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17 octobre 1961,

téléfilm d'Alain Tasma et Patrick Rotman

note critique du général Maurice FAIVRE


Nuit noire, 17 octobre 1961, Alain Tasma. Scénario de Patrick Rotman,
Téléfilm de 2005, durée 1h50, France 3, 17 octobre 2010 à 20h35.

FR3 se distingue à nouveau dans la manipulation historique (1), en diffusant ce film pro-FLN sur la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris. Les protagonistes de cette bataille de Paris sont les policiers français dirigés par l’ignoble préfet Papon (sic), et les "pacifistes" de la Fédération de France du FLN.

L’accent est mis sur la violence des policiers (2), qui commence bien avant le 17 octobre. Vexations, tabassages, contre-terroristes pratiquant l’étranglement et la noyade, tir à balles sur les manifestants. Papon et son adjoint Somveille dirigent une répression sanglante en imposant un couvre-feu illégal ; ils réquisitionnent stades, gymnases et autobus parisiens. En ordonnant de rendre 10 coups pour un, ils couvrent les bavures. Faute de médicaments, les soins médicaux ne sont pas assurés.

Quant à de Gaulle, il négocie dans le dos de Debré et juge secondaire et inacceptable cette manifestation. Alors que la guerre du FLN a été portée en métropole en 1958, et que certains militants revendiquent l’assassinat des policiers, les dirigeants de la Fédération de France ordonnent une manifestation massive, pacifique et obligatoire : «Nous sommes en guerre, il faut passer à l’action et retourner l’opinion française». Les Algériens sont embrigadés dans les bidonvilles, les récalcitrants sont abattus, ainsi que ceux qui refusent l’impôt révolutionnaire.

On ne voit pas dans le film les femmes qui devaient défiler en tête, mais l’on montre les porteuses de valises et celles qui fabriquent de faux papiers. Ce film est présenté comme une fiction, pour la raison qu’aucune image n’a été tournée. La presse recueille cependant les dépositions des humanistes qui dénoncent leurs collègues. Certains chiffres sont exacts : opposés à 1 640 policiers, 20 000 manifestants dont 11.000 sont arrêtés. Mais le nombre des victimes est multiplié, il n'y a pas 50 à 200 Algériens tués, dont 50 dans une cour de la Préfecture de Police, mais une dizaine sûrs, selon Brunet et Mandelkem. Certains ont été pendus, mais on ne les voit pas. Les noyades en revanche sont filmées.

Maurice Faivre
le 18 octobre 2010

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image du film


P.S. Le dénombrement des morts, et la propagande mise en oeuvre par le FLN font l’objet d’une mise au point de l’historien François Dosse et de Catherine Segurane, qui s’appuient sur les travaux de Jean-Paul Brunet, du Conseiller d’Etat Mandelkem, de l’Avocat général Geronimi et de Sylvie Thénault. Leurs conclusions sont disponibles sur Agoravox.fr.

1 - après le film Les porteuses de feu, à la gloire des poseuses de bombes en Algérie, et un débat très orienté par Béatrice Schönberg, à la suite du film de Costelle-Clarke sur la tragédie des harkis le 20 septembre 2010.

2 - noter que les harkis de Paris ne sont pas mis en scène.

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image du film

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Patrick Rotman et Alain Tasma


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9782080676917FS

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