Centre de documentation des Français d’Algérie - Daniel Lefeuvre
Centre de documentation
du Cercle Algérianiste à Perpignan
Daniel LEFEUVRE
Le Centre de documentation des Français d’Algérie, inauguré le dimanche 29 janvier par M. Pujol, maire de Perpignan, M. Longuet, ministre de la Défense, Thierry Rolando et Suzy Simon-Nicaise, président et vice-présidente du Cercle algérianiste, fait l’objet, depuis plusieurs années, d’une vive polémique.
Pour l’opposition socialiste et communiste au Conseil municipal de Perpignan, il s’agit d’une «faveur faite aux nostalgiques de l’Algérie française», selon les propos de Mme Jacqueline Amiel-Donat, responsable locale du Parti socialiste, ou d’un centre «offrant une vision unique de l’histoire à la gloire de la période française de l’Algérie» pour Michel Franquesa, secrétaire local du Parti communiste.
Pour preuve, ajoute ce dernier, «le fonds de ce centre dépourvu de comité scientifique est constitué des documents amassés par le Cercle algérianiste, organisation créée en 1973 pour "sauver (la) culture en péril" des Français d’Algérie.» (Déclarations rapportées par La Dépêche du Midi du 30 janvier 2012.)
Un collectif «Pour une histoire franco-algérienne non falsifiée», (regroupant diverses organisations, notamment ATTAC, CGT, la LDH, le MRAP, le PCF), s’est élevé contre le financement, pour partie public, de ce centre et a appelé à manifester «tous ceux qui veulent s’opposer aux mensonges sur les crimes du colonialisme français et à l’hystérie xénophobe et raciste.» (L’Humanité, 27 janvier 2012).
qu’est-ce qui justifierait l’opprobre autour de ce Centre ?
Au total, qu’est-ce qui justifie l’opprobre qui entoure ce Centre ? Passons sur l’accusation de xénophobie qu’absolument rien ne justifie. D’abord être le produit d’une association de rapatriés, le Cercle algérianiste, coupable de défendre une histoire falsifiée, positive, de l’Algérie durant la période coloniale. Deuxièmement, la constitution d’un ensemble documentaire à partir de dons privés provenant de rapatriés. Troisièmement, que des subventions publiques aient contribué à son financement.
Membre du Comité de pilotage du Centre, ces critiques appellent de ma part quelques remarques.
centre documentaire à vocation historique
En premier lieu, je ne vois pas pourquoi une association s’interdirait de créer un centre documentaire à vocation historique. De nombreux exemples existent :
- N’est-ce pas une fédération d’associations, loi de 1901, qui est à l’origine du Musée de la Résistance Nationale (Champigny). Pourtant, nul ne conteste son utilité à la fois historique et pédagogique, nul ne conteste le partenariat qui le lie, depuis 1985, au ministère de l’Education nationale ?
- La Fondation pour la Mémoire de la Shoah n’est-elle pas également une fondation privée ? Sa dotation financière ne repose-t-elle pas sur la restitution par l’État et les établissements financiers français des fonds en déshérence, issus de la spoliation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ? Qui pourrait s’en offusquer ?
Faut-il faire grief au Cercle algérianiste de vouloir rassembler des documents offerts par des rapatriés ? Qui reproche à la CGT d’avoir créé un Institut CGT d’histoire sociale, conservant des «archives relatives aux activités confédérales et à celles des militants responsables de la CGT» ?
Quel historien refuserait de se rendre à l’OURS (Office Universitaire de Recherche Socialiste), organisme privé fondé par Guy Mollet, pour consulter les précieux fonds d’archives qu’il conserve, sous prétexte qu’il est lié au mouvement socialiste ? Faut-il bouder les archives de Saint-Gobain ou de Berliet, parce qu’elles sont propriétés d’organismes privés (de l’entreprise ou d’une fondation) ? On pourrait multiplier les exemples.
Quant à l’indignation sur la participation de financements publics au Centre de documentation, elle me paraît d’autant plus déplacée qu’elle émane pour une part d’organisations groupusculaires – comme le MRAP – bénéficiant de subventions publiques particulièrement généreuses qui constituent l’essentiel de leurs ressources.
Mais venons-en au fond de l’affaire.
la valeur des archives privées
Nul ne contestera, que les archives privées, complémentaires des archives publiques, constituent une des sources essentielles de documentation historique. Au-delà de leur fonction mémorielle, elles sont indispensables à la connaissance et à l’écriture de l’histoire. Les services des Archives nationales consacrent, d’ailleurs, beaucoup de moyens humains et financiers à les collecter, afin de les sauvegarder et de les mettre à disposition des chercheurs. Comment imaginer faire de l’histoire économique, sans les archives des entreprises ? Comment faire de l’histoire sociale en se privant des archives des associations, des partis, des militants ?
Le Cercle algérianiste entend recueillir, dans le centre de documentation de Perpignan, les archives personnelles – de toute nature - de rapatriés. Pour ma part, je salue cette démarche et je m’en réjouis. Pourquoi ? D’abord parce qu’elle permet de sauver des archives qui, sans cela, seraient pour la plupart, définitivement perdues, détruites ou dispersées.
Dans leur grande majorité, les rapatriés d’Algérie nourrissent une méfiance née des blessures historiques des années 1960. Ils préfèrent, aujourd'hui, confier à un organisme associatif les documents qu'ils ont précieusement conservés plutôt que les confier aux services publics des archives. Tout comme le Centre de Documentation sur l’Histoire de l’Algérie (CDHA, Aix-en-Provence), le Cercle algérianiste leur offre un lieu de dépôt et de conservation auquel ils peuvent s’adresser en toute confiance. Ainsi les historiens disposeront-ils d’archives qui auraient été définitivement perdues autrement. C’est donc un service public qui est rendu, justifiant les subventions accordées.
il n’y a pas de «bonnes» et de «mauvaises» archives
Ces documents qui concernent la vie quotidienne des Français d’Algérie, en Algérie puis en métropole après leur exode, constituent une source d’information essentielle pour notre connaissance de cette histoire. Dictent-ils le contenu de cette histoire ? Evidemment non. Le Centre de documentation s’est engagé à mettre à disposition de tous les chercheurs les documents recueillis, laissant à leur responsabilité scientifique et morale, l’usage et l’interprétation qu’ils en feront. Autrement dit, à fonctionner sur les mêmes principes que les services publics des archives. Quelles garanties demander de plus ?
Pourquoi intenter un procès d’intention à ses fondateurs ? Il faut être prisonnier d’une conception très étriquée de l’histoire pour s’indigner d’une telle initiative, au lieu de s’en féliciter et de l’encourager. Ne devons-nous pas être comme les abeilles ? Toute fleur n’est-elle pas bonne à faire notre miel, où qu’elle se trouve ? J’ajouterai que, pour les historiens, il n’y a pas de «bonnes» et de «mauvaises» archives. Quant à moi, je préfère remercier les promoteurs de ce centre et me tenir à leur disposition pour contribuer à le faire vivre comme lieu de recherche sur l’histoire, mal connue – et trop souvent caricaturée –, des Français d’Algérie.
qu'est-ce qu'une "histoire franco-algérienne non falsifiée" ?
Enfin, que signifie cette revendication d’une «histoire franco-algérienne non falsifiée» de la part d’organisations et de personnalités qui ont une conception hémiplégique de l’histoire, dénonçant à qui mieux mieux les «crimes» du colonialisme français, qui ont de l’histoire une conception procédurale, mais qui restent très discrets – c’est un euphémisme - sur les crimes et les massacres perpétrés par le FLN, dont ont été victimes des milliers d’Européens et des dizaines de milliers d’Algériens musulmans ?
Qui sont si peu prolixes – autre euphémisme - sur la politique de terreur du FLN, sur son recours massif aux enlèvements, à la torture et aux viols, pour imposer sa domination sur les populations algériennes et contraindre les Européens à quitter un pays qui les a vu naître.
Qui n’évoquent que du bout des lèvres le drame des harkis, victimes d’abord de la barbarie et de l’esprit de vengeance du FLN, qui ne leur pardonnait pas d’avoir combattu aux côtes de l’armée française, foulant aux pieds l’engagement souscrits lors des «accords» d’Evian, avant même que l’encre n’en soit séchée.
Qui vitupèrent l’ouverture d’un centre de documentation, mais font silence sur la fermeture des archives du FLN aux chercheurs ! Que ces donneurs de leçons, ces parangons de vertu, balaient donc devant leur porte !
Daniel Lefeuvre
professeur d'histoire contemporaine
université Paris VIII
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presse
Perpignan. La mémoire toujours à vif
des Français d'Algérie
Perpignan
Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a fait face à la colère des rapatriés réunis hier [29 janvier 2012] à Perpignan, pour inaugurer le Centre de documentation des Français d'Algérie.
Le ministre de la Défense Gérard Longuet a affronté hier à Perpignan la colère des rapatriés d'Algérie contre 50 ans de politique gouvernementale, augure d'un âpre combat entre UMP et Front national pour le vote d'un groupe largement acquis à la droite et l'extrême droite.
Le ministre avait fait le voyage pour inaugurer le Centre de documentation des Français d'Algérie, dédié à l'histoire de la présence française en Algérie et délivrer un message du président Nicolas Sarkozy aux plus de 1500 rapatriés présents au congrès national du Cercle algérianiste.
Des cris et des sifflets
Il a essuyé cris et sifflets quand il a cité le nom du général de Gaulle - homme du «Je vous ai compris» et des accords d'Évian - avec celui du chancelier allemand Konrad Adenauer pour dire la nécessité d'une réconciliation franco-algérienne comme il y eut une réconciliation franco-allemande. Haussant la voix sans se démonter, il a aussi provoqué de vives protestations quand il a évoqué le message qu'il s'apprêtait à lire de la part de Nicolas Sarkozy, accusé par nombre de pieds-noirs et de harkis d'avoir, comme ses prédécesseurs, manqué à ses promesses à leur endroit.
Le temps des historiens est venu
«Je vous affirme que cette année 2012, cinquantenaire de la fin de la guerre d'Algérie, sera l'année du souvenir et du recueillement, et sûrement pas celle de la repentance» a-t-il déclaré, citant le président de la République.
Et d'ajouter : «Les hommes et les femmes qui sont partis s'installer en Afrique du Nord […], loin d'être frappés d'opprobre, méritent notre reconnaissance. En développant l'économie de ces nouveaux territoires, ils ont œuvré à la grandeur de la France». «Le temps des historiens est venu avec la valorisation des fonds documentaires. Ce centre permettra d'accueillir et de nourrir le débat» a pour sa part expliqué Jean-Marc Pujol, le maire de Perpignan qui veut retenir l'émotion de cette journée. Plus que les échos politiciens.
Christian Goutorbe, La Dépêche.fr
30 janvier 2012
Perpignan dédie un lieu aux
Français d'Algérie,
Le Pen pas loin
L'Express.fr - publié le 27/01/2012 à 13:34
afp.com/Raymond Roig
TOULOUSE - Le maire pied-noir de Perpignan Jean-Marc Pujol (UMP) inaugure dimanche un centre dédié aux Français d'Algérie, projet dénoncé par la gauche comme un cadeau de plus fait à des électeurs qui pourraient être sensibles aux charmes de Marine Le Pen, présente en ville le même jour.
Le Centre de documentation des Français d'Algérie qui ouvre dans un ancien couvent de clarisses entend participer à "la recherche de la vérité historique débarrassée des idéologies", selon le maire.
Si Mme Le Pen est à Perpignan ce jour-là, ce n'est pas pour assister à cet évènement ni courtiser un électorat nombreux sur le pourtour méditerranéen, en cette année de présidentielle et de cinquantième anniversaire de l'indépendance algérienne, dit Louis Aliot, son compagnon, numéro deux du parti et conseiller régional de Languedoc-Roussillon.
Marine Le Pen vient pour parler de travail et d'emploi "dans l'une des grandes villes les plus pauvres de France, dans le deuxième département le plus pauvre de France". Et la concomitance de l'inauguration (le matin) et de la réunion publique (l'après-midi) est pure coïncidence, dit M. Aliot.
Cela ne l'empêche pas de s'indigner. Non pas de la création du centre, qu'il salue au nom de la "mémoire des Français d'outre-mer". Mais du fait qu'il n'ait pas été invité, lui le fils de rapatriée et élu implanté à Perpignan.
Si le ministre de la Défense Gérard Longuet vient, comme l'annonce le maire, ou si certains élus UMP sont présents, M. Pujol est un "fieffé menteur", dit M. Aliot, puisqu'il assure que personne ne récupérera l'inauguration.
En fait, M. Pujol, comme les Alduy qui ont dirigé la ville avant lui pendant cinquante ans, "ont toujours utilisé les pieds-noirs comme une variable d'ajustement de leur vote", dit-il.
"Ici, l'UMP a besoin pour gagner d'intégrer les voix les plus extrêmes", résume Jacqueline Amiel-Donat, chef de file socialiste de l'opposition perpignanaise.
Ce centre est, selon elle, une faveur supplémentaire faite aux nostalgiques de l'Algérie française, après la stèle dédiée aux anciens de l'Organisation armée secrète (OAS) par exemple.
Le centre offre une vision unique de l'histoire, "à la gloire de la période française de l'Algérie", s'émeut Michel Franquesa, secrétaire local du Parti communiste. Pour preuve, dit-il, le fonds de ce centre dépourvu de comité scientifique est constitué des documents amassés par le Cercle algérianiste, organisation créée en 1973 pour "sauver (la) culture en péril" née de la présence française en Algérie.
Il met certes à la disposition des chercheurs, des étudiants ou des descendants le fonds du Cercle algérianiste, mais en espérant bénéficier un jour du soutien de l'Etat et de l'ouverture progressive par celui-ci de ses archives, dit le maire, natif de Mostaganem et parti en 1962 à 12 ans, "comme tout le monde, du jour au lendemain".
"Mon action parle pour moi. J'ai fait mon premier combat en 1989 contre le Front national. Mon père était engagé contre les nazis à 17 ans et demi, il est revenu à 22 ans grand invalide de guerre. C'était pas un commentateur; je suis pas un commentateur non plus".
Mais si M. Aliot s'invite à l'inauguration, comme il a annoncé vouloir le faire avec des rapatriés, "pas question non plus d'utiliser la force publique pour (l'en) empêcher".
Par
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Inauguration du Centre de Documentation
des Français d’Algérie à Perpignan
Inauguration du Centre de Documentation des Français d’Algérie à Perpignan
MESSAGE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Lu par M. Gérard LONGUET
Ministre de la Défense et des Anciens Combattants
Dimanche 29 janvier 2012
Mes chers compatriotes, mes chers amis,
J'aurais aimé être parmi vous ce matin alors qu'est inauguré le musée consacré aux souvenirs des Français d'Algérie, dans cette ville de Perpignan, qui a su accueillir chaleureusement tant de rapatriés et s'est toujours trouvée à vos côtés. Les circonstances m'en ont empêché. La crise grave qui frappe notre pays comme l'ensemble des pays européens me contraint à préparer et à mettre en place sans attendre des mesures énergiques pour y faire face. Vous comprendrez, j'en suis sûr, que je ne pouvais quitter Paris aujourd'hui. Mais soyez-en assurés, notre rendez-vous n'est que différé.
J'aurais voulu vous affirmer, à vous dont la plupart se trouvaient avec moi à Toulon il y a cinq ans, le 7 février 2007, que je ne changerais pas un mot, pas une virgule à ce que je vous avais dit alors.
Je m'étais engagé auprès des rapatriés à tout faire pour que soit rétablie la vérité sur leur histoire, et que cette histoire, l'oubli ne vienne jamais l'ensevelir.
Vous le savez, je me suis toujours opposé à toute forme de repentance. Les hommes et les femmes qui sont partis s'installer en Afrique du Nord pour y travailler et fonder des foyers, loin d'être frappés d'opprobre, méritent notre reconnaissance ; en développant l'économie de ces nouveaux territoires, ils ont œuvré à la grandeur de la France.
Ils ont bâti des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux, ils ont cultivé des sols arides, ils y ont planté. Poursuivant leur œuvre, leurs descendants ont tout donné à la terre sur laquelle ils étaient nés.
La loi du 23 février 2005, si décriée par les adeptes de la repentance
Leurs mérites je les connais et j'ai toujours veillé à mener une politique qui en soit respectueuse, en demandant notamment à la Mission interministérielle aux rapatriés de rester en permanence à l'écoute de vos grandes associations nationales.
La loi du 23 février 2005, voulue par un gouvernement auquel je participais, si décriée par les adeptes de la repentance, a permis de prendre en compte les attentes justes, exprimées depuis longtemps par les rapatriés.
Je puis ainsi vous affirmer que le 5 décembre est et restera l'unique date de commémoration et d'hommage de la Nation à tous ses enfants tombés pour la France en Afrique du Nord, avant et même après le cessez-le-feu. Vous le savez j'ai voulu, comme vous me l'aviez demandé, que les victimes civiles, notamment celles de la rue d'Isly, ainsi que tous les disparus, soient justement associés à cette journée nationale.
Vous gardez dans votre chair, vous, rapatriés et harkis, le souvenir douloureux de cette année 1962. Je veux que l'ensemble des Français, notamment les plus jeunes, sachent ce qu'ont été les épreuves, l'exil et le déchirement des Français d'Afrique du Nord au moment de leur rapatriement en métropole.
Je veux que la mémoire de ceux qui ont dû quitter, au prix d'une douleur et d'une souffrance indicibles, la terre qui les avait vus naître, soit préservée, respectée et défendue. Aussi ai-je attaché beaucoup d'importance à la mise en place de la Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, ainsi qu'à l'ouverture des archives pour que les Français puissent mieux connaître et mieux comprendre la réalité de cette période de notre histoire, si souvent déformée par une analyse sommaire et sectaire des événements qui l'ont marquée.
Défendre la mémoire de tous les Français rapatriés
Oui, la France a le devoir de reconnaître le courage, la dignité et les sacrifices des rapatriés et d'honorer leur mémoire et leur culture.
C'est dans cette volonté de ne pas laisser insulter l'Histoire que s'inscrit la proposition de loi présentée par Raymond Couderc, adoptée à l'unanimité par le Sénat, visant à sanctionner pénalement les injures et les diffamations à l'égard des harkis. C'est à l'Assemblée Nationale de se prononcer maintenant. Elle le fera le 13 février prochain.
Vous estimez sûrement que beaucoup reste encore à faire et que toutes ces avancées restent fragiles, car rien n'est définitivement acquis si l'on n'y prend garde. J'en suis bien conscient. C'est pourquoi, j'aurai toujours cette même volonté de défendre la mémoire de tous les Français rapatriés, qu'ils soient pieds-noirs ou harkis, afin que leur histoire ne soit ni dénaturée ni oubliée.
J'aurai prochainement l'occasion et le plaisir de vous le dire et de m'adresser à vous tous, mes chers compatriotes, mes chers amis, lors d'un déplacement dans quelques semaines.
D'ores et déjà, je vous affirme que cette année 2012, cinquantenaire de la fin de la guerre d'Algérie, sera l'année du souvenir et de recueillement, sûrement pas celle de la repentance.
Nicolas Sarkozy
source
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Culture - mairie de Perpignan
Centre de documentation des Français d’Algérie,
un lieu vivant et accessible à tous.
À la fin du mois sera inauguré à l’ancien Couvent Sainte-Claire le Centre de documentation des Français d’Algérie. L’aboutissement d’un projet de plusieurs années qui permettra de transmettre, explorer, enrichir et analyser le patrimoine matériel et immatériel des Français d’Algérie. Suzy Simon-Nicaise, maire adjoint délégué aux Relations avec les associations et aux Rapatriés répond à nos questions.
En quoi ce projet était-il important pour la ville ?
Suzy Simon-Nicaise : Ce centre est important à double titre. Tout d’abord parce que Perpignan est la première collectivité publique à créer en France un centre de documentation dédié à la mémoire des Pieds-Noirs, ensuite parce que chercheurs, historiens, familles et curieux vont enfin bénéficier d’un lieu pour faire des recherches, apprendre, comprendre et ressentir, ce que fut la vie de ces Français pendant les 132 années de présence française en Algérie. Aujourd’hui, il est d’autant plus important que de très nombreux jeunes Perpignanais comptent dans leur famille des parents ou grands-parents nés avant 1962 en Algérie.
C’est au centre de documentation qu’ils découvriront l’environnement social, culturel, géographique de leurs aînés. Les plus anciens ont maintenant disparu emportant avec eux leurs souvenirs, ils ont fort heureusement laissé des objets, des films, des témoignages écrits…un fonds important d’archives à exploiter. 50 ans après l’exil, ce centre s’impose désormais comme celui de la transmission mémorielle d’une catégorie de Français, des provinciaux sans province : les Français d’Algérie.
Pour nombre de ces déracinés, ils se sont reconstruits à Perpignan qui, grâce à Paul Alduy, a été une des rares villes en France ayant su les accueillir et leur apporter le soutien matériel dont ils avaient besoin alors qu’ailleurs l’accueil était beaucoup plus mitigé voire carrément hostile. C’est donc bien normal qu’ils aient choisi de rassembler ici leurs archives pour les partager avec le plus grand nombre. L’objet du centre est aussi l’organisation d’expositions, colloques, manifestations diverses pour partager cette tranche de l’histoire de France et éventuellement tordre le coup aux idées reçues.
Le projet a été mis en place en lien avec le Cercle algérianiste, pourquoi ?
Suzy Simon-Nicaise : Dans les années 1980, la Ville de Perpignan a mis à disposition de cette association des locaux qui depuis, lui ont permis de rassembler tous les témoignages matériels et immatériels qui constituent aujourd’hui un fonds documentaire d’exception. Il a donc été aisé d’entreprendre avec elle un véritable travail de collaboration.
Une convention de partenariat a été établie entre la Ville de Paerpignan et le Cercle algérianiste qui est une fédération de plus de 15 000 membres dont plus de 550 à Perpignan. L’exploitation du très riche fonds d’archives doit notamment permettre des travaux universitaires même si, en tout état de cause c’était déjà le cas jusqu’à présent, cependant tous ces documents étaient difficilement exploitables de par l’exigüité des locaux occupés et le défaut de numérisation qui s’impose aujourd’hui.
Que pourra-t-on y trouver ?
Suzy Simon-Nicaise : Comme je le viens de le dire des documents importants à mettre à la connaissance des chercheurs et pour certains d’une grande rareté.
Le centre regroupera plus de 5 000 ouvrages, 25 000 opuscules, 5 000 cartes postales, diverses collections de timbres, d’objets anciens, mais également des centaines de témoignages de ce que fût la vie des Français d’Algérie.
Ces témoignages se manifestent de 2 façons, à la fois des témoignages écrits et oraux, mais également des archives familiales comme des albums photos ou encore des archives d’entreprises, de commerçants, d’agriculteurs, d’enseignants, de médecins… Des archives tout à fait exceptionnelles que l’association est particulièrement fière d’avoir rassemblées, de pouvoir exposer et mettre à la disposition du public.
Extrait du Journal de la Culture – Janv. 2012
mairie de Perpignan
fonds d'archives André Mandouze
fonds d'archives André Mandouze à Lyon
Gilbert MEYNIER
- lien vers le site : http://www.chrd.lyon.fr/chrd/sections/fr/ressources_historiqu/archives_et_collecti/archives
éditions Ibis Rouge
l'histoire coloniale aux éditions Ibis Rouge
présentation par l'éditeur lui-même :
Historique

Arrivant en Guyane voilà plus d'une quinzaine d'années, Jean-Louis Malherbe, ingénieur des Arts Graphiques, était un observateur attentif de la vie culturelle du département. Force est de constater son profond désarroi face à l'absence quasi totale de publications sous forme de livre en Guyane.
Passionné par le livre «objet», celui qu'on aime avoir entre les mains, qui sent bon le papier et l'encre d'imprimerie, par le livre «plaisir», le livre «creuset du savoir» il décide de 1995 de mettre au service des Guyanais, dans un premier temps, et Antillais par la suite, une vraie maison d'édition, en tous points conformes avec la déontologie de la profession.
Politique éditoriale
Ibis Rouge Éditions est implantée en Guyane, Guadeloupe, Martinique et à la Réunion. Cette maison d'édition littéraire offre aux lecteurs des ouvrages de qualité traitant de la réalité spécifique de l'Amazonie, de la Caraïbe et de l'océan Indien. Elle a également pour vocation de fournir aux auteurs sur place les mêmes avantages que les maisons d'édition métropolitaines.
Le fonds éditorial d'Ibis Rouge Éditions possède une multitude de
genres (essais, littérature générale, poésie, jeunesse, théâtre,
beaux-livres, etc.) dont l'ensemble s'articule autour de l'espace
culturel, historique et social créole.
source (août 2010)
- Botanique et colonisation en Guyane française (1720-1848). Le Jardin des Danaïdes
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Algériens au Canada (Marion Camarasa)
La Méditerranée sur les rives
du Saint-Laurent
Une histoire des Algériens au Canada
La thèse de Marion Camarasa sur l'émigration algérienne au Canada est parue sous forme d'ouvrage.
résumé (par l'éditeur) - Au cours de la décennie 1980, des difficultés économiques doublées d'une grave crise politique ont conduit l’Algérie aux portes du chaos. Pays d'émigration, elle s'est adaptée à la globalisation en diversifiant les aires d'émigration, délaissant les zones traditionnelles comme la France pour se tourner vers de nouveaux pays tel le Canada. Comment appréhender ce phénomène migratoire et cette constitution d'une organisation communautaire de l'émigration algérienne dans un environnement nord-américain ?
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Faut-il avoir honte de l’identité nationale ? (J.-P. Renaud)
Faut-il avoir honte de l’identité nationale ?
"Historiquement raison et politiquement tort" ? (Le Point du 11/12/2008)
Ou la politique de l’autruche macrocosmique
Jean-Pierre RENAUD
Tel a été le jugement catégorique du journaliste et politologue Alain Duhamel dont on voit le visage et la signature, depuis plus de cinquante ans, aussi bien dans les journaux que sur les chaînes de télévision ! Plus intéressé par la philosophie politique que par notre problématique nationale !
N’aurait-il pas été plus juste d’écrire historiquement raison et politiquement raison ?
Il est vrai qu’on peut être surpris de voir deux historiens retracer l’histoire de notre identité nationale, mais au moins, comme le reconnaît le journaliste, ce livre vient à propos. Il a le grand mérite de remettre les pendules à l’heure, avant qu’il ne soit trop tard pour la France. Car en qualité d’enseignants, ils sont sans doute bien placés pour apprécier l’évolution de cette question nationale sensible !
Un constat historique robuste, sans faille, fondé sur une très grande abondance de sources, toujours citées.
Au cœur du sujet se trouve le paradoxe, ou en tout cas, la dualité entre le message universel, messianique de la nation française, et la nécessité qui est la sienne, pour continuer à exister, de sauvegarder son enracinement territorial et identitaire.
Les auteurs citent à ce sujet deux historiens, Pierre Nora et Sophie Wahnich : Le premier écrit : «la France n’est pas universelle, comme Michelet lui a fait croire, au grand dérangement des autres nations. Mais elle est cette nation qui a eu l’universel dans son particulier.»
La deuxième incrimine «l’impraticable articulation entre un horizon idéologique universel et une identité souveraine empiriquement caractérisable ».
Un piège dans lequel cherchent à nous enfermer tous ceux qui prônent une mutation de notre identité nationale vers un méli-mélo national qui ferait litière des valeurs cardinales de la République, la séparation de l’Eglise et de l’État, la laïcité, l’égalité des hommes et des femmes, une langue nationale, notre belle langue française, ainsi que les trois devises inscrites au fronton de toutes nos mairies.
Est-ce que le pays va répéter, sur le plan intérieur, les erreurs de la politique coloniale du microcosme parisien de la Troisième République, en proclamant qu’il allait civiliser, apporter la République aux peuples d’outre mer, alors qu’il était bien incapable de tenir cette promesse, qu’on nous reproche aujourd’hui, à satiété ?
Alors on peut faire le pari de M. Duhamel, et sans doute de la majorité des responsables politiques qui, depuis plus de trente ans, haut conseil de l’intégration compris, ont feint de nous faire croire, que la nation française avait assez de vitalité pour assimiler ces nouvelles générations d’immigrés, mais a-t-on le droit de faire un tel pari ?
Alors qu’une partie de ces immigrés ne semblent pas disposés, comme le montrent maints exemples, à accepter ce fonds commun et imprescriptible de notre République !
Ce livre de lettrés vient donc effectivement à son heure pour éclairer l’opinion publique et éviter que la République ne vogue vers des lendemains incertains, et que la France que j’aime, avec beaucoup d’autres, ne perde son âme. Il suffit d’interroger les démographes sur l’évolution probable des populations de certains territoires urbains.
Alors, j’écris, oui, ces auteurs ont historiquement raison et politiquement raison, et au surplus, ce qui ne gâte rien, ils ont du courage !
Jean-Pierre Renaud
1er janvier 2009
du colonialisme à la Belle Époque
Du colonialisme à la Belle Époque
(1871-1913)
La bande dessinée Larousse le Monde
du 6 septembre 2008
Jean-Pierre RENAUD
Une première observation de lecture : l’aventure coloniale est assez bien décrite et résumée, sans exagération négative ou positive, je dirais volontiers avec une certaine rigueur historique.
La description de la plupart des personnages choisis est correcte. En ce qui concerne Samory, il aurait été plus juste de dire qu’en 1880 son empire avait atteint sa pleine puissance, et donc qu’il n’avait pas besoin de le porter «à bout de bras». L’anecdote sur le fusil Kropatchek est pertinente, car elle donne un témoignage précis sur le degré d’évolution technique de son armée.
Le personnage de Behanzin est bien évoqué, la puissance de son armée, mais aussi la force des coutumes sacrificielles qui régnaient à sa cour.
En ce qui concerne les explorateurs, on peut s’interroger sur le choix de Soleillet qu’on peut ne pas considérer comme très représentatif de cette espèce d’explorateurs, civils ou militaires, qui, au mépris de tous les dangers, parcouraient une Afrique noire encore inconnue. Le sultan Ahmadou de Ségou le garda d’ailleurs prisonnier pendant plusieurs mois.
Dans une autre bulle, Reybaud ? Inconnu au bataillon !
Et précisément au sujet des événements retenus, et de la prise de Sabouciré par les troupes coloniales, en 1878, on n’est pas obligé de partager à ce sujet le jugement de l’historien Person qui fit de la prise de ce tata, un fait historique fondateur de la conquête coloniale du Soudan.
Une simple allusion à la conquête du Tonkin, peut être, mais le texte de la bulle ne correspond pas du tout à la réalité historique, je cite : Quand les troupes françaises occupent le Tonkin en 1884-1885, elles affrontent un adversaire encore médiéval… avec la bataille de Bac Ninh. La citadelle en question était occupée par des troupes régulières chinoises, armées d’armes modernes. Par ailleurs, la citadelle était truffée d’ouvrages de défense très sophistiqués, comme savait les construire l’armée chinoise. Le combat fut donc loin d’être médiéval !
la magie exotique des images ?
On peut regretter d’ailleurs que pour une représentation historique plus fidèle, l’Indochine n’ait reçu qu’une part infime des bulles, et Madagascar, aucune. Une des cartes de la troisième page est d’ailleurs inexacte, puisque l’île n’était pas une colonie en 1890, pas plus que le Maroc qui a été évoqué plus loin. La Tunisie également absente des bulles !
Le même problème de représentativité se pose pour la place qu’occupe dans l’ouvrage l’aventure coloniale, une page sur trois, alors que les journaux de l’époque n’ont pas consacré une page sur trois à ces sujets, pas plus que le Parlement en nombre d’interpellations ou de sessions.
Est-ce que les auteurs de l’ouvrage n’ont pas été trop séduits par la magie exotique des images, plus que par la relation historique des faits ?
Cela dit, dans l’ambiance actuelle d’une contrition souvent revendiquée et d’un anachronisme colonial un peu trop agressif à mon goût, ces pages sont les bienvenues.
Jean Pierre Renaud,
le 10 septembre 2008
Note pour l’information du lecteur
Rien dans la couverture, ni dans la quatrième de couverture de l’opuscule en question, ne permet de penser qu’il s’agit de la réédition d’un des opuscules de l’histoire de France édité par Larousse en 1978. Il faut lire la préface pour en avoir conscience.
Or il se trouve que sous la responsabilité du journal Le Monde, la partie rééditée, intitulée, L’aventure coloniale, est rigoureusement la même en images, bulles et textes, que celle publiée par Larousse, mais sous un titre tout à fait différent, La France d’Outre-Mer.
Le lecteur en tirera toute conclusion qu’il voudra, mais est-ce que cela veut dire que le journal Le Monde accrédite la version historique proposée en 1978, plus de quinze ans après la décolonisation ?
J.-P. Renaud
publication de : l'Europe face à son passé colonial
l'Europe face à son passé colonial
dir. Olivier Dard et Daniel Lefeuvre
La colonisation a-t-elle eu un "caractère positif" ou a-t-elle été facteur d'une exploitation et d'une domination féroces des peuples et des territoires colonisés ? Faut-il la traiter comme une page d'histoire parmi d'autres ou bien l'expier comme un péché, qui entache la France depuis plus d'un siècle ?
Depuis la loi du 23 février 2005 et son article 4, le débat fait rage, en France, autour de ces questions.
Loin d'être un objet froid de la recherche historique, le passé colonial nourrit aujourd'hui une véritable guerre des mémoires. Ces débats sont-ils uniquement franco-français ?
Il suffit de porter le regard au-delà de nos frontières pour se convaincre du contraire. Comme le montre ce livre, toutes les anciennes puissances coloniales ainsi que les sociétés anciennement colonisées sont, à des degrés divers, confrontés à ce passé.
Cette approche comparative permet donc de mieux saisir ce qui, dans les débats sur le passé colonial, est spécifique à notre pays et ce qui relève d'un passé partagé de puissances coloniales.
ouvrage dirigé par Olivier Dard et Daniel Lefeuvre
l'Europe face à son passé colonial
collection Actes académiques
université Paul-Verlaine - Metz
université Paris VIII/Saint-Denis
- diffusion à partir de décembre 20008
- en souscription à partir de septembre 2008 au prix de 20 € (port compris) : chèque à l'ordre d'Études Coloniales à adresser : 38, rue du Ruisseau - 75018 Paris
le Cadist (colonisation française) à Aix-en-Provence
CADIST à Aix-en-Provence
Histoire de la colonisation française
http://gsite.univ-provence.fr/gsite/document.php?pagendx=7095&project=scd
Le Cadist (centre d’acquisition et de diffusion de la documentation scientifique et technique) fonctionne depuis 1983. Il est installé dans la BU Lettres de l’Université d'Aix-Marseille, à Aix-en-Provence. Les chercheurs et étudiants à partir du Master sont admis dans la salle de consultation. Les ouvrages peuvent être prêtés et envoyés par le prêt entre bibliothèques. Le fonds colonisation comporte environ 7000 volumes en langues française et étrangères et 180 titres de périodiques (dont 85 abonnements en cours). Le catalogue est en ligne et est également intégré au SUDOC. Informations pratiques : voir le site.
Pour la petite histoire le Cadist a eu l’honneur de recevoir il y a quelques années Monsieur Liauzu, ainsi que M. Boucher qui était alors président de la French Colonial Historical Society. Nous recevons régulièrement des étudiants de Paris ou d'ailleurs.
contact : nicole.el.ajmi@univ.amu.fr
lien
- http://gsite.univ-provence.fr/gsite/document.php?pagendx=7095&project=scd
présentation
Les acquisitions portent sur tous les aspects de la présence française outre-mer à la période moderne et jusqu'au début du 20e siècle :
- Histoire du Premier et du Deuxième empire colonial : Antilles, Canada, Louisiane ; Afrique du Nord, Afrique occidentale et Afrique équatoriale francophones ; Indochine et autres implantations en Asie ; Madagascar, Réunion, anciennes colonies de l’Océan indien ; Océanie
- Aspects thématiques : économie ; société ; esclavage ; missions ; transferts culturels…
- Orientation vers les études comparatistes et le phénomène colonial européen dans son ensemble.
Les fonds du CADIST Colonisation française comprennent :
- Ouvrages (papier et microformes) : environ 7000 volumes (dont 35 % en langues étrangères)
- Titres de périodiques : 180, dont 85 abonnements en cours.
Les points forts de la collection :
- De très importantes collections de textes microfichés parmi lesquelles se trouvent :
des éditions de sources telles que :
>la totalité de la série The archives of the Council of World missions – Africa and Madagascar (lettres, rapports...)
>The Jesuit relations and allied documents : travels and explorations of the Jesuit missionaries in New France, 1610-1791 (textes en français, latin, italien et traduction en anglais)
la reproduction d’ouvrages classiques
>une reproduction du «Projet de code noir pour les colonies françaises présenté à son Excellence le Ministre de la Marine», 1829.
de nombreuses thèses américaines et britanniques
- Des outils de recherche bibliographique :
Outre les ouvrages consultables dans l’espace Références (par exemple La Bibliographie annuelle d’histoire de la France) ou dans la rubrique Documentation électronique de ce site, de nombreux catalogues de collections et répertoires d’archives figurent au Cadist.
Le fonds général de la BU Lettres contient des ouvrages publiés entre 1890 et 1914 et a accueilli une grande partie de la bibliothèque de l’ex-IHPOM, Institut d’histoire des pays d’Outre-mer, ainsi que le don Brian Eccles constitué de 500 ouvrages en langue anglaise sur l’Afrique de l’Est à la période coloniale.
Partenaires
D’autres institutions possèdent des fonds sur les mêmes domaines ou complémentaires :
- Le Centre des Archives d’Outre-mer
- La Médiathèque de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme abrite la documentation des laboratoires IREMAM (monde arabe et musulman contemporain) et IEA (Afrique contemporaine).
- la Chambre de Commerce et d’industrie Marseille-Provence (Patrimoine culturel)
- le Centre d’études et de recherches sur les sociétés de l’Océan Indien (CERSOI)
- l’Institut de recherche et d’études sur le Sud-Est asiatique (IRSEA) et son fonds Asie
- le Centre de recherche et de documentation sur l’Océanie (CREDO) et son fonds Pacifique
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faculté des Lettres, université d'Aix-Marseille, site Schumann à Aix-en-Provence

faculté des Lettres, université d'Aix-Marseille, site Schumann à Aix-en-Provence

bibliothèque universitaire de Lettres

salle qui abrite le fonds CADIST
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Aix-en-Provence, place de la Rotonde
Critique du livre L'Illusion coloniale (Jean-Pierre Renaud)
L'illusion coloniale (Tallandier, 2005)
un livre d'Éric Deroo avec la collaboration de Sandrine Lemaire
Jean-Pierre RENAUD
Un très beau livre d’images qui s’inscrit dans la suite des beaux livres d’images qui semblent à la mode et ont l’ambition de faire revivre le passé colonial de la France.
Un titre très ambitieux : deux cents pages pour couvrir deux siècles et demi d’histoire coloniale (1750-1962).
Un titre ambigu à l’exemple du beau livre d’images intitulé Images d’Empire (La Documentation française-La Martinière- 2003) dont l’immense majorité des clichés ne datait pas de l’Empire, mais de Vichy ou de la Quatrième République, et donc de l’Union française.
Ici, dans le déroulement chronologique des images au cours de la période 1750-1962, le commentaire n’explique pas le titre du livre, pourquoi l’Illusion coloniale ? La tâche était d’ailleurs impossible.
Le commentaire des images s’inscrit dans la ligne de pensée et d’écriture du collectif de chercheurs, dont fait partie l’historienne Sandrine Lemaire, collectif qui a produit une série d’ouvrages sur la Culture coloniale, la Culture Impériale, et la Fracture Coloniale.
Ne nous attardons pas sur au moins deux des erreurs historiques du commentaire, la conquête de Madagascar par Gallieni en 1895 (p. 43) et le fait que l’École coloniale ait donné naissance à l’ENA (p. 83).
Quant au commentaire lui-même, s’il est vrai qu’il est difficile de justifier, chaque fois par des chiffres précis, beaucoup d’affirmations et de jugements sur les périodes successives examinées et illustrées, l’absence complète de mesure et d’évaluation donne une grande fragilité historique à la plupart des affirmations. Lesquelles n’ont pas été démontrées dans les livres du collectif.
Relevons quelques unes d’entre elles pour éclairer le lecteur :
La fabrique de l’opinion (p. 70) avec la propagande coloniale, une multitude de relais, la radio et le cinéma sont mobilisés et financés par l’Etat, des milliers de publications et de supports.
Les femmes (p. 129) et la notation, un des sujets les plus reproduits dans les cartes postales coloniales, avec l’inévitable référence aux érotiques mauresques. Représentation des femmes des colonies qui n’est pas celle reconnue par les meilleurs spécialistes.
L’Agence économique des colonies, recréée par le régime de Vichy en 1941, elle bénéficie de moyens
considérables, (p. 156), mais aucun chiffre précis n’est avancé sur ces moyens et sur leur poids relatif dans les valeurs économiques de l’époque ?
Permanence des images héritées de la colonisation (p. 214) : cette interprétation est un des fils conducteurs du commentaire et est, en cela, tout à fait fidèle à l’interprétation historique donnée à l’histoire coloniale par ce collectif de chercheurs, avec une généalogie historique non encore démontrée, mais répétée au fil des discours, entre cette histoire, une fracture coloniale supposée, et en définitive la crise des banlieues, et pourquoi pas l’existence de nouveaux indigènes de la République.
Jean Pierre Renaud, 22 mai 2007
paru dans le numéro
12 de la revue
de l'association AROM amitié-réalité-outre mer
auteur du livre Le vent des mots...
- L'Illusion coloniale, Éric Deroo
avec la collaboration de Sandrine Lemaire, Tallandier, 2006.
Éric Deroo










































