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les leaders algériens, leur relation

avec la France et le monde (2)

   Oudainia KHALIL

 

Partie 1 : http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2012/11/29/25710509.html

Partie 2 : au sujet des officiers algériens qui sont passés par l'armée française, alias "DAF" (déserteurs de l'armée française).

 

la lutte des clans exploite politiquement des références  historiques

Je pense que le fait de surligner une partie non-connue sur une grande échelle, de la relation des nationalistes algériens avec l'Administration coloniale aidera bien à donner une autre dimension à l'analyse du problème des officiers indigènes de l'armée française ralliés à l'ALN durant les dernières phases de la révolution algérienne.

Ils sont qualifiés d'espions, mais personne ne le prouve, une thèse pour moi fausse, jusqu'à la preuve du contraire. J'aimerais bien que les services français nous montrent s'il y avait des espions et qui étaient-ils, puisque 50 ans se sont écoulés, et normalement l'archive est déclassée!

Probablement la France les a poussés indirectement à la désertion pour :

- se débarrasser d'officiers douteux de son armée.

- préparer son influence sur le jeune pays indépendant, privé de cadres, et par conséquent, leur positionnement est presque certain dans la haute hiérarchie du pouvoir.

C'est compréhensible, et peut-être naturel même dans les rapports de forces entre les pays, mais nous ne pouvons pas d'une facilité déconcertante les traiter tous d'agents français sans s'appuyer sur des preuves tangibles ; en notre temps l'empire des États-Unis prépare son influence en offrant des formations aux jeunes étudiants, futurs cadres, afin qu'ils privilégient des relations économiques et partenariats avec les États-Unis d'Amérique, d'Ailleurs des leaders dans le monde ont bénéficié de stages offerts par les ambassades des États-Unis ; leur politique concorde généralement avec les politique des USA.

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futurs officiers de la marine nationale algérienne en URSS (source)

Aussi en Algérie indépendante, il y avait beaucoup de cadres qui ont suivi des formations et préféraient des relations étroites avec l'URSS, nous ne pouvons dire qu'ils sont des agents de l'URSS ; ils étaient des communistes ou des socialistes et voyaient que ce pays peut apporter le mieux à leur patrie, l'Algérie.

Certes l'URSS n'occupait pas l'Algérie, et c'est une différence majeure, mais l'analyse des relations internationales nous donne une vision assez proche.

On ne nie pas qu'il puisse y avoir des agents parmi les déserteurs algériens, mais ils ne sont pas si nombreux comme on tente de prétendre à chaque crise de pouvoir.

Deux frères algériens étaient incorporés en l'armée française durant la guerre de libération, l'un d'eux a déserté, et est devenu à un certain moment un haut responsable, sinon le plus haut responsable, au pouvoir algérien, l'autre a préféré partir avec l'armée française qui quittait le pays et a devenu, des années plus tard, un officier supérieur de l'armée française !!!

Cela montre la relation complexe entre ces deux pays, vous êtes d'accord avec moi, au moins sur ce point.

Ça montre aussi que ces deux pays sont vraiment liés par l'histoire et il n'est pas facile de les dissocier, contrairement aux cas de la Tunisie et du Maroc qui étaient des Protectorats.

 

loin de la naïveté de débat : bons contre méchants, irraisonnable

En Algérie, ce constat est presque le seul qui règne. Je tire des débats algériens un exemple significatif ci-dessous, sur la polarisation qui frappe le pays et politise l'histoire et la religion :

السلام عليكم أولا أنا لم أقرء الكتاب لأنني أدرك ما سيقوله ولن يفاجئني بأي جديد. أيها القراء نحن الجزائريين شئنا أم أبينا وسواء اعترفنا أو أنكرنا شعب انقسم إلى قسمين :

الأول ... ويضم أنصار الجبهة الإسلامية و بعض الحقوقيين والوطنيين الشرفاء الذين حتى وان اختلفوا مع الفيس فلهم غيرة الرجل الشهم على وطنه وشعبه واتفقوا على الهدف.

الثاني ... ويضم كل الوصوليين اللصوص المرتزقة ومن من لا شرف ولا عزة نفس له ولا ذمة وهؤلاء هم العبيد أما أسيادهم فهم حلف غريب بين أبناء الحركى ممن يدعون الوطنية والفرنكوشيوعيين مع وهنا الكارثة مع الإسلامويين الذين قتلتهم الغيرة والحقد.

وعليه أقول الجزء الأول من الشعب ليسوا ملائكة لهم بعض الأخطاء لكنهم ليسوا سيئين
أما الفئة الثانية فو الله الذي لا اله إلا هو كل فرد فيهم يعرف الحق و يعلم حقيقة ما حدث لكن حب الوطن عفوااااااااا حب البطن أعمى قلوبهم فهم كالكفار تحسبهم متحدون لكنهم متفرقون يجمعهم حب المال والسلطة وحقدهم وغلهم على هدا الشعب.

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Ce commentaire tiré au hasard, explique et prétend que les Algériens sont divisés en deux parties :

1 - les partisans de l'Ex-FIS (Front Islamique du Salut) et leurs alliés (les bons).

2 - les ennemis de la Patrie (Harkis) selon le terme utilisé et leurs alliés "serviteurs de la France surtout", désireux d'enrichissement, qui sont des traîtres (les mauvais).

Donc à la fin, le débat conduit à jeter des avis élaborés précédemment, et à affirmer que le partisan de l'autre avis est un traître !!

Cependant l'analyse des faits sus-relatés (partie 1), sur une base de comparaison abstraite concernant les déserteurs de l'armée française et les nationalistes algériens durant l'occupation française nous conduira à des constats évidents qu'on refuse de dire, ou nous pouvons les dire, au risque de sembler appartenir à des groupements idéologiques en Algérie, selon les désirs des arbitres de conscience !

Cette analyse est farouchement attaquée d'une manière dogmatique et non raisonnable ; je présente ci-dessous deux modèles semblables illustratifs dans le monde des médias :

1 - La critique d'Israël dans les médias occidentaux, dans leur majorité, est un élément qui vous rend certainement infréquentable.

2 - En Afrique du Nord ou au Moyen-Orient, le fait de dire de l'État d'Israël est un état moins oppressant que les dictatures arabes elles le sont, et il procure un niveau de démocratie, disons-le, acceptable, est équivalent, selon certains chauvins, qui ne manquent pas dans cette région du monde, à une admiration ou à un soutien à cet état

Cet état trouve la légitimité sous le pseudo étiquette "l'oasis de la démocratie au Moyen-Orient". Cette argumentation ne signifie nullement un soutien à cet état raciste, mais comme même tout de suite vous êtes taxés de "pro-israélien" !

 

Hizb França

le dogme prévaut la raison surtout si l'avis vient d'un adversaire politique qu'on veut anéantir et non pas vaincre

C'est le même cas en Algérie, quand certains intellectuels expliquent que ce débat n'est pas la meilleure façon pour traiter la réalité algérienne, on les qualifie sans s'attarder, de serviteurs de ce qu'on nomme en Algérie "Hizb Farança" (le parti de la France) et à sa tête ces déserteurs et anciens de l'armée française.

Les choses peuvent encore être rattrapées en Algérie, bien que la situation s'aggrave de jour en jour, à cause notamment des disparités sociales entre les pauvres et les riches (parmi eux ces déserteurs et leurs cercles élargis), qu'on pose des questions légitimes sur la provenance de leurs fortunes.

Le fait de les voir comme agents et par conséquent, des ennemies à la nation, rend l'opposition à ce régime plus radical. D'autre part, à cause de certains comportements d'individus, ou de leur entourage, appartenant à cette oligarchie, et aussi à cause des sermons de leaders se prétendant représenter le courant islamiste, l'opposition s'effectuera désormais sous le titre : musulmans contre impies!

On peut relever deux points dans cette évolution d'attitude :

1 - ces mêmes comportements (déviation morale), reprochés aux détenteurs du pouvoir, sont visibles dans la société algérienne qui, contrairement à l'image diffusée en les médias occidentaux, n'est pas si réservée et conservatrice.

Outre à l'accusation d'être des agents français, les reproches sont faites surtout aux dirigeants, et non pas aux personnes venant des classes modestes, devant les mêmes accusations. C'est de l'Instrumentalisation de la Religion I.

 2 - ce fait se confronte à l'instrumentalisation de la mosquée, par l'État qui fait des compagnes dedans même lors des élections par exemple. Tandis que le ministère des affaires religieuses prône au même temps l'exclusion de cet espace des débats politiques. Instrumentalisation de la Religion II.

 

Cette exploitation de la religion par les opposants et les partisans n'a aucune base réelle dans la Religion telle que trouvée dans les sources principales (Coran et Sunna).

C'est une Instrumentalisation politique de la religion, comme c'était le cas pour l'histoire de la guerre de libération, clairement visible dans la course au pouvoir.

La critique de cette oligarchie militaire a bien des motifs et d'arguments devant elle, et n'a pas besoin de s'engouffrer dans cet itinéraire. Sa restriction en ces points, pousse l'affrontement vers un combat violent voire armé.

Beaucoup de dirigeants algériens tombent dans la paranoïa ridicule de nationalisme avéré anti-français seulement, d'une manière déconcertante, qui signifie au final de dire le gouvernement trahit la nation, et ne parvient que d'une classe francisée coupée des masses, qui a des origines provenant des serviteurs de la colonisation durant la période de l'occupation, pourtant certainement beaucoup de ces mêmes critiqueurs ne rateraient pas l'occasion d'entretenir des bonnes relations avec le pouvoir français s'ils auraient l'occasion ! De plus la masse algérienne et française n'a rien à voir avec ces querelles politisées, à l'exclusion de peu de gens comblés de préjugés de part et d'autre.

Oui cette classe francisée existe, et nous l'avons longtemps critiquée pour ces opinions, qui sont, je dirais bien, considérablement différentes des aspirations de la population, et même de la tradition de l'Algérie ; cependant si des points de vue concordent, cela ne signifie ni une convergence d'appartenance culturelle, ni même qu'il faut prendre les avis de cette partie du peuple à chaque fois comme inacceptables, car simplement, tout d'abord, ils ont droit de s'exprimer, et deuxièmement, il ne convient pas de prendre tout ce qu'elle dise comme douteux. Là où on est d'accord, on approuve ; là où n'est pas d'accord on désapprouve. Ça paraît assez simple.

L'entretien de cette vision idéologique qui s'attaque au préalable à la personne, et non à l'opinion exprimée, causera des clivages de plus en cette société qui nécessite plus que jamais l'unité de volonté de construire la nation, quelle que soit l'appartenance idéologique.

Je comprends qu'on soit une nation en cours d'établir et à jamais des repères idéologiques signifiants et adaptables au progrès que connaît le monde. D'ailleurs ces clivages qui persistent toujours : musulman-anti-musulman, arabisant, berbériste, francophile, etc.  proviennent surtout d'une exploitation malsaine de l'histoire, notamment durant l'occupation française, l'histoire qui reste une vision relative et ne peut être traitée comme une science exacte.

Dans la troisième partie, nous nous penchons sur la fameuse promotion dite Lacoste, tout en se référant au livre de l'ancien Premier ministre algérien Abdelhamid Ibrahimi Témoignage sur Hizb França (Le parti de la France).

                                                                                  Oudainia Khalil (20-08-2012)
traducteur et historien

 

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