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Groupe de recherche

sur l'histoire de l'Algérie coloniale

et de la guerre d'indépendance algérienne

Sylvie THÉNAULT

 

L’histoire de l’Algérie coloniale et de sa guerre d’indépendance se signale à la fois par sa présence dans le débat public et son dynamisme dans le champ de la recherche.
La dimension polémique de cette histoire, enjeu politique, si ce n’est électoraliste, en effet, a été très récemment réactivée par des initiatives des pouvoirs publics locaux et nationaux dans le domaine de la commémoration et de la recherche, avec notamment l’annonce de la création d’une Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie.
Un tel contexte d’instrumentation politique n’empêche cependant pas la recherche universitaire d’être féconde. Les travaux en cours, des thèses récemment soutenues et des livres parus témoignent de tendances dessinant ensemble un mouvement de renouvellement de cette histoire sous l’influence de divers facteurs. En dehors du débat politique, en effet, le traitement de cette histoire tend à se banaliser et à s’inscrire dans un champ historique qui ne peut plus être défini comme étant simplement celui de l’histoire de l’Algérie : le temps de désenclavement et de la mise à distance serait-il venu ? La fin de la guerre civile sur place, par ailleurs, rend possible des recherches dans les archives conservées en Algérie, des visites sur les lieux de cette histoire, des rencontres avec ses témoins. Le post-colonialisme et ses approches, enfin, objet d’un vif engouement en France, viennent-il éclairer cette histoire d’un jour nouveau ?

Sylvie Thénault

 

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Les séances auront lieu le mercredi de 17h30 à 19h30, dans la bibliothèque du centre d’histoire sociale du vingtième siècle (CHS), 9 rue Malher, 6e étage

 

23 janvier : Politique de la mémoire, politique de la recherche
Eric Savarese et Jacques Frémeaux
Quels liens entre des politiques de la mémoire comme l’inauguration d’un mur des disparus à Perpignan et des politiques de la recherche comme la création d’une Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie ? Comment des historiens et des chercheurs peuvent-ils intervenir dans ce contexte ? Quelles positions diverses, tant déontologiques qu’éthiques, peuvent-ils être amenés à adopter et à défendre ?

20 février : Désenclaver l’histoire de l’Algérie
Yann Scioldo-Zürcher
Yann Scioldo-Zürcher a choisi d’inscrire sa thèse, consacrée à la politique d’intégration des Français d’Algérie rapatriés, dans la catégorie de l’histoire migratoire française, à laquelle il a emprunté méthodologie et approches pluridisciplinaires. Une telle démarche témoigne d’un refus de l’inscription dans un champ de l’historiographie qu’un découpage en aires culturelles conduirait à qualifier d’ «histoire de l’Algérie». Cette qualification tendrait-elle à être de moins en moins pertinente pour catégoriser les travaux ? Qu’apporte le parti pris d’aller chercher des ressources bibliographiques et méthodologiques ailleurs que dans le champ traditionnellement désigné comme étant celui de l’ «histoire de l’Algérie» ? En quoi ce parti pris contribue-t-il à désenclaver cette histoire, en la sortant des problématiques et des interprétations traditionnellement retenues et débattues par ses spécialistes ?

19 mars : Les sources en Algérie
Après une introduction par Sylvie Thénault, cette séance prendra la forme de plusieurs brèves interventions destinées à partager des expériences de recherche en Algérie, tant dans les centres d’archives publiques qu’auprès d’acteurs et de témoins. Le retour d’une relative sécurité en Algérie a en effet permis la multiplication de séjours sur place. Quelles premières conclusions en tirer sur les gisements de sources, leur accessibilité ? Quels enjeux ces séjours, porteurs d’échanges entre les deux pays, font-ils apparaître tant en France qu’en Algérie ?

9 avril : Mettre à distance
Jean-Pierre Peyroulou
Auteur d’une thèse sur les massacres de mai-juin 1945 à Guelma, Jean-Pierre Peyroulou expliquera les partis pris méthodologiques et les choix d’écriture auxquels il a recourus dans le but de mettre à distance des événements aussi dramatiques, traumatisants et chargés d’enjeux au présent, y compris dans les relations bilatérales franco-algériennes. Plus généralement, alors que l’espace public est saturé de polémiques entretenues par des usages politiques de vécus traumatisants – la remarque vaut aussi pour les harkis, par exemple – l’historien peut-il se doter de moyens spécifiques, dans ses protocoles de recherche et d’écriture, pour s’en extraire ?

14 mai : Qu’est-ce qu’une approche post-coloniale de la guerre d’Algérie ?
Jim House et Neil MacMaster (sous réserve)
Dans leur livre Algerians, State Terror and Memory (Oxford University Press, 2006), Jim House et Neil MacMaster ont proposé une relecture des événements d’octobre 1961 en région parisienne. Dans quelle mesure leur travail relève-t-il d’une approche post-coloniale ? Qu’ont-ils puisé dans les travaux antérieurs s’en réclamant ? Qu’apporte une telle approche au renouvellement de l’histoire de cette période ?

18 juin : De l’histoire des Algériens à celle de l’Empire
Emmanuel Blanchard
À partir de son travail sur le traitement des Algériens par la police en région parisienne de 1945 à la fin de la guerre d’Algérie, Emmanuel Blanchard se propose de réfléchir à l’articulation des espaces au sein de l’espace impérial français. Au-delà du seul lien entre Algérie et métropole, comment repenser la relation entre espace régional, espace métropolitain, espace algérien, espace maghrébin… alors même qu’à l’époque ces espaces n’étaient pas cloisonnés, séparés, ni dans la circulation des hommes, ni dans l’esprit des contemporains ?

 

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Algérie coloniale : Tlemcen, la rue Kaldoun

 

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