jeudi 16 août 2018

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DERNIER ARTICLE PUBLIÉ : samedi 11 août 2018              blog : PIONNIERS du TONKIN (1872-1894)Slide0001_1

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Algérie coloniale : un génocide ? (Claude Liauzu et Gilbert Meynier)
l'aphasie des idéologues de la fracture (Michel Renard)couv_Essai_colonisation_positive
 
Le FLN et les prélèvements sanguins en Algérie, 1962 (Grégor Mathias)
 Algérie coloniale : génocide culturel ? Michel Renard * NOUVEAUTÉ *
 ESSAI SUR LA COLONISATION POSITIVE - un ouvrage de Marc VISAGE_FEMME_MAYOTTEMichel (Perrin, 2009)
Lounis Aggoun, La colonisation française en Algérie. Deux cents ans d'inavouable. Rapines & péculats
Gregor Mathias : les prélèvements sanguins forcés à la fin de la guerre d'Algérie
Les victimes du 17 octobre 1961 (liste Jean-Luc Einaudi)
 Mayotte : entretien avec Jean Martin (par Ismaïl Mohammed Ali, RFO)

Roger Vétillard, historien des dernières années de l'Algérie coloniale

Roger Vétillard, couvertures

Roger Vétillard : ses livres et les articles sur Études Coloniales

 

îles Marquises, photo 2  Jean-Paul Faivre, couv  îles Marquises, photo  120958941_o

Jean-Paul Faivre, biographie : l'historien oublié de l'océanisme (Michel Renard)

 

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le religieux musulman et l'armée française (1914-1920), Michel Renard

le sacrifice monumentalisé, autour de la Première Guerre mondiale : mosquées et kouba, Michel Renard

Antoine AbibouTirailleurs sénégalais août 1944Fargettas couv

 la tragédie du camp de Thiaroye, décembre 1944 : Lettre ouverte au Président de la République, par Julien FARGETTAS

 la "Force Noire" n'a-elle été que de la "chair à canon" ? Mise au point de Marc MICHEL

Marc Michel 2007   Marc Michel couv (1)    Marc Michel couv (2)  Marc Michel couv (3)

 

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4 novembre 2013 : disparition de l'historien Daniel Lefeuvre

biographie - iconographie - hommage - réactions

Daniel 2007

    24 juin 2008

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- lire l'article de Guy Pervillé

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quelques ouvrages de Jacques Frémeaux, professeur à la Sorbonne, en histoire coloniale

le livre de Daniel LEFEUVRE au programme de l'IEP de Grenoble (2012) ** NOUVEAUTÉ **
La fin de la guerre d'Algérie, Guy PERVILLÉ (article censuré par la Direction des Archives de France) ** NOUVEAUTÉ **
la supériorité scientifique et technique de l'Europe au XVIIIe siècle (Michel Devèze, 1970)
site : Histoire du Droit des Colonies (université Montpellier)69019950_p
La Mosquée de Paris sous l'Occupation : critique du film "Les hommes libres"
HOMMAGE À CLAUDE LIAUZU (1940-2007)

Liauzu_photo_1

23 mai 2008 : Claude Liauzu nous a quittés il y a un anAgeron_portrait_1

 

 

- Charles-Robert Ageron (1923-2008)
- in memoriam, par Guy Pervillé
historien de l'Algérie coloniale

un des articles les plus
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Mélica Ouennoughi

** listes des déportés algériens en Nouvelle-Calédonie **

Débats spéciaux
* Pour en finir avec la repentance coloniale
** Enjeux du passé colonial et usages publics de l'histoire
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Critique du livre Coloniser, exterminer
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quelques livres recommandés :

- Léopold Justinard, missionnaires de la tachelhit, 1914-1954, Rachid Agrour, 20079782845864177FS
- Pour en finir avec la repentance coloniale, Daniel Lefeuvre, Flammarion, 2006-2008
- Histoire de l'anticolonialisme en France, Claude Liauzu, A. Colin, 2007
- Les Africains et la Grande Guerre, Marc Michel, Karthala, 2003
- Le Dê Tham (1853-1913), un résistant vietnamien..., Claude Gendre, 2007
- Gallieni, Marc Michel, Fayard, 1989
- Un silence d'État. Les disparus civils européens de la guerre d'Algérie, Jean-Jacques Jordi, Soteca, 2011

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- contact avec éditions Jean-Pierre Renaud pour achat du livre de Péroz
- contact avec les éditions Atlantis pour l'achat du livre de Jean-Pierre Lledo

 

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 quelques ouvrages du général Maurice Faivre, Vice-Président de la Commission française d'Histoire militaire

 

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 quelques ouvrages du professeur Marc Michel (université de Provence), spcécialiste de l'Afrique coloniale

 

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le blog de Marie-Hélène Degroise : http://photographesenoutremer.blogspot.fr/

 

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samedi 11 août 2018

La dimension religieuse de la guerre d'Algérie : Roger Vétillard remet les pendules à l'heure

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Roger Vétillard

remet les pendules à l'heure

par Jean MONNERET

 

«La guerre d'Algérie (1954-1962) a revêtu une dimension religieuse, manifestement, négligée ou ignorée des historiens de tous bords qui ont choisi de l'étudier à l'aune d'une vision anticoloniale ou anticommuniste» indique la quatrième de couverture du dernier livre de Roger Vétillard (1).

Il est bon que soient rappelées d'aussi saines vérités, si l'on songe au déferlement de désinformation auquel, depuis trente ans, nous sommes soumis en la matière. Que la dimension religieuse de la guerre d'Algérie ait été négligée ou délibérément ignorée, c'est peu dire. Elle fut soigneusement occultée.

les "frères", pas les "compatriotes"

Une bonne part de l'intoxication des milieux intellectuels et journalistiques français fut, à cet égard, l'œuvre de la Fédération de France du FLN, secondée par les habituels «idiots utiles» de recrutement local. Lesquels, en l'occurrence se révélèrent plus utiles qu'idiots, et même, redoutablement efficaces.

Ainsi, lorsqu'en 1956, se répandirent divers documents du Congrès de la Soummam du FLN, ces agents d'influence en mirent systématiquement quelques uns en exergue : l'autogestion ouvrière, la réforme agraire, et les appels aux Juifs d'Algérie.
  Ces derniers, tenus justement pour autochtones et d'abord considérés comme «frères», furent, après publication, simplement désignés comme
  «compatriotes». L'impact de ce texte n'en fut pas moins considérable, non pas chez les intéressés, qui le reçurent avec une notable indifférence, mais, dans les couloirs de l'ONU. C'est du moins de qu'affirmera plus tard Mohammed Lebjaoui, ex-responsable de la Fédération de France (2).

Tout cela était assez largement dû à André Mandouze, auteur chez Maspéro de La révolution Algérienne par les textes. Ce livre contribua d'importance à persuader notre intelligentsia jobarde que le FLN était un groupe de sympathiques résistants, animés de sentiments socialisants et, de surcroît, laïques.

Ce dernier point fut facilité par le fait que la Fédération de France fut la seule organisation des indépendantistes algériens à se déclarer telle. Il en résulta un effet d'optique : les porte-coton du FLN crurent que le tout ressemblait à la partie qu'ils côtoyaient. Bien sûr, certains hebdomadaires et quotidiens contribuèrent aussi, dans une vaste mesure, à masquer la nature réelle de la rébellion algérienne et l'horreur de son terrorisme.

 

El Moudjahid, 1958
El Moudjahid, 1958

 

D'autres furent relativement plus lucides. J'ai souvenir d'un article où Charles-Robert Ageron commentait le fait que le journal du FLN s'appelât El Moudjahid, donc, en français, le djihadiste. Pourquoi s'interrogeait-il alors n'ont-ils plutôt choisi le mot rafiq, camarade, courant chez les socialo-communistes ? La réponse s'imposait d'elle même : parce qu'ils n'étaient pas socialo-communistes mais islamistes.


Pourtant, ceux qui voulaient savoir savaient. Roger Vétillard, avec la minutie et le sérieux qu'on lui connait, détaille les mille et un textes et prises de position des chefs révolutionnaire algériens, ne laissant aucun doute sur leurs préoccupations religieuses. Ils sont innombrables.

Cela ne signifie pas, pour autant, que la rébellions ait été unie lorsqu'il s'agissait d'envisager l'avenir du pays. À ce jour encore, les militants Kabyles restent hostiles à l'arabo-islamique pour des raisons que l'on comprend. Et ils ont l'impression (très fondée) d'avoir été floués, eux, qui les premiers, parlèrent d'Algérie algérienne (3).


Il n'en demeure pas moins que l'idéologie arabo-islamique a triomphé avec Ben Bella et Boumedienne. Ce qui était dans la logique des choses ; n'en déplaise aux amis parisiens de cette révolution. Ils n'avaient pas vu ce qui crevait les yeux.

Dans cet ordre d'idées, on nous permettra de rappeler le livre d'un autre Roger (Le Doussal est son patronyme). L'auteur découvrit pendant le conflit, que le regroupement des révoltés algériens se faisait, non autour de la Nation, du Nationalisme, d'un drapeau ou de l'Histoire mais autour de la guerre sainte... dont la résurgence... «si étrangère à la mentalité laïque (m'avait paru), naïvement rangée dans les oubliettes du Moyen-Age» (4). Cette expérience pratique et directe d'un responsable du maintien de l'ordre le rendait évidemment imperméable à la propagande de ceux qu'il combattait. D'où son témoignage. Bravo aux deux Roger !

Jean Monneret

 

1 - La dimension religieuse de la guerre d'Algérie, préface de G. Mathias, éd. Atlantis.
2 - Mohamed Lebjaoui, Vérités sur la révolution algérienne, Gallimard, 1970.
3 - Notamment en 1948, lors de la crise «berbériste» qui secoua le M.T.L.D.
4 - Roger Le Doussal, Commissaire de police en Algérie, éd. Riveneuve, p. 225-256.

 

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vendredi 10 août 2018

Roger Vétillard, tous ses livres et articles

Roger Vétillard, couvertures

 

 

Roger Vétillard

tous ses livres et articles

sur Études Coloniales

 

 

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La Dépêche, 15 septembre 2017

 

 

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Roger Vétillard

 

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jeudi 9 août 2018

proposition de loi, massacre Oran 5 juillet 1962

Oran, 5 juillet 1962 (1)Oran, 5 juillet 1962 (2)

 

 

proposition de loi

visant à reconnaître le massacre

de la population française à Oran

le 5 juillet 1962

 

Proposition de loi présentée par Laurence Trastour-Isnart, Michèle Tabarot, Patrice Verchère, Éric Pauger, Bernard Brochand, Éric Ciotti, Bernard Deflesselles, Éric Diard.

Laurence Trastour-Isnart (2)

 

proposition loi Oran 62 (1)

proposition loi Oran 62 (2)

proposition loi Oran 62 (3)

proposition loi Oran 62 (4)

proposition loi Oran 62 (5)

 

 

Laurence Trastour-Isnart (1)
Laurence Trastour-Isnart, Nice-Matin, 21 juin 2017

 

 

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dimanche 5 août 2018

Jean-Paul Faivre, biographie

Jean-Paul Faivre, L'Expansion française dans le Pacifique (1953)

 

 

Jean-Paul Faivre, biographie *

l'historien oublié de l'océanisme

Michel RENARD

 

Jean-Paul Faivre (XXe siècle) est un historien injustement oublié. Il était spécialiste de l'océan Pacifique et de l'océan Indien aux époques pré-coloniale puis coloniale, ainsi que des voyages maritimes.

Collaborateur régulier du Journal de la Société des océanistes, de la Revue française d'histoire d'outre-mer, et du Bulletin de la Société d'histoire moderne.

 

îles Marquises, photo 2
îles Marquises

 

I - Biographie

1 - Repères

Curieusement, il n'existe aucune biographie, aucune notice nécrologique, aucun écrit in memoriam qui fournirait des renseignements personnels et d'état civil sur Jean-Paul Faivre. Les sociétés savantes auxquelles il a appartenu comme les revues pour lesquelles il a fourni des centaines de chroniques (Journal de la Société des océanistes, Revue française d'histoire d'outre-mer) n'ont jamais honoré sa mémoire.

Seul, le Répertoire des agrégés de l'enseignement secondaire (1809-1960) livre la date à laquelle il a été reçu à l'agrégation d'histoire : 1933 ; en précisant qu'il était ancien élève de l'ENS (1).

À cet indice, s'ajoute une allusion de Jean-Paul Faivre dans un compte rendu du livre d'Émile de Curton (1908-1993) (2), Tahiti 40. Récit du ralliement à la France Libre des Établissements français d'Océanie (1972) : «Nous avons eu l'honneur de rencontrer le docteur de Curton, ancien gouverneur de Tahiti pour la France Libre, en 1945 à Paris, alors que nous étions chargé d'une étude sur le ralliement pour le premier numéro du Journal des Océanistes. Un homme de la même génération que nous...» (3), qui permet de suggérer qu'il est né autour de 1910.

Aucun renseignement connu ne permet de préciser la date de sa mort. La seule indication disponible est relative à la disparition de toute mention de ses publications après l'année 1976.

Jean-Paul Faivre habitait au n° 9 de la rue de Maubeuge à Paris (9e arr.).

 

2 - Carrière professionnelle

Jean-Paul Faivre, professeur agrégé d'histoire (4), a enseigné à Paris, au lycée Rollin (5) (6) devenu, en 1944, lycée Jacques-Decour (7).  Il y est resté jusqu'à la fin de sa carrière.

Il est docteur ès lettres en 1952, avec une thèse principale sur l'expansion française dans le Pacifique (1800-1842) soutenue en Sorbonne le 23 février de cette année-là. Le jury de thèse comprenait notamment : Pierre Renouvin, Charles-Hippolyte Pouthas, Charles-André Julien (8). En 1962, est publiée sa thèse complémentaire : Le contre-amiral Hamelin et la marine française.

 

lycée Rollin Decour
lycée Rollin devenu Jacques-Decour (Paris)

 

 

II - Activités scientifiques

1 - Société des océanistes

Dès la création de la Société des océanistes, Jean-Paul Faivre en devient membre et participe à ses activités (9). Le 26 janvier 1945, par exemple, il y fait part de son travail sur «Le ralliement à la France Libre des colonies du Pacifique» (10).

Le 20 mai 1949, il : «commente un projet de Musée de l'Homme, datant du début du XIXe siècle, dont il a trouvé la trace dans ses recherches concernant l'expédition Baudin et dont il nous expose les principales lignes en en soulignant toute la modernité» (11).

 

Journal de la Société des océanistes, n° 1, décembre 1945

 

Le 27 mai 1955 : «la parole est donnée à M. Jean-Paul Faivre, docteur ès lettres, qui, à propos des récentes commémorations en l'honneur du cinquantenaire de la mort de Jules Verne, nous donne lecture d'une communication fort érudite concernant : Jules Verne et l'exotisme indien à la fin du XIXe siècle. Le conférencier, après une étude très poussée des sources de la vie de Jules Verne et une relecture de ses œuvres, nous dit les interférences de l'Océanie dans les œuvres du grand visionnaire, tant dans la navigation maritime et sous-marine, que dans ses anticipations aériennes. L'intérêt de cette étude justifiera sa publication dans les miscellanées du prochain numéro du journal (12). La séance est levée à 18 h 30 après de nombreuses précisions données par M. Jean-Paul Faivre à des auditeurs curieux ou érudits. Elle groupa 32 personnes» (13).

  • Jean-Paul Faivre assure une rubrique régulière de comptes rendus de lecture dans le Journal de la Société des océanistes, particulièrement les parutions en langue anglaise.

 

2 - Centre de recherches historiques pour le Pacifique

Le Centre a été créé en mars 1973 sous la présidence du pasteur Raymond Leenhardt (14) et la vice-présidence de Jean-Paul Faivre. Il publie les Cahiers d'histoire du Pacifique. Son siège est à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) (15).

 

 3 - Société d'histoire moderne

Jean-Paul Faivre appartenait à la Société d'histoire moderne et participait régulièrement à ses séances de travail. Il fournissait des comptes rendus de lecture à son bulletin (16)

 

Société d'histoire moderne, bulletin, 1965

 

 

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village d'Atunoa, îles Marquises, Polynésie française

 

 

III - Œuvres et travaux

1 - L'expansion française dans le Pacifique, 1800-1842

A - La soutenance de thèse

La thèse de Jean-Paul Faivre, L'expansion française dans le Pacifique, 1800-1842, a fait l'objet de plusieurs analyses pas toujours concordantes. Comme de tradition, la soutenance - selon le compte rendu de René Rémond - a vu certains éléments du jury contester des aspects du travail présenté, par exemple, ses limites chronologiques :

  • «les vastes sujets font-ils les grands sujets ? ne sont-ce pas de faux beaux sujets ? Et d'abord les dimensions arrêtées par M. Faivre ne font-elles pas du sien un trop vaste sujet ? M. Renouvin ne semble pas loin de le penser ; M. Pouthas le déclare positivement : à son avis, M. Faivre eût bien fait de le limiter plus strictement, il eût ainsi évité de flotter entre trois sujets qui le sollicitent tour à tour : l'expansion française, et même européenne, dans le Pacifique proprement dit, la pénétration en Extrême-Orient, enfin la politique française sur la façade ouest de l'Amérique du Sud. En manière de contre-partie, M. Pouthas eût volontiers vu le sujet prolongé jusqu'en 1848, au lieu d'être borné à la date de 1842, dont il conteste la signification» (8).

Les approbations du jury compensaient les critiques :

  • «quinze années de minutieuses investigations ont patiemment assemblé les matériaux, lentement disposé les éléments. À ce travail de préparation, celui qui exige les plus longs délais, M. Faivre a apporté un certain nombre de qualités très appréciables, car ce sont celles qui font le chercheur scrupuleux et le probe érudit : la conscience, la prospection méthodique et aussi la curiosité d'esprit, le goût du détail révélateur. Animées par son amour de la mer et sa tendresse pour les marins, elles font de M. Faivre le bon historien naval auquel M. Renouvin décerne un brevet mérité» (8).

Défaut d'interprétation d'ensemble ?

Le reproche principal concerne l'élucidation globale, par-delà la masse de connaissances révélées :

  • «M. Faivre a le goût de la chronique, mais son procédé d'exposition, presque exclusivement narratif, le montre trop. L'histoire, c'est sans doute le récit, mais c'est aussi un essai d'explication. Or, M. Faivre ne s'y est risqué que trop rarement, par intermittences, et comme de biais : peut-être par excès de modestie. C'est ainsi que, d'un ouvrage riche en renseignements (qui contient entre autres des indications assez neuves sur le commerce français en Amérique du Sud), et d'une utilité certaine, M. Renouvin est amené à dire que l'horizon de l'historien est étriqué : le reproche a de quoi surprendre pour un sujet de dimensions aussi vastes, mais son horizon intellectuel n'est pas à la mesure de ses proportions géographiques. M. Faivre n'a pas formulé assez d'hypothèses, il a pêché par défaut d'imagination comme par excès de minutie, les deux vont au reste de pair. De cette expansion dans le Pacifique, il ne propose pas une interprétation d'ensemble» (8).

 

baie de Matavai, Tahiti, 1776
baie de Matavai, Tahiti, peinture de William Hodges, 1776

 

B - La portée de la thèse

 Pierre Chaunu - qui travaillait alors à sa propre thèse (Séville et l'Atlantique, 1504-1650) (17) depuis des années -, a rendu compte de la thèse de Jean-Paul Faivre dès sa publication et contrebalancé les critiques formulées lors de la soutenance :

  • «Jean-Paul Faivre a eu le mérite d'éclairer un point important d'histoire avant lui obscur : le rôle de la France dans l'océan Pacifique de la première moitié du XIXe siècle. On pourra discuter son cadre chronologique ; il était dicté par un vide bibliographique. Jean-Paul Faivre est allé droit à nos ignorances. Il les a comblées, parfois au delà de toutes espérances» (18).

Il en résume les trois branches qui correspondent aux grandes articulations de la vie politique française :

  • «La période du Consulat et de l'Empire n'a été, dans ce domaine, que l'objet d'une activité intermittente et sporadique : l'expédition Baudin (19 octobre 1800 - 16 avril 1804), plus scientifique que politique, et, de 1808 à 1811, une domination formelle sur l'Insulinde batave. La Restauration serait un vide, sans la façade d'une Amérique latine en procès d'émancipation qui s'ouvre alors au commerce étranger, même français. Plus de 150 pages, enfin, sont heureusement consacrées aux réalisations de la Monarchie de Juillet. Au moment où l'Angleterre brise le mur d'isolement de la Chine et jette un peu par inadvertance les fondations d'une Australasie britannique, la France, partie pour faire pièce à l'Anglais, pour soutenir les mission scatholiques, partie, aussi, pour affirmer une présence jugée nécessaire à notre commerce sur la côte américaine du Pacifique, prend possession des Marquises et établit son protectorat sur Tahiti (18).

Le Pacifique n'est pas un

Pour Pierre Chaunu, la grande difficulté à laquelle s'est heurtée Jean-Paul Faivre : «résidait dans l'absence totale d'unité de l'espace envisagé».

  • «Le Pacifique n'est pas un, dans la première moitié du XIXe siècle. Il n'existe plus et, de toute manière, le rôle de la France y est second. (...) Pour qu'il existe ce Pacifique, il faut attendre, en fait, autour et au delà de 1850, le débouché sur l'autre océan des États-Unis, et vingt ans après le Meiji. (...) Dans la première moitié du XIXe siècle, le pont permanent entre les deux rives n'existe pas, moins qu'avant et sans que rien n'annonce encore les lignes qui, plus tard, joindront l'Amérique-Pacifique à l'Extrême-Orient. Comment en irait-il autrement, avant l'or de la Californie, avant les premiers chemins de fer transcontinentaux, avant que la Chine ne s'entr'ouvre et que le Japon ne s'ouvre ? ce morcellement, le livre de Jean-Paul Faivre le traduit et le subit : en fait, dans chacune de ses articulations chronologiques, on retrouve les trois Pacifiques qu'il faut distinguer : une bordure extrême-orientale, un Pacifique des îles et une côte Pacifique de l'Hispano-Amérique» (18).

 

Carte_de_l'océan_Pacifique,_1906

 

L'historien se concentre sur le Pacifique des îles, celles que «les Bougainville et les Cook ont découvertes dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle» :

  • «Jean-Paul Faivre en fait admirablement l'histoire détaillée sous l'angle français. (...) On saura désormais, par le moindre détail, comment l'occupation française des Marquises et le protectorat tellement controversé, alors, de la France sur Tahiti résulta, en 1842, du dépit d'avoir laissé échapper la Nouvelle-Zélande, des rivalités missionnaires indissolublement liées au nom de Pritchard, mais surtout de la nécessité pour soutenir le commerce français sur la côté hispano-américaine du Pacifique, d'une base solide dans le grand Océan» (18).

Le Pacifique français : la côte Pacifique de l'Amérique latine ?

C'est l'aspect du livre de Jean-Paul Faivre qui paraît à Pierre Chaunu «le plus intéressant et le plus riche d'enseignement» :

  • «Le Pacifique français n'est-ce pas, paradoxalement, la côte Pacifique de l'Amérique latine ? Dans ce domaine, le commerce, et partant la présence française, a, depuis les premières années du XVIIIe siècle, de solides racines. Il vient dès l'Indépendance, très tôt, en deuxième position, loin derrière l'Anglais, mais avant le Yankee. Jean-Paul Faivre a le mérite de l'avoir bien établi, pour une Amérique hispanique qui, même au sortir de l'Indépendance, est encore - nous en sommes intimement convaincus - héritière en cela de l'époque coloniale, une Amérique Pacifique. Jean-Paul Faivre nous montre le triomphe, dans le Chili ou le Pérou naissant, des modes françaises. Le commerce français atteint l'élite, le commerce anglais, la masse indienne et métisse. Et avec le commerce, les biens culturels eux aussi pénètrent» (18).
  • «Et, finalement, dans cet espace Pacifique qui a perdu le semblant d'unité de la période coloniale, sans avoir encore atteint celle que lui conféreront la conquête de l'Ouest nord-américain, le steam-ship et l'ouverture commerciale du monde sino-nippon, l'Amérique hispanique Pacifique n'est-ce pas, dans l'espace délimité par Faivre, la meilleure et la plus sûre conquête française, une conquête culturelle que le hasard des batailles ne risquait pas de compromettre ?» (18).

 

Plaza_de_la_Independencia_(1910)
place de l'Indépendance à Concepción (Chili), 1910

 

 

2 - Jules Verne et le Pacifique

Jules Verne n'a pas connu le Pacifique. Et pourtant, par ses lectures, sa curiosité géographique, sa connaissance pratique des manœuvres à la voile et ses rencontres, il a donné de cet océan une image différente de celle que l'Europe avait eu au siècle précédent grâce aux explorations maritimes. Sur 72 ouvrages de l'écrivain, 29 touchent plus ou moins au Pacifique. Jean-Paul Faivre a analysé le rôle de cet océan dans l'œuvre de Jules Verne (12).

  • «Dans le Pacifique de Jules Verne, s'affrontent toujours, depuis le XVIIIe siècle, les races autochtones et les Blancs. Autant qu'un Kipling, il est ingénument convaincu de la supériorité de l'homme blanc et de sa mission civilisatrice. Même à un Indien européanisé comme Nemo, Cyrus Smith enseigne qu'on ne lutte pas victorieusement contre une évolution nécessaire et somme toute bienfaisante (L'Île mystérieuse, 3e partie, p. 573). Les seuls héros de couleur sont ceux des Tribulations d'un Chinois : souvenir de Voltaire ou de Montesquieu, hommage à une vieille et délicate civilisation, ou à un grand pays qui, faiblement encore, se modernise (Kin-fo utilise électricité, téléphone, phonographe)» (12).
  • «Mais l'homme de la nature n'habite plus les îles comme au temps de Bougainville, la Nouvelle-Cythère (20) a disparu, malgré l'émerveillement du “quatuor concertant” de l'Île à hélice devant la beauté tahitienne. Ici, l'indigène n'est que partie du décor» (12).
  • «Jules Verne partage le point de vue du naturaliste Leschenault qui écrivait dès 1802 : “Pour moi, je pense... qu'on ne sauroit trop se méfier d'hommes dont la civilisation n'a pas adouci le caractère”. Comme les Sioux ou les bandits mongols pilleurs de trains (Claudius Bombarnac), les anciens Taï-pings qui piratent autour de la Grande Muraille (Tribulations...), les descendants des Incas qui mettent Lima à feu et à sang (Martin Paz), les insulaires du Pacifique jouent le même rôle que ces cataclysmes dont Jules Verne est si friand : celui d'éprouver ses héros, de présenter à leur constance les obstacles à vaincre dans cette lutte contre les forces hostiles qui constitue le fond des Voyages extraordinaires. Son ethnographie est encore pauvre, malgré l'abondance des descriptions didactiques. Le morceau le plus réussi, familier à tous les lecteurs des Enfants du capitaine Grant, c'est l'évocation des funérailles d'un chef Maori et du tabou, inspirée librement mais fidèlement d'un article de Dumont d'Urville (Revue des Deux Mondes, 1831, vol. 3, p. 197-214). Mais ces races sont condamnées par l'impact de la civilisation» (12).
  • «On ne s'étonnera pas que Jules Verne ait choisi le Pacifique comme théâtre des épreuves de tant de ses héros. Immense océan, presque aux antipodes de l'Europe, toujours auréolé de mystère, mis à la mode par les grandes découvertes du siècle précédent. On pouvait encore tout y trouver, tout pouvait arriver, toute cité nouvelle pouvait s'y élever. La civilisation d'un âge positif en effleurait les bords, la barbarie y régnait encore, les outlaws ou les proscrits volontaires pouvaient toujours s'y réfugier. Des naufragés ignorés ont pu y attendre la fin de la dernière guerre. Mais le merveilleux de Jules Verne reste géographique : pas de races légendaires, d'utopies symboliques à la Butler (Erewhon) ou à la Melville (Mardi). Explorateurs et géographes, actualité et faits divers, servent de point de départ à ses constructions. Lointain, certes, le Pacifique lui était pourtant assez familier et le devenait assez aux yeux des lecteurs, pour donner à la fiction l'accent de la vérité» (12).

 

Verne Voyages extraordinaires, Hetzel, couv
Jules Verne, Voyages extraordinaires

 

 

3 - Le contre-amiral Hamelin et la marine française

Dix ans après sa thèse principale, Jean-Paul Faivre publie sa thèse secondaire en 1962 : Le contre-amiral Hamelin et la marine française. Il ne faut pas confondre Emmanuel Hamelin, né à Honfleur (1768-1839), le contre-amiral - celui dont parle Jean-Paul Faivre - avec son neveu Ferdinand Hamelin, né à Pont-l'Évêque (1796-1864), qui fut amiral sous le Second Empire.

 

Honfleur,_place_Hamelin,_cpa
Honfleur, la place Hamelin

 

L'ancien administrateur colonial Hubert Deschamps rend compte de ce travail dans la Revue française d'histoire d'outre-mer :

  • «En bon historien, il n'a pas recherché le héros exceptionnel mais l'homme moyen, significatif d'une époque. Hamelin n'a rien de brillant ; ce n'est ni un homme de lettres, ni un homme de cour ; il ne s'est signalé ni par une victoire ni par une défaite à l'échelon national. C'est un pur marin, l'incarnation même de la marine française révolutionnaire et impériale. (...) il est assez mal vu sous l'Empire par le ministre courtisan Decrès dont la pusillanimité, suggère M. Faivre, fut une des raisons des échecs maritimes napoléoniens. (...) À travers lui, dans cette biographie d'une haute qualité, dense, bourrée de faits, l'auteur a su évoquer, à sa manière exacte et minutieuse, l'histoire des océans, des découvertes et de la marine de son temps, avec ses déficiences et ses grandeurs» (20).

Dans le Bulletin de la Société d'histoire moderne, l'historien François Gadrat (21) signale ce travail sur le contre-amiral Hamelin :

  • «Cet Emmanuel Hamelin, non encore amiral, M. Faivre, l'avait déjà rencontré, tout au début d son ouvrage capital sur L'Expansion française dans le Pacifique (1800-1842). Il figurait dans la mission Baudin chargée par le Premier Consul d'une reconnaissance dans les mers australes pour y dénicher quelque Terre Napoléon. (...) Appelé sous la Révolution à servir dans la marine de guerre, il ne tarde pas à émerger en raison d'une expérience qui le distinguait de tant de chefs improvisés. (...) Sous l'Empire, une nouvelle randonnée dans les mers australes, cette fois dans l'océan Indien, devait confirmer sa réputation. Sous les ordres du général Decaen, il y pratiqua la guerre de course, onéreuse aux Anglais, et il y maintint jusqu'en 1810 le pavillon national. (...) Parvenu au rang de contre-amiral et à la dignité de baron, lorsqu'en 1814 les Bourbons furent restaurés, il ne demandait qu'à les servir maintenant que les mers étaient redevenues libres. Il dut attendre, pour un nouvel emploi, la guerre d'Espagne en 1823. Bloquer Cadix où les libéraux espagnols retenait le roi, Ferdinand VII, telle était sa mission. (...)» (22).
  • «Dans cet ouvrage abondamment documenté, on trouve mieux qu'une simple biographie, car, fidèle au titre, M. Faivre ne cesse pas d'associer son personnage aux vicissitudes d'une marine que Napoléon aurait bien aimé relever de ses défaites d'Aboukir et de Trafalgar. Compromis par les clauses du premier traité de Paris, ce redressement ne put être repris dès ses débuts par la Restauration. L'auteur avance qu'il aurait pu être hâté si les avis du contre-amiral Hamelin avaient été pris en considération, mais ce roturier ne fut jamais bien en cour» (22).

 

Voyage autour du monde, Bougainville, édition 1772

 

 

IV - Programmes scolaires

Au double titre de spécialiste et de professeur de lycée, Jean-Paul Faivre s'est souvent préoccupé de la place des grandes expéditions maritimes dans les programmes de l'enseignement secondaire.

  • «La belle histoire de la découverte du Monde vient, pour des raisons qui nous échappent, de disparaître presque totalement des programmes scolaires. Même les gens les plus cultivés n'en connaissent que les aspects pittoresques et, lorsqu'il s'agit de Tahiti, érotiques. Rares, très rares sont, même dans notre enseignement supérieur, les spécialistes qui la connaissent» (23).
  • «Si l'histoire de la découverte du monde a disparu des programmes scolaires et, malgré un Le Gentil (24) ou l'ouvrage collectif auquel ont collaboré entre autres nos collègues Mollat (25) et Charliat (26), est en général ignorée dans notre enseignement supérieur, il n'est que plus urgent de signaler la thèse récente de Jean-Étienne Martin-Allanic (27), qui renouvelle un sujet à la fois trop connu et par trop méconnu. Une étude presque exhaustive des sources imprimées, et complète des sources d'archives, privées et publiques, françaises et étrangères, a permis de replacer Bougainville à son rang - le premier - parmi les navigateurs de son temps et l'un des premiers parmi ceux de tous les temps (...)» (28).

 

colonies françaises d'Océanie
colonies française d'Océanie, manuel scolaire, 1938

 

 

V - Publications de Jean-Paul Faivre

1 - Ouvrages

  • L'expansion française dans le Pacifique, 1800-1842, éd. Nouvelles éditions latines, 1953.
  • Le contre-amiral Hamelin et la marine française, éd. Nouvelles éditions latines, 1962.

 

21712214005        Jean-Paul Faivre, Le contre-amiral Hamelin et la marine française (1963)

 

2 - Préfaces

  • Aux origines de l'anthropologie française. Les Mémoires de la Société des Observateurs de l'Homme en l'an VIII, Jean Copans et Jean Jamin, éd. Le Sycomore, 1978, p. 11-23.

 

3 - Articles

Auteur de très nombreux comptes rendus de lecture dans le Journal de la Société des océanistes : 106 publications de 1945 à 1974 ; et dans la revue Outre-Mers. Revue d'histoire : 69 publications de 1955 à 1975 (29). Il livre aussi le fruit de ses lectures au Bulletin de la Société d'histoire moderne.

 

Michel Renard

 

* Je reprends la matière (texte et images) d'un article que j'ai rédigé pour une encyclopédie en ligne. Je l'ai légèrement modifié (ajouts) et j'ai enrichi l'iconographie.

 

Notes

1 - Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 [archive]. Sa qualité de normalien reste à vérifier, on n'en trouve aucune mention ultérieure.

2 - Émile de Curton, 1908-1993 : notice data.bnf.fr [archive].

3 - Jean-Paul Faivre, «Curton, Émile de, Tahiti 40. Récit du ralliement à la France Libre des Établissements français d'Océanie», Journal de la Société des océanistes, n° 42-43, tome 30, 1974, p. 128 [archive].

4 - «Procès-verbaux des séances de la Société», Journal de la Société des océanistes, tome 4, 1948. p. 140 [archive].

5 - «Au printemps de cette année [1950], Yves Person, que j'ai connu élève au lycée Rollin, se présentait à moi aux Archives de France et me parlait de certaines recherches qu'il y poursuivait.», Jean-Paul Faivre, «Les origines de la colonisation française en Nouvelle-Calédonie, d'après un travail récent», Journal de la Société des océanistes, tome 6, 1950, p. 241 [archive].

6 - «Chronique de l'histoire coloniale. L'Océanie et le Pacifique (1939-1955)», Jean-Paul Faivre, Revue d'histoire des colonies, tome 42, n° 148-149, 1955. p. 450 [archive].

7 - «Une économie polynésienne primitive : Tikopia», Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 3ᵉ année, n° 1, 1948. p. 98 [archive].

8 - Compte rendu par René Rémond dans la Revue historique, 1953 [archive].

9 - Il devient membre du Conseil de la Société en juin 1952 ; cf. «Procès-verbaux des séances de la Société», Journal de la Société des océanistes, tome 8, 1952, p. 266 [archive].

10 - «Assemblée extraordinaire du 22 décembre 1944 suivi des Procès verbaux des séances de la Société», Journal de la Société des océanistes, tome 1, 1945, p. 120 [archive].

11 - «Procès-verbaux des séances de la Société», Journal de la Société des océanistes, tome 5, 1949, p. 173 [archive].

12 - «A propos d'un cinquantenaire : Jules Verne (1828-1905) et le Pacifique. Contribution à l'étude de l'exotisme océanien au XIXe siècle», Journal de la Société des océanistes, tome 11, 1955, p. 135-147 [archive].

13 - «Procès-verbaux des séances de la Société», Journal de la Société des océanistes, tome 11, 1955, p. 127 [archive].

14 - Raymond Leenhardt (1903-1982), fiche data.bnf.fr [archive].

15 - Jean-Claude Nardin, «Le Centre de recherches historiques pour le Pacifique» Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 63, n° 230, 1er trimestre 1976, p. 144 [archive].

16 - Bulletin de la Société d'histoire moderne, n° 4, 1965 [archive].

17 - De 1955 à 1957, Huguette et Pierre Chaunu ont publié les sept volumes des cent cinquante ans de la comptabilité portuaire de Séville avec l'Amérique. Sur le base de cet énorme matériau, Pierre Chaunu avait soutenu sa thèse en 1954. Cf. le compte rendu de Pierre Goubert [archive] et la note critique de Fernand Braudel [archive].

18 - Pierre Chaunu, compte rendu dans la Revue historique, 1956, p. 150-153 [archive].

19 - Nom donné par Bougainville à Tahiti.

20 - Hubert Deschamps Hubert, «Jean-Paul Faivre : Le contre-amiral Hamelin et la marine française», Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 49, n° 174, premier trimestre 1962, p. 148-149 [archive].

21 - François Gadrat (1891-1971) ; cf. sa nécrologie [archive].

22 - François Gadrat, Bulletin de la Société d'histoire moderne , n° 1, 1963, p. 13-14 [archive].

23 - Jean-Paul Faivre, «Bougainville, d'après un ouvrage récent : Bougainville navigateur et les découvertes de son temps, par Jean-Étienne Martin-Allanic», Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 52, n° 186, premier trimestre 1965. p. 140-146 [archive].

24 - Georges Le Gentil (1875-1953) est notamment l'auteur d'une Découverte du monde (1954) [archive].

25 - Michel Mollat du Jourdain (1911-1996) est un historien médiéviste.

26 - Pierre-Jacques Charliat (1900-1984) est notamment l'auteur d'une collective Histoire universelle des explorations (1957) [archive] ; cf. sa notice data.bnf.fr. [archive].

27 - Jean-Étienne Martin-Allanic (1886-1968) ; cf. sa notice nécrologique [archive] par Patrick O'Reilly.

28 - Jean-Paul Faivre, Bulletin de la Société d'histoire moderne , 1965, p. 34 [archive].

29 - Faivre, Jean-Paul, notice des contributions, site Persée.fr [archive].

 

îles Marquises, photo
îles Marquises

 

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