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Rien ne peut excuser l’abandon

de ceux qui avaient fait le choix de notre pays

Nicolas SARKOZY, à Perpignan le 14 avril 2012

 

En fondant l’Association Secours de France, voici 50 ans, en plein drame algérien, Clara Lanzi s’était donné pour but de porter assistance à "toutes les victimes de leur foi en la Patrie, au premier rang desquelles figuraient les Harkis... Devoir de charité et de solidarité actives pour les survivants du génocide, leurs familles et leurs descendants. Devoir de vérité aussi, sur la trahison de la parole que la France leur avait donnée... Deux combats que le Secours de France n’a jamais abandonnés, et qui ont fini par porter leurs fruits. Le discours prononcé à Perpignan par le Président de la République Française ne laisse place à cet égard à aucune ambiguïté :

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"L’Algérie était devenue indépendante au terme d’une guerre qui avait duré plus de huit ans. C’était le choix de l’Histoire, ce n’était pas le choix des Harkis. La France se devait de les protéger de l’Histoire.
Elle ne l’a pas fait.
Elle porte désormais cette responsabilité devant l’Histoire.
C’est cette responsabilité que je suis venu reconnaître, ici à Perpignan, au nom de la République Française. Une responsabilité historique qui, à quelques jours du cinquantenaire de la directive du 12 mai 1962 (1), devait être enfin officiellement reconnue.
La France doit, comme elle l’a toujours fait, regarder son Histoire en face et assumer les erreurs qu’elle a pu commettre.
En l’occurrence rien ne peut expliquer, ni encore moins excuser l’abandon de ceux qui avaient fait le choix de notre pays."

Un moment historique

"C’est un moment historique, commente Jeannette Bougrad, car aucun chef de l’État n’était jusque-là venu visiter ces camps de la honte. On a regroupé ces familles de soldats musulmans qui se sont battus pour la France et qu’elle a abandonnés en Algérie. Et quand ils sont arrivés en France, on a très mal accueillis ces frères d’armes qui se sont battus pour la France et qui ont tout perdu. Plusieurs dizaines de milliers de harkis ont été massacrés au lendemain
des Accords d’Évian...


Aujourd’hui encore,
les harkis ne peuvent
toujours pas revenir
ou être enterrés en Algérie. Alors que les
anciens combattants
du FLN qui ont com
battu ou commis des
attentats peuvent ve
nir en France et y faire
des conférences expliquant leur «combat pour la liberté».
Les harkis croient en un idéal républicain. Ils sont Français. Ils sont patriotes. Et la France les a trop longtemps ignorés."

Un homme d’honneur

À Perpignan, le Président de la République est venu aussi rendre justice à un homme d’honneur, François Meyer, lieutenant de Harka au 23e Régiment de Spahis en 1962, qui a risqué la dégradation en contrevenant aux consignes officielles pour sauver ses hommes et leurs familles d’un massacre assuré. Jamais notre ami François Meyer ne regrettera d’avoir passé outre. Jamais non plus il ne cessera de se démultiplier, en France, pour aider à leur insertion, faire connaître leur histoire et plaider leur cause face aux autorités.

Secours de France

 

(1) La directive secrète du 12 mai 1962 fut signée par Louis Joxe, ministre des Affaires algériennes et négociateur des “Accords d’Evian”. Elle disposait notamment : "Les supplétifs débarqués en métropole en dehors du plan général de rapatriement seront renvoyés en Algérie. [...] Il conviendra d’éviter de donner la moindre publicité à cette mesure. [...] Les promoteurs et les complices de rapatriements pré- maturés seront l’objet de sanctions appropriées."

Ce qu’ont vécu les anciens supplétifs et les anciens engagés, tous soldats de la France, ne doit pas être éternellement caché, écrivait François Meyer. Les revendications des fils et des filles de harkis sont d’abord des exigences de considération et de dignité. Il n’y aura pas pour eux de paix sociale tant que l’opinion publique restera dans l’ignorance de ce qui s’est passé."

Actualités du Secours de France - Avril 2012

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- article de Mohammed Aissaoui dans le Figaro du 14 mars 2012

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Mohammed Aissaoui

 

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