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la villa Sesini à Alger
 

 

lettre du général Maurice Faivre

à la chaîne LCP

 

Mademoiselle,

Ne connaissant pas l'adresse courriel de Benoit Duquesne, je vous serais obligé de lui transmettre les éléments historiques ci-dessous, concernant les déclarations de Henri Pouillot.

Je ne comprends pas qu'une chaîne sérieuse comme LCP puisse faire confiance à un tel agitateur politique, affabulateur de crimes qu'il n'a pas commis.

Je possède d'autres éléments sur les affaires Audin, Sesini, Alleg, Boupacha, Ighilariz, Aissat Idir, mais la directrice des Archives de France m' a interdit de les publier (lettre du 10 avril 2003, confirmée par le CADA le 26 septembre 2003).

Je transmets ce message aux historiens avec lesquels je travaille, et au général Schmitt.

Je mets en copie le sénateur Guerry, qui connaît bien le problème des 1.700 disparus de la guerre d'Algérie.

Maurice Faivre
février 2011

 

 

Affaire Pouillot.

Le témoignage des personnels de la Sécurité militaire Air (4 officiers et le Commissaire divisionnaire Lecornec), et le contrôle des personnels de l'unité 01360 font apparaître qu'en 1961, ils occupaient la villa Sesini, où le soldat du Train Pouillot n'avait pas accès. Ces cinq témoins certifient qu'ils n'ont jamais vu de torture à la villa Sesini en 1961 (1). Ce n'est que du 23 décembre 1961 au 6 mars 1962 qu'une section du 584ème BT y a séjourné. Pouillot n'y aurait donc pas passé 10 mois, il n'a pas pu se procurer de documents militaires attestant de son affectation.

La tension règnant au début de 1962 à Alger, où 20 escadrons de gendarmerie mobile et 6 CRS contrôlent la ville, laisse planer de sérieux doutes sur les arrestations, tortures et viols massifs qui se seraient déroulés dans la villa. Ni le commandement de la gendarmerie, ni la Commission de Sauvegarde n'en font état. La priorité des forces de sécurité était alors la lutte contre l’OAS.

Le général Schmitt a été condamné en première instance parce que selon le Tribunal, il a «manqué de prudence» en prétendant que Pouillot raflait des filles en ville pour les violer. Schmitt a reconnu cette erreur.  Le Tribunal estime cependant que «Schmitt a assez d’éléments pour penser que Pouillot est menteur sur certains points». Ces points sont les suivants :

- il décrit une expédition punitive du 584ème bataillon du Train qui aurait fait 400 morts le 24 juillet 1961, or il s’agissait d’une opération ordonnée et encadrée qui avait donné lieu à des escarmouches qui firent 4 blessés, dont un décéda le 25 juillet,

- 4 à 5.000 Algériens auraient été torturés en 10 mois à la villa Sesini, chiffre extravagant,

- une centaine de femmes y auraient été victimes de viols, c’est aussi extravagant.

Pouillot ne se souvient d’aucun nom de ses camarades ni de ses chefs, ce qui ne permet pas à Rotman de vérifier ses accusations, et ce qui prouve l’affabulation de Pouillot. En revanche le général Schmitt a produit deux officiers du 584ème BT (André Cousine et Hardy) qui démolissent la version de Pouillot.

Maurice Faivre

 

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Henri Pouillot

(1) Florence Aubenas, article de Libération du 16 juillet 2003.

 

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