la pacification de l'Algérie, général Faivre
De la colonisation à la pacification de l’Algérie
réflexions historiques
général Maurice FAIVRE, Académie des Sciences d'Outre-mer
Idées reçues
Les médias mettent l'accent sur les méfaits du colonialisme : une conquête injuste, un crime contre l'humanité, un viol (Azouz Begag), une extermination (Le Cour Grandmaison), un génocide culturel (Assia Djebar), un exemple de traite des esclaves (Taubira). Les repentants triomphent à la télévision.
Les mêmes journalistes et certains historiens présentent la pacification de l’Algérie comme l’application fumeuse des principes de la contre-révolution (JC. Jauffret), une politique sans finalité, vague et hésitante (Ph. Simon).
Pour les avocats du FLN, la pacification vise à camoufler des crimes de guerre qui sont le vrai visage de cette politique. L’armée terrorise la population (Raphëlle Branche), elle s’empare du pouvoir et multiplie exactions et sévices (Sylvie Thénault). Les accusateurs de la loi de criminalisation condamnent l’armée française qui a conduit une guerre contre l’humanité.
Or ces accusations ne sont pas partagées par les principaux acteurs politiques et militaires, ni par les historiens qui font autorité.
La réalité coloniale
À l'époque moderne, Henri Brunschwig note que le terme de colonialisme a été inventé au XXe siècle. On parlait auparavant de colonisation, laquelle s'inscrit dans le vaste mouvement d'occidentalisation du globe qui depuis le XVe siècle pousse les peuples européens, maîtres de techniques de plus en plus perfectionnées, à modeler le monde à leur image. La colonisation est donc un phénomène mondial, qui relève du mouvement des peuples dynamiques, à l'exemple des empires romain, ottoman et soviétique. Comme toute entreprise humaine, elle a ses bons et ses mauvais côtés, que l'historien sérieux s'efforce de prendre en considération sans prononcer de jugement de valeur.
Quant à la colonisation française du XIXe siècle, elle relevait de l'idéologie des Lumières, illustrée par Victor Hugo («C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c'est à nous d'illuminer le monde») et revendiquée par Jules Ferry, Léon Blum et Pierre Messmer.
Inexpiable, écrit l'historien Daniel Rivet, la guerre l'est immédiatement... La sauvagerie des indigènes rejaillit sur l'occupant par effet de contagion mimétique. Des excès sont donc commis par les deux camps. Historien du FLN, Mohammed Harbi contredit l'idée d'une idéologie visant à l'extinction totale d'un peuple. Selon Stéphane Courtois, aucun colonialisme n'a coûté autant de morts que le communisme.
Xavier Yacono et Jacques Frémeaux ont évalué les pertes importantes de la population musulmane au XIXe siècle, attribuées en partie à la guerre, mais amplifiées par les épidémies et les famines des années 1860. Le Service de Santé militaire vient alors en aide à la population, ses chercheurs éradiquent les épidémies de paludisme, de fièvre récurrente et de typhus, et permettent l'extraordinaire croissance de la démographie.
Dans une lettre de 1848, l'émir Abd el-Kader écrit : j'ai résisté aux Français...Mais quand j'ai reconnu que Dieu les avait rendus forts et qu'il leur avait donné l'empire, je leur ai abandonné le pays pour toujours.
Les objectifs de la guerre d'Algérie
Après la Toussaint 1954, incapable de provoquer un soulèvement généralisé, le FLN a eu recours à la terreur et aux atrocités (Julliard). Cette terreur s'exerce à la fois contre les musulmans qu'il faut convaincre, et contre les Européens, conformément à la doctrine de Franz Fanon, approuvée par Sartre : il faut tuer : abattre un Européen, c'est faire d'une pierre deux coups...
En revanche, Albert Camus et Robert Badinter condamnent le terrorisme : aucune cause ne saurait justifier le massacre aveugle de civils innocents par des terroristes.
Mohammed Harbi a démenti le mythe du peuple algérien unanime dans la lutte pour l'indépendance : le nationalisme, qui n'a trouvé son unité qu'en 1962, s'est imposé par la guerre civile, écrit-il. En raison des dissensions internes, il n'y a pas eu de direction stratégique, mais la naissance d'une bureaucratie qui s'est transformée en État policier.
Le but poursuivi par les responsables militaires français mérite également une analyse approfondie. Le maintien de l'Algérie française, en effet, ne signifie pas le maintien de l'Algérie de papa.
Dès juin 1956, le général Ely envisage une solution libérale. Le général Salan adhère à la loi-cadre de Robert Lacoste, qui n'exclut pas l'indépendance. Le général Challe était partisan de la même loi-cadre et ne pensait pas que l'intégration totale de l'Algérie à la métropole fut souhaitable. Proche des officiers parachutistes, Claude Paillat les décrit comme des enfants de la Révolution française : on apporte la liberté... on va refaire une autre société que ces colonies un peu pourrie. Hélie de Saint-Marc confirme que n'étant pas fanatique de l'Algérie française, notre obsession n'était pas d'empêcher l'indépendance de l'Algérie...
La stratégie anti-guérilla et anti-terroriste
La plupart des observateurs reconnaissent que l’armée française a peu à peu mis au point une stratégie anti-guérilla efficace, utilisant des techniques innovantes (hélicoptères, écoutes radio, radars-canons, commandos de chasse) et couvrant tous les domaines militaires :
- protection des populations par le quadrillage et les supplétifs ;
- destruction des bandes rebelles par les unités de réserve générale ;
- contrôle des frontières par les barrages frontaliers et la surveillance maritime et aérienne ;
- intoxication des wilayas ;
- élimination des trafics d'armes ;
- commandos infiltrés en Tunisie et au Maroc.
Cependant le plan Challe n'a pas été mené à son terme, l'ALN extérieur n'a pas été attaqué, la victoire militaire est inachevée.
L'élimination du terrorisme urbain a eu recours à des procédés moralement condamnables. Le général Gillis l'a rappelé dans un manifeste qui a été approuvé par 524 officiers généraux :
«Certains, pendant la bataille d'Alger en particulier, ont été confrontés à un dilemme : se salir les mains en interrogeant durement de vrais coupables, ou accepter la mort certaine d'innocents. S'il y eut des dérives, elles furent marginales».
Il faut donc rappeler que cette pratique n'a pas été généralisée, et qu'à l'été 1957, le renseignement sur le terrorisme a été obtenu par pénétration des réseaux adverses. C'est ce qu'a reconnu Zohra Driff : «ces méthodes n'avaient plus cours quand j'ai été prise».
La pacification
Parallèlement, l’armée a engagé en Algérie une politique de conquête des esprits et des cœurs (Soustelle cité par Frémeaux), qui n’étaient pas des opérations militaires, mais qui confortaient les objectifs du pouvoir.
L’ampleur de l’action politico-militaire mise en œuvre par l’armée est ignorée des médias. Or elle bénéficiait de l’expérience des Bureaux arabes au XXe siècle, des principes de pacification de Galliéni, imité par Lyautey. Enrichie par les structures parallèles de Lacheroy, cette action fut engagée par Salan et Massu, elle était soutenue par Ely et Debré. Sa doctrine a été conceptualisée par Beaufre, Trinquier et Galula.
Voici quelles en sont les lignes directrices :
- en mai 1957, le Chef d’Etat-major général Ely propose de mettre en place un organisme chargé d’assurer la conduite de la guerre psychologique... qui s’impose jusqu’au commandant de compagnie qui nomadise en Kabylie. En mars 1960, il souligne au général de Gaulle que le contact est nécessaire et que seule l'armée en a la maîtrise. De Gaulle reconnaît le 4 novembre ce magnifique effort de pacification.
- Challe dans sa directive du 22 décembre 1958 écrit que : Nous ne pacifierons pas l’Algérie sans les Algériens. Détruire les bandes n’est pas suffisant.
- en juillet 1961, le Chef d’Etat-major général Olié justifie la politisation de l’armée... Les gouvernements ont accepté que les militaires exécutent des tâches non militaires… On ne peut reprocher aux exécutants d’avoir fait cette guerre politique et d’avoir voulu la gagner.
Des observateurs non militaires observent les réalisations de cette pacification :
- en 1958, Jean Lacouture estime que l’action menée par quelques officiers et leurs hommes m’a paru en tout état de cause positive et fructueuse… ce que l’armée est en train de faire ressemble à un travail révolutionnaire,
- le préfet Benmebarek confirme que dans les équipes constituées... par quelques généraux convaincus, et par des officiers de terrain, il y eut dans le domaine de la promotion sociale, un réel esprit «mai 1958».
La pacification couvre ainsi de nombreux domaines :
- l’action politique, grâce aux élections libres, qui rencontrent un grand succès auprès des femmes en octobre 1958 ;
- la fraternisation de mai 1958, et des Comités de Salut public, instruments de réconciliation malencontreusement dissous ;
- l’autodéfense active des quartiers de pacification (plan Victor) approuvée par Ely et Debré ;
- la Fédération amicale des U.T. et des autodéfenses, qui selon Challe doit devenir le grand parti européen-musulman ;
- l’ordonnance de février 1959 sur la condition féminine ;
- l’action éducative : tardivement relancée, la scolarisation est portée à 66% en 1961 ; l'ensemble de la jeunesse est suivie par le Service de formation (SFJA), créé à l'initiative du colonel Lacheroy ; il forme à Issoire et Nantes des moniteurs qui animent Foyers de Jeunes et Foyers sportifs ; libérer la femme musulmane, déclare le général de Segonzac aux monitrices de Nantes, voilà la mission exaltante qui vous est proposée ;
- la promotion militaire vise aussi à la formation d'une élite musulmane
- 700 Sections administratives spécialisées (SAS) et 30 Sections urbaines constituent les instruments de cette politique ; créées par Soustelle en 1956 ; elles rétablissent le contact avec la population, gèrent les nouvelles communes et conduisent une action de développement agricole et artisanal ; 1400 officiers, 650 sous-officiers et 3.700 employés civils y participent. Les képis bleus, écrit Alistair Horne, formaient un corps d'hommes dévoués et courageux qui partout savaient se faire aimer de la population ;
- 350 Equipes médico-sociales itinérantes (EMSI) contribuent à l'action humanitaire auprès des femmes et des enfants. Dans le bled, écrit leur présidente, les femmes étaient avides d'apprendre et aspiraient à une vie meilleure, à l'européenne, disaient-elles... Pour la pacification, selon un commandant de Quartier, une EMSI vaut un bataillon.
Cette action auprès des femmes fut aussi conduite par le Mouvement de Solidarité féminine créé par Suzanne Massu, qui en janvier 1960 comptait 300 Cercles et 60.000 femmes. Cette activité allait de pair avec l'Association Jeunesse chargée de recueillir les yaouleds [enfants] abandonnés dans les rues d'Alger, et qui sera transférée dans le Béarn en 1963.
- l'Assistance médicale gratuite est sans doute l'action sociale la plus connue. 1.600 médecins assurent leur mission de soutien et d'AMG (16 millions de consultation en 1960).
- moins connue est l'action judiciaire : le plan Gerthoffer décentralise la justice afin de la rendre plus rapide et plus humaine ; 12 Tribunaux permanents des Forces armées, et 75 Procureurs militaires sont mis en place en 1960,
- la Commission de Sauvegarde du Droit et des libertés s'efforce de moraliser le traitement des prisonniers; son président Maurice Patin constate que la nature du conflit rend très difficile le maintien scrupuleux de la légalité,
- les Centres militaires d'internement créés par Salan en 1958 pour se conformer aux Conventions de Genève, permettent de soustraire à la justice les djounoud pris les armes à la main (PAM) ;
- le regroupement des populations constitue l'une des actions les plus critiquées de l'armée en Algérie ; elle vise à soustraire la population du bled aux pressions du FLN, et à créer des zones interdites où les rebelles seront pourchassés sans danger collatéral. Militairement, elles diminuent le nombre des attentats. Le commandant de la wilaya 4 déplore : «nous sommes coupés de tout, la population ne nous suit pas».
Il est vrai que certaines installations trop hâtives ont été mal choisies. Le FLN exploite cette situation en dénonçant des camps de concentration. Le Délégué général Delouvrier constate que le taux de mortalité dans les regroupements est inférieur à celui que l'on enregistrait dans les mechtas. Les centres provisoires sont alors remplacés par 1.000 villages qui seront de véritables centres ruraux.
Le général Parlange note en août 1960 que la population, lasse des exactions et des crimes des fellaghas, vient se réfugier dans les nouveaux villages, créés avec sa totale approbation. Lorsqu'en 1961 on offre aux regroupés de regagner leurs anciennes mechtas, 90 % préfèrent rester dans les nouveaux villages.
**
La pacification était ainsi une politique globale, humaine et légale, qui a obtenu sur le terrain de remarquables résultats. Reposant sur l’unité d’action entre militaires et politiques, elle aurait dû conduire à une solution associative, prônée à la fois par Lacoste et de Gaulle. Les causes de son abandon sont donc politiques, elles résultent de la mésentente entre les responsables militaires et le gouvernement.
Maurice Faivre

affiche du 5e Bureau (source)
Commentaires sur la pacification de l'Algérie, général Faivre
- réponse à AllaouaEncore une manifestation de la glorification nationaliste de type FLNiste … ! Prétendre que le «divorce» entre le peuple algérien et l’autorité française était déjà consommé en 1954 est un mensonge historique évident. Cela n’est que de la pure propagande. Tous les historiens, même algériens, le savent.

Allaoua ignore totalement le contexte historique et sémantique dans lequel Jules Ferry prononça le terme de «peuples inférieurs». Il ferait mieux de considérer la situation des Noirs africains en «Algérie» avant la colonisation.
La «grosse colonisation» n’a jamais représenté la majorité des Européens d’Algérie. Par ailleurs, il existait une bourgeoisie «indigène» terrienne et commerciale dans l’Algérie coloniale.
Les balivernes sur «le seul Texte qu'aucun algérien digne de ce nom n'aurait jamais ni ne pourrait jamais à l'avenir dépasser : le Coran» en disent long sur la pauvreté de pensée d’Allaoua. Le Coran n’a jamais été une constitution ni même n’a contenu les principes d’une organisation sociale. Seul le droit musulman y a prétendu mais sa forclusion historique devrait faire réfléchir notre interlocuteur. Malek Bennabi disait que les Algériens avaient été colonisés parce qu’ils étaient colonisables.
La colonisation ne se réduit pas à des crimes. Seul un enfant endoctriné et ignorant peut le prétendre. Quant à l’idée que «nous» (les Arabes ? les musulmans ?) «avons nous aussi fait dans des missions "civilisatrices" mais pour effectivement civiliser en libérant, non pour massacrer, exploiter et asservir», ceci n’est qu’une vaste blague…
Comme tous les conquérants, les Arabes ont utilisé de la coercition, de la force et de l’injustice, de l’inhumanité… Les exemples sont multiples. Je n’évoquerai que les conflits entre Berbères musulmans et Arabes musulmans lors de la conquête de l’Espagne. Les Berbères se révoltèrent contre les Arabes, les vainquirent souvent et perdirent aussi. Dans ce cas, le gouverneur arabe vendait ses prisonniers berbères contre des chiens («Histoire de l’Espagne musulmane», tome 1, Evariste Lévi-Provençal, rééd. Maisonneuve et Larose, 1999, p. 4).
Les Arabes n’ont jamais «civilisé» l’Europe. Et le plus grand de leur philosophe, Averroès, ils l’ont persécuté.
Dans la conquête de l’Algérie, il y eut des crimes de guerre des deux côtés. On faisait la guerre ainsi… et on, continue souvent de la faire de la même manière (guerre civile en Algérie entre l’État et les islamistes à partir de 1992). - Quelques précisions M. renard !Votre réaction me semble ne mériter aucune réponse M. Renard. Pourtant, je me dois tout de même pour éclairer les lecteurs, de préciser quelques petites choses. Simples à comprendre pour un intellectuel de votre envergure.

1. En me disant ignorant le "contexte historique et sémantique" dans lequel Jules ferry proféra ses propositions pour justifier explicitement les massacres de millions d'innocents et leur pillage, non seulement vous vous montrez quelque peu présomptueux et d'une hypocrisie de mon point de vue sans équivalent dans la profession qui est la vôtre, mais vous vous attaquez à Clemenceau et au discours qu'il prononça en juillet 1885 pour répondre aux délires de J. Ferry. Pire, vous donnez le sentiment net que vous n'avez lu ni le discours du premier ni la réponse du second.
Pouvez-vous expliquer à vos lecteurs ce qu'il y a à tirer du contexte historique et sémantique dont vous parlez et qui soit de nature à justifier la définition que Faivre entend à la colonisation quand on écoute un Jules Ferry dire à la représentation nationale de son pays, je cite :
"Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai. Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures ... Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures..." Puis, il poursuit en changeant totalement d'objectif qui devient purement économique : "La vraie question, messieurs, la question qu’il faut poser, et poser dans des termes clairs, c’est celle-ci : est-ce que le recueillement qui s’impose aux nations éprouvées par de grands malheurs doit se résoudre en abdication ? Est-ce que, absorbés par la contemplation de cette blessure qui saignera toujours, ils laisseront tout faire autour d’eux ; est-ce qu’ils laisseront aller les choses ; est-ce qu’ils laisseront d’autres que nous s’établir en Tunisie, d’autres que nous faire la police à l’embouchure du fleuve Rouge et accomplir les clauses du traité de 1874, que nous nous sommes engagés à faire respecter dans l’intérêt des nations européennes ? Est-ce qu’ils laisseront d’autres se disputer les régions de l’Afrique équatoriale ? Laisseront-ils aussi régler par d’autres les affaires égyptiennes qui, par tant de côtés, sont des affaires vraiment françaises ?"
Ce à quoi, et sauf à le dire lui aussi ignorant le contexte historique et sémantique, Georges Clemenceau, répondit : "Non, il n’y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures... La conquête que vous préconisez, c’est l’abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires pour s’approprier l’homme, le torturer, en extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur. Ce n’est pas le droit, c’en est la négation. Parler à ce propos de civilisation, c’est joindre l’hypocrisie à la violence".
2. Je n'ai jamais dit que les Gros ventres de la colonisation étaient majoritaires en Algérie mais j'ai simplement voulu dire, un peu par indulgence par la France que j'admire pour ces Valeurs qui y fondèrent la république et que bien souvent hélas, l'on foula aux pieds des gros intérêts, qu'ils dominèrent tous ses gouvernements jusqu'à l'avènement du Général en 1958 et que parce qu'il en a toujours été ainsi, ils dominaient aussi l'immense majorité des pieds noirs qui étaient plutôt de modeste condition.
3. S'agissant du sens que vous donnez à la colonisation qui "ne se réduit pas à des crimes" selon vous, je voudrais que vous réfléchissiez un instant sur les conséquences de la colonisation du continent américain par les nations de l'Europe occidentale et que vous vous posiez la question de savoir quel serait aujourd'hui 2012 le nombre d'amérindiens s'ils n'avaient pas été exterminés ; et que représentent en % ceux qui ont survécu par rapport à la population globale du continent. En Amérique du Nord par exemple...
4. Oui Malek Benabi a bien dit ce que vous avancez à votre manière, comme encore fois pour justifier le fait colonial en exploitant l'un des intellectuels musulmans les plus respectés du monde musulman, mais il n'a jamais dit que vous aviez le droit de nous coloniser. Il considérait la colonisation comme une abomination.
5. Votre dernier paragraphe est tout simplement pitoyable. Pour vous en convaincre, je vous invite à consulter votre code pénal et vous enquérir de ce qu'il prévoyait avant 1981 pour ceux qui violent non pas un pays, mais le domicile ou la propriété d'un autre français, pour tuer, violer et voler.
6. Faute d'arguments, pour masquer vos incohérences, votre manque d'arguments, pour rendre la vérité moins pénible, vous vous abaissez jusqu'à nous opposer les quelques déboires qu'Inb Ruchd a subi à cause de quelques princes corrompus de notre histoire. Monsieur Renard, je ne voudrais pas polémiquer, mais ce n'est pas très malin ce que vous avancez là. D'abord parce que Ibn Ruchd n'est pas français que je sache. Ensuite parce que ce n'est pas le sujet qui nous préoccupe. Et enfin, dois-je vous rappeler la condamnation de Galilée par l'Eglise qui l'obligea à abjurer une vérité scientifiquement établie, citer le sort qui fut celui Michel Servet, Bruno et Vanini, tous les trois savants, philosophes et homme de religion pour le dernier ; Ils furent brûlés vifs. Je peux vous citer un parchemin de savants qui furent exécutés, persécutés ou ont subi les pires sévices dans l'histoire de tous ou presque tous les pays qui font ce que l'on appelle l'Occident.
7. Oui, il y a eu des conflits parfois extrêmement violents entre musulmans berbères ET arabes à cette époque de notre histoire (Comme aujourd'hui d'ailleurs) et pas seulement en Espagne. Au Maghreb aussi. Mais ce sont des conflits internes. Je n'ai pas versé dans le ridicule de parler du massacre des albigeois ou de la Saint-Barthélémy. Nous n'avons envahi ou colonisé personne M Renard dans le sens que Ferry, ses armées et vous même donnaient et donnent encore à ses mots. Mais soyez objectif et dites à vos lecteurs les raisons de ces conflits. Les musulmans véritables, dans le sillage du Prophète (sssl) n'ont jamais admis que le pouvoir politique soit fondé sur l'ethnie. Voilà la plus grande raison de ses conflits.
Je termine en vous donnant deux conseils. le premier est celui de ne pas trop vous hâter à vous investir, vous qui vous pensez à même d'écrire sur l'Islam et les musulmans, à parler des Textes que sont le Coran et la Sunna sans études approfondies préalables. Ce sont des domaines qui vous dépassent à en juger même seulement par les propos que vous tenez dans votre réaction.
Par le second, je vous invite à relire le discours sur le colonialisme qu'Aimé Césaire a écrit en 1955 et dans lequel il disait torpillant les propos de Faivre avant l'heure, et contre vous :
"Le fait est que la civilisation dite «européenne», la civilisation «occidentale», telle que l'ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, est incapable de résoudre les deux problèmes majeurs auxquels son existence a donné naissance : le problème du prolétariat et le problème colonial ; que, déférée à la barre de la « raison » comme à la barre de la « conscience », cette Europe-là est impuissante à se justifier ; et que, de plus en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie d'autant plus odieuse qu'elle a de moins en moins de chance de tromper".
Lisez, cela ne vous sera pas inutile, et faites l'effort d'être plus poli dans vos écrits !
Allaoua Cherfi. - réponse à Allawa (2)«Votre réaction me semble ne mériter aucune réponse» écrit Allawa mais il y consacre tout de même 1252 mots… C’est donc qu’il a été touché par les arguments.

1 – Il n’y a jamais eu de «massacres» de millions d’innocents pendant la colonisation. L’enflure du chiffre n’est qu’un procédé de rhétorique militante pas un argument historique. Je parle de la colonisation française.
2 – À propos du discours de Jules Ferry de 1885, Allawa écrit : «vous donnez le sentiment net que vous n'avez lu ni le discours du premier ni la réponse du second». C’est Allawa qui n’a pas lu ce que j’en ai écrit depuis longtemps… Cf. article disponible depuis juin 2007 sur «Études Coloniales» : http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2007/06/13/5297508.html
«l'usage du vocable "races", en 1885, n'est pas automatiquement l'indice d'une pensée raciste. Le terme est synonyme de peuple, de famille, de nation... Parler de "races inférieures", n'implique pas de jugement péjoratif sur les individus, c'est la conséquence d'une théorie évolutionniste du progrès de la civilisation, c'est tout simplement prendre acte de l'avance des sociétés européennes en matière technologique, intellectuelle, économique, sociale (accès d'un nombre croissant d'individus à des moyens d'existence garantissant la dignité et l'émancipation). Et cette avance crée, dans l'esprit d'un républicain, les devoirs de l'étendre (…)
Si on prend le soin de lire l'intégralité du discours de Clemenceau, on verra que sa protestation véhémente à l'évocation des "races supérieures" s'accommode chez lui-même d'un usage du mot "race". La "race jaune" est dite compétente en matière de diplomatie ; la "race française" est dite avoir du génie...»
3 – Je le répète, je parle de la colonisation française. La chute démographique des Amérindiens n’est pas due exclusivement à la colonisation de peuplement anglo-saxonne.
http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/la-chute-demographique-des-indiens-32322
4 - La question n’est pas que Malek Bennabi ait la colonisation en «abomination» ou non. Comme il l’écrivait lui-même dans «Vocation de l’islam» en 1954 : «Il s’agit d’observer en sociologue et non de juger en moraliste» (p. 43).
D’ailleurs Bennabi développe une analyse très intéressante… qui semble peut-être ne pas convenir à certains car elle ne transforme pas les colonisés en héros : «la colonisation n’est pas la cause première à laquelle on puisse imputer la carence des hommes et la paresse des esprits dans les pays musulmans»… !
«Carence des hommes et paresse des esprits», ce n’est pas la parole méprisante du colonisateur, mais celle d’un des plus grands intellectuels de l’islam au XXe siècle, algérien de surcroît.
Il continue : «Pour porter un jugement valable en ce domaine il faut suivre le processus colonial depuis son origine, et non pas s’en tenir au seul moment présent : il faut le saisir en sociologue et non en politicien. On se rend compte alors que la colonisation s’introduit dans la vie du peuple colonisé comme le facteur contradictoire qui lui fait surmonter sa colonisabilité. Si bien que, par l’intermédiaire du colonialisme qui se fonde sur elle, la colonisabilité devient sa propre négation dans la conscience du colonisé, celui-ci s’efforçant alors de devenir non-colonisable. L’histoire du monde musulman, depuis plus d’un demi-siècle, n’est que le développement historique de cette contradiction introduite par le colonialisme dans l’état de choses qui caractérisa et constitua la colonisabilité. Il y a donc un aspect positif de la colonisation, en ce qu’elle libère des potentialités longtemps demeurées inertes» (p. 84).
Les «responsabilités» historiques sont partagées : «Que le Musulman n’ait pas tous les moyens désirables pour développer sa personnalité et actualiser ses dons [on ne dira rien de ces notions assez vagues… MR] : c’est le colonialisme. Mais que le Musulman ne songe même pas à utiliser efficacement les moyens déjà disponibles, à fournir le sur-effort nécessaire pour relever son niveau de vie, même par des moyens de fortune, qu’il n’utilise pas son temps dans ce but, qu’il s’abandonne, au contraire, au plan d’indigénisation, de chosification – assurant ainsi le succès de la technique colonisatrice : c’est la colonisabilité» (p. 85).
Malek Bennabi est sans concession à l’égard du monde musulman de son époque : «Ainsi, quand on essaie de classer les différentes causes d’inhibition, qui freinent les activités du monde musulman moderne, qui maintiennent son évolution à un rythme ralenti, qui sèment le désarroi, l’impuissance et finalement le chaos dans la vie, on s’aperçoit que les causes internes – celles qui résultent de la colonisabilité – sont prépondérantes» (p. 85-86).
Alors, j’attends toujours des réflexions dignes de Malek Bennabi sur la colonisabilité, sur «la carence des hommes et la paresse des esprits dans les pays musulmans», plutôt que l’étalage du discours victimaire qui n’est, en fait, que l’intériorisation, d’un complexe d’infériorité.
5 – Qu’Averroès ait été français ou pas ne change rien au fait qu’il a été persécuté par une intolérance religieuse musulmane qui cherche, aujourd’hui encore, à s’imposer face à la rationalité et à la démarche philosophique. L’islam ne saurait se réduire à cet élan civilisateur que le discours politiquement correct répand aujourd’hui.
6 – Que l’Occident ait connu des périodes de massacres et d’intolérance (procès de Galilée, de Michel Servet, etc.), l’historiographie française ne l’a jamais dissimulé. C’est bien pourquoi nous honorons la République qui a fait de la laïcité (séparation du religieux et du politique) l’axe d’une vie sociale apaisée et respectueuse des croyances ou non-croyances des uns et des autres. C’est aussi pour cela que les courants musulmans qui prétendent que «le Coran est notre constitution» seront combattus en France par tous ceux qui tiennent à la laïcité.
7 – Que les conflits soient «internes» ou pas ( à l’Islam, à l’Occident) ne modifie pas le danger de s’en remettre au religieux pour conduire la société des hommes.
Si, l’Islam a conduit une expansion similaire à ce que fut la colonisation quelques siècles plus tard. Les Berbères n’ont jamais demandé la soumission aux troupes d’Arabes sortant d’Arabie et conquérant une grande partie du monde.
Les conquêtes arabes ne diffèrent en rien de ce que furent la plupart des conquêtes dans l’histoire.
Il suffit de lire Tabarî : «Osâma se mit en marche. Après avoir pillé les Benî-Qodhâ‘a, et fait parcourir à ses troupes le territoire de différentes tribus qui s’étaient révoltées ; après leur avoir pris un butin considérable et massacré un grand nombre de personnes , il s’avança vers les territoire de Roum, jusqu’à l’endroit où son père Zaïd, fils de ‘Hâritha, avait été tué. Là aussi il fit beaucoup de butin. Après une absence de quarante jours, il rentra à Médine, victorieux et chargé des dépouilles des ennemis, et avec beaucoup de prisonniers. Abou Bakr fut très heureux et considéra cette victoire d’Osâma comme de bonne augure» (Tabarî, La Chronique, vol. II, éd. Sindbad/Actes sud, 1983, chap ; Abou Bakr, p. 13).
8 – Quant à vos conseils, je les crois superflus. Je ne vous ai pas attendu pour m’instruire du Coran et de la Sunna, ni de l’histoire musulmane, ni des controverses qui ont parcouru son histoire et qui continuent. J’ai créé la première vraie revue musulmane en France, «Islam de France» :
http://islamlaique.canalblog.com/
Vous feriez mieux de répondre sur le fond plutôt que d’user d’un argument d’autorité sans fondement. Le Coran est-il une «constitution» ?
9 - À propos de Césaire, je ferais seulement remarquer que la majorité de la population des Antilles françaises ne tient absolument à pas à une pseudo «indépendance»…
10 – Enfin, sur la politesse, je crois n’en avoir jamais manqué, ce qui n’est pas votre cas. Si nous publions votre commentaire, c’est vraiment par goût du débat de fond, mais à l’avenir mesurez vos expressions pour bénéficier de la publication de vos idées. - La colonisation française a fait combien de victimes ?1) Michel Renard affirme qu’il n’y ait jamais eu de «massacres de millions d’innocents pendant la colonisation française ». Si l’on fait le total, il y en a bien eu plus d’un million de victimes. C’est écrit ici http://fr.wikipedia.org/wiki/Famine_de_1945_au_Vi%C3%AAt_Nam

« … la mauvaise gestion de l'administration française au Vietnam a joué un rôle. Les Français ont reformé l'économie afin de servir l'administration et satisfaire les besoins de la guerre, parce qu'ils étaient eux-mêmes envahis. Les causes naturelles incluent des désastres tels que des inondations détruisant les récoltes au nord (Tonkin). Une période de sècheresse couplée à des parasites fait diminuer la récolte de 1944-1945, qui ne rapporte que de 800 000 à 850 000 tonnes, pour des besoins courants de 1 100 000 tonnes. Une inondation pendant la saison des moissons entraîne la crise. L'administration française ne s'en alarme pas, jugeant le fait banal en pays de mousson1.
… France appliquait déjà cette politique. Ils avaient diminué la terre réservée aux cultures vivrières essentielles telles que le maïs et les pommes de terre pour faire place au coton, à la jute, et à d'autres plantes industrielles. De ce fait, les récoltes alimentaires diminuent considérablement.
… La France et le Japon réquisitionnent la nourriture des fermiers pour l'alimentation de leurs troupes, tandis que l'administration française désorganisée ne peut pas fournir et distribuer la nourriture. Les approvisionnements alimentaires insatisfaisants causent la famine, dès le début de 1944. » - réponse à "Jag"Sur la famine de 1945 au Tonkin, vous feriez mieux de lire la mise au point de Pierre Brocheux :

http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=113362&pid=23520350 - Michel Renard ferait aussi mieux de lire Pierre BrocheuxCar Mr Brocheux affirmait, lui aussi, que les colonialistes français ont bel et bien leur part de responsabilité dans cette tragédie qui a provoqué entre 1 et 2 millions de morts:

"...on peut imputer la responsabilité de la tragédie aux hommes, en l’occurrence au gouvernement français ..." - Droit de RéponseJe suis sidéré par le contenu de votre texte et de vos réponses, M. Faivre. Voudriez-vous nous faire croire qu'en 130 ans de colonisation la France n'a ni tué, ni brulé, ni violé, ni pillé et n'a pas avili tout un peuple qui vivait en paix ? Vos pseudos verités semées ici et là dans un style douteux aux tendances questionnables me laisse croire que nous avons d'autres combats à mener, celui de l'écriture de notre propre histoire et celui de faire prévaloir ce qui est de droit: La liberté de choisir nos amis. Sachez qu'il n'y aura jamais de relations amicales entre l'état Français et le peuple Algérien dans sa majorité tant et aussi longtemps que l'état Francais n'aura pas fait son méa-culpa et nous sommes de plus en plus nombreux à réclamer ces excuses officielles pour toutes les spoliations dont a été l'objet mon peuple et je vous assure que je n'ai aucune affiliation politique. Par ses attitudes, ses actes et ses contre-vérités La France aura contribué à cet état fait.

Je ne suis pas de cette génération qui avait l'age de faire le coup de feu, mais je suis né avec cette guerre qu'honteusement vous avez réduite a de simples "evenements ", des faits provinciaux... De cette guerre Monsieur je porte une balafre dans l'ame qui continuera à agir en moi jusqu'à mon dernier souffle.
Comment osez vous utiliser cette phrase de Victor Hugo : «C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c'est à nous d'illuminer le monde» comme justificatif de la colonisation. Victor Hugo n'est pas Dieu et j'ose croire qu'en 2012 vous ne parliez plus de ces lumières qui asservirent des millions d'individus et qui les réduisirent à des sujets sans droits au nom d'une "mission civilisatrice" que la France s'est arrogée unilatéralement. Sachez que vu de l'autre coté vous ne representiez que la Barbarie car si quelques decouvertes technologiques ont créé les conditions de votre hégémonie coloniale, il est maintenant clairement établi que nous étions plus civilisé et mieux instruits que nos envahisseurs, et que loin de nous "civiliser" vous avez créé les conditions de la misère matérielle et intellectuelle. Lisez votre Alexis de Tocqueville et cessez de vous mentir! L'état Francais a voulu nous "comprimer" comme on comprime des lapins dans un clapier avant de les achever, comme les Americains ont fait avec les Indiens d'Amérique. Mais avec le peu que nous avions nous nous sommes dignement défendus, en fait vous n'avez jamais eu de répi, vous le savez, nous le savons et aucune de vos constructions intellectuelles ne saura changer cette realité car je sais aussi que tel les "spins doctors" vous avez toujours eu l'audace et parfois le l'immonde succès de réinventer les mots et leurs sémantiques pour non seulement nous contenir physiquement mais aussi contenir notre notre imaginaire collectif. C'est vrai que la plus grande violence c'est celle des mots. Mieux, vous avez été jusqu'à nous inventer de nouveaux noms pour nous dissocier mentalement de nos lieux, de notre histoire, de nos histoires, de nos temps mais vous n'avez pas réussi à altérer notre caractère. Rien ne nous fera oublier cette violence, nous la dirons et nous la rapellerons a nos enfants pour que plus jamais une telle injustice ne se reproduise. Nous serons aussi vigilants avec les vendeurs "d'huile de serpent" et les nouveaux missionnaires qui veulent nous faire croire aux bienfaits de la colonisation.
Je n'en dirais pas plus, mais sachez que nous avons gardé notre dignité et nous avons réappri à lire, à compter et à réfléchir librement comme l’ont fait avant nous ceux de nos aïeux qui sont mort pour qu’aujourd’hui nous puissions vous interpeler en toute liberté sans avoir peur de nous retrouver à Cayenne ou à Noumea. - Jag ne lit les phrases qu'à moitiéJag ne lit les phrases qu'à moitié...

La fin de l'article de Pierre Brocheux est la suivante :
"La famine de 1945 est née de la conjonction de causes naturelles et de la situation de guerre où les autorités d’un pays adoptèrent une politique dirigiste destinée à satisfaire en priorité les besoins stratégiques - politique dont souffrirent les populations civiles.
En ce sens on peut imputer la responsabilité de la tragédie aux hommes, en l’occurrence au gouvernement français et au commandement japonais mais aussi aux Américains dont l’aviation et la flotte sous-marine détruisirent le système de communication et de transport. Celui ci n’était pas indispensable seulement au ravitaillement du Japon et de l’armée japonaise mais aussi vital pour la population du nord de la péninsule.
Les hommes eurent donc une grande part de responsabilité dans le désastre de 1945 mais il ne faut pas exonérer la nature : depuis 1945, les aléas climatiques continuent de produire des ravages en Indochine et ailleurs dans l’Asie du Pacifique."
http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2012/02/14/23520350.html - Il y a « lire » et « comprendre »Quand Mr Brocheux écrit ceci:

“Les hommes eurent donc une grande part de responsabilité dans le désastre de 1945 mais il ne faut pas exonérer la nature : depuis 1945, les aléas climatiques continuent de produire des ravages en Indochine et ailleurs dans l’Asie du Pacifique."
Qu’est ce qu’on peut en déduire ? Que sans la colonisation française, il y aurait quand même beaucoup de victime ? La moindre des choses serait de vérifier quel genre de « ravage » les « aléa climatiques ont pu produire » au Tonkin. Et avec un peu d’honnêteté intellectuelle, on verra que depuis 1945 il y a eu des périodes de disette ou les gens ne mangent pas à leur faim à cause des actions conjointe entre les désastres naturelle et la guerre anti américaine. Mais il n’y a jamais eu de morts à cause de la famine ni de famine qui extermine 10% de la population tonkinoise.
Depuis la nuit des temps, le Tonkin a subi des guerres et colonisations diverses. Mais le plus horrible désastre que ce peuple n’a jamais subi c’était pendant la colonisation française. Et on s’étonne pourquoi les vietminh ont massacré les colons français en 1945. C’est sans doute parce que cette colonisation « relevait de l'idéologie des Lumières, illustrée par Victor Hugo («C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c'est à nous d'illuminer le monde») et revendiquée par Jules Ferry, Léon Blum et Pierre Messmer »? On se demande s’il faut en rire ou en pleurer. - l'outrance n'est pas de bonne méthode historique "Jag"Je vois que «Jag» évolue dans ses imputations des «responsabilités. Au départ, il n’était question que de la colonisation française qui aurait massacré. Puis il persiste en tronquant les propos de Pierre Brocheux. Ensuite, il concède à citer un peu plus longuement Brocheux (conjonction de causes naturelles et de causes humaines).

Mais il oublie toujours de lire ce que dit l’historien à propos des responsabilités humaines imputables «au gouvernement français ET au commandement japonais MAIS AUSSI aux Américains dont l’aviation et la flotte sous-marine détruisirent le système de communication et de transport».
Les calamités naturelles, aux conséquences dramatiques, n’ont pas attendu la colonisation pour se produire dans cette partie du monde. Cf. Wikipedia, articles «Famines en Chine»: «Quatre famines se produisirent en Chine en 1810, 1811, 1846, et 1849 entraînant la perte de 45 millions de vies humaines» (…) «Entre 1850 et 1873 à la suite de la révolte des Taiping, du fait de la sécheresse et de la famine, la population de la Chine des Qing diminua de plus de 60 millions de personnes».
Il n’y avait pas de «massacreurs» coloniaux, que je sache… !
«Jag» prétend que «le plus horrible désastre que ce peuple n’a jamais subi c’était pendant la colonisation française»…
Je trouve cela difficilement compatible avec ce qu’on peut lire dans le dernier livre de Pierre Brocheux («Histoire du Vietnam contemporain», Fayard, 2011) :
- «La population, évaluée à 5 millions d’habitants en 1847, passa de 12 millions en 1880 à 16 millions en 1900, pour atteindre 20 à 30 millions en 1937. (…) Pour les Français, la fécondité démographique des Vietnamiens [sans doute rendue possible par les «massacreurs» et «affameurs» coloniaux… ? MR] était un atout parce qu’elle fournirait une main d’œuvre abondante pour la mise en valeur de l’Indochine. Pour cette raison, ils introduisirent un programme sanitaire qui renforça la croissance naturelle et la vitalité de la population. L’œuvre médicale et d’hygiène était conçue comme étroitement liée au projet de mise en valeur économique du pays. Dès la fin du XIXe siècle, quatre Instituts Pasteur étaient installés à Hanoi, Saigon, Nhatrang et Phnom Penh. Ils étaient accompagnés d’un réseau croissant d’hôpitaux, de maternités, de dispensaires et d’infirmeries. La vaccination antivariolique débuta en Cochinchine et fut généralisée dès que le pays fut entièrement conquis et soumis» (p. 63-64).
Il est vrai que cette politique n’était pas «philanthropique» et qu’elle rencontra ses limites notamment dans les campagnes tonkinoise et annamite. Il est vrai que des épidémies et une malnutrition persistèrent dans le Nord du pays, etc.
Mais on ne peut tirer un bilan en ignorant ces données. La colonisation eut, entre autre, des mobiles économiques, c’est évident. Et c’est justement pour cela qu’il n’a jamais été question de «massacrer» délibérément des centaines de milliers de personnes.
Pour finir, «Jag» ne semble pas saisir les différents niveaux de perception du fait colonial. Oui, Victor Hugo a écrit et cru que «C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c'est à nous d'illuminer le monde». Faut-il l’en blâmer ? Eût-il été préférable qu’il écrive : «C’est un peuple de massacreurs qui va faire sa sale besogne dans la nuit. Nous sommes les Huns de ce monde et c’est à nous de l’exterminer»… ?
La colonisation fut perçue par certains esprits comme une entreprise humaniste. Ils en ignoraient probablement toutes les dimensions. Mais on ne peut leur retirer ce sentiment de générosité. De la même manière les acteurs de la décolonisation ont pensé leur action comme une œuvre d’émancipation. On sait ce qu’il en est advenu… - On se demande de quel côté est l’outranceIl y a plusieurs manières de tuer les gens. On peut les massacrer, on peut aussi faire en sorte qu’ils ne puissent se nourrir et ainsi de mourir par million. Le résultat est exactement le même. C’était comme cela que les Vietminh ont ressenti les choses. Et c’est ce qui les a poussés à massacrer les colons français en 1945.

Personne n’a dit que les Français avaient l’entière responsabilité de ces millions de morts. Mais leur responsabilité n’est pas nulle non plus. Cela a été confirmé par Wikipedia et par les textes de Pierre Brocheux.
Mentionner les famines en Chine pour tenter de démontrer que même sans ces colons français, les Tonkinois pourraient quand même mourir à cause des aléas climatiques, démontre une ignorance flagrante de la situation en Extrême Orient. Le Tonkin n’a rien à voir avec la Chine et il n’y a jamais eu de famine au Tonkin sauf quand les colons français étaient là « pour les éclairer par L’Esprit des Lumières ». Quand je dis que « le plus horrible désastre que ce peuple tonkinois n’a jamais subi c’était pendant la colonisation française», ce n’est pas une supposition. C’est un fait. C’est d’ailleurs à cause de ce crime que les Tonkinois ont vraiment puiser jusqu’à leur dernière force pour battre une armée française dix fois mieux équipée à Dien Bien Phu.
Citer « un réseau croissant d’hôpitaux, de maternités, de dispensaires et d’infirmeries » créé par les Français en Indochine pour faire croire que la colonisation avait soi disant améliorer le bien être des Indochinois, est également une ineptie. Il suffit de regarder comment le Japon a pu se développer dix fois plus vite sans « l’aide » d’aucune colonisation pour comprendre à quel point la colonisation française a été un frein à la croissance de ce pays.
Quand Victor Hugo écrivait : « «C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c'est à nous d'illuminer le monde … ». Il a fait exactement la même chose que les nazis qui sortaient aussi des discours complètement surréalistes pour justifier leurs invasions dans toute l’Europe.
Bien sûr, quand on analyse l’histoire, il faut tenir compte de tout. Il faut dire que les Français y ont construit des hôpitaux et des écoles. Mais il faut surtout dire qu’ils y ont construit beaucoup moins que ce que les Indochinois auraient pu faire si les Français leur avaient laissé en paix. Et il faut aussi dire que la colonisation française était en partie responsable d'un million de morts par famine dans un pays qui, contrairement à la Chine, n’a jamais connu de famine. - pas de famines au Tonkin avant la colonisation ?«Jag» reconnaît maintenant que les Français ne furent pas seuls «responsables» de la famine au Tonkin en 1945. Dont acte.

J’ai cité les famines en Chine parce que j’avais les chiffres sous la main. Bien sûr que la Chine n’est pas le Tonkin, mais cette région a AUSSI connu des famines bien avant la colonisation.
Car les aléas climatiques n’ont pas attendu la colonisation, bien sûr…
Alain Forest, dans «Les missionnaires français au Tonkin, XVIIe-XVIIIe siècles» (éditions L’Harmattan, 1998 ) cite la famine de 1681 due à une sécheresse prolongée : «S. Baron [un missionnaire] évoque cette famine avec quelque exagération disant qu’elle a fait disparaître les deux-tiers des habitants» ; la famine de 1696 qui «causa une maladie contagieuse, laquelle emporta un grand nombre de personnes» ; la famine de 1703 : «elle est extrême et de mémoire d’hommes, on ne se souvient pas d’en avoir vu une semblable (…) il y a des provinces qui ont perdu près de la moitié de leurs habitants» ; la famine de 1712 due à une sécheresse et suivie en 1713 d’inondations dues à des ruptures de digues, de brigandage et, en 1713-1714 d’une maladie contagieuse : «des villages entiers seraient emportés. En d’autres endroits, plus de la moitié, le tiers, le quart, le dixième des habitants seraient morts».
Alain Forest ajoute : «on remarque le caractère cyclique de l’apparition des famines dans le delta pour la fin du XVIIIe : 1770, 1778-1779, 1785-1786 – comme si la nature se chargeaient d’elle-même, tous les 7-10 ans environ, de nettoyer les rangs d’une population qu’une grande fécondité avaient rendue trop dense» (p. 58-59).
Évidemment, ces famines ont des conséquences sociales aggravant l’injustice : «les moments de famine sont des moments de redistribution de terres vendues alors à vil prix, et de grands remuements de population. En réalité, ces deux phénomènes sont chroniques au Tonkin durant l’époque étudiée» (p. 59).
Alors, «Jag», il n’y a jamais eu de famines au Tonkin avant la colonisation française… ?!!
«Jag» ne dit mot du texte de Pierre Brocheux évoquant l’évolution démographique impressionnante que le Tonkin a connu sous l’administration coloniale française. Il parle du Japon et fait de l’histoire avec des «si». Ce n’est pas la méthode historique.
Ensuite, comparer Victor Hugo aux nazis, c’est la fameuse «reductio ad hitlerum» : en 1990, le juriste Mike Godwin a établi une loi qui se révèle toujours active : «Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s’approche de 1». Voilà, «Jag» vient de l’illustrer. Quand les arguments font défaut, on renvoie à Hitler… - Il faut savoir de quoi l’on parleIl est très difficile de discuter des famines au Tonkin avec quelqu’un qui n’y connait pas grand chose et qui lit les textes historiques sans être capable de de les placer dans leur contexte.

Dire qu’il y a eu des famines régulières au Tonkin en 1696,1770, 1778-1779, 1785,1786 pour affirmer que « cette région a AUSSI connu des famines bien avant la colonisation » démontre une méconnaissance manifeste de l’histoire du Vietnam. Si Michel Renard s’était posé la question pourquoi depuis 1788, il n’y avait plus de famine dans cette région ? il trouvera lui-même le non sens de ses arguments.
Avant 1788, le Tonkin ne faisait pas partie du Vietnam avec les frontières telles qu’on les connait actuellement. Le Vietnam avant 1788 était divisé en deux : Le Nord (ou Tonkin) en guerre avec le Sud, et c’était normal qu’en cas de désastre naturel au Nord, personne au Sud ne leur vienne en aide.
A partir de 1788, le Vietnam était réuni. Quand il y a inondation ou sécheresse au Nord, le riz du Sud leur vienne en aide et vice versa. Ce qui fait qu’il n’y a plus de famine dans ce pays à partir de 1788. Les Français y débarquent un siècle plus tard (188
dans un pays qui n’a jamais connu de famine depuis sa réunification.
La famine de 1945 était surtout due à l’incapacité de l’autorité coloniale française d’organiser le transport de riz du Sud vers le Nord. Car le riz était abondant dans le Sud, les Vietminh étaient capable de les amener clandestinement jusqu’au Nord pour nourrir leur troupes.
Les Français s’occupaient à l’époque de la gestion du Tonkin, ils n’avaient aucune raison de paniquer puisqu’aucun colon français ne mourrait de faim en 1944-45. Ces un ou deux millions de Tonkinois mourant de faim n’étaient pas Français. Alors pourquoi faire paniquer les gens ? Le problème est que fin 1945, les Vietminh leur a fait payer ce crime en massacrant des civils français. Certains d’entre eux étaient effectivement des fonctionnaires de l’appareil colonial qui n’avait rien fait pour sauver ces Tonkinois pendant la famine, mais d’autres colons assassinés n’avaient rien à voir dans cette histoire . - famines au XIXe siècle au TonkinIl est difficile de discuter avec quelqu’un qui, à chaque fois que ses arguments sont critiqués et repoussés refuse de le reconnaître.

«Jag» écrivait : «il n’y a jamais eu de famine au Tonkin sauf quand les colons français étaient là». On lui montre que c’est un mensonge et on lui cite toutes les famines (fréquence 7 à 10 ans) que le pays a connues aux XVIIe et XVIIIe siècle. Au lieu de dire : oui , je me suis trompé, il prétend maintenant que c’est seulement depuis la réunification de 1788, que la famine a disparu au Tonkin…
«Jag» dit : «depuis 1788, il n’y avait plus de famine dans cette région» (…) «il n’y a plus de famine dans ce pays à partir de 1788. Les Français y débarquent un siècle plus tard (1888 ) dans un pays qui n’a jamais connu de famine depuis sa réunification».
Encore une légende… !
Dans son livre de 1912, le géographe E. Chassigneux étudie «L’irrigation dans le delta du Tonkin» dont rend compte N. Tran Minh dans sa bibliographie «Le riz au Cambodge, au Laos, au Vietnam, 1888-1991» (éd. Cirad, 1998, p. 178 ) : «En ce qui concerne le XIXe siècle ; M. Chassigneux rappelle le résumé historique des inondations, sécheresses, FAMINES au Tonkin de 1808 à 1896)».
Par ailleurs, un missionnaire, le Père Borie est au Tonkin au début des années 1830. Son biographe signale : «L’année 1834 et le début de l’année suivante sont terribles. La famine ravage le Vietnam, réveillant la peste, le choléra et d’autres maladies endémiques» (Pierre Demarty : http://laviedesparoisses.over-blog.com/article-saint-pierre-dumoulin-borie-88938007.html ).
Il faut en finir avec les images d’Épinal, «Jag»… Vous critiquez Jules Ferry, mais le tableau que vous voulez fournir du Tonkin ressemble fort à l’argumentaire plutôt idyllique qu’en dressait Jules Ferry dans «Le Tonkin et la mère patrie» en 1890 afin d’y attirer les colons et justifier les possibilités d’exploitations économiques de ce pays… - famines au XIXe siècle au Tonkin (suite)Oui, il y eut des famines au Tonkin au XIXe s., après 1788 et avant la colonisation française.

Dans «La réforme de l'impôt foncier de 1875 au Viet-nam», Nguyên Th'ê Anh (Bulletin de l’École française d’Extrême-Orient, n° 78, 1991) écrit sur le Tonkin à l’époque de l’expédition de Francis Garnier en 1873-1874 :
«Politiquement et militairement, des zones entières échappaient au contrôle de la cour. Dans les provinces du delta du fleuve Rouge, les causes de dissolution et de désordre inhérentes à un système de gouvernement en dégénérescence étaient encore aggravées par les conséquences désastreuses des difficultés sociales et économiques et les effets perturbateurs des catastrophes naturelles. Dans une lettre datée du 26 août 1873, le vicaire apostolique du Tonkin méridional, Мgr Colomer, offrit en un saisissant raccourci un aperçu de l'état désastreux de ces provinces en écrivant :
«Quant à l'état social et politique de ce Royaume, mieux vaudrait n'y point penser. Vous dire que tout va à la dérive, que tout s'écroule, c'est vous en faire la complète description. Les calamités dont se voit affliger ce pays se succèdent les unes aux autres : ce ne sont qu'inondations, soulèvement de rebelles, incursions de brigands, pirateries..., rapts d'enfants et de femmes par les forbans chinois, impôts arbitraires et exorbitants, mécontentement général, cris et misère partout».
Aucune amélioration ne fut d'ailleurs constatée deux ans après cette sombre description faite par le prélat espagnol. En 1875, Nguyên Hûn Bô, mandarin chargé de la direction des douanes de Hâi-dumig et la défense côtière du Tonkin, rendit compte dans un rapport à l'empereur que neuf familles tonkinoises sur dix manquaient absolument du nécessaire.
La situation était particulièrement dramatique dans les provinces de Bác-ninh, Hái-dirong, Son-tây et Hung-yên, trop fréquemment dévastées par les inondations consécutives aux ruptures répétées des digues. Les populations étaient forcées par des famines chroniques à abandonner leurs villages et à vagabonder dans le pays.
Parmi ces déracinés, les plus désespérés s'attroupaient pour vivre de rapines, contribuant ainsi au développement du banditisme, que les autorités provinciales s'épuisaient à réprimer».
(p. 287-288 ). - PropagandeCommentaire sur "La pacification de l’Algérie, général Faivre" – 14 juillet 2012.

Sur une photographie légendée "inauguration de l’école",
un petit bâtiment préfabriqué (un niveau tout en longueur, toit de tôle), est posé sur un terrain de campagne visiblement peu aménagé (buissons, terrain vague, talus à l’arrière en pente). De toute évidence, cette construction rudimentaire est récente. Pour la circonstance, le mur de façade est orné de grandes feuilles de palmes. La construction est photographiée en gros plan, privant l’observateur d’en apprécier les abords immédiats. Une entrée principale (simple porte) et deux petites fenêtres latérales composent ce qui est visible de la façade avant. Une marche rudimentaire atteste de la surélévation de ce bâtiment de bois, posé sur ce qui est peut-être un sol de terre battue, sans qu’il soit possible de l’affirmer.
En arrière plan une clôture haute et grillagée constitue le seul élément visible de l’environnement physique.
Deux pavillons tricolores encadrent un panneau « ECOLE » en lettres surdimensionnées accrochées à la base du toit. Accroupi sur le toit dans une position pour le moins désavantageuse, un militaire manipule un appareil photographique. Une scène animée d’une quinzaine de m² sur le parvis de cette nouvelle école est fixée par un autre photographe, auteur du document.
Au premier plan de gauche à droite, un deuxième militaire galonné montrant son dos, portant une vareuse légère façon saharienne, en conversation mains dans les poches avec un troisième militaire la main gauche sur la hanche et la tête légèrement penchée à droite, semblant vouloir indiquer à l’opérateur l’intérêt du discours du premier. A droite, un quatrième militaire de face, galonné et mains sur les hanches, écoute un civil en complet bleu, mains au dos, raide et bien peigné. Son costume bleu marine et sa position de civil dans le cœur de la scène laissent supposer qu’il s’agit peut-être du sous-préfet ou de son représentant.
Au deuxième plan et en position centrale, un cinquième militaire en képi bleu paraissant sortir du bâtiment, s’avance bras ballants dans l’axe de l’appareil, préoccupé, semble-t-il, de l’endroit où poser ses pieds. Un pistolet bat dans la sacoche sur sa cuisse droite. Ce personnage occupe une position centrale conférée par le preneur d’image, laissant entendre qu’il s’agit sans doute du promoteur de l’opération, l’officier S.A.S.
Au troisième et dernier plan avant le bâtiment, un sixième militaire de trois quarts et presque adossé à l’entrée, lui emboite le pas devant un septième militaire portant képi lui faisant face, à l’image d’une mince haie d’honneur positionnée au seuil du bâtiment. Devant la fenêtre de droite, une femme en tailleur – l’épouse du sous-préfet ? - discute de dos avec un personnage hors du champ. A l’opposé devant la fenêtre gauche, on croit distinguer un représentant de l’autre monde, gandourah et turban, le nez collé sur la vitre, paraissant observer l’intérieur de la classe. Trois de ses coreligionnaires sont postés en haut de la bute et près de la clôture derrière l’école. L’un d’eux est nonchalamment assis. Le deuxième semble en train de s’assoir.
A l’extrême gauche au premier plan, un micro façon RTF attend sur son trépied que l’une de ces personnalités veuille prendre la parole, en tête de l’aéropage prévu par le protocole.
L’atmosphère est à priori bon-enfant comme en témoignage le Musulman curieux le nez à la fenêtre. La gent militaire est surreprésentée. Vient ensuite la gent officielle européenne. Enfin, les gueux. Les principaux intéressés sont absents. Cette photo est un document choisi par Mr. Faivre pour vanter les mérites de la colonisation française en Algérie en général, et ceux des officiers SAS en particulier. C’est un document de propagande évidemment largement dépassé par l’histoire. Il appelle un commentaire détaillé que je ne ferai pas ici, ce media ne le méritant pas. Il suscite néanmoins une question que je n’ai jamais entendue poser, et encore moins la réponse : Dans un pays démocratique est-il normal que l’école soit dispensée par les militaires ?
Ayant jusqu’à présent eu le courage de mes opinions, mais ayant malheureusement été pourchassé par les négationnistes et menacé de mort, je m’abstiens dorénavant de signer par autre chose qu’un pseudonyme, rejoignant à mon corps défendant le bataillon des planqués. Si des délateurs se manifestent, l’opinion libre les jugera.
Menacé
e la manière suivante : « Inauguration de - Armée d' abord gagnerPourquoi terminer votre analyse par des noms d'oiseaux? Mais vous avez raison ce fut "de l"action psychologique "donc de la propagande

comme dans tous les bords!(Castro et Polpot)
le role principal d'une armée en guerre c'est si possible de la gagner;de neutraliser l'adversaire
et pas à priori de suppléer à la trouille légitime
des instituteurs civils qui se faisaient zigouiller par la rébéllion;la scolarisation des masses n'en etant qu'à ses débuts dans cette province où colonie particuliére comme il vous plairas ; Son role essentiel aussi était de protéger en priorité ses ressortissants civils et ses supplétifs
que le pouvoir civil aurait du lui demander d'assurer lorsqu'il a décidé de larguer (à tort où à raison) ce n'est pas le probléme et c'est ce pouvoir qui s'est déshonnoré avec ses soutiens béllants en ne le faisant pas !
Ci joint les propos d'un "négationniste" à étudier
prochainement
M. Harbi, en 2012, on annonce l’ouverture d’une partie des archives françaises liées à la guerre de Libération nationale. D’aucuns y voient une opportunité pour apporter un éclairage décisif sur certaines zones d’ombre de la guerre d’indépendance. Comment appréhendez-vous ces archives ?(MALG services secrets Algériens FLN)
Il y a certainement des archives qui pourraient s’avérer fort pertinentes. Il y a par exemple le bulletin de renseignement et de documentation qu’établissait le MALG. Bien sûr, il glorifie le FLN mais il fournit une foule d’indications sur l’état d’esprit de la population, et ce bulletin ne laisse aucune impression d’unanimisme des Algériens.
- Quel genre de renseignements livraient ces bulletins ?
Par exemple des renseignements sur la conduite des populations, leur rapport au FLN, leur rapport à la France. Je dis bien c’est le bulletin du FLN, donc tout est à la gloire du FLN. Toujours est-il qu’à travers ces descriptions, si un historien s’empare de ces documents, il va donner une autre idée de l’opinion algérienne face au FLN. En tout cas, je pense que ces archives sont explosives. Moi, j’ai été au ministère des Forces armées comme conseiller de Krim
Belkacem, et je peux vous dire que les dossiers sont terribles. Le rapport à la population n’est pas du tout ce qu’on dit. Ce sont des archives qui donnent une idée tout à fait différente de la révolution.
- Vous-même, en votre qualité d’historien, comptez-vous les exploiter ?
Je ne sais pas. A 78 ans, MOI NON PLUS JE NE SAIS PAS CAR J AI LE MEME AGE QUE HARBI
MAIS JE SAIS QUE LE DEBAT IDEOLOGIQUE SE POURSUIT JEAN FRANCOIS PAYA
http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2012/04/19/24063398.html




























Vous pouvez utiliser des océans d'encre et une infinité d'Amazonie de papier, vous pouvez user de toutes les langues de la planète, que vous ne pourrez jamais justifier ni l'attitude et les faiblesses de l'Etat français face à la Grosse colonisation qui le subjugua en tout, partout et tout le temps jusqu'à ce qu'il soit contraint à plus de sagesse et de réalisme par la Guerre, ni sa trahison des Valeurs de sa propre République, celles de 1789 qui fondèrent (malgré certaines erreurs) notre propre combat parce que toutes, je dis bien toutes sont inscrites dans le seul Texte qu'aucun algérien digne de ce nom n'aurait jamais ni ne pourrait jamais à l'avenir dépasser : le Coran.
Le colonialisme et les crimes dont il a été l'auteur en Algérie sont injustifiables. Nous avons nous aussi fait dans des missions "civilisatrices" mais pour effectivement civiliser en libérant, non pour massacrer, exploiter et asservir. C'est ce que nous fimes en Europe pendant des siècles, et ce sont d'éminents français qui le disent. De plus, vous avez de sérieux obstacles à franchir avant de tenter de convaincre. Ces obstacles s'appellent Pélissier, Herbillon, Bugeaud et, Face à eux, des Hommes avec un H majuscule, des Hommes comme Clémenceau, Jean de Dieu Soult, La Bollardière et bien d'autres, des Hommes grâce auxquels, malgré tout et même pour les algériens, il n'est pas permis de penser que la France n'est pas une grande nation.
Je termine en disant que le mieux que nous ayons à faire pour bien asseoir les relations futures de nos deux pays qui sont condamnés à s'entendre pour d'innombrables raisons serait, du côté français, d'arrêter de faire dans ces justifications absurdes et tendant à réduire tous les crimes qui valurent à notre peuple tant de souffrances pendant 132 ans, et du côté des algériens de cesser de s'accrocher à cette stupide exigence de repentence.