mardi 12 juin 2007

soutenances de thèse : David Lambert et Marie Coudé

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deux soutenances de thèse en Sorbonne :

David Lambert et Marie Coudé


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salle Louis Liard à la Sorbonne



David Lambert

- David Lambert, Le Monde des prépondérants : les notables français de Tunisie et du Maroc de la fin du XIXe siècle jusqu'en 1939, Université Paris-I, sous la direction de Daniel Rivet, soutenance : mercredi 13 juin 2007, 9 h. 30, Université Sorbonne Paris-I.


quelques images de la Tunisie à l'époque coloniale


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Tunis à l'époque coloniale, devant la mosquée


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un mélage d'imagerie et connaissances


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Tunis, le théâtre et le café


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Tunis, la Douane


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Tunis, la Résidence


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Tunis, quartier européen, place de la Gare du Sud


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Gafsa, remise de la cravache au caïd Longo


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Tunis, palais de Justice


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Marie Coudé

- Marie Coudé, Les Relations politiques et économiques entre la France et ses établissements de l'Inde, de 1947 à 1963, sous la direction de Jacques Marseille, soutenance : mercredi 27 juin, 9 h 30, Université Paris-I Sorbonne.


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Pondichéry


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Louis Bonvin, Gouverneur
des Établissements français de l'Inde, 1938-1945

 

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Pondichéry, Karikal, Mahé, Chandernagor et Yanaon


rappel historique, 1890-1956

En 1740, Dupleix, gouverneur des établissements de la Compagnie française des Indes fondée par Colbert en 1664, cherche, à partir de Pondichéry et avec l’aide de soldats indiens, les cipayes, à étendre l’influence de la France sur le sud de l’Inde. Il parvient à contrôler la plus grande partie du Dekkan. Mais la Compagnie trouve ces conquêtes plus nuisibles qu’avantageuses ; le soutien de Louis XV, empêtré dans des guerres européennes, lui manque et surtout, la France n’a pas la maîtrise des mers.

Pourtant, au même moment, La Bourdonnais à partir de l’île Maurice (de France) et de l’île de la Réunion (Bourbon), avait fait des Mascareignes une base susceptible d’aider Dupleix. Ils sont tous deux désavoués et rappelés. Pendant la guerre européenne qui suit, Guerre de Sept Ans, Pondichéry est pris par les Anglais et le traité de Paris, en 1763, ne laisse à la France que cinq comptoirs : Pondichéry, Karikal, Mahé, Chandernagor et Yanaon qui furent rendus à l’Inde en 1956.

source : asnom


carte


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lundi 11 juin 2007

Plaidoyer pour le respect de Lyautey (colonel Pierre Geoffroy)

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Plaidoyer pour le respect de Lyautey

et de la mémoire coloniale

outragés grâce à des fonds public

colonel Pierre GEOFFROY


Le 11 mai 2007

Chers ami(e)s,

Par lettre du 7 mai, j’ai demandé à M. le Président de la République Nicolas Sarkozy de bien vouloir abroger le décret du 16 novembre 2006 créant la “Cité nationale de l’histoire de l’immigration” au Palais dit de la Porte Dorée (12ème). Le Maréchal Lyautey l’avait fait construire au  moment de l’Exposition Coloniale de 1931 pour en demeurer le témoin et pour y abriter la mémoire coloniale.

J’ai le plaisir de vous adresser le texte servant d’argumentaire qui était joint à cette lettre sous le titre :

“Plaidoyer pour le respect de Lyautey et de la mémoire coloniale outragés grâce à des fonds public”

Chacun pourra, s’il le souhaite, s’en inspirer pour intervenir personnellement, par ses relations, ou par des associations pour donner plus de poids à cette démarche.

Bien cordialement

Colonel (er) Pierre GEOFFROY
Président de l’Association Nationale Maréchal Lyautey


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Plaidoyer pour le respect de Lyautey

et de la mémoire coloniale outragés grâce à des fonds public

 

Sous nos yeux les détracteurs de l’épopée coloniale de la France continuent par tous les moyens leur ignoble Expositioncolniale1besogne au service de leur idéologie, avec des complicités connues, mais souvent aussi insoupçonnées sinon insoupçonnables. De nombreuses réactions indignées émanent des associations et des citoyens respectueux de la vérité historique qui composent la majorité dite silencieuse Elle est silencieuse, non pas parce qu’elle n’a rien à dire, mais parce que les médias les plus influents, rôdés à la désinformation, lui refusent la parole. Elle est silencieuse aussi parce qu’elle ne manifeste pas dans la rue pour se faire entendre. Elle se manifeste heureusement dans les urnes.

Nous pouvons désormais nous référer à l’esprit et à la lettre des déclarations et des discours du Président Nicolas Sarkozy pendant sa campagne et, en particulier, celui de Toulon le 7 février et celui de Metz le 17 avril 2007, dans lesquels il a cité le Maréchal Lyautey "ce grand soldat a-t-il dit à Metz, qui fut aussi un homme de cœur qui fit aimer la France partout où il la servit". En nous plaçant dans la perspective promise d'une "France fière de son histoire et d’une République fidèle à ses valeurs" nous attendons des signaux forts qui incitent au respect de la mémoire de tous ceux qui ont fait ce qu’on a appelé "la plus grande France" ainsi que de l’oeuvre humaine, sociale et économique qu”ils ont accomplie.

Le Maréchal Lyautey, compte tenu de sa personnalité marquante et de l’ampleur de son oeuvre, apparaît bien comme un des symboles forts de l’histoire coloniale. Et, à ce titre, l’abrogation du décret régalien du 16 novembre 2006 apparaîtrait comme un de ces signaux forts. Il y a urgence car, sur les 20 millions d’investissement accordés, des crédits importants ont déjà été engagés pour défigurer et détourner de sa vocation première le Palais, souvent appelé Palais Lyautey situé à la Porte Dorée, dans le 12ème arrondissement de Paris.

Ce décret créant l’Établissement public de la Porte Dorée - "Cité nationale de l'histoire de l'immigration”au Palais Lyautey, a pour conséquence d’outrager la mémoire de Lyautey, de contribuer de façon officielle à effacer tout rappel de notre passé colonial, d’institutionnaliser l’anticolonialisme et la repentance et d’offrir une plate-forme au terrorisme intellectuel.

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En effet, dans l'idée de Lyautey et selon ses écrits, à la Porte Dorée le seul bâtiment destiné à survivre à l’Exposition Coloniale de 1931 devait abriter un "Musée permanent des Colonies". Il en confia la réalisation à l’architecte Albert Laprade qui fut l’un de ses collaborateurs au Maroc.
Que l’on ait voulu créer une "Cité nationale de l'histoire de l'immigration" c’est une chose. Mais, vouloir le faire au Palais de la Porte Dorée c’est autre chose : c’est à la fois une profanation des lieux et une provocation.

Il est urgent de suspendre les travaux en cours, d’abroger le décret en cause et de remettre tout à plat pour que le Palais de la Porte Dorée soit rendu à sa vocation première, tout en l’adaptant sans parti pris aux exigences de notre époque. Et ceci devrait être fait en concertation avec des associations non sectaires ayant une approche objective de l’histoire coloniale et le souci d’en préserver la mémoire. Nous voulons participer à la "remise à l’heure des pendules".

En voici les raisons :

Après une carrière bien remplie, le Maréchal Lyautey, un des plus grands artisans de la grandeur de la France, avait accepté en 1927, à l’âge de 73 ans, la responsabilité de Commissaire Général de l’Exposition Coloniale que lui proposait le Président Raymond Poincaré. Le succès populaire fut au rendez-vous, puisque plus de 33 millions de visiteurs affluèrent entre les mois de mai et de novembre 1931 et que de nombreux Chefs d’État y furent reçus.

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11 mai 1931

Dès la pose de la première pierre en 1928, il affirmait avec force : "qu’il ne s’agissait pas seulement d’une exhibition foraine, mais que le caractère d’office de travail prédominerait hautement, laissant une grande leçon d'action réalisatrice".

Sous le titre "Le sens d’un grand effort", Lyautey nous livrait sa pensée : "Il reste encore sur la terre de vastes champs à défricher, de pacifiques batailles à livrer à la misère, à l'ignorance, à toutes les forcesfrontExpoColoniale31 mauvaises de la nature. En montrant l'immense labeur déjà accompli par les nations colonisatrices, l'exposition montrera, par surcroît, qu'il reste encore beaucoup à faire.
Puisse-t-elle être comprise ! Puisse-t-elle insuffler à tous les peuples, mais d'abord aux peuples aînés, un esprit nouveau, une conscience nouvelle ! Coloniser, ce n'est pas uniquement, en effet, construire des quais, des usines ou des voies ferrées; c'est aussi gagner à la douceur humaine les coeurs farouches de la savane ou du désert
.

Comme en écho, dans son discours, lors de sa réception par le Maréchal Lyautey à l’Exposition, le 7 août 1931, S.M. le Sultan Mohammed ben Youssef, futur Roi Mohammed V, devait déclarer : "En venant admirer l’Exposition Coloniale, cette belle réalisation de votre génie, il nous est particulièrement agréable de profiter de cette occasion solennelle pour apporter notre salut au grand Français qui a su conserver au Maroc ses traditions ancestrales, ses moeurs et ses coutumes, tout en y introduisant cet esprit d’organisation moderne sans lequel aucun pays ne saurait vivre désormais.
Pouvons-nous oublier, en effet, qu’à votre arrivée au Maroc, l’Empire chérifien menaçait ruine ? Ses institutions, ses arts, son administration branlante, tout appelait un organisateur, un rénovateur de votre trempe pour le remettre dans la voie propre à le diriger vers ses destinées.
En ménageant la susceptibilité de ses habitants, en respectant leur croyances et leurs coutumes vous les avez attirés vers la France protectrice par vos nobles qualités de coeur et la grandeur de votre âme
".

Aujourd’hui, on devrait encore entendre résonner comme un fait d’actualité cet appel à l’union de Lyautey lancé à l’occasion de l’Exposition Coloniale : "UNION entre les races, ces races qu'il ne convient vraiment pas de hiérarchiser entre races supérieures et races inférieures, mais de regarder comme "différentes" en apprenant à s'adapter à ce qui les différencie. UNION entre les peuples, issus de notre civilisation, qui, en venant à nos côtés, dans cette Exposition, nous donnent une saine leçon de solidarité au lendemain des déchirements les plus sanglants de l'histoire".

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Le Maréchal Lyautey avait donc voulu qu’un magnifique bâtiment, le "Palais permanent des colonies" dont il confia la réalisation à l’architecte Albert Laprade survive à l’Exposition Coloniale de 1931 pour abriter ce qu’il appellera un "Musée permanent des Colonies", puis une "Maison de la France d’outre-mer".

Après des travaux de réaménagement rendus nécessaires suite à la clôture de l’exposition, le Palais rouvrit d’abord partiellement, puis en totalité en 1935 sous le nom de "Musée de la France d’outre-mer". En guise de signal de la décolonisation, il fut dépossédé dans les années 60 de ses plus belles et plus évocatrices collections par André Malraux, ministre des Affaires culturelles. Il subsista un maigre musée des "Arts Océaniques et Africains" dépouillé dans les années 80 des souvenirs trop "coloniaux".

Par la suite, aucune des propositions faites pour valoriser le site en harmonie avec l’esprit de ses concepteurs n’a eu de suite jusqu’à ce que M. Jospin valide un projet rampant porté par Mme Guigou pour l’associaton "Génériques". Ce projet a été repris en 2002 par le Président de la République, Jacques Chirac et a fait son chemin avec suffisamment de discrétion pour échapper aux controverses. Vidé de son contenu en 2003, au profit du musée des Arts premiers, le Palais de la Porte Dorée, a été désigné, à la satisfaction du Maire de Paris, par le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin (discours du 8 juillet 2003) pour abriter ce qu’il a baptisé une "Cité nationale de l’histoire de l’immigration".

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De ce fait, non seulement le Palais de la Porte Dorée se trouve détourné de sa vocation initiale mais, de surcroît, il va être occupé par un organisme dont les objectifs affichés, et, plus encore, ceux non avoués, sont incompatibles avec l’esprit des lieux. Une fois de plus, au fil du temps, Lyautey a été trahi, et avec lui tous ceux qui ont fait la grandeur de la France. Ils l’ont été par ceux-là mêmes qui avaient en charge le respect et la défense des valeurs que Lyautey a si souvent exaltées par ses écrits, ses paroles et son exemple.

Les adeptes de la pensée unique si néfaste ont comme les anarchistes des raisons d’en vouloir à Lyautey, demeuré jusqu’alors un symbole incontournable, lui qui écrivait : "j'ai horreur des idées toutes faites, des doctrines d'école, des théories de cabinet, de toute discipline "à priori" unique, uniforme, universelle. S'il n'est de philosophie que du général, pour moi, il n'est d'action que du particulier".

Déjà sur le site internet de la “Cité nationale de l’histoire de l’immigration” on peut lire ceci :
"Il s’agit donc avec ce projet et ce lieu, de déconstruire l’imagerie héritée de la colonisation, de retourner les symboles. De dire et de montrer que la page de la colonisation est définitivement tournée et détourner le bâtiment de sa vocation première"

On ne peut être plus clair. Et pour le prouver le nom de Lyautey ne figure dans aucun texte mis en ligne, même pas dans l’historique du Palais, ce qui est un comble ! Il s’agit bien d’un cadeau subtilement déguisé fait à tous ceux qui s’attaquent à l’oeuvre coloniale de la France et à ses acteurs à travers des associations militantes pour la régularisation des "sans-papiers", contre le racisme, contre l’esclavagisme, etc.... toutes visant à l’humiliation de la France et à l’affaiblissement du pouvoir.

Quel est donc le "réseau d’associations et organismes dédiés à l’histoire de l’immigration qui sont à l’origine et au coeur du projet" comme l’énonce le texte du décret ? Il n’y a pas de réponse : la discrétion est restée de rigueur pour faire avancer le projet sans effrayer. Mais aujourd’hui, nos suppositions et nos craintes se révèlent fondées, puisque la presse a annoncé la démission de leur poste d’une dizaine de fonctionnaires affectés à la mise en place de la "Cité nationale de l'histoire de l'immigration" pour protester contre la création du Ministère de de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Co-développement.

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Autre signe de la volonté d’occulter toute une période pour permettre à certains de réécrire l’histoire en la travestissant, nous avons observé que dans le même temps, le projet abouti de Mémorial de la France Outre-Mer  que devait construire l'État à Marseille a été gelé. Décidément, bien des réseaux sont infiltrés et manipulés par les "forces du mal" au point de devenir leurs complices quand l’occasion se présente.

Pourquoi tant d’acharnement, de compromissions pour contribuer à faire table rase de ce passé ? Tout simplement parce que l'oeuvre humaine, et généreuse de la France réalisée outre-mer et l’exemple de Lyautey, symbole de toute cette époque, vont à l’encontre des thèses anticolonialistes. Trois exemples :

1 - Comment pourrait-on accuser Lyautey de racisme quand il proclame : "Union entre les races - ces races qu'il ne convient vraiment pas de hiérarchiser en races supérieures, mais de regarder comme “différentes” en apprenant à s'adapter à ce qui les différencie" ?

2 - Comment pourrait-on l’accuser d’avoir fait tort à l’Islam quand on relit son discours du 19 octobre 1922 marquant le début de la construction du Mihrab de la Mosquée de Paris ?

3 - Comment pourrait-on l’accuser d’avoir humilié et pillé le Maroc alors que les Marocains de bonne foi associent son nom à leur histoire ?

Ajoutons que Lyautey chassé du Palais de la Porte Dorée, comme tout ce qui peut perpétuer le souvenir de l’Exposition Coloniale de 1931 a toujours porté haut les valeurs de l’effort, du travail, du devoir social, de l’esprit d’équipe et d’entreprise ce qui fournit aux idéologues de la "deconstruction" des raisons supplémentaires de "retourner les symboles", comme ils l’affirment.

Il est urgent de maintenir les symboles debout avant qu’ils ne soient "retournés" et ne disparaissent, victimes d’un oubli programmé.

Colonel (er) Pierre GEOFFROY
Président de l’Association Nationale Maréchal Lyautey

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colonel Pierre Geoffroy (à droite) en discussion avec Mostafa Basso,
ministre plénipotentiaire de l'ambassade du Maroc à Paris
photographie Jeune Pied-Noir ©


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- biographie Lyautey : cheminsdememoire.gouv.fr

- L'Exposition coloniale de 1931 : mythe républicain ou mythe impérial ? (Charles-Robert Ageron)

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dimanche 10 juin 2007

Une thèse sur les maghrébins de Tunisie (Abdelkrim Mejri)

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Une thèse sur les maghrébins de Tunisie

 

Ce blog particulièremet intéressant et prometteur pourrait servir à merveille la recherche historique fancophone, arabophone et maghrébo-française ; à ce titre, il serait très utile pour tous ceux qui s'intéressent aux thèses relatives au Maghreb d'en faire un écho dans études-coloniales ; la priorité sera accordée aux thèses manuscrites et qui ne sont pas encore publiées ; je commence donc par annoncer la soutenance d'une thèse de doctorat d'État en histoire contemporaine à l'université de Tunis.

Cette thèse est préparée par le chercheur M. MEJRI Abdelkrim, maitre-assistant à l'université de la Manouba (Tunisie), dirigée par l'historien et le professeur émérite M. Mohamed Hédi CHERIF, elle porte le titre suivant :

LES COLONIES MAGHRÉBINES EN TUNISIE (1830-1929)

elle sera soutenue le mardi 12 juin 2007 à la Faculté des Sciences Sociales et Humaines de l'Université de Tunis devant un jury composé de :

        - M. Khélifa CHATER, président
        - M. Mohamed Hédi CHERIF, encadreur
        - M. Mohieddine HADHRI, rapporteur
        - M. Lazhar GHARBI, rapporteur
        - M. Abdesslem BEN HAMIDA, membre

Posté par Ahmed, dimanche 10 juin 2007 à 10:52

correspondance : Ahmed JDEY

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- Abdelkrim Mejri : biobiblio

- Les socialistes français et la question marocaine, 1903-1912, L'Harmattan, 2004.


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présentation éditoriale

À l'égard de la colonisation du Maroc, plusieurs tendances se sont manifestées au sein du parti socialiste (Jaurès, les guesdistes et Gustave Hervé). Depuis la crise de Tanger de 1905, la position de ces trois tendances évolua en fonction des circonstances. Cet ouvrage fournit un éclairage d'un très grand intérêt sur les débats menés au sein du parti socialiste sur le Maroc et d'une manière plus large sur la question coloniale. Un demi-siècle plus tard, sous la IVème République, les mêmes divergences se manifestèrent au sein de la SFIO sur le Maroc, et avec plus d'acuité sur le problème algérien.



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jeudi 7 juin 2007

Bidi Mohamed, né le 19 novembre 1933 à Guelma

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Bidi Mohamed, né le 19 novembre 1933

à Guelma en Algérie



demande de renseignement
[à propos du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Maghreb]

Salut. Je voudrais savoir si le nom Bidi Mohamed qui figure dans la liste est celui de Bidi Mohamed né le 19 novembre 1933 à Guelma en Algérie.

Le demandeur est son fils

Merci de me répondre.

Posté par bidi, jeudi 7 juin 2007 à 11:10

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Bonjour,

La notice du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Maghreb relative à BIDI Mohamed ne précise pas sa date de naissance. Voilà cette notice :


BIDI Mohamed

Né à Mila sans le Constantinois vers 1930, membre du MTLD, le pendant nationaliste à la CGT du Constantinois, de son camarade de classe, Lakhdar Kaïdi, communiste.

À l'école primaire entre ville ancienne et ville coloniale, Mohamed Bidi a pour camarade de classe Lakhdar Kaïdi [voir notice], plus jeune de deux ans, qui deviendra secrétaire général communiste de la CGT-UGSA, Maamar Dif qui sera lui aussi communiste comme son frère Mahfoudh Dif [voir notice] plus âgé. Ces trois garçons ont été exclus de l'école pour avoir écrit au tableau : "Vive l'Étoile nord-africaine" ; on était en 1934. Leur peine fut en réalité retardée pour (leur permettre) d'obtenir le certificat d'études et de poursuivre dans le secondaire. En ces années, suivaient aussi l'école à Mila, Abdelhamid Boussouf, dont la grande famille oscillait entre le Dr Benjelloul et Ferhat Abbas, et Lakhdar Bentobbal de famille locale plus modeste qui sera adepte du MTLD ; tous deux seront des figures majeures de la guerre de libération. L'autorité morale qui régnait sur Mila était celle du Cheikh M'Barek El Mili précisément, représentant les Oulémas.

Après la Deuxième Guerre mondiale, Mohamed Bidi est devenu employé de banque à Constantine ; il est syndiqué à la CGT. Après 947, il appartient au bureau de l'Union Départementale CGT du Constantinois. Il se tourne vers le MTLD tout en restant en amitié avec Lakhdar Kaïdi ; l'algérianisation des commissions, comités et bureaux de la CGT fait que les deux anciens camarades se retrouvent promus à la direction syndicale de l'Est. Communiste, Lakhdar Kaïdi devient ensuite secrétaire général de la CGT transformée en UGSA. Mohamed Bidi est, en second, la caution nationaliste. En 1952, il fait partie de la délégation de syndicalistes qui sont allés en République populaire de Chine à l'invitation des syndicats communistes chinois. Mohamed Bidi reste partisan de maintenir la participation syndicaliste algérienne dans la maison unitaire qu'est l'UGSA ; ce n'est qu'après sa création en 1956 qu'il ralliera l'UGTA.

sources : B. Bourouiba, Les syndicalistes algériens - N. Djabi, Kaïdi Lakhdar. Une histoire du syndicalisme algérien, entretiens, Chihab-éditions, Alger, 2005.

René Galissot
Dictionnaire biographie.
.., p. 139

- Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Maghreb. Algérie : engagements sociaux et question nationale. De la colonisation à l'indépendance, 1830-1962, dir. René Galissot, éd. de l'Atelier, 2006.

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Guelma aujourd'hui (source)


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mercredi 6 juin 2007

inspecteur de la Sûreté dans les années 1930 au Maroc

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inspecteur de la Sûreté

dans les années 1930 au Maroc


Bonjour,

J'ai des difficultés pour restituer le parcours de mon grand-père, né en Algérie et ayant occupé la fonction d'inspecteur de la Sûreté dans les années 1930 au Maroc. Qui peut m'indiquer où se trouvent les archives de ce personnel de l'administration française ?

Merci.
Azzedine Sedjal
sedjal@gmail.com


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la police franco-marocaine à Oujda
carte postale ancienne ayant voyagée en 1908

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Bonjour,

Merci de votre message.

Il faut s'adresser aux services des Archives dipomatiques françaises, et plus particulièrement au Centre des archives diplomatiques de Nantes (inventaires en ligne).

Mais, si ces services ne vous répondent pas précisément, il n'y a d'autre solution que d'y aller soi-même parce que la règle des recherches en archives est que la responsabilité de toute recherche revient à l'intéressé lui-même.

Bonne continuation.

Michel Renard
"Études Coloniales"


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le poste de police à Oujda

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mardi 5 juin 2007

33e congrès de la French Colonial Historical Society

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33e congrès

de la

French Colonial Historical Society

La Rochelle, 6-10 juin 2007


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- Programme de la conférence


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dimanche 3 juin 2007

Corps et société en Guadeloupe (Harry Mephon)

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Corps et société en Guadeloupe

un livre de Harry MEPHON


- Corps et société en Guadeloupe, Harry Mephon, éd. Presses universitaires de Rennes, mars 2007.


Présentation de l'éditeur

De manière générale, les catégories pour penser les pratiques corporelles et sportives invitent à la perception d'un univers consensuel qui échappe aux aléas du monde social ordinaire. Ce livre opère une rupture, tout d'abord en fondant rigoureusement les rapports des activités corporelles avec les autres pratiques économiques, politiques et culturelles, ensuite en les enracinant dans une histoire de longue durée.
Ainsi, il ne s'agit plus de situer le fait sportif dans l'histoire supposée connue de la Guadeloupe mais de la repenser dans sa globalité à travers le prisme des pratiques corporelles. Le fait de privilégier le corps comme entrée pour étudier les rapports sociaux éclaire l'histoire d'une société d'abord soumise avec l'esclavagisme aux pires formes d'asservissements corporels.
L'étude des formes d'une culture incorporée permet de comprendre les rapports de domination mais aussi les résistances et les révoltes qu'ils suscitent. La genèse des pratiques sportives fonde les liens entre trois espaces de réalité historiquement constitués par celui de la culture somatique et respectivement par ceux du sport de masse et du sport de haut-niveau.
Par un retournement de sens, le corps outil de domination devient par l'excellence des champions guadeloupéens le moyen le plus visible d'une affirmation identitaire confrontée aux rapports de force établis par la métropole.

Biographie de l'auteur

mephon_harry Harry P. Mephon est docteur en Sociologie et professeur certifié d'Education physique. Ancien athlète de haut niveau, il est entraîneur d'athlétisme, prépare et entraîne un grand nombre de sportifs de haut niveau. Il intervient au SUAPS de l'université Antilles-Guyane.


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- Presses universitaires de Rennes : commander le livre


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Guadeloupe, Saint-Claude, allée du stade Ducharnoy


article de Harry Mephon

- "Le premier sélectionné olympique guadeloupéen : Maurice Carlton", Bulletin de la Société d'histoire de la Guadeloupe (Bull. Soc. hist. Guadeloupe), 2000, no124-25, pp. 13-19.

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Maurice Carlton (né en 1913),
sélectionné aux Jeux Olympiques de 1936 à Berlin

- Maurice Carlton

L'aventure olympique des sportifs guadeloupéens ne commence pas avec les champions récents. Alors que les sportifs guadeloupéens d'avant-guerre sont tombés dans l'oubli, même dans la mémoire insulaire, l'auteur tente de présenter l'élite sportive guadeloupéenne dans le contexte des revendications des années trente. Après une brève introduction sur la constitution et la transformation du champ sportif guadeloupéen, il décrit l'attitude de la France coloniale dans le contexte de la légitimation sportive des Noirs des années trente. Si les exploits de Maurice Carlton ouvrent la voie de la reconnaissance d'un capital sportif au niveau olympique, ce capital se vit à l'époque sans aucune volonté institutionnelle de le rentabiliser.

source


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Société des artistes antillais. 1er salon 1924.
Pointe-à-Pitre du 15 au 31 janvier ; auteur : Casse Germaine, 1924

(source, Caom)



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samedi 2 juin 2007

Du bon usage politique du passé colonial (Gilbert Meynier)

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Du bon usage politique du passé colonial

Gilbert MEYNIER


La mémoire commune de l’histoire de l’immigration en France ne sait plus guère aujourd’hui que l’implantation des Italiens en France fut douloureuse, et parfois sanglante, à Marseille en 1881, à Aigues Mortes en 1893, à Lyon en 1894… Mais les vexations et le racisme dont les Italiens avaient été victimes en France se prolongèrent plus tardivement pour les Algériens : le différend franco-algérien s’exacerba, devant les blocages coloniaux, jusqu’à l’insurrection de novembre 1954. La mémoire des Algériens et des originaires d’Algérie en France est plus à vif du fait de la discrimination coloniale érigée en système, de la cruauté et des traumatismes de la guerre de 1954-1962 – et la conquête, au XIXe siècle, avait été plus sanglante encore ; sans compter les répressions sanglantes de multiples insurrections ; sans compter, pour les Algériens immigrés, les massacres d’octobre 1961 à Paris. Les blessures du passé sont à vif, et sans commune mesure avec celles de la mémoire souffrante des Français d’origine italienne.

Mais aussi, l’intégration des Italiens en France s’était produite au temps du capitalisme moderne – de 1870 à 1960. Alors que, pour les Maghrébins, le processus décisif en fut engagé au  dernier tiers du XXe siècle : à un moment où commença à triompher, le capitalisme post-moderne . On gagne maintenant de plus en plus d’argent, non pas selon les rigoureuses procédures du capitalisme industriel telles qu’Adam Smith, puis Max Weber, les avaient énoncées et analysées, mais par la spéculation financière, par les transferts de capitaux, par la constitution de rentes et de statuts : un «artiste», français, suisse ou belge, gagne aujourd’hui bien plus qu’il y a seulement vingt ans ; il est admis que tels intellectuels médiatiques fassent payer leurs conférences, jusqu’à des associatifs bénévoles qui les invitent.

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Ainsi va l’orchestration des divers «communautarismes» : Tarik Ramadan est à l’islam ce que Bernard-Henri Lévy est à la philosophie : deux vedettes, produits et acteurs d’un système rentier. Et que dire de la ritournelle du «choc des civilisations», qui oppose «l’Islam» et «l’Occident» comme des essences opposées, et qui est le bien commun des frères ennemis Bush et Ben Laden. Les stock-options et les parachutes dorés se sont banalisés.
À l’autre bout de la chaîne sociale, à leur niveau, en France, les bénéficiaires des régimes spéciaux de retraite tentent de leur côté de préserver leurs petits – et transitoires – privilèges. Emmanuel Todd a comparé les actuels États-Unis avec l’Empire romain finissant : produisant de moins en moins en son centre, prospérant en vivant sur l’empire , conçu comme machine rentière. La dégénérescence du vieux capitalisme productif a entraîné depuis quelques lustres la précarisation du travail, le délitement des solidarités nationales – école, sécurité sociale…–  qui, il y a peu, structuraient l’intégration.

Les répliques à cette évolution furent souvent des réactions catégorielles et de repli statutaire, des protestations enserrées par des réactions partielles et locales – je dirais localistes : nationalistes, soviet_anthem_postercommunautaires, crispées sur des acquis, mais sans conception globale de ce qui les détruit –, ne prenant pas la mesure des formidables mutations mondiales. Aujourd’hui seuls les capitalistes néo-modernes gardent une vision universaliste. On ne chante plus L’Internationale au parti socialiste, mais La Marseillaise.

La classe ouvrière est en voie de disparition. Avec elle s’étiolent les banlieues rouges du PC : Marie-George Buffet a fait 1,93 % des voix aux présidentielles. Dans sa campagne, elle n’a pas une seule fois prononcé le mot, obscène, de «capitalisme», médiatiquement affadi en «libéralisme» politiquement correct, cela au prix d’un contresens manifeste : le capitalisme n’a jamais été aussi peu libéral qu’il l’est aujourd’hui, écrasé qu’il est sous le poids de quelques sociétés à objectifs principalement financiers, et non proprement économiques au sens productif du terme. Nous vivons de ce point de vue la fin de la modernité. Presque aucun(e) candidat(e) n’a mentionné les questions qui poignent le monde, à son échelle, précisément, mondiale. On en est resté au localisme-refuge à accents nationaux, au ministère de l’identité nationale…, cela au moment où le national se délite et requiert une refondation en phase avec l’actualité – chez nous elle s’appelle l’Europe.

Mais le fait que, le 20 janvier 2000, le principe d’une taxation des flux financiers inspirée par la taxe Tobin (un prélèvement de 0,5% sur les transferts de capitaux) ait été refusé à six voix près (229/223 voix) par le Parlement européen est passé inaperçu : Les députés de la liste Lutte Ouvrière – Ligue Communiste Révolutionnaire avaient voté contre – Alain Krivine s’était abstenu. Si à eux cinq ils avaient voté pour, le résultat du vote aurait été inversé. Arlette Laguiller, il est vrai, avait raconté que le capitalisme, cela ne se réforme pas, cela se détruit.


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Saïgon, 1946. Pousse-pousse rue Catinat (source)

Pour en revenir au passé colonial, il a bel et bien laissé des traces sur les discriminations actuelles. Mais ces dernières sont aujourd’hui prorogées par des duretés qui appartiennent bien au présent, quand bien même des rebonds de mémoire peuvent les relier au passé. Aujourd’hui, la fixation sur le passé ne constitue-t-elle pas un dérivatif ? Le système prévalent n’est plus colonial, il n’est plus national. Il creuse dramatiquement les écarts entre sociétés développées et sociétés sous-développées, et entre les humains de ces sociétés respectives. Ce système post-moderne nourrit les idéologies de statut (par exemple «communautaristes») et leur donne forme politique. Lui est-il indifférent que la source de tous les maux ait tendance à rester ancrée dans le passé – colonial en l’occurrence ? Les hérauts des victimes tendent à faire d’un réel passé traumatique l’antécédent obligé et l’explication unique des angoisses et des traumatismes du présent. Il n’y a pas que les islamistes qui soient, ainsi que le pense le philosophe égyptien Fouad Zakariya, «aliénés par le passé».

Dans l’histoire des sociétés, comme dans celle des individus, existent des mémoires-écrans derrière lesquelles tendent à être refoulés les strates du substrat antérieur de leur passé, occultées qu’elles sont par des mémoires plus récentes , et aussi parce qu’elles sont construites par des pouvoirs ou/et des groupes de mémoire (Pieds-Noirs, descendants d’esclaves, Indigènes de la République). Ce processus d’occultation existe aussi pour la perception du présent : on est trop démuni d’outils de compréhension pour en percevoir les duretés spécifiques. On les explique donc par des effets de vitesse acquise. Le mal-être du présent est ainsi idéologisé en fixation sur un temps révolu. Dans l’Algérie d’aujourd’hui, il y a aussi un mal-être qui est expliqué en référence au passé : par les islamistes, par la masse du peuple lui-même, par le pouvoir…

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© Christophe Herrmann, L'Africain (source)

En France de nos jours, se jouent des ping-pong mémoriels où les hérauts intéressés du capitalisme post-moderne mondial comptent les points, voire attisent le feu : est-il même certain que Sarkozy soit un colonialiste impénitent ? Il l’est peut-être, mais est-ce si important ? Ou ne brode-t-il pas sur un thème sensible qui bloque la réflexion ? Et les «racailles» et les «kärcher» n’auraient-ils pas été une construction politique délibérée ? De ce point de vue, les Indigènes de la République et leurs compagnons de route de l’anticolonialisme post bellum, quelque fondés qu’ils soient dans leurs dénonciations, saisissent-ils que leur fixation sur le colonial n’est pas forcément pour déplaire à des responsables politiques qui n’ont pas vraiment envie que l’on parle d’autre chose ? En tout cas pas qu’on analyse le système du capitalisme post-moderne dont une personnalité comme Sarkozy est le génial représentant : il a su entourer sa campagne électorale de formules nationalistes à même de s’attacher des électeurs désorientés et rassurés par le retour à un tel localisme. Ce faisant, il s’est appuyé sur ce que Gramsci appelait un «senso comune», un dérivatif idéologique dans lequel s’engouffrent les dénonciateurs exclusifs d’un présent/passé colonisé, intemporel et, comme la mer de Valéry, toujours recommencé.

Gilbert Meynier
Professeur émérite à l’Université de Nancy II,
CIMADE Lyon
texte à paraître prochainement dans l'hebdomadaire Réforme

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vendredi 1 juin 2007

la colonisation française en Afrique noire : aspects économiques et sociaux (Marc Michel, 1985)

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Bobo-Dioulasso. Les indigènes voyagent dans le train, Haute-Vota (1930/1960)


la colonisation française

en Afrique noire :

aspects économiques et sociaux

Marc MICHEL (1985)


"Le mouvement colonial français représente le stade suprême, non du capitalisme français, mais du nationalisme français", ont pu écrire Christopher Andrew et Sydney Kanya-Forstner dans un raccourci provocant et iconoclaste (1). Les travaux les plus récents sur l'Empire colonial français dans son ensemble paraissent leur donner largement raison (2). A fortiori en ce qui concerne l'Afrique noire française dont l'importance, l'utilité et la rentabilité économiques ne se sont révélées que tardivement dans ses relations avec la métropole et avec le monde.

D'ailleurs, longtemps confinée dans l'offre de ses hommes, l'Afrique noire n'acquit nullement une position de force lorsqu'elle remplaça, au XIXe siècle, les hommes par des produits qui, après tout, ne jouèrent qu'un rôle marginal dans la Révolution industrielle, pas plus que ses marchés, supposés extraordinaires, ne constituèrent des débouchés réellement décisifs. L'Afrique noire, comme le Tiers-Monde dont elle est tout de même une composante géographique essentielle, ne serait pas sortie de cette situation avant le début des années 1950 (3).

Les possessions françaises qui y étaient peu peuplées et peu favorisées malgré leur gigantisme ne pouvaient échapper à ces conditions générales, même si elles nouèrent progressivement des liens privilégiés maintenus au-delà des indépendances.

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Manoka. Société Nationale Camerounaise (SNC). Locomoteur
à moteur diesel sur voie de 0,60 m.
Exploitation forestière.
(1919/1945)
source : base Ulysse, Caom

Aussi, doit-on remarquer l'extraordinaire continuité du discours officiel de la colonisation à la décolonisation, de la "mise en valeur" au "développement", de Leroy-Beaulieu en 1891 à Albert Sarraut [photo] enAlbert_Sarraut 1923 et à René Pleven en 1944 (4). C'est la litanie du "non-développement" auquel il faudrait remédier par un effort de bonne volonté de la métropole, l'engagement de ses capitalistes et l'initiative de l'État. Très longtemps les réalités correspondirent au constat d'échec. En 1914, même si l'Empire était bien devenu le troisième partenaire commercial de la France, les colonies d'Afrique noire, elles, n'étaient pas sorties de "l'âge du comptoir", et plus de trente ans après les débuts de la "course au clocher", elles n'occupaient encore qu'une place dérisoire dans les échanges et les investissements de la métropole (5). Il ne faut donc pas s'étonner de la faiblesse, voire de l'inexistence des réalisations (ports, chemins de fer, pistes...) à la veille de la Première Guerre mondiale. Les années 1920 furent, certes, marquées par un élan de l'effort public des gouvernements locaux (puisque la métropole s'était dérobée) et de l'action privée. Fut-il brisé ou "remodelé" par la Crise (6) ?

Celle-ci eut, en effet, des conséquences à longue portée ; elle relança l'initiative de l'État métropolitain, réorienta les investissements et souda économiquement, monétairement les colonies françaises d'Afrique noire à la métropole en vue de l'établissement de ce que Sarraut appela "l'autarchie" (7). En ce sens, la crise préluda aux grandes mesures de l'après Seconde Guerre mondiale qui tendirent tout à la fois à renforcer le "bloc franco-africain" dans l'Union française et à associer les "territoires" d'Afrique et de Madagascar à une Europe reconstruite, où la France serait ainsi affermie. Dans ces conditions, la décolonisation acceptée et négociée à la fin des années 1950 fut assortie d'une véritable politique compensatoire destinée à garantir l'intégration de l'Afrique francophone dans le monde occidental (8).


"mission civilisatrice" et "coopération"

Un autre leit-motiv du discours officiel fut celui de l'Homme, celui de la "mission civilisatrice de la France", du "progrès" à la "coopération", là aussi un langage décelable depuis Leroy-Beaulieu jusqu'à Sarraut et de Sarraut au général De Gaulle à Brazzaville et à Georges pompidou définissant les principes de la "coopération" en 1964 (9). Que de bonnes intentions ! Et que de lenteurs, dira-t-on, dans les réalisations si l'on en juge par l'état de l'enseignement en 1919 (10) ou de la santé en 1939 (11).

Profitant de l'acquis, tout de même considérable, et d'une évolution qui fut peut-être moins affectée par la guerre qu'on ne serait porté à le croire, aiguillonnés par l'extérieur, sincèrement persuadés de la nécessité de changer les choses et convaincus de l'avenir de "l'association", les responsables d'après 1945 entraînèrent la France dans l'effort qu'elle n'avait pas effectuée jusque-là. Cela n'alla pas sans mal car beaucoup partagèrent vite la conviction qu'il valait mieux choisir "la Corrèze que le Zambèze", parodiant ainsi la retentissante prise de position de Raymond Cartier en 1956. En tout cas, les responsables métropolitains firent alors de l'Afrique noire francophone le lieu privilégié de l'aide au développement et les réalisations progressèrent effectivement à un rythme particulièrement accéléré dans les années 1950. On ne peut que remarquer que cet ultime effort "colonial" se fit en pleine décolonisation.

Au cœur de cette transformation du tissu social se posait la question fondamentale des fins dernières de la colonisation française en Afrique noire. On peut se demander, à cet égard, à partir de quand et comment elle s'était posée clairement. "La suzeraineté européenne ne devra pas être temporaire dans la majeure partie de l'Afrique" et "toutes les colonies ne sont pas destinées à s'émanciper", croyait Leroy-Beaulieu en 1891. Avait-on changé d'avis après la première Guerre mondiale ? Révéler l'indigène à lui-même, "c'est là une fin véritable de notre venue en ces pays", affirmait le gouverneur général Carde en 1930. Ce fut aussi le langage de Brazzaville en 1944 : acheminer les populations africaines vers l'accomplissement de leur "personnalité propre". En réalité, le discours officiel français à l'égard de l'Afrique noire fut une variation continuelle sur les thèmes de l'assimilation et de l'association qui masqua jusqu'au bout un esprit d'intégration que René Pleven reconnaissant à Brazzaville en soulignant que la préoccupation constante de cette conférence était "l'incorporation des masses indigènes dans le monde français".


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30 janvier 1944, discours de De Gaulle à Brazzaville ;
à gauche, René Pleven

Cette attitude qui imbriquait les dimensions du culturel et du politique, dut, par la force des choses, se modifier avec les indépendances. Mais, fondamentalement, elle continua à inspirer la conception officielle des relations avec les pays où s'était forgé "cet art de vivre ensemble, qu'ont créé, au cours d'une histoire qui ne fut pas sans difficultés, les Africains et les Malgaches d'une part, les Français de l'autre" (13).

Alors bien sûr, on se demande quelle fut la réponse africaine à cette solliciation continuelle. Il y eut naturellement un premier temps de résistances, résistances à l'agression physique de la conquête, résistances à l'agression sociale de l'installation de l'État colonial. Mais, elles eurent aussi, naturellement, leur correspondance dans une collaboration dont les dimensions et la signification socio-culturelle furent peut-être plus importantes encore pour l'avenir (14). Cette collaboration, dans sa phase assimilationniste, culmina dans doute avec Blaise Diagne (15). À son tour, elle suscita des rejets d'abord intellectuels puis politiques et enfin parfois passionnels mais ces rejets n'ont pas gommé l'imprégnation socio-culturelle - le problème de l'héritage colonial étant, finalement, la mesure entre le rejet et l'adhésion.

Marc Michel, professeur à l'université en Provence
in L'Afrique noire depuis la conférence de Berlin,
publications du Cheam (diff. Documentation française), 1985, p. 121-124.

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- source de la photo-titre : base Ulysse, Caom

_______________________________

(1) Andrew C. et Kanya-Forstner S., "The french Colonial Movement during the Third Republic. The unofficial mind of imperialism, Transactions of the Royal Historical Society, 5th series, vol. 26, 1976, p. 148.
(2) Marseille Jacques, Empire colonial et capitalisme français. Histoire d'un divorce, A. Michel, 1984.
(3) Bairoch Paul, "Le bilan économique du colonialisme, mythes et réalités", in Histoire et sous-développement, éd. par Leiden Center for the History of European Expansion et la Maison des Sciences de l'Homme, Paris, 1980, p. 35-39.
(4) Leroy-Beaulieu Paul, De la colonisation chez les peuples modernes, 3e éd. 1891 ; Sarraut Albert, La mise en valeur des colonies françaises, 1923 ; Discours de René Pleven à l'ouverture de la Conférence Africaine de Brazzaville, le 30 janvier 1944.
(5) Michel Marc, L'Appel à l'Afrique, contributions et réactions à l'effort de guerre en A.O.F. 1914-1918, Publications de la Sorbonne, 1982 ; et Coquery Catherine, "L'économie coloniale en Afrique noire : le financement et la “mise en valeur“, 1900-1940. Méthodes et premiers résultats", in Eighth International Economic Congress, Budapest, 1982, republié dans les Études africaines offertes à Henri Brunschwig, École des Hautes Études en Sciences Sociales, 1982.
(6) L'Afrique et la crise de 1930 (1924-1938), colloque de l'université Paris VII publié par la Revue française d'Histoire d'Outre-Mer, n° 232-233, 3e et 4e trim., 1976.
(7) Marseille J., op. cit., p. 187 et sq ; et Poquin J.-J., Les relations économiques extérieures des pays d'Afrique noire de l'Union française (1925-1955), A. Colin, 1957.
(8) Michel Marc, "La coopération intercoloniale en Afrique noire, 1942-1950 : un néo-colonialisme éclairé ?" in Relations Internationales, n° 34, été 1983, p. 155-171.
(9) Discours sur la coopération prononcé par Georges pompidou, Premier ministre, devant l'Assemblée nationale, 10 juin 1964.
(10) Bouche Denise, L'enseignement dans les territoires française de l'Afrique occcidentale. Mission civilisatrice ou formation d'une élite ? Thèse d'État, Paris, 1974.
(11) Domergue-Cloarec Danielle, La santé en Côte d'Ivoire, 1900-1962. Mythes et réalités, thèse d'État, Poitiers, 1984.
(12) Articles de Raymond Cartier dans Paris-Match en août et septembre 1956. Sur l'opinion, voir Ageron Ch.-Robert, "L'opinion publique face aux problèmes de l'Union française", communication au colloque sur les Prodromes de la décolonisation de l'empire français (1936-1952), 4-5 octobre 1984, Institut d'Histoire du Temps Présent.
(13) Les accords de coopération entre la France et les États africains et malgache d'expression française, La Documentation française, 1964, préface de Jacques Foccart.
(14) Sur les problèmes des "résistances" et des "collaborations", voir en particulier les Études Africaines offertes à Henri Brunschwig, op. cit., 5e partie (articles de Jean Suret-Canale, Chhristophe Wondji et Charles Owana sur l'Afrique francophone) et surtout Brunschwig Henri, Noirs et Blancs dans l'Afrique noire française, Flammarion, Nouvelle bibliothèque scientifique, 1983.
(15) Sur Diagne et les "évolués" assimilationnistes, voir Johnson W.-R., The emergence of Black Politics in Senegal, The Struggle for Power in the Four Communes (1900-1920), Stanford, 1971 ; et Crowder Michael, Senegal, A study in French Assimilation, Methuen, 1967. Sur l'A.E.F., Mbokolo Elikia, "Forces sociales et idéologies dans la décolonisation de l'A.E.F.", in Journal of Africain History, 22 (1981), p. 393-407.

Sur les suites politiques, Benoist Joseph-Roger (de), L'Afrique Occidentale Française de 1944 à 1960, Les Nouvelles Éditions Africaines, 1982.


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Boutilimit (Mauritanie), la visite au dispensaire (1930/1960) - source : Caom


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jeudi 31 mai 2007

Note au sujet des territoires coloniaux de l'Allemagne (Gérard Molina, 2005)

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Note au sujet

des territoires coloniaux de l'Allemagne

Gérard MOLINA (2005)


M. Gérard Molina (Paris) conteste, dans l’article intitulé «Commémorations» (Le Monde diplomatique, mars 2005), la formulation selon laquelle l’Allemagne aurait été «oubliée» en matière de colonies.

L’Allemagne est venue tard à la colonisation, mais, après la conférence de Berlin (1884-1885), elle établit rapidement sa sphère d’influence sur quatre vastes territoires d’Afrique (Togo, Cameroun, Sud-ouest africain et Afrique orientale allemande), ce qui en fit la troisième puissance sur ce continent. C’est le traité de Versailles (1919) qui la jugea «indigne de coloniser» et lui retira tous ses territoires. Il ne s’agit pas ici d’érudition, car l’Afrique servit de laboratoire aux politiques de ségrégation, d’espace vital et d’extermination.

Au début du XXe siècle, les colonies allemandes étaient les seules en Afrique à interdire les mariages entre Blancs et Noirs, y compris les métis chrétiens. C’est dans sa colonie du Sud-ouest africain (l’actuelle Namibie) que l’Allemagne accomplit en 1904-1905 un génocide contre les tribus hereros, qui se rebellaient régulièrement. Après la mise à mort de plus des trois quarts des 70 000 Hereros, les 16 000 survivants ne durent leur salut qu’à l’exil vers d’autres contrées. Quand on connut en métropole l’ordre d’exterminer les Hereros, l’émotion de l’opinion obligea le gouvernement de Berlin à le désavouer, mais c’était trop tard. Une même politique ethnocidaire fut déclenchée contre les Namas, descendants des Khoïkhoï ou «Hottentots».

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Lothar von Trotha

(...) Souligner ces faits ne doit pas conduire à relativiser la singularité de la Shoah, mais montre que celle-ci ne surgit pas comme un événement incompréhensible devant lequel tout essai d’explication serait a priori impossible, voire obscène. Hannah Arendt, très au fait de l’histoire allemande moderne, reconnut explicitement ce lien : «Les premiers à comprendre l’influence décisive de l’expérience sud-africaine furent les leaders de la foule qui, tel Carl Peters, décidèrent qu’ils devaient eux aussi faire partie d’une race de maîtres. Les possessions coloniales africaines offraient le sol le plus fertile à l’épanouissement de ce qui devait devenir l’élite nazie.»

Gérard Molina
agrégé de philosophie
Le Monde Diplomatique
, avril 2005,
page 2 (en ligne)

 

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Die Kriegsgeschichtliche Abteilung des Großen Generalstabs veröffentlichte 1907 eine umfangreiche Dokumentation über "Die Kämpfe der deutschen Truppen in Südwestafrika", deren 1. Teil dem "Feldzug gegen die Hereros" gewidmet war, während der 2. Teil den "Feldzug gegen die Hottentotten" dokumentierte (Bundesarchiv, Bibliothek).

La guerre des troupes allemandes dans le Sud-Ouest Africain.
L'expédition contre les Hereros
, Berlin, 1906


liens

- l'Allemagne et le Sud-Ouest africain, la répression de la révolte des Hereros (en langue allemande)

- The Revolt of the Hereros, Jon M. Bridgman, University of California Press, 1981 

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