dimanche 25 mars 2007

la maternité maréchale Lyautey à Rabat

Diapositive1
Rabat, la maternité



la maternité maréchale Lyautey

de Rabat

réponse à une question posée par "rakkouch"


Sous forme de commentaire à un article de ce site, une question nous a été posée par "rakkouch", le vendredi 23 mars 2007 :

naissance

Marocaine d'origine, je suis née à Rabat entre 1958 et 1960 ??? Je vis dans la région toulousaine. Je voulais vous demander si à Rabat à cette époque là, a existé un hôpital Lyautey et quelle était sa fonction principale. Je vous remercie d'avance de votre réponse qui a beaucoup d'importance pour moi.

Nous remercions Marie-Claire Micouleau-Sicaut, auteur du livre Les médecins français au Maroc, combats en urgence (1912-1956) et d'un article récent ici-même, de bien vouloir répondre à cette question :

___________________________________________


Bonjour et merci de votre courrier.

Il n'existe pas à ma connaissance d'hôpital Lyautey à Rabat mais bien une MATERNITE MARECHALE LYAUTEY  que la maréchale avait créée dans les années 30 et à laquelle elle avait ajouté un orphelinat mixte (toutes confessions et origines)

L'oeuvre sociale de la Maréchale Lyautey n'est pas très connue et pourtant elle a fait beaucoup développer l'action sanitaire au Maroc, en coordination avec la Direction de la Santé Publique  du Maroc.

Le colonel Geoffroy, qui préside l'association Maréchal Lyautey, sise à Thorey-Lyautey a écrit un article biographique sur cette personnalité peu connue et il est en train d'ouvrir une salle Maréchale Lyautey au château de Thorey qui est devenu le musée Lyautey.

Je vous joins son article qui me parait très intéressant pour faire découvrir cette femme remarquable dont le souvenir est un peu oblitéré par celui de son illustre mari. Je vous joins aussi une photo.

Bien cordialement.

Marie-Claire Micouleau-Sicault


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Madame la maréchale Lyautey



la Maréchale Lyautey

colonel Pierre GEOFFROY


Inès de Bourgoing est née à Paris, le 5 janvier 1862. Elle fut une grande dame et le recul du temps nous permet de mieux mesurer l'étendue de son action généreuse et humaine peu connue en raison de sa grande discrétion. Il est certain qu'elle a fait œuvre de pionnier et a ouvert la voie à bien des évolutions.

Veuve en 1900 du colonel Fortoul, elle a initié au début du siècle des actions qui, dans le domaine humanitaire et social, ont devancé des actions plus structurées du type "Infirmières sans frontières". Après son mariage, en 1909, avec le général Hubert Lyautey, son champ d'activités se trouve élargi. Épouse dévouée autant que femme d'action, elle a harmonieusement complété au Maroc l'œuvre du Résident Général, qui disait volontiers qu'elle était "son meilleur collaborateur".

frenchredcross

Présidente du Comité central des dames de la Croix Rouge Française, cette filleule de l'Impératrice Eugénie fut la première femme à être élevée au grade de Grand Officier de la Légion d'Honneur pour récompenser son œuvre sociale, ainsi qu'au grade de Grand Officier de l'Ordre du Ouissam Alaouite en reconnaissance de son œuvre au Maroc.

Son père, le baron Philippe de Bourgoing (1827-1882), d'une vieille famille du Nivernais, fut, comme officier, le grand écuyer de Napoléon III, avant de devenir Inspecteur du Service des Haras. Il fut élu cinq fois député de la Nièvre. Sa mère, Anne-Marie Dollfus (1837-1917), était d'une ancienne famille noble de la République de Mulhouse, rattachée à la France en 1798. Elle était la petite fille de Johannès Dollfus, dernier bourgmestre de cette ville libre. Dame d'honneur de l'Impératrice Eugénie, elle lui demanda à la naissance d'Inès, la faveur d'être la marraine de l'enfant, dont le frère aîné a été l'aide de camp du Maréchal Canrobert.

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Anne-Marie Dollfus (1837-1917), la mère
d'Inès de Bourgoing

Inès, élevée aux Tuileries, reçut l'éducation très stricte des jeunes filles destinées aux cérémonies de la cour. Elle en garda le sens du devoir, celui qui fait passer au second plan les problèmes personnels et une faculté d'adaptation face aux situations les plus variées et les plus délicates.

En 1880, à l'âge de 18 ans, elle épouse le capitaine d'artillerie Joseph Fortoul, fils du ministre de l'Instruction publique et des Cultes de Napoléon III. Ce jeune officier, entré à l'École Polytechnique en 1867, avait combattu pendant la guerre de 1870, puis avait fait partie de la mission envoyée au Japon pour organiser la nouvelle armée du Mikado. Le temps de suivre à Paris les cours de l'École Supérieure de Guerre, d'épouser Inès de Bourgoing et il partait en Indochine d'où il revient grièvement blessé. À 53 ans, alors qu'il commande le 3ème Régiment d'Artillerie à Castres, il décède subitement, le 1er octobre 1900, d'un accident cardiaque.

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Castres, un régiment d'Artillerie (le 9e, pas le 3e...) au début du siècle

À 39 ans, Inès Fortoul se retrouve veuve avec deux fils déjà adultes. Antoine (1881-1963), aspirant de marine participe à la guerre des Boxers en Chine et Mathieu (1882-1969), sur le point d'entrer à l'École de Cavalerie de Saumur, sert au 3ème Dragons à Nantes. Leur petite soeur, Victoire, était décédée, en août 1888, à l'âge de 20 mois.

Portée vers le service des autres, elle va désormais leur consacrer tout son temps. Elle songe à aller soulager la misère dans les colonies, mais il lui faut une formation et une expérience. Aussi décide-t-elle de de suivre les cours d'infirmières. Son diplôme acquis en 1901, elle entre à la Société de Secours aux Blessés Militaires (S.S.B.M.), composée uniquement de bénévoles. Après quelques années de service à l'hôpital Beaujon, à Paris, un champ d'action répondant à son attente et à son besoin d'action va s'offrir à elle.
En août 1907, en effet, le détachement du Général Drude a débarqué au Maroc et se maintient difficilement à Casablanca. Dans le domaine sanitaire, tout est à faire. Madame Fortoul, devenue infirmière-major, part à la tête d'une équipe d'nfirmières volontaires expédiée en hâte par la S.S.B.M. Les conditions de vie et de travail sont précaires et le service est particulièrement dur.

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infirmières de la Société de Secours aux Blessés Militaires à Casablanca, 1907-1908

Comme il est difficile de les soigner à Casablanca, les blessés et malades graves, sont évacués par la marine nationale et accompagnés par des infirmières jusqu'à Oran, où le général Lyautey commande la Division. Celui-ci, envoyé en mission au Maroc en octobre 1907, accepte de prendre à bord du torpilleur qui l'emmène trois de ces infirmières C'est au cours de la traversée qu'il va faire la connaissance d'Inès de Bourgoing qui allait devenir sa femme.
Inès, à peine rentrée en France, repart à la tête d'une équipe à Messine où, le 28 décembre 1908, un tremblement de terre a enseveli sous les décombres plus de 80.000 habitants. Leur dévouement et leur compétence font l'admiration du corps de santé italien et leur valent décorations et reconnaissance émue de la Reine et de la Duchesse d'Aoste (princesse Hélène d'Orléans).

Casablanca_Nancy
Ambulance de l'Hôpital de Casablanca. Le brigadier
de Spahis salue une infirmière du Comité de Nancy
qui l'a soigné à Casablanca, 1909

Aprés leur mariage célébré à Paris le 14 octobre 1909, Hubert Lyautey âgé de 55 ans et sa femme Inés, de neuf ans sa cadette, rejoignent l'Algérie où le Général commande toujours la Division d'Oran. Fin 1910, il est promu au commandement du Xème Corps d'Armée à Rennes. En mars 1912, le voici nommé Résident Général de France au Maroc. Tous deux, en parfaite harmonie, vont marquer l'évolution et le développement de ce pays d'une empreinte indélébile.

Au Maroc, le nom de Madame Lyautey demeurera indissolublement lié à la création et à l'organisation de la majorité des œuvres d'assistance à l'enfance : gouttes de lait, pouponnières, crèches, orphelinats, jardins de soleil. La "Maternité Maréchale Lautey", première maternité du Maroc comprend aussi pouponnnière, crèche, garderie, goutte de lait et consultation infantile, un modèle du genre qui a conquis d'éminents maîtres de la puériculture francais et étrangers. C'est à la maréchale Lyautey que l'on doit aussi les premiers dispensaires antituberculeux, les premières colonies de vacances du Maroc ainsi que les écoles d'infirmières.

Douée d'une prodigieuse et inlassable activité, voyant droit et juste, appréciant aussi rapidement les possibilités matérielles que la valeur des collaborations qui s'offrent à elle, la maréchale Lyautey manifeste au Maroc les qualités maîtresses des grandes réalisatrices. Son œuvre sociale ne se limite pas à l'enfance. Fille, femme et mère de militaires, c'est tout naturellement sur la troupe aussi que se penche sa sollicitude, singulièrement sur les merveilleux combattants que furent les Tirailleurs et Spahis marocains, et sur la Légion Étrangère. Avec l'aide de la Croix-Rouge elle fonde la Maison de convalescence de Salé, près de Rabat, aussi plaisante que confortable, destinée aux légionnaires et soldats convalescents privés de famille. En complément, elle leur crée, à la Balme-les-Grottes dans l'Isère, une maison de retraite Elle reçut le titre envié et peu courant de "1ère classe d'honneur de la Légion Étrangère".

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Maison de convalescence de Salé, fondée par la maréchale Lyautey

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Maison de convalescence de Salé, peinte par Tranchant de Lunel, 1913

Rentrée en France avec le Maréchal en octobre 1925, tous deux sont tantôt dans leur château à Thorey où ils ont fait contruire pour le village un dispensaire familial et une maison pour les jeunes, véritable MJC avant la lettre, tantôt à Paris. Elle déploie une inlassable activité et devient, en 1926, présidente du Comité Central des Dames de la Croix Rouge Française.

Après la mort du Maréchal, le 27 juillet 1934, partageant sa vie entre la France et le Maroc elle continue à faire preuve d'un légendaire dévouement. À Paris, la Maréchale, s'intéresse au sort des Marocains, étudiants en particulier, à la vie de l'lnstitut musulman de la Mosquée de Paris, aux malades de l'Hopital musulman de Bobigny. Au Maroc, elle prend part aux travaux de la C.R.F. présidant les Assemblées générales de tous les Comités aux œuvres, aux initiatives desquelles elle ne cesse de s'intéresser. En 1938, elle résilie ses lourdes fonctions à la tête de la Croix Rouge Française pour pouvoir se rendre plus souvent au Maroc.

porte
entrée de la Maison de l'Asnée (Villiers-les-Nancy)

En 1939 - elle allait sur ses 78 ans -  elle assume, dès la mobilisation, la direction du service de 300 lits pour les grands blessés de la tête et la moëlle à l'hopital militaire de l'Asnée à Nancy, où le professeur Fontaine, médecin-chef, devait dire : "Je considère comme un honneur tout particulier et comme une des plus grandes satisfactions de ma carrière chirurgicale d'avoir eu la joie de pouvoir compter sur une aussi précieuse collaboration »

Aprés l'armistice de juin 1940, elle n'oublie pas "ses chers Marocains", organisant des collectes pour que leurs prisonniers de guerre reçoivent des colis et réconfortant les familles au Maroc où elle se rend régulièrement.
Bloquée en France à partir de l'invasion de la zone libre par les troupes allemandes en novembre 1942, elle pense toujours aux combattants nord-africains et crée à Paris plusieurs ouvres destinées à leur venir en aide, en particulier des foyers où les blessés, les convalescents, les évadés de captivité sont assurés de trouver accueil, aide matérielle et caches pour échapper à l'occupant allemand. Au plus fort de l'hiver 1944, elle n'hésite pas à se rendre dans les Vosges pour apporter aux troupes marocaines qui livrent de rudes combats au sein de la lère Armée Française son réconfort et ses encouragements. La Libération de la France et la Victoire de mai 1945 lui permettent de retourner régulièrement passer plusieurs mois par an au Maroc où elle ne compte que des amis et elle continue malgré son grand âge, à se dévouer pour "servir".

Le 9 février 1953 à la suite d'un de ces accidents que l'âge ne permet guère de réparer la Maréchale Lyautey, qui venait d'avoir 91 ans, décède à Casablanca. Elle reposa à côté du Maréchal au mausolée de Rabat. Lorsque la dépouille du Maréchal fut transférée à Paris sous le Dôme des Invalides le 10 mai 1961, elle fut inhumée au cimetière du village de Thorey - devenu à la demande de ses habitants Thorey-Lyautey - pour conserver le souvenir du Maréchal Lyautey et de son épouse qui, chacun dans leur domaine, ont marqué le XXe siècle.

colonel Pierre Geoffroy

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colonel Pierre Geoffroy (à droite) en discussion avec Mostafa Basso,
ministre plénipotentiaire de l'ambassade du Maroc à Paris
photographie Jeune Pied-Noir ©


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Posté par michelrenard à 00:00 - - Commentaires [29] - Permalien [#]


Commentaires sur la maternité maréchale Lyautey à Rabat

    bravo pour l'article. je cherche des informations sur ma grand mere qui est partie en 1916 comme infirmière dans les colonnes de lyautey au maroc. Savez vous où je pourrai avoir des informations ?
    Merci d'avance

    Posté par dominique, jeudi 3 avril 2008 à 21:24 | | Répondre
  • archives de la maternite

    pourriez vous m indiquer ou ont ete archives les registres des naissances de cette maternite où je suis moi meme nee le 10 fevrier 1942 ainsi que tous mes freres et soeurs. J ai egalement assiste a la cérémonie des funerailles de la marechal puisque mon pere etait militaire et qu a cette occasion tous les corps d armees ont défilés sur toute l avenue de la victoire un hommage justifie et que je n oublie pas

    Posté par aglae, samedi 3 mai 2008 à 11:10 | | Répondre
  • Merci

    Merci pour cette magnifique biographie de Mme la Maréchale Lyautey. J'ai beaucoup lu sur le Maréchal dont je suis un admirateur mais rien sur son épouse.
    Je suis particulièrement heureux d'avoir pu prendre connaissance de cette biographie car je suis né le 27 octobre 1929 dans cette fameuse "Maternité de la Maréchale".

    Posté par GUILLE René, vendredi 16 mai 2008 à 12:29 | | Répondre
  • Article très intéressant concernant l'oeuvre de la
    Maréchale et de toutes les infirmières militaires ou
    bénévoles; un hopital militaire à Rabat porte le nom
    de Marie Feuillet,laquelle mourut en 1915; pourrait-on avoir une biographie ou quelques details
    concernant cette personne ?

    Posté par tartanpionlectur, mercredi 2 juillet 2008 à 10:28 | | Répondre
  • merci pour vos compliments

    BonjourAglae, Tartempion, René Guillet, je suis également née à la maternité Lyautey et je recherche les archives de cet établissement
    pour les colonnes de Lyautey et les archives de l'armée française au Maroc , j'établis un relevé des adresses possible
    Nathalie, pour Tranchant de Lunel, je possède quelques photocopies de ses toiles et aquarelles , je suppose que vous aussi et que vous recherchez les originaux?
    merci à tous pour vos compliments MCS

    Posté par MC SICAULT, mercredi 2 juillet 2008 à 19:04 | | Répondre
  • Marie-Feuillet

    Avant la Maréchale Lyautey … il y eu la non moins méritante : « Marie-Feuillet »

    En son honneur et à sa mémoire, un hôpital fut construit en front de mer, en 1915 au quartier de l'Océan à Rabat.

    Les états de services de cette 'infirmière-major, Vve de Jacques Feuillet, née Marie-Paule-Louise Huot, morte à Meknès en 1912, ont été si remarqués, en Afrique du Nord, que son nom a été donné à des hôpitaux militaires, des écoles d'infirmières, de sages-femmes, à des rues, des avenues, en Algérie, au Maroc, en France.

    Et pour rendre à César… "Cigalou" qui a traqué l’histoire de l’oubliée, nous offre généreusement sa recherche sur Dafina : http://dafina.net/forums/read.php?52,217755,page=1

    (je sais maintenant, à qui je dois d'être née là, merci Monsieur.)

    Posté par Dijoua, mercredi 16 juillet 2008 à 19:37 | | Répondre
  • Marie Feuillet

    Bonjour,
    Je tiens à remercier Dijoua qui a rendu compte du fruit de mes recherches publié sur le site Dafina.
    Il convient de saluer Tartanpion qui a eu l'idée de poser la question sur Marie Feuillet...Evidemment il convient de remercier particulièrement l'équipe du service documentation de la Croix Rouge à Paris et une dame discrète de la bibliothèque de Rethel(Ardennes) qui ont accepté,à ma demande,d'effectuer des recherches sur Marie Feuillet...je tournais en rond depuis une dizaine de jours avec les services des Armées et des Affaires Etrangères...et c'est avec le concours de la CRF et la bibliothèque de Rethel que nous avons pu enfin faire ressurgir de l'ombre Marie Feuillet...ce n'est que justice... Cordialement

    Posté par cigalou, dimanche 3 août 2008 à 15:38 | | Répondre
  • Vous pourrez trouver plusieurs articles concernant Marie-Feuillet,belle fille de l'homme politique Octave Feuillet à la bbliothhèque historique de la CRF à Paris.Je crois me souvenir avoir lu un ou deux articles sur cette infirmière au centre d'archives du SSA à l'hôpital du Val de Grâce à Paris.
    L'hôpital militaire Marie Feuillet est à ma connaissance le seul hôpital français qui ait jamais porté le nom d'une infirmière.
    Il ne sert plus actuellement. Le nouvel hôpital militaire de Rabat est l'hôpital Mohamed V.Il a pas fallu un roi pour remplacer cette remarquable infirmière!

    Posté par infirmil, samedi 6 septembre 2008 à 02:34 | | Répondre
  • date des cartes postales

    A ma connaissance les premières infirmières ayant été envoyées au Maroc pour servir au profit des armées, l'ont été par la CRF en 1908. La carte postale daterait donc effectivement de l'année où elle a été postée. Merci pour cette riche iconographie

    Posté par infirmil, samedi 6 septembre 2008 à 02:38 | | Répondre
  • ARCHIVES STE DE SECOURS AUX BLESSES MILITAIRES

    Bonjour,
    Je fais des recherches pour une de mes amies
    Existe-t-il des archives de la Société de Secours aux Blessés Militaires ? et où peut-on les consulter
    Merci de bien vouloir me répondre, vous seriez très aimable
    Geneviève Havelange

    Posté par Genhavel, dimanche 14 septembre 2008 à 18:02 | | Répondre
  • LA PETITE MUSIQUE....

    Des gens ont pris des risques pour aller alerter la Monuc, à Goma, ils ont traversé des zones dangereuses. Il ne s’est rien passé. Certains ne sont jamais revenus. Nous répétons encore et encore que les hommes de Laurent Nkunda nous tuent. Vous les blancs, vous venez, vous prenez des notes, vous repartez et il ne se passe jamais rien !… »

    Apres le Rwanda le Congo,Tutsis congolaiscontre d'autres ethnies dont les Hutus,Paul Kagame à Kigali enfonce le clou,il ne reste plus qu'à attendre,depuis plusieurs mois il ya des massacres à la frontiere,voila vous savez presque tout,il s'entretueront,ce qu'il y a d'ignoble c'est que l'on va nous rejouer la petite musique sordide de la faute de l'homme blanc
    ......

    Posté par pickwicks, jeudi 30 octobre 2008 à 22:55 | | Répondre
  • recherche

    je m'appelle gonzalez helene née le 22 08 1957 a rabat a la maternité marechal et je voudrais savoir si il y eu l'imprimé des naissance en mon jour sur des journaux et aussi sur tout les gonzalez née dans cet maternité voir mes ancetre merci voici mon adresse (clementhelene6446@live.fr)

    Posté par gonzalez, mardi 2 juin 2009 à 21:04 | | Répondre
    • je suis ne aussi a la maternite marechal.j'ai le certificat date du jour de ma naissance et donne a mon pere le jour meme de ma naissance.
      signe par( le nom fini par....marimen, je n'arrive pas tres bien a le lire,il date de 1937.es-ce que ca vous dit quelque chose?. bien a vous.

      Posté par coronado, lundi 29 octobre 2012 à 18:15 | | Répondre
      • bonsoir je ne sais pas si vous parlé de mon commentaire ,mes non je ne connais pas de marimen moi je cherche de la familles gonzales et segura merci a vous et je vous souhaite une bonne recherche

        Posté par sirene49150, lundi 29 octobre 2012 à 21:27 | | Répondre
  • bonjour j ai esseye de laisse un message pour s avoir c est a l epouque 1964 la maternite marechal lyautey exeste mes adopetie parents me adoptie la bas j aime bien s avoir c est il y a un archef pour s avoir mon vrai non j avais une semaine le 27mars 1964 a rabat

    Posté par karim, mardi 26 janvier 2010 à 21:34 | | Répondre
  • mon non karim de amsterdam ne a rabat a lepouque 1964 le3 27 mars j aimerai bien s avoir ou maternitie marechale a rabat je suis ne la bas ou bien retrouve abondone merci pour me aide a ca voir sur un archef a l epoque 1964

    Posté par karim, mercredi 27 janvier 2010 à 11:26 | | Répondre
  • addi oubihi

    est que vous pouvez Poster un commentaire qui concerne addi oubihi le gouverneure de tafilalete a l époque du colonialisme français au Maroc

    Posté par akoui, mercredi 3 février 2010 à 23:34 | | Répondre
  • thanks

    Posté par christian pumps, samedi 22 mai 2010 à 03:33 | | Répondre
  • SETIF;LE MESNONGE INSTRUMENTALISE PAR LES FELLAGHAS

    ’INTERVIEW DE LA SEMAINE
    Sétif, mai 1945 : massacres en Algérie - Entretien avec Roger Vétillard
    lundi 24 mai 2010, par Jeanne Bourdillon

    Roger Vétillard est né à Sétif. Il a donc très tôt entendu parler de ce qu’il est convenu d’appeler, les massacres de Sétif et de Guelma. Un beau jour, las d’entendre le récit d’une histoire falsifiée à force de manipulation politique et d’occultation idéologique, ce medecin de Toulouse décide de mener sa propre enquête historique. Pendant près de 7 ans, il va consulter les archives françaises, algériennes, anglo-saxonnes, et aller à la rencontre de nombreux témoins. Le fruit de ce travail est concentré dans un livre objectif et rigoureux "Sétif, mai 1945 : massacres en Algérie" (Editions de Paris). Avec ce livre, Roger Vétillard est bien loin des polémiques dont nous avons été habitué ces dernières années. Et c’est de façon méticuleuse qu’il restitue à l’histoire la complexité et les nuances dont personne ne devrait la priver. A quelques jours de la sortie du film "Hors la loi" de R. Bouchareb, qui risque de raviver en France la guerre des mémoires, Roger Vétillard précise, que lors de ce 8 Mai 1945, ce sont les massacres d’Européens qui ont engendré la répression des manifestants indépendantistes. Un élément que l’on a tendance à occulter...



    Riposte Laïque : Quand avez-vous eu l’envie de faire un livre d’historien sur les massacres de Sétif et de Guelma ?

    Roger Vétillard : J’ai décidé de m’intéresser d’un peu plus près aux massacres de Sétif et de Guelma après avoir visionné en 1995 sur ARTE un film documentaire réalisé par Medhi Lallaoui et Bernard Langlois "Les Massacres de Sétif, un certain 8 Mai 1945." J’y ai vu un certain nombre de témoignages que je savais erronés. Je me suis donc mis au travail. Au bout de 7 ans, j’ai abouti à ce livre que j’ai présenté à des historiens et qui ont salué sa rigueur scientifique. Guy Pervillé, professeur d’histoire contemporaine à Toulouse- le Mirail, et l’un des meilleurs spécialistes de l’Algérie, a accepté de rédiger la préface, et j’ai obtenu en 2008 le prix de l’Académie des sciences d’Outre-mer.

    Riposte Laïque : Au cours de vos recherches avez-vous constaté des approximations dans la façon dont les historiens ont à raconter ces événements ?

    Roger Vétillard : Oui bien sûr, chez certains d’entre eux, et j’en cite quelques exemples dans mon livre. Mais le plus déplorable c’est l’utilisation politique et militante qui est faite de ces événements. Parfois on en oublierait presque de préciser que ce sont les massacres d’Européens qui ont engendré la répression.

    Riposte Laïque : Le 8 Mai 1945 le peuple français s’apprête à fêter la victoire des alliés et un peu partout des cérémonies officielles sont organisées. Pouvez-vous nous dire comment les choses vont se dérouler à Sétif, à Guelma et dans les environs ?

    Roger Vétillard : Tout commence à Sétif. Là, comme dans d’autres endroits en Algérie, à la veille du 8 Mai, les nationalistes du PPA (Parti du Peuple Algérien) de Messali Hadj et de l’AML (les Amis du Manifeste de la Liberté) demandent dès le 7 mai à la sous-préfecture l’autorisation d’organiser une manifestation en dehors des cérémonies officielles. La sous-préfecture donne son autorisation à condition que celle-ci se déroule le matin, qu’elle soit pacifiste et qu’il n’y ait ni revendication politique, ni présentation du drapeau indépendantiste, contrairement à ce qui s’était passé quelques jours plus tôt à Alger, Oran et Bône lors des défilés du 1er mai. Les organisateurs s’engagent à respecter ces consignes.



    Le 8 mai après la prière de 8h00, la manifestation des indépendantistes part de la Mosquée du faubourg de la Gare. Le cortège passe devant le collège où est encore présent le poste de commandement de l’armée anglaise débarquée en Algérie en Novembre 1942. Là, il est prévu qu’un photographe anglais filme la scène depuis la terrasse du collège, c’est ce qui explique que les manifestants brandissent à ce moment là leurs drapeaux. Des chansons en faveur de l’indépendance retentissent et des slogans pour la libération de Messali Hadj fusent. La police, après avoir pris ses ordres auprès de la sous-préfecture, intervient vers 9 heures devant le café de France en demandant aux organisateurs de respecter leurs engagements. Très vite la situation se dégrade. Des coups de feu sont tirés de part et d’autre. Une enfant de 9 ans qui passait à proximité de la manifestation est victime d’une balle perdue et le porteur de drapeau est lui aussi touché.

    Riposte Laïque : Ces tirs peuvent-ils être interprétés comme une provocation policière ?

    Roger Vétillard : Il faut dire qu’une insurrection était programmée depuis le mois d’Avril 1945. On ne peut parler de soulèvement spontané. Il y a de nombreuses preuves et de nombreux témoignages qui confirment cela, à commencer par les révélations de Mohamed Harbi et d’Annie Rey-Golzeiguer à propos de la tentative d’évasion de Messali Hadj depuis Reibell où il était assigné en résidence surveillée.

    Il n’y a pas eu de provocation de la part de la police. Les coups de feu venaient des deux cotés. Et contrairement aux engagements qui avaient été pris, la manifestation n’était pas composée de manifestants désarmés. C’est ce qui explique aussi la rapidité et la violence avec laquelle les manifestants s’en sont pris aux européens. Dans un de leurs livres, l’anticolonialiste Yves Benot et le journaliste suisse Charles-Henri Favrot très proche du FLN, écrivent "Dans les 20 minutes qui ont suivi l’arrêt de la manifestation, 28 européens ont été tués dont 9 par armes à feu, 10 par armes blanches et les autres à coup de gourdins hérissés de lames de rasoir. "

    Il faut que je vous révèle un scoop qui figurera dans la prochaine édition de mon livre. Je sais, grâce à des témoignages sérieux, qu’il y a eu, dès 7h00 du matin le meurtre de Gaston Gourlier, le régisseur du marché aux bestiaux. On connait le nom de son assassin qui a précisé dans quelles conditions il avait tué Monsieur Gourlier et quelques minutes plus tard Monsieur Clarisse. Le colonel Bourdilla a su cela dès 7 heures le matin et donc il se doutait bien que la manifestation ne serait pas pacifique. Cela explique que l’armée soit en alerte, faisceaux formés, 2 heures avant d’intervenir, tant que le sous-préfet ne lui en donne pas l’ordre. Il faut souligner qu’il s’agit de 3 compagnies du 7ème RTA (tirailleurs algériens).



    Riposte Laïque : Est-ce que cette manifestation était un appel au Djihad ?

    Roger Vétillard : Non, la manifestation n’a pas initialement de revendication dijhadiste, même si sur le drapeau indépendantiste algérien figure la formule Allah Ouakbar. Ce n’est qu’après les premières arrestations que les insurgés en appelleront au Djihad. Il faut savoir que la religion musulmane a toujours été un élément important dans la lutte pour l’indépendance. La révolte des Kabyles, à la fin de la guerre de 1871, celle des Aurès à la fin de la première guerre mondiale se font sous le signe de l’islam et même la guerre d’indépendance surtout à partir d’août 1955.

    Riposte Laïque : L’assassinat du maire de Sétif, Edouard Delucca, va fortement marquer les esprits. De nombreuses thèses circulent encore sur le véritable coupable. Que pouvez-vous nous dire sur ce meurtre ?

    Roger Vétillard : Nous avons tous les éléments depuis 1963. Le meurtrier est connu, il s’agit d’Hamda Noui un commerçant ambulant membre du PPA. Il a été arrêté, a avoué et été condamné. Après sa libération en 1963, il a officiellement déclaré qu’il était bien l’assassin d’Edouard Delucca le maire de Sétif. Le problème est donc résolu et ceux qui disent autre chose cherchent à maquiller les faits et la vérité.

    Riposte Laïque : Comment va se dérouler la suite de la journée ?

    Roger Vétillard : Après la manifestation, le sang coule. La foule se disperse et tout ce qui ressemble à un européen est agressé. Ces agressions feront en quelques minutes 28 morts, et près de 80 blessés graves dans la population européenne. Afin de ramener l’ordre, la police et la gendarmerie utilisent leurs armes. Selon les registres de l’hôpital de Sétif, il y aurait eu 33 morts musulmans. En l’espace d’une heure il y aura en tout au moins 61 morts, européens et musulmans compris. A partir de là, la nouvelle de la répression va se répandre dans les environs de Sétif.

    L’histoire dit, mais j’ignore si c’est vrai parce que je n’ai pas pu le vérifier, qu’un taxi est parti vers le Nord, pour annoncer aux populations que le Djihad était déclaré et qu’il fallait se révolter. Un des témoins que j’ai rencontré et qui était de Kherrata, m’a raconté que quand ils ont vu arriver le bus de Sétif criblé de balles, ils ont compris alors que le moment de l’insurrection était venu. Ils y ont vu un signal et ont attaqué Kherrata à ce moment là.

    A Sétif l’insurrection n’a pas duré 24h, alors que dans les villages alentours elle va durer pendant 2 jours. Le couvre feu est instauré à 13h00 et la cérémonie officielle qui devait se tenir dans l’après-midi est annulée. Il faut préciser qu’il n’y a pas eu à Sétif, contrairement à ce qui s’est passé à Guelma, l’instauration d’une milice.

    Riposte Laïque : A Guelma, la manifestation des AML n’a pas reçu d’autorisation.

    Roger Vétillard : C’est exact. L’atmosphère est tendue. Le sous-préfet est averti vers 13h00 des événements de Sétif. La manifestation officielle pour célébrer la victoire des alliés est maintenue. Elle se tient à 15h00, sous la protection de la gendarmerie et des automitrailleuses et se déroule sans problème.

    C’est aux alentours de 17h00 qu’une manifestation d’indépendantistes démarre dans le quartier arabe situé à l’Est de Guelma. Le sous-préfet André Achiary décide d’intervenir lui-même. C’est un ancien policier, et il est en fonction depuis peu. Il n’a donc aucune notion de la déontologie de la préfectorale, et va agir plus en policier qu’en sous-préfet.

    Molesté par les manifestants, André Achiary n’hésite pas à sortir son pistolet, et tirer en l’air. Les esprits s’échauffent, le porte-drapeau de la manifestation est tué par un policier musulman. J’ai rencontré ce policier. Il a été obligé de quitter l’Algérie dès 1946 parce qu’il était menacé. Prétendre, comme cela a été fait, qu’il a été tué par le préfet ou un gendarme est un mensonge. Il faut préciser qu’il n’y a pas eu d’Européen agressé à Guelma. Mais là aussi, comme à Sétif, dès que l’information sur la répression de la manifestation va se propager un peu partout à l’extérieur de la ville, les européens seront agressés. Il y aura près d’une vingtaine de morts.

    Le couvre feu instauré, le sous-préfet décide, comme le permet la loi, de mettre en place une milice pour défendre Guelma. La plupart des hommes étant partis à la guerre, ce sont des hommes âgés et des adolescents de 16, 17 ans que l’on arme.

    Une fois la milice créée, on commence par arrêter tous les gens susceptibles de provoquer des ennuis. Les adhérents des AML (Amis du Manifeste de la Liberté) dont les services de police possèdent les fichiers seront tous arrêtés. Il va y avoir près de 2500 arrestations. Un tribunal populaire est mis sur pied. Sur les 2500 prisonniers, 2000 seront libérés. Certains seront condamnés à morts, parfois sur des critères arbitraires.



    Riposte Laïque : Cette milice va se rendre responsable d’un grand nombre de victimes ?

    Roger Vétillard : Oui, sa responsabilité est indéniable. Mais ce qui s’est passé à Guelma n’est pas à l’image de ce qui s’est passé partout en Algérie. Or on essaie souvent de faire croire le contraire. Il est vrai qu’il y a eu des excès de la milice et que la répression de l’armée a été violente. Je pense aussi que la personnalité trouble et sulfureuse du préfet André Achiary explique beaucoup de choses. S’il n’y avait pas eu ces excès à Guelma, on parlerait tout autrement de ce qui s’est passé le 8 mai 1945 en Algérie. Car l’armée est intervenue dans la grande région de Sétif (l’équivalent de 2 départements français) dans tous les bourgs et villages qui étaient aux mains des insurgés, là où la vie des européens était menacée, où des dizaines d’entre eux avaient été tués, des femmes avaient été violées. Il n’y a pas eu de représailles là où il n’y a pas eu d’insurrection. Il faut bien insister ce point. L’artillerie n’a pas été sollicitée, l’aviation a souvent utilisé des leurres au lieu de bombes, la marine a bien des fois tiré à blanc (les livres de bord des navires notamment du Duguay-Trouin en attestent). Tout cela non pas pour dire que la répression a été peu importante, mais pour relativiser tout ce qui est parfois écrit et qui n’est pas exact.

    Riposte Laïque : Il y a une polémique sur le bilan des victimes. On peut parfois lire qu’il y a eu jusqu’à 100 000 morts. Qu’est-ce que vous pouvez dire sur le bilan réel, et sur les chiffres qui sont avancés de part et d’autre ?

    Roger Vétillard : C’est vrai que certains, comme le journal du FLN El Moudjahid, vont jusqu’à dire qu’il y aurait eu 100 000 morts. Les autorités algériennes avancent de façon officielle le chiffre de 45 000. Et tous ceux qui ne sont pas d’accord sont considérés par le régime algérien comme des révisionnistes.

    Or, 45 000 c’est énorme. Si on compare avec la guerre d’Espagne qui a duré trois ans et où les forces en présence étaient autrement plus importantes qu’à Sétif ou Guelma et bien, même selon les chiffres donnés par les républicains espagnols, on ne dépasse pas les 50 000 morts. On peut se dire qu’il paraît difficile de faire en 15 jours en Algérie autant de morts qu’en 3 ans en Espagne sur une surface plus petite et bien moins peuplée. Et puis 45 000 morts en 15 jours, ça fait 3000 morts en moyenne par jour. Avec autant de morts, il y aurait des charniers, or on n’en a pas trouvé.

    Si on prend la fourchette la plus haute des morts que l’on a pu recenser, on arrive à peine à 10 000. Il y a donc eu moins de 10 000 morts. Avec la fourchette la plus basse, on parvient à un chiffre de 4 000 morts ; bien plus que les 1 200 morts officiellement reconnus depuis 1945 par la France. Les historiens les plus sérieux s’accordent donc sur une fourchette qui va de 4 000 à 10000 morts. Et faute de mieux, il faut dire qu’il y a eu plusieurs milliers de victimes et que c’est beaucoup trop.

    Riposte Laïque : Il y a un contexte politique et géopolitique particulier à ce moment là. La France et le général De Gaulle doivent donner des gages à leurs alliés, et sur la question des colonies, il y a des différents quant à leurs gestions futures.

    Roger Vétillard : Oui, en effet. Roosevelt, le président des Etats-Unis, mort un mois avant les événements de Sétif, ne reconnaît pas la légitimité du gouvernement provisoire du Général De Gaulle ; il était plus favorable au Général Giraud. Les américains veulent que les pays européens abandonnent leurs colonies pour éventuellement pouvoir les remplacer. On sait aujourd’hui qu’ils ont donné des signes favorables aux indépendantistes. On dit même que Ferhat Abbas aurait rencontré Roosevelt. Pour ma part je ne le crois pas, mais on sait que Robert Murphy, le consul américain à Alger a servi d’intermédiaire entre les indépendantistes et Roosevelt. Certains avancent même que celui-ci aurait laissé entendre aux indépendantistes qu’il interviendrait en cas d’incident sérieux. Et au moment de la révolte, les insurgés disent à ceux qui les écoutent qu’une grande puissance est derrière eux. Mais la mort de Roosevelt un mois avant les événements a peut être modifié un peu les choses.

    Riposte Laïque : Le même jour il y a des manifestations en Syrie et au Liban. Ces manifestations ont-elles un rapport avec ce qui se déroule dans l’Ouest Algérien ?

    Roger Vétillard : Je ne pense pas qu’il y ait eu un rapport direct. Là bas, le djihad n’a pas été déclaré. Ces pays sont sous mandat Français. La paix revenue, ils sont assurés de retrouver leur indépendance. Dans ces territoires la situation est très confuse entre la France et l’Angleterre qui intervient ouvertement en particulier à Damas.

    Riposte Laïque : A Damas, à l’occasion de ces manifestations, des drapeaux à croix gammées sont brandis. Nous savons qu’il existait une alliance entre le régime nazi et le Mufti de Jérusalem. Est-ce que l’Allemagne va jouer un rôle en Algérie ?

    Roger Vétillard : Pas à cette période. L’influence de l’Allemagne se fait sentir dans les années 1941 et 42. Le muphti de Jérusalem, Hadj Amin Al Husseini est très proche d’Hitler et d’Himler. Les nazis vont favoriser la création de mouvements révolutionnaires, notamment le Carna (Comité d’Action Révolutionnaire Nord Africain) dans lequel on retrouvera beaucoup de militants du PPA (Parti du Peuple Algérien) de Messali Hadj. Ils vont d’ailleurs créer une fraction officiellement dissidente influencée par Mohammed-Lamine Debbaghine, un médecin de Sétif qui fut le seul dirigeant important à rester en liberté jusqu’en 1945. On le dit rarement mais il a été traduit en 1947 devant le Conseil de discipline du MTLD (organisation qui avait pris la suite du PPA) pour avoir provoqué la révolte de 1945. Il a avoué que cette révolte était prévue mais pas à ce moment là. Il sera exclu de l’équipe dirigeante de l’organisation.

    Riposte Laïque : Dès le début de la colonisation, les gouvernements français successifs vont avoir beaucoup de mal à gérer la question islamique, sans être en contradiction avec les valeurs universalistes et assimilationnistes de la France. Face à tant de difficultés, la France va faire le choix de l’association. Un modèle qui permettra aux musulmans de garder l’ensemble de leurs droits coraniques.

    Roger Vétillard : C’est vrai que dès 1830, quand la France débarque en Algérie, elle signe un accord avec les turcs où elle précise qu’elle s’engage à respecter la religion musulmane, ses croyances, ses coutumes, et leur garantit que le droit musulman continuera à s’appliquer. Cet engagement va, je crois, être à l’origine d’une véritable distorsion que vous évoquiez dans votre question. Pendant très longtemps les musulmans ont leur propre justice. Il faut attendre la première guerre mondiale pour qu’un musulman puisse s’adresser, si c’est son souhait, à un représentant de la justice française. Pendant très longtemps, et dans la plupart des situations, c’est le Cadi qui décide de tout.

    Napoléon III parlera de royaume arabe en désignant l’Algérie, mais à la fin du second empire, la République de 1871 décide que c’est fini. On est en République et il n’y a pas de place pour un quelconque royaume. En territoire français on doit se plier au droit français, mais le pouvoir va avoir beaucoup de mal à imposer cette règle, ce qui va déboucher sur le code de l’indigénat.

    Riposte Laïque : Le pouvoir algérien souhaite que la France soit jugée lors d’un deuxième procès de Nuremberg pour crime contre l’humanité et génocide. Des associations françaises comme les indigènes de la République qui considèrent que l’Etat français applique une politique colonialiste dans les banlieues n’hésitent jamais à faire référence au 8 Mai 1945. On voit bien que cette date recouvre des enjeux politiques des deux côtés de la Méditerranée.



    Roger Vétillard : Je crois qu’il faut remonter à la fin des années 80 pour y voir plus clair dans ces histoires. Il y a d’abord le procès Barbie. Jacques Vergès, l’avocat de Klaus Barbie, n’hésite pas à faire au moment du procès un amalgame entre les crimes de l’humanité attribués aux nazis et les massacres de 1945 dans la région de Sétif. A partir de là, il y a une révision de la notion de crime contre l’humanité qui dépasse la définition qui en avait été donnée à Nuremberg. Guy Pervillé a parfaitement analysé ce virage de la jurisprudence.

    Jusqu’alors les historiens algériens (Mahfoud Khaddache, Renouad Ainad-Tabet) ont travaillé avec beaucoup de professionnalisme. Mais au début des années 90, la situation politique en Algérie est chaotique. Le pays est en état de guerre civile, les islamistes font régner la terreur après que l’armée ait annulé les élections législatives gagnées par le FIS, les Kabyles font entendre de plus en plus fort leur velléité d’indépendance, des gens n’hésitent plus à se dire favorables au rapprochement avec la France (c’est le Parti de la France)... L’Etat algérien est à deux doigts d’exploser. Et là un homme très intelligent, Bachir Boumaza, président du conseil de la Nation, ancien ministre, membre du PPA, responsable du FLN en France pendant la guerre d’Algérie, et originaire de la région de Kherrata, imagine que la seule façon de refaire l’unité du pays, c’est de lui rappeler ce qui s’est passé en 1945. Pourquoi ? D’abord, parce que les Kabyles ont été au premier rang de l’insurrection en 1945. On doit donc rappeler leur participation aux combats pour l’indépendance, et leur démontrer qu’ils sont algériens. Aux islamistes du FIS, il faut leur dire qu’on a fait le Djihad avant eux. Et enfin, aux partisans d’un rapprochement avec la France, il est nécessaire de leur montrer ce que la France a été capable de faire en 1945, et bien sûr en n’hésitant pas à grossir kle trait.

    Si le pouvoir Algérien insiste sur ce qui s’est passé à Sétif et à Guelma en 1945, c’est donc en grande partie pour une question de politique intérieure, pour maintenir l’unité du pays. Cette opération est relayée en France par des média français. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le documentaire de Lallaoui et Langlois, diffusé en 1995 sur Arte et qui m’a décidé à faire mon livre. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’interview qui conclue le film est celle de Bachir Boumaza, président de la fondation du 8 mai 45 créée en 1990 à Kherrata et dont l’objet est de faire pression pour obtenir une condamnation de la France.

    Riposte Laïque : Il est vrai qu’en France ces événements continuent à alimenter la guerre des mémoires. Et celle-ci va très certainement connaître un nouvel épisode avec la sortie du film Les Hors la Loi...

    Roger Vétillard : Je n’ai pas vu ce film. Je ne peux donc rien en dire d’objectif. Les premières critiques que l’on peut entendre se fondent sur des commentaires émanant du service historique des armées sur la base d’une version du scénario. Je ne sais pas si cette version est celle qui a été choisie pour réaliser le film, je ne vais donc pas faire de procès d’intention. Si ce n’est qu’un film de fiction, il n’y a pas grand chose à en dire. Si ce film revendique une intention historique, je le verrai en historien avec toute la rigueur qui s’impose. Il faut rappeler que Rachid Bouchareb, le réalisateur a déclaré en juin 2009 à El Watan, quotidien francophone d’Alger « Hors-la-loi va sans doute rétablir une vérité historique confinée dans les coffres ». Cela implique d’accepter une critique des historiens.

    Propos recueillis par Jeanne Bourdillon


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    Posté par pickwicks, jeudi 27 mai 2010 à 12:13 | | Répondre
  • NON CA NE SE PASSE PAS EN IRAN!!!

    Voici quelques semaines, une enseignante, auteur du journal Riposte Laïque, a été agressée dans son cours par une vingtaine de lycéens qui seraient d'obédience salafiste. Histoire.



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    Voici quelques semaines, une vingtaine de lycéens ont fait irruption dans une salle de classe d'un lycée de banlieue parisienne. Pendant de longues minutes, ils ont vilipendé, agressé, menacé une enseignante à cause d'articles qu'elle avait publiés dans le e-journal Riposte Laïque. Ce groupe de lycéens se réclame ouvertement du salafisme et semble très lié à l'une des mosquées locales.

    Cela n'évoque rien pour vous ? C'est tout à fait normal : aucun média - y compris Marianne et Marianne2 - ne s'est fait l'écho de cette affaire. Pas (ou pas seulement) par censure et soumission au politiquement correct. En fait, le corps enseignant de cet établissement est terrorisé. L'enseignante aimerait que l'information sur son agression soit diffusée, mais elle ne veut pas que l'on cite son nom ni celui de son lycée, ni même celui de la ville où elle s'est déroulée. L'administration du lycée, pusillanime, un peu comme dans le film La journée de la jupe, a joué l'apaisement, si bien que des sanctions mineures ont été prononcées contre les agresseurs.

    Bref, les conditions dans lesquelles cette affaire s'est déroulée rendent aujourd'hui difficile une enquête sur le lycée : l'année scolaire est finie et aucun des protagonistes de ce conflit ne le souhaite vraiment.

    Cette polémique étouffée est pour nous l'occasion de rendre compte du développement de l'association Riposte Laïque. Elle est née après le fameux discours de Nicolas Sarkozy, qui était alors ministre de l'Intérieur, en 2003 au Bourget au congrès annuel de l'UOIF (Union des organisations islamiques de France). On se souvient que l'actuel Président avait été sifflé lorsqu'il avait expliqué que la France ne pouvait tolérer qu'une femme porte le voile sur une photo d'identité. Pour Pierre Cassen, un jeune pré-retraité de la presse, cet évènement était le signe indubitable qu'il convenait de mener un combat spécifique pour la laïcité.

    Quatre ans plus tard, Riposte Laïque est une association déjà bien installée : son e-journal hebdomadaire, créé en 2007, compte 30 000 abonnés; 400 auteurs y contribuent plus ou moins régulièrement. Et l'association a médiatisé plusieurs incidents provoqués par des mouvements islamistes radicaux, et notamment l'affaire de Fanny Truchelut, dont Marianne2 a déjà rendu compte.

    Riposte Laïque a également initié la première pétition contre la burqa, signée par 4 000 personnes dont les députés Jacques Myard et André Gérin qui ont récemment pris l'initiative de proposer la création d'une commission parlementaire sur la Burqa.

    Nous partageons évidemment les valeurs de Rispote Laïque et, au-delà, son acrimonie contre le politiquement correct. Mais nous ne pensons pas forcément que l'islam politique sera le fascisme du XXI° siècle. Et s'il convient de défendre pied à pied la laïcité dans l'espace public, il faut craindre qu'en se focalisant sur l'islam radical, on finisse par déclencher des réactions de solidarité propres à renforcer le communautarisme que Riposte Laïque entend combattre.

    Voilà pour les divergences et les réserves. Celles-ci ne nous empêchent pas de relayer les interpellations publiques de Riposte Laïque lorsqu'elles paraissent légitimes, ni de manifester une solidarité pleine et entière quand l'un de ses membres est agressé. D'où la publication de la vidéo ci-dessous, éditée sur le site de Riposte Laïque à propos de l'agression de l'un de ses membres, professeur de lycée.

    Posté par pickwicks, jeudi 27 mai 2010 à 15:19 | | Répondre
  • a Mr Lefeuvre en toute amitie

    Je viens d'apprendre à la suite de votre dernier communiqué l'affliction qui est la votre,c'est avec beaucoup de tristesse que j'ecris ces quelques lignes,je ne recourrai pas aux mots d'usage que l'on emploie dans ces circonstances,et qui n'ajoute qu'au neant et a tout ce qui apparait comme futile.
    Qu'il me soit permis de vous exprimer mon amitié,pour avoir fréquenté les hopitaux,les salles de soins et toute ce qui participe de cet univers.Je sais pourtant que si les savants a la Diafoirus n'ont jamais sauve les hommes,le sourire d'une infirmere ou le soutien de vos proches et amis feront autant que leurs potions.
    Soyez tel que vous etes dans vos livres et convictions,fort courageux ,honnete et desireux d'une recherche d'integrite et d'authenticité dans ce monde sordide de l'ere postcoloniale...
    Par ces quelques lignes je souhaite vous exprimer en mon nom et celui de vos lecteurs,un prompt retablissement et la sante la plus coriace qui soit...
    Ca n'est pas un livre qu'il vous reste à écrire mais un veritable dictionnaire que dis-je une bibliotheque....broches,reliés et dorés sur tranches.
    Alors depechez vous on vous attend!

    Posté par PICKWICKS, jeudi 27 mai 2010 à 16:04 | | Répondre
  • SETIF VOUS EN VOULEZ ENCORE????

    Sétif : oubli ou falsification ? Les impairs et les manques
    par Lucien Oulahbib ⋅ jeudi 13 mai 2010 ⋅ Répondre à cet article



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    Qu’il s’agisse de Jean Daniel du Nouvel observateur (11 mai), de Jean-Paul Mari sur le site du même journal (8 mai), de Mehdi Lallaoui et de Hassane Zerrouky dans le journal L’Humanité (respectivement 5 et 7 mai), de Josée Garçon de Libération (7 mai), de Nicolas Weill du Monde (8 mai), ou encore du point de vue de Jean-Louis Planche (Le Monde du 8 mai), force est de constater que, d’une part, le commentaire submerge la présentation des faits. En particulier leur enchaînement, si crucial, au vu du déchaînement qu’il entraîna. D’autre part, leur mise en perspective est des plus succinctes.

    Ainsi, s’agissant du séquentiel des faits, le premier élément déclenchant fut cette manifestation à Sétif où un coup de feu abattit le porteur du drapeau, un « scout » dont le site du Nouvel Obs donne le nom : Bouzid Saal tout en parlant de « bousculade » quant à la cause du coup de feu sans plus de précision ; idem dans un court article du Monde (relativement bien fait néanmoins comparé aux autres) ; idem également selon une autre brève trouvée sur le site du Nouvel Obs, alors que Mehdi Lallaoui affirme qu’il est « établi que c’est la police qui la première ouvrit le feu contre les manifestations de Sétif, à hauteur du Café de France » ; tandis que Hassane Zerrouky assène que c’est le « préfet de Constantine, Lestrade-Cardonnel, qui a ordonné aux forces de police : « Faites tirer sur tous ceux qui arborent le drapeau algérien. »

    Le commissaire de police Lucien Olivier ne se fait pas prier : il fait tirer sur les manifestants. Les colons, organisés en milices, participent à la répression ; version pourtant controversée si l’on en croit les propos de l’historien Jean-Louis Planche (dans un point de vue pourtant très peu objectif) puisque il signale que l’on « discute aujourd’hui pour savoir qui, d’un policier ou d’un manifestant, a lâché le premier coup de feu » ; sans oublier que Hassane Zerrouky va bien vite en besogne lorsqu’il énonce le rôle immédiat des colons « organisés en milices ».

    Parce que la séquence n’est pas celle-ci. Mais plutôt qu’à la suite de l’assassinat du porteur de drapeau, au soir du 8 mai, sur « le registre de décès » relate Jean-Paul Mari du Nouvel Obs vingt et un « indigènes » et vingt « européens » sont déclarés morts. Puis il s’avère que ce sont « 102 » européens qui trouvent la mort, concède Jean Daniel, (Josée Garçon, elle, saute la séquence (ainsi que Nicolas Weill qui s’en tient à vingt-neuf européens tués le 8 mai, tandis que Mehdi Lallaoui parle de « 103 Européens d’Algérie », sans cependant donner plus de précisions quant à la séquence temporelle et au type d’exactions alors que Jean-Paul Mari indique que les « troubles gagnent le Constantinois.

    A Kherrata, les émeutiers font sauter la boulangerie, la poste, le palais de justice ; ils violent, tuent et mutilent les cadavres. L’armée accourt, les civils se constituent en milice… ».

    C’est, d’une part, bien donc à la suite de l’assassinat de ces 102 ou 103 Européens que les milices surgissent et non immédiatement le 8 mai comme l’énonce pourtant plus haut Hassane Zerrouky dans l’Humanité. D’autre part, seul Jean-Paul Mari indique, on l’a lu, des viols et des mutilations de cadavres concernant les dits européens.

    Alors qu’il aurait été loisible d’approfondir la question, par exemple lorsque l’on lit un Pierre Goinard qui expose, dans son livre référence, Algérie, l’œuvre française, [1] que « Des heurts avec le service d’ordre clairsemé, un coup de feu et c’est l’émeute sauvage, fermes européennes attaquées, massacrés gardes champêtres et gardes forestiers, juge de paix, curé, des femmes, des vieillards, des enfants, égorgés, mutilés, mains tranchées, ventres éviscérés, seins arrachés, organes sexuels sectionnés fourrés dans la bouche du cadavre… ; en quelques heures plus de 100 morts et 250 blessés européens. Cependant le soulèvement reste localisé et n’est pas unanime : des Musulmans préviennent ou cachent des Européens. Ceux-ci, regroupés en milices, tuent à leur tour (…) ».

    Ce genre d’exaction, Benjamin Stora le relate, quoique par inadvertance : « on sait qu’un des responsables du PC à Sétif a eu les bras sectionnés lors des affrontements », précédé par le propos suivant : « Certains militants européens ont d’ailleurs participé à la répression de Sétif, dans les milices. Peut-être par simples représailles ».

    Cette observation tempère d’une part l’idée que les colons s’organisent uniquement dans des milices pour aller chasser de l’indigène dans un esprit génocidaire comme le prétend le président algérien actuel ; par ailleurs le fait que cela soit un communiste qui se fasse ainsi mutilé n’est peut-être pas dû au hasard, puisqu’il représente cet athéisme si honni par certains ouléma.

    Les communistes de l’époque, parlent, eux, d’éléments « hitlériens » au sein des insurrectionnels, ce que récuse l’historien Alain Ruscio dans un article de l’Humanité, et Benjamin Stora Algérie, op.cit., p. 355. Benjamin Stora, [ 2]

    Or, Pierre Goinard avance que les ouléma « dans l’Est algérien surtout et à Tlemcen, étaient nationalistes et antifrançais au nom de l’islam, en liaison étroite avec les Universités de Tunis et du Caire, le Proche Orient et le monde arabe.

    Déconcertés par la laïcisation de la Turquie sous Kémal Pacha après 1918, ils orientèrent alors leurs sympathies vers Charkib Arslân qui diffusait de Genève l’idéologie de la nation arabe. Expulsé du Liban par les Français en 1920, antisémite admirateur de Hitler et en même temps financé, dit-on, par Moscou ».

    Il aurait été donc intéressant d’aller voir du côté des archives du PC pour en savoir plus au lieu de circonstancier ces propos par le seul stalinisme ambiant en son sein.

    Ce qui implique en tout cas de mettre immédiatement en perspective l’ensemble de la séquence en soulignant le rôle des ouléma, ceux-là mêmes qui durant l’insurrection kabyle de 1871 (20.000 morts selon Pierre Goinard [3] créèrent les conditions d’une telle répression si l’on croit les propos recueillis par Farida Aït Ferroukh dans son Cheikh Mohand, Le souffle fécond [4]

    Elle fait par exemple état des réponses de Cheikh Aheddad aux siens : « -Vous le saviez, Maître, que les Français nous battraient ? Pourquoi avoir envoyé la population au carnage ?

    C’était pour délimiter un mur entre les Français et nous. Le sang a coulé. J’ai semé la haine entre eux et nous (pour des générations) (…) ». Ce genre de stratégie, susciter la réaction de l’ennemi en le provoquant émotionnellement par des mutilations préméditées, a été appliqué à plusieurs reprises, par exemple en 1955 à El Halia [5].

    Si l’on réfléchit donc sur le début de la séquence, si déterminante, il s’avère peu vraisemblable qu’à la suite du meurtre (commandité par qui ?) de ce scout, musulman, un tel déchaînement dans la mutilation ait pu spontanément avoir lieu (au cri de « El-Jihad » mais que relativise -au nom de quoi ?- Annie Rey-Goldzeiguer, citée par Josée Garçon, en le cataloguant d’« arme de guerre civile plus que religieuse ») : de fortes présomptions incitent, d’une part, à observer le côté prémédité du phénomène qui a été déclenché de telle sorte que la réaction française puisse prendre la démesure souhaitée (mais dont les chiffres sont volatiles au dire même des articles ici cités mais qui tournent autour de 15 à 20.000, seul Goinard avançant celui de 6 à 8.000 « selon Charles-André Julien » [6] historien de renom) [7], créant ainsi ce « mur de sang » dont parle Cheikh Aheddad et que Stora relève également lorsqu’il énonce que le « soulèvement musulman et la répression à grande échelle ont creusé un fossé de sang entre Européens et Algériens indépendantistes ». D’autre part, le point de vue des nationalistes algériens ne peut guère se réduire au fait que l’assimilation ou l’intégration s’avérait une impasse qui ne pouvait que déboucher sur ce genre affrontement comme l’avance hâtivement l’historien Jean-Pierre Peyrolou dans l’article de Josée Garçon. C’est oublier que précisément cette ouverture n’était pas acceptée par la mouvance arabo-islamiste animée par les ouléma et par Messali Hadj. Ainsi les propos d’un Ferhat Abbas de 1936 que Pierre Goinard relate : « Nous avons écarté une fois pour toutes les nuées et les chimères pour lier définitivement noter avenir à celui de l’œuvre française dans ce pays. Nous sommes les fils d’un monde nouveau, né de l’esprit et de l’effort français », ne font guère l’unanimité autour de lui [8]. Par ailleurs, s’agissant de l’intégration des autochtones, le même auteur observe que « lorsque le sénatus-consulte du 14 juillet 1865 leur offrira le choix entre continuer d’être régis par « la loi musulmane » ou « jouir des droits des citoyens français en étant régis par les lois civiles et politiques de la France » (…) en cinq années, la citoyenneté proposée fût sollicitée seulement par 250 d’entre eux » (2. Ce qui explique déjà pourquoi l’ordonnance de 1944 qui permettait l’obtention de la nationalité française sans oblitérer la référence coranique n’eut que 60.000 adeptes. Le problème n’était alors pas tant de savoir s’il fallait oui ou non faire des Algériens des citoyens à part entière, mais quel type de contenu donnait ces derniers à leurs revendications : s’agissait-il d’une meilleure intégration, ou de se battre pour éliminer toute présence qui contrecarrerait le but araboislamiste ? On aurait aimé que les journalistes et les historiens creusent un peu plus dans cette direction également.

    La plupart des journaux cités ici, à l’exception du papier du correspondant du Monde qui fait état de la controverse interalgérienne concernant les chiffres de la répression sanglante, ont failli à afficher l’exhaustivité et l’objectivité des faits, qui, même s’ils peuvent être interprétés ne peuvent pas l’être jusqu’à les faire disparaître sous des a priori non justifiés hormis par le partis pris (pour une analyse plus détaillée des conditions historiques générales voir mon livre Le monde arabe existe-t-il ? ).

    Lucien Oulahbib
    Sur Kabyle.net!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Posté par PICKWICKS, jeudi 27 mai 2010 à 19:07 | | Répondre
  • recherche

    bonjour,je recherche familles gonzalez manuel antonio né a oran le 5 mars 1894 et famille de rose segura nee a oran 26 decembre 1898 habitant a temara voir frere soeur cousin voisin ancetrmerci de me repondre voici mon adresse email (clementhelene6446@live.fr

    Posté par sirene49150, mardi 14 septembre 2010 à 18:22 | | Répondre
  • Tranchant de Lunel

    Bonjour,

    Concernant un ancien post de Nathalie, je possède des aquarelles de Maurice Tranchant.

    Posté par Christian, jeudi 28 avril 2011 à 00:10 | | Répondre
  • liste

    Bonjour je recherche la liste des passagers du bateaux ( le bordeaux en decembre 1959 je recherche des personne de ma famille qui aurais etais transporter dans se bateaux noms Gonzales et les Séguras merci

    Posté par sirene49150, lundi 30 avril 2012 à 09:46 | | Répondre
  • bravo pour votre iconographie

    Bravo, chers amis pour cette iconographie remarquable que je n'aurais pas trouvée moi-même!
    vous êtes un peu sorciers:
    MC sicault

    Posté par MC SICAULT, lundi 26 mars 2007 à 15:22 | | Répondre
  • réponse à Rakkouch

    Bonjour,

    Je suis Française née dans cette maternité le 11 novembre 1956 à 6 mois et demi ..et les soins apportés m'ont sans doute sauvé la vie.
    Marie-Thérèse

    Posté par Marie-Thérèse, mercredi 4 avril 2007 à 16:59 | | Répondre
  • recherche

    je cherche les archives de l'armée française sur le Maroc pour la période de 1930-1935.si vous pouvez me dire l'organisme et l'adresse pour y aller faire des recheches. Merc à vous

    Posté par cheaziz, jeudi 12 avril 2007 à 14:54 | | Répondre
  • Trancahnt de Lunel

    Bonjour,

    J'ai lu avec beaucoup d'interét l'article sur ma maternité de Rabat. Je travaille actuellement sur Tranchant de Lunel, et une de ces peinture représentant la Maison de convalescence de Salé illustre votre article.
    Le propriétaire de ce document dispose-t-il d'autres oeuvres de ce peintre.
    De manière générale, je suis à la recherche de documents sur Tranchant de Lunel, chef du service des Monuments historiques au Maroc de 1912 à 1924.
    Merci à tous

    Posté par Nathalie, samedi 14 avril 2007 à 16:08 | | Répondre
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