jeudi 26 juillet 2012

le journalisme littéraire lit mal Camus

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Albert Camus

 

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Gérard MOLINA

 

Affecter le mépris pour des auteurs du passé en les jugeant à l’aune des convictions du jour constitue une forme de présentisme paresseux grâce auquel le journalisme littéraire espère enrégimenter le lecteur en restant débonnaire.

Cinquante ans après l’indépendance de l’Algérie, l’écrivain et journaliste Philippe Lançon parcourt Alger en quête des traces laissées par la présence française (Libération, 7 et 8 juillet 2012). Devant la grande poste, un étal propose de vieux livres dont une Psychologie du peuple français par un certain Alfred Fouillée, de 1898.

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Alfred Fouillée

Le ricanement s’entend d’ici. Comment ont-ils pu être aussi bêtes ces fausses gloires de la IIIe République ? Lançon ignore sans doute qu’on vient de rééditer des textes politiques d’Alfred Fouillée (1838-1912), après plusieurs œuvres philosophiques de son beau-fils, Jean-Marie Guyau (1854-1888), sans parler du Tour de la France par deux enfants, increvable best-seller de son épouse qui signait G. Bruno en hommage au martyr de l’Inquisition romaine.

Quelle importance puisque Fouillée osa se demander s’il existait une psychologie des peuples, notion héritée d’Hérodote ou, pire, de Herder, et soupçonnée d’avoir fait le lit des crimes collectifs : la nationalisme, l’impérialisme, le racisme, tous les maux en isme qui défigurent la modernité.

Mais Lançon dispose d’un talisman pour éloigner les malfaisants, une mascotte intouchable, le nouveau fétiche de l’empire du bien : Albert Camus. L’écrivain solaire, l’humaniste universel, le contemporain capital, l’Algérien cosmopolite et citoyen du monde, l’homme de la pensée de midi… Camus dont le nom est cité 22 fois dans l’article, sans compter les œuvres mentionnées et les extraits repris !

 

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"des petits chefs-d'oeuvre"...

Hélas, trois fois hélas : le 22 novembre 1938 dans Alger Républicain, Albert Camus rend compte des Fables bônoises d’Edmond Brua qu’il définit comme des «petits chefs-d’œuvre de cocasserie et d’absurdité». Camus lance alors un appel : «À ce peuple neuf dont personne n’a tenté la psychologie (sinon peut-être Montherlant dans ses Images d’Alger), il faut une langue neuve et une littérature neuve. Il a forgé la première pour son usage personnel. Il attend qu’on lui donne la seconde».

Ce compte rendu de Camus est reproduit dans Œuvres complètes, tome 1, Pléiade, 2006, p. 803-805).

Dans les villes algériennes, des usages particuliers du français avaient surgi, que des écrivains locaux ont tenté de transformer en art propre. Après Stéphane Chaseray (1894) et Ernest Mallebay, fondateur de la Revue algérienne, il y eut Auguste Robinet, dit Musette, créateur de Cagayous, sorte de Titi ou de Gavroche d’Alger, élogieusement mentionné par Camus dans sa recension.

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Plus tard, André Lanly restitua ce parler disparu dans Le français d’Afrique du Nord (1962). Que cette littérature soit farcie de paternalisme colonial, voire de dédain, envers les indigènes n’étonnera personne, mais les écrivains arabes francophones surent s’en emparer, y compris afin de la retourner contre les colonisateurs.

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Camus lui-même fut tenté d’utiliser certaines tournures langagières dans L’étranger mais finalement atténua les particularités pour mieux universaliser son fait divers et accentuer le caractère impersonnel de sa «voix blanche» (Roland Barthes).

Cependant, dans le même temps où il réalisait des reportages sur la misère en Kabylie, l’exploitation des ouvriers nord-africains de Paris ou les manipulations de la justice coloniale, Camus trouvait naturel d’inviter à l’élaboration d’une psychologie d’un «peuple neuf», le sien.

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Et c’est bien parce qu’il vit venir l’éradication totale et définitive de ce petit peuple algérien d’origine européenne, qu’il condamna le terrorisme aveugle du FLN et fut même hostile à l’indépendance de l’Algérie. Comme sa mère, femme de ménage illettrée, en faisait partie, il lui parut que la justice ne pouvait passer par son assassinat sur un trottoir d’Alger.

De grands intellectuels parisiens qui «tournaient leurs fauteuils dans le sens de l’histoire» ne lui pardonnèrent pas cette dérobade. Cinquante ans après, un bilan en plus, on en débat encore en oubliant parfois que du côté algérien il s’agissait d’un nationalisme farouche, à tendance exclusiviste et absolutiste, avec une forte composante religieuse identitaire.

Mais il y a plus drôle encore quant à l'effroi indigné que suscite, chez les rebellocrates, l'idée d'une psychologie des peuples. Le "Cahier Livres" de Libération du 12 juillet 2012 consacre un article enthousiaste au Discours sur l'état actuel des moeurs des Italiens que Giano Leopardi rédigea en 1825. Or, "moeurs" désigne ici les habitudes communes, les coutumes, voire les caractères propres à un peuple (les Italiens, alors même que l'unité de l'Italie, de ses provinces et de sa langue n'existe pas du tout en 1825).
Leopardi dégage les constantes ethnographiques qui sont récitées en public par des écrivains actuels, car ils y voient le portrait de leur pays, expliquant l'ère Berlusconi. Et le critique de Libération affirme ainsi que Leopardi "donne une photographie de l'Italie qui, vraiment, semble avoir été prise aujourd'hui même". À Libération, on repousse toute psychologie des peuples, sauf quand elle alimente leurs moulins à vent.

 

Trois précisions enfin

1) Les écrits de la famille Fouillée, que j’ai beaucoup pratiqués, ne m’inspirent aucune adhésion spéciale (ils valent comme témoignage des débats idéologiques propres au moment républicain français) et l’idée d’une psychologie des peuples est dépourvue de sens. Je voulais juste montrer qu’avec Camus on pouvait l’employer sans ethnicisme ni rejet de l’autre, à partir d’usages singuliers et de conduites idiosyncrasiques dans une situation de distance et d’isolement. Fouillée n’est ni Wilhem Wundt (inventeur de la Volkerpsychologie) ni, surtout, Gustave Le Bon. Si l’on veut s’informer des origines et de quelques avatars de cette notion, on peut lire le recueil coordonné par Michel Kail et Geneviève Vermès, La psychologie des peuples et ses dérives (CNDP, 1999), malgré quelques contributions fort contestables.

2) D’éminents écrivains venus de Métropole se sentirent également obligés d’esquisser l’hypothétique personnalité du peuple double d’Algérie (indigènes/européens). Outre Fromentin, Maupassant ou Alphonse Daudet – mentionnés par Philippe Lançon -, on doit citer André Gide (le Journal et les poésies d’Amyntas) et, surtout, Montherlant (Coup de soleil, les premiers Carnets et La Rose des sables) que Camus admira beaucoup du temps d’Alger Républicain.

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3) Le volumineux Dictionnaire Albert Camus (Robert Laffont, Bouquins, 2009), dirigé par Jean-Yves Guérin passe presque totalement sous silence les points que j’ai abordés ici, à l’exception des entrées consacrées à la guerre d’Algérie qui sont le plus souvent impeccables.

La grandiloquence n’étant pas mon fort, j’ignore si «mal nommer un objet, c’est ajouter aux malheurs du monde» mais, mal lire Camus alors qu’on s’en fait le porte-parole ou le thuriféraire afin de moraliner à la cantonnade, c’est à coup sûr ajouter l’inculture à l’arrogance.

Gérard Molina
professeur agrégé de philosophie

 

- voir aussi "Albert Camus, l'homme disputé", Libération, 14-15 août 2012.

- et "Onfray reste prudent", Libération, 14-15 août 2012.

- et encore "Avant-après" (Stora et Onfray), Libération, 14-15 août 2012.

 

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Camus en 1938, photo de sa carte de journaliste

 

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mercredi 18 juillet 2012

Armée et Algérie 1830-1962

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mémoire et vérité

Armée et Algérie 1830-1962 - n° spécial 2012

association de soutien à l'armée française

présentation : Henry PINARD LEGRY

 

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l'armée en Algérie, un engagement total

L’année 2012 marque le cinquantième anniversaire de la fin de la présence de la France sur une terre qui fut française pendant 130 ans et que son armée avait largement contribué à pacifier, administrer et développer.

Elle y avait notamment constitué l’armée d’Afrique, mosaïque de régiments composés d’européens et d’indigènes, qui ont glorieusement participé par deux fois à la défense de la patrie ou à sa libération.

Fidèle à sa devise «Mémoire et vérité», l’Association de Soutien à l’Armée Française a estimé de son devoir de réaliser un numéro spécial :

«ARMÉE et ALGÉRIE 1830-1962»

Ce document est plus particulièrement destiné aux jeunes Français de 20 ans qui n’ont souvent qu’une connaissance sommaire et partiale de cette période de notre histoire.

Mais il offre aussi aux plus anciens, qui ont vécu de près ou de loin les évènements de la période 1945-1962 sans toujours en avoir une bonne vue d'ensemble, la possibilité de les resituer dans un cadre général plus complet.

Alors que de nombreux ouvrages et magazines sont publiés et que des colloques sont organisés, dont certains sont de véritables «chefs d’œuvre» de désinformation, l’ASAF a ainsi voulu réaliser un document pédagogique présentant les faits dans leur contexte et selon une chronologie qui permette à tout lecteur non spécialiste de comprendre la logique de leur enchaînement et les comportements qu’ils ont générés.

Pendant 130 ans, notre armée et nos soldats ont rempli en Algérie toutes les missions que les autorités politiques de métropole leur ont confiées. Ils l’ont fait selon leur conscience, avec le souci de servir au mieux les intérêts supérieurs du pays.

La France et son armée n’ont pas à faire repentance, mais les Français ont le devoir de connaître et de comprendre leur histoire, l’Histoire de la France, parce qu’elle est un élément essentiel de notre identité et de notre unité nationales.

Je tiens à remercier tous les membres de l’ASAF qui ont contribué à réaliser ce numéro spécial, ainsi que l’E.C.P.A.D. et le Service Historique de la Défense (S.H.D.)

Henri PINARD LEGRY Président de l’ASAF

ARMÉE - ALGÉRIE / SPÉCIAL 2012

SOMMAIRE

ARMÉE - ALGÉRIE 1830-1962 / NUMÉRO 1 SPÉCIAL 2012

INTRODUCTION 5

I – L’ARMÉE FRANCAISE ET L’ALGÉRIE,  UNE HISTOIRE ANCIENNE (1830–1945)

II – L’ALGÉRIE EN 1954 18

III – UNE ARMÉE QUI VEUT GAGNER LA PAIX (1954–1956) 29

IV – UNE ARMÉE CONTRAINTE À UNE GUERRE TOTALE (1957) 45

V – UNE ARMÉE INSTRUMENTALISÉE (1958) 75

VI – UNE ARMÉE VICTORIEUSE (1959-1960) 79

VII – UNE ARMEE TRAUMATISEE (1961) 93

VIII – UNE ARMEE HUMILIÉE (1962 ) 97

EPILOGUE 103

ANNEXES 106

Annexe 1 - Les pertes de l’armée française en Algérie 

Annexe 2 - Engagement des Nord-Africains

Annexe 3 - L’accord de cessez-le-feu en Algérie

Annexe 4 - Déclarations gouvernementales du 19 mars 1962

Annexe 5 - Carte des principales opérations

Liste des abréviations utilisées dans l’ouvrage 

 

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- Vous pouvez vous le procurer pour 7,5 euros, port inclus, à l'ASAF, 18 rue Vézelay 75008.

 

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lundi 16 juillet 2012

tournant dans la guerre d'Algérie

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en lisant le livre

de Roger Vétillard sur le 20 août 1955

Jean-François PAYA

 

Il serait présomptueux de ma part de faire une présentation de cet ouvrage apres la préface avisée d’un historien comme le professeur Pervillé. Cependant j’aurais tendance à trouver Roger Vétillard modeste avec un point d’interrogation à la fin de son titre !

Ceci suite à sa démonstration sur l’émergence de la thématique islamique et du terrorisme ethnique massif qui trouva son apogée le 5 Juillet 1962 à Oran.

Mais ce qui me fascine, sans me surprendre, habitué "des coups tordus" dans ce conflit, ce sont les quelques pages que l’auteur consacre à la possibilité, argumentée, dont il semble convaincu, selon laquelle certains éléments de l’Armée et de l’Administration aient pu ne pas être surpris par ces événements dramatiques qui selon lui ont été a priori sous estimés dans leurs prévisions et leur ampleur.

D’aucuns risquent, comme ce fut le cas pour les massacres du 5 Juillet à Oran, de prétendre, même devant une certaine évidence, à «l’invention de véritables romans policiers» (Nouvelle Revue d’Histoire, 4H p 33).

Il est vrai que l’on disserte rarement «des trains qui arrivent à l’heure» et du non événement préalablement évité.

Pourtant il faudrait bien qu'un jour on parle de la tranquillité relative de la ville d’Oran en cette période et pourquoi les réseaux Bombes du FLN n’ont pu y proliférer ! et ce ne fut pas pour ce dernier faute de l’avoir envisagé.

Pour nous résumer il faudrait développer sur le fait que l’organisation urbaine était largement infiltrée grâce à un travail remarquable de renseignements et de contacts. De ce fait les émissaires ou formateurs généralement venus de l’extérieur étaient vite neutralisés par des opérations de guerre ciblées dont on ne retrouvera pas trace dans les archives militaires ou judiciaires ! Aussi point de Yacef Saadi et cie Oranais pour se pavaner ultérieurement.

Il faut aussi reconnaître que ce travail de l’ombre dans une guerre reconnue a posteriori, était moins gratifiant pour ces acteurs que sous les "sunligts" d’Alger !

Honneur à ceux qui firent "arriver les trains à l’heure" et peut-être encore aujourd'hui en les empêchant de dérailler.

Mais cela nous éloigne du livre de Roger Vétillard qui selon nous indique bien un véritable tournant dans la guerre d’Algérie

Jean-Francois Paya

 

Texte dédié entre autres au colonel SALA de Sidi Belabbes, polytechnicien, arabisant, capitaine au 2e Bureau d'Oran et à tous nos amis Musulmans de cette époque tragique.

 

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à Oran en 1941

Statue de Ste Jeanne d'Arc d’Oran érigée grâce à une souscription populaire dans toute l’Oranie en 1931 année de sa béatification. Exilée aujourd’hui à Caen en Calvados loin de beaucoup des siens.

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à Caen

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à Caen

 

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samedi 14 juillet 2012

la pacification de l'Algérie, général Faivre

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source

 

De la colonisation à la pacification de l’Algérie

réflexions historiques

général Maurice FAIVRE, Académie des Sciences d'Outre-mer

 

Idées reçues

Les médias mettent l'accent sur les méfaits du colonialisme : une conquête injuste, un crime contre l'humanité, un viol (Azouz Begag), une extermination (Le Cour Grandmaison), un génocide culturel (Assia Djebar), un exemple de traite des esclaves (Taubira). Les repentants triomphent à la télévision.

Les mêmes journalistes et certains historiens présentent la pacification de l’Algérie comme l’application fumeuse des principes de la contre-révolution (JC. Jauffret), une politique sans finalité, vague et hésitante (Ph. Simon).

Pour les avocats du FLN, la pacification vise à camoufler des crimes de guerre qui sont le vrai visage de cette politique. L’armée terrorise la population (Raphëlle Branche), elle s’empare du pouvoir et multiplie exactions et sévices (Sylvie Thénault). Les accusateurs de la loi de criminalisation condamnent l’armée française qui a conduit une guerre contre l’humanité.

Or ces accusations ne sont pas partagées par les principaux acteurs politiques et militaires, ni par les historiens qui font autorité.

 

La réalité coloniale

À l'époque moderne, Henri Brunschwig note que le terme de colonialisme a été inventé au XXe siècle. On parlait auparavant de colonisation, laquelle s'inscrit dans le vaste mouvement d'occidentalisation du globe qui depuis le XVe siècle pousse les peuples européens, maîtres de techniques de plus en plus perfectionnées, à modeler le monde à leur image. La colonisation est donc un phénomène mondial, qui relève du mouvement des peuples dynamiques, à l'exemple des empires romain, ottoman et soviétique. Comme toute entreprise humaine, elle a ses bons et ses mauvais côtés, que l'historien sérieux s'efforce de prendre en considération sans prononcer de jugement de valeur.

Quant à la colonisation française du XIXe siècle, elle relevait de l'idéologie des Lumières, illustrée par Victor Hugo («C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c'est à nous d'illuminer le monde») et revendiquée par Jules Ferry, Léon Blum et Pierre Messmer.

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Inexpiable, écrit l'historien Daniel Rivet, la guerre l'est immédiatement... La sauvagerie des indigènes rejaillit sur l'occupant par effet de contagion mimétique. Des excès sont donc commis par les deux camps. Historien du FLN, Mohammed Harbi contredit l'idée d'une idéologie visant à l'extinction totale d'un peuple. Selon Stéphane Courtois, aucun colonialisme n'a coûté autant de morts que le communisme.

Xavier Yacono et Jacques Frémeaux ont évalué les pertes importantes de la population musulmane au XIXe siècle, attribuées en partie à la guerre, mais amplifiées par les épidémies et les famines des années 1860. Le Service de Santé militaire vient alors en aide à la population, ses chercheurs éradiquent les épidémies de paludisme, de fièvre récurrente et de typhus, et permettent l'extraordinaire croissance de la démographie.

Dans une lettre de 1848, l'émir Abd el-Kader écrit : j'ai résisté aux Français...Mais quand j'ai reconnu que Dieu les avait rendus forts et qu'il leur avait donné l'empire, je leur ai abandonné le pays pour toujours

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Les objectifs de la guerre d'Algérie

Après la Toussaint 1954, incapable de provoquer un soulèvement généralisé, le FLN a eu recours à la terreur et aux atrocités (Julliard). Cette terreur s'exerce à la fois contre les musulmans qu'il faut convaincre, et contre les Européens, conformément à la doctrine de Franz Fanon, approuvée par Sartre : il faut tuer : abattre un Européen, c'est faire d'une pierre deux coups...

En revanche, Albert Camus et Robert Badinter condamnent le terrorisme : aucune cause ne saurait justifier le massacre aveugle de civils innocents par des terroristes.

Mohammed Harbi a démenti le mythe du peuple algérien unanime dans la lutte pour l'indépendance : le nationalisme, qui n'a trouvé son unité qu'en 1962, s'est imposé par la guerre civile, écrit-il. En raison des dissensions internes, il n'y a pas eu de direction stratégique, mais la naissance d'une bureaucratie qui s'est transformée en État policier.

Le but poursuivi par les responsables militaires français mérite également une analyse approfondie. Le maintien de l'Algérie française, en effet, ne signifie pas le maintien de l'Algérie de papa.

Dès juin 1956, le général Ely envisage une solution libérale. Le général Salan adhère à la loi-cadre de Robert Lacoste, qui n'exclut pas l'indépendance. Le général Challe était partisan de la même loi-cadre et ne pensait pas que l'intégration totale de l'Algérie à la métropole fut souhaitable. Proche des officiers parachutistes, Claude Paillat les décrit comme des enfants de la Révolution française : on apporte la liberté... on va refaire une autre société que ces colonies un peu pourrie. Hélie de Saint-Marc confirme que n'étant pas fanatique de l'Algérie française, notre obsession n'était pas d'empêcher l'indépendance de l'Algérie...

 

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La stratégie anti-guérilla et anti-terroriste

La plupart des observateurs reconnaissent que l’armée française a peu à peu mis au point une stratégie anti-guérilla efficace, utilisant des techniques innovantes (hélicoptères, écoutes radio, radars-canons, commandos de chasse) et couvrant tous les domaines militaires :

- protection des populations par le quadrillage et les supplétifs ;

- destruction des bandes rebelles par les unités de réserve générale ;

- contrôle des frontières par les barrages frontaliers et la surveillance maritime et aérienne ;

- intoxication des wilayas ;

- élimination des trafics d'armes ;

- commandos infiltrés en Tunisie et au Maroc.

 Cependant le plan Challe n'a pas été mené à son terme, l'ALN extérieur n'a pas été attaqué, la victoire militaire est inachevée.

L'élimination du terrorisme urbain a eu recours à des procédés moralement condamnables. Le général Gillis l'a rappelé dans un manifeste qui a été approuvé par 524 officiers généraux :

«Certains, pendant la bataille d'Alger en particulier, ont été confrontés à un dilemme : se salir les mains en interrogeant durement de vrais coupables, ou accepter la mort certaine d'innocents. S'il y eut des dérives, elles furent marginales».

Il faut donc rappeler que cette pratique n'a pas été généralisée, et qu'à l'été 1957, le renseignement sur le terrorisme a été obtenu par pénétration des réseaux adverses. C'est ce qu'a reconnu Zohra Driff : «ces méthodes n'avaient plus cours quand j'ai été prise».

 

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La pacification

Parallèlement, l’armée a engagé en Algérie une politique de conquête des esprits et des cœurs (Soustelle cité par Frémeaux), qui n’étaient pas des opérations militaires, mais qui confortaient les objectifs du pouvoir.

L’ampleur de l’action politico-militaire mise en œuvre par l’armée est ignorée des médias. Or elle bénéficiait de l’expérience des Bureaux arabes au XXe siècle, des principes de pacification de Galliéni, imité par Lyautey. Enrichie par les structures parallèles de Lacheroy, cette action fut engagée par Salan et Massu, elle était soutenue par Ely et Debré. Sa doctrine a été conceptualisée par Beaufre, Trinquier et Galula.

Voici quelles en sont les lignes directrices :

- en mai 1957, le Chef d’Etat-major général Ely propose de mettre en place un organisme chargé d’assurer la conduite de la guerre psychologique... qui s’impose jusqu’au commandant de compagnie qui nomadise en Kabylie. En mars 1960, il souligne au général de Gaulle que le contact est nécessaire et que seule l'armée en a la maîtrise. De Gaulle reconnaît le 4 novembre ce magnifique effort de pacification.

- Challe dans sa directive du 22 décembre 1958 écrit que : Nous ne pacifierons pas l’Algérie sans les Algériens. Détruire les bandes n’est pas suffisant.

- en juillet 1961, le Chef d’Etat-major général Olié justifie la politisation de l’armée... Les gouvernements ont accepté que les militaires exécutent des tâches non militaires… On ne peut reprocher aux exécutants d’avoir fait cette guerre politique et d’avoir voulu la gagner.

Des observateurs non militaires observent les réalisations de cette pacification :

- en 1958, Jean Lacouture estime que l’action menée par quelques officiers et leurs hommes m’a paru en tout état de cause positive et fructueuse… ce que l’armée est en train de faire ressemble à un travail révolutionnaire,

- le préfet Benmebarek confirme que dans les équipes constituées... par quelques généraux convaincus, et par des officiers de terrain, il y eut dans le domaine de la promotion sociale, un réel esprit «mai 1958».

 

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La pacification couvre ainsi de nombreux domaines :

- l’action politique, grâce aux élections libres, qui rencontrent un grand succès auprès des femmes en octobre 1958 ;

- la fraternisation de mai 1958, et des Comités de Salut public, instruments de réconciliation malencontreusement dissous ;

- l’autodéfense active des quartiers de pacification (plan Victor) approuvée par Ely et Debré ;

- la Fédération amicale des U.T. et des autodéfenses, qui selon Challe doit devenir le grand parti européen-musulman ;

- l’ordonnance de février 1959 sur la condition féminine ;

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- l’action éducative : tardivement relancée, la scolarisation est portée à 66% en 1961 ; l'ensemble de la jeunesse est suivie par le Service de formation (SFJA), créé à l'initiative du colonel Lacheroy ; il forme à Issoire et Nantes des moniteurs qui animent Foyers de Jeunes et Foyers sportifs ; libérer la femme musulmane, déclare le général de Segonzac aux monitrices de Nantes, voilà la mission exaltante qui vous est proposée ;

- la promotion militaire vise aussi à la formation d'une élite musulmane

- 700 Sections administratives spécialisées (SAS) et 30 Sections urbaines constituent les instruments de cette politique ; créées par Soustelle en 1956 ; elles rétablissent le contact avec la population, gèrent les nouvelles communes et conduisent une action de développement agricole et artisanal ; 1400 officiers, 650 sous-officiers et 3.700 employés civils y participent. Les képis bleus, écrit Alistair Horne, formaient un corps d'hommes dévoués et courageux qui partout savaient se faire aimer de la population ;

- 350 Equipes médico-sociales itinérantes (EMSI) contribuent à l'action humanitaire auprès des femmes et des enfants. Dans le bled, écrit leur présidente, les femmes étaient avides d'apprendre et aspiraient à une vie meilleure, à l'européenne, disaient-elles... Pour la pacification, selon un commandant de Quartier, une EMSI vaut un bataillon.

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Cette action auprès des femmes fut aussi conduite par le Mouvement de Solidarité féminine créé par Suzanne Massu, qui en janvier 1960 comptait 300 Cercles et 60.000 femmes. Cette activité allait de pair avec l'Association Jeunesse chargée de recueillir les yaouleds [enfants] abandonnés dans les rues d'Alger, et qui sera transférée dans le Béarn en 1963.

- l'Assistance médicale gratuite est sans doute l'action sociale la plus connue. 1.600 médecins assurent leur mission de soutien et d'AMG (16 millions de consultation en 1960).

- moins connue est l'action judiciaire : le plan Gerthoffer décentralise la justice afin de la rendre plus rapide et plus humaine ; 12 Tribunaux permanents des Forces armées, et 75 Procureurs militaires sont mis en place en 1960,

- la Commission de Sauvegarde du Droit et des libertés s'efforce de moraliser le traitement des prisonniers; son président Maurice Patin constate que la nature du conflit rend très difficile le maintien scrupuleux de la légalité,

- les Centres militaires d'internement créés par Salan en 1958 pour se conformer aux Conventions de Genève, permettent de soustraire à la justice les djounoud pris les armes à la main (PAM) ;

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centre de regroupement, 1961

- le regroupement des populations constitue l'une des actions les plus critiquées de l'armée en Algérie ; elle vise à soustraire la population du bled aux pressions du FLN, et à créer des zones interdites où les rebelles seront pourchassés sans danger collatéral. Militairement, elles diminuent le nombre des attentats. Le commandant de la wilaya 4 déplore : «nous sommes coupés de tout, la population ne nous suit pas».

Il est vrai que certaines installations trop hâtives ont été mal choisies. Le FLN exploite cette situation en dénonçant des camps de concentration. Le Délégué général Delouvrier constate que le taux de mortalité dans les regroupements est inférieur à celui que l'on enregistrait dans les mechtas. Les centres provisoires sont alors remplacés par 1.000 villages qui seront de véritables centres ruraux.

Le général Parlange note en août 1960 que la population, lasse des exactions et des crimes des fellaghas, vient se réfugier dans les nouveaux villages, créés avec sa totale approbation. Lorsqu'en 1961 on offre aux regroupés de regagner leurs anciennes mechtas, 90 % préfèrent rester dans les nouveaux villages.

**

La pacification était ainsi une politique globale, humaine et légale, qui a obtenu sur le terrain de remarquables résultats. Reposant sur l’unité d’action entre militaires et politiques, elle aurait dû conduire à une solution associative, prônée à la fois par Lacoste et de Gaulle. Les causes de son abandon sont donc politiques, elles résultent de la mésentente entre les responsables militaires et le gouvernement.

Maurice Faivre

 

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affiche du 5e Bureau (source)

 

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jeudi 5 juillet 2012

C’était à Oran, il y a exactement 50 ans jour pour jour

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5 juillet 1962

cet anniversaire me met de mauvaise humeur

Pierre RUBIRA

 

 700, c'est juste un chiffre. Le prix d’un téléviseur, une date, l’altitude d’un village, le nombre de mosquées qui ont appelé à voter Hollande, la distance km de Paris à Toulouse ou de Marseille à Alger. 700, ce n’est rien.

Si l’on couche 700 personnes côte à côte, ça fait grosso modo une bande de 700 mètres, une bonne partie des Champs Elysées, de la Canebière… à chacun d’imaginer chez soi la distance que cela fait.

Il y a 50 ans, jour pour jour, et en quelques heures, 700 Français, des civils, des femmes, des enfants, des vieux, étaient assassinés courageusement, égorgés, éventrés, saignés devant une armée qui avait gagné sa dernière guerre mais qui avait reçu l’ordre de ne pas bouger et qui avait obéi.

Ce n’est rien, 700, à peine un chiffre officiel, reconnu par les historiens et qui n’englobe que les victimes officielles et recensées, pas les disparus, pas les pas français, les Champs Elysées et la Canebière n’y suffiraient plus, et de loin. Il est vrai aussi que certains des survivants sont venus se réfugier dans notre beau pays mais ils devaient être fort antipathiques puisqu’on leur a craché à la gueule et que de nombreuses villes ont voulu s’en débarrasser ou les rejeter à la mer (n’est-ce pas, Marseille ?).

C’est marrant, la manifestation des algériens du 17 octobre 1961 qui avait “dégénéré” et où la Seine était littéralement recouverte et saturée par les innombrables cadavres (entre 7 et 30 suivant qu’on est un Historien ou un enculé), ce véritable génocide est rappelé sans cesse dans nos écoles, nos politiques s’y recueillent, on inaugure de belles plaques, surtout ne pas oublier de quel cloaque putride nous sommes issus (on me souffle dans l’oreillette, pas nous, les autres).

C’est marrant, les responsables des 700 cités plus haut, une fois leurs couteaux rengainés, sont venus s’installer dans ce pays probablement dans le seul but de nous permettre d’avoir une belle industrie et une économie prospère, ou bien ils nous ont envoyé leurs gosses ou leurs descendants, avec leurs mêmes mosquées, leur même mentalité, leurs mêmes couteaux.

Vous les avez accueillis, nourris, soignés, vous les avez élus et pour bon nombre d’entre eux, ils vous haïssent et vous méprisent.

Avant de penser que, écrivant cela, je ne suis qu’un nostalgique, facho nazi raciste nauséabond et ranci, déterminez d’abord ce que j’ai écrit de faux : c’est vrai, quoi, ne me laissez pas me noyer dans l’erreur.

Alors 700, et morts en plus, qu’est-ce que c’est, comparé à une paire de baffes, un innocent vol de téléphone, une gentille tournante, la rafale de kalashnikov d’un incompris, la saine réaction d’un sympathique jeune qui abat des enfants etc... Ce n’est rien.

C’était à Oran, il y a exactement 50 ans jour pour jour. J’y étais et, je ne sais pas pourquoi, cet anniversaire me met de mauvaise humeur : 700 !

Pierre Rubira
professeur de Lettres

PS - Pour mémoire :
Oradour-sur-Glane, "plus grand massacre commis par les armées allemandes" (Wikipédia) : 642 victimes.

 

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jeudi 28 juin 2012

l'exposition "Algérie 1830-1962" au Musée de l'Armée

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 intérêts et failles d'une exposition sur

l'Algérie de 1830 à 1962

général Maurice FAIVRE

 

 
J'ai parcouru hier [c'était le 31 mai 2012] avec intérêt l'exposition "Algérie 1830-1962" . Je n'ai pas écouté toutes les vidéos, mon C.R. est donc incomplet.

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Eléments positifs
dans le désordre :
- chronologie  bien suivie et  présentation muséographique remarquable,
- les tableaux de bataille, les tenues et les armes intéressants,
- la maquette d'Alger en 1830, remarquable,
- la fascination des officiers pour l'Algérie,
- esclaves européens reconnus, ainsi que mutilations par le FLN,
- harkis recrutés et abandonnés, routes et écoles construites, plan de Constantine, ralliements,
- réformes du 16 mars 1956, Melouza reconnu par Dalila Ait Djoudi,
- le 13 mai n'est pas un putsch militaire, Massu accepte de présider le Comité de Salut public,
- tract allemand de propagande anti-française,
- exposé du professeur Vaïsse sur la politique de Gaulle,
- exposé du général Delmas sur les réactions des colonels avant la bataille d'Alger ; il aurait pu en dire beaucoup plus et contredire Raphaëlle Branche.

Eléments négatifs

1. Le choix d'historiens connus pour leur idéologie marxiste ou tiers-mondiste :
On aurait pu consulter J. Frémeaux, G. Pervillé, D. Lefeuvre et surtout citer les recherches récentes de Vétillard, Jordi et Benmebarek ;
pour la bataille d'Alger, le colonel Allaire et le général Schmitt ; sur les harkis, le général Meyer et moi-même ;
- selon R.Branche la torture est destinée à terroriser la population et non à obtenir des renseignements ;
- S.Thénault multiplie le nombre  des disparus (contredit par Godard et Pervillé) ;
- d'autres historiens sont connus pour leur partialité. J.Roy est partisan ;
- les photos de Charbonnier sur un torturé ne sont pas claires.

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2. Erreurs numériques :
- il n'y a pas un million de morts lors de la conquête et des famines de 1860 (voir Frémeaux et Lefeuvre) ;
- il n'y a pas 20.000 tués en mai 1945 (voir Vétillard et Benmabarek) ;
-  40.000 djoundis en 1957 ? Ils n'ont que 20.000 armes de guerre ;
- 21.500 supplétifs ont été rapatriés, 66.000 avec les familles, et non 90.000 ;
- Il n'y a  pas 3.000 civils disparus après le 19 mars 1962, mais environ 1.600;
- le 17 octobre 1961, une trentaine de morts selon Brunet, et non des centaines ;
- moins de 300.000 Algériens tués pendant la guerre d'Algérie selon Yacono et Ageron, y compris les morts de l'ALN-FLN et les harkis.
3. Remarques diverses
- Abd el Kader présenté en début d'exposition (il est inconnu en 1830), au lieu du général de Bourmont et du Dey d'Alger,
- la régence d'Alger autonome (à nuancer) de l'empire ottoman ;
- l'opération Couronne du plan Challe se situe autour d'Alger et non en Oranie, elle fait partie de Courroie ;
- le schéma du barrage tunisien est incomplet, manquent la bretelle de Challe, la partie sud de Tébessa, et le dispositif de l'ALN en Tunisie (voir CFHM) ;
- les atrocités FLN et l'action des SAS sont présentés comme de la propagande française ;
- les regroupements de population ne sont pas des camps d'internement ;
- à Sétif, la répression est terminée avant midi par les gendarmes et les tirailleurs ;  il n'y a pas de milice civile ;
- la comparaison de Rouillon-Bollardière est discutable ; Ely dit à Bollardière qu'il a "fait le jeu de l'ennemi" ;
- les fours à chaux ne sont pas des  fours crématoires ;
- les films de Chassagne à Ain Abid sont des montages réalisés pour la Fox Movietone ;
le gendarme tireur (Geier) a bénéficié d'un non-lieu (archives gendarmerie et livre Vétillard).

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4. Non-dits ( à vérifier)
- la connaissance scientifique de l'Algérie par les officiers (ouvrages de Carette en 1848, Rinn, Coppolani..., etc) ;
- l'armée d'Afrique reconstituée par Weygand, Juin, Giraud et non de Gaulle ;
- les enlèvements de pieds noirs dès avril 1962 ;
- les tueries d'El Halia, rue d'Isly et 5 juillet Oran, à peine évoquées.
N.B. Je n'ai pas examiné les BD de J. Ferrandez ;  ayant quitté Alger à 4 mois, on ne peut le considérer comme un pied noir. Certains le considèrent comme un apôtre de la repentance. Il considère le terrorisme FLN comme réplique à l'attentat rue de Thèbes, ce qui est inexact.
Maurice Faivre
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- lien officiel et : autre lien

 

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mercredi 27 juin 2012

rien ne peut excuser l'abandon...

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Rien ne peut excuser l’abandon

de ceux qui avaient fait le choix de notre pays

Nicolas SARKOZY, à Perpignan le 14 avril 2012

 

En fondant l’Association Secours de France, voici 50 ans, en plein drame algérien, Clara Lanzi s’était donné pour but de porter assistance à "toutes les victimes de leur foi en la Patrie, au premier rang desquelles figuraient les Harkis... Devoir de charité et de solidarité actives pour les survivants du génocide, leurs familles et leurs descendants. Devoir de vérité aussi, sur la trahison de la parole que la France leur avait donnée... Deux combats que le Secours de France n’a jamais abandonnés, et qui ont fini par porter leurs fruits. Le discours prononcé à Perpignan par le Président de la République Française ne laisse place à cet égard à aucune ambiguïté :

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"L’Algérie était devenue indépendante au terme d’une guerre qui avait duré plus de huit ans. C’était le choix de l’Histoire, ce n’était pas le choix des Harkis. La France se devait de les protéger de l’Histoire.
Elle ne l’a pas fait.
Elle porte désormais cette responsabilité devant l’Histoire.
C’est cette responsabilité que je suis venu reconnaître, ici à Perpignan, au nom de la République Française. Une responsabilité historique qui, à quelques jours du cinquantenaire de la directive du 12 mai 1962 (1), devait être enfin officiellement reconnue.
La France doit, comme elle l’a toujours fait, regarder son Histoire en face et assumer les erreurs qu’elle a pu commettre.
En l’occurrence rien ne peut expliquer, ni encore moins excuser l’abandon de ceux qui avaient fait le choix de notre pays."

Un moment historique

"C’est un moment historique, commente Jeannette Bougrad, car aucun chef de l’État n’était jusque-là venu visiter ces camps de la honte. On a regroupé ces familles de soldats musulmans qui se sont battus pour la France et qu’elle a abandonnés en Algérie. Et quand ils sont arrivés en France, on a très mal accueillis ces frères d’armes qui se sont battus pour la France et qui ont tout perdu. Plusieurs dizaines de milliers de harkis ont été massacrés au lendemain
des Accords d’Évian...


Aujourd’hui encore,
les harkis ne peuvent
toujours pas revenir
ou être enterrés en Algérie. Alors que les
anciens combattants
du FLN qui ont com
battu ou commis des
attentats peuvent ve
nir en France et y faire
des conférences expliquant leur «combat pour la liberté».
Les harkis croient en un idéal républicain. Ils sont Français. Ils sont patriotes. Et la France les a trop longtemps ignorés."

Un homme d’honneur

À Perpignan, le Président de la République est venu aussi rendre justice à un homme d’honneur, François Meyer, lieutenant de Harka au 23e Régiment de Spahis en 1962, qui a risqué la dégradation en contrevenant aux consignes officielles pour sauver ses hommes et leurs familles d’un massacre assuré. Jamais notre ami François Meyer ne regrettera d’avoir passé outre. Jamais non plus il ne cessera de se démultiplier, en France, pour aider à leur insertion, faire connaître leur histoire et plaider leur cause face aux autorités.

Secours de France

 

(1) La directive secrète du 12 mai 1962 fut signée par Louis Joxe, ministre des Affaires algériennes et négociateur des “Accords d’Evian”. Elle disposait notamment : "Les supplétifs débarqués en métropole en dehors du plan général de rapatriement seront renvoyés en Algérie. [...] Il conviendra d’éviter de donner la moindre publicité à cette mesure. [...] Les promoteurs et les complices de rapatriements pré- maturés seront l’objet de sanctions appropriées."

Ce qu’ont vécu les anciens supplétifs et les anciens engagés, tous soldats de la France, ne doit pas être éternellement caché, écrivait François Meyer. Les revendications des fils et des filles de harkis sont d’abord des exigences de considération et de dignité. Il n’y aura pas pour eux de paix sociale tant que l’opinion publique restera dans l’ignorance de ce qui s’est passé."

Actualités du Secours de France - Avril 2012

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- article de Mohammed Aissaoui dans le Figaro du 14 mars 2012

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Mohammed Aissaoui

 

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mardi 26 juin 2012

à Perpignan, le 5 juillet 2012

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Oran, 5 juillet 1962 - Perpignan, 5 juillet 2012

une initiative du Cercle algérianiste des Pyrénes-Orientales

 

Le Cercle algérianiste, créé en 1973, a pour objectif de sauvegarder le patrimoine culturel né de la présence française en Algérie.
Il diffuse, par l'intermédiaire de ses Cercles locaux et de sa revue L'Algérianiste, les études, travaux, articles, textes littéraires permettant d'approfondir la connaissance de cette présence. Il rapporte les témoignages de ceux qui ont oeuvré en terre nord-africaine et met ainsi à la disposition de ceux qui s'intéressent au passé les éléments constitutifs de l'histoire de notre pays.

- Cercle algérianiste

 

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dimanche 24 juin 2012

20 août 1955, par Roger Vétillard

20aout

 

une étude historique minutieuse des massacres

du 20 août 1955 dans le Constantinois,

par Roger Vétillard

général Maurice FAIVRE

 

Originaire de Sétif, le docteur Vétillard, après avoir renouvelé l'histoire du 8 mai 1945, a fait une étude très approfondie sur les massacres du 20 août 1955, à partir de documents inédits de la ville de Philippeville, des archives de la gendarmerie et de l'armée, et des témoignages de 53 Français et 11 Algériens, dont 5 anciens de l'ALN.

Zighout Youssef, responsable FLN du Nord Constantinois, décide de lancer, le 20 août à midi, une attaque généralisée contre 40 localités, afin de venir en aide aux rebelles de l'Aurès qui sont aux prises avec les paras de Ducournau. Il dispose d'à peine 200 hommes armés qui devront soulever la population, laquelle ne s'engage pas dans la révolution.

12.000 musulmans sont mobilisés. Les objectifs de Zighout sont de récupérer de l'armement, d'éliminer les traîtres pro-français, et de provoquer des représailles irréparables. Ses propagandistes affirment que l'armée de Nasser et les Américains soutiennent ce soulèvement raciste. Dans la plupart des localités, les djounoud restent en retrait et poussent en avant les femmes et les enfants.

L'action la plus importante vise Philippeville, ville de 70.000 habitants, où des masses de civils, manifestement drogués, avancent dans les rues sans se soucier de lourdes pertes. L'armée et la police sont en effet alertées et bloquent brutalement les manifestants. En revanche, la mine d'El Halia et le village d'Ain Abid ne sont pas protégés, et les Européens y subissent d'horribles atrocités (1).

Le bilan, minutieusement vérifié, est de 133 Français d'Algérie (2), 53 militaires et policiers, et 36 Français-musulmans dont le neveu de Ferhat Abbas. La répression militaire aurait fait 700 morts le 20 août, et les vengeances de civils plus de 2.000 tués les jours suivants (et non les 12.000 revendiqués par le FLN).

Les conséquences de ce soulèvement sont tragiques :

- «C'est la guerre, il faut la faire», déclare le gouverneur Soustelle, qui abandonne l'idée d'une politique libérale (3) ;

- la fracture entre les communautés s'aggrave, elle donne naissance au contre-terrorisme de certains Européens (4) ;

- sans être exactement une répétition des massacres du 8 mai 1945, ces violences préfigurent celles de la guerre civile des années 1990.

Guy Pervillé met en lumière l'objectivité historique de l'auteur (5), qui met à mal les erreurs grossières de Claude Mauss-Copeaux, et la présentation tendancieuse des films de la Fox Moviétone. Cet ouvrage montre que des travaux rigoureux peuvent réviser des idées reçues.

Maurice Faivre
le 23 juin 2012

 

1 - On peut citer 21 enfants dont les têtes sont écrasées contre les murs, et le témoignage de ce rebelle, qui après avoir égorgé une femme, mange le poisson qu'elle avait préparé.

2 - Roger Vétillard publie les noms de 51 victimes européennes.

3 - Cette déclaration dément la légende de ceux qui prétendent qu'on a attendu la loi de 1999 pour reconnaître la réalité de la guerre d'Algérie. Un Comité de guerre interministériel s'est réuni à Constantine en juillet 1957.

4 - Le terrorisme FLN a précédé le contre-terrorisme. Il n'a pas attendu l'attentat de la rue de Thèbes en août 1956 pour utiliser les explosifs.

5 - dans Algérie, 20 août 1955 (Payot 2011) C. Mauss-Copeaux se référe à un faux témoin d'el Halia et attribue au général Faivre un curriculum fantaisiste. Les films de la Fox Movietone sont des montages que certains présentateurs situent en 1945, sans en montrer les incohérences.


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Roger Vétillard

 

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samedi 23 juin 2012

Algérie, le bilan 50 ans après (26 juin à Lyon)

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Algérie, 1962-2012 : un bilan possible ?

 

algerieforsemcliquer sur l'image pour l'agrandir


Meynier 50 ans après

 

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