vendredi 25 janvier 2013

les éditions Atlantis

25

 

un éditeur franco-allemand

dédié au travail historique et mémoriel sur

l'Algérie coloniale

 

Bienvenue sur le site Internet des éditions Atlantis.

Herzlich willkommen auf der Homepage der Edition Atlantis !

- les éditions Atlantis

 

31

 

8

 

12

 

16

 

18

 

19

 

21

 

22

 

23

 

25

 

26

 

29

 

30

 

31

 

33

 

 

35

 

50

 

52

 

56

 

59

34

 

... et d'autres ouvrages encore...!

- les éditions Atlantis

 

- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 14:03 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


mercredi 23 janvier 2013

lectures "coloniales"

9782070119585

 

 

quelques références bibliographiques

Gérard SAMPAIX

 

- Tidiane N'Diaye, Le génocide voilé. Enquête historique, Gallimard, coll. "Continents noirs", 2008.

Sur la traite négrière arabo-musulmane. Livre bien informé, savant et grand public, très virulent contre l'esclavage arabe mené au nom de la religion islamique. Avec des annexes très intéressantes. L'auteur a publié d'autres ouvrages qui ont l'air très sérieux.

blog+-traite+arabo-musulmane+des+Noirs_illust

g1328

 

 

- Hela Ouardi, "De l'autorité en Islam", in Le Débat, n° 171, sept.-octobre 2012. (acheter l'article)

L'auteure est professeure à l'université de Tunis El-Manar. Passionnant sur les différentes interprétations historiques de la question : qui est le dépositaire de l'autorité divine en Islam, et comment celui-ci l'exerce-t-il ?

Héla Ouardi
-Hela Ouardi

 

- lire aussi : "La fin de l'illusion lyrique", 5 février 2012, in La Presse de Tunis

- voir : http://www.youtube.com/watch?v=y2wYz2oAjoM

 

 

- Paul-François Paoli, Pour en finir avec l'idéologie antiraciste, François Bourin éditeur, 2012.

L'auteur est journaliste au Figaro Littéraire. Le titre vous plaira. Des chapitres très bien venus.

9782849412893FS

 

- lire aussi : "La colonisation n'est pas née d'un projet prédateur" (Études Coloniales, 19 mai 2006)

 

- Yvan Stéfanovitch, Aux frais de la princesse, Nouveau Monde poche, 2010.

Sur les privilégiés de la République dans quantité de domaines et d'institutions. Une lecture qui rend dégoûté et fou de rage.

9782709627825FS

 

- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 19:22 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

dimanche 6 janvier 2013

centre des Archives nationales d'outre-mer

73569855

 

 

voeux du centre des

Archives nationales d'outre-mer (ANOM)

 

Sans titre

 

- http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/anom/fr/

 

 

- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 22:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 13 août 2012

notes critiques, par le général Maurice Faivre

arton57

 

notes et remarques de lecture

général Maurice FAIVRE

 

1. Le livre d’Alain Michel, historien franco-israélien, Vichy et la Shoah, souligne les erreurs énoncées par le Président de la République dans son discours sur la rafle du Vel d'Hiv.

La décision était celle des autorités d'occupation et le crime celui des nazis. Ceci remet en cause la position de Chirac sur le même sujet.

2012

2. Le Président Chirac a commis une autre erreur au sujet de la répression de Madagascar en 1947, contrairement à ce que dit Gilles Manceron au colloque du Sénat du 30 juin-1er juillet.

Cette erreur a été relevée lors d'un débat que l'on peut consulter à l'Académie des sciences d'outre-mer ; elle est confirmée par le Contrôleur général des Armées Duval dont voici le résumé :

9782747523363

Eugène-Jean Duval, La révolte des sagaies, Madagascar 1947, L’Harmattan 2002, 363 pages.

Dans cet ouvrage très documenté, le Contrôleur des armées Duval remet en question les ouvrages et articles tendancieux publiés sur l’insurrection de Madagascar. Replaçant cette révolte dans le contexte d’une France affaiblie par les crises sociales et le conflit d’Indochine, il décrit la montée du nationalisme qui, avec le soutien du parti communiste, se réclame de la Charte de l’ONU.

Dans un territoire immense et sous-équipé, des centaines de Malgaches attaquent les fermes et les garnisons le 29 mars à minuit, sans réussir à récupérer plus de 360 armes à feu. Persuadés par les sorciers de leur invincibilité, ils s’enfuient aux premiers coups de feu et entraînent dans la forêt plus d’un million d’habitants. 150 européens, 120 militaires et 1.700 autochtones sont victimes de la tuerie. 485 villages sont incendiés.

Ne disposant que de 6.500 hommes dont 4.000 Malgaches, les autorités circonscrivent la zone insurgée en attendant les renforts de métropole, qui n’arrivent que fin juillet. Après destruction des campements, des postes militaires sont implantés dans la forêt et éliminent les chefs rebelles. Fin 1948 la population a regagné les villages.

5.100 rebelles ont été tués, et 5.400 civils sont morts de faim et de froid. Sur 44 condamnés à mort par les tribunaux militaires, huit sont exécutés. On est loin de l’accusation de génocide lancée par les anticolonialistes.

Peu à peu pacifié, le peuple malgache vote pour la Communauté française en août 1958 et devient indépendant, avec le soutien de la France, en juin 1960.

9782747523363

9782747523363_4_75

 

3. Gilles Manceron a commis d'autres erreurs dans son exposé. S'agissant du 8 mai 1945 et du 20 août 1955 en Algérie, il semble ignorer les ouvrages récents qui font autorité : ceux de Roger Vétillard, qui contredisent les erreurs de Jean-Louis Planche, Mauss-Copeaux, Lalaoui et Boumaza.

S'agissant de l'OAS, les travaux d'Olivier Dard devraient être cités.

Quant aux écrits de Denoix de Saint-Marc, ils sont d'une portée intellectuelle et morale qui ridiculisent les absurdités émises à son égard dans le bulletin de la LDH.

63438313

4. La lecture par Gilles Manceron du Livre blanc de l'armée française en Algérie (Contrepoint 2001) dont le manifeste a été approuvé par 520 généraux, est manifestement tronquée, comme le montre l'extrait ci-dessous. Le Livre blanc reconnaît en effet que l'élimination du terrorisme urbain a eu recours à des procédés moralement condamnables.

Le général Gillis l'a rappelé  :

«Certains, pendant la bataille d'Alger en particulier, ont été confrontés à un dilemme : se salir les mains en interrogeant durement de vrais coupables, ou accepter la mort certaine d'innocents. S'il y eut des dérives, elles furent marginales».

Il faut donc rappeler que cette pratique n'a pas été généralisée, et qu'à l'été 1957, le renseignement sur le terrorisme a été obtenu par pénétration des réseaux adverses. C'est ce qu'a reconnu Zohra Driff : «ces méthodes n'avaient plus cours quand j'ai été prise».

Maurice Faivre

9782262034993
Olivier Dard, publications

 

6337598_3567361

 

- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 14:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 1 février 2012

Centre de documentation des Français d’Algérie - Daniel Lefeuvre

 

 centre-de-documentation-des-francais-dalgerie-un-lieu-vivant-et-accessible-a-tous

 

 Centre de documentation

du Cercle Algérianiste à Perpignan

Daniel LEFEUVRE

 

Le Centre de documentation des Français d’Algérie, inauguré le dimanche 29 janvier par M. Pujol, maire de Perpignan, M. Longuet, ministre de la Défense, Thierry Rolando et Suzy Simon-Nicaise, président et vice-présidente du Cercle algérianiste, fait l’objet, depuis plusieurs années, d’une vive polémique.

Pour l’opposition socialiste et communiste au Conseil municipal de Perpignan, il s’agit d’une «faveur faite aux nostalgiques de l’Algérie française», selon les propos de Mme Jacqueline Amiel-Donat, responsable locale du Parti socialiste, ou d’un centre «offrant une vision unique de l’histoire à la gloire de la période française de l’Algérie» pour Michel Franquesa, secrétaire local du Parti communiste.
Pour preuve, ajoute ce dernier, «le fonds de ce centre dépourvu de comité scientifique est constitué des documents amassés par le Cercle algérianiste, organisation créée en 1973 pour "sauver (la) culture en péril" des Français d’Algérie.» (Déclarations rapportées par La Dépêche du Midi du 30 janvier 2012.)

Un collectif «Pour une histoire franco-algérienne non falsifiée», (regroupant diverses organisations, notamment ATTAC, CGT, la LDH, le MRAP, le PCF), s’est élevé contre le financement, pour partie public, de ce centre et a appelé à manifester  «tous ceux qui veulent s’opposer aux mensonges sur les crimes du colonialisme français et à l’hystérie xénophobe et raciste.» (L’Humanité, 27 janvier 2012).

qu’est-ce qui justifierait l’opprobre autour de ce Centre ?

Au total, qu’est-ce qui justifie l’opprobre qui entoure ce Centre ? Passons sur l’accusation de xénophobie qu’absolument rien ne justifie. D’abord être le produit d’une association de rapatriés, le Cercle algérianiste, coupable de défendre une histoire falsifiée, positive, de l’Algérie durant la période coloniale. Deuxièmement, la constitution d’un ensemble documentaire à partir de dons privés provenant de rapatriés. Troisièmement, que des subventions publiques aient contribué à son financement.

 

attention-changement-de-lieu-inauguration-centre-de-documentation-des-francais-dalgerie
vitrines d'exposition

 

Membre du Comité de pilotage du Centre, ces critiques appellent de ma part quelques remarques.

centre documentaire à vocation historique

En premier lieu, je ne vois pas pourquoi une association s’interdirait de créer un centre documentaire à vocation historique. De nombreux exemples existent :

- N’est-ce pas une fédération d’associations, loi de 1901, qui est à l’origine du Musée de la Résistance Nationale (Champigny). Pourtant, nul ne conteste son utilité à la fois historique et pédagogique, nul ne conteste le partenariat qui le lie, depuis 1985,  au ministère de l’Education nationale ?

- La Fondation pour la Mémoire de la Shoah n’est-elle pas également une fondation privée ? Sa dotation financière ne repose-t-elle pas sur la restitution par l’État et les établissements financiers français des fonds en déshérence, issus de la spoliation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ? Qui pourrait s’en offusquer ?

Faut-il faire grief au Cercle algérianiste de vouloir rassembler des documents offerts par des rapatriés ? Qui reproche à la CGT d’avoir créé un Institut CGT d’histoire sociale, conservant des «archives relatives aux activités confédérales et à celles des militants responsables de la CGT» ?

Quel historien refuserait de se rendre à l’OURS (Office Universitaire de Recherche Socialiste), organisme privé fondé par Guy Mollet, pour consulter les précieux fonds d’archives qu’il conserve, sous prétexte qu’il est lié au mouvement socialiste ? Faut-il bouder les archives de Saint-Gobain ou de Berliet, parce qu’elles sont propriétés d’organismes privés (de l’entreprise ou d’une fondation) ? On pourrait multiplier les exemples.

Quant à l’indignation sur la participation de financements publics au Centre de documentation, elle me paraît d’autant plus déplacée qu’elle émane pour une part d’organisations groupusculaires – comme le MRAP – bénéficiant de subventions publiques particulièrement généreuses qui constituent l’essentiel de leurs ressources.

Mais venons-en au fond de l’affaire.

 

la valeur des archives privées

Nul ne contestera, que les archives privées, complémentaires des archives publiques, constituent une  des sources essentielles de documentation historique. Au-delà de leur fonction mémorielle, elles sont indispensables à la connaissance et à l’écriture de l’histoire. Les services des Archives nationales consacrent, d’ailleurs, beaucoup de moyens humains et financiers  à les collecter, afin de les sauvegarder et de les mettre à disposition des chercheurs. Comment imaginer faire de l’histoire économique, sans les archives des entreprises ? Comment faire de l’histoire sociale en se privant des archives des associations, des partis, des militants ?

Le Cercle algérianiste entend recueillir, dans le centre de documentation de Perpignan,  les archives personnelles – de toute nature - de rapatriés. Pour ma part, je salue cette démarche et je m’en réjouis. Pourquoi ? D’abord parce qu’elle permet de sauver des archives qui, sans cela, seraient pour la plupart, définitivement perdues, détruites ou dispersées.

Dans leur grande majorité, les rapatriés d’Algérie nourrissent une méfiance née des blessures historiques des années 1960. Ils préfèrent, aujourd'hui, confier à un organisme associatif les documents qu'ils ont précieusement conservés plutôt que les confier aux services publics des archives. Tout comme le Centre de Documentation sur l’Histoire de l’Algérie (CDHA, Aix-en-Provence), le Cercle algérianiste leur offre un lieu de dépôt et de conservation auquel ils peuvent s’adresser en toute confiance. Ainsi les historiens disposeront-ils d’archives qui auraient été définitivement perdues autrement. C’est donc un service public qui est rendu, justifiant les subventions accordées.

 

il n’y a pas de «bonnes» et de «mauvaises» archives

Ces documents qui concernent la vie quotidienne des Français d’Algérie, en Algérie puis en métropole après leur exode, constituent une source d’information essentielle pour notre connaissance de cette histoire. Dictent-ils le contenu de cette histoire ? Evidemment non. Le Centre de documentation s’est engagé à mettre à disposition de tous les chercheurs les documents recueillis, laissant à leur responsabilité scientifique et morale, l’usage et l’interprétation qu’ils en feront. Autrement dit, à fonctionner sur les mêmes principes que les services publics des archives. Quelles garanties demander de plus ?

Pourquoi intenter un procès d’intention à ses fondateurs ? Il faut être prisonnier d’une conception très étriquée de l’histoire pour s’indigner d’une telle initiative, au lieu de s’en féliciter et de l’encourager. Ne devons-nous pas être comme les abeilles ? Toute fleur n’est-elle pas bonne à faire notre miel, où qu’elle se trouve ? J’ajouterai que, pour les historiens, il n’y a pas de «bonnes» et de «mauvaises» archives. Quant à moi, je préfère remercier les promoteurs de ce centre et me tenir à leur disposition pour contribuer à le faire vivre comme lieu de recherche sur l’histoire, mal connue – et trop souvent caricaturée –, des Français d’Algérie.

 

201201301382_zoom
le ministre Gérard Longuet

qu'est-ce qu'une "histoire franco-algérienne non falsifiée" ?

Enfin, que signifie cette revendication d’une «histoire franco-algérienne non falsifiée» de la part d’organisations et de personnalités qui  ont une conception hémiplégique de l’histoire, dénonçant à qui mieux mieux les «crimes» du colonialisme français, qui ont de l’histoire une conception procédurale, mais qui restent très discrets – c’est un euphémisme - sur les crimes et les massacres perpétrés par le FLN, dont ont été victimes des milliers d’Européens et des dizaines de milliers d’Algériens musulmans ?

Qui sont si peu prolixes – autre euphémisme - sur la politique de terreur du FLN, sur son recours massif aux enlèvements, à la torture et aux viols, pour imposer sa domination sur les populations algériennes et contraindre les Européens à quitter un pays qui les a vu naître.

Qui n’évoquent que du bout des lèvres le drame des harkis, victimes d’abord de la barbarie et de l’esprit de vengeance du FLN, qui ne leur pardonnait pas d’avoir combattu aux côtes de l’armée française, foulant aux pieds l’engagement souscrits lors des «accords» d’Evian, avant même que l’encre n’en soit séchée.

Qui vitupèrent l’ouverture d’un centre de documentation, mais font silence sur la fermeture des archives du FLN aux chercheurs ! Que ces donneurs de leçons, ces parangons de vertu, balaient donc devant leur porte !

 Daniel Lefeuvre

arton5009
professeur d'histoire contemporaine
université Paris VIII

 


71856151

_______________________________________________

 

presse

 

Perpignan. La mémoire toujours à vif

des Français d'Algérie

Perpignan

L'inauguration du centre de documentation des Français d'Algérie a aussi été l'occasion pour des dizaines de rapatriés de venir se recueillir devant le mur des disparus, d'y retrouver le nom d'un mari, d'un ami./Photo P.C.
L'inauguration du centre de documentation des Français d'Algérie a aussi été l'occasion pour des dizaines de rapatriés de venir se recueillir devant le mur des disparus, d'y retrouver le nom d'un mari, d'un ami./Photo P.C.
L'inauguration du centre de documentation des Français d'Algérie a aussi été l'occasion pour des dizaines de rapatriés de venir se recueillir devant le mur des disparus, d'y retrouver le nom d'un mari, d'un ami./Photo P.C.

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a fait face à la colère des rapatriés réunis hier [29 janvier 2012] à Perpignan, pour inaugurer le Centre de documentation des Français d'Algérie.

Le ministre de la Défense Gérard Longuet a affronté hier à Perpignan la colère des rapatriés d'Algérie contre 50 ans de politique gouvernementale, augure d'un âpre combat entre UMP et Front national pour le vote d'un groupe largement acquis à la droite et l'extrême droite.

Le ministre avait fait le voyage pour inaugurer le Centre de documentation des Français d'Algérie, dédié à l'histoire de la présence française en Algérie et délivrer un message du président Nicolas Sarkozy aux plus de 1500 rapatriés présents au congrès national du Cercle algérianiste.




Des cris et des sifflets

Il a essuyé cris et sifflets quand il a cité le nom du général de Gaulle - homme du «Je vous ai compris» et des accords d'Évian - avec celui du chancelier allemand Konrad Adenauer pour dire la nécessité d'une réconciliation franco-algérienne comme il y eut une réconciliation franco-allemande. Haussant la voix sans se démonter, il a aussi provoqué de vives protestations quand il a évoqué le message qu'il s'apprêtait à lire de la part de Nicolas Sarkozy, accusé par nombre de pieds-noirs et de harkis d'avoir, comme ses prédécesseurs, manqué à ses promesses à leur endroit.

Le temps des historiens est venu

«Je vous affirme que cette année 2012, cinquantenaire de la fin de la guerre d'Algérie, sera l'année du souvenir et du recueillement, et sûrement pas celle de la repentance» a-t-il déclaré, citant le président de la République.
Et d'ajouter : «Les hommes et les femmes qui sont partis s'installer en Afrique du Nord […], loin d'être frappés d'opprobre, méritent notre reconnaissance. En développant l'économie de ces nouveaux territoires, ils ont œuvré à la grandeur de la France». «Le temps des historiens est venu avec la valorisation des fonds documentaires. Ce centre permettra d'accueillir et de nourrir le débat» a pour sa part expliqué Jean-Marc Pujol, le maire de Perpignan qui veut retenir l'émotion de cette journée. Plus que les échos politiciens.

Christian Goutorbe, La Dépêche.fr
30 janvier 2012

 

 

Perpignan dédie un lieu aux

Français d'Algérie,

Le Pen pas loin

L'Express.fr - publié le 27/01/2012 à 13:34

Perpignan dédie un lieu aux Français d'Algérie, Le Pen pas loin

afp.com/Raymond Roig

TOULOUSE - Le maire pied-noir de Perpignan Jean-Marc Pujol (UMP) inaugure dimanche un centre dédié aux Français d'Algérie, projet dénoncé par la gauche comme un cadeau de plus fait à des électeurs qui pourraient être sensibles aux charmes de Marine Le Pen, présente en ville le même jour.

Le Centre de documentation des Français d'Algérie qui ouvre dans un ancien couvent de clarisses entend participer à "la recherche de la vérité historique débarrassée des idéologies", selon le maire.

Si Mme Le Pen est à Perpignan ce jour-là, ce n'est pas pour assister à cet évènement ni courtiser un électorat nombreux sur le pourtour méditerranéen, en cette année de présidentielle et de cinquantième anniversaire de l'indépendance algérienne, dit Louis Aliot, son compagnon, numéro deux du parti et conseiller régional de Languedoc-Roussillon.

Marine Le Pen vient pour parler de travail et d'emploi "dans l'une des grandes villes les plus pauvres de France, dans le deuxième département le plus pauvre de France". Et la concomitance de l'inauguration (le matin) et de la réunion publique (l'après-midi) est pure coïncidence, dit M. Aliot.

Cela ne l'empêche pas de s'indigner. Non pas de la création du centre, qu'il salue au nom de la "mémoire des Français d'outre-mer". Mais du fait qu'il n'ait pas été invité, lui le fils de rapatriée et élu implanté à Perpignan.

Si le ministre de la Défense Gérard Longuet vient, comme l'annonce le maire, ou si certains élus UMP sont présents, M. Pujol est un "fieffé menteur", dit M. Aliot, puisqu'il assure que personne ne récupérera l'inauguration.

En fait, M. Pujol, comme les Alduy qui ont dirigé la ville avant lui pendant cinquante ans, "ont toujours utilisé les pieds-noirs comme une variable d'ajustement de leur vote", dit-il.

"Ici, l'UMP a besoin pour gagner d'intégrer les voix les plus extrêmes", résume Jacqueline Amiel-Donat, chef de file socialiste de l'opposition perpignanaise.

Ce centre est, selon elle, une faveur supplémentaire faite aux nostalgiques de l'Algérie française, après la stèle dédiée aux anciens de l'Organisation armée secrète (OAS) par exemple.

Le centre offre une vision unique de l'histoire, "à la gloire de la période française de l'Algérie", s'émeut Michel Franquesa, secrétaire local du Parti communiste. Pour preuve, dit-il, le fonds de ce centre dépourvu de comité scientifique est constitué des documents amassés par le Cercle algérianiste, organisation créée en 1973 pour "sauver (la) culture en péril" née de la présence française en Algérie.

Il met certes à la disposition des chercheurs, des étudiants ou des descendants le fonds du Cercle algérianiste, mais en espérant bénéficier un jour du soutien de l'Etat et de l'ouverture progressive par celui-ci de ses archives, dit le maire, natif de Mostaganem et parti en 1962 à 12 ans, "comme tout le monde, du jour au lendemain".

"Mon action parle pour moi. J'ai fait mon premier combat en 1989 contre le Front national. Mon père était engagé contre les nazis à 17 ans et demi, il est revenu à 22 ans grand invalide de guerre. C'était pas un commentateur; je suis pas un commentateur non plus".

Mais si M. Aliot s'invite à l'inauguration, comme il a annoncé vouloir le faire avec des rapatriés, "pas question non plus d'utiliser la force publique pour (l'en) empêcher".

Par

 

_______________________________________________

 

inauguration-du-centre-de-documentation-des-francais-d-algerie-avec-le-maire-de-perpignan-jean-marc

 

Inauguration du Centre de Documentation

des Français d’Algérie à Perpignan

MESSAGE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Lu par M. Gérard LONGUET
Ministre de la Défense et des Anciens Combattants

Dimanche 29 janvier 2012


Mes chers compatriotes, mes chers amis,

J'aurais aimé être parmi vous ce matin alors qu'est inauguré le musée consacré aux souvenirs des Français d'Algérie, dans cette ville de Perpignan, qui a su accueillir chaleureusement tant de rapatriés et s'est toujours trouvée à vos côtés. Les circonstances m'en ont empêché. La crise grave qui frappe notre pays comme l'ensemble des pays européens me contraint à préparer et à mettre en place sans attendre des mesures énergiques pour y faire face. Vous comprendrez, j'en suis sûr, que je ne pouvais quitter Paris aujourd'hui. Mais soyez-en assurés, notre rendez-vous n'est que différé.

J'aurais voulu vous affirmer, à vous dont la plupart se trouvaient avec moi à Toulon il y a cinq ans, le 7 février 2007, que je ne changerais pas un mot, pas une virgule à ce que je vous avais dit alors.

Je m'étais engagé auprès des rapatriés à tout faire pour que soit rétablie la vérité sur leur histoire, et que cette histoire, l'oubli ne vienne jamais l'ensevelir.

Vous le savez, je me suis toujours opposé à toute forme de repentance. Les hommes et les femmes qui sont partis s'installer en Afrique du Nord pour y travailler et fonder des foyers, loin d'être frappés d'opprobre, méritent notre reconnaissance ; en développant l'économie de ces nouveaux territoires, ils ont œuvré à la grandeur de la France.

Ils ont bâti des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux, ils ont cultivé des sols arides, ils y ont planté. Poursuivant leur œuvre, leurs descendants ont tout donné à la terre sur laquelle ils étaient nés.

 

La loi du 23 février 2005, si décriée par les adeptes de la repentance

Leurs mérites je les connais et j'ai toujours veillé à mener une politique qui en soit respectueuse, en demandant notamment à la Mission interministérielle aux rapatriés de rester en permanence à l'écoute de vos grandes associations nationales.

La loi du 23 février 2005, voulue par un gouvernement auquel je participais, si décriée par les adeptes de la repentance, a permis de prendre en compte les attentes justes, exprimées depuis longtemps par les rapatriés.

Je puis ainsi vous affirmer que le 5 décembre est et restera l'unique date de commémoration et d'hommage de la Nation à tous ses enfants tombés pour la France en Afrique du Nord, avant et même après le cessez-le-feu. Vous le savez j'ai voulu, comme vous me l'aviez demandé, que les victimes civiles, notamment celles de la rue d'Isly, ainsi que tous les disparus, soient justement associés à cette journée nationale.

Vous gardez dans votre chair, vous, rapatriés et harkis, le souvenir douloureux de cette année 1962. Je veux que l'ensemble des Français, notamment les plus jeunes, sachent ce qu'ont été les épreuves, l'exil et le déchirement des Français d'Afrique du Nord au moment de leur rapatriement en métropole.

Je veux que la mémoire de ceux qui ont dû quitter, au prix d'une douleur et d'une souffrance indicibles, la terre qui les avait vus naître, soit préservée, respectée et défendue. Aussi ai-je attaché beaucoup d'importance à la mise en place de la Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, ainsi qu'à l'ouverture des archives pour que les Français puissent mieux connaître et mieux comprendre la réalité de cette période de notre histoire, si souvent déformée par une analyse sommaire et sectaire des événements qui l'ont marquée.

 

Défendre la mémoire de tous les Français rapatriés

Oui, la France a le devoir de reconnaître le courage, la dignité et les sacrifices des rapatriés et d'honorer leur mémoire et leur culture.

C'est dans cette volonté de ne pas laisser insulter l'Histoire que s'inscrit la proposition de loi présentée par Raymond Couderc, adoptée à l'unanimité par le Sénat, visant à sanctionner pénalement les injures et les diffamations à l'égard des harkis. C'est à l'Assemblée Nationale de se prononcer maintenant. Elle le fera le 13 février prochain.

Vous estimez sûrement que beaucoup reste encore à faire et que toutes ces avancées restent fragiles, car rien n'est définitivement acquis si l'on n'y prend garde. J'en suis bien conscient. C'est pourquoi, j'aurai toujours cette même volonté de défendre la mémoire de tous les Français rapatriés, qu'ils soient pieds-noirs ou harkis, afin que leur histoire ne soit ni dénaturée ni oubliée.

J'aurai prochainement l'occasion et le plaisir de vous le dire et de m'adresser à vous tous, mes chers compatriotes, mes chers amis, lors d'un déplacement dans quelques semaines.

D'ores et déjà, je vous affirme que cette année 2012, cinquantenaire de la fin de la guerre d'Algérie, sera l'année du souvenir et de recueillement, sûrement pas celle de la repentance.

Nicolas Sarkozy
source

 

image_72222148

 

_______________________________________________

 

 

Culture - mairie de Perpignan


Centre de documentation des Français d’Algérie,

un lieu vivant et accessible à tous.

Illustration : Centre de documentation des Français d’Algérie, un lieu vivant et accessible à tous.

À la fin du mois sera inauguré à l’ancien Couvent Sainte-Claire le Centre de documentation des Français d’Algérie. L’aboutissement d’un projet de plusieurs années qui permettra de transmettre, explorer, enrichir et analyser le patrimoine matériel et immatériel des Français d’Algérie. Suzy Simon-Nicaise, maire adjoint délégué aux Relations avec les associations et aux Rapatriés répond à nos questions.

En quoi ce projet était-il important pour la ville ?
Suzy Simon-Nicaise : Ce centre est important à double titre. Tout d’abord parce que Perpignan est la première collectivité publique à créer en France un centre de documentation dédié à la mémoire des Pieds-Noirs, ensuite parce que chercheurs, historiens, familles et curieux vont enfin bénéficier d’un lieu pour faire des recherches, apprendre, comprendre et ressentir, ce que fut la vie de ces Français pendant les 132 années de présence française en Algérie. Aujourd’hui, il est d’autant plus important que de très nombreux jeunes Perpignanais comptent dans leur famille des parents ou grands-parents nés avant 1962 en Algérie.
C’est au centre de documentation qu’ils découvriront l’environnement social, culturel, géographique de leurs aînés. Les plus anciens ont maintenant disparu emportant avec eux leurs souvenirs, ils ont fort heureusement laissé des objets, des films, des témoignages écrits…un fonds important d’archives à exploiter. 50 ans après l’exil, ce centre s’impose désormais comme celui de la transmission mémorielle d’une catégorie de Français, des provinciaux sans province : les Français d’Algérie.
Pour nombre de ces déracinés, ils se sont reconstruits à Perpignan qui, grâce à Paul Alduy, a été une des rares villes en France ayant su les accueillir et leur apporter le soutien matériel dont ils avaient besoin alors qu’ailleurs l’accueil était beaucoup plus mitigé voire carrément hostile. C’est donc bien normal qu’ils aient choisi de rassembler ici leurs archives pour les partager avec le plus grand nombre. L’objet du centre est aussi l’organisation d’expositions, colloques, manifestations diverses pour partager cette tranche de l’histoire de France et éventuellement tordre le coup aux idées reçues.

Le projet a été mis en place en lien avec le Cercle algérianiste, pourquoi ?
Suzy Simon-Nicaise  : Dans les années 1980, la Ville de Perpignan  a mis à disposition de cette association des locaux qui depuis, lui ont permis de rassembler tous les témoignages matériels et immatériels qui constituent aujourd’hui un fonds documentaire d’exception. Il a donc été aisé d’entreprendre avec elle un véritable travail de collaboration.
Une convention de partenariat a été établie entre la Ville de Paerpignan et le Cercle algérianiste qui est une fédération de plus de 15 000 membres dont plus de 550 à Perpignan. L’exploitation du très riche fonds d’archives doit notamment permettre des travaux universitaires même si, en tout état de cause c’était déjà le cas jusqu’à présent, cependant tous ces documents étaient difficilement exploitables de par l’exigüité des locaux occupés et le défaut de numérisation qui s’impose aujourd’hui.

Que pourra-t-on y trouver ?
Suzy Simon-Nicaise  : Comme je le viens de le dire des documents importants à mettre à la connaissance des chercheurs et pour certains d’une grande rareté.
Le centre regroupera plus de 5 000 ouvrages, 25 000 opuscules, 5 000 cartes postales, diverses collections de timbres, d’objets anciens, mais également des centaines de témoignages de ce que fût la vie des Français d’Algérie.
Ces témoignages se manifestent de 2 façons, à la fois des témoignages écrits et oraux, mais également des archives familiales comme des albums photos ou encore des archives d’entreprises, de commerçants, d’agriculteurs, d’enseignants, de médecins… Des archives tout à fait exceptionnelles que l’association est particulièrement fière d’avoir rassemblées, de  pouvoir exposer et mettre à la disposition du public.

Extrait du Journal de la Culture – Janv. 2012
mairie de Perpignan

 

le-centre-de-documentation-des-francais-d-algerie-a-perpignan

 

- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 07:43 - - Commentaires [23] - Permalien [#]


jeudi 29 décembre 2011

fonds d'archives André Mandouze

 h_9_ill_1042416_andre-mandouze
André Mandouze

 

fonds d'archives André Mandouze à Lyon

Gilbert MEYNIER

 

Cher(e)s ami(e)s,
Je ne pense pas vous avoir informés de la mise à la disposition des chercheurs du fonds André Mandouze ("De résistance en résistances") qui a été confié au Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation (14 avenue Berthelot, 75007 Lyon), dirigé par Madame Isabelle Doré-Rivé.
Ce fonds est important pour les chercheurs, autant ceux qui s'intéressent à l'itinéraire de ce grand latiniste et historien de l'Antiquité (1916-2006) qu'à la résistance durant la 2e Guerre, ainsi que ceux qui travaillent sur la guerre d'indépendance algérienne, sur les réistances qu'elle a suscitées (notamment de la part d'A. Mandouze, cf. Consciences Maghrébines, etc.)
Je me permets de vous donner ci-dessous le site web sur lesquels vous pouvez consulter ce fonds.

Bien cordialement,   
Gilbert Meynier

http://www.chrd.lyon.fr/static/chrd/contenu/pdf/ressources_histo/32000INVENTAIRE-MANDOUZE.pdf

 

 000152918

 

- lien vers le site : http://www.chrd.lyon.fr/chrd/sections/fr/ressources_historiqu/archives_et_collecti/archives

 

9782204070904FS 

 

- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 07:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 26 août 2010

éditions Ibis Rouge

catholicismegm4




l'histoire coloniale aux éditions Ibis Rouge


présentation par l'éditeur lui-même :

Historique

Jean-Louis Malherbe

Arrivant en Guyane voilà plus d'une quinzaine d'années, Jean-Louis Malherbe, ingénieur des Arts Graphiques, était un observateur attentif de la vie culturelle du département. Force est de constater son profond désarroi face à l'absence quasi totale de publications sous forme de livre en Guyane.

Passionné par le livre «objet», celui qu'on aime avoir entre les mains, qui sent bon le papier et l'encre d'imprimerie, par le livre «plaisir», le livre «creuset du savoir» il décide de 1995 de mettre au service des Guyanais, dans un premier temps, et Antillais par la suite, une vraie maison d'édition, en tous points conformes avec la déontologie de la profession.

 

Politique éditoriale

Ibis Rouge Éditions est implantée en Guyane, Guadeloupe, Martinique et à la Réunion. Cette maison d'édition littéraire offre aux lecteurs des ouvrages de qualité traitant de la réalité spécifique de l'Amazonie, de la Caraïbe et de l'océan Indien. Elle a également pour vocation de fournir aux auteurs sur place les mêmes avantages que les maisons d'édition métropolitaines.

Le fonds éditorial d'Ibis Rouge Éditions possède une multitude de genres (essais, littérature générale, poésie, jeunesse, théâtre, beaux-livres, etc.) dont l'ensemble s'articule autour de l'espace culturel, historique et social créole.

source (août 2010)
 

guyane_villes

get_attachment_1

354


get_attachment_2


- Botanique et colonisation en Guyane française (1720-1848). Le Jardin des Danaïdes

-


- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 09:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 2 juin 2010

Algériens au Canada (Marion Camarasa)

4990R



La Méditerranée sur les rives

du Saint-Laurent


Une histoire des Algériens au Canada


La thèse de Marion Camarasa sur l'émigration algérienne au Canada est parue sous forme d'ouvrage.

arton7434_3adc6

résumé (par l'éditeur) - Au cours de la décennie 1980, des difficultés économiques doublées d'une grave crise politique ont conduit l’Algérie aux portes du chaos. Pays d'émigration, elle s'est adaptée à la globalisation en diversifiant les aires d'émigration, délaissant les zones traditionnelles comme la France pour se tourner vers de nouveaux pays tel le Canada. Comment appréhender ce phénomène migratoire et cette constitution d'une organisation communautaire de l'émigration algérienne dans un environnement nord-américain ?

Supporters_Canada_249x166            

                                               
                  

                       
Marion Camarasa-Bellaube, docteur en histoire, diplômée de l’université de Toulouse le Mirail, est aujourd’hui membre du groupe de Recherches en études Canadiennes. Séjournant fréquemment au Canada, elle tient une chronique sur le site Ksari.com
Aurélien Yannic, docteur en histoire spécialiste des relations internationales et du monde francophone est diplômé de l’université de Toulouse le Mirail et de l’Université du Québec à Montréal. Il enseigne à l’Université.                                                             
 

- se procurer le livre sur publibook.com


- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 09:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 22 février 2009

la magazine d'histoire de la guerre d'Algérie

Alg_rie_magazine_Aur_s_Nementchas




Guerre d'Algérie magazine


guerrealgerie



T7177


- abonnement à Guerre d'Algérie magazine


- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 12:21 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

vendredi 2 janvier 2009

Faut-il avoir honte de l’identité nationale ? (J.-P. Renaud)

Identit__nationale_couv_d_f


Faut-il avoir honte de l’identité nationale ?

"Historiquement raison et politiquement tort" ? (Le Point du 11/12/2008)

Ou la politique de l’autruche macrocosmique

Jean-Pierre RENAUD



Tel a été le jugement catégorique du journaliste et politologue Alain Duhamel dont on voit le visage et la signature, depuis plus de cinquante ans, aussi bien dans les journaux que sur les chaînes de télévision ! Plus intéressé par la philosophie politique que par notre problématique nationale !
N’aurait-il pas été plus juste d’écrire historiquement raison et politiquement raison ?

Il est vrai qu’on peut être surpris de voir deux historiens retracer l’histoire de notre identité nationale, mais au moins, comme le reconnaît le journaliste, ce livre vient à propos. Il  a le grand mérite de remettre les pendules à l’heure, avant qu’il ne soit trop tard pour la France. Car en qualité d’enseignants, ils sont sans doute bien placés pour apprécier l’évolution de cette question nationale sensible !

Un constat historique robuste, sans faille, fondé sur une très grande abondance de sources, toujours citées.
Au cœur du sujet se trouve le paradoxe, ou en tout cas, la dualité entre le message universel, messianique de la nation française, et la nécessité qui est la sienne, pour continuer à exister, de sauvegarder son enracinement territorial et identitaire.

Les auteurs citent à ce sujet deux historiens, Pierre Nora et Sophie Wahnich : Le premier écrit : «la France n’est pas universelle, comme Michelet lui a fait croire, au grand dérangement des autres nations. Mais elle est cette nation qui a eu l’universel dans son particulier.»
La deuxième incrimine «l’impraticable articulation entre un horizon idéologique universel et une identité souveraine empiriquement caractérisable ».
Un piège dans lequel cherchent à nous enfermer tous ceux qui prônent une mutation de notre identité nationale vers un méli-mélo national qui ferait litière des valeurs cardinales de la République, la séparation de l’Eglise et de l’État, la laïcité, l’égalité des hommes et des femmes, une langue nationale, notre belle langue française, ainsi que les trois devises inscrites au fronton de toutes nos mairies.

Est-ce que le pays va répéter, sur le plan intérieur, les erreurs de la politique coloniale du microcosme parisien de la Troisième République, en proclamant qu’il allait civiliser, apporter la République aux peuples d’outre mer, alors qu’il était bien incapable de tenir cette promesse, qu’on nous reproche aujourd’hui, à satiété ?
Alors on peut faire le pari de M. Duhamel, et sans doute de la majorité des responsables politiques qui, depuis plus de trente ans, haut conseil de l’intégration compris, ont feint de nous faire croire, que la nation française avait assez de vitalité pour assimiler ces nouvelles générations d’immigrés, mais a-t-on le droit de faire un tel pari ?

Alors qu’une partie de ces immigrés ne semblent pas disposés, comme le montrent maints exemples, à accepter ce fonds commun et imprescriptible de notre République !
Ce livre de lettrés vient donc effectivement à son heure pour éclairer l’opinion publique et éviter que la République ne vogue vers des lendemains incertains, et que la France que j’aime, avec beaucoup d’autres, ne perde son âme. Il suffit d’interroger les démographes sur l’évolution probable des populations de certains territoires urbains.

Alors, j’écris, oui, ces auteurs ont historiquement raison et politiquement raison, et au surplus, ce qui ne gâte rien, ils ont du courage !

Jean-Pierre Renaud
1er janvier 2009

- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 06:32 - - Commentaires [2] - Permalien [#]