mort de Charles Fourniau
décès de Charles Fourniau
Charles Fourniau est mort mercredi 21 avril 2010 au soir. Historien du Vietnam, il avait passé l'agrégation en 1949 et il est l'auteur d'une oeuvre abondante.
- cf. Répertoire des historien(ne)s du temps colonial
- cf. "Charles Fourniau se souvient" : Association d'amitié franco-vietnamienne (2008)
témoins de l'Indochine française
avez-vous connu l'Indochine française?
appel à témoins
Dans
le cadre du tournage de notre second film documentaire concernant
l'Indochine (Paroles d'Anciens d'Indochine - La vie coloniale) nous
recherchons des témoins ayant vécu en Indochine : Planteurs,
administrateurs, commerçants, policiers, professeurs... d'origines
indochinoise, française, africaine etc
Nos travaux sur l'Indochine ont pour impulsion l'amitié et la révolte. Amitié pour une région du monde fantastique et révolte pour la méconnaissance de notre histoire commune depuis le XVIIe siècle à 1954. Mené par Stéphane Boudy un professeur de philosophie, auteur et réalisateur, le point de vue de ces recherches se veut curieux, réfléchi et équilibré. Ce second film s'intègre dans le cadre d'une série de trois Paroles d'Anciens d'Indochine, le dernier ayant pour cadre le Laos, le Cambodge et le Vietnam.
CONTACT: Etienne Weber 0630197583
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Indochine, film de Régis Warnier
La Compagnie du Barrage
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5, Place du Marché des Chartrons
33000 Bordeaux France
Tel: + 33 (0)5 56 44 30 11
mail: compagniedubarrage@yahoo.fr
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album d'images du chocolat Pupier, 1936
réintégrer le Japon au sein de l'histoire mondiale (Arnaud Nanta)

soldats japonais défilant à Singapour en février 1942
pour réintégrer le Japon au sein
de l'histoire mondiale :
histoire de la colonisation et guerres de mémoire
un article d'Arnaud NANTA
palais du gouverneur du Cambodge

visite du palais du
gouverneur
du Cambodge
à Phnom Penh le 30 décembre 2008
par J.-M. et M.
Rocard
«Il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où sont les véritables causes des événements» (Honoré de Balzac). Ô combien vrai en ce qui concerne Jean de Raymond !
Le 30 décembre 2008, nous sommes allés rendre visite à l’ex-palais du Gouverneur français du Cambodge, occupé actuellement par des services administratifs du gouvernement cambodgien. À l’entrée les gardiens ne savent pas qu’ils gardent l’accès de l’ex-Palais. Ils appliquent les consignes qu’on leur a données : interdiction de photographier sauf les samedi et dimanche.
Un peu plus loin à
l’intérieur nous avons rencontré un «fonctionnaire cambodgien» qui,
lui (voir photo), nous confie l’histoire «secrète» du meurtre de Jean
de Raymond par sa maîtresse vietnamienne qui lui aurait dérobé un
document qu’elle aurait ensuite transmis aux partisans de Ho Chi Minh.
Ce
fonctionnaire nous montre la chambre où le meurtre a eu lieu et le
stupa qui fût élevé à la mémoire du dernier Commissaire de la
République au Cambodge par les autorités du pays. Aucune plaque
officielle cependant n’identifie ce monument qui se trouve à l’entrée
même du Palais.
L’histoire officielle, racontée par les autorités cambodgiennes, : un terroriste vietnamien (Vietminh) s’est mêlé au personnel de la maison du gouverneur, l’aurait tué pendant sa sieste et aurait pu s’enfuir sans donner l’alarme…
Jean-Michel Rocard
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Présentation des photos
L’architecture du Palais est restée identique à elle-même. Volonté de grandeur et de puissance (coloniale !) Le gouvernement cambodgien, sans rien changer de sa structure, utilise ses nombreuses pièces pour abriter certains de ses services administratifs.

intérieur du parc, entrée par la place du Wat Phnom ;
le gardien ne connaît pas l’histoire du Palais qu’il garde ni celle
du stupa que l’on aperçoit au fond !

façade du Palais donnant sur le Tonlé Sap

Au rez-de-chaussée, salle de réception,
au 1er étage 4ème fenêtre à partir de la gauche chambre à coucher
où Jean de Raymond a été assassiné

même vue mais sous un autre angle

anciennement pièce de réception (42m x 12m) transformée en
salle de réunion à l’usage du gouvernement cambodgien

Bouddha au pied (rez-de-chaussée) de l’escalier qui monte
vers l’appartement privé de l’ex-gouverneur

le stupa érigé dans les années 1950 à la mémoire
du gouverneur assassiné
Vietnam : Une histoire coloniale effacée ? (Jean-Pierre Renaud)

Impressions et images fugitives
du nord Vietnam (octobre 2008)
Une histoire coloniale effacée ?
Jean-Pierre RENAUD
Voyage de plaisir, de culture, et aussi de tourisme historique sur les lieux de la période de conquête, celle qui a fait l’objet de mes recherches sur les retraites françaises de Bac Lé et de Lang Son, en 1884 et 1885, et sur le Yen Thé du Dé Tham des années 1885-1913…
Des Vietnamiens accueillants mais réservés, une capitale, Hanoï, trépidante, une vraie fourmilière, et dès le lever du jour, et jusqu’au soir, des escadrons de cavalerie de motos en rang serrés dans toutes les rues, et à chaque carrefour, dans le plus grand désordre, mais avec peu d’accidents semble-t-il ! Moins de police visible qu’à Paris ! Et aussi des gerbes de fils électriques qui décorent rues et trottoirs.
Agitation, bruit, fébrilité, et en contraste, à l’aube ou au crépuscule, des centaines de vietnamiens font de la marche, de la gymnastique, ou du tai chi autour du lac romantique Hoan Kiem, celui de la tortue sacrée.
Après un détour par les merveilles de la baie d’Along, un peu de tourisme historique, direction Lang Son et la frontière de Chine, et retour par Bac Lé et le Yen Thé.
Lang Son n’a plus rien à voir avec les cartes postales de l’époque montrant un habitat dispersé autour d’éperons rocheux qui structurent encore la cité devenue une ville de plus d’un million d’habitants. J’ai cherché en vain les fameux forts que décrivaient les chroniques militaires, et j’ai escaladé un de ces éperons, dont le sommet conservait encore quelques résidus de brique qui devaient appartenir à un des bastions ou à un des forts de la cité. Impossible donc de comprendre à partir du présent, pour un touriste curieux d’histoire, le passé militaire de la ville, sauf à noter que le relief est effectivement très enchevêtré.
Comme par le passé, la Chine est ici omniprésente, mais son influence est passée du stade politique et militaire au stade politico-économique. À noter qu’à Dong Dang, le temple taoïste semble avoir un grand succès auprès de la population. Il était bondé lors de notre passage.
Sur l’ancienne route mandarine, dont le tracé est, pour partie, encore celui de la route moderne actuelle, en suivant la fameuse rivière Song Thuong, qui a vu passer successivement les colonnes militaires de Dugenne et de Négrier, en 1884 et 1885, avec le soit disant guet-apen de Bac Lé et la folle retraite de Langson on a l’impression de suivre une route française ou suisse de montagne, dans une vallée assez large, avec de temps en temps des étranglements, sauf à signaler, comme cela a été fait dans les chroniques de l’époque, la muraille de falaises, abruptes et très découpées, d’au moins cent mètres de haut, qui suit d’assez près le cours de la rivière. De jungle aujourd’hui, point ! Mais il ne fallait sans doute pas beaucoup de troupes chinoises pour arrêter la progression des colonnes françaises.
On a du mal à imaginer que des forts chinois aient pu couronner ces falaises, mais peut être s’agissait-il de bastions !
Enfin une incursion dans le fameux Yen Thé, décrit par les militaires, comme le territoire d’une jungle inextricable, contrôlée par son héros de la résistance vietnamienne, le Dé Tham. À Nha Nam, l’ancien chef lieu du cercle militaire français, aucune trace du chef rebelle. De nos jours, on traverse un paysage qui ressemble assez à un boccage de chez nous, sauf qu’il s’agit ici de rizières, et non de champs ou de prairies. Plus de jungle, s’il y en eut une, en tout cas dans la zone que nous avons traversée et qui entoure l’ancienne citadelle du Dé Tham, à Phuong -Suong.
Dans le bourg lui-même, une belle et grande statue du personnage, et en face un musée sans gardien et apparemment, sans public, dans lequel de jeunes descendants du personnage s’entraînaient au tir à l’arc Musée au demeurant intéressant, mais dont la fréquentation pose la question de la place de ce grand et célèbre rebelle dans l’histoire et la mémoire du pays, mineure, semble-t-il, par rapport à la place écrasante qu’y occupe le président Hô Chi Minh. Car le héros moderne du Vietnam est incontestablement ce dernier, avec des monuments édifiés un peu partout, et l’épopée de ce peuple est beaucoup plus celle de la guerre américano-vietnamienne que franco-vietnamienne. Le peuple entretient la mémoire de sa longue guerre d’indépendance à la façon dont la France l’a fait pour la guerre 1914-1918.
Le livre de Nguyen Khac Vien, intitulé Vietnam une longue histoire, met en évidence qu’à son époque, le Dé Tham ne fut pas le seul à se rebeller contre la France. Son originalité fut sans doute celle d’avoir été le seul grand rebelle d’extraction populaire, paysanne, et d’avoir combattu les armes à la main.
la colonisation française purement et simplement effacée ?
La colonisation française paraît purement et simplement effacée, alors que la France a été à l’origine de la création d’Hanoï, et qu’elle a entraîné, à son époque, le Tonkin dans la modernité. Dans la capitale, il faut être curieux pour retrouver des signes indubitables de l’ancienne présence française, le pont Doumer, toujours en service, et sous un autre nom, et l’ancien quartier colonial aux constructions fastueuses, dont notamment celle de l’opéra qu’une chaîne hôtelière américaine a réussi à border malencontreusement par un des ses bâtiments. La langue anglaise a balayé le français.
Mais il est vrai que le Vietnam avait déjà un long passé lorsque la France y a mis les pieds : les temples et les pagodes qui parsèment le delta et la montagne, des ensembles architecturaux remarquables tels que l’immense citadelle de Hué ou les magnifiques tombeaux des empereurs, ainsi que les pagodes monumentales et colorées de l’ancienne capitale d’Annam, sont là pour en témoigner.
Alors, il est vrai qu’on peut s’interroger sur la colonisation française et sur le type d’institutions politiques qui auraient convenu à ce pays, plus qu’à ceux d’Afrique, plus celle d’une nouvelle république, associée, que celle du maintien d’une féodalité puissante de mandarins, soutenue par la coalition des puissants intérêts économiques d’Indochine. M. Phan Chu Trinh, grand lettré et opposant à la colonisation française, avait d’ailleurs proposé cette solution au début du vingtième siècle.
Nous avons été particulièrement frappés par la vitalité des cultes locaux, surtout le bouddhisme et le taoïsme, et la visite de la pagode de Bac Lé, à une faible distance du fief du Dé Tham, nous a révélé un lieu de culte et de superstition populaire, autrement animé que la pagode de Phuong-Suong, bien entretenue par une gardienne, mais qui était fermée. On viendrait en foule à Bac Lé, et de loin, pour se concilier les divinités de la fortune.
Le régime communiste semble fort bien s’accommoder de la vitalité de ces cultes anciens et populaires, alors qu’à Hanoï, Lang Son, et Bac Giang, le parti diffuse chaque matin, aux aurores, et le soir, avant le crépuscule, ce qui semble bien ressembler à des sermons quotidiens. Dans les années 1980, le Vietnam a pratiqué la politique d’ouverture, et l’on voit bien dans la plaine du Tonkin les multiples signes d’une nouvelle et récente prospérité économique, usines déjà construites ou en construction, périmètres de lotissement urbain ou industriel à venir, mais le régime pouvait-il faire autrement pour faire face à l’augmentation phénoménale de sa population après la guerre Vietnam-USA ?
Une Indochine française disparue, mais l’avenir dira si le régime communiste aura une durée plus longue que celle de la colonisation française, et si le véritable héritage de ce régime ne sera pas plus celui d’Hô Chi Minh et de sa lutte victorieuse contre les Américains, que celui d’un régime communiste.
Sic transit gloria mundi !
Jean-Pierre Renaud
1er décembre 2008
indépendance du Cambodge (1953)
l’assassinat de Jean de Raymond,
dernier Commissaire de la République
au Cambodge,
et l’indépendance du royaume
Jean-Michel ROCARD
Y a-t-il un lien entre l’assassinat de Jean de Raymond, (1907-1951), dernier Commissaire de la République au Cambodge, et l’indépendance du royaume ?
La presse française de l’époque a donné les détails suivants.
L'annonce de l'assassinat a paru à la une du Figaro 31 octobre 1951, accompagnée d’une photo de Jean de Raymond et en page 8 de la description des faits : découverte du corps ensanglanté le lundi 29 octobre à 16h10 dans une chambre du palais du Commissaire de la République à Phnom Penh. L’article de Jean-Marie Garraud déclarait : «L’amitié qui unissait M. de Raymond et le Roi du Cambodge, la confiance que lui témoignaient les personnalités et aussi les habitants les plus modestes du pays prouvent que la mission du représentant de la France a toujours été remplie avec la plus grande loyauté. M. de Raymond avait par son action personnelle permis la pacification en obtenant le ralliement de nombreuses bandes de rebelles ‘Khmer-Issaraks’. Sa mort tragique est une lourde perte pour la France et pour le Cambodge».

la une du Figaro le 31 octobre 1951
Les obsèques eurent lieu à Phnom Penh (voir Le Figaro du 1er novembre 1951, p. 2) en présence du roi Norodom Sihanouk, du général de Lattre de Tassigny, Haut Commissaire de France et Commandant en chef en Indochine. Télégramme de M. Letourneau, ministre d’État (chargé des relations avec les Etats associés). Déclaration de M. Tran Van Huu, chef du gouvernement vietnamien : «Le nom du gouverneur de Raymond vient s’ajouter à la liste glorieuse des grands Français morts au champ d’honneur et tombés au service d’une noble cause».
Puis Le Figaro du 2 novembre en page 9, fait état de la déclaration du général de Lattre de Tassigny aux obsèques de M. Jean de Raymond : «En substituant cet ignoble assassinat au combat qu’il n’ose engager le Vietminh avoue sa faiblesse».
Le retour en France de la dépouille mortelle est annoncé dans la rubrique «Le Carnet du Jour» du Figaro du 26 novembre 1951 :
«Les cérémonies prévues aujourd’hui lundi 26 novembre aux Invalides à l’occasion du retour de la dépouille de M. le Gouverneur de Raymond, mort pour la France, auront lieu à 15 h au lieu de 14 h15».
Dans le Figaro du lendemain, à la page 9 un petit entrefilet annonce succinctement : «Le corps de M. de Raymond a été ramené à Paris», titre suivi d’un texte très court : «Un appareil militaire a ramené hier au Bourget la dépouille mortelle de M. Jean de Raymond, commissaire de la République française au Cambodge, assassiné par le Viet-Minh. La cérémonie aux Invalides a eu lieu en présence des membres de sa famille, d’Albert Sarrault, de Jean Letourneau, de la délégation du Cambodge et de nombreuses autres personnalités. L’inhumation a eu lieu ensuite à Vannes dans le caveau familial».
Bref, une fois l’inhumation passée, il n’a plus été question du dernier gouverneur français du Cambodge et son assassinat n’est même pas mentionné dans les livres d’histoire qui traitent de l’indépendance de ce royaume.

de Lattre de Tassigny aux obsèques de Jean de Raymond
Le Haut Conseil de l’Union Française
Or, le même Figaro du 26 novembre fait état du retour du général de Lattre à Paris venu de Hanoï assister à la réunion du Haut Conseil de l’Union française, d’une réception cordiale dans un salon orné de drapeaux français, vietnamien, cambodgien et laotien. Définition de ce Haut Conseil : «Le haut conseil sera, par la collaboration de tous, l’organisme qui permettra de concilier, de façon pratique et acceptable pour chacun, la coopération et la souveraineté des États composants» (note de J-M R : ce Haut Conseil est créé pour trouver le moyen le plus rapide de donner l’indépendance aux deux royaumes cambodgien et laotien et de trouver une solution à la coopération franco-vietnamienne).
On apprend enfin dans le Figaro du 29 novembre à la page 10 que la dernière délégation (celle du Laos) est arrivée et qu’elle assistera à la première réunion du Haut Conseil de l’Union française ; on apprend également que les délibérations du Haut Conseil seront secrètes.
Enfin, dans plusieurs journaux de l’époque des informations sont données au sujet de la mise en place de ce Haut Conseil de l’Union Française (en particulier Le Monde des 14, 21, 27 et 30 novembre 1951) dont la première session se déroule à l’Élysée le 30 novembre sous la présidence de Vincent Auriol, Président de la République.
L’indépendance du Cambodge
Les livres d’histoire donnent très peu d’informations sur la façon dont le Cambodge a obtenu son indépendance. Beaucoup d’auteurs l’attribuent à la seule intervention de Norodom Sihanouk. Sans vouloir les contredire, je pense personnellement que c’est surtout l’assassinat du dernier Commissaire de la République au Cambodge qui a poussé les gouvernements français de l’époque à accélérer le processus d’obtention de l’indépendance et du Cambodge et du Laos - la France n’étant impliquée que dans une guerre franco-vietnamienne. Pour preuve, Jean de Raymond n’a pas été remplacé après sa mort alors qu’au moins un autre Commissaire de la République au Centre Vietnam a été nommé fin 1953, ou début 1954.
Dernière question : comment a été annoncée l’indépendance de ces deux royaumes ? Réponse : dans la plus grande discrétion ! Sachant que la date de la fête de l’Indépendance du Cambodge est le 9 novembre, j’ai cherché dans la presse française du mois de novembre 1953 ce qui avait été annoncé au sujet de cette fameuse indépendance. Et n’ai trouvé, dans Les Figaro des 5 et 16 novembre, que 2 références au Cambodge :
- Le Figaro du 5 novembre 1953, en page 8 ou 9 une dépêche datée de Phnom Penh le 4 novembre 1953 : «Le gouvernement royal vient de diffuser le programme des cérémonies qui marqueront le retour du roi, le dimanche 8 novembre. 101 coups de canon salueront le roi qui gagnera directement la salle du trône où une cérémonie religieuse de bienvenue se déroulera. Le lendemain (c-à-d 9/11/53) aura lieu une importante cérémonie militaire devant le palais royal en présence du roi, du haut commissaire M. Risterucci et du Général de Langlade. Le commandement militaire sera solennellement remis au souverain khmer qui prononcera à cette occasion un important discours en français et qui lancera une proclamation à son peuple».
- Le Figaro du 16 novembre 1953 mentionne le retour du Roi du Cambodge à Phnom Penh (Le Roi serait resté à Paris plus longtemps que prévu !) et une crise politique locale (démission du Premier Ministre Penn Nouth).
Conclusion
Y a-t-il un lien entre l’assassinat (29 octobre 1951) du dernier Commissaire de la République au Cambodge et l’indépendance du Cambodge et du Laos (19 et 22 octobre 1953) ? L’auteur de ce papier le croit et les articles de presse mentionnés ci-dessus semblent le prouver. Comme nous l’avons dit plus haut, le Haut Conseil de l’Union Française a été créé dès l’annonce de l’assassinat et deux ans plus tard (octobre 1953) ont eu lieu les signatures :
1) des Accords de transferts militaires franco-cambodgiens (Le Figaro 19 octobre p. 12). Bien que les accords aient été signés au Quai d’Orsay le 19 octobre en présence de Norodom Sihanouk, les cérémonies militaires, elles, n’ont eu lieu que le 9 novembre à Phnom Penh devant le palais royal.
2) du Traité d’Amitié et d’Association entre le Laos et la France, qui accorde l’indépendance totale au royaume (sous réserve du droit d’intervention militaire de la France). (Le Figaro, 21 octobre p. 7).
le Traité d’Amitié franco-laotien a en fait été signé le 22 octobre au Quai d’Orsay par le roi du Laos. Ce qui va dans le sens de notre thèse, c’est que dans le Figaro du 22 octobre 1953, à la une, un article intitulé : «Le Conseil des Ministres a décidé d’adresser une Note à Bao Daï et au gouvernement vietnamien. Cette note précise les principes suivis par la France pour l’indépendance des Etats Associés».
Le gouvernement vietnamien, voyant que la France donnait l’indépendance au Cambodge et au Laos, se montrait moins docile vis-à-vis de la puissance coloniale. Il ne faut pas oublier non plus qu’à l’époque les Américains exerçaient des pressions sur la France pour qu’elle se retire du Sud-Est asiatique (le Président Eisenhower a même refusé à la France un soutien militaire au moment du désastre de Dien Bien Phu)…
La fête de l’Indépendance au Cambodge est célébrée tous les ans le 9 novembre. La fête nationale du Laos commémore tous les ans le 2 décembre l’arrivée au pouvoir du «Pathet Lao» (1975).

Le Figaro, 31 octobre 1951 (cliquer sur l'image pour l'agrandir)

14 avril 1951 à Pnom Penh, avec Norodom Sihanouk
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obsèques de Jean de Raymond, 8 novembre 1951 (ina.fr)

le général de Lattre aux obsèques de Jean de Raymond, 8 novembre 1951 (ina.fr)

obsèques de Jean de Raymond, sortie de l'église, 8 novembre 1951 (ina.fr)

à gauche Norodom Sihanouk, à droite de Lattre (ina.fr)

obsèques de Jean de Raymond, 8 novembre 1951 (ina.fr)

obsèques de Jean de Raymond, 8 novembre 1951 (ina.fr)
qualifier les refus de l'autorité coloniale ?
pirate ou résistant, est-ce important ?
Poser la question si Dê Tham était pirate ou résistant me paraît tellement déplacé. Dans les deux cas ce sont des gens qui ne respectent pas les lois imposées par l'autorité en place. Pour l'un c'est dans un but d'enrichissement personnel et pour l'autre c'est pour des motifs politiques.
Il faut savoir qu'en Indochine à l'époque, tous ceux qui se révoltent contre les francais sont appelés pirates. Même les compagnons de Phan Dinh Phung sont qualifiés de pirates (voir cartes postales de P. Dieulefils), c'est pour vous dire. Ceux qui gouvernaient l'Indochine à l'époque avaient tout intérêt à dire qu'ils avaient affaire à des bandits plutôt qu'à des révoltes populaires. Si Dê Tham avait voulu devenir riche, il aurait pu arrêter le combat après la trève de 1894 (trève et pas soumission) et garder les 4 arrondissements cédés par les francais. Sa devise «Trung Chân Ung Nghia Dao» n'avait rien de l'esprit d'un pirate.
Avez vous déjà vu un pirate qui a le support d'autant de soldats viets travaillant pour les francais (des collabos si vous voulez) dans l'affaire Ha Thanh Dau Doc en 1908 ? Pensez vous que Phan Chau Trinh et Phan Boi Chau avaient l'habitude de discuter avec des pirates ?
Pourquoi ne pas comparer De Tham aux résistants francais sous l'occupation allemande ? Francois Mitterand était bien considéré comme un résistant et pourtant il a travaillé pour Vichy, été félicité par Pétain et a même recu l'ordre de la Francisque. Son cas me paraît plus discutable. Pourquoi ne pas le comparer à Hô Chi Minh ? L'oncle Hô avait pu chasser les francais car il a fait ça au bon moment, la France était écrasée par l'Allemagne, sauvée par les US et survivait grâce au plan Marshall.
Théo
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réponse de J.-P. R.
Je ne sais pas qui est ce peusonyme Théo. Je n'ai pas trouvé le nom cité Phan Dinh Phung, ni dans le catalogue Dieulefils, ni dans le livre de Claude Gendre. Merci à M. Théo de me renseigner à ce sujet.
Est-ce qu'un
commentaire historique a quelque chose à voir avec le mot "déplacé", c'est-à-dire malvenu, incorrect ? La comparaison de la fin ne me parait pas "déplacée",
même si nous analysons les faits par rapport à des contextes chronologiques
différents, comme c'était déjà le cas pour Hô Chi Minh. Alors anachronisme,
quand tu nous tiens ! Cordialement.
Jean-Pierre Renaud
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réponse de Téo
Phan Dinh Phung
Dans le catalogue de Dieulefils,
vous avez quelques photos intitulées :
«Pirates capturés en 1887 pendant le siège de Ba-Dinh». Il s'agit d'une
révolte dirigée par Dinh Cong Trang, compagnon de Phan Dinh Phung, le
plus éminent des mandarins viets à l'époque, devenu résistant en
réponse à l'appel du roi Ham Nghi.
J'ai peut-être mal choisi l'adjectif «déplacé» et je m'en excuse. La
comparaison avec Mitterrand était pure provocation pour bien vous faire
comprendre ce que je veux dire par «déplacé». Je suis content que
vous ayez su rester cohérent jusqu'au bout. Car avec les ingénieurs
francophones que je côtoie tous les jours pour mon travail, ce n'est
pas du tout convenable de remettre en question le qualificatif «résistant» de l'ancien président.
Ah oui, concernant mon pseudonyme, ce n'est pas Theo mais bien Teo, un
prénom bien vietnamien.
Teo
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trois exemplaires de la même image

pirates capturés en 1887 pendant le siège de Ba-Dinh

pirates capturés en 1887 pendant le siège de Ba-Dinh

pirates capturés en 1887 pendant le siège de Ba-Dinh
Études Coloniales
compte rendu de lecture : Le Dê Tham par Claude Gendre (Jean-Pierre Renaud)
Le Dê Tham, un livre de Claude Gendre
Jean-Pierre RENAUD
Livre intéressant, très documenté et illustré de beaucoup d’images sur un personnage méconnu, en tout cas en France, de l’histoire du Tonkin au cours de la période 1885-1913. Véritable héros de roman, chef de bande de pirates, mais aussi rebelle à la présence française au Tonkin, l’ouvrage de Claude Gendre nous donne la chronologie minutieuse de la vie aventureuse du Dê Tham. Le sous-titre Un résistant vietnamien à la colonisation française mérite un commentaire particulier.
Dans son rapport de mission (1902), en qualité de Gouverneur Général de l’Indochine (1897- 1901), le décrivait effectivement comme rebelle «Le Dê Tham n’était pas un bandit, mais un chef annamite rebelle qui tenait la campagne contre nous depuis dix ans» (p.74), et il avait réussi, au cours de son mandat, à obtenir sa soumission en 1897, en combinant les opérations militaires et la négociation.
Il convient de rappeler que le Gouverneur Général avait absolument besoin de cette soumission, car comme l’a fort bien rappelé l’auteur, le Yen Thé, situé à une soixantaine de kilomètres de Hanoï, menaçait la présence française au Tonkin, alors qu’il avait besoin de la paix pour négocier en métropole un grand emprunt d’équipement de 200 millions de francs, de l’ordre de 200 millions d’euros. L’auteur reprend les descriptions du Yen Thé dues à différents auteurs - notamment Gallieni et Lyautey - confrontés à sa pacification, précisément en qualité d’adversaires du Dê Tham, l’année précédant sa soumission supposée. Le Yen Thé était une jungle inextricable qui couvrait un relief aussi inextricable !
Le même rapport Doumer évoquait le démantèlement de deux bandes de pirates chinois dans les hautes régions du Tonkin, et cette évocation nous conduit à élargir la réflexion sur le rôle du Dê Tham au cours de cette période historique.
Pirate ou patriote ?
Car il est très difficile de démêler dans les hauts faits de ce rebelle ce qui relevait de la piraterie endémique du Tonkin et de ses convictions politiques, qualifiées aujourd’hui de nationales.
Aux yeux de Gallieni et de Lyautey, le Dê Tham était le chef d’une bandes de pirates, donc au cours de la première période de sa vie, au cours de laquelle les troupes coloniales ont combattu de nombreuses bandes de pirates, chinois et annamites. Gallieni avait réussi à pacifier les hautes terres du Tonkin, en obtenant la collaboration du Maréchal Sou, représentant de l’Empereur de Chine dans le Quang-Si.
Deux périodes méritent, à mon avis, d’être distinguées, la démarcation étant celle de la soumission du Dê Tham en 1897, soumission à plusieurs détentes, dans sa chronologie et son sens rituel. Car, que faut-il penser de cette soumission qui conduit le rebelle à bénéficier d’une «concession» coloniale, contestable, comme celles attribuées alors à plusieurs centaines d’européens ?
Double jeu à l’asiatique, peut-être, mais doublée plus tard d’une cérémonie de soumission rituelle qui ne pouvait manquer d’avoir un retentissement politique dans l’univers confucéen du respect du pouvoir de la cour de Hué.
À la date de cette soumission, toutes les autres bandes avaient été décimées, chinoises, chinoises et annamites, ou annamites, car il était, une fois de plus, difficile de faire le partage entre la piraterie chinoise et la piraterie annamite, et les gouverneurs généraux ont été obligés d’obtenir la coopération de la Chine pour mettre fin à la piraterie chinoise du Tonkin.

groupe de pirates des bandes du Dê Tham
Les chefs des bandes pirates du Tonkin ont toujours manœuvré habilement entre les deux cours des fils du ciel, celles de Hué et de Pékin, la première se reconnaissant selon les rapports de force, comme plus ou moins vassale de celle de Chine.
Une situation politique et internationale aussi inextricable que celle du Yen Thé !
D’ailleurs le Dê Tham, au cours de la deuxième période de rébellion, postérieure à 1897, s’est trouvé l’allié paradoxal de rebelles chinois réformistes qui prônaient la république en Chine, alors que, lui, se plaçait toujours sous le «ciel» de Hué. C’est une fois de plus la coopération entre la France et la Chine qui mit fin à cette révolte.
Il est donc délicat d’examiner le parcours de ce rebelle sans appeler en garantie l’arrière plan des relations entre France, Chine, et Annam, aussi bien au cours de la première période de rébellion qu’au cours de la deuxième, qui vit l’intervention d’un nouveau facteur international, la victoire maritime du Japon sur la Russie, en 1905, victoire qui eut un immense retentissement en Asie. Cette victoire était de nature à donner des ailes à la rébellion du Yen Thé, ce qui fut le cas. Le livre de Claude Gendre montre bien le type de relations qui pouvait exister alors entre le Tonkin et le Japon, lequel n’était pas encore perçu comme le nouveau conquérant de l’Indochine.
Alors double, triple, quadruple jeu ? Personne ne le saura, mais assimiler le Dê Tham à nos résistants de la Deuxième Guerre mondiale, me parait exagéré, sauf à souligner que la France eut en effet beaucoup plus de résistants de la dernière heure que de résistants de la première heure, mais laissons de côté les paroles de l’Évangile.
D’aucuns diraient sans doute que le regard de l’auteur est un peu trop marqué par une empathie pour son héros, et que l’esprit de son récit exprime peut être une sorte de remords colonial.
Mettre sur le même plan le Dê Tham et Hô Chi Minh, parait excessif, même si le roman national du Vietnam en a fait un héros de l’indépendance, car à partir de 1897, le Dê Tham n’eut pas vraiment de rivaux. Ils étaient tous morts ou ralliés.
Encore un mot sur les campagnes de presse évoquées par l’auteur (p.79) : le Tonkin d’alors ne comptait pas beaucoup de lecteurs, et la plupart d’entre eux étaient directement ou indirectement des salariés ou des «obligés» de la colonie, de l’ordre de quatre à cinq cents citoyens français. Doumer écrivait d’ailleurs qu’il ne lisait jamais les journaux locaux. Il ne leur trouvait aucun intérêt. Le sujet de la presse coloniale de la métropole et des colonies mériterait de faire l’objet de thèses, si ce n’a déjà été fait, afin de mesurer le rôle de ces journaux, lequel, à mon sens, est souvent largement surestimé. En tout cas pour la période antérieure à 1914, et sans doute aussi entre les deux guerres.
Jean Pierre Renaud
le 24 janvier 2008
- voir : le Dê Tham, résistant vietnamien à la colonisation française, Claude Gendre

soumission du plus vieux partisan du Dê Tham et
de son gendre (carte postale ancienne)
bagne de Poulo Condor / Con Son (Jean-Michel Rocard)
un rappel historique sur Poulo-Condor
Jean-Michel ROCARD
La France a du mal à reconnaître les erreurs du passé : c’est le cas de celle, monumentale, du bagne de Poulo-Condor construit dans les années 1880 à l’image de celui de Cayenne (Guyane). Et les Américains, dans les années 1960, et les Vietnamiens de l’Oncle Ho eux-mêmes après leur indépendance ont utilisé ce même bagne, il faut le dire. En effet, les premiers ont été à l’origine d’une extension des camps d’internement qui étaient déjà nombreux sur l’îlot montagneux (environ 100 km2 de surface) ; les seconds s’en sont servis pour se débarrasser des opposants au régime communiste.
Cet archipel, à l’origine inhabité, situé en mer de Chine (appelée maintenant par les Vietnamiens "Mer de l’Est") à180 km au sud-est du Cap Saint-Jacques a un climat chaud et humide avec une végétation luxuriante et subtropicale. Au début des années 1700, c’était un "Établissement anglais" ; l’Empereur d’Annam "Gia Long" le céda à Louis XVI en 1787 mais "Poulo-Condor" (Pu Lao Kundur, en malais, veut dire "île aux courges") ne fut effectivement occupé par les Français qu’en 1861 (Second Empire). L’idée d’y construire un pénitencier d’où les bagnards n’auraient pas la possibilité de s’échapper s’imposa d’elle-même dans les années 1880. J’en ai eu la preuve, personnellement, car, jeune officier de marine pendant mon service militaire, j’ai participé à l’opération de sauvetage de quelques bagnards fugitifs qui avaient tenté de prendre le large en barque au début du mois de février 1953 et qui eussent été dévorés par les requins si nous n’avions pas été là !
Dans les années 1990, le gouvernement vietnamien décida de transformer l’archipel en lieu touristique et le bagne en musée du souvenir. Idée intéressante : en effet, la baie abritée par un cirque de montagnes est magnifique, les touristes sont attirés par les plages , avec possibilité de plongée sous-marine et par le parc national. Nous y sommes allés, mon épouse et moi, le jour du Nouvel An 2008. Elle, en touriste fort intéressée, et moi en pèlerinage : 55 ans après, les souvenirs étaient encore très proches, en particulier ma colère d’alors devant l’impossibilité où je me trouvais de témoigner mon indignation.
Jean-Michel Rocard
Toulouse le 9 janvier 2008
Quelques informations pratiques :
Comment accède-t-on à Con Dao ? Par un avion (ATR 72 de la Vietnam Airlines, 64 places, 45 mn de vol) depuis Ho Chi Minh Ville qui atterrit à l’aéroport de Con Son. Service minimum (un verre d’eau aux voyageurs classés en deux catégories = les touristes attirés par les plages plus que par l’histoire et les familles vietnamiennes qui viennent pour le devoir de mémoire, comme moi mais pas pour les mêmes raisons !)
A 13 km de l’aéroport, par une route sinueuse (jalonnée encore de bornes Michelin !), dominant la baie et son cirque de montagnes (586 m altitude max) et au loin les autres îlots de l’archipel, se trouve l’hôtel d’Etat "Saïgon Con Dao Resort". Accueil chaleureux, petits pavillons (anciennes maisons coloniales), bonne climatisation, propreté impeccable, bon restaurant, le tout en bordure de mer à côté de la villa du Gouverneur du pénitencier, elle-même transformée en musée du souvenir. À 500 m de là se trouve un hôtel privé à 5 * "Con Dao Resort" avec piscine, plage privée en face du port et bureau de tourisme Ces hôtels ont chacun leur site internet.
- cf. site de Jean-Michel Rocard
- Jean-Michel Rocard : biographie (en langue anglaise)
photos de Jean-Michel Rocard

le port qui n’a pas changé depuis 1953

Le cimetière des dizaines de milliers de victimes
(dont le seul crime était de vouloir l’indépendance de leur pays !)
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liens
- quelques photos tirées du site photos.bidouze.com
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- Vietnam : retour à Poulo Condor, l'île du bagne
- carte situant l'île de Poulo Condor (Con Son)
Le DÊ THÁM, résistant vietnamien (Glaude Gendre)
Hoàng Hoa Tham, dit le Dê Thám
résistant à la colonisation française
du Tonkin
Le personnage de Hoàng Hoa Tham, dit le Dê Thám, héros national dans son pays est aujourd'hui totalement inconnu du public français. Il tint pourtant en échec le corps expéditionnaire français au Tonkin durant les trente ans qui s'écoulèrent entre le début des années 1880 et le 10 février 1913. Le "tigre de Yên Thê", à l'origine un modeste paysan illettré, révéla dans l'action un authentique génie militaire qui fit de lui un grand chef de guerre profondément patriote et humain.
- compte rendu par Alain Truong sur son site
- compte-rendu, par Nguyên Thi Trang : Courrier du Vietnam, 23 avril 2007
- note de lecture par Charles Fourniau dans AAVF, juillet 2007
- compte rendu de lecture dans Thanh-Nien
- compte rendu dans Tin-Tuc : couverture et Tin-Tuc texte de l'article
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présentation éditoriale
Le personnage de Hoàng Hoa Thám, dit le Dê Thám, est aujourd’hui à peu près totalement inconnu du public français. La figure s’est peu à peu dissipée dans la nuit des temps de celui qui, avec une poignée d’hommes, tint en échec le corps expéditionnaire français au Tonkin durant les quelque trente ans qui s’écoulèrent entre le début des années 1880 et le 10 février 1913.
Paysan illettré, il se révéla dans l’action un authentique génie militaire, à la fois stratège et tacticien, qui sut mettre au point des techniques de combat et de camouflage qu’utilisèrent, quelques décennies plus tard, les combattants du Viêt Minh. Jamais vaincu, jamais capturé, sa mort fut le fruit de la trahison et des basses oeuvres de la police coloniale.
Mais le Dê Thám ne fut pas seulement un redoutable chef de guerre ; à la fois subtil et déterminé, porteur d’un idéal patriotique indéfectible, attaché aux valeurs traditionnelles de son pays, pénétré des croyances et des superstitions qu’il partageait avec la paysannerie tonkinoise dont il était issu, les divers aspects de la personnalité du «tigre du Yên Thê» font également de ce dernier un être profondément humain.
Son origine populaire et sa passion sans borne pour l’indépendance de sa patrie firent de lui, trois décennies après son assassinat, un modèle auquel chaque combattant viêt minh s’identifia spontanément. C’est ainsi que le paysan-soldat qu’il fut de son vivant devint le héros national qu’il est aujourd’hui.
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TABLE DES MATIÈRES
Préface Introduction
1. La situation politique et militaire de l’empire d’Annam à la veille de l’action du Dê Thám
2. Origines et jeunesse
3. Le Yên Thê, sanctuaire et théâtre d’opérations
4. Le sac du Palais impérial et la naissance du mouvement «Cân Vu’ong»
5. Le Dê Thám en action
6. La «soumission» du Dê Thám
7. Le Dê Thám concessionnaire
8. La victoire du Japon
9. Les évènements de 1908
10. Les opérations contre le Dê Thám
11. La traque du fugitif (1910 – 1912)
12. La fin du Dê Thám
Conclusion
Annexes
Cartes et croquis
Sources
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Claude Gendre est à la fois ingénieur et maître ès-lettres. Engagé de longue date dans la défense des langues et cultures identitaires, il est l’auteur de École, histoire de France et minorités nationales (Édit. Fédérop. 1979). Il a par ailleurs publié en 2003, avec l’aide du Conseil Général des Pyrénées-Orientales, une Histoire de l’olivier en Roussillon (Édit. Trabucaire) ainsi que, en 2004, Le combat de Dong-Dang, récit autobiographique ayant pour cadre le Tonkin.
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iconographie

Le Dê Thám entouré de ses petits-enfants

"groupe de pirates des bandes du Dê-Thám"

"pirate amené à Cho-Go pour être interrogé par l'interprète officiel de la Colonne"

"Tonkin, Yen-Thè - groupe de pirates des bandes du Dê-Thám,
tués à l'affaire de Lieu-Dê le 17 novembre 1908"

Tonkin, Yen-Thè - la nommée Thi Nho, troisième femme du Dê-Thám
et sa fillette Thi Thè
- source internet des photos (la plupart provenant de la collection Dieulefils)
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présentation du livre à l'ambassade
du Vietnam à Paris, 5 juillet 2007

Paris, 5 juillet 2007, autour de M. Nguyen Dinh Bin, ambassadeur

à droite de l'ambassdeur, Claude Gendre

Paris, 5 juillet 2007, l'ambassadeur et l'auteur































