vendredi 22 juin 2012

prélèvements sanguins forcés en Algérie en 1962

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Une commémoration occultée :

les décès causés par les prélèvements

sanguins forcés

à la fin de la guerre d’Algérie

Grégor MATHIAS

 

Dans le «sang des disparus d’Algérie en mai-juin 1962 – un drame oublié de la guerre d’Algérie» paru dans la revue d’histoire d’Outre-mer (1), je faisais état de l’existence d’un document de la sécurité militaire de la Légion étrangère du 13 juillet 1962 n°SP.87.581 (2) relatant l’enlèvement d’un légionnaire le 8 mai dans les environs d’Oran et le prélèvement forcé de son sang à quatre reprises pour les besoins médicaux des hôpitaux du FLN à Oran.

Cette étude était complétée par un second article «Les vampires à Alger, Oran et Tlemcen (avril-juin 1962) : Une rumeur de la guerre d’Algérie ?» paru en 2011 sur le site Études coloniales (3). Cet article faisait un bilan de toutes les mentions sur les prélèvements sanguins et tentait de distinguer les rumeurs des faits avérés sur Alger, Oran et Tlemcen.

Deux publications récentes permettent d’apporter des éléments nouveaux sur les prélèvements sanguins forcés pratiqués par le FLN à la fin de la guerre d’Algérie et complètent ou confirment les deux articles. L’historien Jean-Jacques Jordi a ainsi eu accès à des archives sous dérogation et a pu reproduire ou faire état de documents concernant la fin de la guerre d’Algérie (4).

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Dans le flot des publications sur la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie un ouvrage est passé pratiquement inaperçu, il s’agit de la correspondance d’un étudiant pharmacien, appelé du contingent, affecté au laboratoire de Tizi Ouzou de février à juillet 1962 (5). Ces deux ouvrages permettent à la fois de préciser la chronologie, d’élargir le champ d’étude de la pénurie de poches de sang à la Kabylie et de mieux comprendre les enjeux de la banque de sang entre le cessez-le-feu et l’indépendance de l’Algérie.

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La chronologie des prélèvements de sang forcés confirmée

sur Oran (avril 1962) et Alger (mai 1962)

En dehors du document de la Légion étrangère faisant état du prélèvement forcé du sang d’un légionnaire enlevé à partir d’une lettre qu’il a fait parvenir à son frère, trois autres documents officiels viennent confirmer l’existence de prélèvements sanguins forcés.

Le premier document, provenant probablement de la gendarmerie, évoque la découverte le 21 avril 1962 par des gendarmes à Oran de «quatre Européens entièrement dévêtus, la peau collée aux os et complètement vidés de leur sang». Ces personnes n’ont pas été égorgées, mais vidées de leur sang de manière chirurgicale rajoute l’historien J.-J. Jordi en note (6).

Cette découverte macabre se situe la veille du 22 avril, date à laquelle M. de Laparre, prêtre à Oran, évoque les prélèvements sanguins pour la première fois. Il signale ainsi qu’une clinique au quartier Victor Hugo pratiquerait les prélèvements sanguins sur des Européens : «Pour se procurer du sang frais, il [le FLN] a établi des barrages sur les routes du quartier. Les automobilistes sont amenés à l’hôpital où un médecin français, sur une table d’opération les saigne totalement. Puis on va déposer leur cadavre sur la route» (7).

J’avais à l’époque dans un article (8) douté de la véracité d’une telle rumeur, en raison de deux incohérences : la présence d’un médecin européen qui avait été reconnu par sa propre patiente et du fait que le FLN ne cherche pas à dissimuler les corps. Les informations rapportées par J.-J. Jordi ne nous donnent pas avec précision les circonstances de la découverte (découverte au bord de la route ou perquisition d’un bâtiment), mais elles permettent de dire avec certitude que les décès sont dus à des prélèvements sanguins forcés et de préciser la chronologie, c’est-à-dire le mois d’avril 1962. En revanche, le document n’évoque pas la présence d’un médecin européen.

Le deuxième document est un bulletin de renseignements n°360/BR/SC (du 12 mai ?) reproduit à la page 107 qui provient de la gendarmerie d’Arcole à Oran. Il se base sur des renseignements recueillis les 3 et 4 mai 1962 par trois personnes «n’ayant aucun rapport entre elles».

Ce document donne les deux motifs des enlèvements : «vérifier si la personne appartient ou non à l’organisation subversive [OAS] (…) et collecter du sang au profit des hôpitaux du FLN installés dans l’agglomération d’Oran». Ce document avait déjà été signalé par J. Monneret qui signale que le rédacteur précisait que «cette information n’a jamais été recoupée à ce jour» (9). Ce document a d’ailleurs été mentionné dans mon article sur les rumeurs de prélèvements sanguins forcés.

Le troisième document officiel faisant état de prélèvements sanguins concerne Alger. Il daterait de la fin mai (22 mai, date de recueil du renseignement) ou de début juin (le tampon de réception porte la date du 10 juin) (10). Ce document est d’ailleurs reproduit dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles du 3 novembre 2011. Il signale que l’adjudant Gagnaire et le sergent Torres du 21e RT portés déserteurs le 20 mai sont détenus dans un hôpital du FLN à la limite du quartier de Belcourt, où «une quarantaine d’Européens seraient séquestrés au même endroit, jouant le rôle de donneurs de sang».

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Valeurs Actuelles, 3 novembre 2011

Il est intéressant de noter la similitude de l’attitude des autorités militaires d’Alger et d’Oran, qui considère les disparitions de ces deux sous-officiers du 21e RT et du légionnaire dans les environs d’Oran comme des désertions et non comme des enlèvements. Les deux enlèvements à Alger ont eu lieu le 20 mai. Nous avions reproduit un témoignage rapporté par Mme Susini évoquant la fuite le 26 mai d’une femme enlevée pour être prélevée de son sang, soit six jours après l’enlèvement des deux sous-officiers. Le quartier de Belcourt est d’ailleurs cité par J. Monneret, comme un des quartiers, où se pratiquent les prélèvements sanguins (11).

Quatre documents officiels (avec celui du légionnaire enlevé) signalent l’enlèvement d’Européens dans le but de pratiquer des prélèvements sanguins forcés. Il nous faut désormais étudier les raisons pour lesquelles le FLN est réduit à utiliser cette méthode barbare.

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hôpital Naegelen à Tizi-Ouzou

 

Comment expliquer la pénurie de banque de sang ?

La raison de la pénurie de sang à Alger et Oran tient au cloisonnement progressif des quartiers européens et musulmans dans un contexte d’insécurité lié aux attentats du FLN et de l’OAS.

Les cliniques et les hôpitaux européens sont progressivement fermés aux Musulmans. Le FLN doit mettre en place des hôpitaux de secours avec peu de moyens médicaux. A. Faucher, étudiant en pharmacie fait son service militaire dans un hôpital à Tizi Ouzou en Kabylie de février à juillet 1962, où il dirige le laboratoire d’analyse médicale et supervise la collecte de sang. A. Faucher nous apporte une autre explication à la pénurie brusque de sang. Il s’agit du retrait du dispositif militaire français lié à l’application du cessez-le-feu. Les unités d’appelés qui donnaient leur sang sont progressivement regroupées et repliées sur la métropole. Les unités restées sur place dispersées ne suffisent plus à remplir le rôle de banque de sang.

A. Faucher nous apporte plusieurs exemples de l’utilisation des militaires du contingent pour servir de donneurs de sang et les conditions de prélèvement. Le 18 février 1962, deux femmes qui préparaient un attentat à la grenade voient le projectile exploser : «c’est une étrange situation ces femmes qui posaient des pièges contre les Français sont soignés par les Français avec du sang de chasseurs alpins !» (12).

Le 26 février, le recensement des donneurs de sang est fait par le moyen de fiches, mais il n’existe aucune inquiétude du côté d’A. Faucher. Cependant, même s’il a constitué des stocks de sang, ceux-ci peuvent rapidement diminuer en raison de cas médicaux graves, comme celui du patient souffrant d’une occlusion intestinale qui nécessite d’utiliser tout le stock de sang A - et de faire appel d’urgence à des donneurs bénévoles pour le compléter (5 mars) (13). La veille du cessez-le-feu, le 18 mars, A. Faucher fait le bilan de sa banque de sang pour la Grande Kabylie : «les frigos sont chargés, j’ai la liste des donneurs dont je dispose pour les urgences». A. Faucher explique que les structures sont prêtes en cas d’urgence : «nous sommes prêts à fournir un gros coup s’il en est besoin» (14).

Mais le 19 mars, A. Faucher laisse percevoir son inquiétude «notre gros souci pour le moment, c’est la question du sang». Il veut établir un service «civil» de donneurs volontaires avec fichier. A. Faucher a-t-il pris conscience qu’avec le cessez-le-feu, les unités de secteur allaient partir et qu’il lui fallait compenser les donneurs militaires par des donneurs civils ?

Les chirurgiens semblent être conscients du problème puisqu’ils l’appellent pour l’avertir du risque de pénurie de sang (15). Le 21 mars, il réussit à mobiliser toutes les unités de Grande Kabylie ce qui lui permet d’inverser la tendance. Il explique cette pénurie conjoncturelle de sang par une mauvaise organisation de la collecte de sang et du service de la banque de sang (erreur de groupe entre donneur et receveur, frigidaire de sang en libre accès, absence de contrôle des poches de sang utilisé), qu’il a pris en charge il y a un mois (16). Cette pénurie temporaire démontre que le système de collecte de sang est entièrement dépendant des militaires de l’armée française.

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«on brûle le matériel des SAS, on laisse rouiller

les appareils de radiologie de plusieurs millions…»

En avril 1962, A. Faucher apprend la suppression du service de chirurgie militaire et l’allègement du service de médecine militaire qui doit être confié aux civils (3 avril). A. Faucher reçoit la visite des médecins de campagne qui travaillaient dans les SAS et qui lui racontent  qu’«on brûle les meubles des SAS, on laisse rouiller les appareils de radiologie de plusieurs millions, tout est abandonné ou détruit» (17). Les unités partent : le 121e est muté le 26 avril, quant aux Chasseurs alpins, ils restent provisoirement en Kabylie avant de partir sur Alger.

A. Faucher prend conscience que le système de collecte dépend uniquement des civils, puisqu’il évoque l’organisation «du don civil de sang» et s’inquiète sur le devenir de son action (18). En quelques jours, la situation se dégrade puisqu’il signale le 15 avril que «la question des donneurs de sang devient cruciale» : «nous mendions du sang» aux visiteurs des patients du dimanche, mais il n’arrive à obtenir  qu’un seul don de sang (19).

L’allègement du dispositif militaire fait que dès le 24 avril, «nous avons de moins en moins de militaires» : il n’y a donc plus de stocks de sang ; il craint de ne plus pouvoir répondre aux urgences médicales (20). À la mi-avril dans une région connaissant une situation calme, on assiste ainsi à une pénurie de poche de sang. À la même période à Oran, touché par la spirale des attentats et des représailles de l’OAS et du FLN, on fait état des premiers enlèvements d’Européens pour compenser le déficit de poches de sang dans les quartiers musulmans.

A. Faucher tente en vain de faire appel à l’assistante sociale pour lui chercher «des donneurs de sang civils», mais il évoque la réticence des Kabyles à donner leur sang, même si un de leurs proches est condamné à mourir. Il arrive pourtant à trouver des donneurs parmi les employés civils de la préfecture (21). Le 6 mai, la pénurie de sang tant de fois redoutée et annoncée touche l’hôpital de Tizi Ouzou. A. Faucher en explique les raisons : les militaires ne veulent plus donner de sang pour les civils et les civils refusent de donner le leur, malgré un appel à la radio.

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Oran, été 1962

Les seuls donneurs qu’A. Faucher arrive à trouver à partir de cette période sont le personnel civil des administrations originaire de métropole et les policiers du commissariat. Du côté des Musulmans, il arrive à convaincre les stagiaires chirurgiens et  les veilleurs de nuit de l’hôpital de donner leur sang, pour ces derniers, le don est qualifié d’«une victoire sur leurs préjugés». La raison religieuse est avancée pour expliquer le refus des Musulmans de donner leur sang. A. Faucher déplore la passivité des autorités civiles et militaires françaises, de l’administration civile des hôpitaux et évoque aussi le refus des Européens d’Algérie de donner leur sang pour les Musulmans (22).

Le 8 mai, A. Faucher signale  pour la première fois la pratique des enlèvements d’Européens par le FLN pour procéder à des prélèvements sanguins forcés. Il reproduit la teneur de la conversation qu’il a eue avec l’assistante sociale : «les autorités FLN se sont préoccupées de la question du sang pour leurs blessés ; pour la trancher, elles ont kidnappé des Européens qui ont été saignés à blanc. À Alger, un hôpital et plusieurs pharmacies ont été pillées» (23). C’est à cette même date que le légionnaire est enlevé dans les environs d’Oran.

 

«Le modèle kabyle» : la collaboration médicale entre l’armée et FLN

Prenant conscience de l’incompétence de l’hôpital civil et du désintérêt de la hiérarchie civile et militaire, le colonel Peillard, directeur de la santé militaire, met à disposition d’A. Faucher des véhicules et du matériel pour la collecte de sang.

Le colonel Peillard se charge de demander des moyens de propagande aux autorités civiles. A. Faucher souhaite même avertir le FLN pour lui demander de convaincre la population musulmane de donner son sang (24). Le 18 mai, A. Faucher apprend que «la section FLN de Tizi a interdit aux Musulmans de donner leur sang, en attendant les instructions de Belkacem, à qui la question a été soumise».

Le 19 mai, le FLN donne son appui à A. Faucher, qui organise le recensement des donneurs (c’est à dire le groupage, la détermination du groupe sanguin) des Musulmans de l’hôpital. Un adjoint du responsable FLN de la Wilaya III incite d’ailleurs officiellement la population des campagnes à donner son sang (25). Le 21 mai, l’approvisionnement de la banque de sang est enfin assuré.

Le 22 mai, une réunion officialise la collaboration entre les autorités militaires et le FLN pour organiser la collecte de sang. Elle réunit A. Faucher, responsable de la banque de sang, un chirurgien de l’hôpital, un des responsables de la Wilaya III et le docteur Mammeri, responsable de la santé du FLN. Lors de cette réunion, 150 noms de donneurs musulmans sont remis par l’adjoint FLN à A. Faucher et il l’assure de son appui pour toutes ses initiatives. Les Musulmans affluent pour le groupage, A. Faucher écrit «nous avons maintenant gagné la victoire» ; «la bataille du sang est donc gagnée» (26).

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A. Faucher, par son énergie et ses initiatives, a réussi à éviter en Kabylie le drame des prélèvements sanguins forcés qui se manifestent par des enlèvements et la mort de donneurs, comme on a pu le voir à Alger, Oran et Tlemcen.

La situation kabyle démontre qu’il existait des alternatives à ces pratiques, mais qu’elles reposaient sur la collaboration entre les autorités médicales, les autorités militaires françaises, le FLN et l’ALN. On peut penser que si la Kabylie est parvenue à cette collaboration, c’est avant tout parce qu’elle n’a pas connu le chaos des attentats de l’OAS et du FLN qui a ravagé les villes d’Oran et d’Alger.

Cette collaboration médicale nécessitait des bonnes volontés et tout indique qu’elles ont manqué dans les «deux camps» à Alger et Oran, alors même qu’A. Faucher écrit «je crois que cette question de sang a contribué à nous rapprocher encore dans de bonnes conditions de la population musulmane de Tizi» (27). Le 15 juin, A. Faucher note qu’à la suite du plastiquage de l’hôpital de Mustapha à Alger, il ne reste plus que deux laboratoires hospitaliers en fonctionnement dans l’Algérois, le sien et celui d’Orléansville situé à 300 km de là (28).

Cette troisième étude sur les prélèvements sanguins forcés permet de faire la lumière sur la situation médicale particulière de la Kabylie. Seule la situation dans le Constantinois n’a pas été étudiée, car nous ne disposons pour l’instant d’aucune information sur l’infrastructure médicale entre le cessez-le-feu et l’indépendance.

Cette étude confirme la pénurie de sang à la fin de la guerre d’Algérie et l’obligation pour le FLN de procéder à des enlèvements d’européens, civils comme militaires, pour répondre à la demande de sang en violation des Accords d’Évian et surtout des Droits de l’homme, alors même que la situation médicale en Kabylie démontre qu’il existait une alternative humaniste à cette pratique barbare.

Gregor MATHIAS

 

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1Outre-mers, 2e semestre 2007, n°356-357, p. 265-280

2 - Document que m’a transmis  le traducteur d’espagnol de la sécurité militaire qui l’avait subtilisé de la destruction des archives lors du déménagement de la Légion étrangères de Sidi Bel Abbès à Aubagne.

3 - Site Études coloniales, le 22 mars 2011.

4 - J.-J. JORDI, Un silence d’État - les disparus civils européens de la guerre d’Algérie, Belin Soteca, 2011,  200 p.

5 - E. FAUCHER, Quand les cigognes claquaient du bec dans les eucalyptus, Fayard,  2012, 518 p.

6 - J.-J. JORDI, 2011, p. 106 document du Centre d’histoire des archives nationales (CARAN) de Paris, 5 AG/Sol/788.

7 - M. de LAPARRE, Page après page, 2004, p. 94.

8 - «Les vampires à Alger, Oran et Tlemcen (avril-juin 1962) : Une rumeur de la guerre d’Algérie ?», site en ligne Études coloniales, 22 mars 2011.

9 - J. MONNERET, La tragédie dissimulée. Oran, 5 juillet 1962, Michalon, p. 63. Il en donne la cote précise SHD.1.H.3077.

10 - J.-J. JORDI, 2011, p. 107 SHD.1.H.1212.

11 - J. MONNERET, La phase finale de la guerre d’Algérie, Paris IV-Sorbonne, publiée à L’Harmattan, 2001, p. 131 et 134.

12 - E. FAUCHER, 2012,  p. 74.

13 - Ibid., p. 143.

14 - Ibid., p. 208.

15 - Ibid., p. 210.

16 - Ibid., p. 219 et p. 270.

17 - Ibid., p. 271 et p. 287.

18 - Ibid., p. 287.

19 - Ibid., p. 291.

20 - Ibid., p. 313.

21 - Ibid, p. 313

22 - Ibid., p. 352-355, p. 363-365, p. 367, p. 378 et p. 396.

23 - Ibid, p. 361.

24 - Ibid, p. 378-379.

25 - Ibid. p. 381-382, p. 385-386.

26 - Ibid., p. 389-392.

27 - Ibid, p. 397.

28 - Ibid, p. 449.

 

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jeudi 21 juin 2012

guerre en Kabylie

Yaha

 

les souvenirs de Yaha Abdelhafid

général Maurice FAIVRE

 

- Yaha Abdelhafid, Ma guerre d'Algérie. Au cœur des maquis de Kabylie. 1954-1962, Riveneuve, 2012, 381 pages, 20 euros.

Né en 1933 dans les Ath Illilten au nord du Djurdjura, l'auteur appartient à une famille de cultivateurs, aisés et nationalistes. Scout de tendance MTLD, il a suivi une courte scolarité coranique. À la suite d'un séjour en métropole, il est en désaccord avec Messali Hadj et rejoint le FLN aux côtés de Cheikh Amar, génial organisateur de l'Organisation politico-administrative en Kabylie. Dans un fastidieux bavardage, il livre ses souvenirs de guerre à un pigiste de Ouest-France.

Les années 1955-56 sont consacrées à la prise en main de la population ; la propagande est confortée par une douzaine d'attentats contre les notables. Commissaire politique de la ville de Michelet, il reçoit Krim Belkacem et Ouamrane. Enthousiasmé en 1957 par la montée en puissance de l'armement, il organise des refuges familiaux pour l'accueil des djounoud.

Il condamne la sale besogne de Melouza [28 mai 1957]. Ses fonctions politico-militaires à la 1ère compagnie du Djurdjura le conduisent à monter plusieurs embuscades et à fabriquer des mines artisanales. L'enfer de la bleuïte provoque une mutinerie de cette compagnie, destinée à convaincre Amirouche de mettre fin au massacre de ses subordonnés. Les opérations Jumelles destructurent alors la Wilaya kabyle et déstabilisent la population.

Devenu responsable de la région (nahia) 31, il se montre très combattif et échappe «miraculeusement» à la mort. Il relate ses exploits : des embuscades victorieuses, l'attaque d'un poste militaire, l'enlèvement de la harka d'Aït L'qaid, la pénétration des villages de regroupement, des tirs de provocation en ville de Michelet. Il critique vivement les tortionnaires du 6°BTA, dont il cite les noms. Son père et sept membres de sa famille sont torturés ou tués au combat. Mais d'autres militaires français font preuve d'humanité.

Le 19 mars est pour lui la date emblématique de la victoire. Il minimise le massacre des harkis, dont il organise un centre d'internement à Beni Douala ; quelques harkis participent ensuite à la guerre des sables contre le Maroc, puis à la révolte kabyle contre le gouvernement algérien. Opposé au clan d'Oujda, l'auteur dénonce la prise du pouvoir par des arrivistes qui ont trahi la plateforme de la Soummam. Créateur du Front des Forces Socialistes en 1963, il reprend le maquis avant d'être exilé pendant 24 ans.

Ces souvenirs de guerre relatent bien l'action du FLN-ALN vue de l'intérieur. Mais ce n'est qu'un témoignage dont certaines affirmations devraient être confrontées aux archives et aux anciens du 6° BCA.

Maurice Faivre
le 21 juin 2012 

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Yaha Abdelhafid

 

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présentation de l'éditeur

 

La vie de Yaha Abdelhafidh est un combat. Un combat pour l’Algérie. Pour elle, il a pris deux fois le maquis et vécu vingt-quatre années d’exil. Au soir d’une existence toute dévouée à la révolution démocratique et sociale, l’ancien dirigeant du Front des forces socialistes (FFS) se remémore, avec le concours du journaliste Hamid Arab et à la façon des hérauts antiques, la geste de la guerre d’Indépendance pleine de batailles, de bruits et de fureur en convoquant la liste des héros tombés, anonymes ou connus, que l’historiographie officielle a pris soin de gommer.

Car c’est là toute la thèse de Yaha Abdelhafidh : la joie de l’Indépendance a été de courte durée et la révolution a très vite été confisquée. Pour Yaha Abdelhafidh, la seule élection véritablement démocratique que l’Algérie aura connue est le référendum de 1962 approuvant les accords d’Évian et la fin de la guerre avec la France.

Dans ce premier livre – un second volume suivra – l’auteur revient sur son premier maquis : son enfance dans les rudes montagnes de Kabylie, sa formation militante très tôt indépendantiste et ses combats contre l’armée française dans la wilaya III. Il décrit aussi les querelles internes qui minent le Gouvernement provisoire de la République algérienne jusqu’à la conférence de Tripoli de mai-juin 1962 où le clan d’Ahmed Ben Bella et du colonel Houari Boumediene – le FLN extérieur – évince la résistance intérieure pour imposer un pouvoir sans partage à la tête du nouveau pays. Un témoignage d’un acteur de premier plan. Un document de première main.

- Yaha Abdelhafidh est né en 1933 à Takhlijt Ath Atsou, un hameau de Kabylie, dans une famille très tôt mobilisée contre la colonisation française en Algérie. Officier de l’Armée de libération nationale (Front de libération nationale) en Kabylie lors de l’indépendance, Si Abdelhafidh a été un des fondateurs du Front des forces socialistes (FFS) et surtout négociateur en chef au nom de ce mouvement avec le régime de Ben Bella, puis les hommes du 19 juin. Fin 1965, il part en exil où il poursuit sa lutte politique. Il rentre en Algérie en 1989.

Hamid Arab est correspondant local au quotidien Ouest France et journaliste pigiste pour le site d’information en ligne www.lematindz.net.

 

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mardi 19 juin 2012

Exode des Français d'Algérie

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Commémoration « cinquantenaire de

l’exode des Français d’Algérie »

 

Samedi 23 JUIN 2012

ESPLANADE – ATRIA

5, Bd de Pragues – 30000 NIMES

Samedi 23 juin

9h30 Accueil des personnalités - Square du 11 novembre.

10h Monument aux morts - Cérémonie de commémoration

et dépôt de gerbes - Square du 11 novembre.

ESPLANADE CHARLES DE GAULLE

10h15 Moment de convivialité offert

sur l’Esplanade

11h Inauguration de l’Espace Culturel - Dédicaces de livres.

AUDITORIUM DE L’HÔTEL ATRIA

11h30 Inauguration des expositions photos

présentées par les associations de rapatriés

du Gard et de l’exposition « Les Harkis dans

la colonisation et ses suites ». Salle le Foyer.

Superbe exposition de tableaux en 3D réalisées par Francine PARRA, née CASTANO

• Espace Sainte Perpétue (patio de l’hôtel Atria)

Inauguration de l’exposition de peintures

orientalistes de Josette Spaggia.

Fermeture des expositions à 21 heures

14h « L’agonie de l’Algérie ».

Conférence de Guy Tudury, écrivain.

 

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15h « Il y a 50 ans … l’Exode ».

Conférence de José Castano, écrivain.

 

17h Projection Film « la Valise ou le Cercueil »

de Charly Cassan et Marie Havenel suivie

d’une discussion avec les réalisateurs.

JARDINS DE LA FONTAINE

21h30 Concert d’Alain Rattier et son big Band

qui interprèteront des airs des années 1950 et 1960.

Billetterie : FNAC et points habituels

 

Dimanche 24 Juin

Dimanche 24 juin

10h Cérémonie interreligieuse - Dépôt de gerbes.

Sanctuaire de Santa Cruz.

ESPLANADE CHARLES DE GAULLE

11h30 Séance de dédicaces par les écrivains présents.

Espace Culturel.

AUDITORIUM DE L’HÔTEL ATRIA

11 h 30 Expositions Photos - Salle le Foyer, hôtel Atria.

Exposition de peintures orientalistes

de Josette Spaggia.

Superbe exposition de tableaux en 3D réalisées par Francine PARRA, née CASTANO

Espace Sainte-Perpétue, patio de l’hôtel.

Fermeture des expositions à 21 heures.

14h30 « Fondements du traumatisme identitaire

des rapatriés » - « La construction de la mémoire

des pieds-noirs et sa mise en conflit dans l'espace

public français ».

Conférence de Quentin Lajus, étudiant à l’Institut

d'Etudes Politiques de Bordeaux.

15h30 Projection du film « Le Choix de mon Père »

de Rabah Zanoun.

 

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17h « Les Harkis, de la guerre d'Algérie à nos jours »

Conférence d’Abderahmen Moumen,

Docteur en Histoire.

18h15 Projection du film « Algérie, Histoires à ne pas dire »

de Jean-Pierre Lledo.

ESPLANADE CHARLES DE GAULLE

19h45 Clôture du 50e anniversaire

 

Renseignements : Magalie DAUDET – Tel. 04.66.27.76.80

e-mail : magalie.daudet@ville-nimes.fr

 

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6ème Salon du « savoir faire Pied-Noir » - Port Barcares – 24, 25, 26 Août 2011

 

Mas de l’Ille – Bd des Rois de Majorque (Sortie 12 de la voie rapide) –

 66420 - PORT BARCARES - Entrée gratuite Entrée pour tous

Renseignements au 04.94.33.68.38 ou 04.68.86.13.62 ou 06.82.22.75.65 ou 06.09.78.58.92

 gabriel.mene@wanadoo.fr

Une magnifique  initiative pour  un  peuple aussi  productif  que  celui des Français D’ALGERIE et surtout, pour que sa mémoire demeure.

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dimanche 17 juin 2012

histoire de l'Algérie cette semaine

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activités relatives à l'Algérie et son histoire

Jean MONNERET

 

Chers Amis,

Cette semaine sera celle de beaucoup d'activités relatives à l'Algérie et aux publications sur l'Algérie.

Je vous recommande d'écouter l'émission du mardi 19 juin sur Radio Courtoisie à partir de 18 heures. "Le Journal des Historiens" dirigé par Philippe Conrad présentera le Hors Série N°4 de la Nouvelle Revue d'Histoire consacré à la guerre d'Algérie et à l'histoire de ce pays. Parmi les participants il y aura outre Dominique Venner et votre serviteur, le général Faivre et Roger Vétillard.

Dominique-Vennerportrait2faivre10Roger+VETILLARD

Le samedi 23 à partir de 15 heures, nous nous retrouverons pour une vente-signature à la librairie Notre-Dame de France, 21 rue Monge, Paris 5e. Ces rencontres sont l'occasion de revoir des amis nouveaux et anciens, d'échanger souvenirs et informations dans une atmosphère conviviale. L'achat de livres, s'il est bienvenu, n'est nullement obligatoire. La priorité c'est l'amitié.

C'est elle encore qui présidera, le lendemain 24 juin à l'Espace Champerret, la Fête Annuelle de Radio Courtoisie qui voit défiler chaque année des milliers de personnes pour y rencontrer de trés nombreux écrivains dont beaucoup sont réguliérement boycottés par les médias et le système.Pour ce qui nous concerne, sur le sujet Algérie, Radio Courtoisie a sauvé notre liberté de nous exprimer.

En souhaitant vous y voir nombreux,

Jean Monneret

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samedi 16 juin 2012

L’échec de l’Algérie française date de 1870

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Lyautey contre Lavigerie et Crémieux

éditorial de Bernard LUGAN à L'Afrique réelle, juin 2012


L’échec de l’Algérie française date du lendemain de la guerre de 1870 quand le régime civil remplaça le régime militaire. La colonisation de l’Algérie se fit alors au nom de l’universalisme républicain qui prétendait transformer les musulmans en Français grâce à l’ «école de la République».

Dans ce numéro spécial de l’Afrique Réelle, est reproduit un document peu connu. Daté du 1er décembre 1870, au lendemain donc de la défaite française face à la Prusse, ce texte fut écrit de la main de Mgr Lavigerie à l’intention d’Adolphe Isaac Crémieux, alors en charge des affaires algériennes. Le prélat y livre ses intentions résolument jacobines au sujet de l’Algérie, faisant ainsi cause commune avec le farouche républicain qu’était Crémieux.

7431752Isaac Crémieux

Les deux hommes se trouvèrent alliés pour détruire les Bureaux arabes, cette élite de l’armée française qui avait réussi la pacification de l’Algérie avec peu de moyens, pratiquant la politique du prestige, du respect et de la différence, à l’image de ce que feront plus tard les Affaires Indigènes au Maroc sous Lyautey et ses successeurs. Or, Mgr Lavigerie et Adolphe Isaac Crémieux considéraient tous deux, à juste titre d’ailleurs, que les Bureaux arabes  étaient un obstacle à la colonisation, protecteurs qu'ils étaient des indigènes et de leurs biens. Crémieux dénonçait également leur peu de zèle républicain, ce corps d’élite étant effectivement largement monarchiste. Leur disparition signa l’échec de l’Algérie française.

fontaine2lavigerieMonseigneur Lavigerie

À l’opposé de Mgr Lavigerie et de Crémieux, Lyautey ne voulut pas changer l’homme et c’est pourquoi il a réussi au Maroc. Il ne s’était en effet pas fixé pour but de donner aux Marocains d’autres ancêtres que les leurs. Il n’avait pas, comme le déclara avec arrogance le président Sarkozy dans son «discours de Dakar», l’intention de les faire «entrer dans l’Histoire», eux qui en ont une, glorieuse et ancienne.

Lyautey 1915Lyautey au Maroc en 1915, avec le sultan Moulay Youssey


La vision de Lyautey présentait deux caractéristiques principales qui sont l’exact contre-pied de ce que voulaient Crémieux et Mgr Lavigerie :

1) Selon lui, la colonisation n’était pas éternelle car il avait bien vu que les colonies, départements d’Algérie compris, étaient à la France, mais n’étaient pas la France. Transposée aujourd’hui cette idée permettrait de parler d’islam en France et non d’islam de France, ce qui n’est pas la même chose.

2) C’était une forme d’«ethno-différentialisme» avant l’heure car elle n’impliquait ni assimilation, ni intégration, qui sont d’abord des pertes de substance vive pour les uns comme pour les autres. Elle ne débouchait ni sur l’acculturation républicaine, ni sur la christianisation des musulmans. Lyautey était pourtant plus que «bon» catholique, mais, tout comme Charles Maurras, il faisait la part entre le politique et le religieux. Homme de terrain, il avait tout simplement observé que les peuples du Maghreb sont «autres».

L’histoire a donné raison à Lyautey contre Lavigerie et Crémieux. Quant à De Gaulle, s’il voyait juste quand il déclara à Jacques Soustelle que l’intégration était «un danger pour les Blancs, une arnaque pour les autres», la manière dont il s’y prit pour «soulager» la France de ce qu’il nommait «le fardeau algérien» fut à la fois odieuse par son inhumanité, honteuse par sa mise en oeuvre et criminelle par ses conséquences. D’autant plus que la victoire militaire française étant totale dès 1959-1960, des solutions autres que celle de la remise du pouvoir à la clique du FLN étaient envisageables.

Bernard Lugan
source

 

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mardi 12 juin 2012

les archives du Sénégal

archives du senegal

 

les archives du Sénégal

un riche patrimoine à la recherche

de nouveaux espaces

Jean PIRES

Le Soleil, journal sénégalais

 

Mme Fatoumata Cissé Diarra, nommée au mois de mars dernier à la direction des Archives nationales du Sénégal, a accepté de nous dévoiler un pan de cette institution précieuse. L’opportunité de cette visite guidée dans les arcanes des Archives du Sénégal est d’autant plus appréciable que la communauté internationale célèbre, aujourd’hui, 8 juin, la 6ème édition de la Journée internationale des archives, sur le thème  «Archives, administration publique et transparence».

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La Journée internationale des archives sera, aujourd’hui, célébrée à Dakar, par une manifestation à la Chambre de commerce, à partir de 9h30, sous la présidence de M. Seydou Gueye, secrétaire général du gouvernement. Le thème «Archives, administration publique et transparence» sera présenté par Monsieur Mbaye Thiam, Professeur d’archivistique à l’Ebad/Ucad.


Une certaine image renvoie, sur le sujet des archives, un décor vieillot, des documents poussiéreux, entassés sur des étagères, dans quelques réduits oubliés, relégués. Et pourtant, les archives, comme nous le rappelle Mme Fatoumata Cissé Diarra, permettent de connaître le passé. On a recours aux archives à de nombreuses occasions, pour des recherches historiques, la référence à des identités, trouver des sources au sujet d’une histoire nationale ou même individuelle.

archives


Il va sans dire que les archives doivent être absolument bien classées, sous peine de les perdre et en même temps des repères importants, parfois vitaux pour la vie de toute une communauté.  «Un document perdu, fait perdre du temps, il faut alors procéder à sa reconstitution, ce qui n’est pas toujours évident».
Les Archives du Sénégal, c’est le nom officiel de cette institution logée sur l’aile droite du building administratif à Dakar. Il s’agit d’un complexe documentaire regroupant, outre le service des archives sous l’appellation d’archives nationales, un service d’accueil, un service informatique, de communication et un grand service des appuis techniques (micrographie, iconographie, atelier de reliure et restauration).

Des milliers de documents jaunis par le temps

En visitant les locaux, particulièrement les bureaux qui se trouvent au rez de chaussée du building administratif, le visiteur est loin de se douter qu’un long souterrain court sous ses pieds, traversant pratiquement la longueur de ce grand bâtiment. A l’origine, en 1954,  l’aménagement des archives était prévu pour accueillir «8 kilomètres linéaires», souligne la directrice, Mme Diarra.

C’est une sorte de cave aérée et éclairée où sont stockés sur des étagères, rangés dans des boites spéciales, des milliers de documents jaunis par le temps et le climat. Certains d’entre eux ont traversé deux à trois siècles. Le record de longévité dans ces archives est détenu par le récit d’un explorateur daté de 1672.

C’est un fonds très riche qui constitue le patrimoine national, outre la bibliothèque administrative, historique et juridique qui fait office de bibliothèque nationale (ndlr, c’est une institution qui n’est pas encore créée, elle n’existe que sur le papier), en appoint, un centre de documentation administrative et juridique fait face à la direction.

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«Nous avons quatre fonds. À sa création en 1913, c’était le Service des archives du Sénégal, comme on en trouvait dans tous les chefs-lieux des colonies de l’Aof, et au sommet, un Service des archives de l’Aof», indique Mme Diarra.
«On a une chance, ici, au Sénégal. C’est une exception. Au moment de la décolonisation, les Européens, les français en particulier, sont partis avec les archives, mais celles de l’Aof sont restées, ici, à Dakar. C’est pourquoi nous les gérons». Une autre partie des archives de l’état civil de l’Aof est à Nantes et à Aix-en-Provence, en France.

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Archives d'outre-mer à Aix-en-Provence


La directrice, Fatoumata Cissé Diarra, formée à l’Ebad (major de promotion en 1985) a, depuis l’année 2000, bouclé une formation en Conservateur des archives. Les archives, ce sont ces documents sécrétés dans le cadre  des activités d’une personne physique ou morale. Elles forment un tout ; on ne peut pas les dissocier.

«C’est ainsi que les archives gardées à Nantes sécrétées dans le cadre de l’Aof, sont, à ce titre, des archives en partage entre les différents États, ex-colonies de l’Aof et la France elle-même».

À côté de ce fonds de l’Aof, il y a le fonds documentaire du Sénégal colonial. Il commence en 1816 et s’étend jusqu’en 1858. Lorsque les premiers explorateurs sont arrivés à Dakar en 1816, ils ont commencé à mettre en place une administration et à générer des documents qui sont devenus des archives précieuses au fil du temps.

En 1895, quand l’administration française a fédéré les colonies sous l’Aof, elle a produit un fonds documentaire qui a existé parallèlement au fonds du Sénégal colonial. L’Aof, de 1895 à 1959 avant l’indépendance, constitue un autre fonds où l’on répertorie l’éphémère Fédération du Mali. Un quatrième fonds concerne le Sénégal moderne, notamment les archives nationales (archives de l’État) et les archives régionales (services régionaux d’archives).

La responsabilité des structures administratives 

La direction des archives du Sénégal est l’organe de l’État compétent pour toute question d’archives (Loi du 3 juin 2006). À ce titre, elle doit recevoir les documents et archives générés dans les différentes administrations sénégalaises. Selon la loi, il y a différents âges pour ces archives. Dans le premier âge, il y a les documents courants qui sont dans les bureaux et qui servent à l’instruction des dossiers. Ils doivent être à portée de main dans toutes les administrations.

Les archives intermédiaires rassemblent les documents qui ne sont plus d’utilisation courante et qui ont entre cinq et dix ans d’âges. Elles sont gérées en dépôt de «pré-archivages», sous la responsabilité des structures administratives de l’État. Elles  peuvent ainsi servir à des références épisodiques.

«Actuellement, nous ne pouvons plus prendre des versements  de documents vu la saturation de nos locaux depuis belle lurette. Ces locaux ont été aménagés en 1954 pour une capacité initiale de 8 kilomètres linéaires. Aujourd’hui, nous avoisinons les 18 kilomètres linéaires», déplore Mme Diarra. La saturation de l’archivage a même touché l’annexe des Archives du Sénégal, sur la rue Moussé Diop.

La solution, c’est vivement la construction d’une Maison des archives. «On aimerait vivement que les autorités prennent en charge la construction de la Maison des archives. Nous parlons souvent de dématérialisation, c’est bien ; mais si le document est numérisé et qu’on remette en place les documents qui manquent d’espace, cela ne résout rien», soutient la directrice des Archives du Sénégal.

La consultation des archives est généralement d’accès libre. Les visiteurs ne désemplissent pas d’ailleurs dans les locaux réservés à la lecture. Le silence est de rigueur entre les box. Au long de la journée, les élèves et étudiants, chercheurs, historiens, sociologues et scientifiques de tous bords viennent se documenter sur les planches de l’histoire.

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Fatoumata Cissé Diarra


Cependant, l’accès n’est pas ouvert à tous les documents. 

La dernière Loi d’archives de 2006 a ramené, de trente à vingt-cinq ans, le délai autorisant la consultation publique des archives. Celles concernant la sécurité de l’État, ainsi que les documents nominatifs sur la vie privée, les dossiers d’instruction juridique, etc.,  ont un délai spécifique. Ils sont consultables, selon les cas, entre 30 et 50 ans après la date d’élaboration des documents, après le départ à la retraite (pour actes médicaux), après la clôture des dossiers d’instruction  judiciaire, ou après la date de l’acte, en ce qui concerne les secrets industriels et commerciaux. Le grand souci de la direction demeure l’exigüité des locaux, ou leur inexistence, particulièrement pour les régions.

C’est ainsi que dans leurs grands projets, les Archives du Sénégal tiennent à la construction et à l’équipement des services régionaux d’archives. À l’heure actuelle, seuls existent les services régionaux de Dakar, Saint-Louis, Thiès, Kaolack et Fatick. Il est plus que temps, aujourd’hui, de prendre en compte ces archives régionales logées généralement au niveau des gouvernances des régions et des collectivités.

De nouvelles infrastructures, mais également un grand renouvellement du personnel, ce sont les objectifs que se fixe la direction des Archives du Sénégal. Celles-ci sont placées sous la tutelle de la Primature. En cette journée internationale, ces objectifs se signalent comme des priorités pour protéger le précieux patrimoine que l’histoire nous a légué.                             

Jean Pires
source

 

ans-bldgDakar, archives nationales

 

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samedi 9 juin 2012

édition mise à jour et augmentée du livre de Jean Monneret sur Oran le 5 juillet 1962

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La tragédie dissimulée

Oran, 5 juillet 1962 (éd. Michalon)

Édition mise à jour et augmentée

Jean MONNERET

 

«Bientôt les indigènes armés qui sont là vont se jeter sur tous les Européens qu’ils rencontreront dans un mouvement de folie et de meurtre collectif. On se venge sur l’autre, le différent… C’est un règlement de compte ethnique qui se déroule. »Ainsi l’auteur décrit-il cette fatale journée.

À Oran, le 5 juillet 1962, jour choisi pour célébrer dans la liesse l’indépendance de l’Algérie, des centaines d’Européens furent enlevés et tués. Et les troupes françaises, encore présentes dans la ville, sont restées l’arme au pied. Comme le leur avait ordonné le président De Gaulle. Cette journée poussera à l’exil des milliers de gens. Pourtant, pendant des décennies, cet évènement sera occulté soigneusement des deux côtés de la Méditerranée.

S’appuyant sur des archives militaires inédites, des documents internes de la Croix-Rouge et de nombreux récits de survivants, Jean Monneret révèle tous les tenants et les aboutissants de cette tragédie dissimulée.

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Si vous souhaitez recevoir cet ouvrage, merci de nous retourner le bon de commande à l’adresse ci-dessous :

Éditions Michalon

110, rue des Poissonniers

75018 Paris

ainsi que votre règlement exclusivement par chèque

________________________

 

M. - Mme  - Mlle  ………………………………………………………………

Adresse    …………………………….…………………………………………

.…………………………….……………………………………………………

 

Commande …… exemplaire(s) de l’ouvrage de

Jean Monneret, La tragédie dissimulée – Oran, 5 juillet 1962 (édition mise à jour et augmentée)

Prix unitaire TTC : 18 €  - Frais de port inclus.

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- "la désinformation à propos de l'Algérie française et de la guerre d'Algérie", une conférence de Jean Monneret

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mercredi 30 mai 2012

un livre de Gregor Mathias sur David Galula

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la politique de la tache d'huile

du capitaine Galula

général Maurice FAIVRE

 

Gregor Mathias, David Galula, combattant, espion, maître à penser de la guerre contre-révolutionnaire, Economica, 2012, collection Guerres et guerriers, 190 pages, 29E.

Après plusieurs travaux sur les SAS en Algérie, Gregor Mathias se livre à une recherche approfondie sur le Lt-colonel Galula, considéré par le général US Petraeus comme le «Clausewitz de la contre-guérilla». L'auteur a eu accès aux archives de la Division Information de l'Etat-Major Ely, au JMO du 45°BIC, aux archives des SAS , au fond Belorgey et aux articles de la revue Contacts.

Nous découvrons ainsi qu'avant d'écrire son ouvrage théorique, Galula a eu des activités qui ont nourri sa réflexion sur les révolutions. St Cyrien de 1939, rayé des cadres en septembre 1941, il joue un rôle d'espion à Tanger avant de réintégrer l'armée pour les campagnes de l'ile d'Elbe, de France et d'Allemagne.

De 1945 à 1948, il est attaché militaire à Pékin ; en 1949-50 il est observateur des Nations -Unies en Grèce, puis Attaché militaire à Hong-Kong de 1951 à 1956. Il commande en 1956-57 la 3ème compagnie du 45°BIC au djebel Aissa Mimoun en Kabylie et de 1958 à 1962, sert à la Division Information du général Ely. Un stage à l'École d'état-major de Norfolk, et sa participation à un Séminaire de la Rand l'incitent à donner sa démission et à publier ses ouvrages aux États-Unis : Pacification in Algeria et Contre-insurrection, théorie et pratique.

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La biographie montre comment le capitaine Galula a appliqué en Kabylie une manœuvre en 8 étapes correspondant à sa doctrine de 1964. Il pratique en particulier la politique de la tache d'huile en occupant plusieurs hameaux, en désignant des délégués locaux et en créant des écoles, une harka et des autodéfenses. Coopérant étroitement avec l'officier SAS, il parvient à rassurer la population et à détruire quelques OPA.

Mais il est muté au bout de 14 mois ; le succès n'est que passager, les harkis, autodéfenses et délégués ne sont pas tous fiables. Une lente détérioration se produit. Il apparaît en outre que ses connaissances de la situation sont parfois incomplètes, en particulier en ce qui concerne l'affaire Oiseau bleu et les résultats des opérations Jumelles (les 20 rebelles de 1956 sont toujours en place en 1960 !). Il devra d'autre part se défendre contre des articles défaitistes du journaliste Belorgey, qui décrit son parcours comme allant «de l'utopie au totalitarisme».

Les activités de Galula à l'EMGFA l'amènent à s'intéresser à la guerre des ondes. Il participe au Comité d'organisation de la radio, qui propose de détruire ou de brouiller tel ou tel poste subversif. Ayant fait la connaissance du colonel Lacheroy, il ne semble pas apprécier l'idéologie de la guerre révolutionnaire, et n'observe pas que les succès de la pacification sont compromis par la politique de l'État.

Cet ouvrage très documenté conduit à s'interroger sur la pertinence de la théorie de Galula et sur ses applications. A-t-elle-été prise en compte en Indochine, et en Irak ? En Afghanistan, la limitation des effectifs militaires ne permet pas de réaliser l'étape n°1 de supériorité des forces, et la pratique des Bases opérationneles avancées (FOB) contredit les étapes 2 et 3 de contrôle des villages par le procédé de la tache d'huile. La leçon reste théorique et demande à être adaptée à chaque situation.

Maurice Faivre
le 30 mai 2012


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Résumé

Totalement inconnu en France, cet officier français a pourtant inspiré les méthodes de contre-insurrection de l’armée américaine et de l’OTAN en Irak et en Afghanistan.

Cet ouvrage retrace l’itinéraire de Galula qui a connu les soubresauts de la deuxième moitié du XXe siècle. Jeune officier, renvoyé de l’Armée à la suite des lois antisémites de Vichy, Galula devient espion et combat les forces de l’Axe en Afrique du Nord. Il participe à la libération de l’Europe du joug nazi. Officier de renseignements en Chine, il assiste à la prise de pouvoir de Mao, puis étudie comme observateur de l’ONU la guerre civile en Grèce.

Pendant la guerre d’Algérie, il expérimente une méthode novatrice de guerre contre-révolutionnaire dans son secteur. Cet ouvrage reprend les huit étapes de sa méthode de contre-insurrection expérimentée par le capitaine Galula dans son secteur militaire du Djebel Aïssa Mimoun en Kabylie et confronte ses écrits stratégiques et tactiques aux archives administratives et militaires. Il s’agit de la première étude historique qui fait un bilan objectif du résultat de la méthode de contre-insurrection mise en place par D. Galula.

Repéré pour son dynamisme et son originalité, D. Galula devient un «homme de l’ombre» et travaille pour les services du Premier ministre spécialisés dans le domaine de l’information. Il est un des acteurs du contrôle de l’information radiophonique en Algérie, mais aussi à l’échelle de l’Afrique francophone. Au début des années 60, il part aux États-Unis, où il expose ses réflexions sur la contre-insurrection (D. Galula, Contre-insurrection, théorie et pratique, Praeger, 1964, Economica, 2008). Ses enseignements sont repris par les autorités militaires américaines pour lutter contre la guérilla au Vietnam.

 

L’auteur

Professeur certifié d’histoire-géographie en Alsace, Gregor Mathias est l’auteur des Sections administratives spécialisées (SAS) en Algérie entre idéal et réalité, L’Harmattan, 1998. Spécialiste de la guerre d’Algérie, il a enseigné les relations internationales à l’ENSOA (Ecole nationale des sous-officiers d’active) et a été chercheur associé au SHD (Service historique de la Défense). Il est également enseignant associé aux écoles de Saint-Cyr Coëtquidan.

 

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lundi 28 mai 2012

l'histoire n'est pas une monnaie d'échange entre États

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François Hollande

et les "crimes coloniaux en Algérie"

 

Le nouveau président français François Hollande compte marquer le 50e anniversaire de l’indépendance algérienne et de la fin de la guerre d’Algérie par une décision sans précédent : reconnaître les crimes coloniaux en Algérie. "Il faut que la vérité soit dite. Reconnaître ce qui s’est produit.", écrit M. Hollande, alors candidat aux élections présidentielles françaises, dans une lettre datée du 26 mars 2012 et dont le Matindz [journal algérien] obtenu copie. Il y reconnaît implicitement les massacres perpétrés lors des manifestations du 8 mai 45 à Sétif, qu’il qualifie de "répressions sanglantes en réponse aux émeutes survenues dans le département de Constantine", ainsi que la tuerie du 17 octobre 1961 qui a frappé notre émigration.

À propos de ce dernier événement, le nouveau président français rappelle : "Vous vous souvenez peut-être qu’en hommage aux Algériens morts lors de la manifestation du 17 octobre 1961, j’ai déposé une gerbe, le 17 octobre 2011, au pont de Clichy, où des Algériens furent jetés à la Seine, il y a cinquante ans, par des policiers, placés sous les ordres de Maurice Papon, préfet de police. Au cours de cette commémoration, j’ai tenu à témoigner ma solidarité aux enfants et petits-enfants des familles endeuillées par ce drame." "Il faut que la vérité soit dite. Reconnaître ce qui s’est produit. Ce jour-là, j’ai agi en tant que socialiste. À l’avenir, ce sera sans doute à la République de le faire.”

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source

http://www.algerie360.com/algerie/francois-hollande-sengage-a-reconnaitre-les-crimes-coloniaux-du-8-mai-45-et-du-17-octobre-61/

 

 

il faut que TOUTE la vérité soit dite...

Michel RENARD

 

Avant de reconnaître, peut-être faudrait-il connaître ? "Mon souhait, si je suis élu, est d'apaiser et de normaliser les relations entre la France et l’Algérie" proclame François Hollande. Bien. Mais il ne s'agit que de diplomatie, de relations politiques et commerciales.

Que vient faire l'histoire là-dedans ? Le passé, ce sont les autorités algériennes qui en ont fait un boomerang politique sans cesse lancé contre "la France". Pour quelles raisons ?

 

légitimité fictive du pouvoir algérien

Parce que le bilan de l'Algérie indépendante est désastreux. Économie, société, patrimoine, culture…, c'est la faillite. Corruption, prévarication, détournements des fonds du pétrole et du gaz. Le pouvoir est confisqué par une machinerie à structure militaire depuis cinquante ans. Jamais il n'a eu de compte à rendre. Les révoltes, contestations, remises en cause ont toujours été jugulées par la force. Pas par la démocratie. Sa seule "légitimité" est une fiction historique : avoir été les héritiers de ceux qui de tout temps ont victorieusement résisté à l'envahisseur français. Il faut sans cesse en rajouter plus le temps passe.

Alors, on parle de déculturation, de crimes, de massacres, de génocide… Oui, la violence fit partie du rapport colonial mais on ne peut le réduire à cela. Jacques Marseille et Daniel Lefeuvre ont montré qu'il n'y avait pas eu "pillage" colonial et que le bilan de la présence française n'était vraiment pas un argument pour expliquer la déliquescence actuelle. Je vais retrouver la source de cette remarque d'un ministre syrien en visite à Alger en 1963 et qui, lucidement, lança aux dirigeants de l'Algérie indépendante : "encore un an ou deux et la France faisait de vous un pays développé"…

 

pas de génocide

Benjamin Stora a nié toute référence à un génocide : "Il n'y a pas trace dans les archives d'une planification, d'une anticipation de la destruction de la population indigène. Le système colonial est fondé sur la conquête, la dépossession foncière, mais pas sur l'extermination des populations" (http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2008/05/27/9337858.html)

Comme le dit Mohammed Harbi : "La colonisation a été ambivalente dans ses effets. D'un côté, elle a détruit le vieux monde, au détriment de l'équilibre social et culturel et de la dignité des populations. D'un autre coté, elle a été à l'origine des acquis qui ont créé la modernité algérienne. (...) On peut même dire, sans risque de se tromper, que la colonisation a été le cadre d'une initiation à ce qui est une société civile, même si cet apprentissage s'est fait malgré elle et s'est heurté à une culture coloniale, d'essence raciste" (L'Algérie et son destin. Croyants ou citoyens, Arcantère, 1992, p. 26-27).
Si nous ne partageons pas, dans sa généralité, l'expression "culture coloniale d'essence raciste", il faut reconnaître les modalités contradictoires de la présence coloniale. Et ne pas la réduire aux "crimes coloniaux".

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la vérité historique... au-delà des idéologies

Ces derniers temps, des investigations historiennes scrupuleuses, jamais démenties, ont montré que le leitmotiv anti-colonial, qu'il provienne des autorités algériennes, de la sphère médiatique française ou des lobbies "anti-racistes", n'avait que peu de rapport avec la vérité historique.

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Il faut lire les ouvrages solidement référencés de Roger Vétillard, Sétif, Guelma, mai 1945, massacres en Algérie, ou encore le tout récent 20 août 1955 dans le nord-constantinois. Un tournant dans la guerre d'Algérie ? pour comprendre qu'il n'y a pas d'un côté les victimes et de l'autre les bourreaux dans un dualisme du Bien et du Mal.

Il faut lire le livre le livre de Jean-Jacques Jordi, Un silence d'État. Les disparus civils européens de la guerre d'Algérie, pour découvrir qu'il y eut une "barbarie" algérienne jusqu'au dernier moment. Il faut lire les enquêtes de Jean-Pierre Lledo, Algérie, histoires à ne pas dire…, pour reconnaître que la "guerre de libération" fut également une guerre d'épuration.

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Il faut lire le livre de Jean-Paul Brunet pour se rendre compte que le 17 octobre 1961 ne fut pas le massacre proclamé (ce que j'ai longtemps cru moi-même…), Police contre FLN. Le drame d'octobre 1961, Flammarion, Paris, 1999. Et d'autres encore… Gilbert Meynier, Guy Pervillé, le général Maurice Faivre, Diane Sambron, des thèses universitaires passées sous silence parce qu'elles n'avalisent pas le catéchisme "anti-colonial"…

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il n'appartient pas aux politiques de jouer avec la vérité historique

Le nouveau président de la République n'a pas à "reconnaître" les "crimes coloniaux", sauf à passer sous les fourches caudines de Brennus qui humilia ses vaincus dans l'histoire ancienne de Rome. Qu'il laisse les historiens travailler. Qu'il demande aux autorités algériennes la liberté historienne à Alger. Liberté de travailler, de s'informer (il n'y a plus de crédit d'achat dans les bibliothèques universitaires…) et de publier.

La France en Algérie n'a pas commis que des "crimes". Les Algériens, certes infériorisés politiquement durant la période coloniale, n'ont pas été que des dominés dignes de repentance. Ils furent, pour une partie d'entre eux, des massacreurs.

Comment qualifier les massacres d'El-Halia (août 1955) qui virent les tueurs du FLN lapider des civils, femmes et enfants y compris ? Comment qualifier le massacre de Melouza (1957) qui vit les lames du FLN égorger des centaines de messalistes sans défense ? Comment qualifier les assassinats d'Européens après mars 1962 jusqu'à l'apogée d'Oran le 5 juillet 1962 ? Comment qualifier les décimations de harkis à l'été 1962 ? Sont-ce des crimes contre-coloniaux ?

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C'est le temps plus ou moins long de l'histoire et de la mémoire qui mettra à jour toutes les blessures et leur compréhension (?). Mais on doit leur refuser le statut de monnaie d'échange unilatérale dans les rapports entre États. Il faut que TOUTE la vérité historique soit dite. Et il n'appartient pas aux politiques d'en jouer.

Michel Renard
Études coloniales

 

- voir aussi : une certaine rhétorique algérienne "anticoloniale" (Michel Renard)

 

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mercredi 23 mai 2012

Yves Courrière

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le décès d'Yves Courrière

journaliste-historien de la guerre d'Algérie

dans les années 1960-1970

 

 

1867Yves Courrière, journaliste, biographe, notamment de Joseph Kessel et Jacques Prévert, écrivain et grand spécialiste de la Guerre d'Algérie est décédé mardi à Paris à l'âge de 76 ans, a annoncé à l'AFP sa fille Caroline.

Grand reporter à la radio à la fin des années 1950, il a notamment travaillé pour Radio Luxembourg, devenue RTL, et animé la première édition des Dossiers de l'Ecran à la télévision.

Yves Courrière, de son nom de naissance, Gérard Bon, avait vu le jour à Paris le 12 octobre 1935.

Au début de sa carrière, il a suivi de nombreux voyages du général de Gaulle en Afrique et couvert des conflits au Moyen-Orient et en Algérie. Ses reportages en Amérique Latine furent récompensés par le Prix Albert-Londres, en 1966.

Il publia La Guerre d'Algérie, quatre tomes édités entre 1968 et 1971, qui firent référence sur ce conflit meurtrier. Il réalise avec Philippe Monnier en 1972 le tout premier documentaire consacré à la guerre d'Algérie.

"Il a donné toute sa vie à l'information, c'était sa ligne de vie", a confié à l'AFP sa fille Caroline.

Plus tôt, couvrant le procès Eichmann à Jerusalem en 1961, Yves Courrière y rencontre Joseph Kessel, qui deviendra son maître à penser en journalisme, selon sa fille unique.

Il en écrivit une épaisse biographie, Sur la piste du lion. Il arrête le journalisme en 1968 pour se consacrer à l'écriture et sortira plusieurs romans et biographies sur des personnalités comme Jacques Prévert, Roger Vailland ou Pierre Lazareff.

Sous le titre Éclats de vie, il avait publié ses mémoires chez Fayard en 2003.

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- les quatre tomes de La guerre d'Algérie d'Yves Courrière

 

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du prétendu "oubli" de la guerre d'Algérie

 

Très intéressante nécrologie d'Yves Courrière écrite par l'inévitable Benjamin Stora dans le Monde d'hier 16 mai 2012). Intéressante par ce qu'elle révèle des contradictions de l'idéologie dominante - dont Stora est une incarnation parfaite - relative à l'oubli dont la société française aurait fait preuve à l'égard de son passé colonial et de la la guerre d'Algérie notamment. De ce prétendu oubli, de cette scotomisation (dirait Lacan), fondés sur le refus d'affronter la pourriture coloniale (Birnbaum), Stora et quelques autres ont fait un élément essentiel de leur "oeuvre" afin, bien sûr, de pouvoir se présenter avantageusement en parangons de la mémoire et de l'histoire outragées.

Or que nous dit Stora dans son article ? Eh bien que les quatre volumes sur la guerre d'Algérie, publiés par Courrière à partir de la fin des années soixante (1968 si mes souvenirs de l'article sont bons), ont rencontré un succès éditorial massif à l'époque et que l'enquête du grand reporter, fondée notamment sur des entretiens avec les principaux protagonistes de cette guerre a ouvert la voie aux historiens et qu'en outre en n'occultant rien des turpitudes des uns et des autres, le pauvre Courrière s'était mis à dos à la fois les soldats perdus de l'OAS, dont certains l'avaient menacé de mort, et les nouvelles autorités algériennes, lesquellles lui avaient interdit tout séjour sur leur sol.

Six ans seulement après la fin de la guerre commencait donc à paraître une enquête monumentale en quatre volumes, vendues à des dizaines de milliers d'exemplaires, ce qui paraît contradictoire avec cette thèse sans cesse rabachée de l'oubli et de la dénégation.

Si je fais appel à mes souvenirs d'enfant, il se trouve que je me rappelle très bien des livres de Courrière - je suppose que certains des titres des volumes m'impressionnaient beaucoup tels Le Temps des léopards ou Les Fils de la Toussaint - parce que mes parents et mes grand-parents paternels (pourtant très "Algérie française") les lisaient. Alors ?

Quel oubli, quelle gangrène ? Je me rappelle aussi qu'à la bibliothèque municipale, on pouvait trouver aussi à la même époque les récits de Massu et Bigeard sur la Bataille d'Alger. Je ne l'ai pas oublié non plus parce que, dans ces livres, certaines photographies de massacres et de supplices infligés (égorgements, amputations du nez) aux musulmans par le FLN m'avaient marqué.

J'ai donc l'impression que contrairement à ce que disent la quasi-totalité des historiens bien pensants, les années 1970 ne furent pas, en France, des années d'oubli mais bien au contraire au contraire un temps béni où un débat contradictoire sur la guerre était encore possible et que c'est bel et bien notre époque qui, du fait d'une histoire inféodée au politiquement correct, organise systématiquement l'oubli et le déni (des abominations du FLN notamment).

Récemment, chez un bouquiniste parisien, j'ai trouvé par hasard le témoignage passionnant du Bachaga Boualem (céki ce mec ?), ancien vice-président de l'Assemblée nationale, et partisan de l'Algérie française, publié aux éditions France-Empire à la fin des années 1960.

J'ai commencé à le lire et l'on y trouve une relation honnête des turpitudes coloniales de la France. Mais ce qui est insupportable pour les idéologues de notre temps, et c'est pourquoi ce livre ne sera jamais réédité, c'est que ces mémoires rendent grâce aussi aux aspects positifs de la colonisation et témoignent d'un attachement inféfectible à la France (je crois même qu' un des fils du Bachaga a épousé la fille d'un des chefs de l'OAS). Tout cela aujourd'hui est oublié, tû, par ceux-la même qui ne cessent de gémir sur le prétendu déni français.

Eh bien non Messieurs, les années 1970 furent un âge d'or en ceci qu'elle permettaient encore une libre expression des différents récits (songeons au débat télévisé incroyable, à l'aune de l'hystérie post-coloniale qui règne aujourd'hui, entre le colonel Trinquier et Saadi à une heure de grande écoute). Rendez-nous France Empire !

Le site du parti de l'In-nocence
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Posté par michelrenard à 20:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]