lundi 17 mars 2008

Oujda et l'amalat

Lyautey_inspecte_Oujda



l'amalat d'Oujda


chercher un livre
bonjour à toutes et à tous,voilà je cherche un livre ecrit par un officier français,durant la première periode de la colonisation d'oujda (MAROC)à partir de 1907.ce livre a pour TITRE :(oujda et l'amalat),d'après un vieux vétérant,ce livre existait dans la bibliothéque de tlemcene(ALGERIE),son auteur pourrait etre un certain lieutnant voinot ou voinau ou vainau ?je vous remercie infinement,

posté par Kortas, 17 mars 2008 à 14 h 41


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Oujda_d_fil__zouaves_1907
occupation française d'Oujda, avril 1907 : défilé des zouaves dans les rues


réponse


Voici la note du catalogue de la BnF (Bibliothèque nationale de France) relative à cet ouvrage :

type :  texte imprimé, monographie
Auteur(s) : Voinot, Louis (1869-1960)
Titre(s) : Oudjda et l'amalat, Maroc [Texte imprimé] / capitaine L. Voinot
Édition :  [Reprod. en fac-sim.]
Publication : Saint-Germain-en-Laye ; [Marly-le-Roi] (BP 105, 78160 Cedex) : les Enfants de l'oriental, cop. 1988-1989
94-Périgny-sur-Yerres : Impr. Arts graphiques de la Brie
Description matérielle :   2 vol. (585-84 p.-XXVI f. de pl.-[2] dépl.) : portr. ; 25 cm

Note(s) Contient : "Relations algéro-marocaines sur la frontière du Tell de 1848 à 1907 : extrait". - En appendice du vol. 2, choix de documents. - Bibliogr. vol. 1, p. 4-8
Reproduction : Fac-sim. de l'éd. d'Oran : L. Fouque, 1912


et voici la notice auteur :

Voinot, Louis (1869-1960)  

  Nationalité(s) :  France
  Langue(s) :  français
  Sexe :  masculin
  Responsabilité(s) exercée(s) sur les documents :  Auteur
  Naissance : 4 décembre  1869
  Mort : 20 juillet 1960

Colonel. - Écrivain militaire, géographe et historien, spécialiste du Maroc

Source(s) :

- Le Tidikelt : étude sur la géographie, l'histoire, les mœurs du pays / Louis Voinot, 1995.

- Oudjda et l'amalat, Maroc / capitaine L. Voinot, cop. 1988 [Fac-sim. de 1912]


Je ne crois pas qu'il soit en ce moment disponible à la vente. Par contre, on trouve le Tidikelt :

00063

VOINOT L. - Le Tidikelt. Etude sur la géographie, l'histoire, les moeurs du pays. Extrait de : Bulletin de la Société de Géographie et d'Archéologie de la Province d'Oran.
Oran, Imprimerie L. Fouque, 1909.
In-8 broché, 155 pages, 10 figures dans le texte, 23 planches offrant de nombreuses illustrations dont 9 cartes et plans. (Rousseurs au titre, dos remplacé en kraft.) BON EXEMPLAIRE.

Cet ouvrage vous est proposé par la Librairie Picard.

Euro 60.00 |  commander ce livre

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Autre possibilité :

commander le livre aux éditions Gandini



On trouve également :

Sur les traces glorieuses des pacificateurs du Maroc, Louis Voinot; 1939.

Préface du General DOGUES , illustrations de TH. J. DELAYE CHARLES LAVAUZELLE ET CIE 1939 TRES BELLES ILLUSTRATIONS , cartes dépliables

commander ce livre

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Que signifile le terme "amalat" ?
- "Les indigènes (nommaient) amalat, suivant les uns, le territoire régi par un caïd, suivant les autres, une circonscription financière" (Bulletin de la Société de géographie, 1861).


Michel Renard


Oujda_casba_gard_e_par_spahis


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vendredi 14 mars 2008

à propos du livre "Les mots de la Colonisation" (Jean-Pierre Renaud)

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à propos du livre

Les mots de la Colonisation

Jean-Pierre RENAUD


Un petit ouvrage rédigé sous la direction de trois historiens avec la collaboration d’une quarantaine d’auteurs, spécialistes de la colonisation. Petit livre dont l’ambition est sans doute, et c’est très bien, de simplifier le travail de documentation d’un lecteur curieux du sujet, par rapport à d’autres lexiques ou dictionnaires plus volumineux déjà publiés.

 

La méthode

Le discours de la méthode proposée par l’ouvrage :

- "Les auteurs ont eu la volonté de diffuser auprès d’un large public des connaissances rigoureuses (p. 4), …à partir d’une sélection - forcément réduite - de termes qui ont tissé la trame coloniale (p. 5),… nous avons choisi de faire entendre des mots effectivement en usage au temps des coloniesLa plupart des vocables qui composent ce lexique ont été utilisés d’un bout à l’autre de l’empire français" (p. 5).

- "L’équilibre de ce petit lexique s’établit au carrefour des mots d’alors et des mots d’aujourd’hui, dans une réflexion sous-tendue par les débats d’aujourd’hui" (p. 5).

- "Puisse ce petit ouvrage fournir un outil de travail commode aux étudiants" (p. 6).

La méthode choisie ne court-elle pas le risque d’une confusion inévitablement chronologique compte tenu des termes mêmes annoncés de la sélection, le carrefour des mots d’alors et des mots d’aujourd’hui ? Ne court-elle pas le risque aussi d’une confusion géographique entre des champs historiques arpentés d’un bout à l’autre de l’empire français ?

Dans un article paru dans les Cahiers d’Etudes Africaines de janvier 1960, intitulé "ColonisationBrunschwig -Décolonisation. Essai sur le vocabulaire usuel de la politique coloniale", Henri Brunschwig [ci-contre] écrivait dès la première ligne : "Les vocables politiques s’usent vite et leur sens varie selon les temps et les lieux". Il donnait quelques exemples de ces faux amis coloniaux.

En premier lieu, celui du terme colonisation, mais aussi celui du mot protectorat qui n’avait pas du tout le même sens selon les périodes de référence et les territoires de conquête, chasse gardée en Afrique avant et après le Congrès de Berlin, en même temps que projet de tutelle ou tutelle en Tunisie, en Annam ou à Madagascar ? Au cours de la période de conquête, les hommes politiques divergeaient d’ailleurs sur le sens de ce concept, ainsi que sur son intérêt.

En commentant le mot protectorat, le petit livre n’a pas repris cette distinction chronologique importante, mais il est vrai que le dictionnaire Liauzu n’en fait même pas mention.

Après pointage, et sauf erreur, sur plus de 120 mots cités, 37% d’entre eux s’inscrivent dans un temps colonial fractionné, et 63% dans un temps complet, temps postcolonial compris.

Sur le plan géographique, 70% des mots s’inscrivent dans le champ colonial ou impérial complet et 30% dans des champs coloniaux déterminés, 7% pour l’Afrique noire, 10% pour l’Extrême-Orient et l’Océanie, et 13% pour l’Afrique du Nord.

Autre question de méthode. De qui sont les mots retenus, des colonisateurs ou des colonisés ? Des premiers sûrement, et rarement ceux des colonisés, et il faudrait le préciser.

La sélection de ces mots résulte-t-elle d’une méthode de lecture statistique éprouvée, par exemple des journaux des différentes époques considérées ? Aucune information n’est donnée à ce sujet.

On pouvait aussi imaginer que la quarantaine d’auteurs aurait pu se réunir, ce qui a peut-être été fait, et qui n’a pas été dit, et qu’ils auraient procédé à un inventaire des mots clés de la colonisation. On ne voit pas en tout cas de différence entre les mots importants et ceux qui le sont moins.

En résumé, un réel apport d’informations, mais entaché de quelques réserves de fond quant à la méthode historique choisie.

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Le contenu : des mots justes ?

Congo Océan - Chemins de fer en Afrique (p. 34) : la datation des lignes citées ne correspond pas à la réalité. Le chemin de fer n’atteignit le Niger qu’en 1904.

Conquête (p. 36) : "Les résistances ne peuvent donc s’exprimer que par la guérilla".

Un commentaire étrange qui ne rend pas fidèlement compte des vraies batailles qui ont eu lieu au Tonkin avec des bandes de pirates et l’armée chinoise, de celles qui ont eu lieu entre les troupes coloniales et les armées de Samory, ou l’armée de Béhanzin, et enfin de celles de Madagascar au débarquement des troupes françaises et lors de leur remontée vers la capitale, avec enfin la prise de Tananarive.

Insurrection malgache (p. 58) : l’évoquant (p. 59) : "Une mémoire d’effroi se constitue, longtemps refoulée du fait qu’après 1960 le pouvoir revint à des collaborateurs des Français - ce qui rend aujourd’hui le travail des historiens très difficile face à une question devenue, pour l’intelligentsia et la diaspora malgache, l’équivalent de ce qu’est l’esclavage pour les Africains et Antillais".

Première observation : la répression de l’insurrection de 1947 n’a pas été occultée. À titre d’exemple, le livre de Pierre Boiteau paru en 1958, l’évoque longuement, et une multitude d’autres sources, notamment les journaux de l’époque.

Deuxième observation : celle d’après laquelle le travail des historiens serait difficile face à une question devenue l’équivalent… de ce qu’est l’esclavage pour les Africains et Antillais.

1° - Qu’est-ce qui autorise l’auteur de ce texte à formuler un tel jugement ? Des enquêtes d’opinion qu’il pourrait citer ?

2° - Quant à l’esclavage, il suffit de rappeler que c’est le pouvoir colonial qui a supprimé l’esclavage dans la grande île, et qu’une bonne enquête d’opinion dirait peut-être que l’effroi véritable s’inscrirait beaucoup plus dans la mémoire des descendants d’andevo (esclaves), que dans celle des habitants actuels de l’île par rapport à l’insurrection de 1947.

Parti colonial (p. 88 et 89) : dans la diffusion de l’idée impériale, l’auteur cite les livres scolaires les programmes scolaires eux-mêmes sont progressivement aménagés : le célèbre Tour de la France par deux enfants, dans ses diverses rééditions, fait désormais un détour par l’empire.

Le livre en question fait une place très modeste aux colonies, une page au maximum sur 318, et la fameuse  vignette des quatre races, dont la blanche, la plus parfaite, un tiers de page (p. 184). C’est dire l’importance d’un tel livre !

Plus grande France (p. 91, 92) : le texte note (p. 92) : "Les années 1930 démontrent l’enracinement de l’esprit impérial".

Le verbe démontrer n’est-il pas de trop ? Alors que cette thèse de l’enracinement du colonial est pour le moins contestée, à lire, en tout cas, les travaux des historiens Charles-Robert Ageron et Gilbert Meynier.

 

Des mots absents

Ce qui frappe à la lecture, c’est la faible part attribuée aux mots de la culture des peuples des colonies, à leurs croyances, différentes selon les continents : en Afrique spécialement, l’islam, cité par le livre, mais tout autant l’animisme et le fétichisme, les initiations et les classes d’âge, la circoncision et l’excision, les masques,les totems, et les sorciers … ; en Asie, le confucianisme, le taoïsme, le bouddhisme, et aussi, le ciel des empereurs d’Hué ou de Pékin. Et pour l’Afrique, l’Asie et Madagascar, le culte des ancêtres, capitalFRCAOM08_9FI_00176R_P dans la grande île.

Ce qui frappe également, c’est l’absence des mots de la conquête, le portage, les colonnes, les captifs, les canonnières, et les maladies tropicales, fièvre jaune et paludisme, au lieu de la soudanite, qui fut une affection plutôt rare par rapport à ces maladies, avec les hécatombes de cette période, et les fameuses quarantaines en cas d’épidémie. La rubrique médecine (p. 68) réduit beaucoup trop le champ du mot.

Rien sur les cultures vivrières, le mil et le manioc, le riz ! Alors que le mot indigénophile est retenu : avouerai-je que tout au long de mes lectures coloniales, je n’ai pas souvenir d’avoir rencontré ce mot. Le Larousse paru en 1931 (six volumes) n’en fait pas mention.

Et les gros mots ou les mots interdits, les fady des malgaches ! Le lexique ne cite pas le cannibalisme, religieux ou pas, qui exista bien dans certaines régions d’Afrique et d’Océanie. Ainsi que les sacrifices humains dans certaines cultures ! Et la polygamie coutumière dans beaucoup de ces colonies !

 

Les mots de la fin ?

Les explications données pour certains mots font incontestablement problème quant à leur pertinence historique.

Postcolonies studies - études postcoloniales. Le lexique évoque avec une prudence justifiée le discours d’un collectif de chercheurs, puisque insuffisamment démontré, sur la relation qui existerait entre la colonisation et la crise des banlieues.

orientalism_couvDans le même commentaire, le lexique fait référence au livre d’Edward Saïd, l’Orientalisme (1978) : … est un ouvrage majeur pour les postcolonial studies : il insiste sur l’impact des stéréotypes construits par l’Occident sur l’Orient et sur l’importance de la présence des empires coloniaux au cœur des productions culturelles européennes.

La thèse de M. Saïd mériterait à elle seule un très long commentaire, mais relevons simplement quelques observations à son sujet.

Comment pouvait-il en être autrement du regard de l’Occident sur l’Orient, qui ne se réduisait d’ailleurs pas au Moyen-Orient et au monde musulman et arabe. C’était autant sinon plus l’Extrême-Orient de l’Inde et de l’Asie ? Un Occident dominant, sûrement ! Souvent aussi fasciné ! Qui tentait de comprendre, avec ses propres codes de pensée, un Orient qui n’existait pas en tant que tel, et qui n’existe toujours pas par lui-même.

Sans doute la construction d’un système de fictions idéologiques, mais qui ne se résumaient pas à la littérature de Flaubert, et à sa courtisane égyptienne, ou à une peinture orientaliste seulement captivée par les harems arabes... L’auteur suggère de sortir de l’ancienne camisole de force idéologique, mais est-ce que tous les intellectuels, écrivains, artistes, historiens de cette époque ont eu besoin d’une telle thérapeutique ? Non ! Et paradoxalement aussi les missionnaires, souvent défricheurs d’autres civilisations.

Ce type de thèse porte toujours en creux la responsabilité de l’Occident, et sans le dire, ses fautes, sa culpabilité. Chacun est libre de le penser, mais il ne s’agit alors plus d’histoire, mais de morale.

E. Saïd défend une thèse qui pourrait être celle d’un occidental coupable, mais on peut se demander dans quelle position l’auteur situe sa thèse, occidentale ou orientale ? Et pourquoi ne pas regretter que l’Orient ne nous ait pas fait connaître sa propre thèse, son antithèse sur l’Occident, afin de tenter une synthèse, qui ne sera pas obligatoirement la fameuse histoire partagée dont rêvent certains.

Le mot violence (p.119) et son commentaire appellent également un peu d’explication.

Le sens de ce terme, par définition complexe, et très variable selon les époques, méritait un commentaireesclavage2_illust plus nuancé et plus circonstancié en rigueur historique.

Il ne faut pas avoir fréquenté beaucoup de récits et d’études ethnologiques de l’époque coloniale pour croire que la paix civile régnait dans les territoires conquis par la France, sur le Sénégal, le Niger, le Congo, le fleuve Rouge, ou dans les îles d’Océanie !

Sans faire silence sur les violences de la conquête et du maintien de l’ordre colonial, la colonisation fut aussi pour beaucoup de populations coloniales une période de paix civile. Et l’esclavage existait alors dans la plupart de ces territoires.

Il convient donc d’examiner les faits, sans faire appel au procédé jésuite qui consiste à répéter qu’on ne prône jamais le remords, tout en tenant continûment un discours qui le postule, sans que l’on demande naturellement et expressément la rémission de ses péchés coloniaux.

Comment est-il donc possible d’écrire dans le commentaire du mot violence la formule suivante : "Cette violence… n’en reste pas moins une tache indélébile sur l’histoire nationale" (p. 120) ...? S’agit-il d’histoire ou de morale ?

En conclusion, un petit livre de poche utile grâce à son format et à son contenu, avec le conseil sans doute inutile, que je donnerais volontiers aux étudiants historiens : lisez-le en conservant votre esprit critique !

Jean Pierre Renaud
9 mars 2008


- iconographie ci-dessus : esclaves emmenés à la fourche, photographie de la mission de Victor Liotard en Oubangui [Centrafrique] en 1891 (source : Caom)


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samedi 8 mars 2008

"Trajectoires du politique : État, nation, empire"

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programme du séminaire

"Trajectoires du politique : État,

nation, empire"



sous la direction de Jean-François Bayart (CERI-CNRS)
et Romain Bertrand (CERI-Sciences Po)


présentation

Créé en 2003, le séminaire «État, nation, empire» du groupe de recherche «Trajectoires historiques du politique» du CERI rassemble des politistes, des sociologues, des historiens et des anthropologues autour de présentations de travaux. Son objectif est double.

Il s'agit, en premier lieu, de considérer, à titre heuristique, les États coloniaux modernes comme une variété historique de formations impériales, et pour cela de donner une large place aux nouveaux travaux d'histoire impériale comparée qui tentent de caractériser au plus près les spécificités des régimes impériaux «classiques» de loyauté et d'allégeance politiques.

Dans le même temps, une attention particulière est accordée aux études qui mettent en exergue les relations et les circulations inter-impériales (d'hommes, de savoirs et de savoir-faire), au sein de aussi bien qu'en dehors des espaces «métropolitains».

Il s'agit, en second lieu, d'interroger les nouvelles historiographies du fait colonial au regard d'une préoccupation et d'une question. Une préoccupation comparatiste : saisir le «moment colonial» des sociétés politiques extra-européennes (d'Asie, d'Afrique ou d'Océanie) à l'aune de leurs trajectoires de longue durée, et non à celle de leur «rencontre» avec l'Europe de l'Ouest, et donc ne pas réduire leurs dynamiques politiques (et en particulier leurs entrées en modernité étatique) à la somme de leurs interactions, contraintes ou volontaires, avec les compagnies de commerce ou les États européens.

Une question : comment, dès lors, ressaisir l'historicité propre de ces sociétés, c'est-à-dire comment cerner et décrire les modes vernaculaires d'entendement et d'action politiques en «situation coloniale» ? Comment, en d'autres termes, scruter les hors-champs indigènes du pouvoir colonial ?

Romain Bertrand

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séances

séances au Centre d'études et de recherches internationales (CERI-Sciences Po.)
56, rue Jacob
75006 - Paris
Métro : Saint-Germain-des-Prés


* mardi 18 mars 2008, de 17h à 19h
"Provincialiser l'empire : questions d'histoire ottomane"par Marc Aymes, fellow au Zentrum Moderner Orient (Berlin), auteur de Un "Grand progrès - sur le papier". Histoire provinciale des réformes ottomanes à Chypre au XIXe siècle, Leuven & Paris, Peeters, sous presse

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* jeudi 20 mars 2008, de 17h à 19h
"La mémoire de l'esclavage et l'action politique des jeunes dans les Grassfields du Cameroun de l'Ouest"
par Nicolas Argenti, research lecturer à Brunel University, auteur de The Intestines of the State. Youth, Violence, and Belated Histories in the Cameroon Grassfields (Chicago, The University of Chicago Press, 2007)
Discutant : Jean-Pierre Warnier (professeur émérite, CEAf, EHESS), auteur de The Pot-King. The Body and Technologies of Power, Leiden, Brill, 2008

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* mercredi 26 mars 2008, de 17h à 19h
"Anthropologie politique en contexte colonial. Méthode, théorie et engagement : à propos de l'histoire d'une chefferie kanak (Nouvelle-Calédonie)"
par Alban Bensa, directeur d'étude à l'EHESS, auteur de Histoire d'une chefferie kanak (1740-1878). Le pays de Koohnê (Nouvelle-Calédonie), Paris, Karthala, 2005 (avec Atéa Antoine Goromido) et de La Fin de l'exotisme. Essais d'anthropologie critique, Toulouse, Anacharsis, 2006

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* mercredi 16 avril, de 17 h à 19 h
«Les mouvements messianiques hmong en Asie du Sud-Est. Les origines des conflits en situation de domination coloniale occidentale et dans le cadre des rapports de pouvoir inter-ethniques »
par Christian CULAS, chercheur à l'IRSEA, auteur de Le messianisme hmong aux XIXe et XXe siècles. La dynamique religieuse comme instrument politique, Paris, Maison des sciences de l'homme-EHESS, 2005

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le livre de Jean-Pierre Warnier


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- image du haut : Cameroun, pays Bamiléké, entrée de la chefferie de Bafang (source)

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vendredi 7 mars 2008

Algérie : la mémoire restituée (Benjamin Stora)

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Algérie : la mémoire restituée

Benjamin STORA


Dans les difficiles rapports franco-algériens, la question de la mémoire et de l’écriture de l’histoire figure parmi les questions les plus difficiles. Le problème de la restitution des archives d’Algérie n’est toujours pas réglé. Après l’indépendance de 1962, une grande majorité des archives ont été emportées en France et déposées au centre de recherches d’Aix-en-Provence. Puisque l’Algérie c’était trois départements français et non pas un protectorat, ces documents - qui traitent de l’urbanisme ou de la surveillance des partis algériens, de l’organisation de la vie dans les campagnes ou des opérations militaires menées par l’armée pendant la guerre d’Algérie - sont considérés comme des archives de souveraineté par la France. Il n’y a donc jamais eu de restitutions d’archives, réclamées par les gouvernements algériens qui se succèdent depuis cinquante ans.

On aurait pu penser que cette situation allait rester en l’état, surtout après l’élection du nouveau président de la République française en mai 2007, qui avait mené campagne sur le thème de «l’antirepentance» à propos de la colonisation. Ce n’est pas le cas. Au début du mois de décembre 2007, l’Institut national de l’audiovisuel (INA) et la télévision publique algérienne (EPTV) ont signé un accord sur des images conservées par l’INA retraçant l’histoire de l’Algérie depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’à 1962. Cet accord «prévoit la mise à disposition d’une copie de l’ensemble des images d’actualité conservées par l’INA» entre 1940 et 1962, date de l’indépendance de l’Algérie, et la «possibilité pour l’EPTV de les exploiter par voie hertzienne ou satellitaire». L’EPTV peut également en disposer pour les commercialiser sur le territoire algérien. Au total, 1 862 documents, dont certains muets, sont ainsi disponibles pour l’EPTV, soit cent trente-huit heures de programmes.

Six thématiques regroupent l’essentiel de celles-ci. La guerre d’Algérie représente, à elle seule, cent dix-sept heures de programmes, dont les attentats à Alger ou en France, les images du déclenchement de la guerre d’indépendance en novembre 1954, le référendum de 1962, le procès de l’OAS, le départ des Européens, l’Algérie dans ses premières heures d’indépendance ; deux heures de programmes montrent le bombardement de la flotte française dans le port de Mers el Kébir en 1940.

Des séquences retracent la Seconde Guerre mondiale. Le chapitre économie et industrie est présent avec 105 documents élaborés en quatre heures de programmes. Il évoque le début de l’industrialisation de l’Algérie et ses grands chantiers. On retrouve entre autres l’inauguration du Transsaharien en 1942, les puits de pétrole à Bou Saada ou encore le lancement du cargo citerne Mitidja en 1949. La vie quotidienne des Algériens figure dans quatorze heures de programmes. On y aperçoit, en couleurs, le départ de la caravane du sel et sa traversée du Sahara jusqu’au centre de l’Afrique en 1948. Un film documentaire a été consacré aux paysans des Aurès, un autre à un pèlerinage à La Mecque. Une dernière partie révèle quelques événements sportifs de cette période, comme la finale de la Coupe de football d’Afrique du Nord organisée le 8 juin 1950.

Cet accord offre à la télévision publique algérienne une «totale liberté d’utilisation de toutes les images d’archives tournées notamment sur le sol algérien, jusqu’à la date d’indépendance». Dans ce début de l’année 2008, tous les internautes pourront accéder à l’intégralité de ces archives, ouvertes donc pour les chercheurs des deux rives de la Méditerranée. Cet accès libre aux archives a toujours été une revendication des historiens, y compris algériens, qui craignaient une mise sous le boisseau de documents, à la faveur d’une restitution d’archives à l’Algérie.

Quelques jours après ce geste de restitution d’archives qui ne dit pas son nom, l’ambassadeur de France en Algérie, Bernard Bajolet, déclare le 24 décembre 2007 au quotidien arabophone Ech-Chourouk que Paris cherche des moyens de dédommager les victimes des essais nucléaires français, effectués dans le sud algérien dans les années 60. Le président français en visite à Alger au début du mois de décembre 2007 a proposé au président algérien la prise en charge médicale des victimes des essais nucléaires dans le sud saharien. L’ambassadeur indique que pour la France ces questions seront traitées séparément de la question de la coopération dans le domaine du nucléaire civil.

Après la restitution des cartes de mines posées aux frontières marocaine et tunisienne par l’armée française, puis la mise en ligne d’archives audiovisuelles par l’INA et l’évocation du suivi médical pour les victimes de radiations atomiques au Sahara, des signes existent pour commencer à assumer ensemble un passé douloureux. Ajoutons que du côté algérien les déclarations officielles se sont multipliées récemment pour laisser entrer en Algérie les enfants de harkis. Mais il n’est pas encore question des pères. Il faudra encore bien des efforts pour que la réconciliation mémorielle soit effective. Du temps aussi pour que les générations qui n’ont pas de responsabilités dans ce conflit se retrouvent et bâtissent un avenir sans arrière-pensées.

Benjamin



Benjamin Stora
professeur d'histoire du Maghreb à l'Institut national
des langues et civilisations orientales (Inalco)
Libération, vendredi 7 mars 2008

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liens

- consulter la totalité des documents audiovisuels Ina sur l'Algérie

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- archives audiovisuelles françaises (copie) fournies par l'Ina à l'Algérie

- un point de vue différent sur bab el oued story

- le point de vue de jeunepiednoir

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mercredi 5 mars 2008

colloque accords de Matignon-Oudinot et de Nouméa (1988 et 1998)

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1988 : Accords de Matignon Oudinot

1998 : Accord de Nouméa

Textes fondateurs de la Nouvelle-Calédonie d’aujourd’hui


Colloque : vendredi 25 et samedi 26 avril 2008

Résumé

À l’occasion des vingt ans des Accords de Matignon-Oudinot (1988), le réseau Asie-Imasie (CNRS/FMSH) organise un colloque placé sous la présidence de M. Michel Rocard. Ces textes exemplaires qui semblent avoir érigé la Nouvelle-Calédonie en lieu de référence et espace de stabilité dans la zone pacifique, sont rarement au cœur de manifestation de grande envergure. La matinée du vendredi 25 avril sera consacrée à la projection du film Les Médiateurs du Pacifique, de Charles Belmont, et  l’après-midi, à une table ronde réunissant acteurs et témoins, mémoires de l’histoire immédiate. Le samedi 26 avril, se succéderont des universitaires, spécialistes de l’histoire, de la géopolitique et du droit de la région.

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danseur Wapan

Lieu du colloque :
25 avril 9h-12h30 : Mairie de Paris, auditorium
25 avril 14h-18h : Palais du Luxembourg, salle Monnerville
26 avril, 9h-18h : Palais du Luxembourg, salle Médicis

Il est impératif de s'inscrire avant le 15 avril 2008 (les inscriptions seront prises dans l'ordre des demandes et dans la limite des places disponibles).
Contact : viviane fayaud, vfayaud@msh-paris.fr,
Bureau 306, 54 bd Raspail, 75270 Paris 6e. tél. 01 49 54 26 00


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Programme provisoire du colloque

Vendredi 25 avril, 9h-12h30 : Mairie de Paris, auditorium, lieu à confirmer
Projection du film Les médiateurs du Pacifique, après présentation par Charles Belmont.
Vendredi 25 avril 14h-18h, Palais du Luxembourg, salle Monnerville, Témoignages
- Ouverture par M. Christian Estrosi, Secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer
- Allocution de M. Harold Martin, Président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
- Allocution de M. Jean-François Sabouret, directeur du Réseau Asie
- Débat présidé par M. Michel Rocard (sur le film, sur l’évolution de la Nouvelle-Calédonie depuis 1988, courts exposés par les invités acteurs ou témoins de cette période)


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Mont-Dore

Personnalités invitées

1/ De Nouvelle-Calédonie :
Monsieur Harold Martin, Président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
Monsieur le Député Pierre Frogier, Président du Congrès (signataires des Accords de Matignon/Oudinot)
Monsieur le Sénateur Loueckhote (signataires des Accords d’Oudinot)
Monsieur Jacques Lafleur, ancien député et signataire des Accords de Matignon
Monsieur Paul Néaoutyine, président de la Province Nord (signataire des Accords d’Oudinot)
Madame Marie-Claude Tjibaou
Messieurs Charles Pidjot, Pierre Bretegnier, Bernard Deladrière (signataires des Accords de Matignon/Oudinot)
Madame Caroline Machoro (signataire des Accords de Matignon)
Monsieur Ismet Kurtovitch, docteur en histoire, chef du Service des Archives

2/ De métropole :
Monsieur le Député Christian Blanc, chef de la mission du Dialogue en 1988 ainsi que Monseigneur Paul Guiberteau, Messieurs Pierre Steinmetz, Jean-Claude Périer, Monsieur le Pasteur Stewart, membres de cette Mission
Monsieur Bernard Grasset, ancien haut-commissaire en Nouvelle-Calédonie
Monsieur Jean Montpezat, ancien haut-commissaire en Nouvelle-Calédonie
Monsieur le Préfet Levallois, ancien membre du cabinet de M. Georges Lemoine
Monsieur Bernard de Gouttes, ancien procureur à Nouméa
Madame et Messieurs les ministres et secrétaires d’Etat à l’Outre-Mer depuis 1981 (Messieurs Georges Lemoine, Louis Le Pensec, Jean-Jacques Queyranne…)
Messieurs Wallès Kotra, Alain Rollat et Henri Weill, journalistes ayant couvert la période des Accords de Matignon

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Houaïlou

Samedi 26 avril 2008, Palais du Luxembourg, salle Médicis, APPROCHES
Présentation de la journée présidée par M. Michel Rocard

Première partie : Les forces politiques face aux Accords
- François Audigier (MCF, Nancy) : Le RPR (puis l’UMP) et les Accords de Matignon de 1988 à nos jours
- Sarah Mohamed Gaillard (MCF INALCO) : Les indépendantistes de NC et les Accords de Matignon et Nouméa
- XXX : RPCR et Rassemblement et les Accords de Matignon et Nouméa

Deuxième partie : Les Accords et après les Accords (20 ans de négociations ininterrompues)
- Alain Christnacht (Ancien conseiller du Premier ministre Lionel Jospin) : L’Accord de Nouméa comme reconnaissance mutuelle d’une citoyenneté commune et outil d’une décolonisation consensuelle
- Jean-Yves Faberon (PU) : L’idée fédérale en NC depuis les Accords de Matignon
- Patrice Jean (MCF, UNC): La condition de résidence exigée pour certains scrutins en NC : de Matignon à Versailles

Troisième partie : Les Accords vus du Pacifique
- Nathalie Mrgudovic (Université Aston, GB) : Les événements de Nouvelle-Calédonie vus des États et Territoires du Pacifique
- Sémir Al Wardi, (MCF, UPF) : Les Accords sont–ils transposables dans d’autres collectivités françaises d’outre-mer ?
- Léon Wamytan (NC) : La place du droit coutumier kanak et ses institutions depuis la prise de possession : état des lieux et perspectives d’évolution

Quatrième partie : Les Accords dans l’Histoire
- Eric Waddell (PU, université Laval, Canada) : «La parole est sacrée» : Jean-Marie Tjibaou et le véritable enjeu des Accords de Matignon
- Yoko Oryu (Japon) : La préparation des Accords dans les années quatre-vingts
- Jean-Marc Regnault (MCF honoraire, UPF) : Les Accords de Matignon et de Nouméa dans la longue durée de la présence française dans le Pacifique Sud

Conclusion :
- Robert Aldrich (Professeur à l’Université de Sydney) : un point de vue australien sur le colloque
- Michel Rocard : faire vivre les Accords


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Poindimié

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mercredi 20 février 2008

France-Algérie : l’impossible travail historique (Daniel Lefeuvre, Michel Renard)

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France-Algérie :

l’impossible travail historique

Daniel LEFEUVRE - Michel RENARD


«Dépasser le contentieux historique» qui oppose la France et l’Algérie, tel et le vœu d’un appel lancé par des universitaires et diverses personnalités françaises et algériennes.
Au-delà de la démarche généreuse dont il témoigne, et à laquelle nous sommes sensibles, ce texte suscite bien des réserves qui justifient que nous ne pouvons nous y associer.

Ses auteurs appuient leur démarche sur l’idée que le passé colonial ferait «obstacle à des relations apaisées entre la France et les pays qu’elle a autrefois colonisés», en particulier avec l’Algérie. Dès lors, ils pressent «les plus hautes autorités de la République française de reconnaître publiquement l’implication première et essentielle de la France dans les traumatismes engendrés par la colonisation».

Comment ne pas s’étonner du recours à une conception aussi simpliste de la causalité en histoire qui ressemble plus à la théorie du «premier moteur» d’Aristote qu’aux structures de longue durée de Fernand Braudel ou aux temporalités plurielles et fragmentées de l’historiographie des mémoires. S’il fallait penser les relations entre la France et le Maghreb en terme de traumatismes, pourquoi alors ne pas revisiter une histoire longue, également «traumatique», intégrant les conquêtes arabes, la piraterie «barbaresque» et la mise en esclavage des chrétiens faits captifs ?

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il n'y a pas de "traumatisme" unilatéral...

l'usage politique de l'histoire par les dirigeants algériens

En réalité, les auteurs du texte semblent avoir été piégés par la rhétorique des dirigeants algériens qui, pendant la guerre d’Algérie et depuis l’indépendance du pays, utilisent une histoire mythifiée et diabolisée de la colonisation pour justifier leur dictature sur le peuple algérien, l’incurie de leur gestion, la prévarication des richesses nationales, en particulier des hydrocarbures, leur incapacité à assurer sécurité et progrès social à leurs concitoyens.

Ce n’est pas le passé colonial, en lui-même, qui fait obstacle à des relations franco-algériennes apaisées, mais bien plutôt l’usage politique et diplomatique qu’en font, selon les circonstances, les dirigeants algériens. La démagogie historique qu’ils déploient vise surtout à manipuler les ressentiments et les frustrations de la population ainsi qu’à mettre en difficulté le partenaire français. Quel autre sens accorder à cette mise en accusation des faits du passé ? Et quel sens aujourd’hui à vouloir les juger ? Le colonialisme serait-il d’actualité ? La re-colonisation de l’Algérie serait-elle planifiée ? Quand l’Algérie était sous domination française, les contemporains ont eu à réagir, et nombre d’entre eux l’ont fait. Mais, comme Marc Bloch le soulignait, «Le passé est, par définition, un donné que rien ne modifiera plus» et l’historien ne peut que l’étudier et s’attacher à le comprendre. Tout le reste n’est que littérature ou posture d’un anticolonialisme anachronique.

 

1954-1962 : "guerre d'indépendance algérienne"...?

L’appel parle de «la guerre d’indépendance algérienne». Cette formulation qui se substitue à celle, communément admise de «guerre d’Algérie», conduit, en premier lieu, à caractériser un événement par sa fin : l’indépendance de l’Algérie. Rien ne permettait, ni en 1954 ni dans les années qui suivirent, de prévoir cette issue qui ne se dessine véritablement qu’à partir de septembre 1959. Gilbert Meynier, dans son Histoire intérieure du FLN, écrit qu'en 1956 : "le FLN mettait en avant le préalable de la reconnaissance par la France de l'indépendance, alors qu'au fond il aurait à l'époque transigé sur des formules de compromis". Le même auteur relève que dans les Mémoires du colonel Ali Kafi, "la guerre d'Algérie est dite commencer effectivement en août 1955"…

Selon cette conception, Sur le modèle de cette nouvelle appellation, la Révolution française de 1789 devrait désormais être appelée «L’avènement de Napoléon Ier», tandis que la Première Guerre mondiale serait rebaptisée «L’effondrement des Empires centraux». Il y a déjà plus de deux siècles que Voltaire, critiquant Bossuet,  avait raillé cette conception finaliste de l’histoire.

En outre cette formule masque les réalités d’un conflit qui ne s’est jamais résumé à un affrontement binaire entre «indépendantiste» algériens et forces coloniales, mais qui a aussi été une guerre civile déchirant le peuple algérien. Elle dissimule la terreur à laquelle le FLN a systématiquement eu recours pour s’imposer au peuple algérien jamais spontanément ni massivement rangé derrière lui. Elle ignore que, jusqu’aux derniers mois de la guerre, un nombre considérable d’Algériens espérait le maintien, sous une forme ou une autre, de la présence française. Elle tait l’affrontement meurtrier entre le FLN et le MNA (cette «guerre dans la guerre», selon l’expression de Mohammed Harbi) dont le bilan se chiffre à plusieurs dizaines de milliers de victimes : militants assassinés en Algérie mais aussi en France, travailleurs immigrés et populations de douars, refusant de payer l’impôt révolutionnaires ou coupables de sentiments messalistes, communistes ou pro-français, massacrés tels les 301 habitants de la mechta Kasba, le 29 mai 1957.

À l’instar des dirigeants algériens, le texte fait ensuite une présentation partiale et réductrice des réalités coloniales, restrictivement évoquées dans leur dimension tragique et qu’ils qualifient de «système», ce qui supposerait une homogénéité de la colonisation dans l’espace et le temps alors que toutes les études historiques en ont établi, au contraire, la grande diversité et les évolutions.

 

 

"le colonialisme, vieux croquemitaine"

Germaine Tillion

Sont alors dénoncés les «massacres de centaines de milliers d’Algériens», leur dépossession, leur «clochardisation», leur soumission au Code de l’indigénat, etc. Autant d’affirmations qui méritent un examen plus attentif.
Massacre de centaines de milliers d’Algériens ? Les pétitionnaires auraient pu être plus rigoureux. Pourquoi se contenter d’une telle approximation sur le bilan humain de la colonisation et de la guerre d’Algérie qui laisse la porte ouverte à toutes les interprétations possibles ? Pourquoi ne pas préciser que la conquête a tué environ 250 000 Algériens et la guerre d’Algérie moins de 250 000, selon Ch.-R. Ageron, dont une cinquantaine de milliers tombés sous les coups du FLN ? Est-ce pour ne pas contredire ouvertement les mythes propagés par le pouvoir algérien, en particulier celui du million, voire du million et demi, de victimes de la guerre d’Algérie ? Mais alors, comment concilier cette concession au mensonge avec l’exigence de «voir en face le passé» proclamée quelques lignes plus haut, sauf à estimer que cette Horace_Vernet_bataille_Somah_1836exigence ne s’impose qu’à la France - le pouvoir et de nombreux intellectuels algériens en étant, pour leur part, exonérés ?

Tous les morts ont-ils été massacrés, c’est-à-dire tués dans des conditions odieuses ?  Évidemment non : beaucoup sont morts au combat, les armes à la main. Certes il y eut des massacres, comme les quatre (voire cinq) terribles «enfumades» de la conquête (1844-1845). Mais au total, ceux-ci ont été peu nombreux et ne constituent en rien l’ordinaire des combats. Les populations civiles algériennes ont également payé un lourd tribut à la conquête et à la guerre d’Algérie, mais jamais – exceptées lors des enfumades et des représailles aveugles qui suivirent les soulèvements du Constantinois de mai 1945 et celles engagées après la tuerie des civils européens de la mine d’El-Halia du 20 août 1955 – elles ne subirent de massacres en nombre.

«Dépossession» des Algériens. De tous ? Certes, la colonisation a bien été une entreprise de spoliation massive des terres. Au total, la propriété européenne qui a couvert un peu plus de deux millions d’hectares, en est en bonne part le produit. Mais, dès 1830, elle s’est également développée par le fait d’acquisitions commerciales. Quant à la propriété  «indigène», représentant plus de sept millions d’ha (il est vrai souvent de qualité moindre), elle est loin d’avoir totalement disparu. Et, comme l’a montré l’historien économiste Ahmed Henni, une «classe moyenne» de paysans algériens s’est développée, dès les lendemains de la Première Guerre, en s’intégrant à l’agriculture coloniale, notamment à la viticulture. Ainsi, loin d’avoir été tous victimes de la colonisation, de nombreux Algériens, et pas seulement dans la paysannerie, en ont-ils aussi tiré profit.

Alg_rie_1957_couv

«Clochardisation à grande échelle». Les auteurs s’appuient, pour justifier cette affirmation sur Germaine Tillion qui utilise effectivement ce terme, page 27 de son livre L’Algérie en 1957 (Édition de Minuit, Paris, 1957). Mais la célèbre ethnologue ne donne pas à ce phénomène la même explication que les auteurs de la pétition. C’est même tout le contraire. Il aurait été honnête de le signaler. G. Tillion relève qu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, au moment où elle les quitte, les Algériens des Aurès, parmi lesquels elle vécut de longues années, «étaient tous très pauvres […] Mais normalement ils avaient – tout juste – le nécessaire pour manger.» Elle les retrouve, en décembre 1954, clochardisés. Ainsi, première rectification, la «clochardisation», dénoncée par la pétition, apparaît-elle tardivement dans l’histoire de l’Algérie coloniale, plus de cent ans après la prise d’Alger. Comment l’expliquer ? Est-ce le fait du colonialisme ?

Germaine_Tillion_jeune

Laissons la parole à G. Tillion : «seconde  série d’explications, également classique : le Colonialisme, vieux Croquemitaine». Or, relève l’ethnologue, «il n’y a jamais eu de colon, ni hier ni aujourd’hui, à moins de cent kilomètres à la ronde et seuls le vent de sable et les chèvres peuvent à la rigueur être accusés d’une diminution des terres cultivables (mais ce n’est pas le "colonialisme" qui a inventé les chèvres et le vent).» [op. cit., p. 28].

En réalité, rectifie G. Tillion, «la présence française», pour être invisible, était «omniprésente» et distribuait «à pleines mains le Bien et le Mal» : grâce à l’action menée contre le paludisme, le typhus exanthématique et la typhoïde, ces maladies «qui dévastaient encore la région il y a quinze ans ont à peu près disparu […] Dans la période antérieure, c’était [sic !] la peste et le choléra qui, par les soins invisibles de nos médecins, avaient opéré la même sortie discrète. À peu près dans le même temps, les famines mortelles et les guerres de tribu, surveillées, de loin, par les Services Préfectoraux, allaient rejoindre les vieilles légendes du passé.» [idem, p. 29]

Autrement dit, s’il faut chercher une explication à la clochardisation, c’est, selon G. Tillion, dans le fait que la colonisation a créé les conditions d’une explosion démographique qui épuise les sols, réduit les rendements et les productions, sans avoir, parallèlement, développé d’autres sources d’emplois et de richesses, en particulier l’industrialisation de la colonie. Dans sa conclusion, d’ailleurs, Germaine Tillion ne condamne pas la colonisation, mais au contraire réclame de la France un surcroît d’investissements économiques, sociaux, éducatifs en Algérie, afin de ne pas laisser les Algériens «au milieu du gué


"repentance" ou "victimes expiatoires" : un même registre...

Dans une volonté d’équilibre, le texte rappelle, mais cette fois-ci uniquement sur un mode allusif, les «multiples souffrances de Français», parmi lesquels «les déportés en Algérie pour raisons politiques». Faut-il le préciser, la plupart de ces «déportés» politiques ont été expédiés dans la colonie pour avoir participé aux journées révolutionnaires de juin 1848 ou s’être opposés au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. Ils ne sont donc en rien des victimes de la colonisation. La plupart, d’ailleurs regagnent la France sitôt amnistiés. Restent ceux qualifiés de «victimes expiatoires» du système colonial lors de son effondrement. Pourquoi ne pas les nommer ?

Pourquoi ne pas parler explicitement du sort des Français d’Algérie ? Pourquoi ne pas rappeler la spoliationOran_1962 massive de leurs biens par l’État algérien et au profit, pour l’essentiel, des nouveaux dignitaires du régime ? Pourquoi ne pas évoquer leurs morts et leurs disparus, notamment ceux qui, plus de 3 000, ont été enlevés par le FLN et, pour la plupart d’entre eux, massacrés même après les accords d’Évian (18 mars 1962). Seraient-elles des victimes historiquement incorrectes pour l’instauration de relations apaisées avec l’Algérie ? Pourquoi, enfin, alors les auteurs, qui récusent l’idée de repentance pour son caractère «religieux», recourent-ils à la parabole biblique de la victime «expiatoire» pour expliquer les malheurs de ceux qu’on appelle désormais les «pieds-noirs» ? Comment des historiens, des politistes, des sociologues peuvent-ils se contenter d’une telle explication, qui fait de la colonisation un péché, sinon parce qu’autrement il faudrait envisager sérieusement l’hypothèse que pour le FLN, ou du moins pour les fractions triomphantes du FLN, la guerre d’Algérie a été, aussi, une guerre d’épuration ethnique et que l’expulsion des Français était partie intégrante de leur projet politique ?

«Enrôlés dans un guêpier qu’ils ne maîtrisaient pas» les harkis ? Cessons, d’abord, de tous les considérer comme les objets passifs d’une histoire qui les aurait dépassés. Beaucoup se sont engagés par conviction, par fidélité à la France pour laquelle ils avaient combattu pendant la Seconde Guerre mondiale, d’autres pour se venger d’exactions commises par le FLN à l’encontre d’un proche, d’autres encore, et en toute connaissance de cause, pour percevoir le salaire nécessaire à leur famille, etc. Victimes «expiatoires» eux aussi ? Ou plutôt victimes d’une double raison d’État ? Celle de l’État-FLN qui fonde dans le sang le mythe du peuple algérien uni contre le colonialisme. Et celle de l’État français qui instaure, alors, un déni rétrospectif de ce qu’a été la rencontre «franco-musulmane» durant la période coloniale, tout en semblant craindre une immigration algérienne massive vers la métropole.

Boutef Enfin, quel pays, aujourd’hui, «utilise les mémoires meurtries à des fins politiques», sinon l’Algérie ? Qui instrumentalise un passé réécrit pour la circonstance ? Qui évoque les soi-disant «génocides» perpétrés par la France en Algérie ? Qui, sinon les responsables algériens ?

Il est bien inutile de s’indigner contre les «entreprises mémorielles unilatérales» parce que, par définition, la mémoire est toujours spécifique à un individu ou à un groupe. Comme telle, elle est nécessairement unilatérale et ne saurait être partagée avec d’autres individus ou d’autres groupes n’ayant pas vécu les mêmes événements. Seul, et nous rejoignons sur ce point les auteurs de l’appel, «un travail historique rigoureux» est possible.

Mais comment pourrait-il se faire, aujourd’hui, dans ce «partenariat franco-algérien» que le texte réclame, dès lors qu’en Algérie, une histoire officielle corsète la recherche et sa diffusion ? que la plupart des archives, notamment celle du FLN, restent pour l’essentiel fermées aux chercheurs ? Dès lors, au fond, que l’histoire, qui reste un élément central de justification du pouvoir pour des caciques qui n’ont plus guère d’autre source de légitimité, ne dispose d’aucune véritable liberté ? À moins, et le contenu du texte est hélas ! sur ce point particulièrement ambigu, d’entrer dans le jeu des autorités algériennes.

Daniel Lefeuvre, professeur d’histoire contemporaine,
Université Paris VIII Saint-Denis
Michel Renard, professeur d’histoire au lycée
de Saint-Chamond, chercheur

 

 

 

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mardi 12 février 2008

CFAO (1887-2007) - Hubert Bonin

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la Compagnie française de l'Afrique

occidentale

(C.F.A.O.), 1887-2007 

un livre de Hubert BONIN


Hubert Bonin,
CFAO (1887-2007).
La réinvention permanente d’une entreprise de commerce outre-mer

Paris, Publications de la SFHOM, décembre 2007 (600 pages).


La Compagnie française de l’Afrique occidentale ou la CFAO a été la première force commerciale française dans les empires français et britanniques en Afrique subsaharienne pendant deux tiers de siècle.

Le livre s’interroge par conséquent sur les circonstances de la création et de l’émergence de CFAO_couvce levier de la «mise en valeur» de l’économie marchande ultramarine. Puis il mobilise les techniques de l’histoire d’entreprise pour apprécier le capital de compétence, le portefeuille de savoir-faire, l’organisation, la culture d’entreprise, l’image de marque institutionnelle, la compétitivité et la performance de cette société, phare du capitalisme ultramarin face à ses rivaux, tels que SCOA, Optorg, UAC ou les sociétés girondines.

L’ouvrage précise pour chaque étape chronologique la position institutionnelle de la CFAO, son assise dans les réseaux politiques, son attitude face à l’évolution politique, aux groupes de représentation des intérêts coloniaux et patronaux (tant à Marseille qu’à Paris ou qu’outre-mer) et aux enjeux socio-culturels de l’empire. Il mêle donc histoire économique, histoire d’entreprise, histoire coloniale et histoire politique en une volonté de pratiquer une «histoire totale» permettant de comprendre l’insertion d’une telle firme dans le processus de développement. Par ailleurs, le rapport à l’Histoire est toujours établi par le biais de réflexions sur la gouvernance, le développement durable et l’africanisation.

Une grande partie évalue la capacité de la CFAO à affronter les défis de la décolonisation : elle apprécie la stratégie de redéploiement territorial, vers des marchés commerciaux en France métropolitaine (grande distribution, distribution automobile, négoce technique) mais aussi la construction d’un portefeuille d’activités en Afrique subsaharienne, où la CFAO mène un combat de modernisation des filières commerciales (automobile, informatique et télécommunications, matériels, services de maintenance et d’ingénierie, etc.) : l’entreprise reste l’un des leaders du commerce en Afrique. Enfin, une dernière partie reconstitue, pour les deux décennies récentes, l’abandon des activités en France métropolitaine et la formidable diversification territoriale, vers l’Afrique orientale, vers le Maghreb et vers les territoires et départements de l’outre-mer français.


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Yaoundé (Cameroun), bâtiment de la CFAO, janvier 1951 (source)


Table des matièresCFAO_couv

Première partie : La CFAO conquiert sa puissance (1887-1914)

Chapitre 1. La préhistoire de la CFAO (1845-1887)
Chapitre 2. La CFAO, levier de la colonisation (1887-1914) ?
Chapitre 3. La CFAO, une puissance coloniale ?
Chapitre 4. La CFAO devient une compagnie commerciale internationale (1887-1914)
Chapitre 5. La CFAO compagnie commerciale en Afrique (1887-1914) : un système économique cohérent
Chapitre 6. La combativité de la CFAO face à la concurrence
Chapitre 7. Les savoir-faire financiers de la CFAO (1887-1914)
Chapitre 8. Les hommes de la CFAO (1887-1914)

Deuxième partie : La CFAO devient une institution impériale (1914-1945)

Chapitre 9. Les animateurs de la CFAO (1914-1940)
Chapitre 10. Des hommes d’initiative ?
Chapitre 11. La CFAO dans le développement africain (1914-1940)
Chapitre 12. La CFAO entre la guerre et la Crise (1914-1940)
Chapitre 13. La position institutionnelle de la CFAO
Chapitre 14. La CFAO écartelée par le conflit (1940-1945)

Troisième partie : Les traditions ébranlées : vers une compagnie bipolaire (1945-1987)

Chapitre 15. Une compagnie encore plus africaine (1945-1954)
Chapitre 16. L’apogée commercial de la CFAO classique en Afrique
Chapitre 17. Le temps des révolutions (1954-1974) : changer pour survivre ?
Chapitre 18. Vers une Compagnie française de l’Europe occidentale (1954-1974) ?
Chapitre 19. Vers une nouvelle organisation managériale
Chapitre 20. La CFAO et l’Afrique (1974-1987)
Chapitre 21. Vers un groupe tertiaire diversifié
Chapitre 22. Une nouvelle CFAO

Quatrième Partie : La construction d’une nouvelle CFAO (depuis 1987)

Chapitre 23. La CFAO de la réussite au doute : vers le recentrage (1987-1992)
Chapitre 24. Le regain de la stratégie ultramarine de la CFAO
Chapitre 25. Le renouvellement du portefeuille d’activités stratégiques de la CFAO
Chapitre 26. Le renouvellement des savoir-faire managériaux de la CFAO
Conclusion généralehubert_bio


__________________________________________________


- Couverture CFAO, livre de Hubert Bonin


BULLETIN DE SOUSCRIPTION

Prix de vente public : 50 euros (+ frais d'envoi).
Prix de vente en souscription individuelle, jusqu'au 8 mars 2008 : 30 euros
(TTC et frais d'envoi inclus en Union Européenne et Suisse)
(hors Union Européenne : frais de port en sus )

coupon à découper et à renvoyer à la SFHOM :

NOM   
ADRESSE   
VILLE   
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Nombre d'exemplaires commandés    
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Je joins un chèque du montant nécessaire, ou j'effectue un virement sur le compte bancaire de la SFHOM [SOCIÉTÉ GÉNÉRALE ARCACHON FR76 30003 04000 00050424319/87]
Adresse de la SFHOM : 15 rue Catulienne 93200 Saint-Denis

CFAO_couv

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jeudi 7 février 2008

conférence d'Ann Laura Stoler

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conférence d'Ann Laura Stoler à Paris

lundi 11 février 2008


Séminaire "Etat, nation, empire"
Groupe de recherche "Trajectoires historiques de l'État"
dir. Jean-François Bayart (CNRS-CERI / Sciences Po.) et Romain Bertrand
(CERI-Sciences Po.)

Lundi 11 février 2008
17 h - 19 h
CERI
56 rue Jacob
75 006 Paris

Ann Laura Stoler, "Les degrés de la souveraineté impériale"

Ann Laura Stoler est une spécialiste de l'histoire coloniale. Sa contribution originale a été une attention particulière à l'articulation des questions sexuelles et raciales dans les régimes ann_stolercoloniaux. Elle est notamment l'auteur de Race and the Education of Desire (1995) et de Carnal Knowledge and Imperial Power (2002). Elle a également co-dirigé Tensions in Empire (1997). Inédites, les présentations qu'elle fera en France s'appuieront sur un ouvrage paru en 2006 Haunted by Empire : Geographies of the Intimate in North American History et un nouvel ouvrage à paraître aux Etats-Unis en 2008 : Along the Archival Grain : Colonial Cultures and Their Affective States.

Les conférences seront en anglais, mais une traduction résumée sera assurée. Chacun-e y est bienvenu-e.

- bio-bibliographie d'Ann Laura Stoler

courriel : StolerA@newschool.edu


bibliographie

 

Ann_Stoler_couv

- Haunted by Empire : Geographies of intimacy in North American History, Duke University Press, 2006

 

Carnal_couv

- Carnal Knowledge and Imperial Power. Race and the Intimate in Colonial Rule, University of California Press, 2002



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mercredi 6 février 2008

Saint-Louis du Sénégal

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Saint-Louis du Sénégal

images d'une ville au passé colonial



Saint_Louis_rue_principale
la rue principale de Saint-Louis, début du XXe siècle


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avenue de Guet N'Dar


Saint_Louis_panorama
panorama


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rue principale el-Gothni


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mairie


place_des_Cocotiers
place des Cocotiers


quais_fleuve_S_n_gal
quais du fleuve Sénégal


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Saint-Louis du Sénégal - description Unesco

Fondée par les colons français au XVIIe siècle, Saint-Louis s'urbanisa au milieu du XIXe siècle. Elle fut la capitale du Sénégal de 1872 à 1957 et joua un rôle culturel et économique prépondérant dans l'ensemble de l'Afrique occidentale. La situation de la ville sur une île à l'embouchure du fleuve Sénégal, son plan urbain régulier, son système de quais et son architecture coloniale caractéristique confèrent à Saint-Louis sa qualité particulière et son identité.

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histoire de Saint-Louis

- une histoire de Saint-Louis, sur le site officiel de la ville

- un passé historique, une situation privilégiée


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cartes et plans


290px_Senegal_carte


senegal_carte_regions
carte des régions du Sénégal
(source : senegalaisement.com)


saint_louis


- une photographie aérienne légendée (site officiel de la ville)


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bibliographie


- Saint-Louis. Mémoires d'un métissage, Jean-Pierre Biondi, Denoël, 1987

Biondi_Saint_Louis_couv



















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dimanche 3 février 2008

qualifier les refus de l'autorité coloniale ?

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pirate ou résistant, est-ce important ?

Poser la question si Dê Tham était pirate ou résistant me paraît tellement déplacé. Dans les deux cas ce sont des gens qui ne respectent pas les lois imposées par l'autorité en place. Pour l'un c'est dans un but d'enrichissement personnel et pour l'autre c'est pour des motifs politiques.

Il faut savoir qu'en Indochine à l'époque, tous ceux qui se révoltent contre les francais sont appelés pirates. Même les compagnons de Phan Dinh Phung sont qualifiés de pirates (voir cartes postales de P. Dieulefils), c'est pour vous dire. Ceux qui gouvernaient l'Indochine à l'époque avaient tout intérêt à dire qu'ils avaient affaire à des bandits plutôt qu'à des révoltes populaires. Si Dê Tham avait voulu devenir riche, il aurait pu arrêter le combat après la trève de 1894 (trève et pas soumission) et garder les 4 arrondissements cédés par les francais. Sa devise «Trung Chân Ung Nghia Dao» n'avait rien de l'esprit d'un pirate.

Avez vous déjà vu un pirate qui a le support d'autant de soldats viets travaillant pour les francais (des collabos si vous voulez) dans l'affaire Ha Thanh Dau Doc en 1908 ? Pensez vous que Phan Chau Trinh et Phan Boi Chau avaient l'habitude de discuter avec des pirates ?

Pourquoi ne pas comparer De Tham aux résistants francais sous l'occupation allemande ? Francois Mitterand était bien considéré comme un résistant et pourtant il a travaillé pour Vichy, été félicité par Pétain et a même recu l'ordre de la Francisque. Son cas me paraît plus discutable. Pourquoi ne pas le comparer à Hô Chi Minh ? L'oncle Hô avait pu chasser les francais car il a fait ça au bon moment, la France était écrasée par l'Allemagne, sauvée par les US et survivait grâce au plan Marshall.

Théo

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réponse de J.-P. R.

Je ne sais pas qui est ce peusonyme Théo. Je n'ai pas trouvé le nom cité Phan Dinh Phung, ni dans le catalogue Dieulefils, ni dans le livre de Claude Gendre. Merci à M. Théo de me renseigner à ce sujet.

Est-ce qu'un commentaire historique a quelque chose à voir avec le mot "déplacé", c'est-à-dire malvenu, incorrect ? La comparaison de la fin ne me parait pas "déplacée", même si nous analysons les faits par rapport à des contextes chronologiques différents, comme c'était déjà le cas pour Hô Chi Minh. Alors anachronisme, quand tu nous tiens ! Cordialement.

Jean-Pierre Renaud

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réponse de Téo

Phan Dinh Phung

Dans le catalogue de Dieulefils, vous avez quelques photos intitulées : «Pirates capturés en 1887 pendant le siège de Ba-Dinh». Il s'agit d'une révolte dirigée par Dinh Cong Trang, compagnon de Phan Dinh Phung, le plus éminent des mandarins viets à l'époque, devenu résistant en réponse à l'appel du roi Ham Nghi.

J'ai peut-être mal choisi l'adjectif «déplacé» et je m'en excuse. La comparaison avec Mitterrand était pure provocation pour bien vous faire comprendre ce que je veux dire par «déplacé». Je suis content que vous ayez su rester cohérent jusqu'au bout. Car avec les ingénieurs francophones que je côtoie tous les jours pour mon travail, ce n'est pas du tout convenable de remettre en question le qualificatif «résistant» de l'ancien président.

Ah oui, concernant mon pseudonyme, ce n'est pas Theo mais bien Teo, un prénom bien vietnamien.

Teo

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trois exemplaires de la même image


pirates_1887__1_
pirates capturés en 1887 pendant le siège de Ba-Dinh


pirates_1887__2_
pirates capturés en 1887 pendant le siège de Ba-Dinh


pirates_1887__3_
pirates capturés en 1887 pendant le siège de Ba-Dinh

Études Coloniales


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Posté par michelrenard à 23:37 - - Commentaires [16] - Permalien [#]