mercredi 1 février 2012

Centre de documentation des Français d’Algérie - Daniel Lefeuvre

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 Centre de documentation

du Cercle Algérianiste à Perpignan

Daniel LEFEUVRE

 

Le Centre de documentation des Français d’Algérie, inauguré le dimanche 29 janvier par M. Pujol, maire de Perpignan, M. Longuet, ministre de la Défense, Thierry Rolando et Suzy Simon-Nicaise, président et vice-présidente du Cercle algérianiste, fait l’objet, depuis plusieurs années, d’une vive polémique.

Pour l’opposition socialiste et communiste au Conseil municipal de Perpignan, il s’agit d’une «faveur faite aux nostalgiques de l’Algérie française», selon les propos de Mme Jacqueline Amiel-Donat, responsable locale du Parti socialiste, ou d’un centre «offrant une vision unique de l’histoire à la gloire de la période française de l’Algérie» pour Michel Franquesa, secrétaire local du Parti communiste.
Pour preuve, ajoute ce dernier, «le fonds de ce centre dépourvu de comité scientifique est constitué des documents amassés par le Cercle algérianiste, organisation créée en 1973 pour "sauver (la) culture en péril" des Français d’Algérie.» (Déclarations rapportées par La Dépêche du Midi du 30 janvier 2012.)

Un collectif «Pour une histoire franco-algérienne non falsifiée», (regroupant diverses organisations, notamment ATTAC, CGT, la LDH, le MRAP, le PCF), s’est élevé contre le financement, pour partie public, de ce centre et a appelé à manifester  «tous ceux qui veulent s’opposer aux mensonges sur les crimes du colonialisme français et à l’hystérie xénophobe et raciste.» (L’Humanité, 27 janvier 2012).

qu’est-ce qui justifierait l’opprobre autour de ce Centre ?

Au total, qu’est-ce qui justifie l’opprobre qui entoure ce Centre ? Passons sur l’accusation de xénophobie qu’absolument rien ne justifie. D’abord être le produit d’une association de rapatriés, le Cercle algérianiste, coupable de défendre une histoire falsifiée, positive, de l’Algérie durant la période coloniale. Deuxièmement, la constitution d’un ensemble documentaire à partir de dons privés provenant de rapatriés. Troisièmement, que des subventions publiques aient contribué à son financement.

 

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vitrines d'exposition

 

Membre du Comité de pilotage du Centre, ces critiques appellent de ma part quelques remarques.

centre documentaire à vocation historique

En premier lieu, je ne vois pas pourquoi une association s’interdirait de créer un centre documentaire à vocation historique. De nombreux exemples existent :

- N’est-ce pas une fédération d’associations, loi de 1901, qui est à l’origine du Musée de la Résistance Nationale (Champigny). Pourtant, nul ne conteste son utilité à la fois historique et pédagogique, nul ne conteste le partenariat qui le lie, depuis 1985,  au ministère de l’Education nationale ?

- La Fondation pour la Mémoire de la Shoah n’est-elle pas également une fondation privée ? Sa dotation financière ne repose-t-elle pas sur la restitution par l’État et les établissements financiers français des fonds en déshérence, issus de la spoliation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ? Qui pourrait s’en offusquer ?

Faut-il faire grief au Cercle algérianiste de vouloir rassembler des documents offerts par des rapatriés ? Qui reproche à la CGT d’avoir créé un Institut CGT d’histoire sociale, conservant des «archives relatives aux activités confédérales et à celles des militants responsables de la CGT» ?

Quel historien refuserait de se rendre à l’OURS (Office Universitaire de Recherche Socialiste), organisme privé fondé par Guy Mollet, pour consulter les précieux fonds d’archives qu’il conserve, sous prétexte qu’il est lié au mouvement socialiste ? Faut-il bouder les archives de Saint-Gobain ou de Berliet, parce qu’elles sont propriétés d’organismes privés (de l’entreprise ou d’une fondation) ? On pourrait multiplier les exemples.

Quant à l’indignation sur la participation de financements publics au Centre de documentation, elle me paraît d’autant plus déplacée qu’elle émane pour une part d’organisations groupusculaires – comme le MRAP – bénéficiant de subventions publiques particulièrement généreuses qui constituent l’essentiel de leurs ressources.

Mais venons-en au fond de l’affaire.

 

la valeur des archives privées

Nul ne contestera, que les archives privées, complémentaires des archives publiques, constituent une  des sources essentielles de documentation historique. Au-delà de leur fonction mémorielle, elles sont indispensables à la connaissance et à l’écriture de l’histoire. Les services des Archives nationales consacrent, d’ailleurs, beaucoup de moyens humains et financiers  à les collecter, afin de les sauvegarder et de les mettre à disposition des chercheurs. Comment imaginer faire de l’histoire économique, sans les archives des entreprises ? Comment faire de l’histoire sociale en se privant des archives des associations, des partis, des militants ?

Le Cercle algérianiste entend recueillir, dans le centre de documentation de Perpignan,  les archives personnelles – de toute nature - de rapatriés. Pour ma part, je salue cette démarche et je m’en réjouis. Pourquoi ? D’abord parce qu’elle permet de sauver des archives qui, sans cela, seraient pour la plupart, définitivement perdues, détruites ou dispersées.

Dans leur grande majorité, les rapatriés d’Algérie nourrissent une méfiance née des blessures historiques des années 1960. Ils préfèrent, aujourd'hui, confier à un organisme associatif les documents qu'ils ont précieusement conservés plutôt que les confier aux services publics des archives. Tout comme le Centre de Documentation sur l’Histoire de l’Algérie (CDHA, Aix-en-Provence), le Cercle algérianiste leur offre un lieu de dépôt et de conservation auquel ils peuvent s’adresser en toute confiance. Ainsi les historiens disposeront-ils d’archives qui auraient été définitivement perdues autrement. C’est donc un service public qui est rendu, justifiant les subventions accordées.

 

il n’y a pas de «bonnes» et de «mauvaises» archives

Ces documents qui concernent la vie quotidienne des Français d’Algérie, en Algérie puis en métropole après leur exode, constituent une source d’information essentielle pour notre connaissance de cette histoire. Dictent-ils le contenu de cette histoire ? Evidemment non. Le Centre de documentation s’est engagé à mettre à disposition de tous les chercheurs les documents recueillis, laissant à leur responsabilité scientifique et morale, l’usage et l’interprétation qu’ils en feront. Autrement dit, à fonctionner sur les mêmes principes que les services publics des archives. Quelles garanties demander de plus ?

Pourquoi intenter un procès d’intention à ses fondateurs ? Il faut être prisonnier d’une conception très étriquée de l’histoire pour s’indigner d’une telle initiative, au lieu de s’en féliciter et de l’encourager. Ne devons-nous pas être comme les abeilles ? Toute fleur n’est-elle pas bonne à faire notre miel, où qu’elle se trouve ? J’ajouterai que, pour les historiens, il n’y a pas de «bonnes» et de «mauvaises» archives. Quant à moi, je préfère remercier les promoteurs de ce centre et me tenir à leur disposition pour contribuer à le faire vivre comme lieu de recherche sur l’histoire, mal connue – et trop souvent caricaturée –, des Français d’Algérie.

 

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le ministre Gérard Longuet

qu'est-ce qu'une "histoire franco-algérienne non falsifiée" ?

Enfin, que signifie cette revendication d’une «histoire franco-algérienne non falsifiée» de la part d’organisations et de personnalités qui  ont une conception hémiplégique de l’histoire, dénonçant à qui mieux mieux les «crimes» du colonialisme français, qui ont de l’histoire une conception procédurale, mais qui restent très discrets – c’est un euphémisme - sur les crimes et les massacres perpétrés par le FLN, dont ont été victimes des milliers d’Européens et des dizaines de milliers d’Algériens musulmans ?

Qui sont si peu prolixes – autre euphémisme - sur la politique de terreur du FLN, sur son recours massif aux enlèvements, à la torture et aux viols, pour imposer sa domination sur les populations algériennes et contraindre les Européens à quitter un pays qui les a vu naître.

Qui n’évoquent que du bout des lèvres le drame des harkis, victimes d’abord de la barbarie et de l’esprit de vengeance du FLN, qui ne leur pardonnait pas d’avoir combattu aux côtes de l’armée française, foulant aux pieds l’engagement souscrits lors des «accords» d’Evian, avant même que l’encre n’en soit séchée.

Qui vitupèrent l’ouverture d’un centre de documentation, mais font silence sur la fermeture des archives du FLN aux chercheurs ! Que ces donneurs de leçons, ces parangons de vertu, balaient donc devant leur porte !

 Daniel Lefeuvre

arton5009
professeur d'histoire contemporaine
université Paris VIII

 

 

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presse

 

Perpignan. La mémoire toujours à vif

des Français d'Algérie

Perpignan

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a fait face à la colère des rapatriés réunis hier [29 janvier 2012] à Perpignan, pour inaugurer le Centre de documentation des Français d'Algérie.

Le ministre de la Défense Gérard Longuet a affronté hier à Perpignan la colère des rapatriés d'Algérie contre 50 ans de politique gouvernementale, augure d'un âpre combat entre UMP et Front national pour le vote d'un groupe largement acquis à la droite et l'extrême droite.

Le ministre avait fait le voyage pour inaugurer le Centre de documentation des Français d'Algérie, dédié à l'histoire de la présence française en Algérie et délivrer un message du président Nicolas Sarkozy aux plus de 1500 rapatriés présents au congrès national du Cercle algérianiste.


Des cris et des sifflets

Il a essuyé cris et sifflets quand il a cité le nom du général de Gaulle - homme du «Je vous ai compris» et des accords d'Évian - avec celui du chancelier allemand Konrad Adenauer pour dire la nécessité d'une réconciliation franco-algérienne comme il y eut une réconciliation franco-allemande. Haussant la voix sans se démonter, il a aussi provoqué de vives protestations quand il a évoqué le message qu'il s'apprêtait à lire de la part de Nicolas Sarkozy, accusé par nombre de pieds-noirs et de harkis d'avoir, comme ses prédécesseurs, manqué à ses promesses à leur endroit.

Le temps des historiens est venu

«Je vous affirme que cette année 2012, cinquantenaire de la fin de la guerre d'Algérie, sera l'année du souvenir et du recueillement, et sûrement pas celle de la repentance» a-t-il déclaré, citant le président de la République.
Et d'ajouter : «Les hommes et les femmes qui sont partis s'installer en Afrique du Nord […], loin d'être frappés d'opprobre, méritent notre reconnaissance. En développant l'économie de ces nouveaux territoires, ils ont œuvré à la grandeur de la France». «Le temps des historiens est venu avec la valorisation des fonds documentaires. Ce centre permettra d'accueillir et de nourrir le débat» a pour sa part expliqué Jean-Marc Pujol, le maire de Perpignan qui veut retenir l'émotion de cette journée. Plus que les échos politiciens.

Christian Goutorbe, La Dépêche.fr
30 janvier 2012

 

 

Perpignan dédie un lieu aux

Français d'Algérie,

Le Pen pas loin

L'Express.fr - publié le 27/01/2012 à 13:34

Perpignan dédie un lieu aux Français d'Algérie, Le Pen pas loin

afp.com/Raymond Roig

TOULOUSE - Le maire pied-noir de Perpignan Jean-Marc Pujol (UMP) inaugure dimanche un centre dédié aux Français d'Algérie, projet dénoncé par la gauche comme un cadeau de plus fait à des électeurs qui pourraient être sensibles aux charmes de Marine Le Pen, présente en ville le même jour.

Le Centre de documentation des Français d'Algérie qui ouvre dans un ancien couvent de clarisses entend participer à "la recherche de la vérité historique débarrassée des idéologies", selon le maire.

Si Mme Le Pen est à Perpignan ce jour-là, ce n'est pas pour assister à cet évènement ni courtiser un électorat nombreux sur le pourtour méditerranéen, en cette année de présidentielle et de cinquantième anniversaire de l'indépendance algérienne, dit Louis Aliot, son compagnon, numéro deux du parti et conseiller régional de Languedoc-Roussillon.

Marine Le Pen vient pour parler de travail et d'emploi "dans l'une des grandes villes les plus pauvres de France, dans le deuxième département le plus pauvre de France". Et la concomitance de l'inauguration (le matin) et de la réunion publique (l'après-midi) est pure coïncidence, dit M. Aliot.

Cela ne l'empêche pas de s'indigner. Non pas de la création du centre, qu'il salue au nom de la "mémoire des Français d'outre-mer". Mais du fait qu'il n'ait pas été invité, lui le fils de rapatriée et élu implanté à Perpignan.

Si le ministre de la Défense Gérard Longuet vient, comme l'annonce le maire, ou si certains élus UMP sont présents, M. Pujol est un "fieffé menteur", dit M. Aliot, puisqu'il assure que personne ne récupérera l'inauguration.

En fait, M. Pujol, comme les Alduy qui ont dirigé la ville avant lui pendant cinquante ans, "ont toujours utilisé les pieds-noirs comme une variable d'ajustement de leur vote", dit-il.

"Ici, l'UMP a besoin pour gagner d'intégrer les voix les plus extrêmes", résume Jacqueline Amiel-Donat, chef de file socialiste de l'opposition perpignanaise.

Ce centre est, selon elle, une faveur supplémentaire faite aux nostalgiques de l'Algérie française, après la stèle dédiée aux anciens de l'Organisation armée secrète (OAS) par exemple.

Le centre offre une vision unique de l'histoire, "à la gloire de la période française de l'Algérie", s'émeut Michel Franquesa, secrétaire local du Parti communiste. Pour preuve, dit-il, le fonds de ce centre dépourvu de comité scientifique est constitué des documents amassés par le Cercle algérianiste, organisation créée en 1973 pour "sauver (la) culture en péril" née de la présence française en Algérie.

Il met certes à la disposition des chercheurs, des étudiants ou des descendants le fonds du Cercle algérianiste, mais en espérant bénéficier un jour du soutien de l'Etat et de l'ouverture progressive par celui-ci de ses archives, dit le maire, natif de Mostaganem et parti en 1962 à 12 ans, "comme tout le monde, du jour au lendemain".

"Mon action parle pour moi. J'ai fait mon premier combat en 1989 contre le Front national. Mon père était engagé contre les nazis à 17 ans et demi, il est revenu à 22 ans grand invalide de guerre. C'était pas un commentateur; je suis pas un commentateur non plus".

Mais si M. Aliot s'invite à l'inauguration, comme il a annoncé vouloir le faire avec des rapatriés, "pas question non plus d'utiliser la force publique pour (l'en) empêcher".

Par

 

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Inauguration du Centre de Documentation

des Français d’Algérie à Perpignan

MESSAGE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Lu par M. Gérard LONGUET
Ministre de la Défense et des Anciens Combattants

Dimanche 29 janvier 2012


Mes chers compatriotes, mes chers amis,

J'aurais aimé être parmi vous ce matin alors qu'est inauguré le musée consacré aux souvenirs des Français d'Algérie, dans cette ville de Perpignan, qui a su accueillir chaleureusement tant de rapatriés et s'est toujours trouvée à vos côtés. Les circonstances m'en ont empêché. La crise grave qui frappe notre pays comme l'ensemble des pays européens me contraint à préparer et à mettre en place sans attendre des mesures énergiques pour y faire face. Vous comprendrez, j'en suis sûr, que je ne pouvais quitter Paris aujourd'hui. Mais soyez-en assurés, notre rendez-vous n'est que différé.

J'aurais voulu vous affirmer, à vous dont la plupart se trouvaient avec moi à Toulon il y a cinq ans, le 7 février 2007, que je ne changerais pas un mot, pas une virgule à ce que je vous avais dit alors.

Je m'étais engagé auprès des rapatriés à tout faire pour que soit rétablie la vérité sur leur histoire, et que cette histoire, l'oubli ne vienne jamais l'ensevelir.

Vous le savez, je me suis toujours opposé à toute forme de repentance. Les hommes et les femmes qui sont partis s'installer en Afrique du Nord pour y travailler et fonder des foyers, loin d'être frappés d'opprobre, méritent notre reconnaissance ; en développant l'économie de ces nouveaux territoires, ils ont œuvré à la grandeur de la France.

Ils ont bâti des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux, ils ont cultivé des sols arides, ils y ont planté. Poursuivant leur œuvre, leurs descendants ont tout donné à la terre sur laquelle ils étaient nés.

 

La loi du 23 février 2005, si décriée par les adeptes de la repentance

Leurs mérites je les connais et j'ai toujours veillé à mener une politique qui en soit respectueuse, en demandant notamment à la Mission interministérielle aux rapatriés de rester en permanence à l'écoute de vos grandes associations nationales.

La loi du 23 février 2005, voulue par un gouvernement auquel je participais, si décriée par les adeptes de la repentance, a permis de prendre en compte les attentes justes, exprimées depuis longtemps par les rapatriés.

Je puis ainsi vous affirmer que le 5 décembre est et restera l'unique date de commémoration et d'hommage de la Nation à tous ses enfants tombés pour la France en Afrique du Nord, avant et même après le cessez-le-feu. Vous le savez j'ai voulu, comme vous me l'aviez demandé, que les victimes civiles, notamment celles de la rue d'Isly, ainsi que tous les disparus, soient justement associés à cette journée nationale.

Vous gardez dans votre chair, vous, rapatriés et harkis, le souvenir douloureux de cette année 1962. Je veux que l'ensemble des Français, notamment les plus jeunes, sachent ce qu'ont été les épreuves, l'exil et le déchirement des Français d'Afrique du Nord au moment de leur rapatriement en métropole.

Je veux que la mémoire de ceux qui ont dû quitter, au prix d'une douleur et d'une souffrance indicibles, la terre qui les avait vus naître, soit préservée, respectée et défendue. Aussi ai-je attaché beaucoup d'importance à la mise en place de la Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, ainsi qu'à l'ouverture des archives pour que les Français puissent mieux connaître et mieux comprendre la réalité de cette période de notre histoire, si souvent déformée par une analyse sommaire et sectaire des événements qui l'ont marquée.

 

Défendre la mémoire de tous les Français rapatriés

Oui, la France a le devoir de reconnaître le courage, la dignité et les sacrifices des rapatriés et d'honorer leur mémoire et leur culture.

C'est dans cette volonté de ne pas laisser insulter l'Histoire que s'inscrit la proposition de loi présentée par Raymond Couderc, adoptée à l'unanimité par le Sénat, visant à sanctionner pénalement les injures et les diffamations à l'égard des harkis. C'est à l'Assemblée Nationale de se prononcer maintenant. Elle le fera le 13 février prochain.

Vous estimez sûrement que beaucoup reste encore à faire et que toutes ces avancées restent fragiles, car rien n'est définitivement acquis si l'on n'y prend garde. J'en suis bien conscient. C'est pourquoi, j'aurai toujours cette même volonté de défendre la mémoire de tous les Français rapatriés, qu'ils soient pieds-noirs ou harkis, afin que leur histoire ne soit ni dénaturée ni oubliée.

J'aurai prochainement l'occasion et le plaisir de vous le dire et de m'adresser à vous tous, mes chers compatriotes, mes chers amis, lors d'un déplacement dans quelques semaines.

D'ores et déjà, je vous affirme que cette année 2012, cinquantenaire de la fin de la guerre d'Algérie, sera l'année du souvenir et de recueillement, sûrement pas celle de la repentance.

Nicolas Sarkozy
source

 

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Culture - mairie de Perpignan


Centre de documentation des Français d’Algérie,

un lieu vivant et accessible à tous.

À la fin du mois sera inauguré à l’ancien Couvent Sainte-Claire le Centre de documentation des Français d’Algérie. L’aboutissement d’un projet de plusieurs années qui permettra de transmettre, explorer, enrichir et analyser le patrimoine matériel et immatériel des Français d’Algérie. Suzy Simon-Nicaise, maire adjoint délégué aux Relations avec les associations et aux Rapatriés répond à nos questions.

En quoi ce projet était-il important pour la ville ?
Suzy Simon-Nicaise : Ce centre est important à double titre. Tout d’abord parce que Perpignan est la première collectivité publique à créer en France un centre de documentation dédié à la mémoire des Pieds-Noirs, ensuite parce que chercheurs, historiens, familles et curieux vont enfin bénéficier d’un lieu pour faire des recherches, apprendre, comprendre et ressentir, ce que fut la vie de ces Français pendant les 132 années de présence française en Algérie. Aujourd’hui, il est d’autant plus important que de très nombreux jeunes Perpignanais comptent dans leur famille des parents ou grands-parents nés avant 1962 en Algérie.
C’est au centre de documentation qu’ils découvriront l’environnement social, culturel, géographique de leurs aînés. Les plus anciens ont maintenant disparu emportant avec eux leurs souvenirs, ils ont fort heureusement laissé des objets, des films, des témoignages écrits…un fonds important d’archives à exploiter. 50 ans après l’exil, ce centre s’impose désormais comme celui de la transmission mémorielle d’une catégorie de Français, des provinciaux sans province : les Français d’Algérie.
Pour nombre de ces déracinés, ils se sont reconstruits à Perpignan qui, grâce à Paul Alduy, a été une des rares villes en France ayant su les accueillir et leur apporter le soutien matériel dont ils avaient besoin alors qu’ailleurs l’accueil était beaucoup plus mitigé voire carrément hostile. C’est donc bien normal qu’ils aient choisi de rassembler ici leurs archives pour les partager avec le plus grand nombre. L’objet du centre est aussi l’organisation d’expositions, colloques, manifestations diverses pour partager cette tranche de l’histoire de France et éventuellement tordre le coup aux idées reçues.

Le projet a été mis en place en lien avec le Cercle algérianiste, pourquoi ?
Suzy Simon-Nicaise  : Dans les années 1980, la Ville de Perpignan  a mis à disposition de cette association des locaux qui depuis, lui ont permis de rassembler tous les témoignages matériels et immatériels qui constituent aujourd’hui un fonds documentaire d’exception. Il a donc été aisé d’entreprendre avec elle un véritable travail de collaboration.
Une convention de partenariat a été établie entre la Ville de Paerpignan et le Cercle algérianiste qui est une fédération de plus de 15 000 membres dont plus de 550 à Perpignan. L’exploitation du très riche fonds d’archives doit notamment permettre des travaux universitaires même si, en tout état de cause c’était déjà le cas jusqu’à présent, cependant tous ces documents étaient difficilement exploitables de par l’exigüité des locaux occupés et le défaut de numérisation qui s’impose aujourd’hui.

Que pourra-t-on y trouver ?
Suzy Simon-Nicaise  : Comme je le viens de le dire des documents importants à mettre à la connaissance des chercheurs et pour certains d’une grande rareté.
Le centre regroupera plus de 5 000 ouvrages, 25 000 opuscules, 5 000 cartes postales, diverses collections de timbres, d’objets anciens, mais également des centaines de témoignages de ce que fût la vie des Français d’Algérie.
Ces témoignages se manifestent de 2 façons, à la fois des témoignages écrits et oraux, mais également des archives familiales comme des albums photos ou encore des archives d’entreprises, de commerçants, d’agriculteurs, d’enseignants, de médecins… Des archives tout à fait exceptionnelles que l’association est particulièrement fière d’avoir rassemblées, de  pouvoir exposer et mettre à la disposition du public.

Extrait du Journal de la Culture – Janv. 2012
mairie de Perpignan

 

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mardi 31 janvier 2012

Afrique du Nord "barbaresque" : iconographie

Alger 1572
 

 

vues anciennes du Maghreb "barbaresque"

annonce des éditions Gandini

 

Une fois n'est pas coutume... Les Éditions Jacques Gandini vous proposent la reproduction d'une série de documents exceptionnels, tous antérieurs à l'arrivée des Français en Afrique du Nord, au temps ou les ports du Maghreb servaient de base aux "pirates barbaresques", comme on disait alors, de l'Empire ottoman.

Exceptionnels, ces documents le sont à double titre : par leur intérêt culturel et historique bien entendu, mais aussi par leur intérêt décoratif : reproduits à l'identique, en très grand format, ils sont imprimés spécialement pour vous dans une qualité inégalée. Les exemplaires originaux de ces gravures sont quasiment introuvables et, lorsqu'ils se présentent sur le marché, leur prix atteint de véritables sommets : plusieurs milliers d'euro en règle générale.

Aujourd'hui accessibles à tous, ces images hautes en couleurs, fourmillant de détails, gravées et peintes par les meilleurs artistes de leur temps, vous sont proposées dans sept déclinaisons ou supports différents. Chaque tirage est réalisé à la demande et nécessite plusieurs jours de délai de fabrication. Découvrez vite ci-dessous les six vues exceptionnelles que nous vous proposons aujourd'hui, visualisez-les en plein écran, choisissez le support sur lequel vous souhaitez les recevoir et commandez maintenant ...



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6 GRAVURES HISTORIQUES EXCEPTIONNELLES :
ALGER, TUNIS, MARRAKECH

Alger 1572 (à partir de 18.00 €)

La vue d'Alger de Franz Hogenberg (1535, Malines - 1590, Cologne), graveur sur cuivre et aquafortiste belge, pratiquement contemporaine de la bataille de Lépante (1570), est remarquable par sa fraîcheur et ses extraordinaires détails. Elle est légendée "Alger, ville sarrazine fortifiée, dans la province de Numidie, en Afrique..."
Le retirage de cette extraordinaire image, vieille de près de 4 siècles et demi, est disponible sur papier mat 150g, sur support rigide épais de 5 mm et dans les différents types de Laminamarc, au format 59 x 42 cm.

plein-ecran

 

Alger 1580 (à partir de 18.00 €)

Vue de la ville d'Alger, gravure sur bois du vénitien Matteo Fiorini (1540-1613). Réalisée aux alentours de 1580, cette gravure présente de nombreuses similitudes avec celle de Franz Hogenberg, à peu près contemporaine (1572), et lui a vraisemblablement servi de modèle.
Le retirage de cette extraordinaire image, vieille de près de 4 siècles et demi, est disponible sur papier mat 150g, sur support rigide épais de 5 mm et dans les différents types de Laminamarc, au format 51 x 39cm.

plein-ecran

 

Alger à la fin du XVIIe siècle 20.00 €)

Grande gravure aquarellée anonyme, de la fin du XVIIe siècle, imprimée vraisemblablement à Amsterdam. Beau panorama sur la casbah depuis le large. Les vaisseaux du premier plan battent pavillon néerlandais (à gauche) et anglais (à droite) et semblent livrer combat aux galères, sans doute ottomanes, qui s'intercalent entre eux.
Le retirage de cette extraordinaire image, vieille de plus de 3 siècles, est disponible sur papier mat 150g, sur support rigide épais de 5 mm et dans les différents types de Laminamarc, au format 70 x 53 cm.

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Alger 1816 (à partir de 18.00 €)

Gravure aquarellée figurant le plan de l'attaque donnée à Alger par l'amiral anglais Lord Exmouth le 26 août 1816. Levé sur le lieu même par un ingénieur de la flotte anglaise et publié à Turin en décembre 1816.
Le retirage de ce témoignage historique, prélude à la conquête de l'Algérie par les troupes françaises, est disponible sur papier mat 150g, sur support rigide épais de 5 mm et dans les différents types de Laminamarc, au format 45 x 34 cm.

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Tunis et La Goulette 1574 (à partir de 18.00 €)

Gravure aquarellée figurant la bataille de Tunis entre Philippe II d'Espagne et le sultan ottoman Selim II en juillet et août 1574, pour le contrôle de la ville et de sa région. Vue de Tunis et de la Goulette.
Le retirage de cette extraordinaire image, vieille de près de 4 siècles et demi, est disponible sur papier mat 150g, sur support rigide épais de 5 mm et dans les différents types de Laminamarc, au format 42 x 33 cm.

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Marrakech 1650 18.00 €)

Vue du Palais royal et d'une partie de la ville, capitale du Royaume du Maroc. Gravure aquarellée anonyme, du milieu du XVIIe siècle, imprimée vraisemblablement à Amsterdam (les légendes sont en langue flamande), haut lieu de l'édition géographique européenne.
Le retirage de cette extraordinaire image, vieille de plus de 3 siècles, est disponible sur papier mat 150g, sur support rigide épais de 5 mm et dans les différents types de Laminamarc, au format 46 x 35 cm.

plein-ecran

 

- lien vers ces gravures anciennes sur le site des éditions Gandini

 

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LA PIRATERIE BARBARESQUE
EN MÉDITERRANÉE

par Roland COURTINAT

La piraterie barbaresque est d'abord et avant tout un Djihâd maritime, justifié par les guerres de prééminence religieuse entre l'islam et la chrétienté. La piraterie barbaresque, comme la piraterie chrétienne, s'intègre dans le contexte des opérations guerrières menées de part et d'autre. C'est par la suite que les écumeurs des mers saisissent tout le profit que la Méditerranée peut leur apporter, car elle est un champ d'action propice aux rapines, à la traite des femmes, au trafic des esclaves...

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BOUTIN, PIONNIER DE L'ALGÉRIE FRANÇAISE

par Jean MARCHIONI

BOUTINBrillant officier du Génie, familier du monde turco-arabe, Boutin est à trois reprises l'agent secret que Napoléon envoie dans cet Orient auquel il ne cesse de penser depuis la campagne d'Egypte. Qualifiée de « rêve » parce que la conjoncture européenne l'a empêchée de s'accomplir, la politique orientale de l'Empereur n'est pas un songe embrumé qui court après une réalité inaccessible, mais au contraire une succession de choix politiques concrets que décrivent les archives du Quai d'Orsay.

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Alger par Fiorini 1580
Alger, vers 1580 (extrait)

 

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lundi 30 janvier 2012

les grossières erreurs du journal "Le Monde" au sujet de Bernard Lugan

2

 

Le Monde ou

le maccarthysme journalistique français

Bernard LUGAN

 

Dans un article d'une rare partialité que Le Monde en date du 27 janvier 2012 consacre au Rwanda, MM. Christophe Ayad et Philippe Bernard me citent de la manière suivante : 

«En 2004 il (Jean-Pierre Chrétien) a participé à une commission d'enquête citoyenne, mise en place par l'association Survie, pour dénoncer le rôle de la France. Cela a valu à Jean-Pierre Chrétien de virulentes attaques de l'historien Bernard Lugan, ancien maître de conférences à l'université Lyon-III, proche de l'extrême droite. Ce dernier a écrit plusieurs ouvrages pour innocenter François Mitterrand, l'armée française et l'Église catholique au Rwanda (François Mitterrand, l'armée française et le Rwanda, éditions du Rocher, 2005). Il a témoigné en faveur de génocidaires hutu poursuivis devant le TPIR».

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Le lecteur du Monde aura retenu trois choses :

1) Je serais «proche de l'extrême droite», jugement de valeur permettant de sous-entendre que je ne suis pas crédible et donc par avance disqualifié.

2) J'aurais écrit «plusieurs ouvrages pour innocenter François Mitterrand, l'armée française et l'Église catholique au Rwanda». L'emploi du mot «innocenter» a son importance car il signifie que pour MM. Ayad et Bernard, le président François Mitterrand, l'armée française et l'Église catholique seraient coupables ou pour le moins complices de ce génocide…

Est cité à l'appui de cette affirmation un livre datant de 2005 dans lequel je défends très exactement le contraire de ce que prétendent me faire dire les journalistes du Monde. J'y reprends en effet en la développant l'idée centrale d’un précédent livre [1] qui est que les conditions du génocide résultent de l'engagement pro Hutu de l'Église catholique en 1959, puis de l'obligation démocratique imposée par François Mitterrand au président Habyarimana à partir de 1990.

L'on chercherait en vain dans cette problématique une tentative visant à «innocenter» le président Mitterrand et l'Église catholique. Quant à l'armée française comme elle a quitté le Rwanda fin 1993, soit plus de six mois avant le début de ce génocide, elle n'a effectivement aucune responsabilité dans ce drame contrairement à ce que certains obligés de Kigali cherchent à faire croire.

bidonnage

Les journalistes du Monde sont donc pris en défaut de «bidonnage» car :

- ils n’ont manifestement pas lu mon livre,

- ils tirent directement leurs «informations» de sites informatiques spécialisés dans les dénonciations de basse police.

- Ils omettent en revanche de mentionner un ouvrage plus récent dans lequel je fais le bilan de la question, notamment à travers les travaux du TPIR [2].

3) J’aurais «témoigné en faveur de génocidaires hutu poursuivis devant le TPIR», ce qui serait la suite logique des points 1 et 2. En effet, qu’attendre d’autre d’un «proche de l’extrême droite» qui a osé écrire «plusieurs ouvrages pour innocenter François Mitterrand, l'armée française et l'Église catholique au Rwanda» ?

Le problème est que je n’ai jamais «témoigné en faveur de génocidaires hutu poursuivis devant le TPIR». À quel titre d’ailleurs aurais-je pu le faire puisque je n’étais pas au Rwanda au moment du génocide et que je n’ai donc pas été le «témoin» des faits qui leur sont reprochés ?

En revanche, connaissant intimement le Rwanda où j’ai enseigné et mené des recherches archéologiques durant plus de dix années, pays auquel j’ai consacré deux thèses dont un Doctorat d’État en six tomes, j’ai, pour ces raisons académiques, été six fois assermenté comme Expert par la Cour à laquelle j’ai remis des rapports totalisant près de 2000 pages [3]. Le document joint en annexe et qui émane du Greffe du TPIR permet de mettre en évidence la grave faute déontologique commise par les deux journalistes du Monde.

À leur décharge, il est utile de préciser qu’ils ignorent peut-être que le TPIR étant régi par les règles juridiques anglo-saxonnes, il n’y existe pas d’Experts de la Cour comme en France et que les Experts cités y sont proposés aux Chambres par les parties (Accusation et Défense). Pour chaque affaire, ces experts doivent renouveler leur accréditation, processus long et fastidieux au terme duquel ils sont soit récusés, soit acceptés et dans ce dernier cas, ce n’est qu’après avoir prêté solennellement serment qu’ils deviennent selon le terme anglo-saxon «Witness Expert».

Le contre-sens fait par les journalistes du Monde pourrait donc s’expliquer soit par une désolante mauvaise foi, soit par une maîtrise incertaine de la langue anglaise ajoutée à des connaissances fragmentaires concernant la Common Law.

morale

La «morale» de cette affaire est claire et elle tient en deux points principaux :

1) Nous avons ici la parfaite illustration du naufrage de la presse française qui a perdu une grande partie de sa crédibilité en raison de son maccarthysme, du formatage et des insuffisances de ses journalistes. Cette presse militante et moribonde qui ne survit que par les aides de l’État et les abonnements institutionnels n’a d’ailleurs plus aucune influence à l’extérieur de sa niche écologique parisiano-conformiste.

2) Je ne ferai pas de droit de réponse et cela pour deux raisons : la première est qu’il serait caviardé et la seconde parce que je touche beaucoup plus de lecteurs et plus rapidement, avec un simple communiqué diffusé par internet. D’autant plus que nombre des visiteurs de mon blog font suivre mes communiqués à leurs réseaux, ce qui en démultiplie les effets.

Bernard Lugan
28 janvier 2012

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http://www.bernard-lugan.com

contact@bernard-lugan.com

 

 


TPIR


[1] Rwanda: le génocide, l’Église et la démocratie, 234 pages, 22 cartes, Le Rocher, 2004

[2] Rwanda. Contre-enquête sur le génocide, 330 pages, 10 cartes, Privat, février 2007.

[3] Expert assermenté par la Cour dans les affaires Emmanuel Ndindabahizi (TPIR-2001-71-T), Théoneste Bagosora (TPIR-98-41-T), Tharcisse Renzaho (TPIR-97-31-I), Protais Zigiranyirazo (TPIR-2001-73-T), Innocent Sagahutu (TPIR-2000-56-T), Augustin Bizimungu (TPIR- 2000-56-T). Commissionné dans les affaires Edouard Karemera (TPIR-98-44 I) et J.C Bicamumpaka. (TPIR-99-50-T).
La synthèse de ces rapports a été faite dans Bernard Lugan (2007) Rwanda : Contre-enquête sur le génocide, Privat.

 

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dimanche 29 janvier 2012

guerre d'Indochine, par le général Paul Ély

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le général Ély : la perte de l'Indochine
 
général Maurice FAIVRE
 

Général Ély, Les enseignements de la guerre d’Indochine. 1945–1954, Tome 1, SHD, 2011, 340 pages, 18 photos, 20 schémas, 5 documents. 26 €.

Haut-Commissaire et Commandant en chef en Extrême-Orient de juin 1954 à décembre 1955, le général Paul Ély a jugé nécessaire de faire une critique de nos échecs et de nos réussites dans ce conflit. Le général Robert, Chef du Service historique, présente ce rapport qui montre comment une armée moderne s’est adaptée à une guerre révolutionnaire.

La réédition a été confiée au capitaine Cadeau, qui en Introduction rappelle ce que fut cette guerre et quelle a été la genèse du rapport. Le manque de moyens, l’indifférence des Français et le financement américain caractérisent ce conflit mené par des soldats de métier, dans un milieu physique difficile, contre une guérilla généralisée qui s’est transformée en Corps de bataille de 125.000 hommes.

 

1 400 rapports d'officiers

Les épisodes principaux en sont le désastre de la RC4 en octobre 1950 (7 bataillons anéantis par 30 bataillons viets), les victoires sans lendemain du général de Lattre en 1951-52, et la défaite de Dien Bien Phu où 60.000 soldats vietminh ont submergé 15.000 combattants du camp français. Quelques succès locaux ont permis ensuite au général Ely d’établir un réseau de manoeuvre au Sud-Vietnam, en dépit de l’opposition à la France du président Diem.

Le rapport a fait la synthèse de 1.400 rapports d’officiers, de 60 rapports demandés aux généraux, des comptes-rendus du 3ème Bureau et des synthèses du 2ème Bureau. Il comprenait trois fascicules, dont le premier, critiquant la politique des gouvernements, n’a pas été diffusé. Est donc publié ici le fascicule 2, consacrés aux aspects opérationnels et tactiques. Le fascicule 3, consacré aux leçons à tirer des formes du combat sino-soviétique, sera diffusé plus tard en 2012.

La préface du général Ély est suivie d’un tableau des pertes de la guerre d’Indochine : une centaine d’officiers supérieurs, 341 capitaines, 1.140 lieutenants, 2.683 sous-officiers et 6.000 soldats français, sans compter 12.000 légionnaires et Africains et 14.000 autochtones MPF. Plus de 100.000 morts et 20.000 disparus au total.

En première partie est abordée «la guerre des idées», qui montre l’absence d’une idéologie positive à opposer au Vietminh, malgré quelques opérations de déception réussies.

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une guerre sans front

La deuxième partie définit ce que fut cette guerre sans front, marquée par la qualité du renseignement opératif comparé au renseignement tactique, par l’efficacité des regroupements de population et des bases de manoeuvre, par la priorité du contrôle des axes routiers et fluviaux, par le rôle des fortifications combinant tours et points d’appui. Le contrôle en surface est assuré par les forces vietnamiennes, et les opérations de destruction par les groupements mobiles. Des actions humanitaires et civilo-militaires contribuent à la pacification.

La troisième partie passe en revue toutes les formes non orthodoxes du combat mené par les différentes armes et subdivisions d’armes. L’infanterie mène un combat fluide avec le concours des supplétifs, des maquis montagnards, qui inquiètent les Viets ; elle lance des contre-attaques à partir de môles aéro-terrestres.

La formation des Dinassauts, des groupements mobiles (18 GM constitués), des Commandos  de choc, des groupements amphibies de l’arme blindée, et des bataillons légers vietnamiens sont des réussites. Lors de 150 opérations aéroportées, 14 bataillons, motivés par l’esprit para, mettent au point une doctrine d’emploi.

Le maintien en condition est assuré par les centres d’instruction créés en 1952, et par la récupération de deux tiers des blessés (9.640 évacuations par hélicoptère). 690 pièces d’artillerie (contre 135 vietminh) réalisent des appuis permanents, instantanés et précis. Le Génie, le Train et les Transmissions, malgré des moyens limités, s’efforcent de soutenir le combat ; la logistique repose sur le système D (60.000 véhicules à soutenir) jusqu’à ce qu’arrive le soutien américain.

raisons d'un échec

Les raisons de l’échec sont attribuées au manque de moyens :

- une infanterie en sous-effectif, incapable de contrôler un territoire qui comprend deux tiers de forêt, de brousse dense et de marécages

- des appuis aériens insuffisants, appliqués en priorité à l’appui direct et manquant d’autonomie pour soutenir Dien Bien Phu. Dans son journal de marche, le général Ély attribue la perte de l’Indochine à la politique des petits paquets. Il ne dit pas, mais c’est peut-être le sujet du fascicule 1 resté inédit : l’orientation initiale utopiste, la dualité du commandement entre d’Argenlieu et Leclerc, la division des gouvernements absorbés par la reconstruction et par  la défense contre les menaces soviétiques sur l’Europe.

Maurice Faivre
le 29 janvier 2012.

 

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le général Ély au chevet d'un blessé de Dien Bien Phu

 

 

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samedi 28 janvier 2012

"Les Pieds-noirs, cinquante ans après", selon FR 3

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"Les Pieds-noirs, cinquante ans après"

René MAYER

 

Je vous avais signalé une émission sur "Les Pieds-noirs, cinquante ans après" qui devait passer sur FR3 mercredi 25 janvier à 23 heures. Seuls les téléspectateurs de la région PACA ont pu la voir sur leurs écrans de télévision. Mais mon neveu Alain Mayer en a trouvé le lien et a bien voulu me le communiquer. Pendant quelques jours, vous pourrez donc, si vous le souhaitez, visionner cette émission sur Internet. Voici ce lien:

Cette émission comporte quelques témoignages émouvants de ceux qu'on nomme ici "les Rapatriés" (une manière de nier leur problème) ou "les Pieds noirs" (une manière de prendre ses distances avec eux). 
Mais FR3 qui, comme toute la télévision d'État, est fortement orientée et par conséquent très anti "Pied-noir", n'a pu s'empêcher de faire aussi appel :
 
-1) comme journaliste, à Pierre DAUM, journaliste à Libération. P. Daum est l'auteur d'une "enquête" parue l'été dernier dans "Le Monde", enquête dans laquelle il prétendait, sur deux pleines pages, que les Pieds-noirs auraient parfaitement pu rester chez eux en Algérie. Personne ne les avait chassés etc... Autrement dit, il fallait comprendre que : "s'ils ont dû tout abandonner, ce fut par racisme anti-arabe". 
Tous les MAYER de Penthièvre (département de Bône, en Algérie) apprécieront. Eux qui ont été directement atteints par l'assassinat, le 19 mars 1962, jour du prétendu "cessez-le-feu", de notre cousin Henri Vernède et de son gendre, et qui, quelques jours plus tard, ont reçu la visite d'un détachement armé de l'ALN venu leur dire : "Maintenant, il faut partir".
 
- 2) comme témoin, FR3 a fait appel au président d'une association de "pieds-noirs", une seule, mais que personne ne connaît - en tout cas, pas moi dont vous savez combien je suis pourtant investi dans le milieu "pied-noir". Cette association s'intitule clairement : "l'Association Nationale des Pieds Noirs progressistes et leurs amis" (ANPNPA). Cette association doit être assez confidentielle puisque je n'en connais pas un seul membre. Mais RF3 a du estimer qu'elle est représentative du petit peuple qui était le sujet de son émission.
 
les "Pieds-rouges"
 
- 3) Toujours fidèle à la même orientation, FR3 a consacré le dernier tiers de son émission aux "Pieds-rouges". Les Algériens ont désigné ainsi des Métropolitains sympathisants communistes ou gauchistes qui, tandis que les Harkis et les "Pieds-noirs" prenaient le bateau ou l'avion pour échapper aux massacres et aux enlèvements, empruntaient ces mêmes moyens de transport en sens inverse pour "venir en aide" (ou pour noyauter ?) le nouveau gouvernement FLN.
Tel, par exemple, qu'Hervé Bourges qui, conseiller technique au cabinet d'Edmond Michelet, ministre de la Justice - poste où il put prendre contact avec Ben Bella, qui était alors emprisonné en France - entra au cabinet de ce dernier quand il devint, à l'automne 1962, président de la nouvelle République algérienne. Hervé Bourges prit alors la nationalité algérienne.
Ce que l'émission de FR3 n'a pas dit, c'est que, trois ans plus tard, en 1965, Hervé Bourges et quelques uns de ses collègues "pieds-rouges" furent emprisonnés par le président Boumedienne quand celui-ci succéda, par un nouveau coup d'État, à Ahmed Ben Bella. 
 
Libéré un peu plus tard sur l'intervention plus ou moins pressante de Paris, Hervé Bourges devint ensuite :
  • 1970 : directeur de l'École supérieure de journalisme de Yaoundé (Cameroun),
  • 1976 : directeur, puis président de l'École supérieure de journalisme de Lille,
  • 1981 : directeur général de Radio France Internationale (RFI),
  • 1983 : président de TF1 (jusqu'à sa privatisation en 1987),
  • 1988 : président de Canal + Horizons,
  • 1989 : directeur général de RMC, président de la Sofirad et de Radio Nostalgie,
  • 1990 : président de A2/FR3, jusqu'en septembre 1992 où Antenne 2 et FR3 sont devenues France 2 et France 3, formant ainsi le Groupe France Télévision.
  • 1995 : président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (le CSA)
  • En novembre 2011, Hervé Bourges a été élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur par le ministre Frédéric Mitterrand.  
Au vu d'un tel curriculum vitae, on peut imaginer quels ont été, dans les différentes et importantes fonctions qu'il a occupées, les critères de sélection qu'a adoptés Hervé Bourges pour s'entourer. Il a certainement pu, tout à loisir et pendant une quarantaine d'années, façonner à son idée des secteurs entiers du milieu médiatique français - ce quatrième pouvoir, si crucial en démocratie !
On peut aussi comprendre pourquoi la période d'Histoire contemporaine durant laquelle Hervé Bourges, payant de sa personne, intervint si activement, n'est traitée par la télévision française qu'avec une objectivité... extrêmement prudente.
René Mayer

 

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l'exode

 

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vendredi 27 janvier 2012

Inde, religions, islam, culture

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politique et religions en Asie du Sud

(livre à paraître)

 

éditions de l'EHESS

Parution le 16 février 2012

Collection «Purushartha» n°30, 384 pages, 30 €

Les coordinateurs :

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Christophe Jaffrelot : Politiste, directeur de recherche au CERI (Sciences Po/CNRS) qu’il a dirigé de 2000 à 2008, il enseigne à Sciences Po, Princeton, Yale et King's College (Londres). Ses recherches actuelles portent sur la relation des nationalistes hindous à la violence et sur l'évolution sociale et politique du Gujarat.

 

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Aminah Mohammad-Arif : Anthropologue, chargée de recherche au CNRS et affiliée au CEIAS dont elle est directrice-adjointe, ses travaux portent sur les musulmans sud-asiatiques en situation diasporique et minoritaire. Après la ville de New York, c’est actuellement à Bangalore qu’elle effectue son terrain. Elle est co-éditrice de la revue électronique South Asia Multidisciplinary Academic Journal/SAMAJ (http://samaj.revues.org).

Le sujet de l'ouvrage : Ce numéro de «Purushartha» s’attache à comparer les relations qu’entretiennent politique et religion(s) en Asie du Sud . Le sujet, tel qu’ il est abordé, revêt un intérêt particulier pour trois raisons principales. Premièrement, il traite d’une région où le processus de sécularisation n’a pas eu la même ampleur qu’en Occident.

Deuxièmement, la zone abrite toutes les grandes religions du monde et permet donc de tester la part des variations revenant à la culture. L’islam domine dans trois pays (Pakistan, Bangladesh et Afghanistan), l’hindouisme dans deux autres (Inde et Népal) tandis que le bouddhisme joue un rôle prépondérant à Sri Lanka et important au Népal et en Inde. Quant à la minorité chrétienne, elle est présente presque partout.

Enfin, la diversité des trajectoires suivies par les régimes sud-asiatiques dans leur rapport à la religion offre une large palette à la comparaison.

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Aminah Mohammad-Arif (2000)

 

- un portrait d'Aminah Mojammad-Arif (CNRS, 2004)

- un article d'Aminah Mohammad-Arif : "L'Inde et se puissance"

- Aminah Mohammad-Arif dans la revue Archives de sciences sociales des religions

- l'enseignement d'Aminah Mohammad-Arif à l'EHESS en 2011-2012

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jeudi 26 janvier 2012

Festival des images, partis-pris et contrevérités

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Monsieur le Président de l'Espace parisien

"Histoire Mémoire Guerre d'Algérie"

général Maurice FAIVRE

 
Réflexions historiques

69143339Les historiens que vous avez sélectionnés pour le Festival des images sont dans leur grande majorité de sensibilité anticolonialiste. 
Bénéficiant de la même liberté d'expression, d'autres historiens ne partagent pas la même idéologie et considèrent que le terme de colonialisme, inventé en 1905, était ignoré au XIXe siècle, où l'on considérait la  colonisation comme une valeur républicaine, attachée aux droits de l'homme. Victor Hugo en faisait l'apologie : "Un peuple éclairé va trouver un peuple dans la nuit". 
Au XXe siècle, Léon Blum  et Pierre Messmer ont exprimé  la même volonté de civiliser des peuples arrièrés. Comme tous les faits historiques, la colonisation présente des aspects négatifs et positifs ; privilégier les uns sans reconnaître les autres constitue une sorte de déni.
 
 
Séance du 19 janvier
Cette différence de perception est apparue après la projection du film "Mémoires meurtries". Alors qu'un débat était refusé aux spectateurs, le professeur (Quemeneur ?) a été invité à parler de l'enseignement de l'histoire de la guerre d'Algérie. Au contraire,  il a entrepris de démolir le film de l'UNC.
Or ce film présentait des témoins intéressants et divers :
- un appelé (Hillairet) qui regrettait sa jeunesse perdue,
- une EMSI et des officiers SAS attachés à la population musulmane,
- des officiers combattant le terrorisme FLN et revendiquant une Algérie nouvelle, égalitaire,
- un pied noir accueilli en Algérie par ses camarades d'école,
- un aumônier qui s'interroge sur le traitement des prisonniers,
- un ministre (Chevènement) qui condamne les soldats perdus,
- un  secrétaire d'État (Mekachera) qui admire la politique clairvoyante du général de Gaulle,
- un ministre (Rocard) qui énonce des contre-vérités (Voir pièce jointe)
 
La mémoire partagée et l'histoire discutée
Il me semble qu'un débat entre historiens de sensibilité différente serait nécessaire à la fin du Festival (ou plus tard lors du rendez-vous des Ecrivains). Je suis prêt à y participer, aux côtés de Guy Pervillé, Daniel Lefeuvre, Jean Monneret,  François Meyer et d'autres à votre convernance.
Je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments dévoués.
 
Maurice Faivre
membre de l'Académie des Sciences d'outremer
et de la Commission française d'Histoire militaire
 
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un centre de regroupement
 
 
Contre-vérités
Arrivant à Alger début 1959, M. Rocard visite 15 centres de regroupement et fait le constat d'un enfant mort tous les deux jours.
Faisant une péréquation non scientifique, il en conclut au décès de 150 à 200.000 enfants (contraire aux statistiques démographiques). Il communique  son rapport au ministre de la Justice (E. Michelet), qui le fait publier par le Monde.
Or il y avait à l'époque 900 regroupements, qui avaient été contrôlés par 5 inspecteurs généraux. Delouvrier fait une conférence de presse le 16 mai affirmant que "le document publié a été rédigé par un fonctionnaire qui n'avait pas reçu mandat de le faire, et que la mortalité dans les regroupements était inférieure à celle que l'on enregistrait auparavant dans les mechtas".
Il écrit en août à la LDH Paris que "ce rapport constitue une information partielle, dont les conclusions n'ont pas été reprises".
Il n'y a aucune trace dans les archives d'un crédit de 100 millions qui aurait été débloqué grâce à Michel Rocard. Delouvrier, patron du plan de Constantine, disposait de 5 milliards et n'avait pas n'avait pas besoin d'un crédit exceptionnel.
Le rapport Rocard a été très apprécié du FLN, des pays du Tiers monde et des complices français de la rébellion.
Pour plus de détails, voir Les mille villages de Delouvrier, Edit. L'Esprit du Livre, 2009, p. 135.
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mercredi 25 janvier 2012

la fin de la guerre d'Algérie, par Guy Pervillé

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 la fin de la guerre d’Algérie

 Guy PERVILLÉ

article censuré par la Direction des Archives de France

 

L'historien Guy Pervillé a été censuré par les Archives de France. Voici le texte et le témoignage de l'auteur.

J’ai été contacté depuis plus d’un an (novembre 2010) par le directeur chargé des Archives de France, afin de rédiger un article, le plus objectif possible, sur la fin de la guerre d’Algérie dans la publication annuelle du ministère de la Culture et de la communication, intitulée "Commémorations nationales 2012".

J’ai envoyé cet article à la date prévue, et accepté quelques corrections mineures, avant d’envoyer mon texte définitif le 17 juin 2011. Puis j’ai appris, un peu avant Noël, que mon texte avait été amputé des quatre cinquièmes sans que je sois consulté, et qu’il paraîtrait sans ma signature.

En effet, le texte publié à la page 56 tient en une vingtaine de lignes (la bibliographie que j’avais fournie se trouve néanmoins à la page 281). Je publie donc ici mon texte complet, pour que chacun puisse juger du procédé, c’est-à-dire de ce qui s’avère être le premier acte de censure que j’aie subi en plus de quarante ans de carrière.

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la délégation algérienne à Évian

 

1962

La guerre d’Algérie se termina en 1962, puisque la France finit par reconnaître l’indépendance du pays revendiquée depuis le 1er novembre 1954 par le Front de libération nationale (FLN), mais on ne peut pas indiquer une date plus précise. En effet, la fin de cette guerre impliquait trois critères généralement confondus, mais qui sont restés distincts : la fin des hostilités entre le FLN et la France ; la reconnaissance d’un État algérien par la France ; la formation d’un gouvernement algérien capable d’incarner cet État.

La fin des hostilités entre le FLN et la France fut la conséquence des accords d’Évian signés le 18 mars 1962 par les représentants du gouvernement français et ceux du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Ces accords prévoyaient : la formation d’un État algérien au terme d’une période transitoire de trois à six mois (durant laquelle l’Algérie resterait gouvernée par le haut commissaire de France coopérant avec un exécutif provisoire franco-algérien désigné d’un commun accord) ; la formation du futur État par un processus démocratique d’autodétermination garantissant les droits de tous ses habitants ; et les principes des futures relations de coopération entre les deux États. Au terme de cette période, un référendum devait créer l’État algérien et ratifier en son nom les accords d’Évian. En conséquence, un cessez-le-feu devait entrer en vigueur le 19 mars à midi.

Le gouvernement français appliqua les accords. Le 8 avril 1962, il les soumit à un référendum en métropole, qui leur donna une ratification éclatante par une très grande majorité des électeurs (64,8% des inscrits et 90,6% des suffrages exprimés). Dès la proclamation officielle des résultats, le 13 avril, fut installé à Rocher Noir l’Exécutif provisoire franco-algérien présidé par Abderrahmane Farès ; et à Paris, le Premier ministre Michel Debré démissionna le 14 et fut remplacé par Georges Pompidou, alors considéré comme un simple exécutant de la politique du président Charles de Gaulle. Le 15 mai, la date du référendum algérien fut avancée au 1er juillet, et ses résultats, ratifiant massivement les accords d’Evian (par 91,23% des inscrits et 99,72% des suffrages exprimés, furent proclamés le 3 juillet.

 

OAS

Mais l’Organisation armée secrète (OAS) avait répondu à l’annonce du cessez-le-feu en intensifiant son action violente contre le FLN et contre les forces gouvernementales. Elle aboutit à un désastre pour la population française d’Algérie (fusillade sanglante de la rue d’Isly, commise par un barrage de tirailleurs contre la foule manifestant en faveur de la population de Bab-el-Oued le 26 mars à Alger), mais l’OAS, bien qu’affaiblie par plusieurs arrestations (dont celle de son chef le général Salan) intensifia son action terroriste jusqu’en juin. L’organisation d’Alger négocia des accords avec le président de l’Exécutif provisoire et le chef des ses membres FLN (accords Susini-Mostefaï du 17 juin), mais celles d’Oranie et du Constantinois continuèrent leur action presque jusqu’à la veille du référendum.

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"Européens" manifestant et abbatus par des tirs de l'armée française,
rue d'Isly à Alger le 26 mars 1962

 

FLN divisé, enlèvements

Cependant le FLN profita des accords d’Évian pour reconstituer ses forces armées et pour étendre leur autorité sur une grande partie du pays et de sa population. L’armée française s’y opposa jusqu’au 8 mai, puis dut y renoncer. À partir du 17 avril 1962, le FLN déclencha une vague d’enlèvements contre la population française, supposée complice de l’OAS, dans les agglomérations d’Alger et d’Oran, mais aussi dans l’intérieur de ces régions. Le 14 mai, la Zone autonome d’Alger, dirigée par Si Azzedine, rompit ouvertement le cessez-le-feu en déclenchant une série d’attentats. C’est alors que le président de Gaulle, tout en demandant au GPRA de les désavouer, accepta l’avancement de la date du référendum algérien au 1er juillet proposé par l’Exécutif provisoire.

D’autre part, des enlèvements et des massacres avaient été commis après le 18 mars contre d’anciens "harkis", en violation flagrante des clauses d’amnistie des accords d’Évian ; des tracts de l’ALN saisis par l’armée française faisaient craindre qu’une épuration systématique soit déclenchée après le référendum. Le respect de ces accords par le FLN semblait de moins en moins assuré, car le Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA), réuni à Tripoli en mai et juin, les avait qualifiés de "plateforme néo-colonialiste", puis s’était divisé entre les partisans du GPRA présidé par Ben Khedda et ceux de ses opposants rassemblés dans un "Bureau politique" par Ben Bella. Mais pourtant le référendum du 1er juillet eut lieu dans l’enthousiasme avec la participation du FLN faisant campagne pour le oui.

Le 3 juillet, la France reconnut l’indépendance de l’Algérie sous l’autorité de l’Exécutif provisoire, qui devait organiser au plus vite l’élection d’une assemblée constituante souveraine ; mais cet exécutif ne pouvait fonctionner sans l’accord du FLN, lui-même divisé depuis l’échec du CNRA de Tripoli. Le 27 juin, les membres du groupe FLN de l’Exécutif provisoire avaient remis leur démission au GPRA, et le président Farès avait remis sa démission au président Ben Khedda le 3 juillet à Alger, mais il dut rester en place pour assurer la continuité de l’administration. En même temps une lutte pour le pouvoir, jusqu’au bord de la guerre civile, se déclencha entre deux coalitions issues du FLN, reconnaissant l’une le GPRA, l’autre le "Bureau politique" de Ben Bella soutenu par l’Etat-major général de l’ALN (Armée de libération nationale) du colonel Boumediene (destitué par le GPRA le 30 juin).

 

violences meurtrières

Absence d’autorité incontestée et compétition pour le pouvoir déclenchèrent de nouvelles vagues d’enlèvements et de violences meurtrières contre des Français d’Algérie (notamment des centaines d’enlèvements à Oran le 5 juillet) et contre d’anciens "harkis". Les troupes françaises accueillirent et transférèrent en France les fugitifs, mais le gouvernement leur interdit de les rechercher sans l’accord des autorités algériennes.

Cette période d’anarchie prit fin à partir de septembre, avec l’élection d’une Assemblée constituante composée de membres du parti unique FLN, qui reçut le 25 les pouvoirs de l’Exécutif provisoire et du GPRA, et qui investit le 26 un gouvernement présidé par Ahmed Ben Bella. Les enlèvements de Français diminuèrent alors, et les enlevés furent recherchés, mais les massacres d’anciens "harkis" durèrent encore plusieurs mois, et leur emprisonnement, sous prétexte d’assurer leur sécurité, près de dix ans.

 

l'utopie des "accords d'Évian"

Les accords d’Évian, voulus par le gouvernement français comme la "solution du bon sens", se révélèrent donc une utopie, qui échoua à ramener une vraie paix en Algérie. Le "rapatriement" des Français d’Algérie, et celui de "Français musulmans" (que le général de Gaulle ne considérait pas comme de vrais Français) s’imposèrent comme des nécessités. De Gaulle maintint aussi longtemps que possible ce qui restait de la politique de coopération pour éviter la faillite de l’indépendance algérienne, en espérant que la France finirait par en bénéficier un jour.

Guy Pervillé

 

PS : Je ne suis pas à plaindre, puisque mon site me permet de m’exprimer en toute liberté. Le sont bien davantage les responsables de cette publication officielle qui s’efforcent de la réaliser honnêtement, de façon à lui donner un réel intérêt. Je ne les confonds pas avec ceux qui leur ont imposé cette décision inepte, laquelle ne peut que discréditer injustement leur travail en gâchant une très bonne occasion de tenir un langage de vérité sur un sujet encore douloureux, un demi-siècle après les faits.

J’aurais apprécié que le ou les responsables de cette décision aient eu l’honnêteté et la simple courtoisie de m’informer de leurs raisons, mais il n’en a rien été. C’est donc à ces derniers que je m’adresse pour leur dire à mon tour (comme Maurice Clavel à la télévision le 13 décembre 1971) : "Messieurs les censeurs, bonsoir !"

 

Blog : http://guy.perville.free.fr/spip/article.php3?id_article=266

 

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5 juillet 1962 à Oran

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mardi 24 janvier 2012

date de la fin de la guerre d'Algérie

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19mars1962

 

un amendement rejeté

Amendement N°7 relatif au 19 mars

Projet de loi N°4079

 

mardi 24 janvier 2012

Projet de loi fixant au 11 novembre la commémoration de tous les morts pour la France (n° 4079, déposé le 14 décembre 2011)

Discussion de l’amendement N°7, soutenu par Monsieur Jean-Jacques Candelier [député communiste]

- M. Jean-Jacques Candelier. En cette année 2012, constituant le cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, l’amendement n° 7 prend tout son sens : l’année qui commence sera l’occasion d’honorer à sa juste valeur la mémoire des anciens combattants d’Algérie.

La Nation a le devoir de reconnaître les souffrances endurées et les sacrifices consentis par ses combattants, et d’empêcher qu’ils ne sombrent dans l’oubli. Chaque conflit armé a un début et une fin. Pour consacrer au souvenir des morts et de la paix retrouvée une journée officielle, nous suggérons la reconnaissance du 19 mars comme Journée nationale du souvenir et du recueillement. C’est, en effet, le lundi 19 mars 1962, à midi, que le cessez-le-feu décidé à la suite des accords d’Évian fut appliqué sur tout le territoire algérien.

La date du 5 décembre ne correspond à aucun événement particulier du conflit algérien.

- M. Lionnel Luca. Tant mieux !

- M. Jean-Jacques Candelier. Notre amendement traduit la constance des députés communistes, républicains, citoyens et du parti de gauche à l’égard de la guerre d’Algérie.

Il s’agit aussi de tirer tous les enseignements de cette période de l’histoire de notre pays. En aidant à reconnaître que la France s’est engagée entre 1952 et 1962 dans une véritable guerre, la reconnaissance du 19 mars créerait les conditions d’une meilleure compréhension de la nocivité du colonialisme et du mépris voué aux peuples en lutte pour leur liberté.

- M. le président. Quel est l’avis de la commission ?

- M. Patrick Beaudouin, rapporteur. Monsieur Candelier, la Nation reconnaît déjà les souffrances endurées et les sacrifices consentis par les combattants de la guerre d’Algérie, grâce à la journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie, fixée le 5 décembre par le décret du 26 septembre 2003.

Je rappelle que cette date a été choisie par une commission présidée par l’historien Jean Favier et réunissant les présidents des douze principales associations d’anciens combattants. Par onze voix contre une, la date du 5 décembre a été préférée à celle du 19 mars – date du cessez-le-feu – et à celle du 16 octobre – jour anniversaire de l’inhumation du soldat inconnu d’Alger dans la nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette.

Je ne crois donc pas indispensable, au moment où nous discutons de l’hommage unanime de la France aux morts pour la France, d’ouvrir une fois de plus un chapitre partisan. Comme l’a dit le président d’une grande association nationale, devant un monument aux morts, on ne se divise pas, on se rassemble. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)

- Mme Françoise Hostalier et M. Michel Hunault. Bravo ! Tout est dit !

- M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?

- M. Marc Laffineur, secrétaire d’État. Dans tout débat, monsieur Candelier, mais encore plus dans un débat portant sur la mémoire, nous ne devons penser qu’à une chose : l’unité de la Nation.

- M. Michel Hunault. Très bien !

- M. Marc Laffineur, secrétaire d’État. Si je comprends que certaines associations souhaitent célébrer le 19 mars, je sais aussi que cette date ne peut pas faire l’unanimité.

Après le 19 mars, 75 000 harkis ont été assassinés. La plupart de ces combattants avaient fait partie de l’armée d’Afrique lors de la Seconde Guerre mondiale, ralliés, pour certains, au général Leclerc à N’Djamena, au Tchad.

Après la guerre, une partie des centaines de milliers d’Algériens ayant combattu aux côtés de la France sont restés dans l’armée française, parce qu’ils avaient fait le choix de la France – nombre de leurs pères, de leurs frères, étaient morts pour la France.

Aujourd’hui, nous devons penser à eux. Nous devons nous souvenir qu’ils ont fait un choix difficile, un choix courageux, parce qu’ils avaient toujours combattu aux côtés de la France.

- M. Guy Teissier, président de la commission de la défense. Oui, un choix très courageux !

- M. Marc Laffineur, secrétaire d’État. Comment expliquer à ces personnes que la date retenue pour l’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie est le 19 mars, alors qu’ils ont été dévastés, détruits, à compter de cette date ?

Même ceux qui ont été emmenés en France ont connu une intégration difficile – notre République doit d’ailleurs s’interroger sur la façon dont elle a accueilli ces combattants.

Nous devons également penser aux deux millions de Français appelés les pieds-noirs. Contrairement à ce que vous semblez affirmer, monsieur Candelier, on ne peut assimiler les pieds-noirs à des colonialistes. Bien sûr, certains ont pu tirer profit de la situation. Mais la plupart des personnes qui ont dû quitter l’Algérie étaient des petits commerçants, des fonctionnaires…

- M. Lionnel Luca. Des enseignants !

- M. Marc Laffineur, secrétaire d’État. …des policiers, des gens modestes.

Parmi les pieds-noirs, on a dénombré 1 696 personnes disparues après le 19 mars 1962, sans que l’on puisse jamais savoir ce qu’elles sont devenues. Comment voulez-vous expliquer aux harkis, à ces Français déracinés, arrivés en métropole après avoir tout perdu, que l’on a retenu la date du 19 mars pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie ? Ce n’est pas possible !

Constatant la difficulté à trouver une date de commémoration des morts d’Algérie pour la France, journée d’union nationale et de recueillement, où l’unité de la Nation doit s’exprimer, la commission Favier, réunissant des historiens de toutes tendances ainsi que des associations d’anciens combattants, a finalement retenu la date du 5 décembre, proposée par l’une des associations et adoptée à l’unanimité moins deux voix.

Je vous le répète, nous devons penser à l’unité de notre pays plutôt que de lancer des débats qui ne peuvent que le diviser. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)

L’amendement n° 7 n’est pas adopté.

 

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- lien : le 19 mars 1962 n'est pas la fin de la guerre d'Algérie

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lundi 23 janvier 2012

la valise ou le cercueil

Pub_DVD_janvier_2012

 

 

"la véritable histoire des Français d'Algérie"

film et DVD

 

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- bande annonce du film La valise ou le cercueil

 

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Mlle Bérangère MONTONATI

  Chargée de Communication pour REPORTAGE 34 SARL - Film Historique "LA VALISE OU LE CERCUEIL"

 

   11 route des jardins de Maguelone - 34970 LATTES-Maurin

Contact: 04 67 27 87 26 - Facebook: Charly Cassan

 

E-mail: reportage34@hotmail.fr

 Commande DVD: http://www.amazon.fr/dp/B006FFXJ8O - Association: www.la-valise-ou-le-cercueil.org

 

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Béziers “La valise ou le cercueil”

en version récupération

 

PATRICK NAPPEZ - Le Midi Libre
12/01/2012, 14 h 55 | Mis à jour le 12/01/2012, 14 h 55
André Troise l’incontrôlable.
André Troise l’incontrôlable. (PIERRE SALIBA)

Avant même sa projection publique et gratuite, le 22 janvier à Zinga Zanga, le film La Valise et le cercueil crée la polémique. Produit avec le soutien d’une association arlésienne d’enfants de Pieds-noirs, ce film est signé Charly Cassan, ancien dirigeant de radios locales, lui-même rapatrié à l’âge de 20 ans, et marqué par le suicide de son père, juste après son arrivée en métropole.

S’il affiche en sous-titre la prétention de raconter “la véritable histoire des Français d’Algérie”, le film est avant tout une somme de témoignages sur les “événements” et sur le retour.

"L’objectif n’est pas de polémiquer mais de témoigner de la souffrance. Charly Cassan et son épouse ont fait un gros travail de recherches en laissant la parole aux victimes" explique Frédéric Gourrier, président de l’association qui diffuse le film.

L’intérêt de ce témoignage a été perçu par plusieurs députés, dont le Biterrois Élie Aboud, président, au sein de l’Assemblée Nationale, du Groupe d’études sur les rapatriés, qui réunit toutes les sensibilités (lire ci-dessous). Une projection au Palais Bourbon est programmée le 8 février, avec l’aval de la présidente de la commission des Affaires culturelles, Michelle Tabarot (UMP-06).

Fort de ces blancs-seings, Élie Aboud dit avoir accepté que l’association organise une séance à Béziers, dont il sera le parrain. Vu ainsi, il n’y a pas de quoi hurler sur les toits, d’autant que le film a déjà été vu dans quarante villes.

"L’objectif n’est pas de polémiquer mais de témoigner de la souffrance"

L’affaire prend néanmoins une autre tournure à Béziers, où tout ce qui touche à la mémoire de l’Algérie française menace de déborder en affrontements. Toujours en cours, le conflit autour de la plaque en hommage aux morts de l’OAS, illustre ce climat tendu où s’opposent les forces politiques, avec une forte implication de l’extrême droite et des communistes, prenant à témoin un Raymond Couderc et un Élie Aboud dans leurs petits souliers. Enjeu : le vote des rapatriés...

Après la “plaque de la discorde”, voici donc “polémique pour une valise” ! Les faits : des tracts circulent en ville, sous la signature d’André Troise, ancien membre de l’OAS et ex-élu du Front national, mais aussi du Conseil national des Français d’Algérie. On n’y fait pas dans la nuance en évoquant "l’ignoble terreur meurtrière du FLN arabo-islamique" ou en accusant De Gaulle d’avoir "financé le éfélène ennemi de la France, de l’Occident et de la chrétienté".

En outre, ces tracts laissent entendre que leurs émetteurs sont organisateurs de la projection, chacun invitant les spectateurs à arborer une “tenue correcte” et les informant que des “contrôles” seraient opérés...

Récupération ? En tout cas, cette “littérature” embarrasse Frédéric Gourrier, d’autant plus que Troise apparaît dans le film comme témoin. "Le problème c’est que nous sommes une petite structure et qu’on ne peut pas tout contrôler. On s’est fait déborder par André Troise que nous cherchons à joindre en vain", selon Frédéric Gourrier.

Mais pour le diffuseur du film, il ne saurait y avoir d’ambiguïté : "Notre propos n’est pas de justifier ce qu’a fait l’OAS, mais de montrer ce qu’il s’est passé. À ce titre, André Troise a une part de souffrance à exprimer en tant que mutilé. Pour autant, on ne peut pas tout excuser". Pas d’ambiguïté donc, mais un sacré pataquès à la Biterroise.

 Patrick Nappez, Le Midi Libre, 12 janvier 2012

 

 la-valise-ou-le-cercueil-calendrier-des-projections-dans-les-salles
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sortie-du-dvd 

 

 

DATES PROJECTIONS DU FILM « LA VALISE OU LE CERCUEIL »

 

- le Vendredi 20 Janvier 2012 – 18h – Centre d’Animation Municipale – 21 Av Général de Gaulle – 13340 ROGNAC – Organisée par l’association « la valise ou le cercueil »

- le Dimanche 22 Janvier 2012 – 15h – salle ZINGA ZANGA – traverse de Colombiers – 34 500 BEZIERS – organisée par l’association « LA VALISE OU LE CERCUEIL »

- le Samedi 28 janvier 2012 – 14h – Salle JEAN-PIERRE MIQUEL – 98 RUE DE Fontenay – 94300 VINCENNES – RENCONTRE INTERNATIONAL DU CINEMA DE PATRIMOINE ET HENRI LANGLOIS

- le Jeudi 2 Février 2012 – 18h30 – Cinéma – 82000 MONTAUBAN – Organisée par le Cercle Algérianiste de Tarn et Garonne en partenariat avec la Mairie

- le Samedi 11 Février 2012 – 15h – Restaurant le SAINT-JACQUES - avenue Jean Monnet - 47000 AGEN – Organisée par l’association « recours 47 »

- le Samedi 18 Février 2012 – 9h30 – cinéma LE CAPITOLE – 161 avenue ST TRONQUET – 84 130 LE PONTET - Organisée par le CERCLE ALGERIANISTE DU GRAND AVIGNON ET DES PAYS DE VAUCLUSE

- le Samedi 18 Février 2012 -15h- salle TINEL - château de FARGUES - 84 130 LE PONTET - Organisée par le CERCLE ALGERIANISTE DU GRAND AVIGNON ET DES PAYS DE VAUCLUSE

- le Samedi 18 février 2012 – 14h et 20h – L’ATHENEE MUNICIPAL – Place St Christoly – 33000 BORDEAUX

- le Dimanche 19 Février 2012 –L’Athénée Municipal - 64500 ST JEAN DE LUZ

- le Samedi 10 Mars 2012 - 18h - Salle de Projection du FORUM CASINO - 83 000 HYERES - CERCLE ALGERIANISTE de HYERES

- le Samedi 10 Mars 2012 – après midi – Salle Haroun TAZIEFF – Rue FARNERIE – 26000 VALENCE – Organisée par le cercle Algérianiste de Valence

- le Dimanche 11 Mars 2012 – 15h – Salle de COURPOUYRAN – chemin du Grand Chêne 34990 JUVIGNAC – Organisée par l’Office du Tourisme de Juvignac

- le Samedi 24 Mars 2012 – (Horaire et lieu prochainement) - 04200 SISTERON

- le Dimanche 25 Mars 2012 – 14h30 et 17h30 – Auditorium Espace Hiller – 113 Bd Vivier Merle – 69003 LYON – Organisée par l’Association « LA VALISE OU LE CERCUEIL » - renseignements : 06.60.90.52.21

- Le Samedi 5 Mai 2012 – 15h – Salle des Fête – Grandfonds – 47240 CASTELCULIER – Organisée par l’Amicale des Pieds Noirs 47

- Le Samedi 19 Mai 2012 - 15h - RESIDENCE LES CYCLADES - 393 Avenue de Melgueil - 34280 LA GRANDE MOTTE - Organisée par l’Amicale des Pieds-Noirs Sainte Barbe du tlelat

- le Samedi 26 Mai 2012 - 17h - Salle Grand Séminaire - place RIQUET - 07 220 VIVIERS (Rhône-Alpes) ASSOCIATION « L’ALMA LE CORSO »

- le Mercredi 30 Mai 2012 -17h - Auditorium ST-EXUPERY du centre culturel - 83 700 ST-RAPHAËL - Organisée par le Cercle Algérianiste de FREJUS

- le Samedi 16 Juin 2012 - 14h - Salle AMPHITEATRE - place GRIBALDI - 06 300 NICE

- le Samedi 23 Juin 2012 - 17h30 - Hôtel NOVOTEL  Auditorium ATRIA à 30 000 NÎMES

- le Samedi 30 Juin 2012 - 15h et 21h - Cinéma la licorne à 06 400 CANNES

- le Samedi 30 Juin 2012 – 15h – Auditorium « LE PHARO » - 58 bd Charles-Livon – 13007 MARSEILLE – Organisée par l’association « ANRO »

Article-de-presse-Echos-d-Alger-juin-2011
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