mercredi 5 décembre 2007

une certaine rhétorique algérienne "anticoloniale" (Michel Renard)

Diapositive1


les points aveugles d'une certaine

rhétorique

algérienne "anticoloniale"

Michel RENARD


La logomachie des propos officiels ou semi-officiels en Algérie devient insupportable. De ce qui était un stock d'arguments que le F.L.N. a utilisé dès 1962 pour capitaliser à son profit le "prestige" politique de la victoire dans la "guerre d'indépendance", le régime algérien a fait une véritable démagogie historique par laquelle il manipule les ressentiments et frustrations de la population et escompte mettre en difficulté son partenaire français.

Cette démagogie repose sur la mise en ignorance du passé et la mise en slogans du revendicationnisme mémoriel.

Ignorance du passé ? Pour la vox dominationis en Algérie, l'histoire coloniale se réduit au face à face permanent d'un monstre exploiteur, oppresseur et aliénateur et d'un peuple, victime souffrante, résistante et glorieuse. Il n'en a pas été ainsi. L'ambivalence des interrelations coloniales est mise en évidence par l'investigation historique qu'elle soit française ou, souvent, algérienne. Quant à la guerre d'Algérie (1954-1962), elle fut autant une guerre civile qu'une guerre contre la puissance française.

Mise en slogans ? Le recours aux notions de "crimes contre l'humanité" et de "génocide" se veut une force de frappe visant à anéantir sans réplique l'adversaire. Mais ces formules ne correspondent pas à la réalité historique. La France coloniale n'a jamais cherché à exterminer les populations algériennes. Et les affrontements pour la conquête coloniale n'ont pas été menés au nom du racisme ni du mépris. Une réponse à ces allégations a été présentée par les historiens Gilbert Meynier et Pierre Vidal-Naquet - ce dernier aujourd'hui disparu - dans leur analyse du livre Coloniser, exterminer, qualifié par eux "d'entreprise idéologique frauduleuse" (lire leur texte ici).

L'article critiqué ci-dessous est un véritable condensé de cette démagogie historique et politique qui a cours à Alger sans guère rencontrer de répartie...

Michel Renard

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article paru le 5 décembre 2007 dans le journal algérien El Watan
et sa critique en paragraphes insérés, de cette couleur


Il a refusé de présenter les excuses officielles

de la France à l’Algérie

La dérobade de Sarkozy


«Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité.»

En prononçant solennellement cette petite phrase, tant attendue, à Alger comme à Paris, Nicolas Sarkozy, qui a dû manifestement consentir un trésor d’efforts sur lui-même, a, en fait, lu un verdict injuste devant de très larges secteurs de l’opinion algérienne. C’est une qualification des faits qui nous renvoie tout droit vers les atrocités des années 1950. Et là, il faut bien reconnaître qu’il n’y a vraiment pas photo entre ce que fut la longue nuit coloniale et l’expression discursive du président français. En cela, tous les Algériens ont dû être déçus, voire choqués par le propos douillettement sympathique et faussement indigné de Nicolas Sarkozy à l’égard de la colonisation.

- "Atrocités des années 1950", "longue nuit coloniale"... le vocabulaire de l'outrance et de l'unilatéralité. Si on appelle "atrocités" les souffrances barbares qui ont conduit à la mort de nombreuses personnes pendant la guerre d'Algérie, il faut évoquer la torture pratiquée par l'armée française mais aussi les mutilations pratiquées par le F.L.N. sur les prisonniers français (émasculations...) et sur des populations civiles algériennes résistantes à l'embrigadement du F.L.N. (massacre de Melouza...) ou encore lors des massacres massifs de harkis à l'été 1962 et après. On ne peut concentrer la critique sur la première et délaisser les secondes. Elles s'équivalent.
Pendre Larbi ben M'Hidi comme l'a fait le commandant Aussarresses en février 1957 ou étrangler Abbane Ramdane à l'aide d'une cordellette comme l'a fait le "colonel" Boussouf en décembre 1957..., je ne vois pas la différence. Ce sont les mêmes ignominies.

Et c’est très chèrement payé puisque le chef de l’Elysée repartira demain avec 5 milliards d’euros de contrats dans l’escarcelle en contrepartie d’une énième provocation !

- Les "5 milliards d'euros" ne sont pas un cadeau algérien sans contrepartie économique...! Il s'agit de contrats négociés. Et si les entreprises françaises font des affaires, les dirigeants algériens aussi (qui dira les "commissions" détournées qui permettent à la nomenklatura algérienne d'acheter de l'immobilier à Paris et d'inscrire ses enfants dans les lycées de la capitale française...?).

En matière d'économie, il faudrait poser la question du bilan de 45 années d'indépendance : une économie qui doit importer l'essentiel de ses biens de consommation alors que l'État algérien a placé depuis l'année 2000, 43 milliards de dollars, soit la moitié des réserves de change, dans le système bancaire américain (cf. Peterson Institute for International Economics). Un système scolaire déficient, un système de santé sinistré, une agriculture dévastée, une administration sclérosée et corrompue, un système bancaire asphyxié... Un Algérien sur cinq au-dessous du seuil de pauvreté selon les normes officielles à Alger...

L'ancien ministre du Commerce Smaïl Goumeziane expliquait en avril 2000 : «De l’aveu même du président de la République, le commerce extérieur du pays serait entre les mains de dix à quinze personnes. […] Par ce biais, on estime qu’un milliard et demi à deux milliards de dollars fuient le pays chaque année. En trente ans, ce sont ainsi quelque 30 à 40 milliards de dollars de richesse nationale qui s’en sont allés se loger offshore dans les comptes numérotés de quelques banques internationales vertueuses, ou s’investir hors du pays dans l’hôtellerie, dans l’immobilier ou dans le négoce international.»

Le nouveau locataire de l’Elysée nous apprend en 2007 – nous les indigènes –

- Il n'y a plus "d'indigènes" aujourd'hui. Sauf peut-être dans l'esprit de certains dirigeants algériens qui appauvrissent leur peuple depuis un demi-siècle.

que le système colonial a été profondément injuste ! Quelle belle trouvaille sémantique ! Et quel bel euphémisme… ! Le président français dont on attendait un peu de courage politique pour quelqu’un qui a promis la rupture a donc préféré surfer sur le changement dans la continuité. Incassable, Sarkozy s’est donc laissé enfermé dans cet ego patriotique, typique aux militants de l’extrême droite française qui rechignent de nos jours à regarder leur passé aussi terrifiant qu’abominable en Algérie. Un passé fait de sang et de larmes.

- Ce genre de propos n'aura, à mes yeux, de valeur morale et intellectuelle qu'après une reconnaissance des vérités de cet autre "passé terrifiant" :

atrocit_s_FLN
enfants "européens" victimes du F.L.N. à El-Halia/Philipeville le 20 août 1955

Il n'est pas possible d'exhiber les atrocités "du colonialisme" et d'en taire de semblables parce qu'elles ont eu pour auteurs des militants nationalistes algériens. Sauf à penser que la vertu ne doit pas être partagée, et qu'on peut condamner son absence chez son adversaire mais ignorer son défaut dans "son camp". On est alors privé de toute légitimité morale à exiger la moindre "excuse".

On attendait un peu cet épilogue provocateur aux entournures d’un homme qui a cru nécessaire de se faire accompagner par son secrétaire d’Etat aux anciens combattants, Alain Marleix, pendant que le ministre algérien des Moudjahidine a été sciemment «zappé» de la liste du comité algérien d’accueil.

- Le ministre algérien des Moudjahidines, Mohamed Cherif Abbès, "zappé", a tenu des propos antisémites.112924 Un ministre raciste est-il soutenu en Algérie... et par qui...? Il faut en finir avec la langue de bois sur ce point. L'antisémitisme, la haine des juifs (et pas seulement des sionistes) sont largement répandus dans les milieux officiels en Algérie. C'est une pathologie politique dans de nombreux pays arabes et musulmans. On ne peut, sans incohérence mentale, prétendre condamner le "racisme de l'État colonial français" et se complaire dans cet antisémitisme généralisé. Sauf à prouver que l'argument du "racisme français" est complètement instrumentalisé.


Deux mots pour 5 milliards d’euros...

«Voilà le travail de mémoire que je suis venu proposer au peuple algérien», a dit Sarkozy du haut de sa tribune devant les hommes d’affaires nationaux et, bien sûr, devant des millions d’Algériens «scotchés» devant le petit écran épiant la phrase – sentence –, qui allait sceller, croyaient-ils, définitivement les retrouvailles entre nos deux pays. Et, la déception fut à la mesure de l’attente. Pour la reconnaissance des crimes et la condamnation de la colonisation française, il va falloir repasser… Sarkozy ne sera pas – du moins pour l’instant –, l’homme qui allait réconcilier les deux peuples.

- On ne peut "réconcilier" les peuples sur la base de mensonges. En France, les approches du passé colonial en Algérie et de la guerre de 1954-1962 sont pluralistes. Il n'y a pas d'histoire officielle. Ce n'est pas le cas en Algérie. Les moyens de pression du pouvoir sur la production historienne sont ceux d'un État despotique qui enrégimente les intelligences et manipule les esprits.

La revendication d'excuses pour les "crimes de la colonisation" n'est qu'une pièce dans un dispositif maqam_ash_shahid_Alger_2_f_idéologique basé sur le mythe d'une nation et d'un État algérien déjà constitués en 1830, d'une résistance générale et héroïsée face à la conquête et à la domination coloniale, d'une "guerre d'indépendance" consensuelle et d'un peuple dressé dès novembre 1954... Un mythe qui développe une vision unanimiste du nationalisme alors que plusieurs courants l'ont traversé. Un mythe qui veut cacher les effets ambivalents du colonialsme et notamment les apports d'une modernité qui a interrogé les archaïsmes et les oppressions de la société traditionnelle...

Comme en juillet dernier, lorsqu’il avait abusé des usages diplomatiques en déclarant qu’il n’était pas «venu s’excuser», devant son homologue algérien, le patron de l’Elysée a encore enfoncé le clou et remué le couteau dans la plaie, ce lundi au Palais du peuple. A croire qu’il n’est capable que du pire… Et, suprême injure, le président français s’est permis l’incroyable cynisme de mettre le bourreau et la victime dans le même sac. «Oui, des crimes terribles ont été commis tout au long de la guerre d’indépendance, qui a fait d’innombrables victimes des deux côtés (…), ce sont toutes les victimes que je veux honorer.» Il faut reconnaître qu’avec une aussi grossière confusion des genres, Nicolas Sarkozy a dû faire baver de jalousie Le Pen et les tortionnaires de tout acabit qui reprennent du poil de la bête en France. Il est resté indéniablement en phase avec la scandaleuse rhétorique développée par son «UMP» en 2005. Pour un président qui veut «bâtir un partenariat d’exception» avec l’Algérie, il a fait preuve d’une maladresse verbale tout aussi exceptionnelle.

- Le "bourreau" et sa "victime"... Les rôles sont facilement distribués... Le dualisme de cette configuration ne permet pas d'appréhender la complexité des relations dans la société coloniale. Bien sûr, le militant F.L.N. torturé pendant la "bataille d'Alger" est une victime et son bourreau est facilement identifiable.

Mais qui osera qualifier de "bourreaux" les jeunes militaires du contingent, débarqués en Algérie depuis une semaine, qui tombent le 18 mai 1956 à Palestro dans une embuscade et dont les corps sont retrouvés atrocement torturés...? Témoignage du lieutenant Poinsignon : "On s'était acharné avec une incroyable sauvagerie. Ce que nous avons vu était tel que j'ai demandé par écrit un examen médico-légal pour déterminer les causes de la mort et si les mutilations avaient précédé ou suivi celle-ci. Je n'en ai jamais connu les résultats ; je n'ai même jamais su si cette autopsie avait bien été faite…. Torturés à mort, les jeunes soldats ont eu les yeux crevés… Les corps ont été vidés de leurs entrailles et bourrés de cailloux. Le FLN leur ont zébré les pieds à coups de couteau et leur ont coupé les testicules…."

palestro
Maurice Feignon, jeune médecin auxiliaire, torturé au fer rouge et à
l'eau bouillante avant d'être égorgé par des maquisards du F.L.N.

Qui osera qualifier de "victimes" (et de héros...?) les 220 hommes de l'A.L.N. qui le matin du 27 mai 1957 encerclent le village de Melouza - dont le tort serait de soutenir les Algériens messalistes et non le F.L.N. - et qui assassinent 303 personnes parmi lesquelles des femmes et des enfants, tous mutilés...?

melouza
Melouza : des civils algériens massacrés par le F.L.N. en 1957

Et comme pour tirer une dernière salve avant son retour sans doute triomphant à Paris, l’invité du président Bouteflika fait un clin d’œil attendrissant à ses concitoyens qui ont quitté l’Algérie en 1962. Une façon bien subtile de tordre le cou aux autorités algériennes coupables, d’après lui, d’avoir renvoyé les colons chez eux et d’avoir fait preuve d’inhospitalité… «Mais il est aussi juste de dire qu’à l’intérieur de ce système, il y avait beaucoup d’hommes et de femmes qui ont aimé l’Algérie, avant de devoir la quitter.» Ainsi, aussi «profondément injuste» qu’il fut, le système colonial, suggère-t-il, était animé et encadré par des hommes et des femmes qui aimaient l’Algérie ! Et voilà qu’on est en plein dans l’article 04 de la scélérate loi du 23 février 2005 énonçant le rôle positif de la France coloniale !

Hassan Moali

- On peut considérer "juste" la lutte pour l'indépendance menée par une partie du peuple algérien. Mais on ne doit pas oublier que ce combat a aussi charrié des crimes et des abominations. Et que l'histoire ne s'écrit pas avec les catégories d'un simplisme opposant un bourreau et une victime.

Dans Apologie pour l'histoire, le grand médiéviste Marc Bloch écrivait en 1941 : "Longtemps, l'historien a passé pour une manière de juge des Enfers, chargé de distribuer aux héros morts l'éloge ou le blâme. Il faut croire que cette attitude répond à un instinct puissamment enraciné." Et en forme de rejet de cette histoire/juge, il exhortait à la production du seul savoir : "Robespierristes, antirobespierristes, nous vous crions grâce, par pitié, dites-nous simplement quel fut Robespierre".

Les faits rappelés ci-dessus - et les photos montrées - sont largement connus. Même si on hésite encore à les intégrer dans l'écriture universitaire de l'histoire. À Alger, on taxera peut-être ceux qui les mentionnent de "révisionnistes", d'extrême-droitisme ou de je ne sais quoi d'autre... On aura ainsi une preuve supplémentaire que l'exigence d'une condamnation et d'excuses pour la période coloniale relève d'une controverse politique et idéologique qui manipule l'histoire. Rien de plus.

Michel Renard


344310581
Algérien assassiné par le F.L.N. :
où est le bourreau, où est la victime...?


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Commentaires sur une certaine rhétorique algérienne "anticoloniale" (Michel Renard)

    5 JUILLET 1962

    On ignore qui prend l’initiative du massacre d’Européens qui va suivre. En revanche, concernant son déroulement ainsi que les enlèvements, les témoins sont unanimes à mettre en cause l’ALN, les ATO et des civils équipés de pistolets et de couteaux. Au début, l’on voit beaucoup les ATO s’impliquer dans les lynchages et dans les meurtres Puis, peu à peu, les hommes de l’ALN s’imposent en nombre dans les exactions.
    Tous ces hommes armés agressent les Européens qu’ils rencontrent, dans un déchaînement meurtrier. C'est une véritable chasse à l’homme qui s’organise. Elle va mettre à feu et à sang de nombreux quartiers européens. Les hommes armés se ruent sur les immeubles, enfoncent les portes des appartements, ouvrent le feu dans les restaurants, arrêtent, enlèvent, égorgent, au hasard des rencontres. Des rafales de mitraillette balaient les terrasses des cafés, les porches, les voitures. Sur les atrocités commises, de nombreux témoignages se recoupent : exécutions sommaires d’Européens et de musulmans soupçonnés de leur avoir été favorables, scènes de lynchage (place d’Armes, boulevard de Sébastopol, place Karguentah, boulevard de l’Industrie, rue d’Arzew et ailleurs), actes de torture (pendaison, pendaison à un croc de boucher, mutilations, énucléations).
    Mais dès le matin, une foule déferle des quartiers arabes vers les quartiers européens, de la place Kargentah vers la Place d’Armes, «pour un défilé pacifique». La plupart des manifestants n'en sont pas moins armés. À 11 heures, un coup de feu retentit sur la place d’Armes, un signal sans doute. Des cris jaillissent : «L’OAS, c’est l’OAS qui nous tire dessus !» Assertion invraisemblable car nul n'aurait été assez fou pour provoquer ainsi une foule déjà surexcitée.
    C'est le début d'un carnage : une chasse à l’Européen commence, sauvage, systématique, dans toute la ville. On égorge, on tue au revolver ou à la mitraillette, on prend des rues en enfilade, tuant tout ce qui bouge, on pénètre dans les restaurants, les magasins, les appartements, assassinant les pauvres gens avec des raffinements de cruauté, arrachant des yeux, coupant des membres.
    Les auxiliaires de l'armée algérienne, les ATO, emmènent les Européens prisonniers par longs cortèges vers le commissariat central où ils sont battus et tués, ou vers le Petit Lac, ou vers la Ville Nouvelle. Pourtant, dans cette folie sanguinaire, des musulmans sauvent des Européens, d’autres font délivrer des prisonniers.

    Posté par Ben Zetoun, lundi 2 juillet 2012 à 14:42 | | Répondre
  • LETTRES

    Lettre de Jean Cler officier supérieur (1814-1859) Arrive en Afrique du Nord en 1841
    Cherchell, le 1 er juillet 1842.
    AU GENERAL DE CASTELLANE

    Extraits

    "Où nous croyions trouver des ennemis armés, nous n'avons rencontré que des tribus heureuses de devenir nos alliés".

    "Si nous agissons avec eux avec fermeté, franchise et sagesse, nous nous ferons de ce peuple un ami qui préfèrera notre domination à celle des Arabes qui ont été pour eux d'avides spoliateurs. Demandons-leur pour prix de notre amitié et de notre protection un faible tribut, l'échange de leur denrées, le libre accès du pays et l'exploitation des bois qu'ils laissent pourrir sur place, et nous pourrons, je crois, être plus en sureté chez eux que chez nous."

    Posté par Ben Zetoun, lundi 2 juillet 2012 à 14:45 | | Répondre
  • EMIR

    L’EMIR SOUTENU PAR LES FRANCAIS
    Abd el Kader est soutenu par les Français et il est devenu maître de la vaste province d'Oran, depuis le Chlef jusqu'à l'empire du Maroc (non inclus), il suivit l'exemple du pacha d'Égypte, dont il avait étudié la politique, et, s'appuyant sur la défense faite aux musulmans de traiter directement avec les chrétiens, il se constitua le négociant de ses États puis s'opposa à ce que les Français puissent visiter Tlemcen, sous prétexte que les Arabes et les Juifs n'aimaient pas voir des étrangers chez eux. Bientôt, il forma le projet de s'emparer de deux provinces de l'est et du centre, et constituer un État maure sur les hauts plateaux et de laisser aux Français la côte algérienne. Il prit un moyen détourné pour arriver à son but : il écrivit que, grâce à lui, toute la province d'Oran était maintenant pacifiée, que l'Est commençait à s'agiter, mais qu'il engageait les généraux Français à ne point s'y rendre, qu'il se chargeait de faire rentrer lui-même les tribus insurgées dans la soumission. Mais le général Théophile Voirol refusa ces propositions.
    L'attitude d'Abd el-Kader inquiéta une secte de fanatiques, qui fit éclater une révolte contre lui, en prêchant la guerre sainte, avec à leur tête d'importants personnages, entre autres, le frère d'Abd el-Kader, Sidi Mustapha, ancien caïd des Flittas. Les Français prirent encore parti pour celui-ci et l'armée de l'émir parvint à vite mater la révolte.
    Abd el-Kader cherchait depuis longtemps à sortir de sa province, un incident lui en donna l'occasion. Un chéliff nommé Hadji Mouça prétendait avoir trouvé le moyen d'empêcher les canons et les fusils des infidèles de partir. Mouça, à la tête d'importantes troupes, s'empara de Médéa et de Miliana, mais Abd el-Kader l'attaqua et le défit entièrement.
    L'émir, en passant le Chéliff, avait violé les conventions. Vu le service qu'il venait de rendre, les Français lui laissèrent établir Hadj-el-S'ahit khalifet de Medeah, et réclamer zakât (« dîme »). Seulement, le comte d'Erlon, gouverneur général, envoya auprès de l'émir un officier d'état-major chargé de le tenir au courant de toutes les entreprises. L'officier, ne comprenant pas l'arabe, ne faisait guère de tort à Abd el-Kader, qui lui donnait facilement le change.

    Posté par Ben Zetoun, lundi 2 juillet 2012 à 15:04 | | Répondre
  • USURPATEUR/ REUT

    ABD EL KADER VECU PAR CERTAINES TRIBUS COMME UN USURPATEUR
    L'autorité d'Abd el-Kader fut alors remise en cause par des tribus liées au pillage : les aghas Benaouda Mazari, chef des Zmalas, et Mustapha ben Ismael, chef des Douars qui avait été agha avant la conquête, ne voulaient pas se soumettre à quelqu'un qu'elles considéraient comme un usurpateur. Ils se joignirent à un autre chef, l'agha Kadour Ben El-Morsly, placé à la tête des Bordja et chef des Beni Aâmer (Nomade), une des plus populeuses tribus de la province qui refusaient de continuer à payer zakât (l’achour), alléguant que la cessation de la guerre rendait cet impôt inutile, et qu'ils ne reconnaissaient pas pour leurs maîtres les infidèles et leurs alliés.
    Abd el-Kader rassembla au plus vite ses cavaliers dans les environs de Mascara et surprit plusieurs villes laissées sans défense. Mais il eut l'imprudence d'établir son camp sur la lisière de la forêt de Zétoul, dans le pays des rebelles. Au milieu de la nuit, les Douars mirent en fuite une partie de ses troupes, enlevèrent son camp au galop, et le forcèrent à rentrer presque seul à Mascara. À cette nouvelle, Sidi el-Arubi leva l'étendard de la révolte, les autres chefs des mécontents imitèrent son exemple, et Abd el-Kader se vit entouré d'ennemis.
    Au lieu de profiter de ces divisions, les Français intervinrent contre les révoltés de sorte qu'ils rendirent Abd el-Kader plus puissant après cet échec qu'il ne l'était auparavant.
    DES TRIBUS SOUHAITE RENVERSER L’EMIR ABD EL KADER
    Mustapha ben Ismael, Benaouda Mazari et Kadour Ben El-Morsly, instigateurs de l'insurrection, avaient pourtant écrit aux généraux Théophile Voirol et Louis Alexis Desmichels qu'ils s'engageaient au nom des tribus insurgées à se reconnaître sujets de la France, à renverser Abd el-Kader et à amener la soumission des troupes de l'émir. Mais le général Louis Alexis Desmichels, les jugeant peu sûrs préféra protéger Abd el-Kader.

    Posté par Ben Zetoun, lundi 2 juillet 2012 à 15:07 | | Répondre
  • EMIR/RIME

    LE GENERAL TREZEL COMMENCE LES HOSTILITES AVEC L’EMIR
    Le remplacement du général Desmichels par le général Trézel fut le commencement des hostilités. Le premier soin du nouveau gouverneur fut de travailler à détacher les tribus les plus puissantes de la cause de l'émir.
    Les Douairs et les Zmala se déclarèrent sujets de la France, sous la condition d'une protection efficace.
    1835/ABDEL KADER PERSECUTE LES TRIBUS SOUMISES AUX FRANÇAIS.
    Le comte d'Erlon refusa de sanctionner cette mesure, et Abd el-Kader, instruit des dissensions qui existaient entre les généraux, persécuta les tribus soumises : celles-ci s'adressent au général Trézel, qui leur aurait alors répondu : « la parole d'un général français est sacrée ; dans une heure, je serai au milieu de vous ». Et sans hésiter, il sort d'Oran à la tête de deux mille hommes bien armés, le 26 juin 1835. Il livre dans la forêt de Mousa-Ismaël un brillant combat, où le colonel Oudinot, frère de Nicolas Oudinot, trouva la mort. Mais les Français perdirent la bataille avec près de 800 hommes dont 15 officiers.
    1835/LES TRIBUS DE L’EMIR SONT BATTUES ET IL EST PRESQUE SEUL.
    À la fin de 1835, le maréchal Bertrand Clauzel marcha sur Mascara à la tête de onze mille hommes. Le duc d'Orléans se distingua par sa bravoure dans cette expédition. Les troupes de l'émir, battues au Sig, à Abra, à Tafna, à Idbar, se dispersèrent et le laissèrent presque seul.

    Posté par Ben Zetoun, lundi 2 juillet 2012 à 15:08 | | Répondre
  • BENI ZETOUN EGORGES PAR ABDEL KADER

    EGORGEMENT DES BENI ZETOUN PAR ABD EL KADDER.
    À la suite du traité de la Tafna, Abd-el-Kader fait égorger la tribu des Ben Zetoun qui se trouve sur la partition dont il a autorité, 1 600 en réchappent et seront recueillis par les Français.
    Le massacre de la tribu des Ben Zetoun désigne la mise à mort par l'émir Abd El Kader des membres d'une tribu de la Régence d'Alger en 1837, durant la conquête de l'Algérie par le corps expéditionnaire des Troupes d'Afrique. Cet évènement est une conséquence directe du Traité de Tafna conclu entre l'émir Abd El Kader de la Régence d'Alger et le général Bugeaud de la Monarchie de Juillet le 30 mai1837.

    Posté par Ben Zetoun, lundi 2 juillet 2012 à 15:11 | | Répondre
  • SAUVE PAR L'ARRIVEE DES FRANCAIS

    1830/LE PERE D’ABDEL KADDER CONDAMNE A MORT PAR LE BEY D’ORAN.
    À leur retour1, ils racontèrent que d'anciennes prophéties annonçaient qu'Abd el-Kader deviendrait un jour le « sultan des Arabes ». C'était se dresser contre l'institution ottomane des Deys. Les populations arrivèrent en foule au douar des Hachem, où ils passaient leurs journées en prières, dans leurs tentes. Les offrandes étaient du grain, du bétail, mais aussi des chevaux, de l'or, de l'argent et des armes. Rapidement, cette mobilisation autour de la vénération qu'ils s'étaient acquise, inquiéta Hassan-Bey, gouverneur d'Oran : pour mettre un terme à l'influence et à ces menées révolutionnaires, il prononça la peine de mort contre le père d'Abd el-Kader.Au même moment le débarquement de Sidi Ferruch des Français sauve de la mort le père d’abdel kadder.
    Or, cette condamnation arriva au moment de la prise d'Alger par les Français en 1830.Mahieddine, le vieux père et marabout, se mit alors à prêcher la « guerre sainte ». L'objectif était la reprise d'Oran. Des milliers de musulmans accoururent et se rangèrent sous ses ordres

    MASSACRE DE LA GARNISON TURQUE DE MASCARA PAR LE PERE D’ABDEL KADER
    Le gouverneur d'Oran, Hassan, en fuite, demanda asile à celui dont il avait mis la tête à prix. Le marabout allait lui offrir l'hospitalité et ses services, mais Abd el-Kader s'y opposa énergiquement : le bey d'Oran dut se rendre quelques jours plus tard aux troupes françaises. Mahieddine, choisi comme chef de l'insurrection, marcha avec ses troupes d'abord contre la garnison turque de Mascara, qu'il massacra sans pitié ; puis il combattit courageusement les Français sous les murs d'Oran avec son fils Abd el-Kader

    Posté par Ben Zetoun, lundi 2 juillet 2012 à 15:13 | | Répondre
  • LA HAINE DE SOI

    L'Algérie , en envoyant ses "pires" comme disait le président Boumedienne en France , a commencé une guerre de colonisation?

    Tous les maghrébins trouvent leur sens de leur vie, dans la haine d'un ennemi qui est l'autre . Ils interprètent l'Islam pour la haine sacrée envers les juifs, les chrétiens les infidèles et les athées..

    Toute sa raison d'être est basée sur ce principe , cela les "fonde" comme dirait Saint Ex dans "citadelle" :

    "Mon ennemi me fonde "

    L’ ennemi lui sert de raison de vivre car il peut ainsi haïr quelqu'un donc se sentir vivre pour quelque chose .

    Saint Ex , traduisait ainsi la pensée Maghrébine .

    Lorsque les Français développaient l’Algérie , ils les haïssaient ,,

    Le Maghrébin profond , l'Algérien donc , a besoin de cette haine pour se sentir

    De Gaule décidé à se débarasser du boulet algérien , par dépit , largue l'Algérie ... catastrophe , les voilà obligés de retourner cette haine contre eux mêmes ,
    d'où l'émergence du FIS
    Mais très, vite , un exutoire est trouvé , exporter cette haine vers la France , pays présenté comme l'ennemi , le pays colonisateur au sens le plus odieux du terme , et d'envoyer tout son sous prolétariat en France pour libérer cette haine ,


    Le plan d'envahissement de la France est en cours de réalisation, nous le savons , ses soldats de chocs sont les racailles que des crétins prennent pour des inadaptés victimes mais qui ne sont là que pour déstabiliser , nuire , voler , violer piller comme la soldatesque autrefois !

    Nous sommes en guerre et c'est bien ainsi qu'il faut lire l'Histoire actuelle !
    le monde arabo-musulman est dénué de valeurs humanistes ; il conçoit le monde dans un rapport de forces entre civilisations.

    Posté par Ben Zetoun, lundi 2 juillet 2012 à 15:16 | | Répondre
  • En retard d'une guerre.

    Qui êtes vous Mr Ben Zetoun ?. La Guerre d'Algérie entre braves des 2 cotés est terminée depuis 50 ans. Ce n'est pas en travestissant l'histoire qu'on arriverait à soulager sa conscience et l’absoudre des crimes commis.La colonisation française est coupable de crimes envers les "INDIGENES" durant 132 ans.Durant la guerre de libération il y avait aussi la responsabilité collective, la bleuite, la torture généralisée,les camps de concentration... pas seulement le massacre de Melouza.Vous vous en souvenez? Vous semblez les oublier dans votre réquisitoire contre l’Algérie. Crise d’amnésie ou nostalgie de l’Algérie Française?
    LA GUERRE EST FINIE!... Mais il se trouve encore des lâches pour la faire perdurer à leurs manières...de lâches!!!

    Posté par BCPANORAMA2, lundi 2 juillet 2012 à 21:59 | | Répondre
  • FAUX DEBAT

    L’ALGERIE NE PEUT SE CONSTRUIRE QU’EN ETANT L’ENNEMI IMPLACABLE DE LA FRANCE. ET D'ELLE MEME.



    Le seul responsable de cette activité terroriste est le FLN, qui est le seul promoteur de l’ensemble des morts de cette guerre.à cela se rajoute l’OAS.

    Abdel Kader a montré comme il aurait gouverné l’Algérie en égorgeant les tribus rétives à son autorité

    L'attitude d'Abd el-Kader inquiéta une secte de fanatiques, qui fit éclater une révolte contre lui, en prêchant la guerre sainte, avec à leur tête d'importants personnages, entre autres, le frère d'Abd el-Kader, Sidi Mustapha, ancien caïd des Flittas. Les Français prirent encore parti pour celui-ci et l'armée de l'émir parvint à vite mater la révolte.

    Pendant 130 ans les religieux musulmans on eu comme seul discours l’appel à repousser les Français à la mer à coup de matraque.

    La France avec ses divers gouvernements a investi des sommes considérables en Algérie. Sans une aide extérieure le pays serait resté féodal.

    Le monde arabo-musulman est dénué de valeurs humanistes ; il conçoit le monde uniquement dans un rapport de force entre civilisations.

    La rupture totale avec la France a été planifiée.

    Les évènements de Sétif étaient une insurrection organisée comme l’a déclaré Ferat Habas et elle devait s'étendre sur la totalité du territoire et faire 40 000 morts. C'est le chiffre programmé que le FLN attribue à la France.Il a été éventré des femmes européennes et elle n'a fait que 120 morts européens environ grâce aux organisations d'auto-défense. Tous les chiffres proposés appartiennent à de l'idéologie comme celui des Américains pire ennemis de la France.

    Ben Bella a déclaré en 1965 que l’on a fait seulement et uniquement cette guerre pour asseoir l’hégémonie de l’Islam.

    On voit qu’il n’y avait pas d’autres raisons de lancer l’Algérie dans une dérive guerrière.

    Aucune solution de troisième voie n'était envisageable ce qui entrainera le meutres de l'OAS.

    La phraséologie du FLN largement exprimée par le congrès de Tripoli en 1962 est un discours artificiel qui réduit la France à une occupation abusive; ce qui est faux. historiquement.

    D’après de Maupassant en 1881 les Algériens c’est à dire, les autochtones d’Alger faisaient appel à l’’extermination de l’Arabe qui était un concept flou pour identifier le rural et le berbère. Ces urbains autochtones ne cessaient de proclamer aux autorités françaises qu’il fallait repousser l’Arabe aux confins du territoire.

    Guy de Maupassant s’intéresse aux qualités de ce prétendu « Arabe ». Les Bureaux militaires n’on cessé de protéger ces autochtones de la férocité exterminatrice des Algériens de la côte vis-à-vis d’eux. Puis les militaires français se sont opposés aux débordements de l’action des colons.

    Ces Algériens de la côte qui ne connaissaient que la plaine de la Mitidja, rappelons le, qui était entièrement marécageuse avaient une haine absolu du Rural .Cette population bourgeoise était issue de l’administration de l’Etat Barbaresque et c'est elle qui était ultra raciste et génocidaire.

    Elle demandait en permanence à la France d'exterminer les berbères à sa place.

    Zohra Drif, qui placera une bombe au Milkbar est née en 1934 à Vialar dans une famille bourgeoise. Son père, cadi à Vialar l'envoie terminer ses études à Alger, au lycée Fromentin et par la suite à la faculté de droit d'Alger. Avec la littérature, elle découvre le Siècle des Lumières, la Révolution française de 1789 et les libertés individuelles, ce qui l'amène à réfléchir à la situation en Algérie, révoltée par la colonisation et par la différence de traitement entre colons, indigènes juifs et indigènes musulmans.

    Il est surprenant d’être adepte des Lumières et de placer une bombe dans un bar d’adolescent. Zohra Drif est emmurée dans une rhétorique autiste : les Français sont des criminels



    Maupassant dit clairement que les Juifs survivaient à une extermination grâce à la présence de l’administration française.

    La question paysanne est un vaste sujet et ce n’est pas le système autogéré socialiste qui a réglé la question.

    Le chiffre de 1,5 millions d’Algériens tués durant la guerre d’Algérie est un chiffre purement fictif et idéologique afin d’abattre éternellement l’ennemi.

    Dans la réalité il est autour de 300 000 et en comptant les Algériens tués par le FLN..

    C’est le FLN qui a mené une campagne terroriste et de fait illégale avec une formation marxiste soviétique enseignée au Caire.Son idéologie a fait une centaine de millions de morts.

    L'union soviétique a disparu.

    L’Algérie était divisée en trois départements français et non un régime colonial, puisque que l’on pouvait devenir Français; le refus de l'assimilation a crée une situation coloniale.

    L'Agérie en 1962 était en train de devenir un pays plus riche que la France, c'est par cette richesse que tout devenait possible pour tout le monde à condition que chacun prennent ses responsabilités politiques.

    La France a assuré une gouvernance dans un pays ingouvernable où les populations locales demandaient qu’à s’exterminer entre elles En aucun cas elle a été une puissance coloniale, elle a été l'investisseur nécessaire. Toute autre position appartient à de l'infantilité.

    Certes toutes sociétés humaines sont toujours un lieu de lutte de classe. Mais ce combat se mène dans la richesse et non dans la misère. La présence de la France à été utile pour l'Algérie bien que je pense que la France n'aurait jamais due mettre les pieds dans ce pays pervers.

    Abd el Kader aurait fait un état islamiste en égorgeant toutes les tribus dissidentes à son autorité.

    On aurait accusé alors la France d'avoir cautionné ce génocide.

    La France a développé d’une façon publique et privée le pays comme la plaine de la Mitidja. C’est en tant qu’investisseur qu’elle contrôle où va l’argent.

    Le FLN avec des méthodes atroces allant jusqu'à éventrer des femmes a planifié le fossé avec les Européens avec des attentats atroces issus de la pire Barbarie.

    C’est l’Islam qui a été l’obstacle constant à l’intégration. Il a orchestré le refus d’assimilitation qui a conduit a mené un discours révolutionnaire marxisant.

    La guerre fratricide entre le FLN et le MNA, mouvement de Messali Hadj fait 4 300 tués et 9 000 blessés en France et environ 6 000 tués et 4 000 blessés en Algérie.

    Quant au nombre de Harkis massacrés après le cessez-le-feu, les estimations varient, pour le bachaga Boualam il y eut 250 000 harkis avec les femmes et les enfants massacrés par les combattants de la 25e heure sous l'œil du FLN et de l'armée française qui ont la même lourde responsabilité dans cette tragédie.

    Le 19 mars 1962, jour du cessez-le-feu, selon le rapport à l'O.N.U du contrôleur général aux arméee Christian de Saint-Salvy, on dénombrait en Algérie, 263 000 musulmans engagés du côté français (60 000 militaires réguliers, 153 000 supplétifs, dont 60 000 harkis, et 50 000 notables francophiles) représentant, familles comprises, près de 1 500 000 personnes menacées sur 8 millions de musulmans algériens.

    Comme par hasard ce chiffre de 1, 5 millions est celui qui instrumentalisé par le FLN pour accuser la France de génocide.

    La France a été évincée salement par les Soviétiques et les Américains pour seulement des questions de pétrole. Malgré tous les défauts d’une tentative de vivre ensemble avec des gens très souvent d’esprit aventurier quoique que de gauche ( républicains de 1831, révolutionnaires de 1848 et de 1870) et une population autochtone qui ne se connaissait pas et qui se détestait, par une politique « de la porte ouverte » . Qu’importe la France est condamnée perpétuellement parcequ’elle offre la laïcité face à l’Islam

    Malgré cette attitude généreuse, la GB et l’US vont s’unir pour aider la rébellion en Algérie, où une exploitation pétrolière existait depuis 1935 et, par la suite, à,partir d’ une prospection réalisée plus au Sud aboutit à la découverte de gisements de gaz du Djebel Berga, d’Hassi R’Mel et plus tard le pétrole à Hassi Messaoud et à Edjeleh.

    Les exemples de la collusion de ces puissances avec les indépendantistes tunisiens, algériens, ou au marocains sont largement attextés. Lorsque la France proteste contre une vente d’armes à la Tunisie durant le conflit algérien, en contradiction avec le Pacte Atlantique, la réponse lui est faite que les « relations entre le Maghreb et l’Occident ne sont pas exclusives à la France ». L'aveu est fait !

    Ce capitalisme américain et anglais était concerné par la prédation des matières premières sans se soucier du sort et du développement des Algériens

    Les anciens combattants, anciens militaires engagés (tirailleurs algériens, spahis, zouaves) et les musulmans mobilisés pendant les guerres de 1914-1918 et 1939-1945, sont une cible privilégiée pour le FLN qui leur interdit sous peine de mort de porter leur médailles et de percevoir leur pension de guerre. Nombre d'entre eux furent brûlés vifs dans le drapeau français.
    Ces civils représentent environ 50 000 personnes à la fin de la guerre d'Algérie. Ce sont donc près de 280 000 personnes qui sont directement menacées de mort, soit plus d'un million de personnes si l'on y ajoute leurs familles. Du fait du refus du gouvernement français de prendre les mesures nécessaires pour les protéger, 150 000 d'entre elles seront assassinées dans des conditions abominables, après le 19 mars 1962, date officielle
    du cessez-le-feu. Après cette date, 25 000 pieds-noirs ont également été massacrés ou enlevés, sans avoir davantage été ni secourus ni recherchés. Ces deux chiffres sont les chiffres officiels donnés par André Santini secrétaire d'Etat aux rapatriés
    de 1986 à 1988.

    Nous serons donc en guerre perpétuelle avec l'Algérie et certain Algériens .

    Mon respect absolu va pour les Harkis et les Musulmans ralliés à la France.

    Le FLN sera condamné par l'histoire.

    Posté par Ben Zetoun, lundi 2 juillet 2012 à 22:28 | | Répondre
  • CONSUL DE FRANCE TRANSFORME EN OBUS

    SOUS LES BARBARESQUES LE CONSUL DE FRANCE EST PLAC2 DANS UN CANON

    --Né le 15 mars 1619 à Ecouen, Jean est l'aîné de Philippe Le Vacher son frère cadet. Leurs parents sont très croyants et ont sept enfants (4 garçons et 3 filles). Jean et Philippe, après de solides études prennent l'habit ecclésiastique au séminaire de Saint-Vincent de Paul.


    ------Le père Le Vacher fait tout pour empêcher une nouvelle guerre. Rien n'y fait et le 20 juin 1683, Duquesne est là devant Alger qu'il bombarde à nouveau le 28.
    ------Il y eut des milliers de morts dans la population civile. Le père Jean était désespéré. Le Dey proposa au Père Le Vacher d'être leur interprète auprès du Marquis Duquesne.
    ------Le Marquis n'accepta aucune tractation sauf pour le Dey à accepter la libération des esclaves français.
    ------Après bien des hésitations, 546 esclaves prirent place sur les bâtiments de
    Duquesne.
    ------Cependant, les notables d'Alger étaient furieux d'avoir perdu leurs esclaves et se révoltèrent contre le Dey. Les relations furent coupées avec Duquesne qui laissa le Père jean et quelques français encore sur place à la merci des barbaresques.

    Le martyre

    ------Le 29 juillet 1683, l'ordre donné d'amener Jean Le Vacher fut de suite exécuté et sa maison livrée au pillage. Paralysé, il ne pouvait marcher. ------On le mit sur les épaules d'un portefaix et il fut transporté chez le Dey. Ce dernier était absent mais connaissant ses intentions, ces forcenés amenèrent leur victime sur le môle, le dos tourné à la mer, et on l'attacha à la bouche d'un canon.
    ------"Tu ne mourras pas si tu veux arborer le turban" lui dit le commandant de la troupe. "Garde ton turban, lui répliqua le missionnaire et qu'il périsse avec toi ; sache que je suis chrétien et qu'à mon âge, on ne craint pas la mort. J'abhorre la fausse loi de Mahomet et je ne reconnais que la religion catholique, apostolique et romaine la seule véritable, dont je fais profession et pour la défense de laquelle je suis prêt à répandre jusqu'à la dernière goutte de mon sang".
    ------Il était connu des Turcs comme étant un homme d'une piété, d'une douceur et d'une charité sans pareilles, aussi, aucun d'eux ne voulut mettre le feu au canon.
    ------Comme il y avait plusieurs juifs présents à ce triste spectacle, on voulut les forcer à allumer la mèche.Tous refusèrent. Un renégat accepta. Il mit le feu et au même moment eut le bras estropié par un châtiment de la justice divine. Il ne put plus le remuer et fut la risée de tous ces barbares. Le canon éclata et, depuis, ne servit plus. Aussitôt le coup de feu tiré, on vit sortir de l'eau où tombèrent les parties du corps du Père Le Vacher, une colonne de feu qui s'éleva dans les airs. Les restes de son corps et de ses habits furent ramassés par des Chrétiens qui les conservèrent comme de précieuses reliques. Il y eut même des Turcs qui en voulurent pour se souvenir d'un homme dont les vertus et la rare prudence les avaient charmés pendant sa vie. Ainsi s'envola cette âme généreuse et si bienfaisante après avoir consacré 36 ans au soulagement des pauvres esclaves chrétiens de Tunis et d'Alger et près de 20 ans à soutenir l'honneur de son Roi qu'il représentait comme Consul sur cette terre barbare.
    ------Le meurtre du Consul fut suivi de celui de vingt autres chrétiens qui périrent de la même manière.
    ------Trois siècles après, les moines de Tib-Harine, Mgr Claverie et tous les autres ont donné eux aussi leurs vies sur une terre qui, décidément, n'a pas changé.

    Posté par Ben Zetoun, lundi 2 juillet 2012 à 23:43 | | Répondre
  • Pirate d'Alger

    " LE DESPOTISME SOUS SES FORMES LES MOINS DÉGUISÉES".
    ..." Le gouvernement d'Alger est une sorte de république militaire, dont le chef exerce le despotisme sous ses formes les moins déguisées "... PANANTI. (P. 411).
    .
    .." Une poignée de brigands recrutés au Levant, indignes de conserver la belle contrée qu'ils ont trouvé l'art affreux d'appauvrir, tiennent dans l'oppression la plus odieuse trois millions d'hommes dont la tête est sans cesse à prix. Ces pirates dictent insolemment des lois à tous les gouvernements qu'ils ont rendus tributaires, violent impunément les droits des gens les plus sa crée, abreuvent d'outrages leurs agents, les chargent de chaînes et condamnent leurs sujets au plus affreux esclavage "... (DUBOIS-THANVILLE - Consul à Alger en 1800).

    Posté par Ben Zetoun, lundi 2 juillet 2012 à 23:54 | | Répondre
  • La terreur du Turc

    ..." Les Turcs qui sont tous soldats succèdent selon leur rang, aux emplois et aux dignités de ce Royaume Ils gouvernent cet Etat avec un despotisme assez semblables à celui des Nobles des républiques d'Italie, ou des Chevaliers de Malte. Ils sont tous regardés comme nobles, et hauts et puissants Seigneurs, quoique le plus souvent on ne découvre en eux que bassesse. Le titre de soldat renferme ici l'idée d'association au gouvernement, d'honneur, de noblesse, de courage, et fait tout plier devant soi. Ils traitent les naturels et les autres habitants du pays avec mépris et avec cruauté. Ils sont tout injustice envers les esclaves, et plus encore envers les sujets. Ce traitement a si fort intimidé ces derniers, que les Mores d'une ville entière trembleront à la vue d'un seul Turc. Ces Mores nous fournissent un exemple bien sensible de l'esprit de servitude où les hommes peuvent dégénérer. N'est-il pas étrange en effet que la disparité de plus de 200 Mores ou Arabes, contre un Turc, ne les anime point à secouer un joug aussi pesant ? "... LAUGIER DE TASSY. (P. 124-125).

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 00:00 | | Répondre
  • colonialisme brutal des Turcs

    OPPRESSION ET TYRANNIE
    " LE DESPOTISME SOUS SES FORMES LES MOINS DÉGUISÉES".
    ..." Le gouvernement d'Alger est une sorte de république militaire, dont le chef exerce le despotisme sous ses formes les moins déguisées "... PANANTI. (P. 411).



    UNE VIGILANCE QUI NE S'ENDORT JAMAIS UN INSTANT ".
    ..." Une vigilance qui ne s'endort jamais un Instant peut seule soutenir le gouvernement d'Alger, qui pèse si durement sur tous. Les Turcs ont pour ennemis les Couloglis qu'ils n'emploient que malgré eux, lorsque les sujets manquent et qui ont l'exclusion de toutes les charges principales ; les Maures qu'ils accablent ; les esclaves sur lesquels ils ne peuvent point compter. Les meilleurs amis qu'aient les Algériens sont les consuls européens qui résident chez eux et qui ne gagneraient rien à une révolution "... VENTURE DE PARADIS. (P. 122).

    ..." Un seul Turc fait trembler tout un douer et donne des coups de bâton à ces misérables, qui ne sont plus des hommes en la présence d'un Turc. On ne peut exercer une tyrannie plus affreuse et plus cruelle que celle des Turcs envers les Arabes de ce pays "... PEYSONNEL. (P. 291).

    ..." Ces 3.000 Turcs, au milieu de tant de peuples qui sont intérieurement leurs ennemis, suffisent pour maintenir o tout dans l'ordre et l'obéissance, mais ce n'est que par une extrême vigilance, qu'ils peuvent y parvenir, et ils ne doivent jamais l'oublier "... VENTURE DE PARADIS. (P. 3).

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 00:09 | | Répondre
  • POURQUOI LE COLONIALISME EFFRAYANT DE TURCS N'EST PAS DENONCE.
    PARCE QUE CE SONT DES MUSULMANS.
    " CE N'EST QUE PAR LA PLUS GRANDE TYRANNIE... "
    ..." l'aga en a 700 (sipahis), qui forment la cavalerie d'Alger, sans compter celle des beys ; chaque sipahi donne ordinairement 30 ou 40 sequins pour être reçu. C et emploi affranchit leurs terres de tout impôt et procure à leur famille une protection nécessaire dans un pays où le Maure n'est qu'esclave. Cet aga sous le moindre petit prétexte renvoyait le 3 sipahis et en prenait d'aut res qui lui donnaient encore 15 à 20 sequins. En outre, il peut faire des avances aux gens de la campagne, qui sont entièrement sous sa juridiction. Lorsqu'il est hors de le ville, il a le sabre libre et il fait prévotalement pendre ou couper. Baba-Ali lorsqu'il était aga, s'amusait à essayer son fusil sur le premier Maure qui passait. Dans le temps des bombardements des Espagnols, il était défendu aux Maures de trop s'approcher de la ville ; l'aga aujourd'hui en place, lorsqu'il les rencontrait, leur faisait écraser la tête entre deux pierres. Ce n'est que par la plus grande tyrannie que les Turcs pensent qu'ils peuvent maintenir la tran )uilité dans un pays où ils sont au moins cent contre un "... VENTURE DE PARADIS, (P. 113),
    " LE DESPOTISME SOUS SES FORMES LES MOINS DÉGUISÉES".
    ..." Le gouvernement d'Alger est une sorte de république militaire, dont le chef exerce le despotisme sous ses formes les moins déguisées "... PANANTI. (P. 411).

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 00:13 | | Répondre
  • ASSERVISSEMENT DES ALGERIENS PAR LES TURCS

    ..." La politique d'Alger est très cruelle envers les Maures et les Arabes ; pour la plus légère faute, on les fait mourir. Baba Ali étant aga essayait souvent son fusil sur les gens de la campagne par pure fantaisie. L'aga d'aujourd'hui dans le temps des bombardements faisait écraser entre deux pierres tout Maure ou campagnard qui se rencontrait dehors. On peut dire en général que le caractère des Algériens tient beaucoup de celui des enfants ; la moindre chose les irrite et leur ressentissement va toujours au-delà des bornes.Ils ne savent pas distinguer le particulier du gouvernement : si un Français quelconque fait quelque chose qui lui déplaît ,ce sont les Français en corps qui sont l'objet de leur mauvaise humeur, et comme des enfants sages, il leur faut aussi des bonbons pour les apaiser "

    ... " Le gouvernement algérien a pour principe de dépouiller les Maures et de leur faire toute sorte d'injustices et de vexations pour les tenir asservis, et cependant dans toutes les circonstances, et surtout les gens de la montagne, on les voit se soulever "... VENTURE DE PARADIS. (P. 129).
    ,
    ...." Il est à propos que je vous rapporte, monsieur, de quelle manière les Turcs se comportent avec les Maures pour le logement, et comment ceux-ci pratiquent l'hospitalité. Dès qu'un spahi arrive à un douar, il choisit le meilleure tente. En abordant, le maître le salue et lui dit qu'il est le bien arrivé ; le Turc ré-pend par des paroles injurieuses, le traite de cocu, de maq... et autres ordures, lui ordonne de vider la moitié de la 'ente et de porter à manger à ses chevaux. Après être descendu, il lui ordonne d'aller tuer un mouton. Le Maure le refuse ; le Turc lui dit des inj ures, et bien souvent lui donne des coups de bâton. Le Maure apporte le mouton et, s'il ne convient pas au Turc, il lui dit qu'il n'est pas assez beau, le renvoie et s'en fait apporter un autre. Pendant ce temps, la femme prépare le rafis, qui est une espèce de gâteau cuit dans une terrine de grès, ensuite coupé en morceaux et mêlés avec le miel et la mentèque, et quelquefois entremêlés de dattes. Le soir, il demande de l'orge pour les chevaux, et veut une double mesure. Dans ces quartiers, comme les sauterelles avaient tout dévoré, ces pauvres misérables étaient hors d'état d'en fournir et le refusaient ; mais, à grands coups de bâton et à force de mauvaises paroles, il les forçait d'en apporter. Le soir, on fait cuire le mouton avec les couscoussou, et ce qui reste le spahi le prend. Si l'hôtesse est jolie, souvent le Turc s'en accommode, et le matin tout est payé par un grand beselemen ou bon voyage, que le Maure souhaite au Turc sans autre paiement que le plaisir de ne l'avoir plus dans sa tente. Tout cela est suivant l'usage, et il n'y a rien à dire ; c'est la justice, l'équité et le droit du pays "... PEYSONNEL. (P. 365 et 366).
    ..." Telle est la politique de ce pays : les caïds et les chefs vendent à prix d'argent la tête des hommes et les font mourir sans forme de procès ni raison apparente. Les Arabes ne se poussent, ne deviennent chefs et ne se soutiennent que par des voleries, des rapines, des meurtres, des assassinats et des crimes semblables, et l'on est ensuite obligé de ménager et defeindre estimer de semblables coquins dignes des plus affreux supplices, qui sont cependant princes et maîtres absolus de leur pays "... PEYSONNEL. (P, 325).

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 00:25 | | Répondre
  • L'ALGERIEN DOMINE PAR LE TURC

    " LES TURCS SONT NES POUR LE COMMANDEMENT ET LES ALGERIENS POUR L'OBEISSANCE "

    ..." Les Turcs qui composent la milice d'Alger sont exempts de droits de capitation et de toute imposition. Ils ne peuvent être châtiés en public, et le sont rarement en particulier. Ce n'est presque que lorsqu'ils sont accusés de haute trahison qu'on les fait étrangler secrètement chez l'aga ou général de la milice. Ils se soutiennent tous, soit qu'ils aient tort ou qu'ils soient fondés, surtout lorsqu'ils ont affaire aux Arabes et aux Juifs sur lesquels ils ont un pouvoir presque tyrannique. Le plus misérable Turc fait trembler les Arabes les plus riches et les plus puissants ; les Arabes et les Juifs sont obligés de leur céder partout, sans quoi ils seraient maltraités inpunément "... (page 422).

    ..." Un Turc serait puni s'il commettait la moindre lâcheté ou bassesse ; mais hors du combat, ils usent de leurs forces et de leurs pouvoirs tyranniques, surt out envers les Maures. Il est étonnant que tant de misérables et de malheureux portés par leur naissance et leur état à mille bassesses, deviennent honnêtes gens dès qu'ils sont soldats d'Alger ; ils n'oseraient commettre aucune bassesse, vol ou friponnerie ; les rudes et promptes punitions qui suivent les fautes qu'un soldat peut commettre, les retiennent et les rendent sages. Il est vrai qu'on compte aussi pour rien certaines coutumes tyranniques qu'on pratique envers les Maures ; mais c'est la politique qui le demande, et ce n'est que par ce moyen qu'ils tiennent les Maures soumis "... PEYSONNEL. (Page 424).

    ..." Le dernier des Ottomans rejette avec mépris toute espèce de comparaison entre lui et un naturel ; et la maxime enseignée pendant plusieurs générations que les Turcs sont nés pour le commandement et les Algériens pour l'obéissance, a perdu avec le temps son caractère odieux, et n'est ici qu'un simple axiome politique "... SHALER. (Page 42).

    ..."Les chaoux sont des espèces de sergents de la maison du dey. C'est un corps très considéré, et qui se compose de douze Turcs sous les ordres d'un bachaoux, chaoux-bachi ou grand-prévôt "... SHAW, (P. 170).

    ..." On ne les emploie que dans les arrestations des Turcs, parce qu'ils croiraient au-dessous d'eux de mettre la main sur un chrétien, sur un Maure ou un Juif. Il y a un pareil nombre de chaoux maures, qui sont chargés des mêmes fonctions envers les Maures, les chrétiens et les Juifs ; ruais il ne leur est pas permis de porter un ordre à un Turc "... SHAW. (P. 171).

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 00:29 | | Répondre
  • LA CRISE DE CONFIANCE

    .." REBELLES PAR NATURE A TOUT SENTIMENT D'UNION ET DE NATIONALITE "...
    ..." Les Turcs ne semèrent pas la discorde dans le pays conquis ; elle y existait avant eux, et elle a régné de tout temps ; l'esprit de çof ou de faction est une des marques caractéristiques de la race ; il se fait sentir de tribu à tribu, dans la tribu même et dans la moindre fraction de tribu ; les conquérants n'eurent donc qu'à l'utiliser à leur profit, en favorisant tour à tour les partis opposés "... GRAMMONT. (P. 412)

    ..." Les Kabyles d'Alger sont, de tous les habitants de la Barbarie les plus mécontents et les plus portés à la rébellion ; aussi les Turcs, très soupçonneux à leur égard, les surveillent-ils avec une extrême jalousie "... PANANTE (P. 249).

    ..." Le pire des effets de l'état actuel de la société en Barbarie est le manque d'attachement entre les individus et leur défaut d'unanimité ; produits naturels du despotisme "... PANANTI. (P. 443).

    ." Toutes ces peuplades se tenaient, armées et prêtes à une révolte générale, à laquelle il manqua seulement un chef assez habile pour donner un peu d'homogénéité aux éléments de lutte ; les Turcs ne durent la conservation de leur pouvoir qu'aux divisions incessantes de, leurs sujets, complètement rebelles par nature à tout sentiment d'union ou de nationalité "... GRAMMONT. (P. 410).

    ." Les Maures n'étant ,point unis entre eux se trahissent volontiers les uns les autres ". SHAW. (P. 193).

    ." En arrivant, dans la région, du Moghrob, ils (les Turcs) virent combien il y avait peu d'homogénéité, de liaison, de nationalité, parmi ces différentes populations entraînées sur le sol d'Afrique par les diverses invasions, ou résidus des peuplades primitives "... WALSIN-ESTERHASY. (P. 257).

    ..." Les montagnes inaccessibles dans lesquelles ils (les Zevawis) vivent les mettent à l'abri des vexations des Turcs, mais entre eux ils se font des guerres éternelles, et le plus faible se fait soutenir par le commandant turc le plus voisin, qui ,profite de ces divisions pour les dévorer. Leur haine est implacable et n'est assouvie que par le sang "... VENTURE DE PARADIS. (P. 14)

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 01:13 | | Répondre
  • Royaume de Debdou

    Royaume de Debdou

    L’histoire juive de cette localité est édifiante sur le poids du judaïsme berbère dans le destin dynastique marocain. En effet, Debdou était le centre d’un royaume juif historiquement connu. Il n’y existait qu’une seule mosquée contre une douzaine de synagogues. Ce royaume juif était si puissant que la dynastie alaouite dut s’adresser à Ibn Machâal, le souverain juif de Debdou et de Taza pour trouver auprès de lui appui humain et soutien financier. Sans cet appui, le premier sultan alaouite n’aurait sans doute pas pu asseoir son pouvoir. En effet, c’est grâce au puissant soutien d’Ibn Machâal que le premier souverain alaouite a pu négocier avec les Rhiata, les Branes, Tsoul, Gzennaya, Mtalsa et Aït Wrayn une baïâa qui lui fut accordée. La majorité de nos compatriotes oublient que la première capitale des Alaouites n’était autre que…Taza d’où était engagée précisément la conquête de Fès. En réalité, l’histoire de Debdou est celle d’une cité située sur la route du commerce caravanier liant la région sahélo-soudanaise via le Touat-Tafilelt à la Méditerranée. Ce commerce va s’essouffler quand les Européens arrivèrent à le détourner via la voie maritime. La communauté juive de Debdou a connu des vicissitudes diverses qui l’ont durement frappée. L’une de ces vicissitudes de l’histoire de Debdou n’était autre que la défaite infligée à l’armée du Sultan Abderrahmane lors de la bataille d’Isly. Les Juifs de Dedbou quittèrent la ville et se retirèrent dans les casbahs tribales réservées aux Juifs chez les Rhiata, les Branes et autres Gzennaya. Beaucoup d’entre eux s’étaient convertis à l’Islam. Même si le choléra a quasiment décimé la communauté au XVIIIe siècle, les deux tiers de la population de Debdou étaient, à la fin du XIXe, juifs. Aujourd’hui, ce qui reste de cette communauté a entièrement émigré en Israël.

    ainsi le Maroc a connue le premier état juif au monde (après l'exil) et ce bien avant l'apparition d'Israël ou encore de l' oblast autonome juif d'urss.

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 08:55 | | Répondre
  • L'Histoire n'est jamais finie

    LA GUERRE EST FINIE!... Mais il se trouve encore des lâches pour la faire perdurer à leurs manières...de lâches!!!
    ECRIRE L’HISTOIRE CE N’EST JAMAIS FINI ET L’ECRIRE N’EST PAS UNE ACTIVITE DE LACHE.
    La France n’aurait jamais dû mettre les pieds en Algérie.
    Manière de lache : les méthodes ont été d’éventrer des femmes européennes ou algériennes (Melouza etc)
    Abd El Khader a égorgé des tribus entières et s’il avait régné c’est sous cette methode qu’il aurait soumis l’ensemble de l’Algérie.
    Les crimes de la France doivent s’écrirent comme ceux des Turcs et du FLN.
    Les ordres oraux du FLN étaient que chaque Algériens se devaient de tuer un Français.
    Ben Bela a dit en 1965 que cette guerre a été faite « uniquement et seulement » pour asseoir l’hégémonie de l’Islam.
    Il n’y avait pas de troisième voie possible.
    Rappel de la domination musulmane des Turcs à Alger.
    ..." Le gouvernement d'Alger est une sorte de république militaire, dont le chef exerce le despotisme sous ses formes les moins déguisées "... PANANTI. (P. 411).
    .
    .." Une poignée de brigands recrutés au Levant, indignes de conserver la belle contrée qu'ils ont trouvé l'art affreux d'appauvrir, tiennent dans l'oppression la plus odieuse trois millions d'hommes dont la tête est sans cesse à prix. Ces pirates dictent insolemment des lois à tous les gouvernements qu'ils ont rendus tributaires, violent impunément les droits des gens les plus sa crée, abreuvent d'outrages leurs agents, les chargent de chaînes et condamnent leurs sujets au plus affreux esclavage "... (DUBOIS-THANVILLE - Consul à Alger en 1800).

    ..." La politique d'Alger est très cruelle envers les Maures et les Arabes ; pour la plus légère faute, on les fait mourir. Baba Ali étant aga essayait souvent son fusil sur les gens de la campagne par pure fantaisie. L'aga d'aujourd'hui dans le temps des bombardements faisait écraser entre deux pierres tout Maure ou campagnard qui se rencontrait dehors. On peut dire en général que le caractère des Algériens tient beaucoup de celui des enfants ; la moindre chose les irrite et leur ressentissement va toujours au-delà des bornes.Ils ne savent pas distinguer le particulier du gouvernement : si un Français quelconque fait quelque chose qui lui déplaît ,ce sont les Français en corps qui sont l'objet de leur mauvaise humeur, et comme des enfants sages, il leur faut aussi des bonbons pour les apaiser "

    ... " Le gouvernement algérien a pour principe de dépouiller les Maures et de leur faire toute sorte d'injustices et de vexations pour les tenir asservis, et cependant dans toutes les circonstances, et surtout les gens de la montagne, on les voit se soulever "... VENTURE DE PARADIS. (P. 129).

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 09:32 | | Répondre
  • Crimes coloniaux

    "Les crimes coloniaux étaient un génocide"

    En incitant Paris à balayer devant sa porte avant de condamner le génocide arménien, le Premier ministre turc a ouvert la voie aux historiens algériens : oui, un génocide a bel et bien été commis dans l'ancienne colonie. Le point de vue de l'historien Mohamed El-Korso.

    26.12.2011 | Mustapha Benfodil | El-Watan

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    "Les Algériens ont vaincu le colonialisme", titre le quotidien à l'occasion de la commémoration de la signature des accords d'Evian, le 19 mars 1962, mettant fin à la guerre d'Algérie. "Le combat libérateur l'a emporté sur toutes les politiques de compromission et sur toutes les promesses d'améliorer les conditions de l'indigénat", écrit le journal, qui consacre dix pages de son édition aux cinquante ans de l'indépendance de l'Algérie. Le débat sur le traitement historique de cette période revient naturellement sur le devant de la scène, note le journal qui attend "la reconnaissance par le pouvoir français des atrocités commises entre 1954 et 1962". Le ministre de la Défense français, Gérard Longuet, a justifié l'absence de commémoration en France par le fait que les accords d'Evian ont entraîné des souffrances, notamment pour les rapatriés.

    Algérie
    La Tribune


    "La Turquie coupe ses contacts avec la France à cause de la proposition de loi [pénalisant la négation des génocides]", titre le quotidien. Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a annoncé le 22 décembre le gel de la coopération bilatérale avec la France, après l'adoption par les députés français d'un texte qui, sous des dehors généralistes, vise en particulier le génocide de 1915. La Turquie reconnaît que près de 500 000 Arméniens sont morts lors des combats, mais nie toute volonté d'extermination. Ankara a rappelé pour consultation son ambassadeur à Paris, suspendu les visites bilatérales et annulé toutes les activités militaires conjointes. La proposition de loi doit encore être approuvée par le Sénat – mais vraisemblablement pas avant la présidentielle française d'avril-mai 2012.

    Turquie
    Turkish Daily News


    La presse turque réagit fortement, ce 21 décembre, au probable vote en France d'une loi visant à pénaliser la négation des génocides, dont le génocide arménien. Le quotidien met en avant, dans ses versions turque et anglaise, les efforts du Président Abdullah Gül pour faire faire marche arrière au gouvernement français - efforts vains puisque, comme l'annonce le titre turc, Sarkozy n'a pas répondu au téléphone et ne souhaite pas discuter de la loi. Le Président a appelé la France à "retirer son projet dès que possible" et critiqué une loi qui "ne respecte pas la liberté d'expression". "J'espère que la France ne sacrifiera pas une amitié franco-turque de plusieurs siècles (...) pour des calculs électoraux mesquins" a-t-il ajouté, comme le rapporte le quotidien dans sa version anglaise.

    Turquie
    Zaman

    Dessin de Hic, Algérie.

    © Droits réservés

    Dessin de Hic, Algérie.

    L'historien et ancien président de l'association du 8 Mai 1945 [le 27 avril 2008, la France a reconnu que "d'épouvantables massacres" avaient eu lieu à Sétif, Guelma et Kherrata (dans l'est du pays) le 8 mai 1945], Mohamed El-Korso, ne mâche pas ses mots. Pour lui, il est indéniable que le mot "génocide" s'applique parfaitement aux crimes coloniaux perpétrés par la France en Algérie. Joint hier [le 24 décembre] au téléphone, il a réagi à la polémique qui fait rage entre Paris et Ankara en abondant dans le sens du président Erdogan : "Quand vous avez un colonel de la colonisation qui dit : 'Je coupe les têtes', il ne parle pas de couper des têtes des artichauts, mais celles des Algériens. L'intention de liquider par le sabre et le fusil est réelle et non fictive. Les "enfumades" et les "emmurements" qui ont décimé des tribus entières, comment qualifier cela ? martèle-t-il, avant de lancer : "Le colonel Montagnac disait : 'Tuez tous les hommes à partir de l'âge de 15 ans.' Est-ce que ça, ce n'est pas un génocide ? Les Cavaignac, Bugeaud, Pélissier ne sont pas venus en villégiature. Ils sont venus liquider tout un peuple et ils ne pouvaient prendre la place de ce qu'ils appelaient les 'autochtones' sans commettre de génocide."

    Mohamed El-Korso fournit quelques faits édifiants à ce propos : "L'armée coloniale expérimenta l'extermination par le gaz un bon siècle avant l'Allemagne nazie. Les enfumades et emmurements dans le Dahra – dans la région de Mostaganem – des (tribus) Sbehas en juin 1844 par le colonel Cavaignac et des Ouled Riah le 19 juin 1854 par le colonel Pélissier ; les fours à chaux de Guelma (mai 1945) ; les cuves à vin (1957) des colons de Tlemcen, Sidi Bel-Abbès ou Zéralda ; le gazage des habitants du Dahra qui s'étaient réfugiés dans Ghar Layachine (1959) – pour ne citer que ces quelques exemples – ne sont nullement une vue de l'esprit.

    Le charnier de Chréa, dans la wilaya de Tébessa, qui compte pas moins de 651 cadavres en dit long sur 'l'œuvre accomplie par la France en Algérie'" (El-Watan du 14 mai 2005). Revenant à la crise franco-turque, Mohamed El-Korso considère que l'attitude française dans cette affaire est "schizophrénique" : "La France se permet de donner des leçons aux autres, alors qu'elle ferait mieux de donner des leçons à elle-même. C'est une attitude schizophrénique. On reconnaît les crimes des autres, mais pas ses propres crimes." "Sarkozy invite chaque pays à regarder son passé et à en tirer les conclusions qui s'imposent. Est-ce que la France a le courage de regarder le sien ? Au lieu de cela, ils ont institué une Fondation pour l'écriture de l'histoire afin de blanchir les crimes de la colonisation."

    Le professeur El-Korso note que "c'est le Parlement français qui est en train d'écrire l'Histoire". Il rappelle en l'occurrence l'épisode de la loi du 23 février 2005 portant reconnaissance du "rôle positif" de la colonisation ainsi que le vote d'une loi sur les harkis.

    Mohamed El-Korso salue la position du Premier ministre turc. "L'attitude d'Erdogan est digne. C'est une véritable secousse", se réjouit-il. "L'attitude française vis-à-vis de la Turquie n'est pas culturaliste, mais éminemment politique. C'est une provocation. Et la réaction d'Erdogan est à la mesure de cette provocation." Pour lui, le timing de cette dernière loi trahit des "visées électoralistes". "Sarkozy ressort ces questions à la veille de chaque élection présidentielle, comme ce fut le cas en 2005. Sarkozy avait terminé sa campagne présidentielle dans le sud de la France, à Montpellier, Toulon et Perpignan, où vivent beaucoup de pieds-noirs et d'anciens membres de l'OAS [Organisation de l'armée secrète]. La France n'a jamais connu un président aussi provocateur", assène-t-il.

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 09:43 | | Répondre
  • Gouverner c'est tuer

    La colonisation, l’autre crime contre l’humanité
    Un livre de Doumbi-Fakoly
    14.00 €

    MESSAGE IMPORTANT: Le 16/08/2011 Les Editions Menaibuc vous informent que les envois d'ouvrages sont temporairement interrompus suite à l'indisponibilité de notre plateforme logistique. Le retour à la normale est prévu courant Septembre. Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée.

    (JPEG)

    Seule la victime d’une agression vérifiable est apte à qualifier cette barbarie et à en mesurer les conséquences.

    Le bourreau, surtout lorsqu’il est pris en flagrant délit, devrait avoir la décence de reconnaître son forfait et de se confondre en excuses. Mais la France - une certaine France - est parfaitement malhonnête.

    Alors que sa victime porte toujours sur son corps meurtri et dans son esprit violé, les traces douloureuses et visibles de la colonisation, cette France-là prétend honteusement qu’elle l’a violentée pour son bien.

    La France a organisé le déclin de l’Afrique en la détournant de sa religion, de sa spiritualité, de sa langue, de sa culture.

    La France a organisé le déclin de l’Afrique en l’expropriant de son sol, pour la dépouiller de ses richesses naturelles tant agricoles que minières. La France a organisé le déclin de l’Afrique en sabotant ses structures sanitaires pour en faire le terrain de prédilection de toutes les maladies connues et encore inconnues.

    Les infrastructures routières, portuaires et ferroviaires qu’elle a laissées en Afrique, par calcul, sa langue qu’elle lui a imposée dans un objectif de génocide culturel, sont les témoins visibles de souffrances sans nom infligées aux Africains.

    Pour sortir de la situation de peuple méprisé sur toute la surface de la terre un sursaut de dignité s’impose, qui réclame la rupture totale et définitive avec tout ce qui pérennise la colonisation.

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 09:49 | | Répondre
  • Crimes de la France en Algérie

    la loi sur les crimes de la France en Algérie : un boomerang


    article de la rubrique les deux rives de la Méditerranée > l’Algérie et la France, aujourd’hui
    date de publication : vendredi 12 février 2010


    Il y a cinq ans, les parlementaires français votaient la loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés », dont un article reconnaissait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » – une disposition abrogée un an plus tard.

    Une centaine de leurs homologues algériens ont déposé le 13 janvier une proposition de loi visant à « criminaliser » la colonisation française : « Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux », a expliqué un député algérien. Une initiative jugée « particulièrement inquiétante », « incompréhensible » et même « outrancière » par Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants.

    La philosophe et politologue, Seloua Luste Boulbina, chercheuse associée à l’Université de Paris VII, analyse la polémique suscitée en France [1].

    Loi sur les crimes de la colonisation
    « L’Algérie, caricature de la France »
    par Annabel Benhaiem, L’Express, 11 février 2010

    Pourquoi la proposition de loi parle-t-elle précisément de "criminalisation" de la colonisation ?

    Ce terme "criminalisation" est très important. Il signifie que les crimes commis pendant la guerre et la colonisation sont appelés à être reconnus juridiquement. Ce n’est pas de la "repentance" qui est demandée à la France. La guerre a fait proportionnellement plus de morts en Algérie que celle de 1914-18 en France. Sans compter les déportations, qu’on pratiquait aux débuts de la colonisation. On parlait même d’extermination, sans qu’il soit question, il faut le souligner, de génocide. De manière générale, il y a eu beaucoup de massacres.

    Pourquoi cette loi fait-elle si peur en France ?

    La France a oublié ses guerres coloniales et leur impact sur ses adversaires. Elle préfère parler du rôle positif de la colonisation plutôt que d’ouvrir la boîte de Pandore. La France se situe, officiellement, dans une espèce de déni. L’Algérie, dans son passé français, fait partie des sujets auxquels on ne veut pas accorder trop d’importance. La mémoire du conflit aurait probablement été traitée différemment s’il s’était agi de non Européens. Comme en France, pour les sujets qui concernent la colonisation – pensons à la reconnaissance de la guerre d’Algérie, en 1999, par les parlementaires –, c’est la voie législative qui a été privilégiée en Algérie. La France n’accepte pas le miroir que l’Algérie lui tend, comme une caricature d’elle-même.

    Eric Besson, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, a d’ailleurs qualifié ce texte de trop "sensible". Pour Thierry Mariani, il serait méprisant envers les harkis. Que pensez-vous de ces réactions ?

    Parce que le sujet est encore sensible, il faut absolument en parler. Rappelez-vous les cicatrices monumentales qu’a laissé la guerre de 1939-45 entre la France et l’Allemagne. Elles n’ont pas empêché le dialogue de se créer. Mais il a fallu une volonté politique extraordinaire pour l’entamer. Ensuite, peut-être faut-il s’interroger sur l’origine et la trajectoire des différentes personnalités politiques qui ont réagi à cette proposition de loi. Qui en France, n’est pas lié d’une manière ou d’une autre, aux anciennes colonies françaises ? L’Algérie n’est pas neutre pour les Français, ni politiquement, ni socialement. Qui, chez les politiques, est en position de se remettre en question, d’admettre la réalité passée et les méfaits commis pendant la colonisation, puis la guerre ?

    Par ailleurs, je trouve déplacé que Thierry Mariani parle de mépris envers les harkis, lorsqu’on regarde de quelle manière la France les a parqués dans des camps à leur arrivée en 1962.

    Depuis 1962 justement, la France n’a vraiment jamais reconnu ses torts ?

    Les rares initiatives ne sont jamais parties du sommet de l’Etat et ont toujours coûté beaucoup d’efforts aux Français. En février 2005, l’ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, a reconnu l’existence du massacre de Sétif en Algérie du 8 mai 1945. Mais il l’a imputé aux dissensions entre communautés, au lieu d’admettre la responsabilité de la France. De même, le 8 février 1962, la police française a réprimé dans le sang, à Paris, une manifestation rue de Charonne, contre l’Organisation Armée Secrète (OAS) et pour la paix. Les responsables, dont Maurice Papon, n’ont jamais été inquiétés.

    En 1966, la France a tiré un trait en amnistiant tous les événements liés à la guerre d’Algérie. Il a fallu attendre 2007 pour qu’une plaque commémorative soit apposée sur les lieux des affrontements. Et ce n’est pas l’Etat, mais la Mairie de Paris, qui l’a renommé "place du 8 février 1962".

    Pourquoi la France tarde-t-elle tant à reconnaître sa responsabilité ?

    Après chaque conflit dans lequel la France a été impliquée, elle opte pour une politique de réconciliation nationale, afin d’éviter les conflits internes entre partisans de "causes" opposées. Ainsi, la France ne s’est pas débarrassée de tous ceux qui ont collaboré au régime de Vichy et leur a même permis, pour certains, de conserver leur poste après-guerre. Idem pour l’Algérie. La France a connu sur son territoire une organisation terroriste : l’OAS. Aujourd’hui, elle cherche encore à ménager les susceptibilités. Pour le chef de l’Etat, admettre la responsabilité de la France serait la dénigrer. Il l’a dit lors de l’un de ses déplacements en Algérie.

    Selon vous, quel est le message sous-jacent de cette proposition ?

    Les 125 députés qui ont déposé cette proposition de loi appartiennent à la majorité parlementaire (FLN, RND, MSP, El Islah) et soutiennent le gouvernement. N’oublions pas que le FLN est l’ancien parti unique dont les racines historiques remontente à la guerre. Comme les Français, les Algériens se réfèrent à leur passé pour se définir et, nécessairement, aux 132 ans de domination française. Le sujet est récurrent. La fondation du 8 mai 1945 avait déjà eu pour mot d’ordre : non à l’oubli, non à l’impunité.

    Pourquoi cette loi maintenant ?

    La proposition n’est pas sans objet, mais l’effet d’annonce, sur le plan international, est évident, surtout au moment où des discussions bilatérales sont en cours. Le message s’adresse au gouvernement français. En même temps, la diversion arrive à point nommé en Algérie, puisque la corruption est au centre des débats. Les députés du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) ne se sont pas associés à la proposition. Les autres partis politiques non plus (FFS et PT). Il n’y a donc pas de consensus. Nous sommes donc bien en présence d’un sujet "écran". La population, de son côté, est plus concernée par son présent et son avenir.

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 09:52 | | Répondre
  • ALLEG

    la colonisation : un crime contre l’humanité, par Henri Alleg


    article de la rubrique histoire et colonies > la France et son passé colonial
    date de publication : mardi 4 octobre 2005


    A l’occasion de la sortie de Mémoire algérienne [1], Politis a publié un long entretien avec Henri Alleg.

    Mais Henri Alleg, c’est qui déjà ?

    Alleg, c’est ce responsable communiste, raflé par les paras, torturé par l’armée française dans l’Algérie d’avant l’indépendance. Alleg, c’est l’auteur de la Question [2] récit de ses passages à tabac, des séances de « gégène », des immersions dans la baignoire. Ce livre a précipité la prise de conscience d’une société métropolitaine qui était loin de se douter qu’on agissait ainsi en son nom. L’historien Jean-Pierre Rioux résume ainsi l’impact de ce petit livre : « Le récit d’Alleg a été perçu comme emblématique par sa brièveté même, son style nu, sa sécheresse de procès-verbal qui dénonçait nommément des tortionnaires sous des initiales qui ne trompaient personne. Sa tension interne de cri maîtrisé a rendu celui-ci d’autant plus insupportable : l’horreur était dite sur le ton des classiques. » C’était il y a bientôt cinquante ans. [3]

    Un large extrait de l’entretien d’Henri Alleg avec Olivier Doubre.

    O. D. : Après la Deuxième Guerre mondiale, vous dirigiez Alger Républicain, un des seuls quotidiens à dénoncer la violence coloniale, souvent censuré pour cela. Que savait-on en France de ces pratiques ? Alger Républicain était-il diffusé en France ?

    Henri Alleg : Oui, il l’était. Je vous répondrai que comme toujours, ceux qui voulaient savoir savaient la façon dont les Algériens étaient traités en Algérie. Mais ils étaient bien peu nombreux. Quand il y avait des procès, c’étaient souvent des avocats, militants communistes ou chrétiens qui venaient les défendre. Mais il n’y avait jamais de grande campagne car tout cela était perçu comme des accidents de parcours, et non pas comme un système. Il y a un proverbe arabe qui dit qu’il n’y a que ceux qui marchent sur les braises qui sentent la brûlure. C’était un peu ça : les Algériens, eux, savaient ! N’importe quel gosse savait que les policiers frappaient, torturaient, etc.

    La population européenne savait aussi, en gros, et ils acceptaient en gros l’idée très répandue : « Avec les Arabes, on ne peut pas faire autrement. » Il y avait donc une espèce d’insensibilité à cette violence, sauf chez les gens les plus conscients. Je me souviens que j’avais un camarade dont les parents habitaient une petite ville à 20 kilomètres d’Alger. Leur maison était située juste en face de la gendarmerie et il me racontait qu’ils se plaignaient : « C’est embêtant, la nuit les gendarmes frappent les Arabes et ils hurlent, on ne peut pas dormir ! » Mais le pire, c’est qu’on ne pouvait pas l’écrire dans le journal. Quand des gens venaient nous raconter ce genre de choses, eux-mêmes comprenaient qu’on ne pouvait pas tout raconter, sinon le journal était immédiatement saisi et on perdait des centaines de milliers de francs à chaque fois. On leur disait donc « On va en parler, mais on ne pourra pas écrire tout ce que vous nous avez raconté ! »

    À partir de 1954, avec la guerre, il y a eu deux attitudes. En France, Guy Mollet et les autres disaient que ceux qui faisaient campagne contre la torture étaient des ennemis de la France, des séparatistes et des communistes, qui mentaient. Généralement, ils ajoutaient même : « Je ne dis pas qu’à un certain endroit, une fois, il n y a pas eu quelques brutalités, mais même ce cas-là, nous ne l’acceptons pas et nous prendrons des mesures. » En fait, il y avait des milliers de cas de ce genre ! Cette attitude avait pour but de rassurer la partie de l’opinion française attachée à la défense des Droits de l’homme. Je fais à ce propos une parenthèse : on peut craindre aujourd’hui un certain recul de ce point de vue, quand on voit de grands responsables, aux Etats-Unis ou en Israël, expliquer qu’il va falloir légaliser la torture et voir comment l’exercer. Or, à l’époque de la guerre d’Algérie, jamais on n’aurait pu entendre une chose pareille. On sortait de la guerre contre les nazis et il y avait cette idée répandue que « les Français ne torturent pas ». En Algérie, il n’y avait pas de campagne pour dénoncer les traitements inhumains que subissaient les Algériens arrêtés. On n’en parlait pas, tout simplement parce que c’était normal ! Comme il était normal qu’on saisisse le seul journal, Alger Républicain, qui faisait « toute une histoire » de ce genre « d’anecdotes » !

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    Un ancien parachutiste manifeste à Paris, en 2001, à l’appel d’associations d’extrême droite, pour protester contre la tenue d’un débat sur la torture en Algérie...(©AFP)

    O. D. : La torture pendant la guerre d’Algérie n’est plus niée aujourd’hui par personne. Récemment, même Massu ou Aussaresses en ont parlé publiquement. Quel effet cela vous fait-il de voir ces généraux à la télévision, alors que ce sont eux qui commandaient les militaires qui vous ont torturé et que vous citiez déjà leurs noms dans la Question ?

    Henri Alleg : La question, sans jeu de mot, de la torture est mal posée selon moi. Comme s’il y avait des règles dans la guerre, en particulier dans une guerre coloniale...

    En réalité, le fond du problème était cette guerre injuste elle-même. À partir du moment où on mène une guerre coloniale, c’est-à-dire une guerre pour soumettre un peuple à sa volonté, on peut édicter toutes les lois que l’on veut, il y aura toujours des dépassements. On pourra toujours dire : « Il y avait 50 bombes dans la nature qu’il fallait trouver », et conclure, comme l’ont fait tous ces généraux, qu’ils ont sauvé des vies humaines !

    Premièrement, ce raisonnement-là est faux, puisqu’à la base on s’engage dans une guerre qui va elle-même à contre-sens des principes mêmes de l’humanité. En deuxième lieu, il est faux également parce qu’on exclut du champ des responsabilités les politiques. Évidemment, Aussaresses me répugne au plus haut point, mais il avait des gens au-dessus de lui, non ?

    On sait aujourd’hui qu’après ses actions en Algérie les gouvernements français l’ont autorisé à aller exercer ses talents en Amérique latine, apprendre aux dictateurs comment faire [4]...

    En outre, tous ces gens ont par la suite été promus, la poitrine bardée de médailles : Aussaresses était commandant, il finit général ; Bigeard a même été secrétaire d’Etat. Il y a donc eu une véritable complicité au plus haut niveau avec eux. On peut bien sûr se féliciter que le président de la République exprime toute l’horreur et tous les regrets qu’il ressent, mais ces gens ne risquent plus rien - et c’est d’ailleurs pour cela qu’ils parlent - puisqu’ils sont amnistiés. Aussaresses n’a jamais été condamné que pour apologie de ses crimes, pas pour les avoir commis...

    La seule chose que je voudrais, c’est qu’on n’attende pas cent cinquante ans comme dans le cas de l’esclavage : on n’a pas condamné les esclavagistes pour leurs crimes, mais l’esclavage en tant que tel. Je souhaite donc qu’on condamne la colonisation, en tant que système, comme un crime contre l’humanité.

    Or, au contraire, on assiste à des choses incroyables, comme cette loi qui se félicite de la colonisation en Algérie et, pire, qui demande qu’on enseigne ce mensonge dans les écoles.

    Et puis, quand je vois ce qui se passe en Irak ou à Guantanamo, je suis inquiet... [5]

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 09:55 | | Répondre
  • Rien n'a changé

    @ Ben Zeitoun

    "L'émir, en passant le Chéliff, avait violé les conventions. Vu le service qu'il venait de rendre, les Français lui laissèrent établir Hadj-el-S'ahit khalifet de Medeah, et réclamer zakât (« dîme »)

    Les autorités françaises se sont toujours faites mener par le bout du nez par les musulmans.
    Petits arrangements et passe-droit. Discrimination positive.

    Aujourd'hui la voix de son maître c'est Mme Vallaud-Belkacem en odeur de sainteté à l'Elysée.
    Dans un débat récent sur l'économie française, elle se permet d'accuser Mme Pécresse du précédent gouvernement. "Chaque jour on retrouve des cadavres dans les placards"!(sic)
    Alors qu'elle vient tout juste d'entrer au gouvernement, qu'elle ne connait rien à l'économie.!

    Ca me fait mal de voir ainsi mon pays via nos hommes politiques, sous influence maghrébine.
    Ils se réveilleront malheureusement trop trop tard de leurs rêves enchantés d'une France unie et solidaire !

    Posté par dany, mardi 3 juillet 2012 à 09:58 | | Répondre
  • L'humain est ingouvernable

    LES CRIMES DES TURCS
    LES CRIMES D'ABD EL KADER
    LES CRIMES DES FRANCAIS
    LES CRIMES DES ANGLAIS
    LES CRIMES DES ITALIENS
    LES CRIMES DE MAO
    LES CRIMES DU COMMUNISMES
    LES CRIMES DU FLN



    C’est quand même extraordinaire qu’après cinquante ans d’indépendance le FLN algérien soit toujours en quête de légitimité, à l’intérieur de l’Algérie comme à l’extérieur ! ! ! …… Ça montre à quel point ils sont conscients de n’en avoir aucune !

    Car enfin, il faut bien l’admettre, au début des années soixante le FLN était militairement vaincu sur le terrain ! …… quasi inexistant ! …… pas facile pour les survivants du FLN de faire oublier qu’ils étaient d’abord et avant tout d’immondes criminels sans scrupules, …… A COMMENCER ENVERS LES ALGÉRIENS EUX-MÊMES !

    De l’autre côté de la ligne Morice, une poignée de combattants qui n’avaient jamais combattu, commandés par un « colonel » d’opérette dont la formation militaire relevait plus des cours Pigier que de la pratique de l’art de la guerre, attendait dans ses treillis propres que De Gaulle leur donne la permission de faire un « défilé de la victoire » sans avoir subi les épreuves du terrain ! …… pas très glorieux tout ça !

    Les musulmans servant chez les harkis, chez les tirailleurs, chez les moghaznis, ou dans d’autres forces supplétives étaient dix fois plus nombreux que les « rebelles » ! …… la démonstration d’unité en prend quand même un sérieux coup, … vu du côté FLN !

    Difficile aussi de faire oublier le 13 mai 1958 sur le forum d’Alger, et ses conséquences : toute la population musulmane attachée à la France qui s’est spontanément mêlée à la foule des Pieds Noirs pour montrer de quel côté son cœur penchait, à peine un an après la bataille d’Alger gagnée par les soldats de Massu ! …… pas facile à faire oublier ça, chers messieurs du FLN !

    Difficile aussi, pour ce FLN, de faire oublier qu’entre 1954 et 1962 il s’est systématiquement opposé par la terreur à toute élection libre en Algérie, …… car il savait pertinemment que le vote des musulmans lui serait très majoritairement défavorable, cette population ayant toujours su raisonnablement où se situait son intérêt à court et à long terme !

    En réalité le FLN sait très bien qu’il a tenté de régner par la terreur sur la population algérienne entre 1954 et 1962, et que l’indépendance lui a été balancée par De Gaulle …… [comme on jette une cacahuète à un singe] …… que parce que le général était pressé de se débarrasser du « boulet algérien » pour se consacrer plus entièrement à d’autres options géopolitiques !

    Voilà la réalité, qu’une reconnaissance de repentance de la France qui n’a aucunement lieu d’être, permettrait au FLN de réécrire son histoire dans le sens d’une épopée !

    Le FLN se repent-il du massacre des harkis ? …… du massacre des Pieds Noirs Oranais en juillet 1962 ? …… des militaires français enlevés, disparus et jamais retrouvés après la signature du cessez-le-feu ? …… des règlements de compte opérés sur le sol français après l’indépendance ? …… et de la suite de son histoire depuis 1962


    C’est quand même extraordinaire qu’après cinquante ans d’indépendance le FLN algérien soit toujours en quête de légitimité, à l’intérieur de l’Algérie comme à l’extérieur ! ! ! …… Ça montre à quel point ils sont conscients de n’en avoir aucune !

    Car enfin, il faut bien l’admettre, au début des années soixante le FLN était militairement vaincu sur le terrain ! …… quasi inexistant ! …… pas facile pour les survivants du FLN de faire oublier qu’ils étaient d’abord et avant tout d’immondes criminels sans scrupules, …… A COMMENCER ENVERS LES ALGÉRIENS EUX-MÊMES !

    De l’autre côté de la ligne Morice, une poignée de combattants qui n’avaient jamais combattu, commandés par un « colonel » d’opérette dont la formation militaire relevait plus des cours Pigier que de la pratique de l’art de la guerre, attendait dans ses treillis propres que De Gaulle leur donne la permission de faire un « défilé de la victoire » sans avoir subi les épreuves du terrain ! …… pas très glorieux tout ça !

    Les musulmans servant chez les harkis, chez les tirailleurs, chez les moghaznis, ou dans d’autres forces supplétives étaient dix fois plus nombreux que les « rebelles » ! …… la démonstration d’unité en prend quand même un sérieux coup, … vu du côté FLN !

    Difficile aussi de faire oublier le 13 mai 1958 sur le forum d’Alger, et ses conséquences : toute la population musulmane attachée à la France qui s’est spontanément mêlée à la foule des Pieds Noirs pour montrer de quel côté son cœur penchait, à peine un an après la bataille d’Alger gagnée par les soldats de Massu ! …… pas facile à faire oublier ça, chers messieurs du FLN !

    Difficile aussi, pour ce FLN, de faire oublier qu’entre 1954 et 1962 il s’est systématiquement opposé par la terreur à toute élection libre en Algérie, …… car il savait pertinemment que le vote des musulmans lui serait très majoritairement défavorable, cette population ayant toujours su raisonnablement où se situait son intérêt à court et à long terme !

    En réalité le FLN sait très bien qu’il a tenté de régner par la terreur sur la population algérienne entre 1954 et 1962, et que l’indépendance lui a été balancée par De Gaulle …… [comme on jette une cacahuète à un singe] …… que parce que le général était pressé de se débarrasser du « boulet algérien » pour se consacrer plus entièrement à d’autres options géopolitiques !

    Voilà la réalité, qu’une reconnaissance de repentance de la France qui n’a aucunement lieu d’être, permettrait au FLN de réécrire son histoire dans le sens d’une épopée !

    Le FLN se repent-il du massacre des harkis ? …… du massacre des Pieds Noirs Oranais en juillet 1962 ? …… des militaires français enlevés, disparus et jamais retrouvés après la signature du cessez-le-feu ? …… des règlements de compte opérés sur le sol français après l’indépendance ? …… et de la suite de son histoire depuis 1962 ?

    Alors ça va comme ça !

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 10:03 | | Répondre
  • Au Génie de Giap

    La France a perdu son temps et son temps au Viêt Nam.
    Hommage au Genie de Giap.
    Vive le Viêtnam.

    Võ Nguyên Giáp, né le 25 août 1911 à An Xá (actuel Viêt Nam, alors en Indochine française), est un général et homme politique vietnamien. Chef de l'Armée populaire vietnamienne pendant la guerre d'Indochine et ministre de la défense du Nord Viêt Nam durant la guerre du Viêt Nam, il est le seul général ayant vaincu à la fois l'armée française et l'armée américaine au cours de sa vie.

    Il est connu pour être le vainqueur de la bataille de Ðiện Biên Phủ (1954), qui a sonné la défaite et le départ des Français d'Indochine.

    Le général Vo Nguyên Giap est entré dans l’histoire militaire et les études militaires et stratégiques de son vivant, admiré par ses amis et ennemis, dont le général français Raoul Salan et le général américain William Westmoreland. Soldat autodidacte, il n'a suivi les cours d'aucune académie militaire1.

    Né en 1911 à An Xá, dans la province du Quảng Bình, Võ Nguyên Giáp est un fils de mandarin. Dès l'âge de 14 ans, il commence à militer contre la présence française. Il reçoit l'éducation du lycée français et participe au mouvement communiste dès les années 1930. Il poursuit des études d’histoire, de droit et d’économie à Huế, au lycée Quốc Học puis à Hanoï, au lycée Albert Sarraut et à l'Université de l'Indochine. À Hanoï, le poète réunionnais Raphaël Barquisseau est son professeur. En 1937, Giáp devient lui-même professeur d’histoire à l’école Thang-Long à Hanoï et adhère au parti communiste en 1939.

    En 1939, membre du parti communiste indochinois, il fuit en Chine à la déclaration de guerre qui voit l’interdiction du parti lié à l’Union soviétique, elle-même alliée des nazis dans le pacte germano-soviétique. Marxiste convaincu, il porte une véritable haine au capitalisme qu’il rend en particulier responsable du décès de sa première épouse morte en prison en 1941 et sa belle-sœur guillotinée à Saïgon par l’Administration coloniale française. Il prend part au Congrès de Tsin-Ti qui voit la création du Việt Minh, puis est chargé par Hồ Chí Minh de l’organisation de la guérilla contre les Japonais en Indochine. En 1944, il fonde l'Armée populaire vietnamienne (APV). Après le coup de force des Japonais du 9 mars 1945, il profite de la disparition de l’administration française pour intensifier le recrutement de membres du Viêt-minh.

    Le 8 mars 1946, le général Raoul Salan, commandant des forces françaises de l’Indochine du Nord, reçoit à sa demande, à Hanoï, Võ Nguyên Giáp qu’il ne connaît pas directement. Il vient discuter des conditions d’application, sous l’aspect militaire, de la convention franco-vietnamienne signée le 6 mars précédent. Ces discussions conduisent, le 3 avril, à la signature d’un accord entre Raoul Salan et Võ Nguyên Giáp. Raoul Salan revoit Võ Nguyên Giáp le 7 avril 1946 au matin, quand celui-ci vient à son domicile offrir un petit paravent laqué pour son épouse (leur fille Dominique est née trois semaines plus tôt), et, le soir, lors d’un dîner avec Hồ Chí Minh, dîner au cours duquel les différends relatifs à l’application des Accords de mars apparaissent au grand jour. Derrière les actes sanglants du chef de guerre, il y avait l'homme courtois et délicat.

    Au cours de la conférence préparatoire de Đà Lạt, du 17 avril au 11 mai 1946, Raoul Salan, chef de la mission militaire française, a pour principal interlocuteur Võ Nguyên Giáp avec lequel il noue des relations personnelles au cours des soirées suivant les séances officielles. Giáp aurait été alors jusqu’à offrir à Raoul Salan le commandement des troupes de la République Démocratique du Viêt Nam. Beaucoup plus tard, le général US William Westmoreland lui a rendu hommage en un livre qu’il a écrit avec pour titre simplement "Võ Nguyên Giáp".

    Il le revoit à Hanoï le 16 mai suivant, lors d’un dîner informel, avant d’accompagner Hồ Chí Minh par la voie des airs à la conférence de Fontainebleau avec Phạm Văn Đồng, le diplomate, resté à Paris en réserve. Quand Raoul Salan revient en Indochine le 19 mai 1947, la guerre est là et son adversaire implacable sera Võ Nguyên Giáp jusqu’au 28 mai 1953, date de son retour en métropole. En juillet 1984, au Val de Grâce, un diplomate vietnamien vient saluer la dépouille mortelle du général Salan au nom du général Võ Nguyên Giáp qui le tenait en grande estime, en adversaires loyaux.

    Võ Nguyên Giáp devient ministre, chargé des forces de sécurité, du premier gouvernement Hồ Chí Minh, et à ce titre organise des « purges », dont sera victime en 1951 le lieutenant-général Nguyen Binh. En 1946, il est nommé ministre de la Défense nationale de la République démocratique du Viêt Nam. C'est lui qui dirige les actions militaires contre les Français. Il est notamment le vainqueur de la bataille de Ðiện Biên Phủ (mai 1954), qui entraîne la signature des accords de Genève, en juillet 1954, qui instaurent une partition du pays le long du 17e parallèle et à l'issue desquels La France quitte la partie nord du Viêt Nam.

    En 1960, les combats recommencent au sud. Une insurrection communiste (les communistes sud-vietnamiens étant appelés en abrégé Viêt Cong) contre le gouvernement pro-occidental de Saïgon va se développer et bientôt être soutenue et armée par le Vietnam du nord. Giáp va y jouer un rôle déterminant. Il dirige les opérations de l'ensemble de la guerre durant quinze ans et forcera les Américains à quitter le sud du pays. Il obtient la victoire finale en 1975 à la suite de a « campagne Hồ Chí Minh » durant laquelle il lance ses célèbres mots d'ordre aux soldats communistes : « rapidité, audace et victoire sûre ». Le 30 avril, ses troupes entrent à Saïgon.

    Giap, grâce à ses manœuvres souvent anticonformistes, a la réputation de n'avoir jamais connu la défaite. Il faut distinguer ici la légende de la réalité : en 1951 il a été battu à deux reprises par le maréchal de Lattre de Tassigny, d'abord à Vinh Yen puis à Dong Trieu et en 1972 ses troupes subirent un grave revers lors de la bataille de Kontum — l'homme par qui Giap fut défait cette fois-là était un stratège civil américain, John Paul Vann, ancien lieutenant-colonel exclu de l'armée pour ses positions critiques face à la stratégie du général William Westmoreland. Mais s'il lui est arrivé de perdre des batailles, comme à la plupart des chefs de guerre, il est vrai qu'il a gagné deux guerres, contre les Français puis contre les Américains.

    En 1976, il participe à la réunification du Viêt Nam. Il démissionne du poste de ministre de la Défense en 1980. En 1982, il est exclu du bureau politique du parti communiste vietnamien (PCV), officiellement pour des raisons d'âge et de santé, mais on parle de divergences avec les deux hommes forts du Viêt Nam, le secrétaire général du PCV Lê Duẩn et le chef de la commission d'organisation du PCV, Lê Đức Thọ. Cependant, il reste vice-premier ministre jusqu’en 1991 et il est réhabilité lors du 6e congrès du PCV en 1986. Võ Nguyên Giáp vit aujourd'hui retiré à Hanoï, mais s'exprime régulièrement sur l'évolution politique de son pays.

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 10:13 | | Répondre
  • L'Empereur TU DUC

    29 août 1842 : Traité de Nankin par lequel, à l’issue de la guerre de l’opium, la Chine cède à l’Angleterre l’île de Hong Kong, à proximité de Macao et de Canton, le grand port du sud chinois désormais ouvert au commerce britannique (les ports de Amoy, Foutchéou, Ning Po et Shanghaï le sont également). Le 24 octobre 1844, la France obtient, par la convention de Wham Poa négociée par Lagrené, des privilèges analogues dans les mêmes ports, ainsi qu’un droit de protection des missions catholiques menacées par les réactions xénophobes suscitées par certains mandarins. Cette ouverture de la Chine donne automatiquement à l’Indochine voisine une grande importance, dans la perspective du développement des échanges et de l’affirmation de l’influence française dans les régions méridionales de l’Empire du Milieu. Préoccupations commerciales et défense des intérêts catholiques commandent ensuite la politique de Napolén III en Extrême-Orient.
    1848-1883 : Règne de Tu Duc. Il est hostile aux étrangers et aux missionnaires chrétiens et entend s’appuyer sur la Chine sans mesurer l’extrême faiblesse de celle-ci.
    1858 : À la suite du martyre de l’abbé Chapdelaine au Kouangsi et de celui de plusieurs dominicains espagnols au Tonkin, la France et l'Angleterre décident d’agir contre la Chine et, en mai, un corps expéditionnaire allié s’empare des forts défendant le Pei Ho (la rivière qui se jette dans le golfe du Petchili) et ouvre ainsi la route de Pékin. L’empereur chinois préfère traiter et les forces du contre-amiral Rigault de Genouilly devenues disponibles sont dirigées vers les côtes d’Annam. Formée de treize bâtiments français et d’un aviso espagnol venu des Philippines, la flotte arrive devant Tourane (Danang) le 31 août 1858. Contrairement à ce qui s’était passé en Chine, l’amiral ne peut remonter la rivière de Hué et se refuse, en raison de la faiblesse relative de ses effectifs, à prendre le risque d’une marche par voie de terre contre la capitale annamite.
    Février 1859 rofitant de la mousson d’hiver, l’amiral Rigault de Genouilly dirige sa flotte vers la Cochinchine, remonte la rivière de Saigon et prend d’assaut la citadelle le 17 février.
    Novembre 1859 : L’amiral Page, qui remplace Rigault de Genouilly, propose à la cour de Hué une paix n’impliquant aucune cession territoriale mais la simple installation d’un chargé d’affaires et de trois consuls. Convaincu que ces demandes modérées ne faisaient que témoigner de la faiblesse des envahisseurs, le souverain annamite refuse les propositions françaises.
    1860 : Alors que l’amiral Page est parti rejoindre l’expédition franco-anglaise engagée contre la Chine – qui aboutira à la prise de Pékin et au sac du Palais d’été – la garnison de Saigon résiste victorieusement aux assauts vietnamiens.
    Février 1860 : L’amiral Charner, de retour de Chine, entre en rade de Saigon avec soixante-dix bâtiments, une brigade d’infanterie, douze compagnies de marins et des chasseurs d’Afrique, le tout appuyé par une puissante artillerie. Il disperse ainsi sans difficultés, les 24 et 25 février, les troupes vietnamiennes du maréchal Nguyen Tri Phuong.
    1862 : Alors que ses forces sont dispersées et détruites en Cochinchine, l’empereur Tu Duc doit faire face au Tonkin à une révolte qui le contraint à traiter avec les Français. Un accord est conclu à Saigon le 5 juillet 1862. Le souverain annamite reconnaît aux missionnaires la liberté de prêcher la religion catholique et autorise l’ouverture de trois ports au commerce français. Il abandonne par ailleurs en pleine propriété au vainqueur les provinces de Bien Hoa, Gia Dinh et Vinh Tuong, c’est-à-dire toute la moitié orientale de la Cochinchine, ainsi que l’île de Poulo Condore. Il était ainsi contraint d’accepter des conditions autrement dures que celles qu’il avait refusées en 1860. Conclu le 14 avril 1863, le traité de Hué confirme l’accord de Saigon de l’année précédente.
    1862-1879 : Période dite du « gouvernement des amiraux », ceux-ci se trouvant durant cette période investis du gouvernement de la Cochinchine française. La Marine joue alors un rôle déterminant dans les débuts de la colonie. Dès 1862, c’est autour d’un missionnaire, le père Legrand de La Liraye, responsable d’un Bureau de renseignement sur les coutumes et les institutions indigènes, que se réunissent de jeunes officiers qui apprennent la langue locale, se consacrent à la pacification du pays en luttant contre les pirates et s’efforcent d’administrer le territoire sous autorité française. Ils font fonction d’officiers des affaires indigènes et recrutent des auxiliaires autochtones dont ils contrôlent l’action. À partir de 1873, la Marine établit un collège de stagiaires où ces officiers sont formés à leurs nouvelles fonctions, sous l'autorité du lieutenant de vaisseau Luro, chargé d’un cours « d’administration annamite ».
    Mai 1863-avril 1868 : L’amiral de La Grandière exerce les fonctions de gouverneur de la Cochinchine et l’étend vers l’ouest avec l’annexion, en juin 1867, des trois provinces de Vinh Long, Soc Trang et Chau Doc occupées dès mars 1866.
    1863 : Établissement du protectorat français sur le Cambodge.
    Juin 1863 : Arrivée en France d’une ambassade annamite conduite par le mandarin Phan Tanh Gian. Il est très bien reçu par Napoléon III, d’autant que l’un des officiers du corps expéditionnaire, le lieutenant de vaisseau Aubaret, fait valoir l’intérêt pour la France de respecter l’intégrité territoriale du Vietnam et de se contenter du contrôle de quelques ports et d’un protectorat très souple.
    Mai 1864 : Nommé consul à Bangkok, Aubaret se rend à Hué pour négocier avec Tu Duc, le souverain annamite, une éventuelle rétrocession des provinces cochinchinoises mais, une fois de plus, son interlocuteur interprète comme un aveu de faiblesse les propositions françaises et ne les retient pas ; comme dans le même temps tout un courant se développait en France en faveur d’une exploitation coloniale du sud de l’Indochine (il s’exprime à travers la publication par le lieutenant de vaisseau Rieunier – sous le pseudonyme d’Abel – de La question de la Cochinchine du point de vue des intérêts français), il apparut que l’opposition de la cour de Hué rendait impossible toute présence limitée.
    4 novembre 1864 : Le ministre de la Marine Chasseloup-Laubat remet à Napolén III un rapport qui conclut à la nécessité de conserver la Cochinchine. Les perspectives d’une rétocession s’éloignent ainsi définitivement.
    Janvier 1865 : Ratification par la France du traité de Hué.
    Juin 1866 : Doudart de Lagrée et Francis Garnier quittent Saigon pour entamer la remontée du Mékong, dans l’espoir de trouver ainsi une voie d’accès vers la Chine du Sud, que les Anglais cherchent dans le même temps à atteindre à partir de la Birmanie. Doudart de Lagrée meurt en mars 1868 après être arrivé à deux jours de marche du Yang tsé Kiang que son second pourra descendre jusqu’à Shanghaï. Ce remarquable voyage d'exploration a cependant montré que la véritable voie d’accès à la Chine à partir de l’Indochine n’est pas le Mékong mais le fleuve Rouge, ce qui va conduire les Français à tourner leurs regards vers le Tonkin. Sous le Second Empire et au début de la IIIe République, la France semble cependant se satisfaire du contrôle de la Cochinchine et du Cambodge – qui correspondent aux régions indochinoises les plus riches et les moins peuplées – et les consignes envoyées depuis Paris aux amiraux-gouverneurs leur interdisent toute entreprise contre la monarchie annamite visant à la conquête du nord du pays.
    1871 : Le commerçant et trafiquant d’armes français Jean Dupuis pénètre au Tonkin en venant du Yunnan, s’installe à Hanoi et y fait flotter le drapeau français sur ses canonnières, ce qui entraîne les protestations de la cour de Hué. L’amiral-gouverneur Dupré décide alors, pour trouver une solution de compromis, d’envoyer sur place Francis Garnier, simplement accompagné d’une force modeste (de l’importance d’une compagnie).
    20 novembre 1873 : Inquiet des préparatifs guerriers mis en œuvre par les forces annamites commandés par Nguyen Tri Phuong, Francis Garnier prend l’initiative des hostilités et s’empare de la citadelle de Hanoi avant d’entamer la conquête du delta tonkinois mais il est tué dans une embuscade en janvier 1874.
    15 mars 1874 : Un traité est conclu entre la France et l’Annam. Il est signé à Saigon par le lieutenant de vaisseau Philastre. Les Français renoncent à leurs conquêtes du Tonkin et Dupuis doit évacuer Hanoi mais l’Annam reconnaît en contrepartie la pleine souveraineté de la France sur les trois provinces de Cochinchine conquises par l’amiral de La Grandière en 1867. Les ports de Hanoi, Haïphong et Qui Nonh sont ouverts au commerce français et des consuls y sont installés. L’empire d’Annam accepte enfin de conformer sa politique extérieure à celle de la France. Le 31 août suivant, un traité de commerce est signé par l’amiral Krantz.
    Mars 1882 : Le gouverneur Le Myre de Vilers, premier gouverneur civil de Cochinchine, constate l’inéxécution du traité de 1874 et décide d’établir à Hanoi une petite garnison forte de trois compagnies et placée sous les ordres du commandant Rivière qui s’empare de la ville le 27 avril.
    19 mai 1883 : Encerclé par les forces chinoises infiltrées dans le bassin du fleuve Rouge, le commandant Rivière trouve la mort au cours d’une tentative de sortie. C’est un casus belli pour la France et Jules Ferry décide de l’envoi en Indochine d’un corps expéditionnaire appelé à agir en Annam et au Tonkin.
    17 juillet 1883 : Mort de l’empereur d’Annam Tu Duc. Son successeur, le prince Hiep Hoa, suspect de sympathies profrançaises, est contraint de s’empoisonner en 1884. Il est remplacé par Kien Phuoc dont le règne est tout aussi éphémère. Le pouvoir appartient en réalité à deux régents, Ton That Tuyet (très hostile aux Français) et Nguyen Van Tuong.
    25 août 1883 : Le gouvernement annamite signe avec la France le traité Harmand reconnaissant son protectorat.
    11 mai 1884 : Après une campagne qui a permis d’obtenir la reddition des places du delta tonkinois (dont Sontay, Bac Ninh et Thai Nguyen), le traité de Tien Tsin oblige les Chinois à se retirer complètement du Tonkin.
    6 juin 1884 : Le traité Patenôtre signé à Hué précise les conditions d’application du protectorat et le rôle du résident français en Annam.
    31 juillet 1884 : C’est un enfant de douze ans, Ham Nghi, qui accède au trône mais ce sont les régents qui conservent la réalité du pouvoir.
    1885 : L’incident de Bac Lé survenu en juin 1884, consécutif au retrait incomplet des troupes chinoises, conduit Jules Ferry à exiger du gouvernement de Pékin, sous la forme d’un ultimatum, une lourde imdemnité. Une fois expiré le délai fixé, la flotte de l’amiral Courbet bombarde Fou Tchéou alors que le corps expéditionnaire du général Brière de l’Isle marchant vers le nord s’empare de Langson, sur la frontière chinoise, le 13 février 1885. Pendant qu’une partie des forces françaises se porte au secours du commandant Dominé assiégé dans Tuyen Quang, le général de Négrier est grièvement blessé lors du combat de Hoa, ce qui conduit son subordonné, le colonel Herbinger, à ordonner une retraite totalement injustifiée. Quand la nouvelle arrive à Paris, cet épisode mineur est transformé par la presse et l’opposition parlementaire en « désastre de Langson » et se révèle fatal, le 30 mars, au cabinet Jules Ferry. En fait, rien n’était compromis au Tonkin et les victoires remportées par l’amiral Courbet à Formose et aux iles Pescadores obligent le gouvernement de Pékin à traiter rapidement.
    9 juin 1885 : Deuxième traité franco-chinois de Tien Tsin. Il reconnaît le protectorat français sur l’Annam et le Tonkin.
    5 juillet 1885 : Le régent Ton That Thuyet fait attaquer sans succès la concession française de Hué, défendue par le général de Courcy ; le régent et le jeune empereur prennent alors le maquis mais le premier gagne rapidement la Chine, dans l’espoir d’y trouver des soutiens. Les Français en profitent pour installer sur le trône en 1886 un autre prince de la lignée royale, Dong Khanh.
    1886 : Paul Bert remplace le général de Courcy comme résident général de l’Annam et du Tonkin. Soucieux de réussir la pacification, il crée un conseil des notables et cherche à rétablir les structures administratives locales, passées désormais sous contrôle français. Il obtient de la cour de Hué la nomination d’un vice-roi au Tonkin. Vaincu et arrêté en 1888, l’ex-empereur Ham Nghi est exilé en Algérie. La résistance cesse alors en Annam mais la pacification sera plus longue à obtenir au Tonkin où les bandes des Pavillons Noirs ajoutent le banditisme aux manifestations de résistance nationale. La mise en valeur du pays et l’installation d’infrastructures modernes (télégraphe, voie ferrée) – combinées avec les opérations proprement militaires – permettent cependant à une pléiade de grands chefs tels que Pennequin, Gallieni et Lyautey d’accomplir efficacement leur mission.
    1887 : Constitution administrative de l’Union indochinoise par le rattachement au ministère de la Marine et des Colonies de l’Annam et du Tonkin, qui dépendaient jusque là des Affaires étrangères. Ces deux pays sont alors placés, avec la Cochinchine et le Cambodge, sous l’autorité d’un gouverneur dépendant du ministère des Colonies. Un cinquième territoire, le Laos, sera rattaché à cet ensemble en 1897, à l’issue des voyages d’exploration menés par Auguste Pavie dans cette région centrale et longtemps inconnue de la péninsule indochinoise.
    1887 : Mise en exploitation des mines de charbon ciel ouvert de Hongay, au Tonkin.
    1889-1907 : Règne de Thanh Thai, qui est finalement destitué et exilé à la Réunion. Son successeur, Duy Tan, connaîtra le même sort en 1916.
    1891-1894 : De Lanessan exerce les fonctions de gouverneur général.
    1892-1897 : Les dernières résistances armées sont vaincues au Tonkin, d’abord dans le delta, puis dans les périphéries montagneuses.
    1897-1902 : Gouvernement de Paul Doumer. Il se consacre au développement économique de l’Indochine mais substitue l’administration directe au système de protectorat prévu par les traités.
    1897 : Le pharmacien de Marine Raoul rapporte de Malaisie à Saigon deux mille plants d’hévéa qui seront à l’origine de la production locale de caoutchouc, entamée en 1898 par le planteur Berland qui réalise sa première récolte dès 1905. Du fait de la demande mondiale, la nouvelle culture connaîtra un essor très rapide au cours des années 1920.
    26 juillet 1897 : Disparition de la fonction de vice-roi du Tonkin qui maintenait l’illusion d’une souveraineté de l’empereur d’Annam. Il est remplacé par un résident français au Tonkin qui prend le contrôle de toute l’adminsitration locale. Le pouvoir traditionnel des mandarins est progressivement annihilé.
    Octobre 1897 : Le gouverneur décide la disparition du conseil impérial traditionnel, remplacé par un conseil des ministres présidé par le résident supérieur français en Annam.
    1898 : Le gouvernement de Hué perd le pouvoir de percevoir l’impôt, désormais levé par l’administration française. Une liste civile est accordé à l’empereur Thanh Thai, désormais privé de tout pouvoir réel. Des fonctionnaires français du Corps des services civils de l’Indochine sont investis des diverses responsabilités administratives. Des services généraux chargés des douanes, de l’agriculture, des grands travaux ou du commerce sont créés pour l’ensemble de l’Indochine qui se voit également attribuer un budget propre, alimenté par les régies de l’alcool et du sel ainsi que par diverses taxes et droits de douane. Le bilan économique se révèle positif, d’autant que sont entrepris de grands travaux d’infrastructure : pont Paul-Doumer de Hanoi, Transindochinois et ligne de chemin de fer du Yunnan, aménagement des ports, grands travaux d’urbanisme à Hanoi, grandes entreprises d’aménagement hydraulique dans le sud…) L’œuvre culturelle du gouverneur Paul Doumer n’est pas moindre, marquée par l’institution de grands services chargés de différents domaines (géographie, météorologie, géologie...), par la création d’une faculté de médecine et par celle de l’Institut français d’Extrême-Orient.
    1904-1905 : Guerre russo-japonaise. La victoire nippone sur l’Empire russe contribue à l’éveil d’une réaction nationaliste dans tous les pays d’Asie orientale. Au Vietnam, quelques lettrés occidentalisés font le choix de partir au Japon pour y appeler au réveil de l’Asie. Ils emmènent avec eux le prince Cuong Dê, un descendant de l’empereur Gia Long.
    1906 : Création près de Hanoi d’une école où des professeurs vietnamiens enseignent le français et les sciences. En 1907, le gouverneur général Beau fonde la première Université indochinoise qui doit contribuer à la diffusion de la culture française dans les élites indigènes.
    1908 : Un mouvement de rébellion mêlant lutte nationale et banditisme affecte l’ensemble du Tonkin.
    1911 : Nomination d’Albert Sarraut comme gouverneur général. Il exerce ces fonctions jusqu’en 1914, multiplie écoles et hôpitaux, développe le réseau routier et ouvre aux indigènes l’enseignement secondaire. Il abolit dans le même temps les concours littéraires propres à la culture mandarinale (le dernier a lieu à Nam Dinh en 1915).
    1914-1918 : La France fait venir en métropole environ cent mille Vietnamiens qui, dans le cadre de l’effort de guerre, sont surtout employés comme ouvriers. 1916 : Albert Sarraut occupe de nouveau le poste de gouverneur général. Complot du roi Duy Tham monté sur le trône en 1907, qui est déposé et exilé à la Réunion.
    1916-1925 : Règne de l’empereur Khai Dinh.
    1918 : Création à Hanoi de l’Université indochinoise.
    1925-1928 : Alexandre Varenne exerce les fonctions de gouverneur général. Il crée une chambre des représentants du peuple en Annam et au Tonkin et recrute des Vietnamiens comme cadres dans la fonction publique. Il prend des mesures sociales de protection de la main d’œuvre des plantations et institue en 1926 un Crédit populaire agricole visant à mettre fin aux pratiques usuraires qui ruinaient les petits paysans. Ces réformes suscitent l’hostilité des tenants de la colonisation et cette politique ne connaît pas le développement espéré par son initiateur.
    1925 : Bui Quang Chieu et Nguyen Phan Long fondent le parti constitutionnaliste en Cochinchine et adressent au gouverneur Varenne le Cahier des vœux annamites. Leurs revendications sont modérées, tout comme celles formulées par deux journalistes tonkinois, Pham Quynh et Nguyen Van Vinh. Ces opposants réclament des réformes et demandent qu’une plus grande place soit faite aux élites indigènes et que soient appliqués honnêtement les traités de protectorat.
    1930 : Fondateur du parti national du Vietnam en 1927, Nguyen Thai Hoc déclenche dans la nuit du 10 février, dans la haute vallée du fleuve Rouge, l’insurrection de la garnison de Yen-bai. Quelques attentats sont également perpétrés à Hanoi et des grèves éclatent dans les plantations de coton et d’hévéa. Ce mouvement est rapidement réprimé. L’administration française n’eut pas à faire face à d’autres soulèvements jusqu’à la seconde guerre mondiale. À cette époque, c’est en URSS et en France, dans le cadre du Parti communiste, que sont formés les futurs cadres révolutionnaires. C’est notamment le cas de Nguyen Ai Quoc, le futur Ho Chi Minh, né en 1890 dans une famille de lettrés et parti en 1911 pour s’employer sur des paquebots ; il est ainsi passé en de nombreux pays dont les USA et l’Angleterre où il séjourne avant de s’installer à Paris en 1919. Présent au congrés de Tours en décembre 1920, il représentera le Parti communiste au congrès de l’Internationale paysanne de Moscou en 1923 avant de gagner Canton où le leader nationaliste Phan Boi Chau avait attiré de nombreux intellectuels vietnamiens hostiles à la colonisation française. Communiste et proche de Borodine, le représentant de la IIIe Internationale, il y fonde, en 1925, avec Pham Van Dong un parti nationaliste, l’Association de la jeunesse révolutionnaire vietnamienne (Thanh Nien) proche des communistes. En février 1930, après avoir quitté la Chine où les nationalistes se sont retournés contre les communistes, il sera le fondateur à Hong Kong du Parti communiste vietnamien, qui prendra quelques mois plus tard le nom de Parti communiste indochinois.
    1930 : Création de l’Office indochinois du riz, qui développe la recherche agronomique et permet ainsi l’augmentation des rendements.
    1932 : Avènement du jeune empereur Bao Dai, après une régence de sept ans. Il appelle à la commission des réformes un jeune ministre, Ngo Dinh Diem, issu d’une famille mandarinale convertie au catholicisme, mais celui-ci renonce en 1933 devant l’hostilité des autorités coloniales.
    1936 : La victoire remportée en France par le Front populaire permet au Parti communiste indochinois de sortir de la clandestinité et des hommes tels que Vo Nguyen Giap et Pham Van Dong, qui compteront parmi les principaux acteurs de la lutte d’indépendance engagée en 1945, peuvent alors s’exprimer dans la presse. À la veille de la seconde guerre mondiale, le bilan de la colonisation française présente des aspects incontestablement positifs sur le plan économique, bien que le Vietnam ait subi alors les effets de la crise mondiale des années trente. En Cochinchine, la superficie des espaces cultivés en riz est passée de 522 000 hectares en 1880 à 2 200 000 hectares en 1937. Elle a donc plus que quadruplé en une soixantaine d’années et permis l’autosuffisance alimentaire du Sud mais également d’importantes exportations. Les gains de surface agricole sont moins importants au Tonkin ou en Annam faute de nouveaux espaces disponibles dans des régions densément peuplées et exploitées depuis longtemps. La culture de l’hévéa, qui s’est installée sur les espaces antérieurement forestiers, est un succès incontestable ainsi que l’exploitation des ressources charbonnières du Tonkin. La période coloniale correspond au début de la révolution démographique, conséquence de l’augmentation des ressources alimentaires et de la révolution médicale marquée par le développement des campagnes de vaccination et par la lutte contre la lèpre et la malaria. Le population a triplé en un demi-siècle, ce qui n’est pas sans conséquence au Tonkin où, faute de pouvoir développer dans les mêmes proportions les ressources alimentaires, la misère paysanne persiste. Les cadres sociaux traditionnels sont également bouleversés alors que s’accroît rapidement la masse des salariés qui, chassés par l’exode rural, sont venus s’employer sur les plantations d’hévéa, dans les grandes propriétés agricoles qui se constituent alors ou dans les mines et les usines qui commencent à apparaître

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 10:20 | | Répondre
  • Le bonheur cambodgien

    Crimes du régime Khmer rouge.
    Wikipedia


    Les crimes du régime Khmer rouge sont l'ensemble des meurtres, massacres, exécutions et persécutions ethniques, religieuses ou politiques appliquées par le mouvement communiste désigné sous le nom de Khmers rouges, qui contrôla le Cambodge de 1975 à 1979. Durant quatre ans, les Khmers rouges, dont le chef principal était Pol Pot, dirigèrent un régime connu sous le nom officiel de Kampuchéa démocratique, qui soumit la population à une dictature d'une rare violence et dont la politique causa au minimum plusieurs centaines de milliers de morts.

    Les crimes commis au Kampuchéa démocratique sont souvent désignés sous le nom de génocide cambodgien, bien que la qualification de génocide ne soit pas, pour le Cambodge, reconnue sur le plan international. Il n'existe pas de consensus sur le nombre total de victimes ; les estimations varient entre 250 000 et 3 100 000 morts entre avril 1975 et janvier 1979, soit entre 10 et 40 % de la population.
    Sommaire

    1 Avant la prise du pouvoir
    2 Évacuation des villes et déportations
    3 Oppression de la population
    4 Famines
    5 Persécutions raciales et religieuses
    6 Prisons et centres de torture
    7 Qualificatif de génocide
    8 Bilan
    9 Bibliographie
    10 Filmographie
    11 Notes et références
    12 Voir aussi
    12.1 Articles connexes
    12.2 Liens externes

    Avant la prise du pouvoir

    Durant la guerre civile cambodgienne, les Khmers rouges prennent progressivement le contrôle du territoire cambodgien et, avant même leur victoire finale, appliquent des mesures radicales à leurs ennemis réels ou supposés. Dans les territoires « libérés » par les Khmers rouges apparaissent des « centres de rééducation » où sont enfermés, au départ, les soldats de l'armée de la République khmère, mais également leurs familles, enfants inclus, ainsi que des moines bouddhistes, et des voyageurs « suspects ». Dans un des camps, fondé en 1971 ou 1972, mauvais traitements et maladies déciment bientôt la plupart des détenus, et la totalité des enfants. De nombreuses exécutions — jusqu'à trente par jours — visent également les prisonniers. Plus d'une dizaine de milliers de personnes semble avoir été massacrée lors de la prise de la ville d'Oudong, et des déportations de civils débutent dès 19731.

    À partir de 1971, les Khmers rouges imposent dans les zones sous leur contrôle une politique de collectivisation radicale. En 1973, ils commencent à procéder à des massacres pour imposer leur autorité, s'en prenant notamment aux militants membres de minorités ethniques (de souche lao, ou khmer Krom) formés à Hanoï et revenus du Nord Viêt Nam pour participer à l'insurrection. Pol Pot fait ainsi tuer une partie des anciens Khmers issarak venus rejoindre l'insurrection et jugés trop proches du Nord Viêt Nam2. Dès 1973, les Khmers rouges se heurtent à leurs alliés théoriques, les Khmers rumdos — partisans de Sihanouk membres du Front uni national du Kampuchéa — et assassinent plusieurs de leurs cadres. Le nettoyage de la Zone Ouest, dont la direction politique est jugée trop peu docile par rapport au Centre, est lancé en 19743. Plusieurs secteurs de la Zone Nord-Est, notamment les cadres rebelles d'ethnie lao, sont purgés avec la même brutalité en 19734.

    Au début de l'année 1975, le « Centre » — expression désignant l'organe de direction des Khmers rouges, soit le Parti communiste du Kampuchéa, dit également Angkar, l'Organisation — décide lors d'une réunion d'évacuer la population de Phnom Penh, une fois qu'elle aurait été prise. Hou Yuon, l'un des dirigeants du mouvement, se déclare hostile à ce plan et s'oppose à Pol Pot ; il « disparaît » ensuite définitivement5.
    Évacuation des villes et déportations

    Au matin du 17 avril 1975, les soldats des Forces armées populaires de libération nationale du Kampuchéa (FAPLNK, nom officiel des troupes khmères rouges) entrent dans Phnom Penh. Dans l'après-midi, l'ordre d'évacuation de la capitale commence à être mis à exécution : les soldats passent de maison en maison et annoncent aux habitants qu'ils vont devoir quitter leurs maisons « pour deux ou trois jours seulement », afin d'échapper à un prochain bombardement de la ville par les États-Unis6. Souvent sous la menace, les habitants de la capitale, soit environ deux millions de personnes dont beaucoup de paysans réfugiés en ville pour échapper à la guerre, doivent quitter leurs logements, dans l'urgence et dans des conditions désastreuses. Entre 15 000 et 20 000 malades sont tirés des hôpitaux; certains doivent être poussés sur la route par leurs familles, sur leurs lits roulants7. D'autres, qui ne sont pas en état de partir, sont achevés à l'arme blanche8. Le cortège des évacués progresse vers le sud sous un soleil de plomb, dans des conditions désastreuses. Pensant partir pour quelques jours, les civils n'ont pas emmené les vivres nécessaires. Les officiers supérieurs de l'ancienne armée de Lon Nol et de la police cambodgienne sont amenés à sortir des rangs, emmenés dans les rizières et exécutés9. Entre 10 00010 et 20 00011 personnes trouvent la mort au cours de l'évacuation de Phnom Penh. Battambang, seconde ville du pays, est évacuée quelques jours plus tard, ainsi que plusieurs gros bourgs de campagne8.

    Le 20 mai, tous les responsables civils et militaires Khmers rouges sont convoqués dans la capitale vidée de ses habitants pour une conférence spéciale, qui se déroule quatre jours durant dans un ancien centre sportif. Pol Pot définit un plan comprenant l'évacuation de la population de toutes les villes, la sécularisation de tous les moines bouddhistes et leur mise au travail dans les rizières, l'exécution de tous les dirigeants du régime de la République khmère et l'expulsion de la minorité vietnamienne du Cambodge. Nuon Chea souligne pour sa part la nécessité, pour construire le « socialisme », de « débusquer » les agents internes de l'ennemi et de « rendre les gens purs », quitte à les tuer s'ils échouent à suivre la ligne définie12. La vie urbaine est vue par les Khmers rouges comme fondamentalement mauvaise, le retour aux champs étant censé renouveler le peuple en le libérant de la corruption moderne13. Pour l'Angkar, les citadins ont eu une vie « facile » alors que les paysans souffraient de la guerre, et sont des « exploiteurs ». Toutes les autres villes du Cambodge sont évacuées dans les semaines qui suivent. Charrettes et voitures sont confisquées, et là aussi les civils doivent se rendre à pieds jusqu'aux coopératives rurales qui doivent constituer leur nouvel habitat. Le nettoyage des centres urbains a notamment pour conséquences de faciliter la constitution d'un pouvoir totalitaire, et de « khmériser » les villes, dont toutes les minorités ethniques non khmères sont chassées14.

    Dans un premier temps, les évacués sont relativement libres de choisir dans quel village ils s'installent, sous réserve de l'accord du chef de la localité : l'appareil Khmer rouge est, en 1975, encore trop faible pour gérer l'énorme flux des citadins. La société et l'équilibre alimentaire des régions rurales du Cambodge sont bouleversés par l'arrivée des ex-urbains, qui font plus que tripler le nombre d'habitants de certaines régions. Si, au début, l'accueil des nouveaux venus n'est pas forcément mauvais, pour peu que les communautés villageoises aient de quoi les accueillir, l'Angkar fait tout pour creuser le fossé entre les groupes sociaux : les nouveaux habitants des zones rurales sont consignés dans des quartiers à part des villages. Quelques mois après leur première déportation, une grande proportion des « Nouveaux » sont déplacés une seconde fois, cette fois sans avoir le choix de leur nouveau lieu d'installation. Les ex-urbains sont ainsi privés de toute possibilité de s'implanter dans leur premier lieu d'affectation et de tisser des liens avec les communautés rurales ; souvent, ils doivent partir une seconde fois sans pouvoir emporter les biens qui leur restent, ni récolter ce qu'ils avaient semé durant les mois précédents. Les transports se font souvent à pied, au mieux en charrette ou dans des trains bondés et extrêmement lents. Les conditions de voyage et la malnutrition entraînent de nouvelles vagues de décès parmi les déportés15.
    Oppression de la population

    Pol Pot et son entourage mettent en place un système social qui met l'ensemble de la population dans une situation proche de l'esclavage, toute forme d'activité étant théoriquement décidée par l'Angkar et soumise à son contrôle16. Progressivement, des repas communautaires obligatoires sont instaurés dans les coopératives agricoles, ainsi que des restrictions rigoureuses sur la vie de famille. La politique du Kampuchéa démocratique prive les paysans cambodgiens de trois des piliers de leur mode de vie, la terre, la famille et la religion. L'ensemble de la population du pays devient une main-d'œuvre corvéable à merci et non payée17. Certaines catégories sociales sont considérées comme suspectes : les « intellectuels » sont parfois pourchassés en tant que tels, et doivent se débarrasser de leurs livres, voire de leurs lunettes, pour échapper aux persécutions. Des professions sont davantage visées que d'autres : la quasi-totalité des photographes de presse cambodgiens disparaît sous le régime du Kampuchéa démocratique18.

    La population cambodgienne est divisée en plusieurs catégories : les anciennes élites du régime de Lon Nol, et ses partisans réels ou supposés deviennent les « déchus », ou le « peuple ancien » ; les habitants des régions prises en 1975 deviennent le « peuple nouveau », ou les « candidats » (à un statut de citoyen). Les seuls citoyens de « plein droit » se trouvent dans le « peuple de base », les habitants des zones tenues depuis plusieurs années par les Khmers rouges19. Les pleins droits reçoivent des rations alimentaires complètes et peuvent occuper des postes politiques dans les coopératives, tandis que les déchus sont derniers sur la liste de distribution des rations, premiers sur la liste d'exécution et n'ont aucun droit politique20.

    Les Cambodgiens perdent toute liberté de déplacement, sont privés de toute possibilité de commerce et de toute médecine digne de ce nom. Le comportement individuel est soumis à des règles strictes, les démonstrations d'affection et de colère étant interdites. Les habitants des campagnes doivent assister à de longues séances d'endoctrinement politique et d'autocritique. Le régime des Khmers rouges fait tout pour desserrer les liens familiaux. Les familles, du fait des hasards de la déportation et des relégations dans des « unités de travail » difficiles à quitter, sont fréquemment séparées. Les structures sociales cambodgiennes traditionnelles sont détruites : les parents se voient retirer l'autorité sur leurs enfants, et les maris sur leurs épouses. Il est possible d'être condamné à mort pour avoir giflé son fils. Toute forme d'expression artistique ou de divertissement, y compris les chants d'amour ou les plaisanteries, est bannie, seuls les chants et poèmes révolutionnaires étant tolérés. La ligne de conduite des autorités khmères rouges est celle d'une déshumanisation totale, d'une négation de la valeur de la vie humaine. L'ensevelissement, sans aucun rite funéraire, remplace la crémation des morts, au mépris de toutes les traditions khmères. Des parents se voient refuser l'autorisation d'aller voir leurs enfants malades à l'hôpital : le survivant Pin Yathay a ainsi raconté qu'il n'a pu rendre visite à son fils mourant et n'a obtenu qu'à grand-peine l'autorisation d'aller voir son cadavre. Aucun appareil judiciaire n'existe au Kampuchéa démocratique, où la moindre infraction ou maladresse – casser un verre, mal maîtriser un buffle pendant les labours – peut être punie de mort. Les rapports sexuels hors mariage sont également strictement interdits21.
    Famines

    Sous les Khmers rouges, le Cambodge connaît des cas de disettes constantes, qui dégénèrent en famines particulièrement meurtrières. Une grande partie de ces famines sont provoquées par l'incompétence de l'administration khmère rouge, mais certaines sont sciemment provoquées ou utilisées par le régime comme moyen de pression sur la population. Le gouvernement de Pol Pot présente en 1976 un plan de quatre ans visant à développer massivement la production et l'exportation de produits agricoles. Tout l'effort est centré sur la production de riz, les autres cultures passant au second plan : la population se voit fixer un quota de trois tonnes de paddy de riz à l'hectare, ce qui représente un triplement par rapport à 1970. Les déportés, dont l'effort nécessaire n'a fait l'objet d'aucune évaluation, sont mis au travail dans des conditions désastreuses, marquées par une sous-alimentation chronique. L'irrigation, indispensable à l'effort de production de riz, est largement défectueuse, une grande partie des canaux et barrages ayant été construits en dépit du bon sens, sous les ordres de cadres Khmers rouges sans formation d'ingénieur. Les conditions des travaux agricoles et leur calendrier sont déterminés de manière centralisée, sans aucun égard pour les conditions géologiques et écologiques locales. Les récoltes sont pour la plupart misérables et les rations alimentaires baissent en proportion. Les Cambodgiens doivent souvent recourir au marché noir pour survivre, cette pratique étant punie de mort : aucune recherche individuelle de nourriture n'est en effet autorisée, les rations décidées par l'Angkar étant décrétées suffisantes. En certains endroits, les arbres fruitiers sont tous coupées pour chasser les oiseaux pilleurs de récoltes, ce qui a pour conséquence de priver la population de toute possibilité de cueillette. Des régions entières souffrent de famine, et des cas de cannibalisme sont observés22. Dans le même temps, la cueillette de fruits est qualifiée de vol de la propriété collective et punie de mort ou d'emprisonnement23,24. Dans certaines zones, le manque de denrées est délibérément utilisé comme arme par le régime pour soumettre ou punir la population : dans la Zone Sud-Ouest, les « peuples nouveaux » font l'objet de persécutions accrues en 1977 et 1978, et le Centre aggrave la famine en augmentant ses réquisitions de riz. Dans cette zone, 20 à 30 % des morts sont dues à la famine25.
    Persécutions raciales et religieuses

    Ben Kiernan souligne le caractère spécifiquement raciste de la politique appliquée par les Khmers rouges à l'égard des minorités ethniques du Cambodge. Les Chams, ethnie musulmane dite « Khmers islam », fait l'objet d'un traitement particulier de la part de Pol Pot, qui les considère comme privilégiés. Si des Chams font initialement partie des Khmers rouges, formant même une faction autonome dans la Zone Est, leur front est dispersé en 1973. Le traitement infligé aux Chams, les arrestations des chefs de village, amènent une partie des Khmers rouges musulmans à se révolter entre 1973 et 1975. Dans différents secteurs, les pratiques religieuses des Chams sont interdites, leurs villages dispersés, et les repas communautaires imposés dans le but apparent de niveler et de faire disparaître leur culture. Y compris dans le contexte de la déportation, les Chams sont tenus à l'écart, et les réfugiés khmers sont incités à se méfier d'eux26.

    Dans la zone Sud-Ouest, dirigée par Ta Mok, la consommation de porc pour les Chams musulmans devient obligatoire27 et leur est imposée deux fois par mois, alors même que l'ensemble du pays souffre de la famine. Les Corans sont brûlés, des dignitaires musulmans exécutés et les mosquées reconverties ou rasées ; le dialecte, les coutumes, les costumes traditionnels chams sont interdits. Des populations chams se révoltent à plusieurs reprises, et subissent des représailles sanglantes. À partir de 1978, les Khmers rouges se mettent à massacrer systématiquement des communautés chams, même en l'absence de rébellion. Ben Kiernan évalue la mortalité des Chams à 50 %, et Marek Sliwinski à 40,6 %28.

    Concernant le bouddhisme (theravāda), religion majoritaire au Cambodge, les Khmers rouges font preuve d'une ambivalence certaine, du moins au tout début de leur régime. La rébellion khmère rouge a bénéficié, durant la guerre civile, du ralliement de certains membres du clergé bouddhiste et la propagande du mouvement en fait état. Néanmoins, dès la réunion du 20 mai 1975 qui suit la chute de Phnom Penh, Pol Pot prévoit la sécularisation forcée de tous les bonzes et leur mise au travail dans les rizières29. La hiérarchie du clergé bouddhiste cambodgien, accusée de « féodalisme » ou de liens avec le régime de Lon Nol, est rapidement victime de purges et plusieurs vénérables sont exécutés. Les moines sont évacués de leurs monastères, souvent surpeuplés, et mis au travail avec le reste de la population urbaine. De nombreux temples sont victimes de vandalisme, bien que davantage de lieux de culte que prévu semblent avoir survécu au régime Khmer rouge30. Les moines bouddhistes sont forcés de se défroquer, ceux qui refusent étant systématiquement éliminés18.

    La communauté catholique du Cambodge, très minoritaire, est proportionnellement l'une des plus touchées parmi les groupes ethniques et religieux : le nombre de « disparus » est évalué à 48,6 %. Souvent citadins, les catholiques ont également le tort d'être, pour une grande partie d'entre eux, d'ethnie vietnamienne, et associés au souvenir de la colonisation française de l'Indochine. La cathédrale de Phnom Penh est le seul édifice de la ville totalement rasé par les Khmers rouges31.

    Le sort des minorités ethniques au Cambodge n'est pas homogène. Jean-Louis Margolin, qui souligne la distinction entre les minorités se trouvant surtout en milieu urbain (Chinois, Vietnamiens) et celles des zones rurales (Chams, Khmers Loeu), estime que les premiers n'ont pas été forcément persécutés en tant que tels, du moins pas avant 197732. Ben Kiernan estime au contraire que les Khmers rouges ont mené « une campagne de génocide contre les Vietnamiens de souche ». Entre mai et septembre 1975, environ 150 000 civils vietnamiens sont expulsés du Cambodge (officiellement rapatriés sur la base du volontariat). Mais l'année suivante, on interdit de quitter le pays à la minorité demeurée au Cambodge. Le 1er avril 1977, une directive du Centre marque un tournant et ordonne aux autorités locales d'arrêter tous les Vietnamiens de souche et de les livrer à la sécurité d'État. Des massacres de centaines de Vietnamiens, parmi les milliers restés au pays, ont lieu durant cette période. Dans les derniers mois du régime Khmer rouge, au moment du conflit contre le Viêt Nam, les Vietnamiens sont systématiquement exterminés en tant que tels. Les Khmer Krom subissent un sort à part : entre 1975 et 1977, ils semblent avoir fait l'objet de massacres ciblés uniquement dans la Zone Sud-Ouest, mais leur répression s'étend après 1977, le Kampuchéa démocratique précisant ses revendications territoriales sur le Kampuchea Krom. Quant aux Chinois, leur communauté aurait perdu plus de la moitié de ses membres, ce qui signifierait qu'elle aurait été plus touchée que les autres populations urbaines (qui perdent environ un tiers de leurs effectifs). La langue chinoise est interdite, de même que toutes les coutumes communautaires chinoises33. On avance 50 % de mortalité pour les quelque 400 000 Chinois du Cambodge, et bien plus pour les Vietnamiens restés après 1975. Marek Sliwinski avance les chiffres de 37,5 % pour les Vietnamiens, et 38,4 % pour les Chinois32. D'autres minorités, parmi lesquelles les personnes d'ethnie thaï, lao, shan et les populations tribales, font également l'objet de massacres, qui n'épargnent pas les cadres Khmers rouges34.

    Sur la dimension spécifiquement raciste de la répression khmère rouge, des points de divergences existent entre spécialistes : tout en soulignant que les Khmers rouges ont usé et abusé d'une rhétorique xénophobe, Jean-Louis Margolin estime que la dimension sociale - de nombreux éléments des minorités, notamment les Chinois et les Vietnamiens, étaient des urbains, souvent commerçants - primait sur la dimension ethnique31. Pour Ben Kiernan, c'est une véritable « obsession raciale » qui a sous-tendu le projet politique de Pol Pot35.
    Prisons et centres de torture
    Cellules à Tuol Sleng.

    Le Kampuchéa démocratique ne compte officiellement pas de prisons. Le pays se couvre néanmoins de « centres de rééducation », souvent installés dans d'anciens temples ou d'anciennes écoles. Jusqu'en 1976, la fonction rééducative semble avoir été relativement prise au sérieux, et 20 à 30 % des détenus finissent par être libérés. Ensuite, leur situation empire nettement. Les Cambodgiens peuvent être arrêtés sous le moindre prétexte, allant du vol (ce qui inclut le chapardage ou la cueillette de fruits pour échapper à la faim) aux propos « subversifs », en passant par les simples manifestations d'impatience, les relations sexuelles hors mariage ou une simple origine sociale « impure ». L'usage de la torture est généralisé. Le centre de détention le plus connu est la prison de Tuol Sleng, connu sous le nom de code S-21. Ancien lycée, Tuol Sleng est placé directement sous le contrôle du « Centre » - soit du Parti communiste du Kampuchéa - et placé sous la responsabilité de Kang Kek Ieu (alias Douch), responsable de la police politique, le Santebal. En tant que prison du comité central, S-21 accueille tout particulièrement les anciens cadres khmers rouges disgraciés : entre 14 000 et 20 000 personnes environ, dont quelque 1 200 enfants, y trouvent la mort, avec parfois plusieurs centaines d'exécutions par jour36. Seules six ou sept personnes survivent à S-21, sauvés par leurs talents, tels que la sculpture ou la peinture. À leur arrivée en 1979, les Vietnamiens découvrent à Tuol Sleng les corps d'une cinquantaine de prisonniers, que les Khmers rouges ont exécutés avant de prendre la fuite37.
    Qualificatif de génocide

    Les crimes commis par les Khmers rouges sont souvent qualifiés de génocide ; les massacres s'étant déroulés sous leur régime ne sont cependant pas reconnus comme faisant partie des quatre types de génocides (s'appliquant aux groupes nationaux, ethniques, raciaux ou religieux) reconnus par l'ONU. Jean-Louis Margolin souligne que la difficulté dans l'emploi du terme génocide vient de ce que la plupart des victimes étaient elles-mêmes des Khmers, les minorités ethniques n'ayant représenté qu'une part limitée des victimes. Pour Margolin, les Vietnamiens peuvent être considérées comme ayant subi des persécutions raciales, mais la foi islamique des Chams semble avoir surtout été persécutée du fait de ses vertus de résistance. Si les actes de Pol Pot et de son régime entrent sans difficulté dans la catégorie des crimes de guerre, la qualification de génocide est plus problématique selon l'importance que les spécialistes accordent ou non à l'aspect racial des massacres commis au Cambodge. Certains auteurs ont proposé le terme de politicide, pour qualifier un massacre de type génocidaire, commis non sur des bases raciales, mais politiques. Jean-Louis Margolin note à ce propos la tendance des Khmers rouges à « racialiser » l'ennemi de classe, en considérant certaines catégories sociales comme criminelles par nature et par hérédité38. Ben Kiernan insiste au contraire pour sa part sur le caractère spécifiquement racial de nombreuses persécutions, qu'elles touchent des groupes religieux, ethniques ou nationaux39.

    Philip Short, biographe de Pol Pot, estime pour sa part que le terme de génocide a été surtout utilisé par facilité du fait de l'ampleur et de l'horreur des massacres commis : pour lui, les Khmers rouges sont « innocents » du crime de génocide, leurs actes relevant de la définition du crime contre l'humanité40. Ben Kiernan conteste l'interprétation de Short et lui reproche d'ignorer les aspects ethniques de la politique des Khmers rouges, ainsi que sa propension à s'appuyer sur des sources khmères rouges41.
    Bilan

    Le nombre total de victimes du Kampuchéa démocratique reste sujet à débat, et ne peut être calculé que par déductions et estimations à partir des données démographiques existantes, variant entre 250 000 et 3 100 000 morts entre avril 1975 et janvier 1979, soit entre 10 et 40 % de la population cambodgienne42,43.

    Le Programme d'Étude sur le génocide cambodgien de l'Université Yale évalue le nombre de morts à environ 1 7 million44, soit 21% de la population cambodgienne de l'époque. Ben Kiernan rapporte différentes estimations du nombre de morts : lui-même, après la chute du régime Khmer rouge, est arrivé à une première estimation d'environ 1 500 000 morts. Michael Vickery s'en tient à l'estimation basse de 740 000 morts, sur la base d'estimations démographiques différentes de celles de Kiernan45. Une estimation haute porte le nombre de victimes à 2 200 000 morts46, sur une population d'environ 7 890 000 habitants à l'époque. Philip Short note la difficulté d'établir une estimation exacte, du fait des « disparités considérables » selon les zones et de la sur-représentation des citadins (principales victimes du régime) dans les études et de l'incertitude de la démographie du Cambodge dans les années 1970. Lui-même estime le nombre de morts à 1 5 millions42. Selon Noam Chomsky, le bilan des années Pol Pot est à mettre en perspective avec le bilan de la période République Khmère, sous le régime de Lon Nol avec l'appui par la CIA (1970-1975) : 600 à 700.000 victimes47.

    Les atrocités commises par les Khmers rouges prennent fin au début de 1979 lorsqu'ils sont chassés du pouvoir par l'invasion vietnamienne du Cambodge. La dénonciation de la « clique génocidaire Pol Pot-Ieng Sary » est l'un des thèmes principaux, sinon l'unique fondement politique, de la propagande du régime de la République populaire du Kampuchéa, mis en place par le Viêt Nam. Les communistes cambodgiens du Parti révolutionnaire du peuple du Kampuchéa, eux-mêmes composés pour partie d'anciens khmers rouges, sont ainsi les premiers à utiliser le terme de « génocide » pour qualifier les actes du régime de Pol Pot, dont ils souhaitent avant tout se démarquer. La République populaire du Kampuchéa et le Viêt Nam ont avancé, pour évaluer les crimes du Kampuchéa démocratique, le chiffre de 3 100 000 victimes43.

    Malgré son renversement, le mouvement khmer rouge continue d'exister et de mener une guérilla contre le gouvernement pro-vietnamien], semant la terreur dans certaines régions et continuant de s'en prendre aux Vietnamiens de souche48. Les dirigeants khmers rouges ne reconnaissent aucun massacre de grande ampleur, Pol Pot déclarant en 1979 que « seuls quelques milliers de Cambodgiens ont pu mourir suite à des erreurs dans l'application de notre politique consistant à donner l'abondance au peuple » et Khieu Samphân parlant en 1987 de 3000 victimes d'« erreurs », de 11 000 exécutions d'« agents vietnamiens » et de 30 000 assassinats par des « agents vietnamiens infiltrés »49. En 1998, lors de leur reddition, Khieu Samphân et Nuon Chea expriment leur regret que tant « d'êtres » aient péri sous le régime du Kampuchéa démocratique50. Nuon Chea est le seul ancien dirigeant khmer rouge à avoir publiquement évoqué les massacres du régime. Dans un documentaire réalisé Thet Sambath Britannique Rob Lemkin, l'ancien « Frère n°2 » mentionne l'élimination de « criminels » impossibles à « rééduquer », commentant : « Si nous les avions laissés vivre, la ligne du parti aurait été détournée. Ils étaient des ennemis du peuple »51.

    Pol Pot, mis en détention par ses propres hommes en 1997, est mort l'année suivante sans avoir eu à répondre des crimes commis sous son régime. Ce n'est qu'à partir de 2004 que les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens ont été mises en place, sous la pression internationale, pour juger les responsables khmers rouges. Capturé en 1999, Ta Mok est mort en prison en 2006, avant de pouvoir être jugé. Le premier responsable khmer rouge à passer en jugement a été Kang Kek Ieu alias « Douch », condamné en 2010 à 30 ans d'emprisonnement. Arrêtés en 2007, Khieu Samphân, Nuon Chea, Ieng Sary et Ieng Thirith ont été inculpés pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Leur procès s'est ouvert le 27 juin 201152. Ayant fait appel de sa condamnation, « Douch » a été à nouveau condamné le 3 février 2012, mais cette fois à la prison à vie5

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 10:24 | | Répondre
  • L'Illusion de la bipartition

    Proposition de partition de l'Algérie (1961)
    Wikipedia
    En août 1961, le député UNR Alain Peyrefitte rédige un rapport sur un projet de partition de l'Algérie113, 1964
    Article connexe : Sécession (politique).

    Le premier ministre Michel Debré évoque la partition de l'Algérie, comme dernier recours, dans la déclaration à l'Assemblée nationale du 28 juin 1961114. Il argumente sur la « séparation » en s'appuyant sur l'exemple d'autres partitions réussies faisant implicitement référence à Israël.

    « S'il devait arriver que toutes les voies raisonnables apparussent comme fermées il faudrait en tirer la leçon. Sur la carte sont déjà dessinées les portions de territoire où l'emporte la population d'origine européenne. Faute de la coopération et de l'association, la sécurité, non seulement de cette population mais aussi de celle de la population musulmane résolue à demeurer à nos côtés, ne serait alors assurée que par la séparation et une organisation autonome, le reste des habitants vivant désormais sans que la France ait à y pourvoir. Une telle séparation ne serait point du tout un phénomène nouveau dans le monde et notre siècle en donne maints exemples. Il est même arrivé que ce soit au bénéfice de populations de religion musulmane et afin d'éviter qu'elles ne soient livrées à d'autres en qui elles ne pouvaient se confier, que des divisions géographiques ont été pratiquées et ont réussi. […] Le risque de sécession et de partage n'est pas notre fait. Si tous ceux qui parlent de l'Algérie avaient le même souci de son avenir que nous-mêmes, et comprenez que rien ne s'édifie sans la fraternité, alors l'affaire serait gagnée pour le plus grand bien de tous. »

    Les annonces de Paris ont des répercussions en Algérie, le FLN hostile à l'idée de partition organise une manifestation le 5 juillet 1961.

    En août 1961, le député UNR Alain Peyrefitte émet à son tour la proposition d'une partition de l'Algérie. Hubert Beuve-Méry directeur du journal Le Monde publie le projet de Peyrefitte dans quatre éditions de son journal à la fin septembre 1961. Le président Charles de Gaulle reçoit Alain Peyrefitte à l'Élysée le 19 novembre 1961 et lui commande un rapport sur sa proposition. Peyrefitte énumère quatre points113 :

    « 1. On regroupe entre Alger et Oran tous les Français de souche, avec tous les musulmans qui se sont engagés à nos côtés et veulent rester avec nous.
    2. On transfère dans le reste de l'Algérie tous les musulmans qui préfèrent vivre dans une Algérie dirigée par le FLN.
    3. On garde un libre accès au Sahara, qui doit devenir un territoire autonome par rapport aux deux premiers.
    4. Tout le reste est négociable. On pourra partager Alger, comme Berlin ou Jérusalem : la Casbah d'un côté, Bab El-Oued de l'autre, une ligne de démarcation au milieu. »

    Ce à quoi le président de Gaulle lui répond113, révélant ainsi une partie du contenu de son entretien avec le premier ministre d'Israël le 5 juin 1961115 :

    « En somme, vous voulez faire un Israël français. C'est ce à quoi voulait me pousser Ben Gourion, quand il est venu me voir. Mais il m'avait bien averti : « Ça ne marchera que si vous envoyez en masse d'autres colons français, s'ils s'installent définitivement, et s'ils s'engagent comme soldats pour combattre. » Vous imaginez ça ! Les pieds-noirs veulent que notre armée les défende, mais ils n'ont jamais éprouvé le besoin de se défendre eux-mêmes ! Vous les voyez se poster à leurs frontières pour prendre la relève de l'armée française ? »

    Il met fin à la conversation en rejetant définitivement la proposition dévoilant par la même occasion son anticolonialisme et son projet de rapatriement des colons européens113 :

    « Si nous suivons votre solution, nous dresserons la Terre entière contre nous. Le tiers-monde va se solidariser avec les Arabes. Nous aurons créé un nouvel Israël. Tous les cœurs, dans le monde arabe, en Asie, en Amérique latine, battront à l'unisson des Algériens. Les Juifs ont une bonne raison : c'est sur cette terre qu'ils ont eu leurs racines, bien avant les Arabes ; et ils n'ont pas d'autre foyer national. En Algérie, les Arabes ont l'antériorité ; tout ce que nous avons fait porte la tache ineffaçable du régime colonial ; le foyer national des Français d'Algérie, c'est la France. »

    Des responsables nationalistes de l'OAS souhaitent négocier avec de Gaulle les modalités de la partition de l'Algérie, mais l'état-major de l'OAS refuse et fait exécuter deux chefs partitionnistes ; ce qui met fin au débat idéologique au sein de l'organisation116.

    Pour Maurice Allais, si la solution de la partition, dont on a souvent dressé des « images caricaturales », a rencontré peu de faveur, c'est pour la seule raison qu'elle a été farouchement rejétée par les extrémistes des deux camps. Selon lui, cette partition était « cependant la seule solution raisonable »1

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 10:43 | | Répondre
  • ENFIN UN POINT COMMUN

    LE FLN ASSOCIE A L'ARMEE COLONIALE FRANCAISE POUR LUTTER CONTRE LES COMMUNISTES.
    LES COMMUNISTES ETAIENT L'ENNEMI COMMUN DU FLN ET DE L'ORDRE COLONIAL
    Wikipedia
    En 1956, Henri Maillot est affecté au 57e bataillon de tirailleurs de Miliana, avec le grade d'aspirant. Le 4 avril 1956, il déserte et détourne un camion d'armes et de munitions pour rejoindre un groupe de maquisards communistes qui s'était constitué dans la région d'Orléansville sous la responsabilité d'un membre du Bureau clandestin du PCA, Abdelkader Babou. Quelques jours plus tard, il adresse aux rédactions des journaux français une lettre où il écrit notamment :
    « Au moment où le peuple algérien s'est levé pour libérer son sol national du joug colonialiste, ma place est aux côtés de ceux qui ont engagé le combat libérateur ».
    Rivalité avec le FLN

    Le FLN se méfie des groupes armés qu'il ne contrôle pas. Belkacem Bouchafa, responsable des réseaux FLN d'Alger, raconte en 1986 : "Dès que la presse a parlé du vol du camion d'armes nous avons donné pour instruction de rechercher les auteurs de ce détournement pour pouvoir récupérer les armes et éventuellement les neutraliser. Ces armes étaient destinées à armer des groupes qui, plus tard, risquaient d'être des adversaires. Les éléments communistes étaient recherchés par les autorités coloniales et par nous-mêmes : c'était à celui qui les découvrirait le premier. C'était une course de vitesse".
    Maquis rouge

    Le 22 mai 1956 Henri Maillot est condamné à mort par contumace pour trahison par le tribunal militaire d'Alger. Le 5 juin 1956, le groupe de huit maquisards du "maquis rouge" que commande Henri Maillot est surpris par les troupes françaises près de Lamartine (aujourd'hui El Karimia) dans la région d'Orléansville (aujourd'hui Chlef). Trois membres du groupe sont tués au combat : Belkacem, Hammi et un Européen, Maurice Laban, membre du Parti communiste algérien, ancien combattant de la guerre d'Espagne et ancien Résistant5. Henri Maillot, quant à lui, est pris vivant puis confié aux Gendarmes mobiles. Après deux heures de tortures on lui dit de filer. Il part à reculons en criant « Vive le Parti communiste algérien ! » et s'écroule sous une rafale7.
    LA CORVEE DE BOIS ETAIT POUR TOUT LE MONDE

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 10:56 | | Répondre
  • Algérie mortifere

    " LA VIE QU'UN EUROPEEN MENE A ALGER EST DES PLUS TRISTES "
    ..." Quelle est donc votre existence dans une ville, où il ne vous est pas possible d'échanger en sûreté une parole ; où vous êtes obligé de céder le haut du pavé aux bêtes de somme ; où les femmes en passant vous honorent du signe du capricorne ; où les marabouts insistent pour vous faire circoncire ? "... PANANTI. (P. 240).

    ..." La vie qu'un Européen mène à Alger est des plus tristes. La vue de ses frères dans les chaînes l'afflige continuellement ; et lui-même est sans cesse exposé à mille dangers qui tiennent au défaut de civilisation du gouvernement et à la chance probable qu'il peut offenser un fidèle. En général, cette prétendue injure est suivie d'une forte bastonnade qu'on administre au Nazaréen. On a souvent encore vu un marabout enthousiaste insister, d'après les motifs les plus insignifiants, pour faire circoncire un chrétien, et le forcer à prendre le turban. II est fort difficile d'échapper à un semblable appel ; et s'il arrive par hasard qu'un chrétien rencontre quelques processions religieuses des fidèles, il est à peu près sûr de subir le martyre. Qu'un chrétien se trouve à la porte d'un Maure, quand celui-ci sort de sa maison, la jalousie s'éveille aussitôt ; et il n'est pas besoin d'une forte excitation pour qu'un coup de poignard soit donné. Si vous êtes trouvé dans les rues un peu tard la nuit, vous êtes arrêté et conduit devant le cadi. Etes-vous avec de jeunes Turcs, ils s'a-musent à vous donner le nom de cornutos ou de chien sans foi, et vous entendez répéter que les vrais croyants seront sur des lits de rose avec de célestes houris, pendant qu'au contraire' les chrétiens et les Juifs seront étendus sur des charbons brûlants. Les femmes aussi ne veulent point perdre une occasion de s'égayer à vos dépens ; en passant devant vous, elles vous jettent un regard très signifiant, et ont bien soin de mettre leurs belles maires sur leurs fronts, de manière que vous ne doutiez pas qu'elles vous font les cornes "... PANANTI. (P. 237-23.

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 11:51 | | Répondre
  • LE MAL ABSOLU EST LE PETROLE
    LE BOULET ABSOLU EST L'ALGERIE
    VIVEMENT LA FIN DU PETROLE
    ON VA RIRE

    Ce capitalisme américain et anglais était concerné par la prédation des matières premières en Algérie sans se soucier du sort et du développement des Algériens.
    Les Américains ont soutenu le FIS pour avoir des marchés en Algérie et ils s’étonnent que l’Algérie ne soit pas tombée lors du « Printemps arabe ».
    Les Américains rêvent d’installer un Emirat islamaique en Algérie, anti-Européen et bien sûr très anti-Français.
    Et on va voir le gouvernement algérien demander à ces sales infidèles de Français de les épauler tout en reconnaissant que la France est le plus grand pays colonialiste criminel au monde (en attendant de les soumettre à l’Islam ».
    Si la France ne bouge pas, elle sera responsable
    de la naissance d'un émirat en Algérie et sera
    accusée de complicité des crimes des Islamistes.
    Mais surtout pas les Américains.
    Comme disait Mitterrand ce "Jaurès à l'Echelle planétaire": "Les Arabes ne comprennent que les coups de bâton".
    re resresponsable de l’Islamisme en Algérie.

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 13:04 | | Répondre
  • L'AMERIQUE ARRIVE EN ALGERIE

    Ferhat Mehenni se réunit avec des juifs à l’ambassade d’Israël à Paris »

    Ainsi titre le journal algérien « Ennahar » l’un de ses articles, certainement commandité par le pouvoir en place après le discours de ferhat à l’ONU.

    jeudi 28 mai 2009, par Icare

    Après la déclaration de Ferhat Mehenni à l’ONU sur l’Algérie qui opprime la Kabylie, le journal Ennahar publie un article où il accuse Ferhat Mehenni de se réunir avec les juifs à l’ambassade d’israêl à Paris.

    Nous-nous sommes permis de corriger les nombreuses fautes d’ortographe contenues dans ledit article.

    Ferhat, dans ce cas, n’est pas resté sans réaction, puisqu’il a pris contact avec son avocat pour assigner en justine et le journaliste et le directeur du journal. Voir ici

    ENNAHAR

    Des agents du Mossad et des services secrets américains ont participés à la réunion de Mehenni avec le conseiller politique israélien.

    Ferhat Mehenni se prépare pour un congrès aux îles Canaris pour annoncer l’indépendance de la région de la Kabylie.

    Les juifs d’Europe soutiennent financièrement le mouvement de Mehenni

    La radio « voix d’Israël » a diffusé la semaine passée, dans un programme en direct, une émission spéciale sur la grande Kabylie dans laquelle elle soulève la question de son autonomie revendiquée par le mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), dirigé par le chanteur kabyle Ferhat Mehenni.

    Lors de l’émission, des accusations qui touchent à la sécurité générale et qui portent aussi atteinte à l’Algérie et à son armée qu’ils accusent de commettre des crimes de guerre dans cette région, la liquidation des leaders de la région de Kabylie et la tentative de créer la fitna entre les algériens. Le programme, diffusé en arabe a ouvert son espace à des voix marocaines qui représentent les médias et les associations du régime marocain qui ont accusé l’Algérie d’exercer la répression contre le peuple kabyle, selon ce qu’ils ont qualifié faisant une comparaison avec l’opposition de l’Algérie à l’autonomie du Sahara occidental. Les présentateurs du programme ont déclaré que la population de la Kabylie dépassait les cinq millions et ont défini les limites géographiques qui selon eux, commencent aux limites ouest de la wilaya de Sétif et s’étendent jusqu’aux limites ouest de la wilaya de Tipaza, à l’exception d’Alger, Tizi Ouzou en est la capitale du peuple berbère qui a pour langue officielle et nationale Tamazight, et l’instauration des libertés religieuses aux juifs et chrétiens. Dans cette émission a été cité le nom d’un ancien ministre des finances d’origines kabyles. Les intervenants ont considéré la venue de l’Islam dans la région comme colonialisme et occupation et que les états musulmans qui ont régné dans la région comme les Hammadites et les Fatimides n’étaient que des occupants contre la volonté du « Peuple kabyle ». Des experts militaires israéliens invités à l’émission ont prétendus que la revendication du mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, dirigé par Ferhat Mehenni, légales et devraient être soulevés aux institutions internationales y compris les Nations Unies afin qu’elles soient introduites dans l’ordre du jour du conseil général, à l’instar de ce que fait l’Algérie qui soutient le Front Polisario et les mouvements de libération en Palestine. Plus grave encore, lorsque Ben Gourion Taghine, le chargé d’information du Chebek (Juifs algériens), a demandé de soulever la question du droit au retour d’Israël. De son côté, le directeur de l’institut des études Hébreux, à Tel Aviv, a déclaré que l’ambassade israélienne a reçue Ferhat Mehenni qui s’est réuni avec le conseiller politique à Paris afin d’étudier le projet de l’autonomie, en présence du Mossad et des services de renseignements américains. Dans ce sens, les sources d’Ennahar ont déclaré que les agents du Mossad se faisaient passer pour des orientaux, des chercheurs et des artistes. D’autres parts et selon nos sources, le mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), dirigé par Ferhat Mehenni, se prépare pour un congrès international relatif au projet de l’annonce de l’autonomie de la Kabylie qui sera organisé aux Iles Canaris où a eu lieu le congrès international de Tamazight. Celui-ci sera organisé avec l’aide et le soutien secrets de parties officielles françaises, marocaines et juives. Ce congrès sera organisé loin de la capitale française afin d’éviter une crise diplomatique avec Alger. Selon des sources spéciales, le MAK aurait reçu un soutien financier et médiatique direct et indirect de la part des juifs d’Europe afin de concrétiser l’idée du congrès et aussi afin d’internationaliser la question. Des algériens résidents en Europe, qui ont fait des interventions à l’émission, ont demandé afin que cessent ces atteintes contre l’Algérie et ont traité Ferhat Mehenni de traître et de valet des juifs et des américains. Ces derniers ont fait savoir à travers l’émission que les kabyles qui sont des hommes libres qui ont combattu et chassé la France de l’Algérie et ont adopté l’Islam dans le Djurdjura ne suivront jamais ni les traîtres ni les juifs.

    Mohamed Ben Kemoukh (Ennahar)

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 15:49 | | Répondre
  • Pauvrete absolue de certains colons

    GUY DE MAUPASSANT
    Guy de Maupassant : La province d'Oran. Texte établi à partir des articles Autour d'Oran et Sur les hauts plateaux parus dans Le Gaulois des 26 et 31 juillet 1881 et publié dans le recueil de voyage Au soleil.
    Numérisation et mise en forme HTML (8 décembre 1997) : Thierry Selva (maupassant@free.fr)

    Au bout d'une heure, on rejoint la route qui va vers Aïn-el-Hadjar en gravissant le mont poudreux.
    Devant moi une femme, une vieille femme en jupe noire, coiffée d'un bonnet blanc, chemine, courbée, un panier au bras gauche et tenant de l'autre, en manière d'ombrelle, un immense parapluie rouge. Une femme ici! Une paysanne en cette morne contrée où l'on ne voit guère que la haute négresse cambrée, luisante, chamarrée d'étoffes jaunes, rouges ou bleues, et qui laisse sur son passage un fumet de chair humaine à tourner les coeurs les plus solides.
    La vieille, exténuée, s'assit dans la poussière, haletante sous la chaleur torride. Elle avait une face ridée par d'innombrables petits plis de peau comme ceux des étoffes qu'on fronce, un air las, accablé, désespéré.
    Je lui parlai. C'était une Alsacienne qu'on avait envoyée en ces pays désolés, avec ses quatre fils, après la guerre. Elle me dit:
    - Vous venez de là-bas?
    Ce "là-bas" me serra le coeur.
    - Oui.
    Et elle se mit à pleurer. Puis elle me conta son histoire bien simple.
    On leur avait promis des terres. Ils étaient venus, la mère et les enfants. Maintenant trois de ses fils étaient morts sous ce climat meurtrier. Il en restait un, malade aussi. Leurs champs ne rapportaient rien, bien que grands, car ils n'avaient pas une goutte d'eau. Elle répétait, la vieille: "De la cendre, monsieur, de la cendre brûlée. Il n'y vient pas un chou, pas un chou, pas un chou!" s'obstinant à cette idée de chou qui devait représenter pour elle tout le bonheur terrestre.
    Je n'ai jamais rien vu de plus navrant que cette bonne femme d'Alsace jetée sur ce sol de feu où il ne pousse pas un chou. Comme elle devait souvent penser au pays perdu, au pays vert de sa jeunesse, la pauvre vieille! En me quittant, elle ajouta:
    - Savez-vous si on donnera des terres en Tunisie? On dit que c'est bon par là. Ça vaudra toujours mieux qu'ici. Et puis je pourrai peut-être y réchapper mon garçon. Tous nos colons installés au-delà du Tell en pourraient dire à peu près autant.

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 16:18 | | Répondre
  • LA PRISON DE L'ENDOGAMIE

    L'ENDOGAMIE EST LA CAUSE DE L'ECHEC DE L'ALGERIE

    Aucune fusion ne s'est produite avec les Algériens issus de la culture musulmane alors désignés sous l'expression générique de « Français musulmans ». Cela résulte au fait que les autorités musulmanes ont donné l'ordre aux musulmans algériens de refuser la citoyenneté française à cause de la barrière de la religion musulmane portée par une population islamisée de longue date.

    Le détour par l'anthropologie nous est ici d'un précieux enseignement. Les sociétés humaines, on le sait, appartiennent à l'une ou l'autre de ces deux catégories : l'endogamie où les mariages s'effectuent à l'intérieur du groupe, et l'exogamie où les femmes sont prises à l'extérieur de ce dernier. A l'origine, la première était le propre des tribus sédentaires dont l'activité principale était l'agriculture et dont les terres devaient être conservées au sein du groupe. La seconde caractérisait les groupements pastoraux en quête d'espace pour faire paître leurs bêtes et qui, pour ce faire, avaient besoin d'élargir leur sphère d'activité. Les alliances matrimoniales établies en dehors du groupe l'étaient dans cette perspective. Le monde arabo-musulman se présente d'une manière générale comme un espace endogamique, le mariage préférentiel avec le cousin en ligne directe étant la règle. Parmi les pays arabes, le Maroc est celui où la règle endogamique est la moins prégnante. Elle ne caractérise de manière forte que certaines villes ou régions. Par le passé, Fès en fut l'exemple type. La prédominance des mariages entre cousins germains s'y est d'ailleurs traduite par des problèmes de santé notables. Outre les conséquences pathologiques de la consanguinité répétée, l'endogamie, si elle permet l'accumulation patrimoniale à l'intérieur du groupe, conduit dans le même temps au repli sur soi. Le rapport à l'autre est conditionné par cette donne, celui qui vient de l'extérieur restant et demeurant l'étranger. Les règles de l'hospitalité s'appliqueront à lui mais il ne fera jamais partie des siens. Il restera toujours «l'autre», celui qui n'aura droit ni à la solidarité du groupe ni à son intégration en son sein. La situation la plus courante à travers laquelle s'exprime cette mentalité endogamique est celle du mariage. La mobilité sociale provoquée par la modernisation de la société marocaine se traduit par une multiplication des «mariages mixtes» entre nationaux. Mais, comme dans l'exemple évoqué ci-dessus, les séquelles mentales de cette structuration sociale continuent et continueront longtemps encore à faire des dégâts. Cette mentalité endogamique est problématique car elle fait obstacle au rapport à l'autre. Elle rend l'adaptation au monde moderne non seulement difficile mais douloureuse. Dans un univers où les frontières se diluent, où il vous faut apprendre à vivre au côté de celui qui vient d'ailleurs, à l'accepter et à se faire accepter par lui, comment en effet survivre quand on échoue à s'émanciper de cette fermeture intérieure ?

    Hinde Taarji

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 17:48 | | Répondre
  • LA GAUCHE COLONIALISTE

    Wikipedia
    La droite fut d'abord anti-colonialiste
    Contrairement aux idées reçues, la droite française était d'abord, dans les années 1880-1890, farouchement opposée à l'entreprise coloniale en Afrique. Pour elle, la France devait choisir entre la "Revanche", impératif patriotique, et l'expansion coloniale, chimère détournant les Français de la "ligne bleue des Vosges". Les énergies qui se dissiperaient dans l'aventure coloniale devaient être orientées vers les provinces perdues. Cet anticolonialisme nationaliste fut incarné par Paul Déroulède. Pour lui, jamais les colonies ne pourraient offrir une compensation à la perte de l'Alsace et de la Lorraine et c'est dans ce sens qu'il répondait à Jules Ferry : « J'ai perdu deux sœurs, et vous m'offrez vingt domestiques ». Quelques années auparavant, en 1884, devant le Sénat, le duc de Broglie, sénateur monarchiste orléaniste et ancien président du Conseil affirma face aux postulats de Jules Ferry que « les colonies affaiblissent la patrie qui les fonde. Bien loin que de la fortifier, elles lui soutirent son sang et ses forces. »
    Une large fraction de la droite resta hostile à l'Empire colonial comme le futur Général de Gaulle dès avant 1914.
    La gauche a longtemps été colonialiste
    Le 25 juillet 1885, Jules Ferry déclare devant la Chambre : "Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures.". Quarante ans plus tard, Léon Blum affirmait pour sa part, toujours devant la Chambre : "Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture, et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l'industrie". Ces citations sont autant de preuves d'une tendance qui aura duré jusqu'à la fin de la IVe République.

    Posté par Ben Zetoun, mardi 3 juillet 2012 à 20:27 | | Répondre
  • discrimination en Algérie française

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A9nat#R.C3.A9actions


    Dès les années 1860, le statut d'Indigénat fait débat. De nombreux colons français ne partagent pas la vision de Napoléon III d'un royaume arabe en Algérie, dans lequel les musulmans jouiraient des mêmes droits de citoyen. Après la chute du Second Empire, la IIIe République tente bien de simplifier les procédures de naturalisation et même d'évoquer une naturalisation en masse, mais ceci provoque de vives réactions des colons. Les autorités locales traîneront d'ailleurs des pieds afin de compliquer la tâche aux musulmans candidats à la naturalisation française. Cette méthode porte ses fruits : entre 1865 et 1915, seulement 2396 musulmans d'Algérie sont naturalisés français.

    Après la Première Guerre mondiale, la loi du 4 février 1919 réforme la procédure d'accès à la pleine nationalité. Cette réforme est décevante puisque seulement 1 204 musulmans d'Algérie sont naturalisés de 1919 à 1930. Hubert Lyautey qui suit de près les négociations avec les colons note :

    « Je crois la situation incurable. Les colons agricoles français ont une mentalité de pur Boche, avec les mêmes théories sur les races inférieures destinées à être exploitées sans merci. Il n'y a chez eux ni humanité, ni intelligence » [38].

    Ce propos est à rapprocher d'une déclaration très antérieure de Clemenceau à la Chambre des Députés.

    En pratique, en entretenant l'illusion que l'indigène est français, le code de l'Indigénat a permis aux autorités françaises de placer une grande population des colonies sous leur contrôle tout en imposant une discrimination légale.

    Posté par Jag, mardi 3 juillet 2012 à 23:00 | | Répondre
  • DE L'EGALITÉ ETDE LA CITOYENNETE EN ALGERIE

    je m’inscris en faux contre cette vision de l’egalite raciale, vision qui perdure jusqu’au jour d’aujourd’hui et qui en dit long sur un certain mensonge...

    L’egalité des droits civiques en algerie comme dans tout pays democratique occidentale renvoie a une egalite culturelle,politique,intellectuelle et sociale des individus...

    Que vaut une femme de colons institutrice,independante qui sort dans la rue sans autorisation de son mari,qui jouit des conditions du divorce,de son corps,de son libre arbitre et de tout ce qui fait sa liberte face a une idigene alienée par les liens du mariage de la tradition,de la religion,et de sa culture islamique..

    Prce faire ,il suffit d’aller en afrique du sud et voir le diferentialisme sexuelle qui existe entre une femme blanche et une zoulou ou une xosa, encore aujourd’hui dans une societe democratique...
    (Nb la lutte contre le sida a ete à l’initaitive des blancs et notamment des femmes europeennes dites progressistes)

    Contrairementa ce que l’on pense le voile et la radicalisation de l’islam aujourd’hui en algerie est le fait aussi des femmes qui de tout temps ont ete les gardiennes de la tradition(c’est un sujet tabou ds la societe des intellectuels de la bas qui n’ose decouvrir le sujet de peur,de mettre en avant dans l’islam la responsabilite des femmes et donc le degre d’alienation mentale que la religion est capable de creer...frcroirequel’islamisme est d’essence virile,masculin,machiste est une facon pernicieuse de decrire la societe indigene.
    islamistes vs progressistes,islamistes contre feministes,islamistes contre laiciste,islmites contre republicanistes...etc etc..

    Dans la tradition occidendentale ds l’histoire,le feminisme doit repondre aux realites macho- testoteroniales de l’histoire,il est la constrution d’une nouvelle histoire et de l’apparition de la sexualite et des sexualites ds la construction des processus historiques...

    “Ces petits malins veulenten fr autant ds les pays arabes.Femmes,democrates,intellectuels,laiques victimes de l’islam...

    C’est oublier que l’islam et l’islamisme ne se conjugue pas seulmnt au masculin,l’apparition des femmes ds l’islamisme est une donnee fondamentale,eduquées et instruites elle revendiquent autant que les autres la sharia....

    C’est Maissa Bey (fille de tueur et revisionnsite algerienne ancienne fln et installée en france qui le dit)
    Mais c’est une question qu’on refuse de traiter pr ne pas alourdir le debat....

    Pr en revenir à l’egalite raciale,a la jouissance des droits civiques,a la volonte d’une meme citoyennete,au one man one vote et au one women one vote,la reponse a ce mensonge elle est aujourd’hui ds l’algerie actuelle..Le fis a ete elu avec autant de vois feminines que masculines..a vous dejuger

    Posté par PICKWICKS, mercredi 4 juillet 2012 à 17:21 | | Répondre
  • DJIHAD,A SETIF

    LES EVENEMENTS DE SETIF 8 MAI 1945 : UN NETTOYAGE ETHNIQUE D’EUROPEENS PROGRAMME PAR DES MENEURS QUI ONT FANATISE DES MASSES.
    TUONS LES EUROPEENS ET DJIHAD CRIAIT LA FOULE A SETIF ET DANS LES CAMPAGNES.
    DANS D’AUTRES VILLES ON CRIAIT « A BAS LA FRANCE » et « A BAS LES JUIFS. » ‘ « A BAS CHURCHILL ET LES JUIFS » « A BAS DEGAULLE. »
    Ces slogans sont directement inspirés de la propagande allemande nationale-socialiste.
    Les paysans autochtones sont intoxiqués et controlés par des révolutionnaires entrainés qui savent qu’il faut impliquer la population pour légitimer l’action de tuer des gens sous couvert de « guerre sainte »..
    La Commission d’enquête sur les évènements a fait apparaître que les Oulémas, acquit au panarabisme et commentaient le Coran par une exégèse fanatique.La défaite de 1940 de la France entraine la désertion de l’Ecole publique et laïque pour rejoindre l’enseignement coranique. Les Oulémas apportent à des populations frustes, une pensée unique centrée sur le fanatisme religieux.
    Dans la journée du 8 Mai 1945le car de Bougie à Sétif était attaqué, le fort près de Takitount est envahit par des autochtones et s’emapeent des armes ; l’administrateur, son adjoint et le receveur des PTT sont tués. A El-Ouricia est assassiné lachement. A Sillègues deq fermes sont brülées et des immeubles saccagés.. Le centre d’Ain Bessa est attaqué.Le 9 Mais 4 gardes forestiers sont abattus par des bandes armées. Quatre autres personnes sont abattus à La Fayette. Le centre de Kerrata est pillé, le juge de paix et son épouse sont tués avec une autre personne. Autour de Guelma les fermes brûlent et les fermiers sont tués, certains sont cachés et protégés par des autoctones. Le centre de Chevreuil à 40 km de Sétif et la population se réfugie à la gendarmerieoù elle est assiégée pendant 30 heures. Deux colons périssent .A Oued-Marsa 2 Français sont tués ainsi que 2 gardes forestiers . La voie ferrée est coupée à Duvivier.De nombreux centres sont encerclés.
    Dans la région des Babors l’émeute a pris la forme de la dissidence. Les troupes sont reçues par des fusils et des armes automatiques.
    Les colons ont reconnus parmi les assaillants leurs domestiques de fermes, dont certains avaiet été élevés par eux depuis le plus bas âge et employés depuis 30 ans. Ces faits sont ceux inculqués par les doctrines subversives révolutionnaires qui obligent un autochtone de tuer un Européen proche de lui. Sinon il est considéré comme un traitre et abattu.
    Aucun musulman n’a alerté les Européens de ce qui se tramait contre eux, malgré le fait qu’ils savaient que des mouvements se préparaient.
    Un berger a confirméque le centre de Chevreul a étét attaqué aux cris de : « djihad, djihad ». tout le département a été en émeutes le 8 mai.
    Ferat Abbas est dépeint par certaines personnes comme un ambitieux narcissique où l’orgueuil domine l’intelligence.A Sétif il patronnait des associations qui manifestaient un fanatisme et un nationalisme radical au point de pourchasser les autochtones qui fréquentaient les cafés Européens où ils venaient boire du vin ».
    L’association du PPA, des Amis du Manifeste et Oulémas apparaît comme terriblement subversive.
    L’Algérie en 1943, c’était surtout Vichy et le pétainisme poussé à la caricature. Le général Giraud maintiendra les lois d’exclusion des Juifs. Il répondra aux demandes d’émancipation :’Le Juif à l’échoppe, l’Arabe à la charrue . »
    Ferat Abbasà partir d’une mauvaise interprétation de la Charte de l’Atlantique faisait croire qu’il avait l’appui des Anglo-Saxons et de Roosevelt.
    Un grand nombre d’autochtones ont été poursuivis en 1941 pour avoir dit : « La France est perdue, ne payons pas l’impôt à la France, nous le paierons aux Allemands . »
    Et François Mitterrand ancien fonctionnaire de Vichy jusqu’en 1943 viendra rappeler cette funeste illusion que « Algérie c’est la France. »
    " Des musulmans peuvent-ils être français ? Exceptionnellement, oui. D'une manière générale, non. Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s'y opposent ; avec certains il y a des accommodements ; avec l'un, celui du medhi, il n'y en a pas : tout musulman croit qu'à l'approche du jugement dernier le medhi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l'islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non musulmans.
    Dans cette foi, le musulman regarde l'islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s'il est soumis à une nation non musulmane, c'est une épreuve passagère ; sa foi l'assure qu'il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l' engage à subir avec calme son épreuve; " l'oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ; s'il se tient tranquille, il se trouve intact le jour de la libération ", disent-ils ; ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu'aux Allemands, parce qu'ils savent les premiers plus doux ; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d'honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles mais, d'une façon générale, sauf exception, tant qu'ils seront musulmans, ils ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du medhi, en lequel ils soumettront la France.vraiment
    De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité française : comment demander à faire partie d'un peuple étranger qu'on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ? Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d'apostasie, un renoncement à la foi du medhi...
    L’Amérique prenait pied en Algérie avec la Charte de l’Atlantique qui promettait aux peuples des colonies le droit de disposer d’eux-mêmes. Elle déversait également son opulence matérielle accompagnée du marché noir corrupteur, rapidement organisé en mafia interlope. En 1943, à Alger, tout se vendait ou s’échangeait, y compris les armes de guerre.
    Dès mars 1945 apparurent des agitations et la préfecture de Constantine s’attendait à des manifestations nationalistes lors du 8 Mai 1945.
    Les armes des émeutiers, financées par les musulmans, venaient des frontières de la Tunisie et qu’elles avaient été fournies par les Anglo-Américains.
    D’abord à Guelma les autorités sont des Françaix ultra réactionnaires qui sont décidés à maintenir l’ordre colonial par la terreur. Ils ne sont pas concernés par la mission émancipatrice de la France. La réussite sociale et économique des autochtones est vécue par une menace par les Européens et le Juifs français.
    « A moins d’être aveugle ou traitre, on peut avancer sans crainte, que la presque totalité des Algériens musulmans vomissent la forme actuelle de l’administratiin régalienne chargée de l’Algérie. »
    Amhoud Regui baptisé Marcel. Les massacres de Guelma.
    Cependant un patriotisme authentique qui excluait la collaboration prônée par Laval, Déat avait rassemblé les deux communautés en Algérie sur les plaques des monuments aux morts.
    Marginalisés par le gouvernement français, les communistes, et les réformistes du Congrès musulman, le PPA s'est retrouvé dans la position de demander de l'aide auprès des partis fascistes en Europe, en espérant que les nazis accepteraient la demande d'indépendance. Des chercheurs notent que de tous les groupes musulmans en Algérie, Hadj et le PPA sont ceux qui exprimaient de l'hostilité envers les Juifs durant les années 1930. Selon Laskier, les dirigeants du PPA soutenaient que les Juifs affaiblissaient la France, que le décret Crémieux avait transformé les Juifs en un élément privilégié de plus et les a rendus hostiles à la population arabo-berbère3. Messali Hadj, fondateur du Parti populaire algérien, est traité par les Français, ainsi que ses séides, de collaborateurs, à cause des liens qu’il a entretenus avec l’Allemagne nazie
    La thèse officielle de l’Etat Algérien ne dit qu’il y a eu au moins 800 Algériens francophiles assassinés par les émeutiers qui faisaient de même dans les campagnes pour ceux qui ne voulaient pas se ralier.
    Au lendemain de la terrible journée de Sétif, l’insurrection se répand. Elle éclate à Guelma, sous préfecture de 16 000 habitants dont 4 000 Européens. L’émeute dure cinq jours de suite. Au début, la police et la troupe ont tiré en l’air. Mais cela dégénère. “À bas de Gaulle ! À bas Churchill et les juifs !” Le jeune sous-préfet de Guelma, gaulliste musclé, héros de la Résistance, André Achiary, ne dispose pour maintenir l’ordre que d’un faible dispositif. Il décide de former des milices d’Européens armés. Et là se produisent des représailles et des exécutions sommaires.
    Ferhat Abbas, dans son Testament politique, écrit en 1945 et resté inédit jusqu'en 1994, condamne « les organisateurs d’émeutes, ceux qui avaient poussé à la violence des paysans désarmés ... ceux qui tels des chiens sauvages se sont jetés sur Albert Denier, secrétaire de la section communiste, auquel un salaud sectionna les mains à coup de hache »
    Des provocateurs formés à la guerre révolutionnaire se mêlèrent à des milliers de musulmans qui marchaient vers Guelma. La tactique est d’obliger les gens du peuple à s’engager. Ont leur dit que que le temps de la justice immanente éait venue. : « Avec une sauvagereie révoltante, ils s’attaquèrent à des fermiers isolés et les massacrèrent. »
    Les événements de Setif ont fait partie d’une vaste attaque qui devait s’étendre à toutes l’Algérie et qui devait conduire à l’assassinat de milliers d’Européens pour les obliger à partir du territoire de l’Algérie.
    le socialiste Adrien Tixier ; le ministre de l’Air, responsable des ordres donnés à l’armée de l’air, était le communiste Charles Tillon. « Le mouvement insurrectionnel, écrivit le gé néral Martin, n’a pas été l’oeuvre de faméliques mais de fanatiques et de racistes. Le mouvement n’avait pas pour but initial la guerre sainte, mais cet argument fut employé par les meneurs pour décider la masse et la fanatiser…»
    La réaction d’auto-défense a permi d’avoir seulement 104 à 110 morts. Il ne parle pas que cela a commencé par la chasse aus Européens, viol des femmes, des fillettes, des grand-mères qui tombaient dans leur main pour être éventrées , tortures, atroces et mutilations de vivants ou de cadavres

    Des milices dites patriotiques sillonnent les rues des villes. Des escouades de coureurs des bois terrorisent les campagnes
    accompagnées d’autochtones qui dénoncent les familles impliquées dans l’insurrection etaccomplissent les exécutions sommaires et les pillages. Autour de Guelma, au lever du jour puis au crépuscule, les salves des pelotons d'exécution ponctuent le fil des heures. Mais le sens de la mise en scène sanglante qu'a le sous-préfet de la ville ne doit pas faire illusion. Ailleurs, on massacre plus discrètement. A la fin de l'été encore, à Constantine, la fosse commune ouverte au cimetière se remplit.
    La minoterie d’Heliopolis sera le bastion de survie des Européens.
    Le témoignage de M. Lavie, minotier à Héliopolis, est instructif sur l'état de panique des Européens : « Dès la fin du méchoui du 8 mai, je décide de transformer le moulin neuf pour abriter la population d'Héliopolis, et tous les colons des environs que j'ai pu joindre. Au cours de l'après-midi, je fais construire un réseau de barbelés, long de 300 mètres, électrifié sous 3 000 volts et alimenté par le groupe électrogène de la minoterie. Meurtrières percées dans les murs d'entrée, portes obstruées par des herses renversées sur six mètres de profondeur et défendues par des feux croisés. La population protégée a vécu dans ces conditions pendant un mois jusqu'à ce que l'ordre soit rétabli ».
    Se produiront des violences contre les Européens dans le Constantinois, surtout dans les fermes isolées. Des femmes sont violées puis éventrées, des actes de barbarie sont commis.
    Parmi les victimes, on trouve des modérés du « troisième camp », tels le maire de Sétif, ou Albert Denier, le secrétaire du Parti communiste, qui aura les deux mains tranchées. Ce qui montre clairement les intentions des insurgés qui veulent une coupure radicale avec la France.
    Des autochtones ont protégé des Français
    LE BOUCHER DE GUELMAEditions du seuil. Paris 2007
    « Retour vers l'Algérie. Celle qui existait deux ans avant ma naissance lorsque les manifestations célébrant la capitulation de l'Allemagne nazie se sont transformées en sanglantes émeutes ».
    « C'est à mon grand-père François Zamponi que je dois le déclic qui m'a conduit à explorer cette époque assez glauque. Il a raconté sur un cahier d'écolier comment il avait passé une nuit de mai 1945 avec sa femme, sa fille et son beau-fils, fermiers près de Guelma, cachés par leurs ouvriers " indigènes " pendant que les occupants de la maison voisine étaient massacrés. Il est par contre resté discret sur la sauvagerie de la répression menée par les " miliciens " durant les jours qui ont suivi et j'ai du puiser à d'autres sources, écrites et orales, pour la mettre en scène. »
    Il y a bien eu des organisateurs d’émeutes formés aux techniques révolutionnaires qui consistent à impliquer les populations aux meurtres. Des provocateurs formés à la guerre révolutionnaire se mêlèrent à des milliers de musulmans qui marchaient vers Guelma. La tactique est d’obliger les gens du peuple à s’engager. Ont leur dit que que le temps de la justice immanente éait venue. : « Avec une sauvagereie révoltante, ils s’attaquèrent à des fermiers isolés et les massacrèrent. »
    Le 10 février 1943, influencé par le kémalisme, le panarabisme et la propagande allemande qui cherche à soulever les populations locales contre la tutelle française, Messali Hadj, créateur du Parti populaire algérien, lance un manifeste réclamant le pouvoir et l’indépendance.
    Un pharmacien de Sétif, précisément, Ferhat Abbas, se joint à lui. Pour calmer ces revendications, le général de Gaulle publie le 7 mars 1944 une ordonnance reconnaissant à tous les habitants d’Algérie l’égalité des droits, mais sans leur accorder la citoyenneté française et le droit de vote. « Trop tard », commente Ferhat Abbas.
    Ce qu’on a caché est la sortie des prisons de Sétif par les insurgés de 30 000 soldats allemands qui ont fait partie du vaste plan d’insurrection.
    Ce qui explique les moyens énormes mis en œuvre paralellement aux milices d’autodéfense urbaines
    Toutes les manifestations du 8 mai 1945 réclamaient en Algérie la libération de Messali et l’indépendance immédiate de l’Algérie.Il a été constaté par la Commission d’enquête que un bon nombre de manifestants dits pacifistes par la propagande officielle dans les villes étaient armés de matraques, de couteaux, de haches, de sabres, de révolvers
    C’est dans les campagnes qu’un trépied de mitrailleuse a été trouvé. Il appartenait aux groupes des révolutionnaires épaulés par les prisonniers Allemands évadés. Ces groupes s’évanouirent soudainement laissant les populations civiles seules face à la répression qui se trouva fort dépourvue de sens.
    L’historien Jean Lacouture a également retenu que « des unités de troupes noires tuèrent et pillèrent pendant quarante-huit heures ».
    Ces différents faits nourrissent l’accusation des massacres. Ce qui ressort des archives militaires et des travaux de Vétillard en tempère non la réalité mais la dimension. L’état-major dispose-de douze chasseurs et douze bombardiers légers et ont effectués vingt mission en quinze jours. Le croiseur, le Duguay-Trouin, au large de Bougie, le 10 mai, au plus fort de l’insurrection, tire vingt-trois coups de 155 pour disperser des rassemblements des tribus insurgées.
    La Commission d’enquête a le droit de conclure, face à l’histoire, que le mouvement était insurrectionnel, politique et fanatique.
    Le but était de mobiliser les masses et d’exterminer le plus possible d’Européens dans les pires condition.
    Les émeutiers on attaqué les Européens au cri de ‘Djihad » autant dans les campagnes et à Sétif

    Posté par Ben Zetoun, mercredi 4 juillet 2012 à 18:58 | | Répondre
  • Mais que veulent-ils.

    @ PICKWICKS:
    Qu'on fasse une enquête sérieuse, honnête et dépourvue d’arrières pensées de "civilisation supérieure" sur le sort des femmes algériennes.
    Je me souviens d'un canard Français qui a illustré son papier, sur les présidentielles algériennes, en insérant une photo de femme en Burqa puisée dans son stock de... Kaboul.... C'est bien innocent diriez vous. Par liberté...l’objectivité n'a que faire dans pareils cas.
    La liberté de la presse mensongère,la déliquescence des moeurs,les atteintes à la morale sont des acquits dans la nouvelle société du vice et l'absence de vertu. Et ils veulent que le monde musulman leur emboîte le pas.
    Malheureusement beaucoup de gens en occident sont conditionnés par cette propagande incestueuse.

    Posté par BCPANORAMA2, mercredi 4 juillet 2012 à 19:35 | | Répondre
  • taques de ferme dans le Constantnois

    Récits sur les évènments dans le Constantinois,
    Aïn Settah /Commune de Takitount au nord de Sétif. M. Ferrier est abattu par un coup de fusil de chasse. M. Devéze Sylvain est abattu par un coup de revolver.
    Le corps de Mme Devéze, Mone Marie, qui fut violée et abattue d'un coup de fusil dans le dos, n'a été retrouvé que six jours plus tard totalement nu à 400 m de la maison forestière
    Le corps M. Magri Guiseppe, prisonnier italien mis à la disposition du service des eaux et forêts, n'est retrouvé que trois mois après le drame grâce aux aveux des coupables.

    La ferme Bezzina située à 8 km de Guelma.L'assaut de la ferme est donné, mais les assaillants butent sur la porte d'entrée qui résiste.Le propriétaire Dominique Bezzina tente de parlementer avec les assaillants pour laisser à son grand-père, à sa mère, à sa femme, à ses deux filles agées de deux et trois ans le temps de s'enfuir. La porte finit par cédée et les assaillants pénètrent dans la maison.

    Amira Salah et Fedaha Amar le blessent de deux balles dans le ventre avant de l'achever à coups de hache. Sa famille, témoin impuissant du meurtre, passe la nuit dans les fourrés, pour échapper aux assassins. Ils seront secourus par un escadron de half-track arrivée de Tunisie.

    La ferme Dubois située à 10 km du hameau Blad Ghaffar à mi-chemin entre Guelma et Petit.
    Cette ferme a été créée par Louis Dubois, 76 ans, ancien maire.
    Le 9 mai 1945 vers 13 h, il fait la sieste et est réveillé par une fusillade. Il regarde par une fenêtre, un tireur le blesse légèrement à l'arcade sourcilière droite. C'est le début d'un assaut qui va durer sept heures. Le père et le fils ne disposent que de deux fusils de chasse, ils vont se défendre en tirant par toutes les ouvertures de la tour et du grenier, et à travers la porte.
    Vers 19 h, M. Dubois tue un assaillant qui tente de pénétrer par la façade nord. Les attaques cessent, les assaillants s'éloignent, mais des guetteurs surveillent les bâtiments.Le lendemain matin, les insurgés ont disparu. En réalité, les assaillant se rendant compte qu'ils ne pourraient investir cette ferme, ont décidé de l'incendier. Pour cela ils arrêtent un camion et demandent au chauffeur d'aller acheter de l'essence pour mettre le feu aux bâtiments. Or le chauffeur est un Européen arabophone, vêtu d'un burnous, qui alerte les autorités.
    En fin d'après-midi, un escadron de half-track arrivé de Tunisie délivre la famille Dubois. Les insurgés ont perdu douze hommes durant l'assaut de la ferme Dubois.

    La ferme Luzet située entre Guelma et Souk-Ahras, pas très loin de Villars.Le 10 mai vers 18h, un escadron de voitures blindées arrivant de Tunisie libère le village de Villars.

    Aussitôt, un groupe d'Européens et quelques militaires se portent au secours de la Famille Haldebel qui est assiégée à la ferme Luzet au lieu dit Sekaka, ils arriverons trop tard.
    Monsieur André Haldebel demeure à la ferme Luzet avec son épouse et sa fille de sept ans.
    Le 10 mai 1945, vers 8 h, André Haldebel se rend à la propriété voisine dont il a la garde, la ferme Boijol, mais avant son retour un ouvrier arabe l'avertit :
    « Va au village et ne retourne pas chez toi, ta vie est en danger ! » Mais sa femme et sa fille sont à la ferme, il doit les protéger. Il retourne à son domicile.
    Près de la ferme, il est assailli par un groupe d'indigénes. Il réussit à rejoindre son domicile, et prépare 3 carabines et des cartouches. Deux prisonniers italiens sont présents,
    mais refusent de se battre, quand les insurgés arrivent à pénétrer dans la maison. M. Haldebel sera tué en allant au secours de sa femme et de sa fille. La maison est saccagée.
    Les assassins seront jugés à Constantine le 2 novembre 1945.

    Ils seront amnistiés en 1946.

    Posté par Ben Zetoun, mercredi 4 juillet 2012 à 19:54 | | Répondre
  • SETIF

    SETIF/GUELMA 8 MAI 1945

    La thèse officielle de l’Etat Algérien ne dit qu’il y a eu au moins 800 Algériens francophiles assassinés par les émeutiers qui faisaient de même dans les campagnes pour ceux qui ne voulaient pas se rallier.
    Au lendemain de la terrible journée de Sétif, l’insurrection se répand. Elle éclate à Guelma, sous préfecture de 16 000 habitants dont 4 000 Européens. L’émeute dure cinq jours de suite. Au début, la police et la troupe ont tiré en l’air. Mais cela dégénère. “À bas de Gaulle ! À bas Churchill et les juifs !” Le jeune sous-préfet de Guelma, gaulliste musclé, héros de la Résistance, André Achiary, ne dispose pour maintenir l’ordre que d’un faible dispositif. Il décide de former des milices d’Européens armés. Et là se produisent des représailles et des exécutions sommaires.
    La relation des événements continue de diverger entre nos deux sources. Après la mort du porte drapeau, dit Cheraga, « S’en suit bien sûr une répression dans les rues et les quartiers de la ville... »**. Les mots « bien sûr » sont de trop. Ils présentent comme normal un supposé déferlement de la violence des forces de sécurité françaises aux alentours.
    En outre, dans cette affirmation, il y a quelque chose d’incompréhensible : comment, en effet, la mort du porte drapeau aurait-elle pu déclencher la répression ? En toute logique, la colère et le désir de vengeance, ne peuvent venir que du camp musulman rendu furieux par cette mort.
    La suite du document de Benmebarek
    Après le premier coup de feu, écrit-il, « La durée des violences est brève (au plus, une heure et quart) ; on relève un nombre important de victimes. Les premières sont européennes. Le détachement militaire compagnies) alerté, intervient deux minutes plus tard. Il accourt mais ne tire pas. A sa vue, la manifestation se disperse dans le désordre ».
    Des assassinats sont donc bien exécutés, non pas contre des musulmans, comme l’affirme Cheraga, mais sur la personne d’Européens. « Des meurtres sont commis dans les rues avoisinantes et plus loin, au marché aux bestiaux (...) Au total, on dénombre 21 tués ». Tous des Européens, insiste Benmebarek fort des rapports consultés.
    « les meurtres, constate-t-il, ont été perpétrés durant le laps de temps d’une heure et quart au maximum, en des points éloignés les uns des autres », s’appuyant sur les pièces produites par la police judiciaire. Il remarque aussi « la quasi simultanéité des crimes et la participation des mêmes équipes à plusieurs crimes ». Ceci est plus le fait de groupes organisés, prêts à passer à l’action, que d’individus pris d’une soudaine fureur meurtrière.
    Comme pour prouver cette thèse, cinq Européens ont été tués par balles, prouvant par le fait que des manifestants portaient des armes. Les autres assassinats ont été exécutés avec une violence inouïe : on compte trois éviscérations et douze enfoncements de boîtes crâniennes *.
    À Sétif, la manifestation séparée des manifestations officielles, est autorisée à condition qu'elle n'ait pas de caractère politique : « aucune bannière ou autre symbole revendicatifs, aucun drapeau autre que celui de la France ne doit être déployé. Les slogans anti français ne doivent pas être scandés. Aucune arme, ni bâtons, ni couteaux ne sont admis».
    Cette manifestation commence à envahir les rues dès 8 heures, estimée à plus de 10 000 personnes, chantant l’hymne nationaliste Min Djibalina (De nos montagnes), défile avec des drapeaux des pays alliés vainqueurs et des pancartes « Libérez Messali », « Nous voulons être vos égaux » ou « À bas le colonialisme ». Vers 8 h 45 surgissent des pancartes « Vive l'Algérie libre et indépendante » et en tête de la manifestation Aïssa Cheraga, chef d'une patrouille de scouts musulmans, arbore le drapeau algérien. Tout dérape alors : devant le café de France, avenue Georges Clemenceau, le commissaire Olivieri tente de s’emparer du drapeau, mais est jeté à terre. Selon un témoignage, des Européens en marge de la manifestation assistant à la scène se précipitent dans la foule. Les porteurs de banderoles et du drapeau refusent de céder aux injonctions des policiers15. Des tirs sont échangés entre policiers et manifestants.
    Un jeune homme de 26 ans, Bouzid Saâl, s'empare du drapeau algérien mais est abattu par un policier. Immédiatement, des tirs provenant de policiers provoquent la panique. Les manifestants en colère s'en prennent aux Français, au cri de "n'katlou ennessara", et font en quelques heures 28 morts chez les Européens, dont le maire qui a cherché à s'interposer, et 48 blessés. Il y aurait de 20 à 40 morts chez les indigènes, et de 40 à 80 blessés. Les femmes européennes seront éventrées.
    Le mouvement s'étend très rapidement, et, le soir même à Guelma, une manifestation s'ébranle. Le sous-préfet Achiary, un ancien résistant, fait tirer sur les manifestants. On relève un mort et six blessés parmi les manifestants, 5 blessés dans le service d'ordre. Le cortège se disperse. Le sous-préfet dispose de trois compagnies de tirailleurs en formation, tous musulmans. Il consigne la troupe et fait mettre les armes sous clés. Un bataillon d'infanterie de Sidi-Bel-Abbès, convoyé par des avions prêtés par les Américains, arrive le 9 dans la journée pour évacuer des petits villages d'« Européens » qui sont encerclés par les émeutiers.

    Il faut néanmoins souligner une carence de l’administration française de Sétif : les victimes musulmanes ne sont pas dénombrées dans les rapports. Comme si elles étaient quantité négligeable. Mais, si elles avaient été des milliers, comme le disent certains auteurs, « comment les effectifs dérisoires des forces de l’ordre (40 agents de police , dont nombre d’indigène, l’armée n’ayant pas tiré) auraient-ils pu s’y prendre en si peu de temps ? » Remarque Benmebarek
    Ferhat Abbas, dans son Testament politique, écrit en 1945 et resté inédit jusqu'en 1994, condamne « les organisateurs d’émeutes, ceux qui avaient poussé à la violence des paysans désarmés ... ceux qui tels des chiens sauvages se sont jetés sur Albert Denier, secrétaire de la section communiste, auquel un salaud sectionna les mains à coup de hache »

    Posté par Ben Zetoun, jeudi 5 juillet 2012 à 02:39 | | Répondre
  • Les soldats algérien du III e reich

    Jeudi, 27 Janvier 2005
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    Les arabes de France sous le drapeau du Reich
    Stefano Fabei
    Histoire :: France
    Si l’on excepte la Tunisie jusqu’en mai 1943, la seule communauté arabe avec laquelle le Reich fut en contact immédiat fut celle de France. Les relations entre les Allemands et les nombreux maghrébins résidant dans l’hexagone furent sereins, depuis les premiers moments de l'occupation, et cela permirent le développement d’une collaboration dans le champ politique et militaire.

    A partir de 1941, les Allemands publièrent une revue illustrée en Français et en Arabe, al-Dunya-al-Jadida, par l’intermédiaire de laquelle ils diffusèrent leur programme politique. Une autre revue, Lisan al-'Asr, s'adressa à la dizaine de milliers de soldats maghrébins internés dans les camps de prisonniers en tant que membres de l'armée coloniale française. En plus de cela, à Paris, le bureau chargé de la propagande arabe, le Werbestelle für Araber, s'occupa de la publication de plusieurs opuscules de propagande.

    Un certain nombre d'arabes étaient affilié aux partis fascistes français et étaient disposés à collaborer à la cause de l'Axe et de l'Allemagne, dirigée par ce « Hadj Guillaume » qui apparaissait à beaucoup d’autres maghrébins comme le garant de la future liberté arabe hors du joug colonial français.

    Il convient donc ici de traiter tout particulièrement des hommes appartenant au Parti populaire algérien, le mouvement qui joua le rôle le plus significatif dans l'histoire de l'indépendance de l'Algérie jusqu’au soulèvement de la Toussaint 1958.

    Ce Parti, à la veille de la seconde guerre mondiale représentait l'aile la plus déterminée du mouvement nationaliste algérien. C’était une organisation politique minoritaire mais très dynamique, qui selon la police française comptait entre deux mille cinq cents et quatre mille militants en Algérie et environ un millier en métropole. Il était dirigé par trois chefs : Messali Hadj, Amar Imache et Belqasem Radjeff. Le premier fut une figure de pointe du mouvement arabe de libération. Né à Tlemcen en 1898, il adhéra au Parti communiste français en 1925. En 1927, il participa au Congrès anti-impérialiste de Bruxelles, à côté de deux leaders du Tiers Monde destinés à devenir célèbres : le non violent Jawaharlal Nehru et Nguyen Ai Quoc, alias Ho Chi Minh, un communiste comme lui. L'année précédente, il avait créé l'Etoile nord-africaine, le noyau originaire de ce qui deviendra le Parti du peuple algérien. En 1929, il commença à prendre ses distances avec le PCF, à son avis trop peu respectueux du nationalisme algérien. En 1935 poursuivi par la justice française, Messali s'exila à Genève où, devant les commissions compétentes de la SDN, il voulut témoigner en faveur de l'Ethiopie attaquée par l'Italie. Il fit là la connaissance de l'émir Shekib Arslan dont il devint l’ami.

    Le second chef du PPA, Amar Imache, déjà secrétaire général de l'Etoile nord-africaine, avant sa dissolution par les autorités françaises, était le contraire de Messali Hadj. C’était un « faucon », violemment anti-français et anti-juif. Durant l'exil genevois de Messali, il assura la direction du mouvement en 1935 et 1936.

    Belkacem Radieff, appartenait, lui, à une famille de marabouts de Fort National et il avait milité dans l'extrême gauche française. Le 5 janvier 1937, il participa à Paris à un meeting de l’Etoile nord-africaine – prélude à la constitution l'année après d'un Comité nord africain de solidarité et d'aide aux victimes arabes de Palestine – dans lequel on cria « Vive Amin al-Husayni ! La Palestine aux Palestiniens ! ». Trois semaines après le gouvernement de Léon Blum, préoccupé par la croissance du mouvement de libération algérien, procéda à la liquidation de l’ENA, suscitant chez les militants nationalistes une profonde rancœur qui rapidement se transforma en haine pour cette gauche et ce Front populaire qui après avoir donné tant d'espérances aux peuples colonisés, les trahissait maintenant. Profitant de cette situation, Amar Imache prit le commandement de la frange la plus dure et la plus intransigeante, contestant l’orientation de Messali, qui tentait, de son côté, d'éviter une dérive extrémiste du mouvement. Messali savait bien que le violent « anti-judaïsme » d’Imache était partagé par les cadres et par la base du Parti. Quelque temps après, quand le conflit éclata. Messali reçu en prison la visite du pro-nazi Mohammed al-Maâdi, il refusa d’avoir aucun contact avec l'Axe et de collaborer avec l'Allemagne. Entre temps cependant, d'autres s’étaient précipités pour serrer la main que les Allemands leur tendaient. Un Comité de défense du Maghreb arabe, un Comité des réfugiés politiques de l'Afrique du Nord et un Comité pour la défense de la Tunisie s'étaient ainsi installés à Berlin.

    Quelques dirigeants du PPA, qui pressentaient le déclenchement de la guerre, s'étaient par ailleurs occupés, au tout début de 1939, de la création du Comité d'action révolutionnaire nord-africain. En faisait partie : Rashid Amara, 'Abd al-Rahman Yasin, Sherif Bellamin, Mohammed Talebi, 'Omar Hamza, Mahmud 'Abdun, Mohammed Henni, Musa Belkerua, Hadj Shershalli. Désappointés par la gauche française et par le Front populaire, ces cadres de premier plan du nationalisme algérien étaient décidés à commencer dès que possible la lutte contre les forces coloniales présentes en Algérie. Pour se procurer les armes nécessaires ils pensèrent à se tourner vers l'Allemagne. Au printemps 1939, un vieux militant du PPA, 'Abd al-Rahman Yasin, qui en France avait connu, apprécié et fréquenté des agents secrets allemands, favorisa leur rencontre avec les hommes du CARNA. Le 20 juillet 1939, Amara, Talebi, Hamza, Ahmed Flitta et Lakdar, accompagnés par 'Abd al-Rahman Yasin, partirent pour Berlin. Il y furent chaleureusement accueillis et hébergés dans un château. Pendant deux semaines des spécialistes entraînèrent leurs hôtes algériens aux techniques de la guérilla, à la manœuvre des explosifs et au sabotage des installations industrielles. Mais les arabes espéraient aussi des fournitures d'arme, ce qui ne se produisit pas. Les Allemands promirent qu'au moment opportun, il les enverraient, avec des spécialistes en matériel, ajoutant que la guerre avec la France approchait. Peu avant le déclenchement du conflit, les Algériens rentrèrent dans leur patrie avec la promesse que les contacts ne s'interrompraient pas. Avant le départ, il leur fut communiqué qu'ils seraient contactés à Alger dix jours après la déclaration officielle de l'état de guerre entre la France et l'Allemagne.

    Informé des contacts des représentants du CARNA avec les allemands, Messali Hadj fit part de sa totale désapprobation et exigea que ceux qui avaient été en Allemagne démissionnent du Parti. Mohammed Taleb, Messaoud Boukadoum, Mohammed Henri (alias Dakki), Musa Belkerrua et d'autres cadres du PPA furent exclu du Comité directeur du PPA. Messali Hadj à peine sorti de prison, chercha à reprendre le contrôle d’un Parti qui tendait à s'éloigner de sa ligne et dans ce but proposa le poste de secrétaire général à Mohammed Abdoun, qui, à la grande surprise de son chef, refusa en déclarant qu’il était d'accord avec les thèses soutenu par le CARNA, et qu'il estimait qu’il fallait chercher le soutien allemand dans la lutte contre la France.

    L'effondrement de cette dernière, en juin 1940, sembla confirmer le bien-fondé de l'action entreprise par les dirigeants du CARNA. Celui-ci subit alors un coup dur avec la perte d'un de ses cadres, Mohammed Bouras, président des Scouts musulmans d'Algérie. Employé aux bureaux de l'Amirauté, le jeune Bouras avait contacté les officiers allemands de la commissions d'armistice d'Alger et il leur remit imprudemment différents documents secrets auxquels, du fait de son poste, il avait accès. Découvert par la police française, arrêté et poursuivi pour espionnage, il fut condamné à mort et fusillé.

    Le tragique destin de Mohammed Bouras ne fit pas changer d'avis les dirigeants du CARNA décidés à exploiter à fond la défaite française. Quelque temps après, en août 1940, Rashid Amara et Mohammed Abdoun réussirent à s'introduire à l'Hôtel Aletti où résidaient les officiers allemands composant la commission d'armistice. Craignant que la rencontre puisse attirer l'attention du contre-espionnage de Vichy, les Allemands en fixèrent un autre, au Café Palma, dans lequel ils dirent à leurs interlocuteurs arabes qu'ils devraient demander des instructions à Berlin.

    La réponse tardât à arriver, puisque la Wilhemstrasse était très sensible aux arguments et aux demandes de l'ambassadeur allemand à Paris, Otto Abetz, pionner de la politique de la collaboration franco-allemande. Abbetz souligna qu'un soutien ouvert aux nationalistes algérien serait tout de suite interprété, à Vichy, comme une tentative de démembrement de l'Empire français. Il fallait par conséquent choisir entre le soutien à un petit groupe indépendantiste et la politique de collaboration avec la France de Pétain, pour laquelle la sauvegarde de l'Empire constituait une des principales raisons d'existence. En d'autres termes concernant l'Algérie, une politique empreinte d'une grande prudence s'imposait à l'Allemagne et à l'Axe.

    Le CARNA essaya de nouveau, en 1941, avec son délégué Rashid Amara, d'obtenir les armes indispensables pour commencer la lutte contre les Français, mais les Allemands se limitèrent à offrir de l'argent. Déçu, les Algériens se tournèrent alors vers les Italiens, qu'ils réussirent à contacter par l'intermédiaire d'un employé arabe de leur consulat d'Alger, un certain Said. Mohammed Taleb, Rashid Amara, Mohammed Abdoun, Hadj Shershalli et Sî Mohammed Pascià formulèrent aux diplomates italiens la même requête qu’ils avaient faite aux allemands, mais comme ces derniers les Italiens se limitèrent à offrir de l'argent. Déçus et remplis d'amertume, les nationalistes algériens se résignèrent à accepter l'aide financière italienne de trois cent mille francs et retournèrent à leurs cachettes dans le cœur de l'Algérie d'où, quelques années plus tard, serait donné le départ de la lutte armée pour l'indépendance.

    L'Axe se limita à offrir de l'argent aux Algériens. Du reste, si à l'égard de la Tunisie les prétentions de Rome étaient connues de tous, en ce qui concernait l'Algérie l'attitude italienne était plus nuancée. La France craignait qu'à long terme Berlin et Rome, jouant à fond la carte du nationalisme arabe, tentent de provoquer des insurrections dans le Maghreb. Cette crainte ne quitta pas les Français jusqu'en 1943.

    Quant aux hommes du CARNA, quelques-uns continuèrent à collaborer avec l'Axe, d'autres replongèrent dans la clandestinité jetant les bases de l'organisation qui permettrait à l'insu de la police de Vichy, la reconstruction du PPA ; quelque temps après Messali pardonna en effet et réadmit dans le Parti les membres du CARNA.

    Messali Hadj, le 17 mars 1941, accusé d'avoir attenté à la sécurité de l'Etat, avait été condamné à dix-sept ans de travaux forcés et à vingt ans d'interdiction de séjour, à la perte de ses droits civils et à la confiscation de ses biens. Malgré cela, en avril 1943, cinq mois après le débarquement des alliés en Afrique du Nord, il sortit de prison et il put constater comment ses compagnons avaient suivi une route différente de celle qu'il leur avait indiquée.

    Belkacem Radjeff, l'ex-numéro 3 du PPA et Mohammed Igherbouchène dirigeaient la section algérienne du Comité Yâsin et étaient les animateurs des émissions en langue arabe de Radio-Paris-Mondial. Radjef ne faisait pas mystère de ses sympathies pour le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat, à l'intérieur duquel il avait retrouvé une de ses vieilles connaissances, le socialiste Félicien Challaye, rédacteur de l'hebdomadaire L’Atelier, proche du parti. Ensemble, cinq années avant, ils avaient été les organisateurs de certaines manifestations de soutien de la gauche en faveur du Mufti de Jérusalem et de la cause palestinienne.

    A l'intérieur du RNP avait été créé le Front social du travail et au sein de ce dernier s'était constituée l'Union des travailleurs nord-africains qui regroupait environ trois mille membres. Pour diriger cette organisation syndicale, créée dans le but de collaborer avec les Allemands, il y avait deux hommes qui l'avaient pensée et créée au début de l'occupation tudesque. Il s'agissait de deux vieux chefs du PPA, Amar Khider et Si Djilani, qui exerçaient une influence considérable sur la colonie maghrébine en France.

    Khider, déjà avant la guerre s'était engagé politiquement en faisant de la propagande contre la France. Incarcéré pour avoir reconstitué l'organisation nationaliste Etoile nord-africaine, avait été gracié. Selon les services secrets français, après juillet 1940 il fut employé par la deuxième section de l'Abwehrstelle de Paris, pour le travail de « désorganisation morale des indigènes ». De novembre 1943 jusqu'à mai 1944, il fut employé comme agent de la section I/M de l'Abwehrstelle West.

    Libéré au lendemain de la défaite française, le nationaliste algérien participa activement au Front social du travail et en devint, à partir de 1943, avec Si Djilani, un des plus actifs propagandistes. Les deux hommes avaient manifesté, depuis 1939, leur sympathie pour l'Allemagne hitlérienne et les articles pro-allemands qu’à l'époque ils avaient publiés dans l'organe du PPA avaient suscité l'inquiétude de Messali.

    Un autre ancien membre de l'Etoile nord-africaine, Fudil Si Larabi, était entré au Parti populaire français de Doriot en 1938. En 1942, il faisait partie de sa direction, avec Djillali ben Thami. Selon les services de sécurité français, Fudil Si Larabi, orateur célèbre qui avait l'habitude de citer le Coran de manière répétée dans tous ses discours, était alors le secrétaire de la Ligue de défense des musulmans de Paris, poste qu’il occupait sous le contrôle du colonel de la SS Hermann Bickler, qui dirigea, à partir de mai 1943, la section VI du Sichereits-Dienst (Service de sécurité) dans la capitale française. Avec Ben Thami et Amar Naroun (fondateurs de l'Union des étudiants musulmans d'Algérie), les avocats Lawhek et Maradji et l’agha Adjou Sa'id, Fudil Si Larabi faisait partie du Comité musulman de l'Afrique du Nord, présidé par Mohammed al-Maadi. Parmi les Algériens qui en France collaboraient avec l'Axe celui-ci fut probablement le plus célèbre. Fils du Caïd Mahfuz al-Ma'adi, il était né à Tlemcen en 1903. A partir de 1922 étudiant en lettre à la Sorbonne, il avait commencé à faire de la politique au sein de l'immigration, avec l'Etoile nord africaine. Retourné en Algérie en 1929, il fut arrêté en 1933. Officier de carrière, capitaine d'infanterie dans l'armée française, il quitta le service en 1936. Entré tôt en contact avec le PPA, se ralliant par conséquent à ses positions indépendantistes, il s'était ensuite convaincu que le meilleur destin pour l'Algérie était celui d'une unité avec une France rénovée ; il s'était rallié par conséquent à la Cagoule, un petit groupe putschiste d'inspiration fasciste. La conjuration découverte, il finit en prison. Par la suite, il milita dans la première période de l'occupation allemande, au sein du Mouvement social révolutionnaire, pour il passa au parti de Marcel Déat, le Rassemblement national populaire. Il en devint le responsable des questions inhérentes au Maghreb, organisant le Comité RNP nord-africain. Durant la même période, il tissa des contacts avec les cercles indépendantistes algériens présents en France et prit la direction d'une revue mensuelle, er-Rachid, publiée par la communauté algérienne grâce aux subventions allemandes. Tout cela le mena à être expulsé du RNP en tant « qu'anti-français ». En juin 1943, al-Ma'adi, tandis qu'il rendait dans les colonnes du journal un hommage aux soldats du Reich - « Aux pieds des minarets détruits, l'islam prie, avec angoisse, pour les jeunes soldats qui baignèrent de leur sang vertueux la vieille terre libyenne » – se mit en contact avec les responsables de l’espionnage allemand en France, à qui il proposa de créer une force armée pour combattre les Alliés. Grâce au capitaine Wilhem Radecke, de l'Abwehr de Paris, al-Ma'adi rencontra Henri Chamberlain, dit Lafont, chef du bureau de la Gestapo parisienne. Et ce fut Lafont qui s'occupa d'ouvrir, au n° 40 de la rue Lauriston, un bureau de recrutement. Al-Ma'adi avec son bras droit, un certain Brahim, procéda au recrutement d’Arabes et de Kabyles, provenant surtout du quartier dit « de la Goutte d'Or ».

    Près de trois cents hommes furent recrutés pour ce qui fut appelé la Brigade nord-africaine ou encore la Légion nord-africaine. Les hommes fut entraînée à Neuilly, avec le soutien du chef local de la Milice. Ce corps de sécurité fut officiellement constitué le 28 janvier 1944, avec le patronage d'Helmut Knochen, le chef de la Gestapo et du SD en France et ses hommes adoptèrent un uniforme semblable à celui utilisé par la Milice française qui combattait la Résistance.

    Malgré les sentiments nationalistes de nombreux de ses membres, les Allemands - commettant encore une erreur qu’ils avaient déjà faite avec les autres corps arabes -, eurent recours, pour encadrer cette force, aux collaborateurs français qui ne regardaient pas avec beaucoup de sympathie les idées indépendantistes des nord-africains. Le choix se révéla, comme c’était à prévoir, tout autre qu'heureux puisque les membres les plus radicaux de la Légion nord-africaine se considéraient comme le noyau d'une future armée algérienne et non comme un corps de sécurité dont la tâche était celle de combattre les partisans, activité dans laquelle, quoiqu'il en soit, ils donnèrent de bons résultats surtout dans la région de Limoges. Ces combattants, qui furent surnommé la SS Mohammed, se rendirent cependant compte que leur emploi contre la Résistance avait bien peu à faire avec leur objectif qui était celui de mener l'Algérie à l'indépendance et peu après le débarquement en Normandie la majorité des effectifs déserta.

    Après quelques divergences avec Lafont, al-Ma'adi retourna à Paris et comme Déat et d'autres collaborateurs français, en août 1944 – avec quelques survivants de la brigade, sa femmes Mathilde et Denise de Fontfreyde, journalistes de la fois à La Révolution nationale et à er-Rachid ainsi que secrétaire du Cercle franco-musulman que présidait al-Ma'adi – il partit pour l'Allemagne, où il fut accueillit fraternellement par le Grand Mufti. Quelques survivants de la Légion nord-africaine suivirent un destin semblable à leur chef et comme lui réussirent à retourner ensuite en Algérie ; d'autres se cachèrent à l'intérieur de la communauté maghrébine de Paris et de Marseille ; d'autres encore rejoignirent la Légion indienne de Chandra Bose, représentée en France par quelques unités jusqu'à la fin de la guerre.

    Les efforts des Allemands dans le recrutement de la main d'œuvre maghrébine en France connurent une réussite des plus importante. L'organisation Todt, au service de la Wermacht, avait réussi assez facilement à recruter environ dix-huit mille Arabes pour ses unités chargées de la production militaire tandis que de nombreux autres servaient comme Hiwis (auxiliaire volontaire) dans les unités allemandes en garnison en France.

    La disponibilité maghrébine à collaborer avec les Allemands était si élevée qu’elle éveilla des préoccupations chez les autorités françaises de Vichy. Celles-ci donnèrent à la police l'ordre d'empêcher aux Nord-africains l'accès des consulats allemands d'Alger et de Casablanca, devant lesquels des centaines d'Arabes se rassemblaient pour obtenir des contrats de travail leur permettant de rejoindre l'Allemagne. Une telle décision provoqua en juillet 1942 un incident diplomatique entre les Allemands et les autorités de Vichy.

    L'invasion alliée du Maghreb mobilisa les communautés nord-africaines en France ; une délégation de Marocains expatriés se rendit à Berlin où elle remit un don de cent mille francs à la Croix-Rouge allemande et demanda à Grobba d'exercer des pressions sur le ministère des Affaires étrangères afin que soit proclamée l'Indépendance du Maroc. Vers la fin de 1942, alors que la responsabilité des Affaires arabes à Berlin incomba à l'ambassadeur Prüfer, Grobba fut affecté à Paris, avec la tâche de rechercher et de sélectionner les documents français qui pourraient être utilisés dans la propagande arabe du Reich. Les relations avec les colonies arabes en France, après le débarquement allié en Afrique du Nord étaient à la charge des chefs arabes présents à Berlin : Fawzi al-Kawukgji se rendit à Paris pour établir des contacts avec ses compatriotes syriens présents en nombre significatif dans la capitale ; le Grand Mufti envoya son cousin Safwat al-Husayni pour accomplir une tâches analogues. La crise entre les autorités allemandes et celle de Vichy que l'invasion alliée du Maghreb aggravait faisait espérer aux Arabes une rupture définitive du Reich avec Pétain. De nombreux Arabes considéraient qu'ils devaient profiter de l'occasion, bien que celle-ci se présenta tardivement et en dépit de la situation désespérée.

    Le secrétaire de l'ambassade allemande à Paris, Rohring, chargé des Affaires arabes, maintenait des contacts étroits avec les cercles nationalistes maghrébins en France et avec l'émir 'Ali un des quatres fils d’Hussein, le Chérif de la Mecque. Alors que ses frères Faycal et 'Abdallah, après la première guerre mondiale, avaient réussi à obtenir respectivement le royaume d'Irak pour le premier et le royaume de Transjordanie pour le second ; 'Ali avait hérité, lui, de son père le royaume d'Arabie. Il en avait été chassé par Ibn al-Sa'ud et, convaincu d'avoir été trahi par les Anglais, il avait choisi la France comme pays d’exil. Pendant une période d'environ vingt ans Paris lui avait fait entrevoir la possibilité de le nommer – comptant sur l'appui du Parti monarchique local - roi de Syrie, nation dans laquelle les Français avaient imposé une forme d'Etat républicain. Le temps l'avait pourtant déçu l'amenant à la conclusion que jamais les Français dans leur protectorat ne permettraient l'instauration d'une monarchie. L'émir 'Ali se rapprocha par conséquent des cercles indépendantistes cherchant à joindre les deux causes, celle de l’indépendance et celle de la restauration monarchique, et espérant conquérir les partisans de la première à celle qui lui tenait le plus à cœur.

    Rohring, avec l'appui de Grobba et avec le consentement de l'émir, chercha à convaincre Otto Abetz, ambassadeur à Paris depuis 1940, qui désormais il n'y avait plus aucun motif pour tenir compte des arguments des Français et de continuer à condescendre à leurs demandes. Il fallait décider que c’était le moment opportun pour proclamer l'indépendance de la Syrie sous la monarchie d'Alî. Abetz demanda au ministère des Affaires étrangères de Berlin de l'autoriser à exercer une pression sur le Gouvernement de Vichy dans un tel sens. Par l'intermédiaire de Woermann il lui fut répondu qu'à ce moment il était superflu de s'occuper des affaires syriennes puisque les Allemands n'avaient pas les moyens matériels de mettre 'Ali sur le trône de Syrie.

    Le Bureau du Maghreb dirigé à Berlin par le Grand Mufti et parmi les membres duquel se distinguait le destourien Habib Thammer, continuait à travailler en faveur d'une toujours plus étroite collaboration entre les communautés maghrébines résidant en France et les autorités allemandes d'occupation. A Paris, au numéro 118 de l’avenue des Champs Elysée, il y avait le siège du Centre de propagande arabe appelé familièrement le Comité Yasin, du nom de l'animateur du CARNA, 'Abd al-Rahman Yasin. A partir de 1940 le consul du Reich Vassel, les conseillers d'ambassade Kletch et Marr, avec Arpel un orientaliste, avaient apporté l'appui allemand au Comité qui se divisait en trois sections. La tunisienne était dirigée par un ex-leader étudiant Bashir Maddhebi, dont l'action jouissait de l'appui et de la collaboration d'un vieux dirigeant destourien de Gafsa, Slimane ben Ahmed Jirad. Pour diriger la section algérienne on trouvait deux vieux chefs du PPA, animateurs de la section kabyle de Radio Paris-Mondial, Mohammed Igherbouchêne et surtout Belqasem Radjef. Le directeur de la section marocaine était lui un vieux partisan d'Abd el-Krim, de nom Busin. A partir de janvier 1943, pour soutenir l'activité du Comité, il y eut aussi Grobba, alors conseiller diplomatique auprès de l'ambassade du Reich à Paris, en étroit contact surtout avec le SD et l'Abwehr.

    Le journal er-Rachid, qui atteignit un tirage de quatre-vingt mille exemplaires, était le plus enflammé partisan de l'alliance islamo-allemande. Organe du Comité musulman nord-africain, animé par Mohammed al-Ma'adi, par Mohammed Louaieb et Adjou Sa'id, il connut deux parutions distinctes : la première tirée à trente mille exemplaires parût mensuellement de janvier à décembre 1943 ; la seconde hebdomadaire, mais du format d'un quotidien, fut publiée entre janvier et août 1944. Le papier pour l'impression était fourni par George Prade, conseiller municipal de Paris mais aussi une des principales autorités de la presse de l’époque et un collaborateur de Les Nouveaux temps, le quotidien de Jean Luchaire. Er-Rachid était l’organe du Comité musulman nord-africain. Celui-ci créé en avril 1941, avait pour président al-Ma'adi – membre du Comité Yasin – et pour secrétaire Ben Smaïl.

    Le journal se donnait ces objectifs dans son premier numéro la fédération des trois pays maghrébin, l'égalité entre les différentes ethnies nord-africaines, la nécessité d'exproprier les juifs et les traîtres « qui ont fait envahir notre Pays par les anglo-saxons avec l'objectif de s'emparer de nos biens et d'asservir nos personnes ».

    A l'origine « autonomiste » dans le cadre de la collaboration franco-allemande, er-Rachid évolua rapidement dans le sens de la revendication de l'indépendance. Si al-Ma'adi, en mai 1943, publiait pour les Editions France-Empire, L'Afrique du Nord, Terre d'Histoire, dans lequel il stigmatisait l'occupation « judéo-anglo-américaine » en Algérie, quelque mois après, le numéro du journal du 26 janvier 1944 sortait avec le titre suivant : « L'Afrique aux Nord-africains ! Indépendance totale dans la nouvelle Europe ! »

    Dans son numéro d'octobre 1943, le journal lança l'idée de procéder à l'unification de l'Algérie, de la Tunisie et du Maroc et de créer un « grand Maghreb » ; cela après la victoire de l'Axe en laquelle les arabes avaient confiance : « Nos sympathie vont au national-socialisme allemand qui a toujours fait preuve d’une amitié désintéressée à l'égard de l'islam. Nous faisons des vœux pour la victoire du national-socialisme allemand et nous sommes disposés à l'aider de tout nos moyens, y compris avec le recours aux armes. »

    Le 3 février 1944, la revue, qui grâce aux subventions du WESTA de mensuelle était devenue hebdomadaire, publiait un article dans lequel on pouvait lire : « Nous devons profiter des circonstances pour agir, pour nous libérer. Nous confirmons notre volonté de nous libérer des hordes anglo-américaines et les Allemands nous y aideront sans aucun doute. »

    Entre temps les Alliés avançaient inexorablement et il était prévisible que d'ici peu ils traverseraient la Manche et déclencheraient l'attaque contre la France, ouvrant un autre front. Les musulmans de ce pays pourraient dans un tel cas contribuer à entraver leur avance. En mars 1944, Grobba réussit à convaincre l'ambassadeur du Reich à Paris de la nécessité de créer tout de suite un Comité pour les affaires nord-africaines qui étudiât la manière d'utiliser les maghrébins résidents en France et les prisonnier de guerre nord-africains, sur le plan militaire et dans l'édification d'ouvrages de défense. La proposition ne fut toutefois pas acceptée par le ministère allemand des Affaires étrangères et le comité ne vit jamais le jour.

    Débarquée en Normandie le 6 juin, les forces alliés atteignirent Paris le 23 août. Avec les envahisseurs, il y avait les forces de de Gaulle dans les rangs desquelles se trouvaient des Algériens, des Tunisiens et des Marocains, dont un grand nombre d’entre eux auraient préféré combattre pour une autre cause, celle de la libération de leur peuple du colonialisme. Maintenant, paradoxalement, les Allemands, qui n'avaient pas d'abord exploité l'occasion qui s'était présentée, cherchaient avec une intense activité de propagande d'empêcher la campagne de recrutement mis en oeuvre par de Gaulle.

    De tels efforts furent vains ou tout au moins peu efficaces. Du reste, pour les Arabes il était très difficile de comprendre les raisons pour lesquelles l'Allemagne promettait l'indépendance en 1944, quand, en 1940 puis en 1942, elle avait été dans les conditions de l'accorder mais ne l'avait pas fait. Le Reich, qui, en outre, reculait sur tous les fronts, ne pouvait non plus rien faire en appui à une éventuelle révolte des pays nord-africains. L'espérance d'indépendance pour le Maghreb ne devait plus avoir d’espoir que dans le nationalisme arabe ; Hitler, pourtant encore admiré, n'était plus le héros invincible que les Arabes avaient imaginé.
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    Posté par Ben Zetoun, jeudi 5 juillet 2012 à 03:40 | | Répondre
  • ..." La politique (turque) d'Alger est très cruelle envers les Maures et les Arabes ; pour la plus légère faute, on les fait mourir. Baba Ali étant aga essayait souvent son fusil sur les gens de la campagne par pure fantaisie. L'aga d'aujourd'hui dans le temps des bombardements faisait écraser entre deux pierres tout Maure ou campagnard qui se rencontrait dehors. On peut dire en général que le caractère des Algériens tient beaucoup de celui des enfants ; la moindre chose les irrite et leur ressentiment va toujours au-delà des bornes.Ils ne savent pas distinguer le particulier du gouvernement : si un Français quelconque fait quelque chose qui lui déplaît ,ce sont les Français en corps qui sont l'objet de leur mauvaise humeur, et comme des enfants sages, il leur faut aussi des bonbons pour les apaiser "

    ... " Le gouvernement algérien a pour principe de dépouiller les Maures et de leur faire toute sorte d'injustices et de vexations pour les tenir asservis, et cependant dans toutes les circonstances, et surtout les gens de la montagne, on les voit se soulever "... VENTURE DE PARADIS. (P. 129).

    Posté par Ben Zetoun, jeudi 5 juillet 2012 à 04:41 | | Répondre
  • ALRGER EN 182

    " TABLEAU DES DÉPENSES DU GOUVERNEMENT EN 1822 "...
    Dollars espagnols
    ---------Ouvriers, artistes, etc., qui travaillent dans les chantiers 24.000
    ---------Achat de bois de charpente, cordages, etc 60.000
    ---------Solde des officiers de mer et des marins 75.000
    ---------Solde des militaires de tous grades 700.000
    ---------Total 859.000
    SHALÉR. (P. 49).

    ..." Beaucoup d'obstacles se présentent à celui qui veut voyager dans l'intérieur. Il n'y a point de ponts sur les rivières ; et, pour les grandes routes, elles choqueraient la politique du gouvernement. Il les regarde comme pouvant faciliter la marche d'un ennemi, et ouvrir des communications au peuple. Etrange paradoxe ! Le gouvernement pense qu'il est de son intérêt de prévenir ces communications "... PANANTI. (P. 155).

    " LES RUES SONT MAL PAVÉES, SALES, OBSCURES, NON AÉRÉES"...
    .." Excepté la principale rue d'Alger, toutes les autres sont étroites et d'une malpropreté extrême "... SHAW. (P. 292).

    ..." Les rues sont mal pavées, sales, obscures, non aérées...
    ... Nous n'aurions jamais pu avancer au milieu de ces masses, si des gardes qui marchaient devant nous ne nous eussent ouvert le passage en distribuant des coups à droite et à gauche avec une dextérité et une prodigalité toute particulière à ce pays "... BIANCHI. (Relation 1675).

    ..." Il n'y a ni places ni jardins dans la ville "... SHAW (P. 293).
    ---------..." Alger ne possède point non plus d'eau douce "... SHAW (P. 296).
    ---------..." Personne ne peut faire venir l'eau dans sa maison, et un grand, avec grand-peine et en payant, peut en obtenir la permission. Toutes les fontaines sont publiques, et la grâce que l'on accorde plus facilement est de faire une fontaine publique près de la maison d'un grand qui en sollicite l'établissement pour l'avoir à portée "... VENTURÉ DÉ PARADIS. (P. 163).

    ---------..." L'eau qui se perd, soit en buvant, soit en la tirant dans les vases destinés à cet effet, se réunit, et est conduite par d'autres tuyaux dans des égouts et des cloaques où se rendent les ordures des maisons, et qui communiquent à une grande fosse située près de la Marine d'où toutes les immondices se jettent dans le port ; ce qui produit une grande puanteur à la porte du môle durant les chaleurs "... SHAW. (P. 297).

    ..." Il n'y a à Alger, ni dans le reste du Royaume, aucune hôtellerie où les étrangers puissent loger. Il est vrai qu'il en vient si peu dans le pays, que les aubergistes ne gagneraient pas de quoi subsister "... LAUGIÉR DÉ TASSY. (P. 264-265).

    ..." Mais il n'y a à Alger ni auberges ni hôtels pour les chrétiens, ils y seraient d'ailleurs à peu près inutiles, à cause du petit nombre d'étrangers libres qui y abordent. Les chrétiens qui sont appelés à Alger par un motif quelconque descendent, soit chez les personnes auxquelles ils peuvent être recommandés, ou chez les consuls de leurs nations, qui se font toujours un plaisir de les recevoir. Quant aux pauvres voyageurs du pays, il y a des espèces de tavernes tenues dans les bagnes par des esclaves du gouvernement, et où l'on trouve, en payant, à peu près ce qui est nécessaire à la vie "... SHAW. (P. 296)?

    ..." Alger peut avoir 5.000 maisons en comptant 180 maisons juives. Il n'y a dans la ville ni places publiques, ni jardins : les rues y sont extrêmement étroites. Mais on doit observer que les appartements sont toujours bâtis à l'entrée d'une cour plus ou moins vaste, selon la maison, et que ces cours mangent beaucoup de terrain. Alger a l'étendue qu'aurait en France une ville de vingt-cinq à trente mille âmes, et je pense que l'on approcherait de sa vraie population en l'évaluant à cinquante mille âmes, eu égard au nombre des femmes qui sont toujours enfermées et qui n'augmentent jamais la foule. Parmi ces 50.000 âmes, on peut compter 6.000 Couloglis, 3.000 Turcs levantins, 7.000 Juifs, 2.000 esclaves et autres chrétiens, et 32.000 Maures, parmi lesquels seront compris les gens de Biscara, qui font ici l'office que les Savoyards et les Auvergnats remplissent à Paris ; les Zevawis, les Mozabis, les Gerbavis, etc... Je ne compte que 3.000 Turcs à Alger, parce que la garni-son des places, les camps et les sipahis qui sont au service des beys enlèvent toujours une grande partie des 7 à 8.000 Turc levantins "... VÉNTURÉ DÉ PARADIS. (P. 3).

    ..." On pourrait peut-être juger de la population d'Alger par les moulins à farine qu'il y a dans la ville, moulins à meules tournées par des mules ou des chameaux ; il y en a vingt-cinq tenus par les Mozabis, qui font au plus trente mesures chacun par jour "... VÉNTURÉ DÉ PARADIS. (f. 97).

    ..." Il y a différentes opinions sur la population de ce royaume. Il ne s'agit pas ici d'un dénombrement exact ; on ne peut tout au plus qu'en juger approximativement et par comparaison avec d'autres pays, dont les statistiques sont bien connues. Ainsi, considérant le petit nombre des villes commerciales et manufacturières, le despotisme barbare qui pèse sur le pays, et la vie pastorale, qui est encore celle d'un grand nombre de ses habitants, je pense que, malgré les avantages d'un beau climat et d'un sol fertile, la population de ce royaume, pour une surface d'environ trente mille mètres carrés, est plutôt au-dessous qu'au-dessus d'un milion "... SHALÉR. (P. 22).

    ..." Tous ceux qui nous ont donné des descriptions de cette ville (Alger) me semblent avoir mis bien de l'exagération dans l'évaluation du nombre de ses habitants. Le docteur Shaw le porte à plus de cent mille ; pour moi, quand je compare Alger à d'autres villes, dont la population est bien connue, je la réduirais à environ cinquante mille âmes "... SHALÉR. (P. 65-66).

    Posté par Ben Zetoun, jeudi 5 juillet 2012 à 04:48 | | Répondre
  • Peu de terres cultivés et sans intelligence

    )Abbé RAYNAL 1781
    Filippo PANANTI 1818: Relation d'un séjour à Alger.
    " LES TROIS-QUARTS DU TERRITOIRE NE SONT PAS CULTIVES
    " L'industrie est et doit être nulle chez des peuples plongés dans des ténèbres aussi épaisses. On y connaît aucun art agréable, et ceux de nécessité première y sont très imparfaits. Le plus important de tous, l'agriculture, est encore dans l'enfance. Les trois-quarts du terrain sont en friche, et le peu qui est labouré l'est sans intelligence "... RAYNAL (T. I, p. 82).
    " Avec le sol le plus beau de la terre, il est impossible de trouver une contrée qui soit plus négligée que l'Etat d'Alger. Il est à peine besoin de dire que là où les trois-quarts du territoire ne sont pas cultivés, l'agriculture doit être dans le dernier degré d'abandon. A peine le soc de la charrue laisse-t-il une trace sur les terres labourées ; les prairies et les champs réservés pour la pâture sont à la vérité assez bien arrosés ; mais les habitants ignorent absolument l'art d'élever et de nourrir les moutons et les bêtes à cernes. Les jardins sont remplis d'arbres à fruits, mais plantés sans goût et sans aucun ordre.
    ---------Dans l'Etat d'Alger il se fait une grande quantité d'huile d'olives qui en général n'est pas d'une bonne qualité, parce qu'on ne sait pas la bien préparer. On laisse croître l'olivier sans le jamais tailler, et son fruit en souffre beaucoup. Le vin qui est fait par des esclaves chrétiens est aussi bon que celui des Roses, en Espagne; mais il perd aisément son goût et se conserve peu. On fait le beurre en mettant le lait dans une peau de chèvre qui est suspendue et qu'en frappe de chaque côté avec des bâtons, jusqu'à ce que le beurre puisse être foulé par la main. Ces procédés donnent un mauvais goût au beurre, qui de plus se trouve rempli de poils. On mout le blé dans des moulins que trois chameaux font tourner. Les cultivateurs ne connaissent point les engrais des terres, et se bornent à mettre le feu au chaume et aux herbes sauvages, usage qui produit quelquefois de graves accidents ; les flammes s'étendent plus loin qu'on ne voudrait ; elles créent dans l'atmosphère une chaleur étouffante qui se répand avec une affreuse rapidité. Las hommes ainsi que les animaux ont de la peine à se soustraire à ce torrent enflammé "... PANANTI (P. 357 sq).

    Posté par Ben Zetoun, jeudi 5 juillet 2012 à 05:14 | | Répondre
  • Ferhat Abbas

    FERHAT ABBAS
    Wikipedia
    . Il est né dans le hameau de « Bouafroune » (douar de Chahna), à 12 km au sud de Taher (dans l'actuelle commune d'Ouadjana, wilaya de Jijel), le 24 août 1899, dans une famille paysanne kabyle de 12 enfants. Fils de caïd, son père est Saïd Ben Ahmed Abbas et sa mère Maza bint Ali. Sa famille, originaire des Hauts-Plateaux, a dû quitter la région après l'échec de la révolte menée en 1871 par Mohamed El Mokrani. Le grand-père est alors chassé de ses terres par les autorités françaises et reconduit à la condition de fellah. Condamné à être ouvrier-agricole, il descend des Hauts-plateaux pour se rendre sur la côte.
    Entré à l'école à l'âge de dix ans, Ferhat Abbas fait ses études primaires à Jijel et, bon élève, il est envoyé en 1914 faire ses études secondaires à Philippeville (actuelle Skikda). De 1921 à 1924, il fait son service militaire et commence déjà à écrire des articles pour différents journaux sous le pseudonyme de Kamel Abencérages2. Étudiant en pharmacie à la faculté d’Alger de 1924 à 1933, il devient le promoteur de l’Amicale des étudiants musulmans d’Afrique du Nord, dont il est vice-président en 1926-1927, puis président de 1927 à 1931, date à laquelle il transforme l'amicale en association. Il est également élu vice-président de l'UNEF lors du Congrès d'Alger de 1930.
    Lutte contre l'idéologie coloniale
    Ferhat Abbas est d'abord favorable à la politique d'assimilation avec un maintien du statut personnel, il milite activement au Mouvement de la jeunesse algérienne, qui réclame l’égalité des droits dans le cadre de la souveraineté française.
    En 1931, il publie le livre Le Jeune Algérien, regroupant notamment ses articles écrits dans les années 1920, et dont la thèse se rapporte à la lutte contre la colonisation pour assurer l'entente entre les Français et les Algériens musulmans. Il dénonce notamment « 100 ans de colonisation française ». Dans ce livre, il est aussi question d'« algérianité », de convoitise des colons, d'État algérien et d'islam : « Nous sommes chez nous. Nous ne pouvons aller ailleurs. C’est cette terre qui a nourri nos ancêtres, c’est cette terre qui nourrira nos enfants. Libres ou esclaves, elle nous appartient, nous lui appartenons et elle ne voudra pas nous laisser périr. L’Algérie ne peut vivre sans nous. Nous ne pouvons vivre sans elle. Celui qui rêve à notre avenir comme à celui des Peaux-Rouges d’Amérique se trompe. Ce sont les Arabo-Berbères qui ont fixé, il y a quatorze siècles, le destin de l’Algérie. Ce destin ne pourra pas demain s’accomplir sans eux »3.
    Diplômé docteur en pharmacie en 1933, il s’établit à Sétif où il devient rapidement une importante figure politique en devenant conseiller général en 1934, conseiller municipal en 1935 puis délégué financier. Il adhère à la Fédération des élus des musulmans du département de Constantine en tant que journaliste au sein de son organe de presse, l'hebdomadaire L’Entente franco-musulmane (communément appelé « L’Entente »), et se fait très tôt remarquer par son président le docteur Bendjelloul qui le promeut, en 1937, rédacteur en chef du journal. Plus radical dans son combat et dans ses revendications, dénonçant notamment le « code de l'indigénat », il fonde son propre parti en 1938, l’Union populaire algérienne. L'Entente devient alors une véritable tribune politique pour Ferhat Abbas.
    Vers la cause nationaliste
    La période de la Seconde Guerre mondiale joue un rôle important dans l'évolution de Ferhat Abbas, en mettant un terme à ses espoirs d'« égalité dans le cadre d’une souveraineté française », le convainquant que le colonialisme était « une entreprise raciale de domination et d'exploitation » dans laquelle même les élites républicaines françaises les plus éclairées étaient entièrement impliquées5.
    Ferhat Abbas est engagé volontaire dans l’armée française en 1939 Le 10 avril 1941, il adresse au maréchal Pétain, chef du régime de Vichy, un rapport intitulé « L'Algérie de demain », attirant son attention sur le sort des indigènes musulmans et réclamant prudemment des réformes : Pétain lui répond poliment, mais ne prend aucun engagement6. Après le débarquement allié en Afrique du Nord, Abbas se tourne vers l'amiral Darlan, maintenu au pouvoir par les Alliés, mais ce dernier fait, pour le sort des musulmans comme pour celui des juifs d'Algérie, le choix de l'immobilisme7.
    Ferhat Abbas publie, le 10 février 1943, un manifeste demandant un nouveau statut pour l’Algérie, qui va beaucoup plus loin que ses précédentes requêtes : le « Manifeste du peuple algérien »8, suivi d'un additif en mai, un « Projet de réformes faisant suite au Manifeste du Peuple algérien » faisant notamment allusion à une « nation algérienne ». Le projet est alors soumis à la Commission des réformes économiques et sociales musulmanes tout juste créée par le gouverneur général Peyrouton. Mais son successeur, le général Georges Catroux, bloque le projet et rejette les initiatives prises par Ferhat Abbas qui est, de septembre à décembre, assigné à résidence à In Salah par le général de Gaulle, chef du Comité français de la Libération nationale.
    De Gaulle répond par la suite en partie aux réclamations des musulmans : par les décrets du 7 mars 1944, il permet l'accession de dizaines de milliers de musulmans à la citoyenneté française, sans pour autant toucher au statut coranique, et constitue des assemblées locales comptant deux cinquièmes d'élus indigènes. Abbas et ses amis jugent cependant ces concessions insuffisantes6. Le 14 mars 1944 Abbas crée l’association des Amis du manifeste de la liberté (AML) soutenu par le cheikh Brahimi de l'Association des oulémas et Messali Hadj. En septembre 1944, il crée l’hebdomadaire Égalité (avec pour sous-titre Égalité des hommes - Égalité des races - Égalité des peuples)10. Au lendemain des émeutes de Sétif de mai 1945, tenu pour responsable avec Mohammed Bachir et Chérif Saâdane, il est arrêté et l'AML est dissoute. Libéré en 1946, Ferhat Abbas et son compagnon de cellule Chérif Saâdane également arrêté pour le massacre de Sétif fondent l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA). En juin, le parti obtient onze des treize sièges du deuxième collège à la seconde Assemblée constituante et Ferhat Abbas est élu député de Sétif.
    Combat indépendantiste
    Après le refus à deux reprises de son projet sur le statut de l'Algérie, il démissionne de l'Assemblée en 1947. Il durcit alors ses positions, l’hebdomadaire l’Égalité devient, en février 1948, Égalité - République algérienne puis République algérienne en juin de la même année10. Alors qu'il y annonce dès 1953 une rupture imminente et définitive11, le Front de libération nationale (FLN) lance le 1er novembre 1954 les premières actions armées12 et marque le début de la « révolution algérienne ».
    Il rejoint, d'abord secrètement, en mai 1955 le FLN, après plusieurs rencontres avec Abane Ramdane et Amar Ouamrane, puis annonce publiquement son ralliement et la dissolution officielle de l'UDMA lors d'une conférence de presse au Caire le 25 avril 1956. Dès le 20 août 1956, à l'issue du congrès de la Soummam, il devient membre titulaire du CNRA (Conseil national de la révolution algérienne), puis entre au CCE (Comité de coordination et d'exécution) en 1957. Ferhat Abbas devient ensuite président du premier gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) à sa création le 19 septembre 1958, puis du second GPRA, élu par le CNRA en janvier 1960. En août 1961, considéré comme n’étant pas assez ferme face au gouvernement français9, il est écarté du GPRA et remplacé par Benyoucef Benkhedda.
    À l'indépendance de l'État algérien, lors de la « crise de l’été 1962 »13, opposant le GPRA de Benkhedda et le bureau politique du FLN, Ferhat Abbas rallie le 16 juillet les partisans de Ben Bella, tout en désapprouvant le principe de parti unique retenu par le programme du congrès de Tripoli14. Il succède à Abderrahmane Farès, président de l'exécutif provisoire, et devient le président, élu par 155 voix contre 36 blancs ou nuls, de la première Assemblée nationale constituante (ANC) fixée le 20 septembre, faisant fonction de chef de l'État à titre provisoire. Le 25 septembre 1962, il proclame la naissance de la République algérienne démocratique et populaire15.
    Militant démocrate
    Il quitte ses fonctions le 15 septembre 1963 suite à son profond désaccord avec la politique de « soviétisation » de l'Algérie par Ahmed Ben Bella dénonçant « son aventurisme et son gauchisme effréné »16 qui l'exclura du FLN et l'emprisonnera à Adrar dans le Sahara la même année. Il est libéré en mai 1965, à la veille du putsch du 19 juin par Houari Boumédiène.
    Retiré de la vie politique, mais toujours militant et fervent démocrate, il rédige avec Benyoucef Benkhedda, Hocine Lahouel, ex-secrétaire général du PPA-MTLD, et Mohamed Kheireddine, ex-membre du CNRA, en mars 1976, un « Appel au peuple algérien »17, réclamant des mesures urgentes de démocratisation et dénonçant « le pouvoir personnel » et la Charte Nationale élaborée par Boumédiène. Il est alors une nouvelle fois assigné à résidence jusqu’au 13 juin 1978. En 1980, il publie ses mémoires dans Autopsie d’une guerre puis, en 1984, dans L’Indépendance confisquée, virulente dénonciation de la corruption et de la bureaucratie, qui régnait en Algérie, engendrée par les régimes successifs de Ben Bella et Boumedienne9. Il est décoré au nom du président alors en exercice, Chadli Bendjedid, le 30 octobre 1984, de la médaille du résistant dans sa villa du quartier de Hussein Dey.
    Ferhat Abbas est mort à Alger le 24 décembre 1985. Il est enterré au carré des martyrs du cimetière El Alia d'Alger.

    Posté par Ben Zetoun, jeudi 5 juillet 2012 à 23:49 | | Répondre
  • PETROLE ALGERIEN

    Catalogue / Documents / Histoire secrète du pétrole algérien
    Histoire secrète du pétrole algérien
    Hocine MALTI

    La principale richesse de l'Algérie, son pétrole et son gaz, n'est plus source de bonheur pour son peuple. La volonté d'accaparement de la rente pétrolière par ses dirigeants, politiques et militaires, a plongé des pans entiers de la société dans la misère, tandis que les jeunes n'ont qu'une envie : quitter le pays. Afin de pérenniser leur pouvoir, ces dirigeants ont mis en place, derrière une démocratie de façade, un régime qui ne repose que sur deux piliers : la corruption et la police politique.
    Pour comprendre comment l'Algérie en est arrivée là, il est essentiel de connaître la dimension la plus ignorée de son histoire contemporaine : celle de son pétrole. C'est cette histoire que brosse dans ce livre Hocine Malti, qui participa comme jeune ingénieur à la création de l'entreprise algérienne des pétroles, la Sonatrach. Montrant comment les premières découvertes de gaz et de pétrole sahariens en 1956 ont conduit la France à prolonger de plusieurs années la conclusion de la guerre d'indépendance, il révèle aussi les dessous de la collaboration conflictuelle entre sociétés pétrolières françaises et le jeune État algérien dans les années 1960, jusqu'à la nationalisation de 1971 par Boumediene.
    Riche de détails inédits et d'expériences vécues, ce livre explique comment les dirigeants d'un des pays leaders du tiers monde ont mis ensuite à profit la manne pétrolière pour garnir leurs comptes en banque et acheter le silence des grandes démocraties sur les dérives du régime, tuant ainsi dans l'oeuf toute tentative d'expression démocratique en Algérie. Et comment les milliards de dollars des hydrocarbures sont toujours aujourd'hui au coeur des règlements de comptes permanents entre les différents clans du pouvoir.

    Posté par Ben Zetoun, vendredi 6 juillet 2012 à 01:44 | | Répondre
  • ALGERI C'EST L'ENFER SUR TERRE

    L’ALGERIE UN TERRITOIRE OU L’ON NE PENSE QU’A EXTERMINER L’AUTRE ET OU ON EVENTRE LES FEMMES.
    FLORILEGE DU PAYS DE LA BARBARIE OU L’ON REDEVIENT BARBARE
    L’ALGERIE TERRE D’HORREUR ET DE TERREUR PATHOLOGIQUEMENT ATTEINTE PAR LA HAINE.
    L’ENFER SU TERRE EXISTE C’EST L’ALGERIE
    1/Dans son ouvrage Esclaves chrétiens, maîtres musulmans : L’esclavage blanc en Méditerranée, Davis se penche également sur la traite des Blancs pratiquée en Méditerranée par ceux que l’on nommait alors les Barbaresques. Cette traite a duré près de trois siècles et a causé plus d’un million de victimes.
    2/ Abdel Kader faisaient égorger les tribus dissidentes ou ralliées à la France. Bugeaud prendra le relai pour soumettre les tribus vivant du pillage et sera pratiquée les odieuses enfumades
    Traité du camp des Figuiers Valmy (El Kerma) : L'autorité d'Abd el-Kader fut alors remise en cause par des tribus liées au pillage : les aghas Benaouda Mazari, chef des Zmalas, et Mustapha ben Ismael, chef des Douars qui avait été agha avant la conquête, ne voulaient pas se soumettre à quelqu'un qu'elles considéraient comme un usurpateur. Ils se joignirent à un autre chef, l'agha Kadour Ben El-Morsly, placé à la tête des Bordja et chef des Beni Aâmer (Nomade), une des plus populeuses tribus de la province qui refusaient de continuer à payer zakât (l’achour), alléguant que la cessation de la guerre rendait cet impôt inutile, et qu'ils ne reconnaissaient pas pour leurs maîtres les infidèles et leurs alliés.
    Abd el-Kader rassembla au plus vite ses cavaliers dans les environs de Mascara et surprit plusieurs villes laissées sans défense. Mais il eut l'imprudence d'établir son camp sur la lisière de la forêt de Zétoul, dans le pays des rebelles. Au milieu de la nuit, les Douars mirent en fuite une partie de ses troupes, enlevèrent son camp au galop, et le forcèrent à rentrer presque seul à Mascara. À cette nouvelle, Sidi el-Arubi leva l'étendard de la révolte, les autres chefs des mécontents imitèrent son exemple, et Abd el-Kader se vit entouré d'ennemis.
    Au lieu de profiter de ces divisions, les Français intervinrent contre les révoltés de sorte qu'ils rendirent Abd el-Kader plus puissant après cet échec qu'il ne l'était auparavant.
    L'attitude d'Abd el-Kader inquiéta une secte de fanatiques, qui fit éclater une révolte contre lui, en prêchant la guerre sainte, avec à leur tête d'importants personnages, entre autres, le frère d'Abd el-Kader, Sidi Mustapha, ancien caïd des Flittas. Les Français prirent encore parti pour celui-ci et l'armée de l'émir parvint à vite mater la révolte.
    À la suite du traité de la Tafna, Abd-el-Kader fait égorger la tribu des Ben Zetoun qui se trouve sur la partition dont il a autorité, 1 600 en réchappent et seront recueillis par les Français.
    Le massacre de la tribu des Ben Zetoun désigne la mise à mort par l'émir Abd El Kader des membres d'une tribu de la Régence d'Alger en 1837, durant la conquête de l'Algérie par le corps expéditionnaire des Troupes d'Afrique. Cet évènement est une conséquence directe du Traité de Tafna conclu entre l'émir Abd El Kader de la Régence d'Alger et le général Bugeaud de la Monarchie de Juillet le 30 mai1837.
    Abd el-Kader cherchait depuis longtemps à sortir de sa province, un incident lui en donna l'occasion. Un chéliff nommé Hadji Mouça prétendait avoir trouvé le moyen d'empêcher les canons et les fusils des infidèles de partir. Mouça, à la tête d'importantes troupes, s'empara de Médéa et de Miliana, mais Abd el-Kader l'attaqua et le défit entièrement.
    3/Le bandit Arezki Lbachir :’En somme qu’avez-vous à me reprocher, vous autres Français, ? Demanda-t-il ?Ne suis-je pas au mieux avec les colons et ai-je jamais porté aucun tort ? Au contraire, je débarasse le pays d’un tas de fripouilles indigènes, ce que vos gendarmes n’ont jamais pu faire » (Violard P 130)
    3/En 1881 Guy de Maupassant constate que les autochtones de la Régence ne pense qu’a exterminer « l »Arabe » en fait l’autre qui n’est pas urbain.
    Guy de Maupassant : Province d'Alger. Texte établi à partir des articles Les Oulad-Naïl et Le Ramadan parus dans Le Gaulois des 11 et 25 août 1881 et publié dans le recueil de voyage Au soleil.
    Numérisation et mise en forme HTML (8 décembre 1997) : Thierry Selva
    « Les Algériens, les vrais habitants d'Alger ne connaissent guère de leur pays que la plaine de la Mitidja. Ils vivent tranquilles dans une des plus adorables villes du monde en déclarant que l'Arabe est un peuple ingouvernable, bon à tuer ou à rejeter dans le désert. »

    4/On a entendu à Sétif le 8 Mai 1945 « n'katlou ennessara ». ....... « Tuons les Européens »
    En Mai 1945 à Alger, un trac est distribué pendant plusieurs jours : « Frères musulmans, la bête impérialiste se défend ! A vous de l’exterminer. »
    Toutes les manifestations du 8 mai 1945 réclamaient en Algérie la libération de Messali et l’indépendance immédiate de l’Algérie.Il a été constaté par la Commission d’enquête que un bon nombre de manifestants dits pacifistes par la propagande officielle dans les villes étaient armés de matraques, de couteaux, de haches, de sabres, de révolvers
    5/Messaoud Boukadoum : la colonisation s’est attaquée « au patrimoine moral et intellectuel de notre peuple »

    6/« A moins d’être aveugle ou traitre, on peut avancer sans crainte, que la presque totalité des Algériens musulmans vomissent la forme actuelle de l’administratiin régalienne chargée de l’Algérie. »Marcel Reggui ouAmhoud Regui baptisé Marcel. Les massacres de Guelma.
    7Ferhat Abbas, en mettant un terme à ses espoirs d'« égalité dans le cadre d’une souveraineté française », le convainquant que le colonialisme était « une entreprise raciale de domination et d'exploitation » dans laquelle même les élites républicaines françaises les plus éclairées étaient entièrement impliquées5.
    Il apparaît que les premières réussites sociales des autochtones sont vécues comme une concurrence au lobby des citoyens français qu’ils soient issus de France , qu’ils soient Algériens naturalisé, ou qu’ils soient Français de confession juives.On peut dire que le système colonial est une société qui ne parvient pas à assurer une intégration loyale des autochtones comme concurent économique.
    8/ Massacre du village pro MNA de Melouza par le FLN qui fera porter ce crime à l’armée française. le colonel Mohammedi Said reconnaît avoir donné l'ordre d'exécuter les villageois de Melouza
    Une première expédition armée ayant été repoussée définitivement, le chef de la willaya (Kabylie), le colonel Mohammedi Said, décide de reprendre, au matin du 28 mai 1957, la situation en main et de faire un exemple en employant les grands moyens. Six Katibas de l'Armée de libération nationale (ALN), branche armée du FLN, commandées par le capitaine Arab assisté du lieutenant Abdelkader El Bariki3 convergent sur Melouza et encerclent le douar. Elles regroupent au total 350 hommes bien armés. Les maquisards, présent sur les lieux, tentent de les stopper mais la résistance est brisée. Au début de l'après-midi, les troupes du FLN, maitresses des lieux, font sortir des gourbis (huttes) tous les hommes du village et les rassemblent sur la place. Les prisonniers sont conduits à Mechta Kasba, un hameau situé à proximité. Là, ils sont systématiquement massacrés à coup de pioche, de couteau, de hache. Dans les maisons et les ruelles transformées en abattoir, l'armée française, à son arrivée sur les lieux deux jours plus tard, dénombrera 315 cadavres4.
    Le FLN a tenté de faire porter la responsabilité du massacre à l'armée française par le biais d'un tract accusateur et mensonger :
    « Un drame affreux vient d’ensanglanter la terre algérienne déjà si éprouvée par les crimes sans nom d’un colonialisme aux abois. Toute la population mâle du douar de Melouza a été sauvagement assassinée. Si ce carnage s’inscrit normalement dans la longue liste des crimes collectifs organisés avec préméditation et exécutés froidement par l’armée française dite de « pacification », il dépasse de beaucoup tout ce que tout esprit sain peut imaginer. Aux crimes délibérés s’ajoute cette fois une exploitation politique savamment orchestrée. [...] En fait, l’abominable machination politico-militaire tend à démontrer qu’avec le départ de la France, l’Algérie serait à feu et à sang. [...] C’est pourquoi, le F.L.N. peut s’adresser solennellement à la conscience universelle pour proclamer à la face du monde civilisé son indignation devant la sauvagerie de cette tuerie dont seule l’armée française assume l’entière responsabilité. »1
    9/ La devise du GIA « Du sang, du sang. De la destruction, de la destruction. Ni trêve, ni dialogue, ni réconciliation!».
    La guerre de l’Armée islamiste du Salut contre les civils et les autorités algériennes (« décennie noire », « décennie du terrorisme », « années de braise » selon Hamit Bozarslan1) opposa le gouvernement algérien, disposant de l’armée nationale populaire et divers groupes islamistes à partir de 1991.
    Tout comme le FIS, le GIA est divisé en deux clans, les salafistes qui cherchent à mettre au point une révolution islamique mondiale et les djazaristes qui cherchent à prendre le pouvoir en Algérie
    En 1993, la division entre les mouvements de guérilla devint plus claire. Le MIA et le MEI, concentrés dans le « maquis », essayèrent de développer une stratégie militaire contre l'État, visant plus particulièrement les services de sécurité et sabotant ou bombardant les établissements d'État. Depuis sa création, le GIA était concentré dans les secteurs urbains, préconisait et appliquait le massacre, quiconque soutenait le pouvoir, y compris les employés de l'État comme les professeurs et les fonctionnaires. Il assassina des journalistes et des intellectuels (comme Tahar Djaout), disant que « Les journalistes qui combattent l'islamisme par la plume périront par la lame »7. Il intensifia ses attaques en visant les civils qui refusèrent de respecter ses interdictions, puis il commença à massacrer des étrangers, fixant un ultimatum d'un mois avant leur départ « n'importe qui dépassera le délai d'un mois sera responsable de sa mort »8. Après quelques massacres remarquables, pratiquement tous les étrangers quittèrent le pays ; l'émigration algérienne (souvent illégale) augmenta aussi sensiblement, car les gens cherchaient une issue au conflit. En même temps, le nombre de visas accordés aux Algériens par les autres pays chuta sensiblement.
    On estime qu'elle coûta la vie à plus de 60 000 personnes2, d'autres sources avancent le chiffre de 150 000 personnes3, (avec des milliers de disparus et des centaines des milliers de déplacés ou exilés.) Le conflit armé se termina par la victoire du gouvernement, suivi de la reddition de l'armée islamique du salut et la défaite en 2002 du groupe islamique armé (GIA). Cependant, des combats continuent toujours dans certains secteurs.
    Au cours des dix dernières années, l'Algérie a vécu une agression du terrorisme islamiste dont le but était la destruction de la République, l’anéantissement de la démocratie naissante, la suppression des libertés pour instaurer une théocratie islamique au nord de l'Afrique. Le terrorisme islamiste a commencé à se manifester depuis les années 80, avec le MIA de Bouyali, dans un pays n'ayant que 20 ans d'indépendance, au sein d'une société en pleine mutation et désorientée par les échecs d'un régime, certes nationaliste, mais miné par les problèmes d'après-indépendance. Dans ce contexte, l’Armée Nationale Populaire à développée une stratégie pour combattre et vaincre les différents groupes terroristes qui ont sévi en Algérie depuis les année quatre-vingt-dix
    En août 1996, Antar Zouabri promulgue une fatwa déclarant apostat tout Algérien qui refuse de prendre les armes contre le pouvoir9. À ce titre il organise des massacres de civils à Rais (29 août 1997 près de 400 morts, Bentahla (du 22 au 23 septembre 1997, 300 morts, 67 blessés. un médecin et 5 femmes enlevés), Sidi Yourte et à Relizane (31 décembre 1997, 517 personnes assassinées au total, la plupart à l’arme blanche, dont plus d’une moitié de femmes et d’enfants; janvier 1998, 62 morts) ... Il revendique ses tueries dans un communiqué publié à Londres le 25 septembre 1997 à 13h30.

    Posté par Ben Zetoun, vendredi 6 juillet 2012 à 10:40 | | Répondre
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