samedi 24 juin 2017

Maroc 1908, quatre photos légendées par un aide-major de Sidi-Mohammed-ou-Berkan

l'aide-major
l'aide-major

 

 

Maroc 1908, quatre photos

légendées par un aide-major de

l'infirmerie-ambulance de Sidi-Mohammed-ou-Berkan

 

Ces quatre photos nous ont été confiées par Philippe Velin (Guainville, Eure-et-Loir). Nous les publions puis confions les originaux au Centre des Archives d'Outre-Mer à Aix-en-Provence.

Elles présentent l'intérêt d'être légendées au verso par un médecin aide-major, présent sur trois photos mais dont nous ignorons le nom.

Les lieux représentés sont situés à la frontière algéro-marocaine, dans la région de Berkane et de Tafoughalt (orthographié Tafouralt à l'époque). Le poste militaire portait le nom de Sidi-Mohammed-ou-Berkane.

Les dates mentionnées (janvier et février 1908) s'inscrivent dans la période des "événements de la frontière algéro-marocaine" qui ont débuté à l'automne 1907.

 

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Maroc 1908 (1)
entre Aïn Taforalt (Tafoughalt) et la zaouïa d'Aounout, janvier 1908

 

Maroc 1908 (5)
verso de la photo ci-dessus


Un coin du chemin qui conduit d'Aïn-Taforalt à la zouïa d'Aounout. Est-ce vert et frais ?

Dans le creux du chemin, un sous-lieutenant du Tirailleurs indigènes et un Tirailleur infirmier.

La photo a été prise vers le 20 janvier 1908.

 

commentaire : la légende inscrite au verso identifie les deux personnages au premier plan ; elle ne dit rien du militaire au-dessus.

 

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Maroc 1908 (2)
oued Berkou, 10 février 1908

 

Maroc 1908 (6)
verso de la photo ci-dessus

 

Au bain dans l'oued ou Berkan le 10 février 1908.

Monestier, l'officier d'administration gestionnaire de l'ambulance de la colonne Branlière (rentré à Marnia depuis).

Duval, aide-major de 1ère classe à la Légion, et votre serviteur.

N'avons-nous pas l'air de gras et bons bourgeois ?

 

 

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Maroc 1908 (3)
personnel de l'infirmerie-ambulance de Sidi-Mohammed-ou-Berkan, février 1908

 

Maroc 1908 (7)
verso de la photo ci-dessus

 

Le personnel de l'infirmerie-ambulance de Sidi-Mohammed-ou-Berkan (Maroc).

Au milieu, décoré, M. Villary, médecin-major de 1ère classe, ancien médecin-chef de l'ambulance de campagne de la colonne Branlière.

Puis M. Mellot, médecin-major de 2e classe, mon médecin-chef actuel (infirmerie, ambulance du camp).

Puis le sergent Asseu.

Puis l'aide-major Duval de la Légion.

Assis, un aide-major barbu que vous connaissez. [c'est-à-dire l'auteur de ces lignes]

Sur la gauche, debout le caporal Rüdiger qui vient d'être nommé sergent et, à côté de lui, raide comme un piquet, le fidèle El Houaed, mon ordonnance, "soldat de première classe au premier régiment de Tirailleurs".

Février 1908.

 

 

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Maroc 1908 (4)
la source Aïn Aoulout, à quatre kilomètres du camp de Sidi-Mohammed-ou-Berkan

 

Maroc 1908 (8)
verso de la photo ci-dessus

 

La source S. Aoulout. Ce qui manque, c'est la couleur. Une eau profonde, limpide et bleue, la terre rouge et la verdure ! Puis le reflet d'un gros barbeau "marabout" (les poissons de cette source sont sucrés).

Au premier plan, le cheval de l'opérateur, mon médecin-chef.

Plus loin le mien, celui que je liquide [?] en ce moment. Je cause avec un sergent de Tirailleurs.

Cette source est à 4 kilomètres de Sidi-Mohammed-ou-Berkan.

 

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images complémentaires

 

zaouïa Aounond
zaouïa d'Aounoud (ou Aounout)

 

zaouïa Aounout
zaouïa d'Aounoud (ou Aounout)

 

cpa Taforalt (2)
carte postale du camp d'Aïn-Taforalt, envoyée par un militaire
du camp de Sidi-Mohammed-ou-Berkan en juin 1908


cpa Taforalt (1)
carte postale du camp d'Aïn-Taforalt, envoyée par un militaire
du camp de Sidi-Mohammed-ou-Berkan en juillet 1908

 

SI-Mohamed-ou-Berkane
Sidi-Mohamed-ou-Berkane

 

source Aïn-Aoulout
la source d'Aïn-Aoulout

 

frontière algéro-marocaine maps
frontière algéro-marocaine nord-est

 

Aounout et Tafoughalt carte
Aounout et Tafoughalt

 

transcription, enquête,
recherche iconographique
Michel Renard

 

* voir aussi : Maroc 1908, photos et cartes postales écrites par le médecin-major Blanc

 

 

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vendredi 26 mai 2017

Algérie, l'histoire à l'endroit, de Bernard Lugan (Roger Vétillard)

Algérie Lugan couv

 

 

une histoire de l'Algérie sans légendes

un livre de Bernard Lugan

 

L’africaniste Bernard Lugan s’intéresse ici à l’histoire officielle de l’Algérie. Il y décèle beaucoup de légendes et d’inexactitudes. Il en fait un inventaire très argumenté et précis. Tout au long des dix études qu’il mène en autant de chapitres, il explique clairement les raisons qui l’ont fait exposer ses analyses.

Au fil des pages, on se souvient que le peuple algérien, en dépit des affirmations de ses responsables, est avant tout berbère. Génétiquement, démographiquement l’imprégnation arabe est très marginale. Pourtant les revendications «berbérisques» furent toujours présentées en Algérie comme une conspiration séparatiste dirigée contre l’Islam et la langue arabe.

 

islamisation

En fait, à travers la religion musulmane, l’identification aux peuples issus de la péninsule moyen-orientale a été imposée et a finalement été plus ou moins acceptée. Et l’islamisation succéda à la christianisation qui était pourtant jusqu’au VIe siècle un fait important dans ces régions où il existait, dans l’actuel Maghreb, plus de 900 diocèses, dont près de la moitié avaient une référence donatiste.

Si l’islam a ainsi pu s’imposer en moins de deux siècles à la Chrétienté, c’est en partie à cause des querelles religieuses et sociales du monde berbéro-romano-chrétien et à la conversion imposée par les nouveaux colons arrivés du Moyen-Orient.

Et puis, l’Algérie n’a pas été créée avant que la France décide d’en faire un pays. Les «principautés» de Bougie et de Tlemcen n’eurent d’existences qu’éphémères, elles furent souvent plus ou moins soumises à l’influence du Maroc ou de Tunis, puis à l’administration ottomane. Les différentes révoltes au moment de la présence turque ne peuvent, pour Lugan, être considérées comme des mouvements pré-nationaux.

À aucun moment, elles ne menacèrent le pouvoir ottoman. En fait, les menaces européennes, voire marocaines et tunisiennes entrainèrent une mainmise ferme des Turcs sur la Régence d’Alger, notamment parce que cette dernière affirmait protéger le caractère musulman de ces contrées. La tempête qui décima en 1541 la flotte de Charles Quint en rade d’Alger fut considérée comme une intervention divine et conforta cette assertion.

 

la résistance d’Abd el-Kader

Ailleurs, l’auteur montre que la résistance d’Abd el-Kader n’a concerné qu’une partie de l’actuelle Algérie, tout comme celle de Mokrani en 1871 ne fut qu’un soulèvement des zones berbérophones. Il met à mal les légendes et contre-vérités qui s’attachent en Algérie, et même en France, au soulèvement de Mai 1945 dans l’Est algérien, à Guelma et Sétif. Il s’oppose à celles qui présentent le soulèvement de novembre 1954 comme celui de tout un peuple uni dans la lutte contre la puissance coloniale. Il confirme que l’armée française n’a pas été vaincue par le FLN, mais que c’est la volonté politique des gouvernants de la France qui a permis l’indépendance de l’Algérie.

Quant au 17 octobre 1961 à Paris, là où des gens comme Jean-Luc Einaudi et les auteurs britanniques Jim House et Neil Master évoquent plus de 100 morts parmi les manifestants sollicités par le FLN, il établit en s’appuyant sur les enquêtes rigoureuses d’historiens come Jean-Paul Brunet ou celles des rapports diligentés par le gouvernement de Lionel Jospin (Rapports Mandelkern et Géronimi) que le nombre de morts de cette journée est faible voire quasiment inexistant.

Et enfin, comme l’a démontré Daniel Lefeuvre, et confirmé Jacques Marseille, «la France a plutôt secouru l’Algérie qu’elle ne l’a exploitée».

En 132 années de présence, elle a créé ce pays, l’a unifié, lui a offert un Sahara qu’elle n’avait jamais possédé, a drainé ses marécages, bonifié ses terres, soigné sa population qui a ainsi pu se multiplier.

C’est un travail de synthèse remarquable, auquel on peut reprocher certains manques concernant par exemple le poids des préceptes musulmans dans la guerre d’Algérie et dans la société d’aujourd’hui, mais qui permet à chaque lecteur intéressé par l’histoire de ce pays, de trouver des arguments pas souvent convoqués pour éclairer ou contredire certains moments et certaines affirmations présentées comme des consensus qui ne concernent pas les historiens rigoureux. Ce livre devrait permettre de revenir aux débats, mais beaucoup ne le souhaiteront peut-être pas.

Roger Vétillard

 

Bernard Lugan, Algérie, l’histoire à l’endroit, éd., Panissières, 243p, 2017, 25 €.
ISBN 2-916393-83-8

 

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Algérie Lugan couv

 

Présentation par l'éditeur

Depuis 1962, l’écriture officielle de l’histoire algérienne s’est appuyée sur un triple postulat :

- celui de l’arabité du pays nie sa composante berbère ou la relègue à un rang subalterne, coupant de ce fait, l’arbre algérien de ses racines. 

- celui d’une Algérie préexistant à sa création par la France à travers les royaumes de Tlemcen et de Bougie présentés comme des noyaux pré-nationaux.

- celui de l’unité d’un peuple prétendument levé en bloc contre le colonisateur alors qu’entre 1954 et 1962, les Algériens qui combattirent dans les rangs de l’armée française avaient été plus nombreux que les indépendantistes.

En Algérie, ces postulats biaisés constituent le fonds de commerce des rentiers de l’indépendance. En France, ils sont entretenus par une université morte du refus de la disputatio et accommodante envers les falsifications, pourvu qu’elles servent ses intérêts idéologiques. Dans les deux pays, ces postulats ont fini par rendre le récit historique officiel algérien aussi faux qu’incompréhensible.

Cinquante ans après l’indépendance, l’heure est donc venue de mettre à jour une histoire qui doit, comme l’écrit l’historien Mohamed Harbi, cesser d’être tout à la fois «l’enfer et le paradis des Algériens».

Ce livre répond donc aux interrogations fondamentales suivantes : l’essence de l’Algérie est-elle Berbère ou Arabe ? Avant la conquête française, ce pays fut-il autre chose qu’une province de l’Empire ottoman ? Les résistances d’Abd el-Kader et de Mokrani furent-elles des mouvements pré-nationaux ?

Que s’est-il véritablement passé à Sétif et à Guelma en mai 1945 ? La France a-t-elle militairement perdu la guerre d’Algérie ? Quelle est la vérité sur le «massacre» du 17 octobre 1961 à Paris ? Enfin, peut-on raisonnablement affirmer que la France ait «pillé» l’Algérie comme le prétendent certains ?

 

 

Algérie Lugan couv

 

 

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samedi 25 mars 2017

l'insurrection malgache, 1947-2017 : Inalco, Paris, 29 mars 2017

insurrection malgache Inalco 29 mars 2017 (1) - 1

 

 

l'insurrection malgache :

1947-2017

Inalco, Paris, 29 mars 2017

 

insurrection malgache Inalco 29 mars 2017 (2) - 1

 

insurrection malgache Inalco 29 mars 2017 (3)

 

insurrection malgache Inalco 29 mars 2017 (4)

 

insurrection malgache Inalco 29 mars 2017 (1) - 1

 

 

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lundi 27 février 2017

Jean Monneret, Histoire cachée du Parti Communiste Algérien, compte rendu par Roger Vétillard

Monneret PCA couv

 

 

Jean Monneret,

Histoire cachée du Parti Communiste Algérien

compte rendu par Roger Vétillard

 

Jean Monneret est un historien spécialiste de la guerre d’Algérie, de ses causes et de ses conséquences. Il publie une nouvelle étude sur un sujet peu abordé par ses confrères, sinon par Henri Alleg qui fut un des dirigeants du PCA, Emmanuel Sivan et l’historienne britannique Drew Allison : le Parti communiste Algérien, qui n’était en fait, qu’une succursale du PCF.

En fait, le projet initial de Monneret était de tenter d’éclaircir ce qu’il est convenu d’appeler «l’affaire Audin» du nom de ce doctorant communiste algérois qui a disparu pendant la Bataille d’Alger en juin 1957 après son arrestation par l’armée française. Et en historien rigoureux, il va replacer cet épisode dans le contexte historique de l’époque, celui de la guerre d’Algérie.

Le Parti Communiste Algérien, comme son grand-frère français a défendu des positions successivement contradictoires dictées par la stratégie imposée par les dirigeants soviétiques. Ainsi, sans revenir sur la position ambiguë de ses délégués lors des travaux de la commission des réformes de 1944 qui a siégé à Constantine, il n’est pas souvent rappelé qu’il a en 1945, après l’insurrection de Mai 1945 qui a commencé à Sétif, condamné ce soulèvement, participé à la répression à Guelma et demandé le châtiment exemplaire des insurgés qualifiés de suppôts de l’hitlérisme demandant qu’ils soient passés par les armes, avant quelques temps plus tard de dénoncer la répression…

De la même façon, les communistes tentent d’accréditer qu’ils auraient été dès le 1er novembre 1954, des défenseurs de l’indépendance de l’Algérie, alors que le Bureau Politique a publié, le lendemain de la «Toussaint Rouge», un communiqué qui réclame une «solution démocratique» respectant «les intérêts de tous les habitants de l’Algérie sans distinction de race ni de religion» et «qui tiendra compte des intérêts de la France». Affirmation qui suffit, dit Monneret, à montrer la distance séparant les vœux du FLN et ceux des communistes algériens. Et l’auteur n’hésite pas à souligner (p. 72) que la vérité est claire : le Parti Communiste fut plus que réservé envers le FLN à ses débuts, et même longtemps après. Les dirigeants algériens le lui ont bien rendu, en l’interdisant dès 1964.

Un autre point important est souligné par l’auteur : la guerre d’Indochine s’est terminée trois ans avant «l’affaire Audin» et les officiers qui servent en Algérie en sont revenus particulièrement «anti-communistes». Ils ont vu, en Indochine, des communistes très organisés, soumis à une discipline de fer, d’une implacable cruauté avec leurs opposants, bénéficiant de soutiens internationaux puissants (URSS, Chine).

 

guerre subversive internationale
source

Dès lors ils vont surestimer la puissance du PCA et celle des Combattants de la Libération (CDL) organisme qui a tenté de mettre en place des «maquis rouges» pour montrer sa différence avec l’ALN. Et enfin, Monneret rappelle que la bataille d’Alger est survenue quelques mois après l’écrasement par les chars russes de l’insurrection de Budapest qui ne pouvait que renforcer l’anticommunisme de l’Armée. Pour elle, lutter contre le FLN, c’est également lutter contre le communisme, d’autant que les pays de l’Est ne cachaient pas leur sympathie pour les indépendantistes.

Les deux derniers chapitres sont consacrés à l’affaire Audin pour laquelle Monneret tente de démêler les témoignages, les écrits plus ou moins engagés et les exploitations politiques qui ont été faites. Il constate que beaucoup a été entrepris pour cet homme disparu et il déplore que l’hommage de François Hollande à Audin en novembre 2012 à Alger ne soit pas allé également à toutes les victimes du conflit mais uniquement à celles causées – dans un seul camp - par les activités de l’Armée française.

Enfin les quatre annexes méritent d’être lues : une rencontre avec le général Aussaresses, l’antagonisme parachutistes-communistes, François Hollande et l’affaire Audin, qui précèdent l’analyse du livre du journaliste Jean-Charles Deniau sur cette affaire.

Roger Vétillard

 

Jean Monneret, Histoire cachée du Parti Communiste Algérien, de L’Étoile nord-africaine à la bataille d’Alger – Via Romana éd., Versailles 2016. 18€

 

 

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samedi 25 février 2017

Un regard sur la guerre d'Algérie, un livre de Roger Vétillard

Vétillard 2016 couv

 

 

Un regard sur la guerre d'Algérie,

un livre de  Roger Vétillard

 

Un livre qui a certains égards pourra paraître polémique, mais qui offre l'inestimable avantage d'aller au-delà des idées reçues et des dogmes établis.

Partant du double constat exprimé par Kader Benamara dans sa préface ("Les deux communautés qui vivaient en Algérie aimaient passionnément cette terre", mais aussi que "la cohabitation n'a jamais été chose aidée en Algérie"), Roger Vétillard ne nous propose pas un simple récit chronologique de la guerre dans son ensemble, mais un certain nombre de coups de projecteur sur des événements particuliers replacés dans leur contexte (avec de nombreuses références à des témoignages des acteurs), mais aussi avec un regard personnel qu'il reconnaît et revendique.

Des événements de mai 1945 à Sétif et Guelma aux derniers "incidents" en 1962, l'auteur aborde les questions de la "Toussaint rouge", des embuscades (celle de Palestro mais aussi bien d'autres, avec la question de la mutilation des corps au sujet de laquelle il remet en cause les analyses de Raphaëlle Branche), la bataille d'Alger avec la torture ("Elle a été autorisée et employée. Mais beaucoup de renseignements importants sont obtenus sans aucune violence. Lancer une campagne contre les tortures, c'est de bonne guerre de la part des amis du FLN, mais ces derniers ne se sont jamais émus du sort réservé par le FLN aux Français d'Algérie et aux Algériens eux-mêmes qui ne suivaient pas ses consignes"), etc.

 

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Au fil des chapitres, nous retrouvons ainsi la bataille des frontières, le coup du 13 mai 1958 (avec cette question a priori étonnante - et peu convaincante - sur un éventuel "complot gaulliste" et surtout la position de Debré qui écrit alors : "Le combat pour l'Algérie française est le combat légal, l'insurrection pour l'Algérie française est l'insurrection légitime"...), les opérations et l'efficacité du plan Challe dans ses différentes facettes ("Il faut convenir que cette stratégie est essentiellement militaire et ne tient pas assez compte du côté humain en déracinant des populations entières"), la longue et lancinante question de l'OAS, aussi bien sur le territoire qu'en métropole, dans le domaine de l'action violente comme dans les efforts (finalement infructueux) en matière de communication et de propagande.

Les événements souvent dramatiques qui précèdent, accompagnent et suivent les Accords d'Évian (non respectés on le sait), sont au coeur des derniers chapitres, jusqu'à la "Naissance difficile du nouvel État" marqué par le drame du 5 juillet 1962 à Oran.

 

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On apprécie la chronologie assez complète qui ouvre le volume et on en vient à espérer qu'effectivement il est désormais possible de travailler sur la guerre d'Algérie sans oeillères ni a priori idéologiques. Un volume très intéressant, par les précisions qu'il apporte et l'effort de prise en compte de tous les paramètres (même si cela reste difficile) dont il témoigne. Une publication qui fera indiscutablement date pour l'histoire de la guerre d'Algérie.

Rémy Porte
source : mensuel Guerres et conflits
12 novembre 2016

 

Riveneuve éditions, Paris, 2016, 324 pages, 22 euros

 

 

Vétillard 2016 couv

 

 

 

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vendredi 24 février 2017

Colonisation : "crime contre l'humanité" ?

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Colonisation : crime contre l'humanité ?

Michel RENARD

 

Emmanuel Macron ignore sans scrupule tout le savoir historique, pourtant l'oeuvre d'auteurs majoritairement de gauche.

Le candidat à l'élection présidentielle avait déclaré dans une interview au magazine Le Point le 23 novembre 2016, qu’il y avait eu à la fois "des éléments de civilisation et des éléments de barbarie" (...) "Alors oui… en Algérie il y a eu la torture mais aussi l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation".

Mais à Alger, dans une interview à la chaîne privée algérienne Echourouk News (islamiste), le 15 février 2017, il a qualifié la colonisation de "crime contre l'humanité".

article publié dans Marianne du 24 février 2017

 

Marianne 1

Marianne 2

Marianne 3

Marianne 4

 

 

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samedi 7 janvier 2017

photos retrouvées, années 1930

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photos retrouvées

 

Ces photos nous ont été confiées par Enric Pareto i Valls et appartiennent à sa collection "Images abandonnées". Enric a trouvé des négatifs sur verre de 6x9 au "marché aux puces" de Barcelone (Les Encantes) et en a effectué des tirages. Elles ne sont accompagnées d'aucune information relative aux noms des personnes, aux dates ni aux lieux.

Après recherche de notre côté, on identifie le port de Rouen, la ville de Tunis. Les vues d'avions Potez 25 TOE (théâtre d'opérations extérieures) sont très probablement prises à Madagascar, peut-être à Tsihombe (sud de l'île). L'escadrille à laquelle ils appartenaient était basée à Ivato, à proximité de la capitale Tananarive, comme l'établit un article de La Revue diplomatique du 31 octobre 1934 (voir en bas de page).

Il est possible que les images de groupes proviennent également de Madagascar. À confirmer.

Michel Renard

 

 

img302cc
un Potez 25 TOE (théâtre des opérations extérieures) à Madagascar

 

img328c
trois Potez 25 TOE (théâtre des opérations extérieures) à Madagascar

 

La localisation de ces avions à Madagascar est établie sur la base d'indices assez forts. On retrouve les mêmes avions, par exemple le Potez 25 n° 2375 sur plusieurs clichés, tel celui ci-dessous, en 1934 (source). Ou encore, à Ivato en 1937 (source).

 

Tsihombe 1935 Potez
région de Tsihombe, 1934 (source)

 

carte sud île Madagascar
le sud de Madagascar, avec Tsihombe

 

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img350C
pont transbordeur du port de Rouen

 

famille sur le quai
quai du port de Rouen (?)

 

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moto Terrot 350 cc, modèle année 1927

 

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De Dion Bouton, type IS, 1923 (?)

 

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femmes Soalala, ouest de Madagascar (?)

 

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au milieu, une boite sur laquelle on peut lire Cocos...

 

img321C

 

img343C
relais hertzien (Madagascar ?)

 

img345C
grande mosquée de Tunis

 

img346C
minaret de Sidi ben Arous à Tunis

 

img352C
Tunis, imprimerie générale J. Picard et Cie,
son siège principal était rue Al-Jazira

 

légende des photos :
Michel Renard

 

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La Revue diplomatique 31 octobre 1934

 

La Revue diplomatique, 31 octobre 1934

 

 

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lundi 26 décembre 2016

un opuscule du cadi Ahmed Skiredj (1878-1944)

Ahmed Skiredj (1)
le cadi Ahmed Skiredj (1878-1944)

 

 

l’histoire des idées à Oujda sous

la période coloniale :

Le paradigme d’un opuscule en histoire des sciences

Badr MAQRI

 

La formation discursive concerne une nouvelle archéologie de l’histoire des sciences au Maroc sous protectorat français, à travers un opuscule du Cadi de la ville d’Oujda, Ahmed Skiredj (1878-1944), sur l’algèbre, la cryptographie et le partage des successions (Librairie Taleb, Oujda,2012, 192 pages).

Le livre de Badr Maqri, se compose de deux chapitres : l’un est consacré à la traduction d’Eugène Viala, de l’opuscule de Skiredj, réalisée en 1917. Quant au deuxième chapitre, il est consacré à la lecture critique du commentaire de Georges Colin (1893-1977) sur l’opuscule de Skiredj.

 

Badr Maqri 2012 couv

Badr Maqri se réfère à Auguste Comte (1798-1857), pour signaler qu’on ne connaît pas complètement une science, tant qu’on n’en sait pas son histoire.

L’auteur se rapporte dans son livre, à deux grands objectifs :

1 - démontrer quelques paradigmes de l’histoire des idées, chez les «indigènes», pendant la période coloniale.

2 - dévoiler l’intersection entre ; l’algèbre, la cryptographie, et le partage des successions chez les musulmans.

Et c’est ainsi qu’on pourra déduire deux structures épistémologiques, liées au contexte colonial du Maroc moderne. La première est, l’histoire des sciences chez les «indigènes» marocains. La deuxième est, l’histoire des idées, dans une société colonisée.

 

Ahmed Skiredj (2)

 

Ahmed Skiredj (1878-1944), qui exerça la profession de Cadi à Oujda, entre 1916 et 1922, scruta dans son opuscule, la profondeur du système fractionnaire employé par les juristes marocains de l’époque, pour la détermination des parts héréditaires, sous l’égide des Régions Civiles et Militaires du Protectorat Français au Maroc, entre 1912 et 1956.

Ce livre s’oriente sur d’autres phases de l’histoire coloniale du Maroc et de la ville d’Oujda, après le livre consacré à l’organisation territoriale d’Oujda en 1952, paru en 2010.

 

 

Badr Maqri 2012 couv

 

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lundi 5 décembre 2016

Guerre d'Algérie : les oublis de l'Histoire, 5 décembre 2016

émission 5 déc 2016 (1) - 1

 

 

Guerre d'Algérie : les oublis de l'Histoire

émission de TVL du 5 décembre 2016

 

 

 

 

Roger Saboureau 5 déc 2016
Roger Saboureau, "Secours de France", 5 décembre 2016

 

Jean-Marie Schmitz 5 déc 2016
Jean-Marie Schmitz, président de "Secours de France", 5 décembre 2016

 

général Fournier 5 déc 2016
général Henri-Jean Fournier, association "Soldis", 5 décembre 2016

 

Michel Deyglun 5 déc 2016
Michel Deyglun, ancien officier S.A.S. en Algérie, 5 décembre 2016

 

Olivier Dard 5 déc 2016
Olivier Dard, professeur à l'université Patis IV-Sorbonne

 

Hugues Kéraly 5 déc 2016
Hugues Kéraly, 5 décembre 2016

 

Messaoud Kerfi 5 déc 2016
témoignage de Messaoud Kerfi sur les harkis, 5 décembre 2016

 

émission 5 déc 2016 (2)

 

association "Secours de France

 

émission 5 déc 2016 (3)

 

émission 5 déc 2016 (4)

 

* Secours de France : émission du 5 décembre 2016

 

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vendredi 7 octobre 2016

Qui a laissé massacrer les harkis ? (Michel Renard)

 Harkis Marianne 7 oct 2016 (1)

 

 

Qui a laissé massacrer les harkis ?

Michel RENARD

 

 

Harkis Marianne 7 oct 2016 (1)

Harkis Marianne 7 oct 2016 (2)

Harkis Marianne 7 oct 2016 (3)

Harkis Marianne 7 oct 2016 (4)

 

Paru dans l'hebdomadaire Marianne, le 7 octobre 2016.

 

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