dimanche 11 février 2007

Souvenirs d’un colonel Viet Minh. 1945-2005, de Dang Van Viet (commentaire de Pierre Brocheux)

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à propos des souvenirs de Dang Van Viet,

colonel Viet Minh

Pierre BROCHEUX


13g_1Commentaire sur le livre de Dang Van Viet, Souvenirs d’un colonel Viet-Minh. 1945-2005, Paris, Indo-Éditions, 2006.

Dang Van Viet, issu d’une lignée mandarinale prestigieuse, a dirigé le régiment de l’Armée populaire vietnamienne qui a infligé au Corps expéditionnaire français sa première grande défaite en 1950 (selon le gal Yves Gras, Histoire de la guerre d’Indochine, Denoël 1992) sur la Route coloniale n°4 reliant Cao Bang à Langson. L’ouvrage est très intéressant au triple point de vue militaire, sociologique et politique mais mon commentaire se réfère au seul chapitre XXIX intitulé «Héritage de la culture française au Viet Nam», p. 208-218, qui relève des préoccupations d’Études coloniales.

L’auteur exprime l’opinion de quelqu’un qui s’est entièrement consacré à la lutte pour l’indépendance puis à la construction économique de son pays. Son rôle dans la lutte contre la domination coloniale française mérite que nous nous arrêtions sur son opinion. Si Dang Van Viet affirme le caractère fondamentalement oppressif du régime colonial, il remarque, cependant, l’ambiguïté qui a marqué les 80 années de cette domination. Il n’hésite pas à écrire que la colonisation française eut «un côté positif et une part utile» (expression qui ne manquera pas de scandaliser les «anticolonialistes à quatre sous» comme disait l’historien Jean Chesneaux).

L’auteur admet que les Français ont initié la modernisation de son pays, recomposé la société et surtout, introduit une réforme «révolutionnaire» (pour oser un paradoxe) de la culture. Les porteurs de cette nouvelle culture ont pris la tête de la lutte pour affranchir leur pays du joug français. En d’autres termes, les Français ont engendré les fossoyeurs du régime qu’ils avaient instauré : une intelligentsia dont Dang Van Viet fait partie et dont les aspirations, les revendications et les actions avaient suscité, dès 1926, la mise en garde d’un gouverneur général, le socialiste Alexandre Varennes (encore une ambiguïté).

Selon celui-ci, il fallait accorder des droits «au Tiers-état annamite» sinon il les réclamerait de lui même. Une minorité agissante de cette intelligentsia dirigea le mouvement de libération nationale tandis que la majorité rallia le soulèvement d’août 1945 qui aboutit à la proclamation du premier État indépendant vietnamien du XXe siècle.

Ce livre exprime une vision du colonialisme proche de celle que Karl Marx exposa sur l’intervention britannique en «Indoustan». Une approche dialectique de l’Histoire a du bon.

Pierre Brocheux

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le colonel Dang Van Viet (source)

 

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le colonel Dang Van Viet à Paris (source)


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samedi 7 octobre 2006

Vietnam 1905-1908 - colloque mai 2007 (Gilles de Gantès)

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Vietnam, le moment moderniste

1905-1908

La réactivité d’une société face à l’intrusion d’une modernité exogène

Gilles de GANTÈS


Appel à contributions pour un colloque à tenir

à Aix-en-Provence, les 3-4 et 5 mai 2007



1908 est une date charnière dans l’histoire du Vietnam, marquée à la fois par une révolte paysanne anti-fiscale d’une part et par une tentative d’empoisonnement de la garnison française de Hanoi par des patriotes vietnamiens d’autre part. Premières manifestations nationalistes après l’échec de la résistance monarchiste qui avait suivi la conquête coloniale, les événements de 1908 inaugurent une série de révoltes anti-coloniales et de complots, incluant les attentats de 1913 à Hanoi et de 1924 à Shanghai, les soulèvements de Thai-nguyen ou de Yen-bay ; ils ont une place particulière dans l’histoire du Vietnam au XXe siècle. Le déroulement chronologique de ces événements semble bien connu, notamment après les études de David Marr ou de Nguyen The Anh, même si leur interprétation peut prêter à débats.

Mais ces révoltes masquent un courant tout aussi important (et sans doute davantage pour les Vietnamiens, surtout depuis les débuts du doi moi), celui de la modernisation de la société et de la culture, dont le symbole est Dong kinh nghia thuc, qui s’est développé dans la période qui a suivi la guerre russo-japonaise de 1904-1905 et dont le mémoire adressé par Phan Chu Trinh au gouverneur général de l’Indochine en novembre 1906 (que les Français traduisirent et publièrent dans le très officiel Bulletin de l’EFEO en 1907) donne une idée des objectifs.

Dans certains milieux instruits se développe l’idée que les révoltes violentes sont vouées à l’échec et qu’il s’agit d’adapter la société vietnamienne à un monde moderne dont l’existence, dans sa forme d’uned_capitation_1908 occupation coloniale, ne pouvait être niée, dans le but de reconquérir un jour prochain l’indépendance du pays. Profitant d’une conjoncture favorable, ils créent des écoles, des maisons d’édition indépendantes de l’administration coloniale ou organisent des coopératives de production, qui, pour certaines, étaient destinées à financer les œuvres éducatives et culturelles : la société de production de saumure Lien Than était par exemple associée à une école et à une maison d’édition. Ce type de mouvement suppose un haut degré d’organisation sociale, des réseaux d’information ou des modes de financement efficaces, qui sont, somme toute, relativement mal connus, du moins en France, malgré les travaux de Georges Boudarel (“Phan Boi Chau et la société vietnamienne de sont temps”, France-Asie, 1969, 4ème trimestre), de Nguyen The Anh (“Les élites vietnamiennes face à l’Union indochinoise”, The Vietnam Forum, 1988) et de Trinh Van Thao (Vietnam. Du confucianisme au communisme, Paris, L’Harmattan, 1990).

Cette lacune relative s’explique par plusieurs facteurs. Tout d’abord, phénomène courant lorsque nous tentons d’appréhender le passé, les actes politiques marquants, révolutions, attentats, changements de régime, sont nécessairement mieux enregistrés que l’accumulation d’actions quotidiennes, l’acquisition d’habitudes différentes ou l’appropriation d’idées nouvelles. La préhension de ces phénomènes micro-sociaux, qui se révèlent souvent à l’occasion de révoltes ou de mutations politiques radicales, est pourtant possible, comme l’ont prouvé Maurice Agulhon à propos de l’enracinement des traditions républicaines en Provence (La République au village, Paris, Seuil, 1979) ou Michel Vovelle à propos de la déchristianisation qui a précédé la Révolution française (Piété baroque et déchristianisation en Provence au XVIIIe siècle, Paris, Plon, 1973).

À cette difficulté théorique, universelle en Histoire, s’ajoutent par ailleurs, dans le cas vietnamien, les phan_boi_chauorientations et les priorités induites par l’évolution du pays au cours du dernier demi-siècle. En ce qui concerne les débuts de l’adaptation culturelle de l’ensemble de la société vietnamienne aux normes nouvelles imposées par le colonisateur, les recherches sur les détails, les modalités, les structures élémentaires qui ont servi de cadre à l’acculturation, avaient été particulièrement développées à Saigon dans les années 1960, avec notamment les ouvrages de Nguyen Hien Le (Dong Kinh Nghia Thuc, Saigon, Le Boi, 1968), qui avait bénéficié des témoignages des acteurs ou de Nguyen Van Xuan (Phong-trao Duy-tan, Saigon, Le Boi, 1970), mais n’ont pas bénéficié des mêmes priorités dans les années qui ont suivi, l’école historique du nord ayant été plus active en ce qui concerne Phan Boi Chau [photo] et les mouvements qu’il animait.

Un relevé des articles parus dans la revue Nghien cuu lich su (Recherches historiques) de Hanoi pendant la période 1954/1994, montre que la priorité était donnée à la recherche sur les origines du peuple vietnamien d’une part, aux luttes pour l’indépendance du pays d’autre part, même si, curieusement, une des rares tentatives de coopération scientifique entre les deux Etats vietnamiens dans la période 1954/1975 (Patricia M. Pelley : Postcolonial Vietnam, Durham et Londres, Duke University Press, 2002, 35-6) a été consacrée au mouvement moderniste.

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Tonkin, école professionnelle de filles, avant 1908

Les choses ont cependant changé dans les années 1990 : à l’occasion des quatre-vingt-dix ans de Dong Kinh Nghia Thuc ont par exemple été publiés des ouvrages tels Van tho dong kinh nghia thuc (Prose et poésies du Dong Kinh Nghia Thuc, Hanoi, EFEO et Van Hoa, 1997) et Thon thu va xa hoi Viet Nam cuoi the ky XIX dau the ky XX (Les nouveaux livres et la société vietnamienne à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, Hanoi, Chinh tri Quoc gia). Les grandes commémorations nationales de 2005 (trente ans de la réunification, soixante ans de l’indépendance) ont depuis lors de nouveau détourné l’attention des chercheurs de l’étude du mouvement moderniste. L’adaptation de la société vietnamienne, dans des conditions dramatiques, coloniales, à une modernité extraordinairement exogène au début du XXème siècle fournit pourtant un cas exemplaire en notre époque de globalisation et de mondialisation.

Si les idées générales qui animaient les modernistes ou les biographies des plus éminents d’entre-eux sont relativement bien connues, l'enracinement piopulaire du mouvement  l’est relativement moins. S’agit-il par exemple d’un phénomène essentiellement urbain ou bien les villages jouent-ils un rôle majeur ? Connaît-on le taux d’alphabétisation vers 1905, le niveau de généralisation du quoc ngu ? Quelles régions ont-elles été touchées ? Le Nord davantage que le Sud ? Des régions traditionnellement dynamiques sur les plans culturel ou politique comme le Thanh-hoa ou le Binh-dinh ?

Les structures mises en place par les modernistes sont-elles comparables aux écoles qui, périodiquement, apparaissaient au Vietnam : école de Chu Vau An (XVe siècle) ou de Vu Thanh (XVIIIe siècle). Le célèbre temple Ngoc Son, avait par exemple été édifié en 1842 pour rendre un culte aux immortels, mais aussi pour servir de lieu de rencontres et d’échanges entre Lettrés (Vu The Khoi : “Le temple Ngoc Son et l’œuvre de la renaissance culturelle de Thang Long”, Xua va nay, n°30, août 1996) : les modernistes se sont-ils inspirés de cet exemple ? Quelles sont les limites du mouvement ?

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Hanoï, maître d'école               

Certains Lettrés semblent avoir été totalement étrangers au mouvement moderniste (Nguyen The Anh, Bulletin de l’EFEO, 1978, t.LXV, pp.421-430). Le déclassement social des Lettrés lié à la situation coloniale a-t-il joué un rôle dans le développement du mouvement moderniste ou l’a-t-il freiné ? Combien de personnes ont-elles réellement été touchées ? Y-a-t-il des structures comparables aux chambrées et aux cercles provençaux qu’a étudiés Agulhon ? Le premier objectif du colloque que nous proposons est d’appréhender le mouvement dans son épaisseur sociale et d’en proposer un exposé accessible en langue française ainsi qu’un état des lieux et une bibliographie en vietnamien, français et anglais.

Le deuxième objectif est d’intégrer le Vietnam dans sa conjoncture asiatique : ce sont d’ailleurs les Lettrés modernistes du début du XXe siècle qui ont introduit dans la culture vietnamienne cette conception d’un Vietnam lié à des civilisations asiatiques autres que celle de la Chine. Pays de tradition sinisée, il est souvent étudié dans le cadre des études sur l’Asie du Sud-Est ; pays colonisé par les Français, il est l’objet, pour la période qui nous intéresse ici, d’une bibliographie majoritairement en Vietnamien ou en Français, d’où une difficulté de comparer avec d’autres pays asiatiques pour lesquels la bibliographie est en Anglais ; pays dont l’histoire, dans la deuxième partie du XXe siècle, a été marquée par des conflits où ont été impliqués notamment, la France, les Etats-Unis ou l’URSS, il est plus souvent étudié pour ses relations avec ces puissances que pour ses contacts avec l’Indonésie, la Thailande ou les Philippines.

Or, au début du XXe siècle, pour ne prendre que cette période-là, les relations et les influences intra-asiatiques étaient nombreuses, non seulement avec la Chine ou le Japon, ce qui est bien connu, mais avec l’Inde, l’Indonésie ou les Philippines, soit par le biais de réseaux mis en place par les colonisateurs (la ligne française régulière des Messageries maritimes touchait Yokohama, Shanghai et Saigon, mais aussi Singapour, Colombo et Bombay), soit par le biais des réseaux missionnaires, soit par le biais des réseaux qui existaient avant la colonisation et dont s’était servi par exemple Nguyen Anh à la fin du XVIIIe siècle, soit grace à l’existence de communautés de Vietnamiens expatriés au Siam, au Cambodge, au Laos, comme en Chine ou au Japon, ainsi que l’ont montré David Marr (Vietnamese Anticolonialism (1885-1925), Berkeley, University of California Press, 1971) ou Christopher Goscha (Vietnam or Indochina ? Contesting Concepts of Space in Vietnamese Nationalism, 1887-1954, Copenhague, NIAS Reports n°28, 1995). Or, toutes les sociétés asiatiques ont eu à s’adapter à l’intrusion massive des idées occidentales dans tous les domaines (culture, religion, commerce…) et la coïncidence de l’émergence de mouvements politiques modernes dans plusieurs sociétés asiatiques (Gandhi fonde par exemple sa première association au Transvaal en 1907, tandis que le roi de Siam voyage en Europe et que Sun Yat Sen réside au Vietnam) ne peut être le fait du hasard.

Le troisième objectif du colloque est de déterminer l’héritage du mouvement. Dans le court terme déjà : qui se chargea de la répression postérieure à 1908 (Français ? Vietnamiens traditionnalistes ?) ? Avec quel bilan précis ? Sur le long terme, le rôle joué par Phan Chu Trinh [photo] à Paris auprès du futur Ho Chi Minh est bienphan_chu_trinh connu, mais y-a-t-il d’autres exemples, notamment parmi les Vietnamiens envoyés en métropole pendant la Première guerre mondiale ? Le bagne de Pulo Condore fut-il une pépinière de futurs révolutionnaires ? Que devinrent les acteurs du mouvement ? Dans la mesure où le mouvement était plus hétérogène que l’histoire officielle le présente habituellement, les prises de position ultérieures ont nécessairement été très diverses. Certains se sont investis dans le journalisme, seule ouverture aménagée par le pouvoir colonial, donc un journalisme désormais entraîné à ruser avec les contraintes de la censure, comme c’est le cas des équipes de Dong Duong top chi ou de Nam Phong. Ngo Duc Ke et Huynh Thuc Khong se sont lancé dans le journalisme après leur sortie du bagne. Ce dernier a même tenté de fonder un parti dans le Centre (Dao Duy Anh : Nho nghi chieu hom. Souvenirs au crépuscule, 1989) et il développa son action dans un cadre légal.

D’autres acteurs du mouvement moderniste sont retournés dans leurs villages d’origine où ils ont pu populariser leurs idées, en ouvrant des écoles, en pratiquant la médecine ou en s’impliquant dans les associations huong thien (faire le bien). L’inspiration de ces associations-ci semble être religieuse, avec des séances de spiritisme notamment, mais il est possible qu’elles aient servi de paravent à la continuation du mouvement moderniste en diffusant des textes (kinh) à caractère moral et patriotique (Dao Duy Anh, op. cit. Et Vu The Khoi, op. cit. ). D’autres Lettrés proches du mouvement moderniste ont sans doute à passer les concours (le dernier concours a eu lieu dans le Centre en 1919), d’autres ont pu se réfugier dans la sphère familiale tout en envoyant leurs fils (leurs filles également ? l’éducation des filles a été une des originalités du Dong kinh nghia thuc) suivre des études à la française. Qu’est-il advenu des coopératives qui finançaient le mouvement ? La société Lien Thanh évoquée plus haut a poursuivi ses activités jusqu’en 1975 et le docteur Ho Ta Khanh, représentant la troisième génération de la société a été ministre de l’Economie dans le gouvernement Tran Trong Kim.

GillesSept2005


  renseignements et/ou renseignements

Gilles de Gantès

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- Dông Kinh nghia thuc : École libre de la Capitale du Nord (Hanoï) : mouvement moderniste revendiquant l'innstruction du peuple, et école ouverte en 1907 à Hanoï


_coliers_tonin_cours_de_dessin
écoliers tontinois au cours de dessin



Call for Contributions for a Conference organized

in Aix-en-Provence, May 3-4 and 5, 2007



Vietnam, the modernist conjoncture

(1905-1908)

The reactivity of a society confronted to

the irruption of a foreign modernity




1908 represents an important symbol in Vietnamese history, when the first nationalist manifestations opened a long list of anti-colonialist revolts. But, as they appear in the front of the stage, they let in the shadow the current of the modernization of the Vietnamese culture which has developped after the Japanese victory against Russia in 1905. A lot of scholars of the time came to think that violent uprisings had no chance to be successful and that the most promising way in order to reconquer independence was to adapt the Vietnamese society to a modern world whose existence could not be denied. These patriots founded schools free from colonial supervision, and they organized craftman cooperatives (dong loi), whose benefits were partly dedicated to education achievements. The cooperative Lien Than, which produced fish sauce (nuoc mam) was associated with à publishing house and a school. This kind of movement needs a sophisticated level of social organization, efficient information networks and financial networks which are not so well known.

The first purpose of the conference is to understand how the movement has taken root deep inside the Vietnamese society, to understand it by the details beside the well known stories of nationalist heroes and to publish a global study and an exhaustive bibliography (Vietnamese, French, English) of the modernist movement.

The second purpose is to replace Vietnam in the Asian conjoncture: the influence of the Chinese reformist movement or of Meiji Japanese example have often been studied, but very much less the relations and mutual influences with the Philippines, the Indonesian Archipelago or India. On the first hand, many networks, including religious ones, had worked before the age of imperialism between asian countries and, in the XIXth Century the Europeans have added their imperial lines, which allowed many natives to get a first hand knowledge of Japan, India or Europe and to search an help to sustain their activities. On the second hand, the emergence of modern political organizations in many Asian countries following the Japanese vistory against Russia in 1905 cannot be a coincidence and comparisons could be stimulating for Vietnemese studies scholars.

The colonial administration’s tolerance considering the modernist movement was short lived and promptly vanished after the attempts of Hanoi in june 1908 and the uprisings in Central Vietnam. The third purpose of the Conference will be to examine what kind of inheritage was left by the modernist movement after its leaders had been arrested, jailed or exiled, some of them sentenced to death in the short and long  ends. The Company Lien Thanh was still alive in 1975 when the director Dr Ho Ta Khanh, a former Secretary of State in Tran Trong Kim’s 1945 government, represented the third generation of his family at the head of the Company.

To study the way by which the Vietnamese society had to adapt itself to a modern world which was so exotic at this time and under a foreign rule can give indications for the future, in our age of worldwide globalization.

Gilles de Gantès

  renseignements et/ou  renseignements

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