2006

Origines géographiques des visiteurs de ce blog (26 décembre 2006)

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Origines géographiques des visiteurs

du blog "Études Coloniales"


26 décembre 2006




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Noël 1952 à Djidjelli (Algérie)


Noel52
cliquer sur l'image pour l'agrandir


source : Suzanne Granger


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vendredi 22 décembre 2006

liste des correspondants d'Études Coloniales

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correspondants d'Études Coloniales





en cours de constitution


Tunisie

- Ahmed JDEY (Tunis)                                                 ahmedjdey@gmail.com


Algérie

-


Maroc


Sénégal

-


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- la télégraphie aérienne des frères Chappe, en Algérie

La conquête de l'Algérie commence en 1830 et pour appuyer les opérations militaires, on décide de construire une ligne télégraphique partant d'Alger à partir de 1838. Les lignes se développent au fur et à mesure des besoins le long de la côte méditerranéenne avec, de place en place, des ramifications vers le sud.
À l'origine, le système est militaire, mais ne donne pas les résultats escomptés. On fait donc appel à l'administration télégraphique civile, à partir de 1840, parce qu'elle possède l'expérience nécessaire. lire la suite


T_l_graphe_Belloc_Alg_rie
poste de télégraphe en Algérie




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mercredi 20 décembre 2006

L'esclavage en noir et blanc

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L'esclavage en noir et blanc

Europe du Sud, Maghreb, Machreq, Turquie,

du Moyen Âge au XXe siècle


empreintes.jpg

Table ronde

organisée par Roger BOTTE & Alessandro STELLA

Centre d'études africaines - Centre de recherches historiques



vendredi 19 janvier 2007, 15 h à 19 h

 

105, bd Raspail - Paris 6e (salle 7)

 


De l'Europe du Sud au monde ottoman et barbaresque, cohabitèrent des esclaves de différentes couleurs, origines, religions. Loin d'être une institution anecdotique, cet esclavage concerna, sur la longue durée, des millions de personnes. Or, l'attention des historiens et des anthropologues, focalisée sur la servitude atlantique, n'a pas été à la mesure de l'ampleur du phénomène méditerranéen et transsaharien. On s'intéressera à l'analyse comparative des formes diverses d'assujettissement, à la multiplicité des conditions, au traitement des esclaves, à leur utilisation, aux possibilités de sortie de la sujetion, selon la couleur, la religion et le sexe aux différentes époques.
La table ronde s'inscrit dans une réflexion préalable à la publication d'un ouvrage. Il n'y aura donc pas d'exposés définitifs mais, à partir de quelques textes introductifs, un débat avec les participants sur la pertinence de la problématique.

Contacts
alessandro.stella@wanadoo.fr
botte@ehess.fr


Evelyn Tajetti, Couleurs Méditerranée, source, ©


L’ESCLAVAGE EN NOIR ET BLANC

Europe du Sud, Maghreb, Machreq, Turquie,

du Moyen Age au XXe siècle


Pour plusieurs raisons, l’opinion publique occidentale, et même une partie de l’opinion universitaire, associent l’esclavage avec les Noirs, et en particulier avec la traite transatlantique. L’équation posée esclave égal Noir est dès lors utilisée à des fins politiques, par des prétendue «communautés noires» en France ou aux États-Unis, ou par des États africains au sein des institutions internationales.

Il est certain que l’esclavage des Africains a alimenté le racisme envers les personnes à peau noire, et que ce racisme a lui-même justifié et alimenté l’esclavage de Noirs. Certes, l’esclavage de Noirs présente une spécificité parmi les esclavages, comme le génocide des Juifs garde une singularité par rapport aux autres génocides de l’histoire ; mais valider l’équation esclave = Noir est impropre au regard de l’histoire. Fonder un combat politique sur un postulat erroné ne saurait aboutir à des résultats justes. Mieux vaut regarder l’histoire en face pour essayer de comprendre ce qu’est l’esclavage, et cerner les facteurs de l’exploitation et de l’oppression.

Sans remonter à l’Antiquité gréco-romaine, et en laissant de côté la moitié de l’humanité (l’Asie), nombreux sont les exemples qui montrent que l’esclavage n’a pas été d’une seule couleur. Il faut aussi rappeler que la traite transatlantique d’Africains, devenue aujourd’hui synonyme d’esclavage, fut organisée pour pallier le fait que des raisons multiples (catastrophe démographique, convenances politico-stratégiques, intérêts et choix d’évangélisation) avaient fortement limité l’esclavage des Indiens du Nouveau Monde à partir du milieu du XVIe siècle. Mais au cours du premier demi-siècle de colonisation des Amériques, l’esclavage des Indiens avait été de loin supérieur à celui des esclaves importés à grands frais d’Afrique. Les Conquistadores avaient compris qu’il valait mieux mettre en servitude les Indiens par d’autres moyens. Et qui sait si l’histoire des traites esclavagistes n’aurait pas connu un autre cours, si les Turcs n’avaient pas coupé le robinet des «slaves» aux Européens d’Occident ? Quoi qu’il en soit, en se tenant grosso modo à la périodisation de la traite transatlantique, l’espace méditerranéen donne à voir un esclavage multicouleur.

De l’Europe du Sud au monde ottoman et barbaresque, cohabitent des esclaves de différentes couleurs, origines, religions. Dans l’Espagne chrétienne des XVIe-XVIIIe siècles, on trouve des esclaves noirs arrivés par la traite atlantique, et des esclaves blancs importés du Maghreb ou  de la Méditerranée Orientale, via la course maritime, les razzias à partir des «presidios» et l’achat sur les marchés d’Orient. Dans l’Espagne musulmane des siècles précédents, le spectre des couleurs de l’esclavage était sensiblement le même : des noirs importés par la traite transsaharienne, et des blancs capturés dans la péninsule Ibérique ou sur mer, ou encore achetés sur le marché des esclaves slaves.


miniature persane, Hariri, XIIIe siècle,
marché aux esclaves (BnF)

En Sicile et en Italie du Sud, nous constatons une belle constance pluriséculaire, des derniers siècles du Moyen Age jusqu’au XVIIIe siècle inclus, de présence d’esclaves noirs amenés là par la traite transsaharienne, et des esclaves blancs d’origine slave et orientale. Sur la rive Sud de la Méditerranée, les esclaves blancs provenant du monde chrétien (catholique et orthodoxe) ont coexisté, aussi bien au cours des derniers siècles du Moyen Age qu’à l’époque moderne, avec les esclaves noirs acheminés par la traite transsaharienne. En Turquie et dans la Méditerranée orientale, l’éloignement de l’Atlantique n’a pas empêché de voir la présence concomitante d’esclaves blancs (slaves, caucasiens, occidentaux) et d’esclaves noirs venant du «Soudan».
Il ne s’agit pas, bien entendu, d’un esclavage anecdotique mais, tout compte fait, nous parlons de millions de personnes. Sauf que l’attention d’historiens et anthropologues n’a pas été à la mesure de l’ampleur du phénomène. Une bien curieuse lacune, notamment, renvoie le métissage immédiatement aux Amériques, alors que la Méditerranée a été un creuset pluriséculaire du phénomène biologique et culturel appelé métissage.

Il nous paraît donc de première importance, de rappeler d’abord cette évidence par trop négligée, et ensuite d’analyser comparativement cet esclavage méditerranéen avant, pendant et après l’expansion européenne par l’Atlantique. Nous voudrions pousser l’analyse loin sur le terrain du traitement, de l’utilisation, de la considération des gens nommés esclaves.

Les différences de couleur entraînaient-elles des traitements différents ? Les possibilités de sortir de l’esclavage, par l’affranchissement, le rachat ou la fuite, dépendaient-elles de la couleur de la peau, ou du sexe, ou des deux à la fois ? Employait-on les esclaves indistinctement à une tâche ou à une autre, ou les esclavagistes associaient-ils phénotype et travail à accomplir ? L’utilisation sexuelle d’esclaves, dans une maison chrétienne ou dans un harem musulman, suivait-elle des préférences morphologiques, et si oui lesquelles ? La vision de l’Autre, le racisme ou l’admiration, influençaient-ils le destin des esclaves ? Dans quelle mesure les clivages religieux déterminaient-ils la position des esclaves ?

Quand un propriétaire avait des esclaves noirs, blancs, métissés, comment s’organisait la hiérarchie de la dépendance, sur quelles bases, par quels critères ? Dans les sociétés prises en considération, quelles étaient les possibilités d’ascension sociale des esclaves et des affranchis, et quelles étaient les voies permises ou conquises pour gravir les marches de l’échelle sociale ? Quelles étaient les relations entre esclaves ? La commune condition d’oppression forgeait-elle des solidarités, voire un sentiment d’identification ? Ou, au contraire, les clivages «raciaux», religieux, ethniques maintenaient-ils les esclaves divisés entre eux, voire hostiles les uns envers les autres ? Enfin, était-ce mieux, ou moins dur, ou plus vivable d’être esclave en terre d’Islam ou en terre chrétienne ?

Voici une série de questions auxquelles nous voudrions essayer de répondre de façon pertinente, c’est-à-dire par une recherche approfondie et spécialisée. Nous souhaitons privilégier les recherches de première main, appuyées sur des connaissances bibliographiques larges et ouvertes, sans aucun a priori, et avec le goût de la comparaison et de la découverte. Conscients qu’une recherche innovante demande du temps, nous voudrions arriver à composer un ouvrage solide et cohérent pour la fin de l’année 2007.

Roger Botte et Alessandro Stella



N . POUSSIN / C. STELLA Gravure 17ème de NICOLAS POUSSIN
Nicolas Poussin
(1594-1665), Captif chrétien vu de dos face à un souverain
de face
, gravé par Bouzonnet dite Claudia stella (1636-1697).



L’ESCLAVAGE EN NOIR ET BLANC

Auteurs et titres (provisoires) des contributions


Ghislaine ALLEAUME, «Le mamelouk et la concubine dans l’Égypte de la seconde moitié du XIXe siècle».

António de ALMEIDA MENDES, «Les tangaroes de la côte de Guinée».

Raed BADER, «L’esclavage en Algérie coloniale : réflexions et interrogations sur une pratique».

Salvatore BONO, «Esclaves slaves, maghrébins et africains en Italie (XVIe-XIXe siècles)».

Roger BOTTE, «La traite transsaharienne du VIIIe au XIVe siècles». Roger Botte, Centre d'études africaines  - Cahiers d'études africaines, n° 179-180 (2005) : "Esclavage moderne ou modernité de l'esclavage ?" (en ligne)

Sadok BOUBAKER, «Esclaves blancs et noirs en Tunisie».

Phillipe BRAUNSTEIN, «Itinéraire d’un négrier ordinaire : Alvise da Ca’ da Mosto, de la mer Noire à la Sénégambie».

Henri BRESC, «Esclaves blancs et noirs en Sicile aux derniers siècles du Moyen Âge».

Federico CRESTI, «Esclaves blancs et noirs en Libye au XIXe siècle».

Jocelyne DAKHLIA, «Eunuques noirs et eunuques blancs au Maroc».

Inès MRAD DALI, «Les esclaves noirs en Tunisie».

Sylvie DENOIX, «Mameluks, Janissaires, Circassiennes et Soudanais en Égypte : le marché des hommes et des femmes».

Jean-Michel DEVEAU, «Esclaves chez les Blancs et chez les Noirs à Saint-Louis du Sénégal (XVIIe-XVIIIe siècles)». (Jean-Michel Deveau, Raconte-moi l'esclavage)

Bruce S. HALL & Yacine Daddi ADDOUN (contact ou ydaddia@webbar.fr), «Une route transsaharienne à double sens ? Anjay Isa, esclave de Ghadamès à Tombouctou.». Bruce S. HALL & Yacine Daddi ADDOUN

Frédéric HITZEL (courriel), «L’esclavage dans la Turquie ottomane».

Fatima IBERRAKEN, «Processus d’asservissement par un lignage saint de Petite Kabylie : 1840 et 1957».

Mohamed MEOUAK, «Esclaves blancs et esclaves noirs dans l’Occident musulman médiéval : servitudes, hiérarchies, pouvoirs».

Mohammed MOUDINE, «Les esclaves musulmans en Europe méridionale».

Mahmed OUALDI, «Les esclaves blancs dans la haute administration du bey de Tunis».

Fabienne PLAZOLLES-GUILLEN-DIOP, «Esclaves slaves, maghrébins et africains à Barcelone aux XIVe-XVe siècles : à la recherche d’identités»

Judith SCHEELE, «Serfs au pays des hommes libres : l’esclavage en Kabylie».

Alessandro STELLA, «Les destins des affranchis noirs et blancs dans l’Andalousie des temps modernes».

Salah TRABELSI, « Esclaves noirs et blancs en Tunisie au Moyen Âge ».



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liens

- Medieval Mediterranean Slavery : études comparatives de la traite et de l'esclavage dans les sociétés musulmanes, chrétiennes et juives (VIIIe-XVe s.)

- présentation par Thomas Jackson, de : Robert C. Davis, Christian Slaves, Muslim Masters: White Slavery in the Mediterranean, the Barbary Coast, and Italy, 1500-1800, Palgrave Macmillan, 2003

- Cahiers de la Méditerranée, vol 65 (juillet 2005), "L'esclavage en Méditerranée à l'époque moderne" : sommaire

- Jean-Michel Deveau, "Esclaves noirs en Méditerranée", Cahiers de la Méditerranée, vol. 65, juillet 2005, "L'esclavage en Méditerranée à l'époque moderne" (texte intégral et bibliographie).

- Daniel Panzac, "Les esclaves et leurs rançons chez les Barbaresques (fin XVIIIe - début XIXe siècle)", Cahiers de la Méditerranée, vol. 65, juillet 2005, "L'esclavage en Méditerranée à l'époque moderne" (texte intégral et bibliographie).

-  Nordiske slaver - Afrikanske herrer : Kulturhistorisk Museum

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bibliographie

- Youval Otman, Les esclaves et l'esclavage, de la Méditerranée antique à la Méditerranée médiévale, VIe-XIe siècle, les Belles Lettres, 2004.


- Robert C. Davis, Esclaves chrétiens, maîtres musulmans : l'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800), éditions Jacque, avril 2006. Spécialiste de l'Italie de la Renaissance, Robert C. Davis est professeur d'histoire à l'université de Columbus (Ohio)
Présentation de l'éditeur
Sujet politiquement incorrect, sous-estimé par Fernand Braudel et par nombre d'historiens, l'esclavage blanc pratiqué par ceux que l'on nommait alors les Barbaresques a bel et bien existé sur une grande échelle et constitué une véritable traite qui fit, durant près de trois siècles, plus d'un million de victimes. Qui étaient-elles ? Comment se les procurait-on ? Comment fonctionnaient les marchés d'Alger, Tunis et Tripoli, les trois villes qui formaient le noyau dur de la Barbarie ? Quelle forme prenait l'asservissement, tant physique que moral, de ces hommes et de ces femmes originaires de toute l'Europe, et principalement d'Italie, d'Espagne et de France ? Quelle était leur vie dans les bagnes et sur les galères ? Comment l'Église catholique et les États européens tentèrent-ils de les racheter ? Dans cet ouvrage, fruit de dix années de recherches, et qui s'appuie sur de très nombreuses sources et une abondante documentation, Robert C. Davis bat en brèche l'idée élaborée au XIXe siècle et encore dominante d'un esclavage fondé avant tout sur des critères raciaux.

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- Jacques Heers, Les négriers en terre d'islam : la première traite des Noirs, VIIe-XVIe siècle, Perrin, 2003. Agrégé d'histoire, Jacques Heers a été professeur à la Sorbonne et directeur du département d'études médiévales de Paris-Sorbonne.
Présentation de l'éditeur
L'histoire de l'esclavage, généralement limitée à la Rome antique, à la période coloniale et à la traite des Anglais et des Français aux XVIIe et XVIIIe siècles, laisse de nombreux pans aveugles, en raison de la rareté des sources et de la culpabilité rétrospective des nations colonisatrices. Ainsi, du VIIe siècle à la fin du XIXe, s'est mis en place un système de traite musulmane des Noirs d'Afrique, par caravanes à travers le Sahara et par mer à partir des comptoirs d'Afrique orientale. En tenant compte des travaux les plus récents, notamment ceux des historiens ivoiriens et nigerians, Jacques Heers retrace le mécanisme de cette traite, ses itinéraires, ses enjeux commerciaux et le rôle des esclaves dans les sociétés arabes - à la Cour, dans l'armée, dans les mines ou aux champs. Il évoque les tensions épisodiques, mais aussi la grande révolte du IXe siècle. Se dessinent de la sorte une cartographie de l'esclavage africain ainsi qu'une étude sociale menée sur une période de plus de mille ans, encore trop méconnue.

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- Bartolomé et Lucile Bennassar, Les chrétiens d'Allah : l'histoire extraordinaire des renégats, XVIe-XVIIe siècles, Perrin, 2006.
Présentation de l'éditeur
Aux XVIe et XVIIe siècles, des centaines de milliers d'hommes et de femmes, convertis à l'islam, sont devenus des "renégats". La plupart furent emmenés en captivité un soir de défaite, après une razzia ou victimes de la course "barbaresque" en Méditerranée ou sur l'Atlantique. Certaines conversions furent volontaires. C'est l'histoire extraordinaire de ces milliers de destins, archivés par l'Inquisition, que retracent Lucile et Bartolomé Bennassar.



- Giles Milton, Captifs en Barbarie ; l'histoire extraordinaire des esclaves européens en terre d'Islam, éd. Noir Sur Blanc, 2006.   Giles Milton, journaliste et écrivain anglais, est spécialiste de l'histoire des voyages et des explorations.

Présentation de l'éditeur

C'est un chapitre fascinant et méconnu des relations entre l'Europe et l'Afrique du Nord aux XVIIe et XVIIIe siècles qu'aborde dans ce récit Giles Milton. Il s'agit de l'aventure cruelle de dizaines de milliers d'Anglais, de Français, d'Espagnols... capturés en mer par les corsaires de Barbarie, et vendus comme esclaves sur les grands marchés d'Alger, de Tunis, ou de Salé au Maroc. Lorsque Thomas Pellow quitte à onze ans sa Cornouailles natale pour embarquer en qualité de mousse sur le bateau de son oncle qui va commercer en Méditerranée, il est loin de se douter de l'odyssée extraordinaire qui l'attend. Le bateau est arraisonné, le jeune Thomas, captif des bandits, est vendu au terrible sultan Moulay Ismaïl, et rejoint les milliers d'esclaves qu'il emploie à la construction d'un palais gigantesque, dans des conditions épouvantables.

Comme beaucoup, sous la torture, il se convertit à l'islam. Mais Pellow, grâce à son ingéniosité et sa vivacité d'esprit parvient, malgré son jeune âge, à attirer l'attention puis l'estime du sultan qui lui confiera la garde de son harem et même des missions militaires. Vingt-trois longues années plus tard, lorsqu'il parvient enfin à s'évader, il sera l'un des rares survivants à pouvoir raconter son histoire. Outre le récit autobiographique de Pellow, Milton a utilisé pour cet ouvrage une documentation exceptionnelle et inédite. A travers des lettres, journaux et documents d'époque, il reconstitue avec sa verve habituelle et un œil clinique d'historien les épisodes troublants de ce commerce singulier, où se mêlent horreurs et malentendus et qui ne prendra fin qu'en 1816.

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Sklavenmarkt
Jean-Léon Gérome, 1866, Marché d'esclaves


Contacts
alessandro.stella@wanadoo.fr
botte@ehess.fr

- annonce de cette initiative sur le site de l'EHESS

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Commentaire

site sur l'esclavage médievale

Chers collègues,

je vous félicite de votre présentation. Je suis en train de préparer un projet comparatif sur l'esclavageb_cluse médievale au monde méditerranéen. Pour plus d'information, visitez notre site sur
http://urts96.uni-trier.de:8080/minev/med_slavery
Amicalement,
Christoph Cluse, Université de Trêves (Allemagne)

Posté par Christoph Cluse, mardi 16 janvier 2007 à 16:04

- lien

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mardi 19 décembre 2006

le bordj de Fedj-M'zala (Algérie)

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le bordj de la commune mixte

de Fedj-M'zala (Algérie)



"frai" a envoyé le message suivant :

Posté par fral, mardi 19 décembre 2006 à 19:23

recherche
je cherche la date excate de la construction de siege de la commune mixte de fedjmzala algerie
cad son bordj administratif merci
  fral - email : fral31@yahoo.fr    


- réponse
Il y deux solutions. Demander au chercheur algérien, Mokrani Mohammed Saddek, qui a travaillé sur l'histoire de Fedj-Mzala, il détient peut-être la réponse... Ou bien, se rendre au Centre des Archives d'outre-mer (Caom), à Aix-en-Provence, pour consulter les archives de l'ancien département de Constantine : apparemment, il n'y a pas de fond spécialement consacré à la commune mixte de Fedj-M'zala, mais les  dossiers se trouvent dans ceux de la sous-préfecture.

Michel Renard

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d'après le calendrier des PTT de 1953, documents édités par Suze Granger


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Posté par michelrenard à 23:27 - - Commentaires [33] - Permalien [#]


samedi 16 décembre 2006

Gilbert Meynier, L’Algérie des origines. De la préhistoire à l’avènement de l’Islam

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L'Algérie des origines : histoire

avant-propos, par Gilbert Meynier


Gilbert Meynier, L’Algérie des origines. De la préhistoire à l’avènement de l’Islam, 228 p., à paraître à La Découverte le 27 décembre 2006


Meynier_portrait_juin_2006Dans l’Antiquité, il n’y avait pas d’Algérie, a fortiori avant l’Antiquité, parce que les nations et les États modernes n’existaient pas. Pour des raisons qui relèvent, non de l’Histoire, mais des préoccupations de pouvoir s’articulant sur l’idéologie, des terminus a quo ont arbitrairement fixé tels événements censés décisivement donner le branle à l’évolution historique de l’Algérie. Le Front de libération nationale (FLN) et le pouvoir autoritaire à ancrages militaires qui en est issu et qui régit l’Algérie depuis des décennies ont fait du 1er novembre 1954 le moment zéro de la libération de l’Algérie du colonialisme, moment sans antécédents et sans mémoire.

Jusqu’à la fin du XXe siècle, les manuels d’histoire algériens, conçus à partir de l’époque de Houari Boumediene, ne mentionnaient ni Messali Hadj, ni les militants centralistes du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), ni même nombre de chefs historiques du FLN de 1954 : il s’agissait ce faisant de disqualifier toute la préhistoire du nationalisme algérien – l’Étoile nord-africaine, puis le Parti populaire algérien-Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (PPA-MTLD) –, parce que cette séquence était trop dominée par la figure historique de Messali. Et, plus largement, de mettre hors jeu les ennemis centralistes, ces authentiques politiques qui passèrent la main sans rupture  du MTLD au FLN, et que l’État-major général de Boumediene élimina sans espoir de retour à l’été 1962 sous le parapluie du fragile fusible civil qu’était Ahmed Ben Bella – lui-même éliminé politiquement à son tour trois ans plus tard. Enfin, il importait de ne pas mentionner ceux des chefs historiques qui avaient politiquement mal tourné aux yeux d’une histoire officielle plombée par les bureaucrates dirigeants.

L’appareil qui s’empara alors du pouvoir eut aussi à cœur de figer les Algériens dans une identité identifiée sans discussion à ce qu’il disait être l’islam, et à la langue arabe : c’était là une vision dérivée desportra3 conceptions religieuses/culturalistes des ‘ulamâ’, [photo ci-contre] reprise et instrumentalisée pour en faire un topos dominant de la langue de bois officielle. Étant entendu que l’arabe dont il était question était trop souvent un arabe obscurantisé, qui n’avait que peu à voir avec l’épanouissement des grands penseurs et des grands poètes de l’époque classique de la civilisation arabe, et pas davantage avec les intellectuels libres et hardis de la Nahda égyptienne, dont le regretté Naguib Mahfouz était un chaleureux descendant. Alors que, même dans l’Égypte de Nasser, de Sadate et de Moubarak, les manuels d’histoire ont toujours insisté sur la civilisation égyptienne de l’Antiquité – rappelons que c’est sous Nasser qu’une colossale statue de Ramsès II a été érigée sur la place de Bab El Hadid, devant la gare centrale, avant d’en être récemment retirée pour cause de dégradation liée à la pollution du Caire –, on se mit en Algérie à faire coïncider le début de l’histoire dans les manuels avec l’avènement de l’islam dans le nord de l’Afrique. Ce qui précédait fut expédié en quelques paragraphes renvoyant à une jâhiliyya (l’état d’ignorance et de sauvagerie antéislamique) connotant aussi l’isti‘mâr (le colonialisme) : l’Empire romain, établi sur l’Afrique du Nord deux millénaires plus tôt, était vu purement et simplement comme un pouvoir colonial étranger oppressif, cela en contresens anachronique symétrique aux fantasmes français en la matière, qui représentaient l’Empire romain d’Afrique en continuité civilisationnelle européenne, comme un prestigieux précurseur de l’Algérie française.

Mais déjà, dans le mémoire présenté à l’Organisation des nations unies (ONU) en septembre 1948 par Messali, était entendu que l’histoire de l’Algérie ne commençait qu’à partir de l’islamisation du pays. Messali demeurait même en retrait par rapport à cette manière de Lavisse algérien que fut l’historien officiel de la construction nationale, Ahmed Tawfiq al-Madani. Pourtant, la contribution originelle à ce mémoire du jeune militant et intellectuel Mabrouk Belhocine faisait amplement référence à l’histoire précédant l’islam. Mais Messali avait censuré le jeune téméraire et fait bureaucratiquement expurger la version finale. Pourtant, l’ancienneté du fait berbère en Algérie est une évidence. On sait que la conquête islamo-arabe n’a pas berberes2zndéplacé vers le Maghreb des foules démesurées, pas plus que, par exemple en Europe, les invasions germaniques en France et en Espagne. Aujourd’hui, on peut raisonnablement affirmer que, peu ou prou, les Algériens sont très majoritairement des Berbères arabisés, nonobstant tels radotages d’intellectuels idéologues qui ont voulu faire d’eux des Yéménites originels.

Aucun historien de l’Algérie ne peut cependant nier ou sous-estimer la place éminente, en Algérie, de son ancrage islamo-arabe plus que millénaire, y compris dans les zones restées berbérophones où l’arabe est devenu langue du sacré et langue de haute culture. Le pays chaouia, dans la partie sud-orientale de l’Algérie, berbérophone, fut l’une des régions où, dès les années 1930, le mouvement culturaliste islamo-arabe des ‘ulamâ’ s’implanta le mieux. Et, pendant la guerre de libération de 1954-1962, c’est en Kabylie – en wilâya 3 – que l’Armée de libération nationale (ALN) insista le plus sur l’œuvre d’éducation à réaliser in situ, pour les générations montantes, sous l’oriflamme de l’islam et de la langue arabe ; cela sous l’impulsion de son chef, le colonel Amirouche, qui était évidemment berbérophone – un berbérophone dont des témoignages disent qu’il lui prenait parfois de faire semblant de ne pas comprendre le berbère. Il n’est pas impossible que de telles situations hybrides aient pu exister à l’époque romaine, entre le berbère et le latin.

La «crise berbériste», déclenchée par des militants nationalistes algériens du MTLD se refusant à n’envisager d’acception de la nation que réduite à sa dimension islamo-arabe, secoua le MTLD en 1948-1949, et elle fut tranchée par l’exclusion des «berbéristes», laquelle permit en même temps à Messali d’éliminer politiquement son rival du parti, le docteur Mohammed Lamine Debaghine [photo ci-contre] – lequel était pourtantimages_1 arabophone et musulman croyant. Jusqu’à la fin de la guerre de libération, et au-delà, vouloir poser au FLN la question de la langue et de la culture berbères fut assimilé à une déviation dont l’obscénité frisait la traîtrise. Il fallut attendre le printemps berbère de 1980 pour voir à nouveau la question posée au grand jour, et 1995 pour voir la création du – bien formel – Haut Commisariat à l’amazighité auprès de la présidence de la République.

C’est que, dans leur stratégie du «diviser pour régner», des idéologues coloniaux avaient construit un mythe kabyle qui alla jusqu’à assimiler narcissiquement les «Berbères», parés de toutes les vertus, aux Gaulois, pour les opposer aux «Arabes», auxquels étaient imputés tous les vices : se réclamer de la constante berbère, c’était donc emboucher les trompettes des colonialistes et faire leur jeu ; c’était trahir. Même si nombre de militants berbères ne sont pas toujours, eux aussi, à l’abri du reproche de simplisme et de manichéisme, le fait berbère (dans l’Antiquité, on disait «maure» ou «libyque») est une composante incontournable évidente de l’histoire et de la préhistoire  de l’Algérie.

L'image “http://www.eden-algerie.com/images/wed-jdai.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
Oued Jdai, vue proche d'Elkantara (source)


Cet ouvrage met à la disposition des lecteurs une oeuvre simple, de large vulgarisation, aussi bien informée que possible, et tient compte des avancées de la vraie recherche historique, celle dégagée des préoccupations de pouvoir et d’idéologie. Il a donc l’ambition de présenter clairement, d’abord aux Algériens et aux originaires d’Algérie, ce que furent leurs ancêtres, d’où ils venaient, quelles étaient leur vie et leurs préoccupations, leurs joies et leurs frayeurs ; mais aussi, à un plus large public, les origines d’un pays qui est un incontournable partenaire afro-méditerranéen de l’Europe. S’il peut donc contribuer, de part et d’autre de la Méditerranée, à battre en brèche les préjugés, à combattre les stéréotypes et à refuser les facilités, il aura atteint son objectif.

Les ancêtres des Algériens, alors non musulmans et non arabisés, ont vécu dans des sociétés et ont été régis par des États, qui ne méritent pas, loin de là, d’être ravalés à l’obscurité de quelque jâhiliyya que ce soit. Ils étaient en relations – commerciales, techniques, culturelles/artistiques – avec le Proche-Orient et, carthageplus largement, avec les pays qui bordent la Méditerranée. C’est en ce sens que l’influence punique – originellement phénicienne –, par Carthage [photo ci-contre], puis l’influence romaine, par Rome et par les romanisés de l’Empire romain, ont été déterminantes pour modeler l’organisation politique, l’économie, les cadres de la société, la culture et les orientations religieuses des ancêtres des Algériens, mais aussi pour donner la main à des continuités à première vue insolites : le punique avait ici et là subsisté jusqu’au moment de la conquête islamo-arabe et, en Africa (Tunisie) et en Numidie, les conquérants n’eurent pas toujours trop de mal à comprendre cette langue sémite, voisine de l’arabe et de l’hébreu.

Cela même si, à l’évidence, leur langue principale, leur culture, leurs conceptions du sacré restaient – restent encore par de multiples traits – largement tributaires du vieux substrat mauro-libyco-berbère. Mais sans que, dans l’Antiquité, ne fût jamais rompue l’ample symbiose méditerranéenne dans laquelle ils fonctionnaient.

Certes, ce livre ne taira pas les ruptures : de même que l’Algérie indépendante n’est ni l’Algérie coloniale, ni l’Algérie ottomane, ni davantage celle des royaumes berbères, le christianisme n’est pas la révérence au vieux panthéon punique et/ou gréco-romain ; et l’islam n’est pas le christianisme. Pourtant, les ancêtres des Algériens ont adhéré successivement à ces différentes formulations du sacré, du polythéisme à l’islam, en passant par le christianisme. Cette succession se produisit-elle à coups de ruptures ou, à l’inverse, un enchaînement de continuités a-t-il prévalu ?

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Thuburbo Majus, temple de Mercure (Tunisie)

Car, d’une forme humaine à des formes humaines renouvelées du rapport au sacré et des rites, que de continuités : à titre d’exemple, à Thuburbo Majus (dont les ruines sont situées aujourd’hui en Tunisie, près de la localité du Fahs), le règlement d’accès au temple d’Esculape – l’Asclepios grec, l’Eshmaus punique – comportait, trois jours durant, l’abstention préalable des relations sexuelles, l’interdiction de consommer de la viande de porc ainsi que l’obligation de se déchausser. Cela six siècles avant l’implantation de l’islam dans le nord de l’Afrique… Et, dès le néolithique, l’image du croissant de lune appartenait déjà à la symbolique du sacré, mais généralement associée à celle du soleil. De même, au Proche-Orient, dans une autre aire devenue très majoritairement musulmane, c’était sous la personnification de la lune que les Cananéens, les Phéniciens et les Chaldéens adoraient Ashtar (ou Ishtar), divinité qui présidait à la fécondité et à l’amour, et déesse du printemps – c’était l’Astarté grecque, dont dériva probablement Aphrodite, que les Romains assimilèrent à Vénus.

Pour revenir sur terre, beaucoup plus près de nous, aux XIXe et XXe siècles, si les colonisateurs exploitèrent tant la vigne pour produire du vin en Algérie, la viticulture était aussi une activité importante dans l’Antiquité : la production et la consommation de vin y étaient fort développées. Et, depuis plus longtemps encore, les humains s’y nourrissaient principalement de blé – le couscous est resté l’élément de base de leur alimentation –, tout comme sur l’ensemble des rivages méditerranéens : dans le sud de la Palestine, on en connaît une variété moins finement roulée, dénommée justement le maftûl (le roulé) ; et au couscous, équivalent le burghul turc – lequel ressemble au farîk constantinois (blé [ou orge] vert concassé) –, voire la pasta italienne, qui a largement conquis l’espace culinaire maghrébin.

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couscous maftûl palestinien

Enfin, sur le plan de l’organisation sociale, les ancêtres des Algériens, socialisés dans des communautés dont les traits, qui portaient là encore la trace de leur profond ancrage méditerranéen, perdurèrent durant des millénaires en Afrique du Nord : la patrilinéarité, l’endogamie, avec tous les tabous qui s’y rattachent, et le pouvoir souverain des humains de sexe masculin sur l’espace public. Ajoutons, toujours dans le sens du souci de la continuité dont ce livre s’efforce de faire preuve, que, dans tous ses chapitres, a été entrevue la question de l’établissement, à la suite des Phéniciens et de Carthage, de l’évolution et du rôle des Juifs en Afrique du Nord : car ils font bien partie, de manière inséparable, du peuplement et de la société, cela en constante depuis la plus haute Antiquité jusqu’au XXe siècle.

Pour rendre compte de toute la richesse et de toute la complexité du sujet, cet ouvrage propose donc, dans une première partie, d’étudier l’évolution du territoire correspondant à l’Algérie contemporaine, de ses habitants, de l’origine de la vie humaine à l’Antiquité, à travers l’analyse de la préhistoire et de la protohistoire, puis les royaumes maures et numides indépendants – avec notamment les hautes figures de Massinissa et de Jugurtha le rebelle –, avec leurs caractéristiques socio-politiques, linguistiques et culturelles/religieuses. L’influence de Carthage et l’inclusion ancienne du nord de l’Afrique au sein d’une très vivante symbiose méditerranéenne seront abordées.

Nous verrons que les luttes de pouvoir romaines apparaissent étroitement liées au sort de la Numidiejuba indépendante que, après la destruction de Carthage en 146 av. J.-C., Rome finit pas vassaliser, avant de l’annexer purement et simplement. Cela n’empêcha pas in fine le plus célèbre des princes maures vassaux de Rome, Juba II [photo ci-contre], d’incarner, depuis Caesarea (Cherchel), capitale de son royaume de Maurétanie, un apogée raffiné de l’art, de l’architecture et des sciences. Deux ans après le mort de son successeur Ptolémée (40), son royaume fut finalement annexé par l’empereur Claude (42).

Dans la deuxième partie, nous aborderons les «Romano-Africains», à l’époque classique de la domination romaine, du Ier au IVe siècle ap. J.-C. Cette «colonisation», dont le terme même est trompeur, n’eut pas grand chose à voir avec la colonisation entreprise dix-huit siècles plus tard sous l’égide conjointe du national français et de l’avancée du capitalisme. Nous examinerons l’administration romaine et l’encadrement militaire du dispositif défensif du territoire conquis par Rome, ainsi que les normes d’une société, que certains ont donnée pour romaine, mais que d’autres ont prétendue rétive à la romanisation, sans omettre les modalités de l’aménagement de l’espace, dont la rationalité organisatrice et comptable n’exclut pas une forte injustice dans la répartition de la richesse, porteuse d’explosions sociales.

La civilisation romano-africaine fut cependant, au premier chef, une civilisation centrée sur un épanouissement sans précédent des villes : les cités, avec leur connotation sacrée, avec les sépultures qu’elles abritaient pieusement, étaient aussi le lieu d’une vie sociale – marchés, théâtres, jeux du cirque, sens du décor de vie… Dans un tel contexte, seront abordées les manifestations de l’art, de la littérature et de la culture, tant dans les espaces privés que dans l’espace public, et enfin les révérences à un sacré dont les composantes vont d’une religiosité populaire, prenant en compte la marque «nationale» des dieux africains locaux et la popularité du culte dyonisiaque, à un polythéisme plus ou moins officiel qui rendait, aussi, honneur à l’empereur-dieu, sans omettre la prégnance du culte de ce Saturne africain, dont l’origine plongeait dans le culte punique de Ba‘al Hammon, et dont la suprématie incontestée prêta peut-être bien quelque part la main au monothéisme.

Dans une troisième partie, il s’agit de tirer le bilan de l’Antiquité tardive et, notamment, des modalités de passage du christianisme à l’islam (IVe-VIIIe siècles). Nous nous attacherons à éclairer les origines et les raisons de l’expansion du christianisme nord-africain, dont les prémices remontent au IIe siècle, mais dont l’épanouissement fut plus tardif. Non sans voir que les manifestations du christianisme furent marquées par des spécificités – l’ «hérésie donatiste» notamment, en laquelle certains ont voulu voir la manifestation d’un particularisme africain quand d’autres soulignent sa signification au regard des violentes luttes internes qui ébranlèrent la société africaine. Toujours est-il que l’Antiquité tardive connut des révoltes multiformes où le courant de la protestation sociale fut intriqué, in fine, avec les ambitions de pouvoir de princes berbères sur SaintAugustinfond de recul du pouvoir romain.
Le «schisme donatiste», apparemment vaincu par l’orthodoxie catholique, fut refoulé, mais il resta disposé à rejaillir sous d’autres formes humaines. Apôtre de l’orthodoxie catholique, théologien, écrivain fécond et grand politique à sa place d’évêque d’Hippone (Annaba), Augustin de Thagaste (Souk Ahras) [photo ci-contre] marqua de son rayonnement le crépuscule de l’ère romaine. Dès lors, le terroir destiné à devenir un jour l’Algérie passa – à vrai dire peu profondément – sous la domination des Vandales, non sans qu’il se fragmente aussi en diverses principautés berbères et que, finalement, il passe en partie sous la domination théorique du pouvoir byzantin – celui des Rûm(s). Byrance tenta bien, au VIe siècle, une reconquête à contretemps, qui fut toujours bien précaire et seulement dans la partie orientale du Maghreb. C’en était bien fini de l’Empire romain en Afrique, comme dans tout l’Occident européen.

Cela n’empêcha pas que, dans les limites de l’actuelle Algérie, l’Antiquité tardive maintint jusque très tard, et souvent avec éclat, son organisation urbaine. Les villes continuèrent à être le centre de réalisations architecturales notables – bien amoindries et dégradées à l’époque byzantine –, et de vieilles formes architecturales préromaines connurent un réel renouveau dans telles principautés berbères. Dans les centres de la romanité africaine, ce qui s’impose à l’historien de l’Antiquité tardive, c’est la marque chrétienne qui, dans un sens concret comme dans le sens abstrait, différencia la Cité de Dieu de la cité terrestre, marqua les édifices religieux et s’imposa dans les thèmes et les formes du décor.

En conclusion/épilogue, ce livre s’interrogera pour essayer de comprendre si, du christianisme à l’islam, il y eut rupture ou glissement. Les conquérants islamo-arabes n’ont pas conquis aisément le Maghreb : des résistances, plus coriaces et plus longues que celles que les nouveaux conquérants rencontrèrent dans ce qui deviendrait l’Empire musulman, se manifestèrent. Mais, paradoxalement, alors que des traces chrétiennes non négligeables ont subsisté en Syrie ou en Égypte, la victoire à 100 % de l’islam dans l’Afrique du Nord s’expliquerait-elle par une implantation du christianisme somme toute peu profonde, en tout cas rayonnant surtout à partir des villes ? Certes, les humains, pour s’adapter à de nouveaux pouvoirs, n’ignorent pas ce que les Italiens appellent l’«arte di arrangiarsi» (l’art de se débrouiller, l’art de faire avec). Ceux-là même qui révéraient les pouvoirs et les religions établis et en tiraient honneur et puissance ne furent souvent pas les derniers à s’en affranchir pour accueillir les Islamo-Arabes. Et le donatisme couvait comme le feu couve sous la cendre, prêt à se réveiller et à se réorienter. Sans compter, et c’est peut-être bien l’argument décisif, que les gens du cru purent bien percevoir avec empathie les nouveaux venus, en ce sens que ces derniers leur parlaient depuis un substrat oriental qui n’était pas ressenti comme fondamentalement étranger aux ancêtres des Algériens.

cavaliers_arabes


Pour mener à bien l’achèvement de cet ouvrage, moi qui ne suis pas un historien antiquisant, encore moins un préhistorien, j’ai eu recours au service de collègues et/ou amis qui ont accepté de relire patiemment mon manuscrit et d’y traquer les erreurs et les insuffisances. Mes remerciements vont donc, pour cela, à Olivier Aurenche, préhistorien, professeur émérite à l’université Lyon-II, qui a relu la partie consacrée à la préhistoire ; François Richard, historien de l’Antiquité romaine, qui fut jadis professeur d’histoire à Oran, puis enseignant à l’université Lyon-III, aujourd’hui professeur à l’université Nancy-II – il y fut mon collègue et ami –, qui a relu ce qui concerne les périodes numide, maure et romaine ; Pierre Guichard, historien médiéviste spécialiste de l’Occident musulman, qui fut mon condisciple en classes prépa au lycée du Parc de Lyon, professeur émérite à l’université Lyon-II, qui a relu les passages touchant à l’Antiquité tardive et à l’arrivée de l’islam ; à Jean Comby, professeur à l’université catholique de Lyon, enfin, qui m’a précieusement conseillé pour traiter du christianisme

Gilbert Meynier


Timgad

Table

Avant-propos

I
____________ 
De la préhistoire à l’Antiquité

_______________________   
Les ancêtres des Algériens : la préhistoire et la protohistoire
Le paléolithique 
Le néolithique
La protohistoire 

_______________________ 
Les royaumes maures et numides indépendants
Aux origines des royaumes maesyles et masaesyles
Le demi-siècle du grand aguellid : Massinissa le Numide
Influence de Carthage et symbiose méditerranéenne
Les Nord-Africains et leurs langues
L’organisation politique

_______________________ 
La Numidie et la fin de Carthage
Ambitions romaines et indépendance numide
Le crépuscule de l’indépendance numide
La guerre de Jugurtha
Les luttes de pouvoir romaines et la fin de la Numidie indépendante
La Maurétanie de Juba II : l’éclat dans la vassalité
L’annexion finale de la Maurétanie par Rome


II
____________ 
Sous la domination romaine : les Romano-Africains


_______________________   
Colonisation, romanisation et administration provinciale
En Africa-Numidie
En Maurétanie
Les Juifs en Afrique romaine
Une conquête à protéger

_______________________ 
Une société romaine ?

Société, pouvoirs et citoyenneté romaine
Débats sur la «romanisation» de l’Afrique du Nord 

_______________________ 
La société et l’économie, entre rationalité et injustices
L’aménagement des terroirs
Prospérité et partage injuste des richesses

_______________________ 
Une civilisation centrée sur les ville
Villes et sens du sacré
Les défunts et leurs sépultures
S’approvisionner et se distraire
Les marchés
Le théâtre et les jeux du cirque
Jeux d’eaux
La floraison des villes. Quelques exemples
Tipasa
Cuicul/Djemila
Thamugadi/Timgad
Tiddis

_______________________
Arts et culture   
La vie privée : demeures romano-africaines
Art romain d’afrique, art romano-africain
Charmer les yeux : les mosaïques
La sculpture entre sacré et profane
Littérature et vie culturelle
Parcours d’écrivains
La culture dans la société romano-africaine

_______________________
Les Romano-Africains et leurs dieux
Culte dionysiaque et religiosité populaire
Le polythéisme africain ou un divin pluriel
Des dieux «nationaux» ?
Saturne africain : vers le monothéisme ?


III
_______________________

La fin de l’Antiquité. Du christianisme à l’islam

_______________________
Le christianisme d’Afrique du Nord : origines et spécificités
Origines et expansion du christianisme nord-africain
«Hérésie» donatiste et circoncellions

_______________________
Le christianisme d’Afrique du Nord entre les luttes multiformes et la figure d’Augustin
Les révoltes de Firmus et Gildon
Vers l’extinction du donatisme : le feu sous la cendre ?
Le rayonnement d’Augustin (354-430)

_______________________
Vandales, principautés maures et reconquête byzantine
Invasion et domination vandales
L’indépendance reconquise ? Les principautés maures
Byzance en Afrique : une reconquête précaire

_______________________
L’éclat de la civilisation antique tardive
Des villes, toujours : finances et institutions
Des villes toujours : réalisations édilitaires et persistances païennes
La marque chrétienne : Civitas Dei et civitas terrena
La marque chrétienne : les édifices religieux
La marque chrétienne : le décor
Les villes à l’époque byzantine : à la veille de l’islam

_______________________
Du christianisme à l’islam : rupture ou glissement ?
L’accueil des nouveaux venus : de la résistance à l’extinction du christianisme
Victoire de l’islam : un christianisme peu implanté ?
Du christianisme à l’islam : adaptations et facilités
Du christianisme à l’islam : ressentiments et espoir
L’accueil des nouveaux venus : un substrat maghrébo-oriental ?
Épilogue

Annexes
Noms de lieux, noms géographiques : tableau de correspondance
Glossaire des noms communs
Repères chronologiques
Avant J.-C.
Après J.-C.
À lire pour en savoir plus
Table

http://pluq59.free.fr/image/Algerie/2003/016.JPG


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Origines géographiques des visiteurs de ce blog (16 décembre 2006)

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Origines géographiques des visiteurs

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16 décembre 2006




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mercredi 13 décembre 2006

recherche un historien de l'Océanie coloniale, germanophone, pour compte-rendu de la thèse de Claus Gossler

Genusschein
bon de jouissance de la Société Commerciale de l'Océanie, 1910
(donnant droit à une part du bénéfice net)



recherche un historien de l'Océanie

coloniale, germanophone, pour

compte-rendu

de la thèse de Claus Gossler


Die Société commerciale de l'Océanie (1876–1914)



Claus Gossler vient de publier, en langue allemande, sa thèse de doctorat portant sur les activités de la Société commerciale de l'Océanie (1876-1914) et soutenue au Département d'histoire économique et sociale de l'université de Hambourg. Il recherche celle, ou celui, qui serait capable de lire son ouvrage et d'en faire un compte-rendu.
Merci.

association "Études Coloniales"


Papeete_quai
Papeete (Tahiti), quai du Commerce


Review of my doctoral dissertation just published : Die Société commerciale de l'Océanie (1876-1914)

To the editorial board !

I wonder if there is a chance of finding somebody on your staff willing and able to review my doctoral thesis written in German. It has been accepted by the Department of Social and Economic History of the University of Hamburg, was graded "magna cum laude" and has just been published. It is called :

Die Société commerciale de l’Océanie (1876-1914). Aufstieg und Untergang der Hamburger Godeffroys in Ost-Polynesien.

(in English:  Société Commerciale de l’Océanie (1876-1914). Rise and Fall of the Hamburg House of Godeffroy in East-Polynesia.)

The company I researched into was a joint-stock company registered in Hamburg whose center of commercial activity was located in Papeete, Tahiti, Society Islands. This trading company exported local products from these islands, such as coprah, mother of pearl shells, cotton and vanilla to Europe, the US and Latin America while importing manufactured goods and food stuffs from these countries for distribution on the islands. It operated between three and five trading stations on other islands at different times for collection and distribution, and it owned schooners for transporting their goods, and for a time also plantations.

It was the most important trading company in the area until the beginning of WW I, when it was expropriated by the French. From the correspondence of which a major part was handed down and deposited at the Hamburg State Archive I was not only able to reconstruct turnover figures, balance sheets and profit and loss statements for most of the years, but I also portrayed the personalities of their managers, their staff, some customers and all competitors. Critical analysis of their managers' actions and decisions are part of the study as well as a detailed picture of the social, political and economic circumstances under which the company had to operate.

If you are able to find a person to review this monograph (of 592 pages), I would be happy to send a complimentary copy.Claus_Gossler

ISBN-13: 978-3937729-20-6
Thanks in advance and best regards,

Claus Gossler

Posté par Claus Gossler, jeudi 14 décembre 2006 à 12:50
contact : Claus.Gossler@freenet.de



papeete_tahiti_couleur


___________________________________________________________________

présentation éditoriale de l'ouvrage de Claus Gossler

Die Société commerciale de l'Océanie (1876–1914)
Aufstieg und Untergang der Hamburger Godeffroys in Ost-Polynesien

[978-3-937729-20-6] - 44,9 Euros

Als sich der geschäftsführende Partner von Johann Cesar VI Godeffroy, der schon als „Südseekönig“ bekannt war, 1875 aus dem Management der gemeinsamen Firma in Tahiti verabschiedete, wurde die in diesem Buch dargestellte Hamburger Aktiengesellschaft mit französischem Namen gegründet. Ziel dieses Unternehmens war es, das in Ost-Polynesien bestehende Handelsgeschäft weiterzuführen und unter Einsatz zusätzlichen Kapitals weiter auszubauen.
Die weitgehend erhaltene Korrespondenz zwischen den Geschäftsführern in der Südsee, mit dem Hamburger Aufsichtsrat und dem Generalagenten der Firma machte es möglich, nicht nur das betriebswirtschaftliche Handeln des Unternehmens bis zur Enteignung zu Beginn des Ersten Weltkrieges präzise zu analysieren. Sie erlaubte es auch, ein getreues Bild der wirtschaftlichen, politischen und sozialen Verhältnisse auf den Gesellschaftsinseln zu zeichnen. Dabei stehen die Aktivitäten des Unternehmens in einer Zeit großen politischen Umbruchs – charakterisiert durch den Wettbewerb zwischen Frankreich und England um einzelne Inselgruppen – im Vordergrund. Das äußerst zurückhaltende Engagement, welches das siegreiche Frankreich dieser Inselgruppe gegenüber an den Tag legte, wird dabei kritisch unter die Lupe genommen.

Papeete_Tahiti_les_quais


___________________________________________________________________

Hansekogge von 1380



Deutsches Schiffahrtsmuseum



Deutsches Schiffahrtsarchiv

Abstracts

Claus Gossler
Die Société Commerciale de l'Océanie (SCO)
Die Flotte einer Hamburger Handelsfirma in der östlichen Südsee (1876-1914)
Deutsches Schiffahrtsarchiv (DSA) 27, 2004, S. 93-110
Article printed in German, with English and French summaries, 3 ill.

Abstract

The Société Commerciale de l’Océanie (SCO). The Fleet of a Hamburg Trading Company in the Eastern South Seas (1876-1914)
Until its expropriation at the beginning of World War I, the Société commerciale de l’Océanie (SCO), founded in 1876 as a German joint-stock company in Hamburg, engaged in intensive trading with the islands of Eastern Polynesia. This involved the import of manufactured goods and foodstuffs from Europe, the United States and New Zealand, and the export of local products such as copra, cotton, mother-of-pearl shells, vanilla and several other articles. On the most important islands, manufactories and trading posts were in charge of the sale of food and manufactured goods and the purchase of export products. The SCO's zone of economic influence extended to almost all the inhabited islands of Eastern Polynesia. Since a regular shipping route developed only slowly, and floating sales stores and product collection-points were required in addition to the fixed trading posts, the company operated the largest schooner fleet in the large region consisting of around one hundred widely scattered islands. The trading company also experimented with the construction and use of gasoline schooners, invested in a Lübeck-built wooden steamer, and tried its luck as a sailing-ship company on the routes between San Francisco, Valparaiso and Papeete. The essay examines the reasons for the company to have a fleet of its own – a major investment at that time – and also the size, variety and use of such a fleet.

© 2005, Deutsches Schiffahrtsmuseum, Bremerhaven

Author's address :

Claus Gossler · Eichenweg 10 B · D-21465 Wentorf · Germany

___________________________________________________________________

The social and economic fall of the salmon/brander clan of tahiti

Author : Gossler, Claus

Source : Journal of Pacific History, Volume 40, Number 2, September 2005, pp. 193-212(20)

Lien

 logo

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Claus_Gossler  Die Société commerciale de l'Océanie (1876–1914)



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lundi 11 décembre 2006

Nouvelles approches des sociétés coloniales et post-coloniales

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Nouvelles approches des sociétés

coloniales et post-coloniales :

pouvoirs, espaces, intercations

Journée d'études "jeunes chercheurs"

11 janvier 2007, ENS-LSH, Lyon, salle F106


Photo de l'ENS Sciences


10h00
Présentation du laboratoire jeunes chercheurs «Mondes colonisés».
Introduction générale par Pascale Barthélémy, ENS-LSH, présidente de la journée


10h30 – 12h30
LES ESPACES DE LA COLONISATION : CONTROLES, TRANSFORMATIONS, RESISTANCES

Dao Quang Vinh, doctorant en études urbaines, Université de Montréal, Canada
«Morphogenèse du quartier de Bui Thi Xuan à Hanoi : un entre deux négocié entre pouvoir colonial et résistance locale».
Rémi Manesse, doctorant en études urbaines, EHESS
«Les villes israéliennes: histoire d'un paysage urbain façonné par l'ambivalence de l'héritage colonial».
Myriam Suchet, doctorante en lettres modernes, Lille III-Paris XIII
«Les enjeux de la représentation de l'espace pour la construction de soi dans la littérature francophone caribéenne : l'apport des postcolonial studies à l'étude de Texaco».
Discutant : François Dumasy, EFR, Université de Provence, «Mondes colonisé»


13h30 – 15h30
LES REPRESENTATIONS METROPOLITAINES DE LA COLONISATION,
ACTRICES DE L’EXPANSION COLONIALE ET DE LA CONSTRUCTION NATIONALE

Adrien Delmas, doctorant en histoire, EHESS
«Culture écrite et expansion européenne à partir du cas de l'Itinerario au tournant du XVIIe siècle».
Nadia Vargaftig, doctorante en histoire, Paris VII, «Mondes Colonisés»
«Y-a-t-il eu un colonial-fascisme ? Ce que les expositions coloniales du Portugal et de l'Italie entre-deux-guerres nous disent».
Vanina Profizi, doctorante en histoire, EHESS
«U lamentu di u culuniale : la presse régionaliste corse face à la colonisation (1880-1940)».
Discutante : Marie-Albane de Suremain, I.U.F.M. Créteil

L'image “http://www.vacances-sejour.ch/angola/angola-histoire-4.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
Angola, colonie portugaise


16h – 18h
LA FABRIQUE DES CATEGORIES : NOMMER POUR AGIR.

Cécile Garcia, doctorante en anthropologie, EHESS
«Des "races" aux "classes". Naissance et réappropraition d'une nouvelle représentation en Nouvelle-Calédonie, celle des classes sociales».
Claire Llanes, doctorante en histoire, Université de Toulouse-Mirail
«Le tourisme en Tunisie et au Maroc : une nouvelle approche de la colonisation (1881-1956)».
Vincent Bonnecase, doctorant en histoire, Université de Provence
«Avoir faim en Afrique occidentale française. Investigations et représentations coloniales (1920-1960)».
Discutante : Isabelle Merle, CNRS.


Figure 4.27. La forme régulière de maison contemporaine à Hanoi.
façade du quartier Bui Thi Xuan à Hanoi (source)



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dimanche 10 décembre 2006

Soldats indigènes : prenons garde à la mythification (Pierre Brocheux)

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soldats coloniaux sur les champs de bataille d'Indochine



Soldats indigènes :

prenons garde à la mythification


Pierre Brocheux


Les questions et commentaires adressés à Daniel Lefeuvre au sujet du film INDIGÈNES me font réagir. Ce film est bon et il mérite le succès qu'il a remporté auprès du public. Il est un rappel de la réalité (mais n'oublions pas la guerre 1914-1918 et les maquis de la résistance de la seconde guerre mondiale, n'oublions pas les tirailleurs sénégalais ni ...les tirailleurs et travailleurs indochinois. L'Indochine est d'ailleurs la grande absente du tumulte mémoriel français) jusqu'ici ignoré ou oublié et c'est justice que ce film glorifie les soldats coloniaux qui se sont sacrifiés pour la puissance qui avait conquis et dominé leur pays. Mais, il ne faut pas l'oublier non plus, un certain nombre d'entre eux ont été sacrifiés sur les champs de bataille d'Indochine pour "restaurer la souveraineté de la France" sur ces terres lointaines. Donc, en même temps que ce film nous restitue un pan de réalité, il construit un mythe comme en témoigne le commentaire caricatural, injurieux et faux signé Juba. J'approuve entièrement la réponse de DL.

posté par Pierre Brocheux,
dimanche 10 décembre 2006 à 11:08

brocheux_gros_plan






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